Blog de Cheikh Yerim Seck

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Pourquoi notre bon football est-il cravaché ?

Le Sénégal a été une nation de football dés l’Indépendance. Ses « Souliers d’Or » sont nombreux, notamment le Thiéssois Bouba Diakhao, le Saint Louisien Lo Madièye. Sans oublier les Amadou Thiam, Yérim Diagne, Petit Gueye, Souris, Diallo Toumani………

Des clubs de football de renom nous viennent à l’esprit : le C.O.T, l’US Gorée, le Foyer France Sénégal, l’Espoir de Saint Louis, la Saint-Louisienne devenue La Linguère…………

Aujourd’hui, Aliou Cissé, petit-fils du Saloum Saloum Birane Cissé Général d’Armée de Maba Diakhou Ba, est lui-même devenu Général des combattants de la balle au pied. Et, ce, malgré la difficulté de la tâche, relevant de la quadrature du cercle.




Dés le début des hostilités en Russie, le Sénégal a fait trembler les troupes les plus prestigieuses de l’UE. Le souvenir du Sénégal qui bat la France et passe en quart de finale était là. Nous nous souvenons du tollé et des déclarations venant notamment d’Italie pour dire en quelque sorte : «  Cessons, nous autres Européens, d’apporter le bâton pour nous faire battre. » C’est-à-dire de mettre en condition ces joueurs qui risquent de nous ravir la Coupe. Or, le football est devenu une industrie qui génère de l’argent au  point que compter cette masse fudiciaire donne le tournis à lui seul.

Nous savons que nos internationaux reçoivent annuellement des milliards et même quelques fois des dizaines de milliards payés par des clubs dont ils sont devenus les esclaves. Qu’on achète et vend à l’occasion des Mercatos. Tout comme les gladiateurs du temps des Romains.

Je l’affirme, un complot a été ourdi pour barrer la route au Sénégal, l’équipe la plus prestigieuse et la plus redoutée.

On s’est, alors, mis à faire comprendre à certains parmi nos internationaux qu’il n’était pas bon de marquer des buts.

Ce qui vient d’être dit justifie les buts manqués volontairement et dont il suffit de voir les retro vidéos pour s’en rendre compte. Dégager en touche à quelques pas de la surface de réparation en dit long sur la volonté de l’involontaire. En d’autres termes, si les Européens nous reprochent nos féticheurs, eux, tout en ne s’en privant pas, entretiennent une armée de barbouzes du football. Les « intrigueurs » si vous voulez.

Mais le grand absent était l’Etat qui pouvait mobiliser des contre barbouzes. Ou, au moins, en faire des agents doubles pour mettre à l’abri de l’intimidation certains de nos joueurs qui ont été loin d’être des patriotes au vrai sens du mot.

Le souci des Enrobons  était plus fort que la musique prodiguée par le rugissement des lions de nos forêts.

Revenons à l’enjeu. Si le Sénégal avait emprunté le même chemin que les joueurs Africains de la France bien des responsables de clubs de l’Hexagone se retrouveraient au chômage. Leurs clubs estimés à des milliards d’euros feraient faillite.




Ce sont ces magouilles sur fond de milliards de CFA qui ont barré la route à Aliou Cissé. Sa technique était très bonne, même s’il aurait été mieux d’aligner un 3-4-3.

Donc, n’eût été le complot du football européen nos Kanté l’auraient emporté sur leurs Kanté d’emprunt.

Donc, la solution, pour l’avenir, est de puiser dans le vivier que constituent les Navétanes, d’une part, et créer des équipes professionnelles, de l’autre. Mais aussi modifier les accords avec les clubs européens pour que nous puissions sanctionner les joueurs « traitres »

 

                                                      Dr Ahmed Khalifa Niasse

APR: Notre vraie opposition est en notre sein

En 2019, les sénégalais seront appelés aux urnes pour choisir leur président. A quelques mois de la présidentielle force est de reconnaitre que le président Macky Sall mérite d’être soutenu et accompagné pour un deuxième mandat au vu de ses réalisations grandioses. Pendant que les opposants déambulent dans les médias et réseaux sociaux pour tenter d’exister politiquement, le Président Macky SALL travaille sans relâche pour faire émerger ce pays à travers le PSE horizon 2035.



