Blog de Cheikh Yerim Seck

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Contribution: Quel leadership pour l’homosenegalensis ?

La caractéristique première qui doit être la base de tout leadership est, bien avant la légitimité tirée de la désignation démocratique par la majorité, l’exemplarité.

La vision du leader doit être validée par le peuple. Pour ce, elle doit être portée par une stratégie de vulgarisation véritablement pertinente avec des indicateurs tout ce qu’il y a de plus SMART.

Un plan de développement censé apporter des changements structurels de nature à mettre notre pays sur les rails de l’émergence doit donc s’inscrire dans des délais de réalisation réalistes, pour que ses effets rapidement observables puissent avoir un impact capable de nourrir une impulsion porteuse de croissance durable de nature à garantir l’atteinte de l’émergence.

Il est vrai qu’on ne peut pas faire le bonheur de quelqu’un malgré soi.

D’où l’obligation d’une approche inclusive dans la définition et la mise en œuvre de toute politique de développement.

Sans interaction entre tous les acteurs sur la base d’une convention minimale garantissant une entente tacite sur les grands principes fondateurs d’une conscience nationale tournée vers l’édification d’une société plus juste plus ambitieuse et tendue vers le développement, il n’y a aucune politique de développement aussi ambitieuse soit elle qui sortira le Sénégal de son sous-développement chronique !

Et que personne ne dise que les sénégalais ne sont pas capables de se mobiliser pour de grandes causes nationales.

Quand leur sort est engagé, et que l’enjeu leur paraisse suffisamment patriotique pour mériter qu’ils en relèvent le challenge, ils sont héroïques. Deux exemples seulement pour le prouver, ou trois : en 2000 nous avons balayé Abdou Diouf. Et réalisé l’alternance historique. En 2012 la mobilisation générale de tous les citoyens a mis Abdoulaye Wade en congé de la République.

Tout le monde s’était mobilisé comme un seul homme pour barrer la route à la tentative, réelle ou supposée, de dévolution monarchique du pouvoir.

Quand le leader réunit légitimité et exemplarité, les sénégalais soulèvent des montagnes, et se subliment pour répondre à son invitation.

Un exemple ? Les Mourides, et leur relation au Khalif général !

Les sénégalais sont libres, patriotes, conscients, et conséquents.

Quand ils ont le sentiment que la cause qu’on les appelle à défendre n’a aucun effet sur leur sort dans l’immédiat ou le moyen terme et que ce sont plutôt d’autres politiciens qui en tirent les ficelles en sourdine, ils se montrent ataviques et nonchalants, pour montrer leur désintérêt sans paraître impolis !

Le problème fondamental de l’homo senegalensis, c’est qu’il choisit mal ses dirigeants. D’ailleurs il ne les choisit pas. Il se débarrasse de ceux dont il ne veut plus, peu importe ceux qui les remplacent, du moment qu’il a obtenu sa revanche, ou sa vengeance sur eux !

Il n’est pas étonnant alors qu’il soit toujours détaché des choses publiques jusqu’au moment oú sa situation lui semble à nouveau insupportable !

Il est ainsi un Sisyphe des temps modernes.

Ce qui est vraiment dommage !

Cissé Kane Ndao

Exclusif! Le secret de Khalifa Sall pour supporter la prison raconté par lui-même…

YERIMPOST.COM A l’un de ses grands soutiens, qui se faisait des soucis pour lui, face au prolongement de sa détention, Khalifa Sall a confié, pour le réconforter: « Ne t’en fais pas pour moi. Je me suis préparé dans la tête pour rester ici longtemps sans flancher ni perdre ma dignité. Mon seul souci, c’est que ma famille et mes proches soient en paix. Quant à moi, je suis aujourd’hui apaisé, convaincu que mon destin est entre les mains de Dieu. Je meuble mon temps avec la foi et la réflexion. Je n’étais accro à rien qui puisse me manquer. Comme tu le sais, je suis sobre en tout. »

Après vérification, Yerimpost est en mesure d’écrire que le maire de Dakar a un mode de vie qui le dispose à tant bien que mal supporter la prison. Sobre jusqu’à la caricature, il ne fait dans aucun excès. Il mange peu, généralement du poisson et de la salade, et presque jamais de viande ni les plats sénégalais que nous connaissons.

