Blog de Cheikh Yerim Seck

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Le juge, les latinos et le ministre

YERIMPOST.COM «L’intérêt des faibles, c’est la justice», disait Jaurès. Dans les républiques où les juges ont une haute idée de leur fonction, cela est loin d’être une simple vue de l’esprit ; la justice est une vraie cuirasse pour les personnes en situation difficile.

Une émigrée salvadorienne et sa fille ont pu à suffisance vérifier la pertinence de cette phrase laconique. Un juge fédéral américain Emmet G. Sullivan a haussé le ton quand il a appris qu’une pauvre latino et sa fille avaient été expulsées avant que la justice ait statué définitivement sur leur demande d’asile. Le magistrat, qui a jugé cela «inacceptable», a ordonné à l’avion de faire demi-tour et a même menacé Jeff Sessions, le ministre de la Justice de Donald Trump, de le poursuivre pour outrage à magistrat ! Chapeau bas.
Vu d’ici, cela fait rêver ! Notre vieux poste radio ne peut capter cette lointaine chaine étrangère qui diffuse dans une langue que nous ne baragouinons même pas. C’est l’Amérique, terre des libertés ! Comme si la dictature était l’apanage de peuples ou de continents ! Comme si les chambres à gaz n’ont existé qu’au camp Boiro ! Et que Ceausescu, Pol-Pot et Pinochet n’ont été que les bourreaux de pauvres Africains de quelque république bananière au sud du Sahara !



Ce juge n’a point eu besoin d’être Robert Badinter pour montrer sa « témérité » devant l’Exécutif. A un magistrat, on demande de dire le droit au nom du peuple, comme on exige du soldat qu’il se batte pour défendre sa patrie. Si on l’empêche de faire son job ? Il « brise son épée »!
Ce juge étasunien menaçant « son propre ministre de la Justice » de poursuites, alors que l’affaire en question n’implique pas les intérêts d’un citoyen américain, je me demande ce qu’il aurait fait face à un ministre (ou beau-frère ?) d’une Association de Pilleurs de la République qui n’est même pas capable t’étancher la soif de son peuple, s’il accusait des juges communautaires d’avoir sorti une décision suspecte ! Emmet G. Sullivan aurait certainement collé tout ministre de l’Education qui se serait permis de « déchirer » un arrêt de la Cour Suprême. Le juge l’aurait condamné à lire cent fois L’esprit des lois.
Ce magistrat n’aurait pas baissé le froc devant un « petit ministre » qui aurait le toupet non d’égratigner un juge mais de cogner violemment sur la figure d’honorables magistrats de la cour des comptes en les qualifiant de « petits magistrats de rien du tout » !
Il n’y a pas de justice indépendante dans l’absolu. Il n’y a que des hommes jouissant de leur liberté qui, même dans un système fermé où la hiérarchie est pesante et contraignante, savent dire non à une injonction « manifestement illégale », d’où qu’elle puisse venir, et passer outre ! Un juge qui imiterait Yao Ndré apporterait à son pays une très vilaine flétrissure que les papys raconteraient à leurs petits-fils des décennies et des décennies après.

Mais on ne demande pas non plus à un magistrat de ressusciter le sosie de Kéba Mbaye. Ce dernier n’a pas voulu être un héros, il a juste fait son boulot. On demande à un juge d’en avoir assez dans son froc pour ne pas devenir un tailleur des lois ordinaires ou constitutionnelles qui deviendraient modulables selon les désirs et desiderata de l’Exécutif ; il pourra ainsi éclairer la lanterne du justiciable pour lui permettre de suivre le fil d’Ariane dans le labyrinthe des avis et décisions de justice ! Qu’il ne rabâche pas sempiternellement aux citoyens en détresse, dont il est le dernier rempart, que dire le droit n’est pas son rayon, comme un médecin qui se déclarerait incompétent pour toutes les pathologies dont souffriraient ses patients ! Il se doit de rassasier ceux qui ont faim et soif de justice.
Les juges ont fait leur droit, ils sont bien formés ; ils n’ignorent nullement ce qui se fait ici et ailleurs ! Un gros baobab sur la route comme un gros caillot qui obstrue les veines de la République et qui menace de l’étouffer…