La réélection du président Macky Sall au premier tour passera inévitablement par la cohésion et l’unité de l’APR qui est l’épine dorsale de la mouvance présidentielle. Malheureusement au moment où tous devraient s’unir derrière la candidature du président Macky sall, certains responsables du parti présidentiel se projettent déjà dans l’après Macky. Derrière donc la présidentielle qui se profile à l’horizon, il y a une bataille qui se projette déjà sur 2024. Et c’est ce qui explique ces sorties médiatiques ou guéguerres malheureuses et inopportunes de certains responsables du parti présidentiel. Tout cela montre à suffisance qu’il y a un double combat qui se joue pour certains à l’APR. Même s’ils travaillent à réélire le président Macky Sall ils le font en jouant à être très visible dans cette réélection afin de pouvoir se projeter pour l’après Macky.
Mais, il serait bien de préciser que ces regrettables batailles de positionnement pour l’après Macky militent pas en faveur d’un second mandat présidentiel parce qu’en réalité, l’image que cette situation projette de l’APR au sein de l’opinion n’est pas très bonne. Certains responsables ou militants de l’APR devraient parfois essayer de se mettre dans la peau du président Macky Sall pour percevoir son degré de mépris vis à vis de ceux qui s’adonnent à ces pratiques malsaines qui ne peuvent que nous fragiliser. Vous devez savoir que le Président Macky Sall en cherchant à vous honorer pour travailler à ses côtés ne fait pas de vous les plus méritants mais juste qu’il pensait que vous pourriez servir ce pays avec humilité à ces stations. Donc c’est pas dans ces moments précis où le seul combat qui vaille est sa réélection que vous devriez le remercier en l’indisposant surtout qu’il en a beaucoup fait pour vous. Nous de la majorité avons tendance à parler d’une certaine opposition alors que celle ci n’a en fait pas une existence réelle.



Notre vraie opposition est est en notre sein
Certains responsables ignorent totalement les consignes du Président Macky Sall qui nous a demandé d’être humbles, unis et moins arrogants. Malheureusement, presque dans toutes les localités, ces responsables ont opté pour le clanisme en plus de s’adonner tout le temps à des discours irréfléchis au lieu d’échanger avec les populations sur les réalisations du Président Macky Sall et préparer ainsi sereinement les prochaines échéances pour lui offrir un deuxième mandat bien mérité

Mame Ousmane Diop
Responsable APR

Alternance générationnelle: De l’obligation d’assumer notre leadership

Notre génération, qu’elle le veuille ou pas, devra assumer ses choix politiques et se préparer à accomplir son destin, quel que soit par ailleurs la manière dont elle s’y prendra. Pour ma part, j’ai l’intime conviction que nous sommes tous engagés dans le même combat : élever le Sénégal parmi les leaders de ce monde.




C’est notre mission, notre dénominateur commun, notre doctrine j’allais dire pour reprendre les mots de Sun Tzu, qui en disait qu’elle « fait naître l’unité de penser ; elle nous inspire une même manière de vivre et de mourir, et nous rend intrépides et inébranlables dans les malheurs et dans la mort ».

C’est la raison pour laquelle notre génération est celle du savoir, nous sommes avides de tout connaitre, comme si aujourd’hui nous sommes saisis de cette fièvre qui enfanta le Siècle des lumières et servit de levain à la Révolution française.

Nous nous intéressons à tout ce qui touche au sort de notre pays en effet, et quel que soit le bord d’où nous sommes, du pouvoir comme de l’opposition, notre dénominateur commun est que nous ne « [dédaignons aucunement] d’entrer dans un détail exact de toutes les choses qui peuvent servir, et [nous] mettre au fait de chacune d’elles en particulier ».

C’est que nous en sommes arrivés à un moment charnière de notre vie en tant que nation, et nous devons valablement avoir le courage de tirer les leçons du passé, si nous les avons apprises, et bien assimilées.

L’époque du messie ou de l’homme providence est passée et enterrée. Désormais, l’heure est à l’union, à la mise en commun de nos forces, selon les convictions que nous partageons et les valeurs qui peuvent nous réunir. C’est autour d’un projet commun de société porté par une vision qui cimentera notre compagnonnage que nous serons capables de charrier une énergie positive et démontrer une détermination courageuse qui forceront l’adhésion de nos concitoyens.
Dès lors, de manière collégiale, nous en arriverions à « discerner parmi [nous] (…) celui qui a le plus de doctrine et de vertus » et qui est, en conséquence, « en état de marcher dignement à la tête des autres ».




Un seul homme ne peut plus incarner le changement et porter seul le combat de tout un peuple. Quel que soit sa force son engagement et sa fougue, son action solitaire est vouée à l’échec. Cela est vieux comme l’histoire. Sun Tzu le grand stratège disait à ce propos que « si quelque brave veut sortir seul hors des rangs pour aller provoquer l’ennemi, ne le permettez point ; il arrive rarement qu’un tel homme puisse revenir. Il périt pour l’ordinaire, ou par la trahison, ou accablé par le grand nombre. »




Le leadership désormais est éclaté. L’incarner suppose qu’il soit théorisé et porté par des hommes et des femmes pleinement engagés qui choisissent librement, sur la bases de valeurs partagées une parmi les personnes qui militent pour leur cause commune, celui qui va incarner ce combat et en être le visage, selon une lettre de mission qui cadre clairement ses missions. Le temps du leader bien aimé paré de tous les atours et qui s’autoproclame général à la tête des troupes car il a les ressources financières requises pour prendre en otage l’Etat et opérer une vaste entreprise de retour sur investissement en s’arrogeant tous les pouvoirs a disparu depuis longtemps, en Afrique.