Contrairement aux cadres sénégalais habitués au confort douillet du climatiseur dans ce pays sahélien, Khalifa Sall ne supporte pas l’air conditionné. Tous ses proches le savent: le clim n’est jamais allumé dans son bureau, dans sa voiture, dans sa chambre… Il partage cette phobie de la climatisation avec l’ex-président du Sénégal, Abdou Diouf.

Le maire de Dakar n’est pas nostalgique de l’ambiance de Dakar. Ni mondain ni fêtard, il ne sort jamais, s’il n’est pas au bureau, de l’appartement niché au sommet de l’immeuble Kébé dans lequel il vit avec son épouse Gaëlle Samb.

On l’aura compris: Khalifa Ababacar Sall, du haut de ses plus de 60 ans, s’est assagi et mué en un homme sans excès. L’équilibre spirituel également participe de sa tranquillité en prison. Dans sa cellule individuelle isolée de « la détention », côtoyant l’infirmerie et faisant face aux bureaux de l’administration de la prison, Khalifa Sall perfectionne sa connaissance du Coran grâce aux enseignements d’un oustaz qu’il reçoit plusieurs fois par semaine. Adepte de la confrérie tidjane, il égrène très fréquemment son chapelet. Pour obtenir de Dieu, le Meilleur des juges, qu’il lui fasse justice ?




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Pour notre dignité nationale, l’Etat doit ramener Lamine Diack au Sénégal

YERIMPOST.COM Lamine Diack a 85 ans. Il a atteint l’âge canonique, celui auquel, selon les Ecritures, même Dieu est indulgent à son égard. Pourtant, il vit depuis plus de deux ans et demi dans une prison dorée à Paris, assignée à résidence par une interdiction de sortie du territoire. En cause, des malversations qui lui sont reprochées et qu’il est soupçonné d’avoir commises avec la complicité de son fils, Massata Diack, dans le cadre de ses fonctions de président de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF).

Si nul ne saurait revendiquer l’impunité ni l’exemption de reddition de comptes au profit d’un responsable de ce niveau, on peut s’interroger sur la brutale sévérité avec laquelle ce Sénégalais de premier plan dans le mouvement sportif mondial a été traité par la justice française. Alors qu’il présidait l’UEFA, le Français Michel Platini a été accusé d’être impliqué dans des malversations portant sur des montants plus importants que ceux reprochés à Lamine Diack. Pourtant, il continue à disposer d’une liberté d’aller et venir. Le Suisse Sepp Blatter a été et reste poursuivi pour de gros scandales de corruption. Il n’en sillonne pas moins le monde avec un passeport diplomatique.

La question est brutale mais est légitime à poser: Est-ce la différence de la couleur de peau qui explique cette inégalité de traitement ?  Ou est-ce la place dans le monde du pays d’origine du responsable qui détermine les mesures judiciaires à lui infligées ?

L’argument brandi par le juge d’instruction français repose sur le postulat que M. Diack peut se soustraire définitivement à la justice s’il est autorisé à quitter le territoire français. Le calcul secret du magistrat instructeur consiste, pour contraindre à se présenter le trop convoqué Massata Diack, vers qui convergent des indices graves et concordants, à garder son père. Comme si la prise d’otage, en clair la rétention d’un être humain en gage, est reconnue par le Code de procédure pénal français.

Face à la violation des droits de Lamine Diack, à qui a été de facto ôté son droit à la présomption d’innocence, l’Etat du Sénégal est resté scandaleusement silencieux. Et démesurément impuissant devant le sort de celui qui fut athlète international, champion de saut en longueur, maire de Dakar, footballeur puis entraîneur de foot, directeur technique national, président du comité national olympique, président de l’organisation qui gère l’athlétisme mondial… Tout pays occidental dont il serait le ressortissant aurait pesé de tout son poids pour lui restituer sa liberté de mouvement et le ramener à la maison.

L’une des plus fortes légitimités d’un Etat, c’est de protéger ses ressortissants à l’étranger. La France est allée à cet égard jusqu’à arracher certains de ses citoyens trafiquants de drogue à la justice colombienne pour, officiellement, les juger en France. Pour secourir un seul Américain brimé quelque part dans le monde, les Etats-Unis sont capables d’entrer en guerre.

Quel que soit ce que l’on reproche à Lamine Diack, l’Etat du Sénégal doit se battre pour le faire revenir au bercail. C’est une question d’orgueil national et de souveraineté internationale. Mais également d’image. Un de ses fils arrivé au sommet de l’athlétisme mondial ne peut être indéfiniment traîné dans la boue sans que la perception de notre pays par le reste du monde s’en ressente. Pour mettre fin à cette spirale qui, chaque jour davantage, l’enfonce dans la honte, le Sénégal doit emprunter tous les canaux diplomatiques et judiciaires susceptibles de ramener Lamine Diack dans notre capitale dont il fut le maire.