Il arrive un moment, le juge osera faire son travail. Malgré les consultations à domicile et les dossiers sous le coude du prince, malgré les demandes incessantes de coups d’accélérateur ou de rétropédalage sur les dossiers sensibles, malgré les menaces d’affectation dans des zones déshéritées et de mises au frigo, malgré les prolongations et les augmentations de crédits alloués aux institutions.
Un proverbe bien de chez nous dit explicitement : « Une hyène qui suit un gaillard qui marche dans la nuit ne montre pas qu’elle a du cran ; c’est le bonhomme qui n’a pas l’allure fringante ! »




Moustapha Diop
mrgediop@gmail.com

Djimbori Ngooné Bour Dalli

Le pouvoir politique est « juste une escarpolette de singe que l’on retrouve sur n’importe quel arbre ! » chantait Youssou. Jean Bedel Bokassa occupa même le strapontin avant de s’ennuyer et de s’auto clamer empereur Bokassa 1er.

Quand arrive le grand soir, il y a ceux qui pensent aux millions de personnes disséminées dans le pays et dont la sécurité autant que la prospérité reposeraient entièrement sur leurs frêles épaules : ils s’enferment dans leur bureau et méditent. Ceux-là demandent au Tout-Puissant de rendre herculéennes leurs fragiles mains de mortel afin qu’ils puissent se vouer entièrement à cette mission. Alors ils deviennent des êtres abstraits, n’ayant plus d’ascendants ou de descendants. Comme Bamba ils disent à leurs siens : « Je n’ai ni frères ni enfants auxquels je léguerais des biens matériels. » Ceux-là restent à équidistance des citoyens et des partis politiques, mus essentiellement par l’intérêt de tous. Ils font la paix avec leurs adversaires, rappellent les bienfaits que leurs devanciers ont accomplis pour la République sans s’appesantir sur leurs défauts. De tels hommes perdent sommeil et appétit, maigrissent ! Malgré leur jeune âge.




Hélas, tous n’ont pas cette posture dont parlait le Général de GAULLE qui disait : «  Quand on a le destin de tout un peuple entre ses mains, son regard doit dépasser le bout de son nez. »

Djimbori déroule son jeu. Le prince s’est attribué la part de Bouki, à la fratrie et à la belle-famille il a donné celle de Ndiour, et réservé la portion de Samba à son parti et à ses alliés. Notre courroux taciturne le dope.

Il veut aujourd’hui la tête de Khalifa et l’aura sur un plateau. Hier nous avions fermé les yeux pour lui laisser le soin de couper celle de Karim et de Sonko. Et demain ? Diantre ! Il lui en faudra d’autres encore sur l’autel parbleu. Du Sang ! Des prisonniers ! Et, des larmes d’orphelines et de nonagénaires. Son fétiche en raffole.

Entre gêne, déception, colère et sentiment de culpabilité, chacun, dans son coin, médite. Des 4000 milliards à recouvrer, ne restent que des voitures et des bijoux ! Le reste doit être dissimulé entre « le ciel et la terre » Nous ne parlons même pas des vingt-cinq ministres de la « gestion sombre et tortueuse » et du reste.

Nous avions été pourtant avertis. Keurgui, l’excellent groupe de rap de Kaolack nous avait interpellés : « Qui est donc aux commandes de notre embarcation? » Nous avions la réponse ! Un excellent chroniqueur nous avait susurrés : « voter pour lui, c’est élire sa femme. »

Nous saurons éternellement gré au Ministre de la culture d’avoir éclairé notre lanterne qui vacillait entre ombres et lumières. Nous soupçonnions fortement la modification de l’article 44 de notre constitution sans référendum. Merci de nous l’avoir confirmé.

Entre temps le pays a vraiment changé ! A-t-on réellement idée d’une professeure d’histoire qui se transformerait en dame de compagnie, fut-elle de celle d’une première Dame ?  Des juristes, naguère déifiés, en arrivent à irriter quarante-cinq de leurs pairs, obligés de dire : psitt nos étudiants nous écoutent !  Des éditorialistes aux plumes jadis impériales, allègres et, acerbes commencent à tremper les leurs dans une encre si incolore que leurs billets ne valent même plus la petite monnaie. « Quand tes semblables valent le prix d’une bique, ta valeur ne doit pas être très loin de celle d’une chèvre. » disait l’autre.