Les citoyens attendent désormais de leur dirigeant, « par le rang qu’il occupe, (…) qu’il sache gouverner les hommes ; (…) qu’il sache les conduire ; (…) qu’il soit véritablement au-dessus d’eux, non pas seulement par sa dignité, mais par son esprit, par son savoir, par sa capacité, par sa conduite, par sa fermeté, par son courage et par ses vertus. »

Vaste programme !

Cissé Kane Ndao

Contribution: N’allumez pas notre pays

Un vieux sage disait « nitt lou ko yomb rek mou fowé ko » (l’homme ne prend pas au sérieux ce qui lui est facile). Notre pays a une très longue tradition de paix et de stabilité. Ce qui constitue notre plus grande et plus prestigieuse richesse qu’ALLAH nous a donné. Il est très rare d’entamer une journée sans entendre à l’autre coin du monde des conflits, des attentats, des guerres, des catastrophes naturelles etc. occasionnant des morts, des blessés, des disparus, des mouvements de populations et toutes autres sortes d’atrocités. Et pourtant en y regardant de prés la cause de tous ces conflits, émane de rivalités entre les hommes ou des groupes d’hommes entretenus par l’orgueil ou la jalousie humaine.




La première guerre mondiale a été causée par des rivalités politiques, coloniales et économiques ce qui a entraîné la mort de plus de 18 millions de personnes et 20 millions de blessés sans compter les disparus, les dislocations familiales, ethniques, etc. L’homme toujours dans sa quête de domination de son frère a déclenché une seconde guerre mondiale qui est la conséquence des actions des trois puissances de l’Axe : l’Allemagne nazie, l’Italie fasciste et le Japon impérial. Ils ont tous envahi des territoires au détriment du respect du droit international. Ainsi, l’Allemagne envahit les Sudètes, en Tchécoslovaquie, dans les années 1930, et annexe l’Autriche. C’est l’invasion de la Pologne, le 1er octobre 1939, qui conduit au conflit. L’Italie fasciste colonise notamment l’Éthiopie. Enfin, le Japon prend pied en Mandchourie en 1931, puis dans le reste de la Chine en 1937.

Ce conflit aux conséquences économiques majeures est la guerre la plus meurtrière de tous les temps, avec plus de 55 millions de victimes. Les dégâts causés par ces deux conflits devraient servir à l’humanité toute entière de cultiver la tolérance, l’entre aide pour que les prémisses de tels événements ne voient plus jamais le jour. Pourtant en regardant ce qui s’est passé ces dernières années à travers certains pays on dirait que les hommes ne semblent pas tirés des leçons des événements douloureux qui ont marqué l’humanité toute entière. Le griot mandingue disait « le monde est vieux mais l’avenir sort du passé ». Même l’Unique Créateur de TOUT pour prévenir le dernier de Ses messagers Muhammad (PSL) Lui a raconté tout ce qui s’est passé avant sa venue sur terre pour qu’Il puisse en tirer des leçons face aux événements qu’Il a vécu durant son séjour sur terre. Nous devrons toujours nous rappeler de la cause des grands événements douloureux qui ont marqué les siècles passés afin de les éviter.




Parfois on a du mal à les cerner véritablement. Le génocide rwandais fait parti des exemples très illustratifs de la pire folie de l’humanité. Des frères qui cherchent à éradiquer d’autres frères sous l’œil de leurs ennemis communs riant à tue tête. Nous devrons toujours nous mettre en tête que SATAN est très fort en manipulation. Je comprends aussi pourquoi ALLAH SWT qui L’a créé nous avertit que voilà votre ennemi juré. De manigance en manigance Satan peut entrainer tout un peuple à s’entretuer durant un laps de temps sans qu’il se rend compte que chaque machette, chaque bâton, chaque coup de feu, … frappé, déchargé sur un frère entraine une grande perte à tous les niveaux de la communauté. On tue soit un médecin qui devrait nous soigner, un enseignant qui devrait nous former, un religieux qui devrait nous éclairer du chemin vers Dieu, un cultivateur qui devrait assurer notre survie sur Terre, un quelconque utile à notre société. O peuple sénégalais certes mon cri ne sera pas entendu par tout le monde mais sachez que personne parmi nous n’a demandé sa venue sur Terre et il le quittera qu’il le veuille ou pas. Aimons-nous mutuellement comme nous le recommande ALLAH (SWT). Aucun individu je dis bien AUCUN ne sait s’il est meilleur ou pas par rapport à l’autre, seul ALLAH sait le meilleur parmi nous et c’est seulement au jour du jugement dernier qu’IL le démontrera. Qu’Allah bénisse le Sénégal et nous épargne de la discorde. Satan est à la veille pour mettre ce pays à feu et à sang. Surveillons-le comme du lait sur le feu. Lui Satan ne néglige aucune occasion pour créer la confusion totale en faisant monter la haine entre les communautés ne lui donnons jamais au plus grand jamais cette opportunité. Le vieux sage dit « Chaytane foumou khadioul rek lay dougou ».