Cheikh Yérim Seck

Pour qui roule vraiment Alioune Ndoye ?

YERIMPOST.COM Au sein du Parti socialiste (PS), il est l’un des rares sinon le seul à être en odeur de sainteté avec à la fois les pro-Tanor et les pro-Khalifa. Alioune Ndoye, le maire de Dakar-Plateau, est l’unique personnalité de premier plan restée dans le giron de Tanor sans être attaquée par les boutefeux de Khalifa.

Ces derniers avaient cru jusqu’au dernier moment qu’il allait les suivre sur le chemin de la dissidence. Tanor a pu au dernier moment le retenir en lui faisant miroiter une entrée dans le gouvernement au cours du dernier remaniement.

C’est peut-être en riposte à ce faux bond qu’Alioune Ndoye affiche ostensiblement à la face de Tanor Dieng ses bons rapports avec le camp adverse. Il est parti sous la lumière du jour rendre visite à l’épouse de Khalifa Sall, puis a rencontré celui-ci en prison. Non sans lui dire: « Il est temps que tu retrouves ta famille. Cette affaire a assez duré. »

Tanor n’a pas dû apprécier. Mais ce cadre d’une importante entreprise privée, qui s’est fait en dehors et avant la politique, n’en a visiblement cure. Il cultive de bonnes relations avec Barthélémy Dias avec qui il se concerte régulièrement.

Si Alioune Ndoye est officiellement de la frange du PS résiduel qui occupe la Maison du parti, son coeur est solidaire de l’épreuve que traverse Khalifa Sall. Et, selon certaines indiscrétions, il ne serait pas loin de penser que la vision de la branche dissidente sur le positionnement du parti et la conduite à tenir à l’occasion de l’élection présidentielle de 2019 est la bonne.