Djimbori et sa cour souhaitent, qu’en dépit de notre colère si saine puisse que ne comportant aucune parcelle de haine, de notre ventre creux et, de notre sinistre rire jaune, que l’on sourit. Alors que tous les clignotants sont rouges. Nous avons pris un beau marron à l’œil ! L’étoile verte a perdu de sa brillance, les fleurs de toutes ces promesses ont fané depuis que nous avons vu notre espoir gisant dans les eaux boueuses de la mare du reniement. Il ne reste plus qu’un sentiment furax qui vagit au fond de nos entrailles comme le bouillonnement d’un volcan qui va sourdre et déferler comme un torrent. Les pauvres ! Ils ne savent même pas que nous rêvions d’un lion rouge qui rugit.

Il faudra se décider. Mamadou Diop a donné sa vie. Ousmane Sonko son poste prestigieux d’inspecteur des domaines, pour un pays dont les citoyens jouiraient de leurs ressources naturelles comme les finlandais et australiens des leurs. Chaque citoyen devra se poser cette question : « Et moi, que suis- je prêt à donner pour que mes enfants vivent dans un pays ou le prince, quel que soit le score avec lequel il serait élu, ne ferait plus la pluie et le beau temps avec la délégation (circonstancielle) d’un pouvoir ? »

Et chacun répondra à sa convenance et selon ses convictions !

Mais il va falloir se décider. Opiner ? S’aplatir se taire ? Ou se terrer comme des lâches et les laisser nous passer dessus avec leur rouleau-compresseur ? Ou peut-être partir, nous en aller au loin, voguer sur les flots comme des boat peoples.

Il faudra se décider parce rien n’étonne un fou. Et l’adage ajoute : « son embarcation finit par dériver au large de l’océan avec ceux qui ont pris le risque d’y prendre place ! »

Notre indignation tardive et sélective, ainsi que les incantations que débitent nos pauvres voix de femmelette seraient si insuffisantes à les dissuader. On a oublié de leur rappeler l’histoire de cette ville fondée par Dof DIOP, alias DONNER DES COUPS, et qui ne connut guère son apogée. NaataKhoona NDIAYE, RENDRE COUP POUR COUP y entra un soir avec sa horde de vandales et la transforma en ville fantôme.

J’ai lu et relu ces phrases de Chateaubriand et j’avoue que j’ai mis du temps à en comprendre le sens : « Une faiblesse naturelle aux gens supérieurs et aux petites gens lorsqu’ils ont commis une faute, est de la vouloir faire passer pour l’œuvre du génie, pour une vaste combinaison que le vulgaire ne peut comprendre. L’orgueil dit ces choses-là, et la sottise les croit. »

Mettre son coude sur les dossiers gênants du PRODAC, envoyer le procureur à ses opposants, casser sa tirelire de fonds politiques pour se payer des transhumants hideux à la bave de crapaud. Ce n’est pas une œuvre de génie ! Surprendre ses adversaires, changer les règles du jeu en plein combat, employer la puissance publique pour ligoter ses adversaires et les rouer de coups froidement… n’est ni de intelligence ou de l’audace. Une soif de vengeance suffit ainsi qu’une immoralité abjecte. Idi amine Dada et Yaya JAMMEY feraient beaucoup mieux ! Chez nous on dit plutôt : « Un gentleman est toujours fair-play avec ses pairs en tout lieu, en toutes circonstances quelle que soit le degré de l’adversité. »




La politique: une affaire de gladiateurs ou de gentlemen ?

Qui dit politique parle d’une âpre compétition pour la conquête et la conservation du pouvoir, donc de rivalité et de concurrence entre challengers qui se battent pour prendre et diriger l’Etat qui, qui plus est, est ce « MONSTRE FROID » dont parlait le philosophe Nietzsche, qui peut devenir plus dangereux qu’un camion lourdement chargé et dont on aurait scié les freins. Avouons que tout ceci ne milite pas pour un amusement tranquille d’enfants de chœur qui s’égaient dans une cour de récré.
« Deux coqs vivaient en paix ; une poule survint. Et voilà la guerre allumée. » Ces mots dans une des fables de Jean de la Fontaine résument bien la situation de conflit. Mais cela ferait-il de la politique une guerre sans merci au cours de laquelle on aurait le droit d’user et d’abuser d’armes (non conventionnelles parfois) pour détruire ses adversaires ?