 

Depuis qu’Idrissa Seck est sorti sur l’affaire Israëlo-palestinien bien qu’il s’est excusé de la mauvaise interprétation qu’on a fait de ses propos, des voix très autorisées continuent de le blâmer avec des sanctions extrêmes Qu’Allah LUI même du HAUT de sa MISÉRICORDE n’inflige jamais à son esclave qui a demandé pardon. Pourquoi tout ce débat sur quelque chose qui devrait être clos depuis que le concerné s’est repenti. Pourquoi chacun veut en profiter pour livrer un frère, un musulman, un concitoyen à la vindicte populaire et internationale. Je pense que Satan est aux aguets et si nous ne clôturons pas ce débat il risque de nous surprendre. Que les autorités religieuses qui sont censés éteindre le feu ne se mêlent pas de ce débat et jouent aux bons offices comme ils l’ont toujours fait quand le Sénégal arrive à de pareille situation. Qu’Allah continue de nous gratifier de sa Paix jusqu’à la fin des temps. Qu’ALLAH bénit le monde entier sans exception. La PAIX vaut mieux que le pétrole, le Diama ainsi que tout l’or du monde pour le comprendre il faut la perdre.

Modou Fatma MBOW

Ingénieur,

Kébémer

Contribution: Lettre ouverte sur notre patrimoine génétique visible

A Mme la Femme négro-africaine

 

Lettre ouverte sur notre patrimoine génétique visible

Madame,

Je viens auprès de votre autorité identitaire vous faire part de ma consternation, de ma désolation, et de mes peurs face à cette conspiration tant masculine et fantasmatique que commerciale, contre ta noirceur légendaire, symbolique et identitaire. Je ne serai pas Senghor pour chanter ta couleur mais, j’aurai aimé que Fanon me soit utile à te rappeler que le « masque blanc » est un mythe qui te déconstruit, te dénature et te réduit à une hybride. Je ne reconnais plus Fatou, avec qui je jouais, ni Ndéye Khady qui me servait de rempart contre l’hostilité de la rue au parcours de l’école. Elles ont changé d’apparence, nées noires, elles sont devenues claires et même blanches pour Fatou. Quand elles me rendent visite, dans certains boulevards de mes rêves, elles se présentent en caméléons et je sursaute, en disant : «Oh non, nos filles ne seront pas victimes de cela ! Oh non, nos filles ne seront pas victimes de cela ! »

Mes nuits sont blanches, mes jours sombres ! T’adresser un verbe moralisateur, tant s’en faut ; j’accuse les mâles et les cosmétiques de te pousser dans les extrêmes limites de ton retranchement à ne vouloir paraitre que, comme ils te le font croire, belles et désirables sous une peau plus claire tendant vers la « sainte » blancheur. Je participais aussi à ce paradoxe de la femme claire. Plus d’une cinquantaine d’années de télévision m’a présenté, sous le coup de projecteurs, de « la chair blanche », ou mieux, des femmes claires symbolisant la beauté, l’intelligence et tous les autres attributs favorables ; au même moment où les femmes noires symbolisaient le dur labeur, et les taches socialement « ingrates ». Donc, j’avoue que nous tous sommes responsables d’une manière ou d’une autre. « Oh non, nos filles ne seront pas victimes de cela ! Oh non, nos filles ne seront pas victimes de cela ! »

Mes nuits sont blanches, mes jours sombres !

Madame,




Fatou m’a confié que depuis toute petite, on ne cessait de lui dire « tu es trop noire, tu es trop noire ». Ses frères lui donnaient une définition de la beauté, contraire à la nature de son épiderme. Et cela a développé un complexe en elle. Entre le choix de se détester toute sa vie ou de rester naturelle, elle a préféré changé d’apparence pour « être à l’aise » ; car m’a-t-elle dit « si ta famille te dit que tu es vilaine, tu dois vraiment l’être ». Fatou est l’archétype de millions de femmes africaines blessées dans leur dignité lors de leur tendre enfance. Qu’avait elle fait pour mériter ce procès d’être née naturellement noire de peau ? Pourtant Modou, le frère de Fatou, a l’épiderme si foncé, mais cela ne l’empêchait guère de se moquer de sa sœur ; seulement, il disait à qui voulait l’entendre : « j’épouserai une femme belle, femme claire ».

Madame,

Je comprends que ce sont ces modou-modou qui sont d’une part à l’origine de cette dépigmentation, de ce désaveu de la couleur noire perpétré par ces fatou-fatou. Ces modou-modou sont l’esprit de ce sacrilége et ces fatou-fatou en sont les mains. Ndeye Khady, dont je parlais dans le contexte de ses présentations nocturnes dans mes rêves, je lui ai toujours vouée un amour, celui des enfants de quatre ans, qui ne reconnait que les personnes les plus aimables vis-à-vis d’eux. Oui, elle était d’une agréable nature ! Mais, mes souvenirs sont encore frais, concernant la blancheur de ses dents et de ses yeux, qui contrastaient poétiquement avec sa noirceur.  Il m’arrivait de pleurer, quand elle m’amenait de l’école vers chez moi, afin qu’elle use de ses yeux, comme pour me supplier de me calmer. Cette lueur si innocente, si profonde, si authentique est devenue vulgaire, pale et artificielle quand elle s’est dépigmentée.  « Oh non, nos filles ne seront pas victimes de cela ! Oh non, nos filles ne seront pas victimes de cela ! »

Mes nuits sont blanches, mes jours sombres !