Contribution: Un rédempteur pour le Sénégal

lL’histoire de Sodome et Gomorrhe semble si lointaine dans les récits de la longue aventure de l’Humanité que nous en avons oublié l’essentiel : le sens moral de la punition divine qui s’abattît sur cette population adepte du vice et poussant son ignominie jusqu’à élever les rapports homosexuels en must dans les relations humaines les plus civilisées de l’époque.
Dieu, qui envoya le prophète Loth dans cette contrée pour les alerter, les éveiller, les ramener sur le droit chemin, et enfin les avertir sur l’urgence de la repentance pour ne pas subir sa colère constata combien ses créatures étaient ancrées dans le vice et le péché.
Sa colère fondit sur eux, il retourna la terre sur leurs demeures et les ensevelit tous vivants. Même l’épouse de Loth à la curiosité malsaine qui regarda par dessus son épaule pour contempler la punition de Dieu sur ces cités fut transformée en statut de sel.
Loth avait accompli sa mission. Elle est toujours d’actualité. Car les causes qui provoquèrent les foudres divines existent toujours. Et le Sénégal, notre pauvre pays n’y échappe pas.
En effet, aujourd’hui la course au paraitre, la recherche de la fortune par tous les moyens et l’obsession du gain ont conduit notre pays sur les falaises de la déliquescence et de l’avanie.
Nos valeurs et nos vertus sont désormais passées de mode. Notre système éducatif traditionnel qui inculquait à toute génération les qualités intrinsèques qui en faisaient des hommes intègres honnêtes et dévouées à leurs proches dans l’honneur la dignité et l’intégrité est désormais dévoyé.
Dorénavant ne compte que ce que nous affichons et revendiquons comme moyens de pouvoir, gages de célébrités et donc de position.
Regardez les soirées dansantes qui défilent à la télévision. Admirez avec quelle ostentation les billets de banques sont étalées nonchalamment et insolemment sur la scène devant les yeux d’un artiste qui admire obséquieusement cette richesse offerte pour une capture d’écran, et une minute de gloire factice par la voix d’un chanteur qui célèbre la générosité d’un donateur fier de sa performance.
Regardez la débauche d’énergie à laquelle se livrent ces petites starlettes qui désirent crever l’écran, pour valoriser cette célébrité fugace par une carrière de courtisane vivant aux crochets d’un bienfaiteur heureux de se gausser d’être l’amant circonstanciel qui prend soin de son égérie du moment !
Nos mœurs sont perverties.
L’école transformée en garderie d’enfants désœuvrés est devenue un lieu de rencontres ou les cliques se forment, où les gangs prennent naissance. Elle est le point de départ de carrières glorieuses dans le vice et la luxure, où les fils à papa qui volent l’argent de leurs pères claquent le magot en alcool et autres drogues, si ce n’est dans les apparts meublés où les filles de pauvres graciles et dociles sont transformées en jouets sexuels et grassement rétribuées en retour, encouragées par le regard de condescendance de leurs mères complices et le remerciement pudique d’un père qui a démissionné depuis longtemps, tout heureux de voir de l’argent frais faire bouillir la casserole sans qu’on lui demande la dépense quotidienne.
Nos regardons notre société s’avilir. Nous regardons notre jeunesse perdre pied et s’enfoncer chaque jour encore plus dans le vice et la luxure.
Le jeu et l’appât du gain facile disloquent les familles et conduisent irrémédiablement dans la fange.
Nous célébrons des anti modèles et adorons les riches sans nous soucier d’où viennent leurs richesses.
Nous en sommes devenus prolifiques. Hé oui ! nous sommes le pays qui bat le record mondial d’invention de nouvelles danses ! Et de nouvelles expressions langagières qui feraient pâlir Nabila de jalousie !
Les scandales sexuels qui peuplent les journaux n’inquiètent plus personne.
Tout le monde semble avoir démissionné, et comme une société qui n’arrive plus à se réinventer un futur autour d’un projet fédérateur dont la réalisation mobiliserait toutes les énergies, nous semblons en fin de cycle et tournons en roue libre.
Notre pays est désormais « une force qui va », pour reprendre l’expression de ce personnage hugolien !
Nos politiques ne peuvent imaginer un futur prometteur, porteur d’une vision rédemptrice qui mettrait fin à ces joutes païennes d’un peuple égaré célébrant son vœu d’or moderne, le dieu Argent.
De notre montagne de perdition où nous défions Dieu et sa malédiction, ne descend aucun Moïse et ses dix commandements pour mettre fin à cette catastrophe qui me fait peur en regardant mes enfants tout en m’imaginant dans quel monde vont-ils évoluer !
La crédibilité de notre classe politique repose sur la lourdeur de leurs poches. Plus ils sont riches ou perçus comme tel, plus ils sont considérés, respectés et jugés dignes de confiance.
Leur projet sociétal n’intéresse aucun sénégalais. Ce qui compte c’est combien ils sont prêts à lâcher pour être applaudis et soutenus.
J’ai été scandalisé quand j’ai appris l’existence de mobiliseurs professionnels pour meetings et autres manifestations politiques, avec des offres clés en mains, portant sur le nombre de cars, de militants, en tee shirt ou tenues traditionnelles, et le prix du package à débourser pour réussir sa manifestation !
Voilà à quoi nous en sommes réduits : tout est factice chez nous. Rien n’est authentique. Rien n’est véridique. Plus de respect de la parole donnée. Plus de sens de l’honneur.
La fin justice tous les moyens.
Jusqu’aux soi-disant marabouts censés être des hommes de Dieu et nous guider dans le droit chemin. Ils sont dorénavant les premiers maitres chanteurs, et n’ont aucune vergogne à vendre leurs noms et leurs lignées, du moment que le jeu en vaut la chandelle.
Seulement, à force de jouer avec la chandelle, sous le vent de la luxure, du mensonge et du vice, le feu a pris dans nos cœurs et nous consume, lentement mais surement.
Le Sénégal en est arrivé à ce point.
Dans l’ancien temps, Dieu solda ses comptes avec les adeptes du vice qui n’écoutèrent pas son Envoyé auprès d’eux. Il en fera de même avec le peuple récalcitrant de la contrée de Noé.
Quant au peuple d’Israël, Moïse extermina tous ceux qui oublièrent Dieu durant son absence.
Le Sénégal a besoin d’un rédempteur.
Nous avons perdu nos valeurs. Nous avons perdu le respect en toute forme d’humanité. Nous avons tout vendu. Et ce qui ne l’est pas encore a déjà un prix.
Il ne nous reste plus qu’à perdre notre âme.
Nous sommes en train de la vendre au Diable…
Simplement, nul ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu.
Cissé Kane NDAO
President Ader
Diplômé de Sciences PO
E MBA Management public territorial
Master 2 professionnel Gestion de projet GAR et Pilotage du changement

Comment le pouvoir instrumentalise Mbaye Touré pour enfoncer Khalifa Sall

YERIMPOST.COM Dans le groupe des prévenus du procès dit de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, il y a un maillon faible. Supportant mal la prison et obsédé par le désir d’en sortir, Mbaye Touré, directeur administratif et financier (DAF) de la mairie, a très vite accepté un deal: être libéré s’il mouille Khalifa Sall.