Quand on écoute les thèses que certains intellectuels avancent pour expliquer certaines dérives de l’Exécutif, qui semblent corroborer cette vue chère au théoricien marxiste Antonio Gramcsi, on est tenté de les croire. Tout l’art de la politique consisterait à donner des coups de Jarnac à tout-va comme Djimbori sait si bien le faire. La politique, pour user d’une image culinaire locale, serait une sorte de couscous très sec que l’on doit faire manger à ses adversaires aux confins d’une région aride : les malheureux auraient très mal au gosier, ils risqueraient d’avaler de travers une portion de leur repas infect et ils auraient de terribles indigestions ! Mais que voulez-vous ? La politique, c’est la guerre ! Il est vrai que l’arène de la guerre, qui aurait ses « douceurs », peut exercer sur les hommes tant d’attraits.
Encore que la guerre a ses normes. Les Samouraïs, raconte-t-on, se refusaient à achever un adversaire désarmé !
Personnellement, je pense comme Fénelon, sans être un pacifiste dans l’absolu, que « la guerre est le plus grand des maux dont les dieux affligent les hommes. »
Entre « l’argument de la force et la force de l’argument », comme disait l’autre, chacun pourra choisir son camp !
Dans la conquête comme dans l’exercice du pouvoir, mais beaucoup plus dans le second cas, il y a ceux qui pensent à la postérité et ceux qui spéculent sur leur prospérité. Certains gouvernants essaient d’apporter sécurité et bien-être aux leurs. Même un enfant qui ferait cours dans un abri provisoire ! Ils ne cessent alors de méditer leur départ, quand ils tourneront le dos au pouvoir. Seuls. Quand les historiens feront les comptes et mécomptes !
Mais il y a aussi les hommes qui n’ont ni appris des erreurs des autres ni corrigé leurs propres lacunes, dont les regards ne portent pas au-delà de leur bedaine, qui trépignent déjà à l’idée d’assouvir une vengeance crypto-personnelle avec cette force hors norme qui est entre leurs mains.
Au Libéria, Samuel Doe, atrabilaire et sanguinaire chef de la junte militaire, a été « charcuté » par son ennemi juré, Prince Johnson ; rigolant, une bouteille de Whisky en mains, un joint de cannabis entre les lèvres… Comme les hurlements démentiels du malheureux l’importunaient, il lui sectionna la langue !
Le brillant juriste Diallo Telli, premier secrétaire général de l’OUA, mourut d’inanition au Camp Boiro. Sékou Touré se méfiait de ce cadre adulé. Accusé d’être la tête de file du fameux « complot peul », il fut expédié ad pâtre !
On peut retrouver à foison nombre de curiosités morbides comme celles-là, elles ont légion partout où la dictature a régné.
Chez nous, les choses sont aussi allées très loin entre les présidents Mamadou Dia et Senghor. Sauf qu’on n’en est pas heureusement arrivé aux monstruosités rappelées plus haut !
Dans les démocraties, quel que puissent être l’âpreté des contradictions, on évite certaines dérives. Entre les excès qu’on retrouve dans certaines dictatures et la main parfois très lourde de Senghor, je préfère les procédés plus avenants entre Giscard et Mitterrand ou plus récent entre Wade et Diouf. L’image de l’ancien président français Nicolas Sarkozy à côté de son tombeur François Hollande pour fêter les harkis, ou celle où l’on voit Bill Clinton et Barack Obama inaugurer ensemble le musée des civilisations noires, commencé par Bush, fut très belle.
Ne pas faire de cadeaux à ses opposants est de bonne guerre, mais se laisser aller à certaines extrémités peut se révéler très improductif. Dans les républiques où les règles sont bien définies, la démocratie polit les mœurs. La cruauté comme la rudesse du jeu politique peut être tempérée par la cuisson vapeur du couscous, ou par de l’eau tiède qu’on verserait sur la semoule. Cela rendrait la pilule, autant pour moi, le couscous, plus facile à avaler et à digérer.