Madame,

J’ai parlé – la voix faible, le regard humble, le cœur triste – à Ndéye Khady. « pourquoi …..? » lui ai-je demandé.

« Une dizaine d’années de sacerdoce familial, de jeu de séduction, et d’auto-compétition culinaire ont disparu de l’esprit et du cœur de mon homme, quand une femme claire, Maelys, a tapé à son cœur » m’a-t-elle répondu.

Son homme, Félix a répondu à cet appel amoureux; Ndeye Khady tentait à comprendre les échos de cet appel. La seule compréhension qu’elle a eue était la suivante : « Félix a démontré qu’une femme claire est plus avantagée par la nature, n’est ce pas dit-on halé bou hess, amm rafetaayou djinné[1] ». A partir de ce moment, Ndeye Khady a fait le choix de changer d’apparence et de perturber à jamais mes nuits en s’y présentant comme un caméléon.

Madame,

Vous êtes nombreuses à être des victimes qui aiment, comme Fatou et Ndeye Khady, leurs bourreaux. Et c’est là que se présente l’industrie cosmétique de la dépigmentation. Johnson que j’avais rencontré au Ghana m’avait appelé récemment au téléphone. Il me disait que les femmes enceintes prenaient un sérum pour que leurs enfants naissent avec l’apparence métisse. Il me répétait : « savent-elles que c’est au prix de leurs vies et de celles de leurs bébés qu’elles font cela ? » Je ne répondis rien, il n’avait pas besoin que je parle ; il voulait juste sortir le trop plein d’amertume face aux agressions contre cette peau que nous partageons, notre patrimoine génétique le plus visible.

Ces agressions menées avec des panneaux publicitaires, comme glaives, se passent pourtant au vu et au su de n’importe qui passe par les grandes artères des villes africaines. Leur violence n’a d’égale que l’ambition de violer l’esprit des plus faibles et de saigner le cœur des esprits forts, parmi vous, Madame Femme Noire. Cette violence contre notre empreinte génétique la plus visible se passe aussi au moyen des chaines de télévision. L’audience y est beaucoup plus vaste. En conséquence, il est facile de demander à Mireille ou Bineta le nom du produit éclaircissant qu’on passait, en guise de publicité, au cours de la pause commerciale de la série télévisée. Mes nuits sont blanches, mes jours sombres !

Madame,

Tu m’as donné le sein au berceau. Tu t’es réincarnée, quand j’étais adolescent, et m’a fait découvrir le plaisir de ton intimité ; tu m’as promis de devenir mienne, en quittant la maison de ton père et de ta mère pour former chair de ma chair, en nous donnant une progéniture. Pour toutes ces raisons, je dois te dire que quiconque te demande de changer, ne t’aime pas si la condition est que tu changes de complexion.

Ma femme Noire, notre Femme noire,




Nous te présentons nos excuses les plus sincères de t’avoir fait développer le complexe adamique du paradis perdu. Le paradis est la noirceur de ta peau ; ta déchéance, dépigmentation. Un fantasme est fait pour rester idéel, il meurt quand on concrétise l’idée. Donner naissance à une progéniture qui s’identifie à une mère noire, puis qui grandit avec une mère devenue claire ou blanche ; c’est le meilleur moyen d’affaiblir ses potentialités d’assertivité et d’amour propre.

Dans l’espérance que ces mots te parviendront, je te renouvelle tout mon amour et ma disposition à t’accepter noire, Femme, sans dépigmentation ; oh si, la noirceur est la partie la plus visible de notre patrimoine génétique !

Je veux que mes nuits soient noires comme ta peau, et mes jours blancs comme ton cœur.

 