De prime abord, l’action engagée contre ce dernier s’est fondée sur une information fournie à l’IGE par Mbaye Touré selon laquelle c’est à Khalifa Sall qu’il remettait, main à main, chaque mois, les 30 millions tirés de la caisse d’avance. Autrement, le maire, dont la signature et des traces de manipulation d’argent n’existent nulle part, n’aurait pas pu être poursuivi.

Entré dans le procès avec la stratégie claire de se décharger sur son patron, Mbaye Touré est le seul des prévenus à ne pas s’être satisfait des avocats commis par Khalifa Sall pour les défendre tous. Il a commis, pour sa défense à lui seul, Leyti Ndiaye, Bamba Cissé et Youssou Camara qui ont clairement adopté comme ligne de dire que leur client n’est plus responsable de rien dès lors qu’il a remis les fonds au maire.

Mais, si Khalifa Sall a concédé au tribunal que les fonds étaient mis à sa disposition, il a contesté qu’ils lui aient été remis. Et puis, aux termes du décret 62-195 qui régit la fonction des comptables publics, le DAF engage au contraire sa responsabilité pour avoir remis des deniers publics sans y être juridiquement autorisé.

Soutenu par une importante autorité maraboutique mouride, Mbaye Touré, qui remplit à merveille sa part du contrat avec le pouvoir, à savoir mouiller jusqu’au cou Khalifa Sall, devrait être libéré aux termes du procès. Mais, à quel prix ? Il doit méditer cette phrase que lui a lancée un autre prévenu, Mamadou Oumar Bocoum: « Il y a une vie après ce procès. » 


Dans une lettre, Abdoulaye Wade prévient Macron contre l’édification d’un mur à Saint-Louis

YERIMPOST.COM Ci-dessous le courrier de l’ancien président du Sénégal…

En ce début de février 2018, le Président Français visite notre pays qui a écrit avec le sien de nombreuses et longues pages d’histoire jalonnées de péripéties qui vont de l’esclavage à la colonisation et à la coopération dans le cadre de l’interdépendance et le respect mutuel.

Sans m’attarder davantage sur une histoire passionnante qui a fait l’objet de récits et d’analyses inépuisables, je voudrais, m’appesantir sur l’idée entretenue par les autorités municipales de Saint-Louis qui, en s’inspirant du précédent de la résidence présidentielle de Popenguine, songeraient à commettre une entreprise française pour construire un mur de protection des quartiers de la langue de barbarie à Guet Ndaret Goxu Baacc souvent inondés par l’agression de la mer,

Mon expérience sur cette question et mes nombreux entretiens avec des ingénieurs et techniciens, et avec mes collègues Chefs d’États au cours de nombreux sommets mondiaux, du G8 que j’ai eu à interpeller et entretenir de la poignante question des côtes du Sénégal et de mon expérience sur deux kilomètres de la côte de la Résidence présidentielle de Popenguine,  m’autorisent à faire part à l’opinion de mes réflexions et inquiétudes de la perspective de voir engager une opération d’édification de mur le long de la Côte atlantique, sans études scientifiques sérieuses préalables.

La résidence présidentielle de Popenguine, comme toute la côte sénégalaise a, de tout temps, été agressée par les vagues de l’océan, provoquant, ici et là, des effondrements de la côte et des invasions marines bien au-delà des limites de la haute mer.

Après m’en être ouvert à d’autres au cours de nombreux forums dans le monde, notamment pendant les sommets du G8 auxquels j’ai représenté le Sénégal, plus particulièrement celui de Kananaskis, Canada, en 2002, j’ai procédé à une expérience volontairement limitée sur 2 kilomètres de la façade atlantique de la Résidence de Popenguine, en attendant les études scientifiques que j’ai toujours réclamées des autorités africaines, françaises, européennes et américaines. Je pense en effet que nul ne devrait prendre la responsabilité d’engager des travaux d’envergure sur les côtes de l’Atlantique, sans consultations avec les riverains, pour des raisons de mécanique et de dynamique des sables déplacées par les vagues qui sont parfois d’une ampleur et d’une vigueur exceptionnelles.