Sinon gare au retour de manivelle. La roue de l’histoire tourne !
Quand Samuel Doe subissait sa descente aux enfers, il a dû voir le spectre du président William Tolbert en caleçon avec ses ministres, exécutés sans autre forme de procès ce fameux 12 Avril 1980 !
Serigne Sam Mbaye, dans l’une de ses prêches, avait lancé cette formule terrifiante de rappel à l’ordre : « Celui qui ne songe jamais aux trois premiers jours qu’il passerait au fond de sa tombe, peut bien faire ce qu’il veut alors qu’il est encore en vie. » Mais on me dira que les hommes politiques n’émargent pas à ce registre !
Je leur rappellerai l’image d’un président déchu qui s’en va alors que son ennemi assuré s’installe. On n’a pas besoin de leur rappeler comment périt celui qui règne par l’épée. Georges Danton, ministre de la Justice et membre du conseil exécutif provisoire mis en place après la chute de la monarchie en France, faisait preuve d’une violence inouïe à l’égard de ses malheureux adversaires. Mais son courage émerveilla tout le monde lors de son exécution. Quand le tribunal monstrueux qu’il avait contribué à créer se retourna contre lui, il resta stoïque et admirable, frisant même la provocation. Au bourreau qui allait lui couper la tête, il dira sans ciller : « N’oublie pas surtout, n’oublie pas de montrer ma tête au peuple : elle est bonne à voir. »
La bonne nouvelle venue de Côte d’Ivoire est tombée : le président Alassane Ouattara a amnistié Mme Simone Gbagbo ! Allez-y savoir si c’est pour apaiser le pays ? De l’élégance ou de la grandeur ?
Parfois, c’est une simple question d’artifice et de finasserie pour éviter demain d’être dans l’impossibilité d’assister aux funérailles d’un proche ! Suivez mon regard.


Cheikh Bamba Dièye, allez-y jouer aux aristocrates chez les roturiers !

YERIMPOST.COM Cheikh Bamba Dièye a donné un véritable coup de pied dans la fourmilière. Il était grand temps s’il n’est pas déjà trop tard ! Thomas Jefferson a raison : « Une petite rébellion de temps en temps, c’est comme un orage qui purifie l’atmosphère. » On commençait à se lasser de ce silence qui est si mortel dans une démocratie.

Un ami me racontait l’histoire d’un couple qui vivait dans une maison mitoyenne à la sienne. Le mari, qui avait coutume de lever le coude, devenait agressif, voire tyrannique. La bonne dame supportait alors coups, injures et invectives sans broncher. Mais arrivait toujours la riposte à la mesure de l’outrage. C’était sur un ton ferme et coléreux ! Elle avait bien raison. « Se révolter contre la tyrannie, c’est obéir à Dieu », comme disait l’autre.

On demande à Cheikh Bamba Dièye d’être un agneau, un charmant chérubin avec des loups qui font preuve d’une telle trivialité que tous les citoyens soucieux de la quiétude de ce pays ont du mal à contenir leur courroux en les écoutant parler comme des nantis jouissant de leur droit de propriété avec un bien dont ils viennent de faire l’acquisition. Nichés dans une légalité sournoise, ils ne se donnent aucune limite pour s’attaquer ouvertement aux juges de la CEDEAO, s’ils ne dilapident pas nos 28 milliards sans ciller !

Allez donc demander à un pauvre homme au visage tuméfié, à qui des colosses imbus d’eux-mêmes donnent des coups bas, sans que l’arbitre ne daigne lever le petit doigt, de continuer à encaisser des coups et à geindre !

Dans une lettre célèbre qu’Abraham Lincoln aurait adressée au professeur de son fils, le 16e président des USA suggérait à l’enseignant d’apprendre à l’enfant « à être doux avec les doux, et dur avec les durs. »

Quand toutes les institutions d’une République sont aux ordres, assujetties au bon vouloir du Prince, quand une bonne partie de la presse privée du pays caresse les autorités dans le sens du poil, quand les régulateurs sociaux sont aphones, quand le citoyen n’a plus que sa voix, celle-ci devient forcément gutturale !