TRAORE Cheikh Tourad

[1] Une femme claire et belle comme une fée



Contribution: Quand on s’assoit sur notre bol alimentaire

Il se passe dans notre pays un phénomène extrêmement grave et dangereux pour le futur de nos enfants et petits enfants. Il s’agit de la cession des exploitations agricoles pour usage d’habitation par les maires, les producteurs et les coopératives d’habitat. Ceux qui ont les destinés du pays (les politiques) et ceux qui sont dotés d’une certaines intelligences (les intellectuelles) ne mènent aucune action concrète à l’encontre de ce phénomène pour le contrer ou l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard s’il ne l’est pas déjà. En tant que citoyen et agent de développement nous essayons d’attirer l’attention de ceux qui ont le pouvoir d’arrêter ce phénomène, d’y faire face immédiatement et le plus rapidement possible. La cession des exploitations agricoles pour usage d’habitation constitue une véritable menace quand à la sécurité alimentaire de notre pays. Avec la dégradation et l’appauvrissement des ressources en terres et en eau, à l’échelle mondiale, il se présente un sérieux défi pour nourrir une population qui devrait atteindre les 9 milliards d’habitants d’ici 2050, selon un rapport de la FAO. Comment peut on dans un contexte mondial marqué par une croissance démographique galopante, un réchauffement climatique croissant, une avancée des dunes de sable avec comme conséquence l’ensevelissement des cuvettes maraichères, une salinisation des terres agricoles, une avancée du désert, un appauvrissement des terres à causes des pratiques agricoles inadéquates, etc. ; céder des surfaces arables à usage d’habitation. De plus en plus les surfaces arables font l’objet d’intense transaction par les coopératives d’habitats.  Ces espaces devront normalement être protégé par nos pouvoirs publics car ils constituent le «  bol alimentaire » je veux dire la porte de ravitaillement à laquelle ALLAH (SWT) fait passer la nourriture destinée aux êtres vivants. Tout le monde sait que la production agricole a des exigences par rapport aux types de sol et aux types de climats. Il est extrêmement difficile voire impossible de produire du mil ou de la pomme de terre en pleine désert ; du maïs ou des choux dans un milieu très salé ; des carottes ou de l’oignon dans les montagnes pierreuses de « Allou kagne ». A travers les pays qui sont devenus des références en matière de développement agricole et qui prétendent nourrir le monde par le surplus de leur production, l’identification, l’aménagement et la protection des terres arables occupent une place centrale dans les politiques de protections des terres agricoles. En France le grand public et les acteurs politiques locaux ont compris que la terre arable est une ressource naturelle non renouvelable et la capacité à nourrir l’humanité n’est pas un acquis ad æternam. C’est ainsi que le ministre de l’Écologie  Nicolas Hulot propose de contrer le phénomène en taxant les bétonneurs pour lutter contre l’artificialisation des sols et de financer la préservation de la biodiversité ». Au Maroc la cession des terres domaniales agricoles est permise aux petits agriculteurs et ouvriers sans terre à des fins purement agricoles, aucun producteurs agricoles n’a le droit de céder ses terres à autres usages qu’agricole contrairement à notre pays où un exploitant peut se lever un bon jour vendre toutes ses parcelles agricoles à des promoteurs pour y aménager des infrastructures à usages d’habitation ou autres remplaçant la production agricole à du béton et du ciment. Et pourtant le rapport SOLAW offre pour la première fois une évaluation mondiale de l’état des ressources en terres de la planète. Ce rapport nous renseigne qu’un quart des ressources sont dans un état de dégradation extrême, 8% sont modérément dégradées, 36% sont stables ou légèrement dégradées et 10% sont « en cours de bonification ». Le reste de la superficie terrestre est constitué soit de terres nues (18 % environ) soit de plans d’eau continentaux (2 % environ). Sur tous les continents, de vastes zones sont touchées par la dégradation des terres, avec des incidences particulières le long de la côte ouest des Amériques, dans le Bassin méditerranéen d’Europe du Sud et d’Afrique du Nord, dans tout le Sahel et la Corne de l’Afrique, et un peu partout en Asie. La plus grande menace est la perte de qualité des sols, suivie de la perte de biodiversité et de l’appauvrissement des ressources  en eau. A ceci s’ajoute qu’une partie importante des terres agricoles de la planète subissent les effets des pratiques d’exploitation qui entraînent l’érosion hydrique et éolienne, la perte de matière organique, le tassement de la couche arable, la salinisation et la pollution du sol ainsi que la perte de nutriments. Avec une telle situation, un tel contexte le Sénégal doit revoir sa politique de préservation des terres agricoles en identifiant toutes les terres arables du Sénégal sans exception et décrète la non réalisation de toutes activités non agricoles quelques soient son importance pour préserver ce bol dans lequel Dieu dépose notre alimentation et celle des générations futures. Je ne saurai terminer cet article sans rappeler ce que nous disait notre compatriote Jacques Diouf ancien directeur de la FAO « L’humanité doit apprendre à vivre les changements climatiques. Mais, il ne faut pas qu’ils deviennent un autre facteur qui aggrave la faim dans le monde, un autre facteur de division entre les pays riches et les pays pauvres. Il nous appartient d’aider les  populations à risque les plus vulnérables, à relever ce nouveau défi »

Qu’ALLAH bénit l’humanité et lui donne la conscience de se rappeler qu’IL l’a nommée « khalif » (garant des biens terrestres) sur Terre.