Pour construire, à titre expérimental, un mur de protection, j’ai eu d’abord recours à une petite entreprise française qui édifia un mur en béton armé de 40 centimètres de large et 2 km de long sur la côte, reposant sur le premier sol imperméable en profondeur, à plusieurs dizaines de mètres, 38 mères sauf erreur, la profondeur de la roche imperméable variant d’un endroit à l’autre.

L’entreprise, en raison de sa taille modeste, n’ayant pas pu achever la tâche, s’est retirée volontairement après avoir perçu la rémunération du travail déjà effectué et, j’ai dû faire appel, pour l’achèvement, à l’entreprise franco-sénégalaise Lefèvre-Bara Tall.

J’ai, par la suite, appelé en consultation, pour examiner la solidité du mur, l’entreprise marocaine, la SOMAGEL qui est connue, surtout, pour avoir travaillé sur l’extension en mer de la ville de Casablanca

Elle conclut que le travail était très bien fait mais qu’il fallait seulement, à intervalles réguliers, pratiquer des trous dans le mur, tous les 8 mètres, si je ne m’abuse, pour permettre à l’eau de mer de passer aisément d’un côté et de l’autre, dans un mouvement variable selon la hauteur et la force des vagues mais qui, finalement, devait assurer la stabilisation du mur par le jeu des phénomènes de compensation des forces et de vases communicants. Ces conseils ont été appliqués. A la suite de quoi, les ingénieurs de la SOMAGEL estimèrent que le mur pourrait tenir plus de 100 ans. Mais cent ans, c’est une durée dérisoire dans une perspective historique !

J’ai baptisé cet ouvrage ‘’Le Mur de l’Atlantique’’, vocabulaire emprunté à la guerre 39-45, et j’ai exposé ce projet à travers le monde, mais avec toutes les précautions d’usage, comme exemple du possible dans la lutte contre l’érosion marine.

Nous ne sommes pas allés plus loin que 2 kilomètres, par simple prudence, et non pas parce nous n’en avions pas les moyens, puisque les dépenses étaient imputables au budget national.

On connait la loi de la réflexion souvent évoquée en optique ou en mécanique : un obstacle qui arrête des forces en mouvement, en l’espèce, celles des vagues, ne les annule pas mais les les réfléchit -les dévie- selon un angle déterminé par la trajectoire, la nature des matériaux traversés, ceux du mur et bien d’autres facteurs très complexes de la mécanique rationnelle et de la mécanique des fluides.

Les vagues ainsi déviées alimentées par l’énergie qui les soutient, peuvent s’orienter vers d’autres côtes et amplifier les mouvements d’agression côtiers avec des conséquences imprévisibles de la dynamique des sables des profondeurs de la mer.

Voilà pourquoi j’ai limité l’expérience de Popenguine et demandé dans plusieurs forums, notamment au Sommet du G8 de Kananaskis, la mise en place d’une commission scientifique tripartite comprenant l’Afrique, la France et l’Europe ainsi que les États-Unis.

Je me fais le devoir de conseiller que tous les projets de murs de grande dimension sur une côte africaine de l’Atlantique soient soumis à l’appréciation préalable, par une commission scientifique tripartite, de toutes les répercussions possibles des agressions des assauts de l’océan sur tout le reste des côtes atlantiques.

J’attends encore et l’Afrique attend la constitution de cette commission dans laquelle le Sénégal ne sera que la côte-ouest du continent africain, ce qui légitime la présence de l’Union Africaine dans cette commission, à côté de la France et l’Europe et des États-Unis.

Le lecteur trouvera en annexe quelques-unes de mes interventions au cours de différentes rencontres dans le monde.

Ce que nous croyons pouvoir demander à l’un des Présidents du G8 qui se trouve sur notre sol en ce début de février 2018, c’est de promouvoir la réunion de cette commission scientifique mondiale tripartite qui serait chargée, d’une part de donner, préalablement, un avis éclairé sur toute entreprise d’édification d’un mur d’envergure sur la côte atlantique et, d’autre part, prescrire les mesures et les moyens de protection de nos côtes,  pour éviter que des initiatives improvisées, non suffisamment réfléchies ou incoordonnées, ou simplement la fonte des neiges, n’entrainent l’irréparable sur d’autres côtes de notre continent, voire sur les autres continents qui partagent l’Atlantique.

Maître Abdoulaye Wade

Ancien Président

de la République Sénégal

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