Blog de Cheikh Yerim Seck

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Présidentielle 2019: Idrissa Seck évalue à néant les chances de Macky Sall

YEERIMPOST.COM La candidature unique n’enchante pas le leader de Rewmi rencontré par nos confrères de l’Observateur. Idrissa Seck estime que tous ceux qui pensent avoir un projet de société et de gouvernance à proposer aux Sénégalais peuvent être candidats au premier tour. Une fois que le peuple aura classé les candidats, ceux qui sont au bas de l’échelle pourront soutenir le candidat de l’opposition le mieux placé. Une stratégie qui s’est toujours avérée payante. Idrissa Seck en veut pour preuve les statistiques des différentes échéances électorales. A la question de savoir s’il croit aux chances du président Macky Sall de rempiler pour un second mandat, le patron de Rewmi a répondu: « Si les populations que je rencontre traduisent en acte leur désenchantement dans les urnes, Macky Sall n’ira même pas au second tour de la présidentielle. » A bon entendeur…

Débat public entre Idy et Macky: Seydou Guèye insinue que le leader de Rewmi a besoin d’un psy

YERIMPOST.COM Dans l’entretien qu’il a accordé au quotidien l’Observateur, Seydou Guéye s’est prononcé sur le patron de Rewmi. Selon le secrétaire général et porte-parole du gouvernement, la tournée d’Idrissa Seck à l’intérieur du pays n’est rien d’autre qu’une grande vadrouille. A l’en croire, l’offre politique du président Macky Sall dans tout le pays dépasse de loin les « divagations » d’Idy qui est un  politicien en perte de vitesse depuis plus d’une décennie. « L’expertise profane d’Idrissa Seck ne saurait résister aux compétences utiles du président Macky Sall… Avec tout le respect que je lui dois du fait de son rang, j’aurais été un psy, j’aurais fortement prescrit à Idrissa Seck une introspection… », a ajouté le responsable politique de l’Alliance pour la République, en réaction au débat public demandé par le président du Conseil départemental de Thiès au chef de l’Etat.

Lettre à Yerim Seck sur son appel au meurtre en Casamance (Malick Ndiaye)

YERIMPOST.COM Votre blog publie cette réflexion à laquelle CYS va répondre…

« Un grand capitaine soumet les armées sans combat » Sun Tzu, L’Art de la guerre

 

Cher Yerim,

 

Je ne vous connais pas autrement que par votre trajectoire et les réflexions éclairées dont vous faites bénéficier vos lecteurs depuis plusieurs années. Je sens obligé de vous écrire aujourd’hui à propos d’une sortie dont l’irresponsabilité et l’absence d’empathie m’ont sidéré. Je me permets donc de vous appeler à plus retenue dans vos analyses sur la crise casamançaise, car il me semble qu’avec votre rhétorique belliciste vous allez finir par rejoindre le camp des vautours et des fossoyeurs qui ont fait tant de mal à notre terre. Je ne vous prête pas d’intention maligne et je suppose que votre attitude de va-t-en guerre résulte davantage de l’ignorance du contexte et d’une culture sénégalaise bien condescendante et méprisante dès qu’il s’agit d’analyser la différence.

 

Puisque nous en sommes au « Faut-kon-Yaka », je commencerai par une proposition au moins aussi absurde que la vôtre. Seriez-vous prêt à vous engager personnellement pour aller combattre dans le maquis ou offrir à nos soldats votre expertise stratégique sur le terrain ? Vous me répondrez non évidemment, puisque vous n’avez pas les compétences militaires pour cela. Et je vous dirai alors que, justement que parce que vous n’avez pas les compétences militaires ou stratégiques pour parler de la militarisation de la Casamance, vous devriez peut-être laisser aux militaires le soin de parler armes et bombardements en Casamance. Gageons qu’aucun officier sénégalais digne de ce nom et conscient de sa mission ne vous suivrait dans vos élucubrations.

Je retiendrai donc en premier le manque de profondeur de votre réflexion, et c’est le moindre des griefs que je vous adresse. Vous m’avez donné l’impression de répercuter dans votre éditorial une discussion de comptoir avec un deuxième-classe prétentieux vous assurant que si les politiques leur laissaient le terrain ils règleraient le conflit. Je vous attendais sur un autre terrain. Celui d’une analyse basée sinon sur une connaissance historique du contexte casamançais, au moins sur une enquête sur place. Hélas !