Modou Fatma MBOW

Ingénieur

Kébémer

Contribution: Notre ami Trump, pas si fou que ça (Siré Sy)

  Notre ami Trump: Pas si fou que ça ! Pour se faire élire, Donald Trump a fait campagne en promettant le «plein emploi» surtout à la classe moyenne et à la classe laborieuse des «Whites Anglo Saxons Protestants». Une fois élu, Trump se rendra compte que dans bon nombre de secteurs d’activités économiques, les USA sont fortement concurrencés et dépassés. Dans les domaines des technologies numériques, Israël, la Nation start-up, a ravi la vedette à la Silicon Valley. Le potentiel,la promesse et le futur des innovations technologiques et numériques se jouent à Tel-Aviv et à New Delhi. Dans le domaine de l’industrie automobile qui fut, jadis, un des trépieds de l’économie étasunienne, la montée en puissance de la Chine et de l’Inde et la forte et agréable présence des Européens (France, Allemagne, Angleterre) sur les marchés porteurs (Afrique, Asie du Sud-est et Amérique latine), font que l’industrie automobile américaine est un peu descendue de l’autoroute pour prendre la route. Dans le domaine de l’aéronautique civile, l’Europe a complètement transformé le marché et ses chaînes de valeur dans l’industrie aéronautique s’étendent dans les quatre coins du globe.

Dans le domaine de la Haute Finance, c’est toujours Londres et sa City,qui reste et demeure la capitale mondiale de la Finance.Dans le domaine des ressources minéralières (pétrole, gaz et minerais), la Chine est en train de rafler, au nez et à la barbe des USA, les blocs pétroliers et gisements gaziers les plus prometteurs et les réserves minières les plus révélatrices. En somme, les USA ont cessé, depuis 2000, d’être la superpuissance mondiale et sont devenus une puissance mondiale parmi tant d’autres. Toutefois, s’il y a encore un secteur d’activité où les USA sont encore le leader incontesté, c’est bien dans le secteur de l’armement. Et c’est là où Donald Trump n’est pas si fou que ça. Trump, un fou malin

Le Président américain, dans sa stratégie de relancer l’économie américaine par le biais du secteur de l’armement (ce qu’il est en train de réussir soit dit en passant),installe, volontiers, un climat mondial de terreur, d’insécurité, de presque  guerre imminente. Chez Trump, le but de la manœuvre est d’amener les Etats ciblés,à se réarmer. Comment ? En passant commande à l’Oncle Sam. Quand Trump désigne l’Iran comme la capitale de son axe du mal, c’est pour dire à l’Arabie saoudite de se réarmer pour ne pas perdre son influence et son poids dans la région du Golf. Quand Trump provoque et menace la Corée et Kim Jong-Un, c’est pour dire au Japon et certains pays d’Asie du Sud-est, de se réarmer pour parer à toute éventualité. Mais voilà, Trump et les USA sous Trump,n’iront jamais en guerre ni contre l’Iran,ni contre la Russie encore moins contre la Corée du Nord. Il souffle le chaud mais il boit du froid. Il clignote à gauche pour passer à droite. Trump, c’est le leadership de la diversion et de l’imprévisibilité. Etc’est là où réside l’originalité de Trump chez qui tout est calculé d’avance.

Trump «l’Africain»

Le fait est suffisamment rare pour ne pas être signalé : les 54 pays africains représentés à New York, ont condamné avec fermeté et d’une seule voix, les propos inqualifiables de Donald Trump dans lesquels il a qualifié des nations africaines, Haïti et Salvador de «pays de merde». Ces propos ont été tenus lors d’une réunion avec des sénateurs, à la Maison Blanche, sur l’immigration.Cette condamnation unanime a été obtenue après une réunion de quatre heures,à l’issue de laquelle le groupe des 54 ambassadeurs africains s’est dit «extrêmement choqué» par les remarques «scandaleuses,racistes et xénophobes» de Donald Trump. Le groupe a également exprimé sa solidarité au peuple haïtien et à tous les autres peuples qui ont été dénigrés.Pour retrouver dans le passé, une telle unanimité dans les positions défendues par l’Afrique, il faut probablement remonter aux négociations sur le climat pour relever des faits probants qui témoignent de l’émergence d’un leadership politique africain plus affirmé. Le fait le plus connu est la position africaine unifiée sur les changements climatiques défendue lors de la Conférence de Copenhague,en 1992. Les dirigeants africains avaient développé une position reflétant les préoccupations de tous les pays africains. Ce qui avait conduit, en son temps, à la création d’une plateforme africaine historique sur le climat. Chez notre ami Trump, et depuis toujours pour les USA, l’Afrique n’est pas une priorité dans leur politique étrangère, orientée vers l’Asie et le Moyen-Orient. L’Afrique n’est pas vue, perçue et considérée comme un acteur de la globalisation mais simplement comme un enjeu de la mondialisation.L’enjeu des Autres.