En plus de vos propos farfelus, et c’est là le plus grave, je suis sidéré par votre cynisme. Les stratèges militaires que vous semblez admirer présentent tous l’option violente comme la dernière des extrémités. Comment osez-vous alors appeler de vos vœux une guerre qui en réalité a déjà constitué le quotidien des Casamançais pendant de longues décennies ? Où étiez-vous Monsieur Seck lors des batailles de Bambadinka, de Badem, de Youtou-Effok, de Babonda, de Kaguit… des noms à l’évocation si douloureuse dans la mémoire des Casamançais ? Pensez-vous sincèrement que la force a été omise dans cette région, l’une des rares de l’histoire du Sénégal à avoir été confiée à un gouverneur militaire et où la grande majorité des pertes humaines a justement eu lieu pendant ces années de guerre ? Savez-vous ce qu’ont enduré et endurent encore les populations du sud (les dégâts causés par les mines anti personnelles sont encore visibles) ? Y a-t-il ailleurs dans le Sénégal une telle présence militaire, autant de morts, d’estropiés, d’orphelins, tous victimes directes d’une guerre que vous semblez minimiser ? Avez-vous idée du niveau de contrôle que subissent ces populations (check-points à tous les axes routiers, contrôles d’identité) ? Je ne connais pas votre définition de l’état de guerre, mais ce que les Casamançais vivent depuis plus de trente ans n’en est pas loin. Et c’est une personne qui a payé le prix du sang en Casamance qui vous écrit.

Un peu de réflexion vous aurait évité de sortir autant d’inepties sous couvert de connaissance de l’histoire militaire. Monsieur, il ne suffit pas de redémarrer une guerre pour éradiquer une rébellion. Cela est faux. Surtout en Casamance. Faux, parce que ce que la Casamance est une géographie particulière. Faux, parce qu’une guerre suppose un ennemi visible et localisable, sauf si vous versez à votre compte des dommages collatéraux inestimables.  Faux, parce qu’une guerre éclair est impossible lorsqu’on ne maîtrise pas le théâtre d’opération et les systèmes d’alliances dans une région. Allez donc demander aux Américains en Afghanistan et au Vietnam. Et ce n’est pas faire injure à l’armée sénégalaise de dire qu’elle est loin d’avoir les mêmes moyens. Nous savons qu’aucune armée africaine n’a l’équipement et la logistique pour « nettoyer » une zone aussi hostile que la forêt de Casamance. Et vous avez tort de penser que les seuls soutiens du MFDC sont en Gambie. Enfin, votre point de vue est faux, parce que la violence politique est un cycle qu’une victoire sur le terrain ne referme pas nécessairement. Ne sous-estimez pas, Monsieur, les raisons qui poussent des hommes à renoncer à tout pour s’enterrer dans le maquis pendant des décennies. Ces hommes-là sont animés par autre chose que des raisons bassement matérielles, comme vous le sous-entendez. A tort ou à raison, ils ont la foi. Cela vous échappe peut-être, comme cela échappe à beaucoup de nos compatriotes.

Il y a une grande différence entre théoriser sur la guerre dans le confort de son canapé et la vivre. Vous vous targuez d’avoir couvert des conflits dans le monde et c’est ce qui forge votre conviction à appeler au meurtre des populations ? Je vous défie de démontrer dans quelle mesure l’option militaire a permis de mettre fin aux conflits libériens et angolais. Tout comme je vous défie de démontrer que la négociation a été privilégiée en Casamance au détriment de la solution armée pendant les décennies qu’a duré ce conflit. Oubliez-vous qu’au Libéria, un rebelle, Charles Taylor avait fini à la présidence ? Que la démobilisation des factions s’est faite sous l’égide de la Minul ? Combien d’années la guerre totale a-t-elle duré en Angola ? Voulez-vous encore un cycle de vingt ans de violence en Casamance ? Sérieusement, Monsieur Seck, quel est donc votre sens de l’histoire ?

Je vous citerai d’autres exemples que Liberia et à l’Angola que vous mentionnez avec, me semble-t-il, beaucoup de mauvaise foi en taisant les négociations parallèles et les interventions onusiennes. Je vous parie que de nombreux Syriens, Irakiens, Libyens ou Afghans, préfèrent leurs pays avant les interventions salutaires à ce qu’ils sont devenus après celles-ci. Plutôt que de citer à la cantonade et souvent hors contexte des auteurs célèbres je vous suggèrerais volontiers quelques lectures, à commencer par Machiavel dont je vous renvoie à la lecture du Discours sur la première décade de Tite Live. Parce que comprendre Machiavel, c’est aussi comprendre que la force n’a de sens qu’en tant que menace, surtout lorsqu’il s’agit pour l’Etat d’user de la violence interne. Je vous suggère des auteurs moins ardus et plus pragmatiques sur la question qui nous occupe : Jean-Claude Marut (Le conflit de Casamance), Oumar Diatta (Casamance, Essai sur le destin tumultueux d’une région), ou Xavier Diatta (La Crise Casamançaise racontée à mes enfants). Ils ont le mérite de s’appuyer sur une vraie recherche et une connaissance du terrain.

La solution à cette crise, si elle existe, est peut-être dans cet appel à la liberté d’expression que vous évoquez. Que dans le contexte sénégalais, même l’on considère cela comme un contresens, on puisse quand même souffrir qu’il y ait des voix réclamant l’autonomie de la Casamance. Parce qu’au nom de cette liberté que vous évoquez, le débat sur la Casamance doit pouvoir se faire avec des arguments et sans craintes de répression et de procès en sorcellerie. Tant que les Sénégalais tranquilles dans leur supériorité morale continueront à traiter de sauvages les indépendantistes, les conditions pour la paix ne seront pas réunies.

Je vous demanderai enfin, cher Yerim, si c’est par sadisme ou par ironie que vous avez exprimé votre « plaisir » de lire un éditorial qui appelle au massacre d’une « lumpen-army» qui constitue une grande partie de ce que vous appelez la rébellion. Ils ne portent pas les armes par cupidité, ils ne trafiquent pas du bois, ils ne cultivent pas de chanvre. Ils croient en quelque chose. Ils sont prêts à mourir pour leurs terres, leurs fétiches, leur sol. Et cela, cher Yerim, vous n ‘avez aucune idée de ce que cela représente.

 

MALICK NDIAYE

ehndiaye@gmail.com

Visite de Macron: Quelle mouche a piqué le PDS ?

YERIMPOST.COM Le plan de sabotage qui ne dit pas son nom, concocté par le Parti démocratique sénégalais (PDS) à l’occasion de la visite à Dakar du président français, Emmanuel Macron, du 1er au 3 février, est sidérant. Il ne peut qu’offusquer tout citoyen attaché aux codes de l’élégance républicaine.

D’autant qu’il s’agit du PDS, le parti d’Abdoulaye Wade, artisan du long combat d’opposition qui a abouti à la première alternance au pouvoir, en mars 2000. Il s’agit du PDS, cette formation politique qui a dirigé le Sénégal de 2000 à 2012, ce parti de gouvernement qui n’a pas le droit de confondre régime politique et Etat. Proposer des manifestations de ses militants à toutes les étapes de la visite du président français ne l’honore guère.

Le séjour de Macron est un moment de forte exposition médiatique de notre pays. C’est une occasion pour le Sénégal de montrer ses atouts, de donner l’image d’un pays fort, uni autour de l’essentiel et en marche vers le progrès.

Comme le nom l’indique, nos problèmes internes sont internes. Nous devons les gérer « entre nous », dans la pure tradition sénégalaise du dialogue. Le linge sale se lave en famille. Il ne s’étale pas sur la place publique.

Lorsque Macky Sall pose des actes de gouvernance à l’intérieur du pays, tout parti d’opposition peut le combattre par tous les moyens légaux. Lorsqu’il pose des actes qui engagent nos rapports avec l’étranger, il est dans le domaine réservé de la diplomatie. L’opposition peut lui suggérer, mais n’a pas le droit moral de le critiquer sur ce terrain.

Et puis, depuis quand le parti d’Abdoulaye Wade, qui a gouverné le Sénégal sur une ligne d’indépendance vis-à-vis de l’ancienne puissance colonisatrice, accorde-t-il autant de place à la France dans notre cuisine interne ?

Ce serait céder à un grave complexe néocolonial que de mêler le président français à la gestion de nos affaires internes. Macron répondrait de toute façon, comme il l’a fait au Burkina Faso, dans ce style condescendant qui est le sien, qu’il a été élu pour régler les problèmes de la France et non ceux du Sénégal. Ce qui est, du reste, une vérité absolue.

Le PDS doit revoir sa copie pour ne pas « verser la figure du Sénégal par terre », comme on dirait sur les bords de la lagune Ebrié. Ce parti plus que quarantenaire, acteur majeur de l’histoire politique de ce pays, ne peut se permettre ni faute de goût diplomatique ni inélégance républicaine. Quelle mouche l’a piqué pour qu’il énonce ce « plan d’action » qui ne l’honore point et ne lui ressemble guère ?