Une culture des clichés du 19e siècle

«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent elles ici ?», se serait interrogé Donald Trump. Comme il est dit dans le Boja Yoga :«La connaissance sans le pouvoir n’est qu’une plaisanterie». Mais qu’arrive-t il quand on a le pouvoir sans la connaissance? Chez Trump, la vérité est dans les apparences telles qu’elles se présentent dans leur immédiateté et leur quotidienneté. Il pense que le monde commence et se termine aux USA comme le poisson dans un aquarium pense qu’il est dans l’infini bleu de la mer. Trump n’est pas raciste comme il le dit et on peut le croire sur parole. L’homme disait en marge de la 72e session de l’AG des Nations unies que «L’Afrique a un potentiel exceptionnel pour les affaires. J’ai beaucoup d’amis qui vont dans vos pays pour essayer de devenir riches. Je vous en félicite. Ils dépensent beaucoup d’argent. (…). Et pour les entreprises américaines, c’est vraiment devenu un endroit où elles doivent se rendre,elles veulent s’y rendre». Seulement Trump est Président de la première puissance mondiale sans aucun passé politique. Il n’a jamais servi sous les armes et n’a aucune connaissance des équilibres fragiles du monde. D’où la confusion totale des espaces (publics et privés). Ou alors, le monde de l’économie globalisée, ce monde de totalité et de morcellement, n’aurait-il pas aussi besoin d’un leadership fou pour faire bouger les lignes ? A la différence des autres président américains,  Trump balance à tout va, des inepties blessantes, des propos désobligeants. Il a une culture des clichés du 19e siècle, un goût prononcé pour les formules réductrices et, surtout, un sens fou des jugements à l’emporte-pièce, comme le dit si bien le politologue Babacar Justin Ndiaye. Et tout est dans la réponse de la Secrétaire générale de la Francophonie, Michaelle Jean, qui rappelle «que Donald Trump se souvienne que son pays s’est construit par la sueur,le sang et la force d’hommes et de femmes arrachés à l’Afrique».

Sire SY

Pour notre dignité nationale, l’Etat doit ramener Lamine Diack au Sénégal

YERIMPOST.COM Lamine Diack a 85 ans. Il a atteint l’âge canonique, celui auquel, selon les Ecritures, même Dieu est indulgent à son égard. Pourtant, il vit depuis plus de deux ans et demi dans une prison dorée à Paris, assignée à résidence par une interdiction de sortie du territoire. En cause, des malversations qui lui sont reprochées et qu’il est soupçonné d’avoir commises avec la complicité de son fils, Massata Diack, dans le cadre de ses fonctions de président de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF).

Si nul ne saurait revendiquer l’impunité ni l’exemption de reddition de comptes au profit d’un responsable de ce niveau, on peut s’interroger sur la brutale sévérité avec laquelle ce Sénégalais de premier plan dans le mouvement sportif mondial a été traité par la justice française. Alors qu’il présidait l’UEFA, le Français Michel Platini a été accusé d’être impliqué dans des malversations portant sur des montants plus importants que ceux reprochés à Lamine Diack. Pourtant, il continue à disposer d’une liberté d’aller et venir. Le Suisse Sepp Blatter a été et reste poursuivi pour de gros scandales de corruption. Il n’en sillonne pas moins le monde avec un passeport diplomatique.

La question est brutale mais est légitime à poser: Est-ce la différence de la couleur de peau qui explique cette inégalité de traitement ?  Ou est-ce la place dans le monde du pays d’origine du responsable qui détermine les mesures judiciaires à lui infligées ?

L’argument brandi par le juge d’instruction français repose sur le postulat que M. Diack peut se soustraire définitivement à la justice s’il est autorisé à quitter le territoire français. Le calcul secret du magistrat instructeur consiste, pour contraindre à se présenter le trop convoqué Massata Diack, vers qui convergent des indices graves et concordants, à garder son père. Comme si la prise d’otage, en clair la rétention d’un être humain en gage, est reconnue par le Code de procédure pénal français.

Face à la violation des droits de Lamine Diack, à qui a été de facto ôté son droit à la présomption d’innocence, l’Etat du Sénégal est resté scandaleusement silencieux. Et démesurément impuissant devant le sort de celui qui fut athlète international, champion de saut en longueur, maire de Dakar, footballeur puis entraîneur de foot, directeur technique national, président du comité national olympique, président de l’organisation qui gère l’athlétisme mondial… Tout pays occidental dont il serait le ressortissant aurait pesé de tout son poids pour lui restituer sa liberté de mouvement et le ramener à la maison.

L’une des plus fortes légitimités d’un Etat, c’est de protéger ses ressortissants à l’étranger. La France est allée à cet égard jusqu’à arracher certains de ses citoyens trafiquants de drogue à la justice colombienne pour, officiellement, les juger en France. Pour secourir un seul Américain brimé quelque part dans le monde, les Etats-Unis sont capables d’entrer en guerre.

Quel que soit ce que l’on reproche à Lamine Diack, l’Etat du Sénégal doit se battre pour le faire revenir au bercail. C’est une question d’orgueil national et de souveraineté internationale. Mais également d’image. Un de ses fils arrivé au sommet de l’athlétisme mondial ne peut être indéfiniment traîné dans la boue sans que la perception de notre pays par le reste du monde s’en ressente. Pour mettre fin à cette spirale qui, chaque jour davantage, l’enfonce dans la honte, le Sénégal doit emprunter tous les canaux diplomatiques et judiciaires susceptibles de ramener Lamine Diack dans notre capitale dont il fut le maire.

Cheikh Yérim Seck

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