Cheikh Yérim Seck

 

Echange vif entre Oumar Thiam et Cheikh Yérim Seck autour de l’article sur Sidiki Kaba

YERIMPOST.COM Ce blog est un espace de dialogue et de discussion. C’est une plate-forme démocratique qui tolère toutes les opinions, à commencer par celles qui le dénigrent. Il nous a semblé intéressant de soumettre à nos lecteurs, dans la logique de notre culture-maison, cet échange entre un lecteur, Oumar Thiam, et Cheikh Yérim Seck qu’il a interpellé par un commentaire pour le moins vigoureux de l’article consacré par Yerimpost au ministre des Affaires étrangères, Sidiki Kaba…




 

  1. Dans l’immense empire de l’absurdité, l’on arrive souvent à constater contre toute attente l’affaissement d’individu de son piédestal d’homme modèle à une platitude plus que lamentable. Si ce n’est le cas de cheikh Yerim, comment comprendre cet article bidon, édité apparemment dans un seul but de froisser une haute autorité de la république dont le seul tort est d’exercer une prérogative relevant de ses prérogatives. Quoi de plus normal pour un ministre de proposer à remplacer un collaborateur si la recherche de l’efficience et de l’efficacité le commande. Nul n’est inamovible. Les objectifs qui s’attachent au défi fixé transcendent les dimensions affectives.
    Décidément quand on concilie laborieusement la fonction prestigieuse de journaliste à la posture de politicien en quête de soi, il n’est pas rare de voir le sujet se muer en sbire à la solde d’un protagoniste qui cherche à atteindre un adversaire. Pour dire que votre article est purement et simplement commandité à dessein de servir barricade et bouclier pour son commanditaire. Qui qu’il puisse être. C’est clair que des personnes tapies dans ce ministère colportent à Monsieur Seck ses bagous rédigés sans recul ni retenue. Dans quelle république sommes nous pour que relever un DAGE soit attribué à une gaffe ?
    Quel journalisme est digne d’école si sa plume trempe dans des bobards du genre #on le voit toujours se faire photographier partout sur la planète. Chose que son prédécesseur ne faisait pas. » ?
    Monsieur Seck les sénégalais vous reconnaissent pertinence et dextérité dans votre métier, mais cette fois ci vous êtes tombé trop bas. Si vous accordez autant de prix à louer les mérites politiques du DAGE Monsieur Macodou, changer d’approche. C’est le moins qu’on puisse vous tenir.
    Il est à rappeler que l’intelligence des sénégalais dépasse le plus souvent des plumes d’éditeurs. Et c’est cette teneur de l’intellect de l’opinion sénégalaise qui avait permis de dominer les vilaines déboires de mœurs injustement orientées vers votre auguste personne et qu’une certaine presse fallacieuse voulait amplifier. Malheureusement pour elle cette cabale n’as pu prospérer. Vos compatriotes ont gardé intact la conscience claire de votre grandeur. Cette même opinion, très critique et analytique est toujours vive.
    Dans ses fameux trois passoires de l’information, Socrate aurait opposé à vos lignes au moins l’un d’eux : c’est pas utile pour les sénégalais.

  2. M. Oumar Thiam,
    Cette interpellation directe m’oblige à vous répondre. Je ne m’attarde pas sur la violence de certains mots dont votre propos aurait pu se passer pour gagner en sérénité, donc en crédibilité.
    D’emblée, en tant que responsable de Yerimpost, j’assume TOUT ce que le blog écrit.
    Mais il travaille ici cinq journalistes à qui je fais confiance. Je ne les censure point. Je présume qu’avant de rédiger chaque article, ils ont pris les précautions d’usage relatives à la vérification des informations, au recoupement, à l’interrogation des protagonistes…
    Au vu du style de cet article, il saute à l’oeil que je n’en suis pas l’auteur. Mais je ne censure personne. Pour votre information, je ne connais Macodou Sène ni d’Adam ni d’Eve. Je ne l’ai jamais rencontré pour développer une quelconque connivence avec lui.
    Si je devais être partisan dans cette affaire, je l’aurais été en faveur de Sidiki Kaba avec qui je partage un long vécu à Paris, lorsqu’il dirigeait la FIDH et que je travaillais comme journaliste à Jeune Afrique. Qui plus est, il m’a été fortement recommandé par un grand-frère de coeur, ministre au sein du gouvernement.
    Mais Yerimpost est ainsi fait que nos sentiments comptent pour peu dans notre approche de la réalité.
    Pour terminer, M. Thiam, je vous fais remarquer que je ne suis pas « un sbire à la solde d’un protagoniste » ni « un politicien en quête de soi ». J’ai trop d’orgueil pour être à la solde de qui que ce soit, et peut-être un peu de courage pour l’assumer si je choisissais de faire de la politique. J’ai décidé de faire dans la citoyenneté participative à travers C221. Et de la veille démocratique à travers yerimpost.com.
    Cheikh Yérim Seck




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