Il a fallu à un proche du président Macron de lever son petit doigt sur un citoyen pour que la Justice et l’Assemblée réagissent. Ici, on a tiré et tué, avec une arme achetée avec l’impôt des citoyens, un étudiant sans que rien n’ait été fait !

Que personne ne vienne nous demander de ne pas exprimer notre courroux : nous avons soif d’eau… et de Libertés ! Les nôtres, bien que constitutionnelles, ont été dûment confisquées. Désormais, ce sont des fonctionnaires qui ont le droit de nous dire quand et comment en jouir !

Moustapha Diop




Le parrainage expliqué à ma fille… Dis Pa, c’est quoi le parrainage ?

YERIMPOST.COM A cette question abrupte de ma fille, j’avoue que j’en suis resté longuement bouche bée. Etonné et surpris qu’une fille de six ans s’intéresse à ces questions politiques au lieu de s’extasier en regardant son programme préféré sur une chaîne jeunesse en ces moments de vacances. Je ne savais quoi lui répondre. Je mis quelques minutes avant de balbutier la première chose qui me soit venu à l’esprit.

« Le parrainage ? Ben, il parait que c’est un truc génial ma fille. Il permet de rationaliser les candidatures « fantaisistes » aux différentes élections et in fine les partis politiques qui foisonnent comme des sachets en plastique dans les rues de la ville. C’est vrai que comme tout le monde j’en suis encore resté bouche-bée, mais si l’on en croit aux affirmations des communicants du prince. Tu vois ces messieurs au verbe facile et à la faconde naturelle, costume sur mesure, cravate rouge bien nouée, qui écument les plateaux des télés, la leur comme toutes les autres qui ont fini par tomber dans leur escarcelle. La bouche en cœur, ils nous ont expliqué le projet. Ils ont disserté, discouru, expliqué, demandant à l’opposition de ne pas faire la fine bouche sur cette trouvaille du président qui va apporter une révolution qualitative dans la façon d’organiser des élections dans le pays.

Par exemple, quand ton papa adoré sera convoqué par l’administration pour être dans les bureaux de vote le jour des élections, il n’aura plus, suant comme un ouvrier dans la touffeur moite d’une salle de classe mal éclairée, des dizaines de bulletins de candidats fantoches qu’il passera des heures à installer avant d’accueillir les électeurs.




En outre, les électeurs âgés comme ton papi ne perdraient plus de temps pour des gus venus de n’importe où, racontant n’importe quoi, qui ne savent même pas voter. Des candidats qui, le temps d’une campagne, trouvent subitement des dizaines de millions pour payer leur caution et financer leur campagne, alors qu’ils n’en avaient guère pour payer leur loyer et étaient sous la menace d’une assignation en expulsion.

Le machin, c’est comment encore ? Le parrainage ! C’est pour économiser beaucoup d’argent qui servira à payer les avancements et autres reclassements des enseignants. Tu vois, ton papa est toujours en débrayage. Il s’en est même fallu de très peu pour qu’il soit radié pour grèves intempestives ! Lui et ses collègues ne sont pas contents parce que l’Etat leur doit des sous, mais les nombreux candidats aux élections font grever inutilement les charges de l’Etat, lui faisant perdre de l’argent. Avec le parrainage, il y aura moins de candidats et plus d’argent pour construire des salles de classe qui vont remplacer les abris provisoires pour tes petits camarades là-bas qui font leurs cours dans des huttes ! »

  • C’est naze. Je ne comprends pas tout ce baratin !

« Ok, ne t’énerve pas ma princesse ! Voyons voir une autre illustration plus didactique. C’est, comme jadis, avant qu’on ne se soit mis en mode appart fermé, quand toute la famille vivait dans la grande concession avec les tantes et les oncles, les cousins et autres membres plus ou moins éloignés de la famille ; chaque matin, quand maman allait au marché, grand-mère prenait une petite calebasse, elle y mettait du riz et triait pour extirper les déchets et autres débris qui donnent des maux de ventre aux enfants pour ne laisser que les bonnes graines de riz toutes blanches et appétissantes, celles que l’on doit manger pour être en bonne santé !

Ou encore un autre exemple. C’est comme quand tu veux être première de ta classe alors que tu es loin d’être la plus douée. Après la composition, patatras ! Tu es classée septième ou huitième. Tu fais le point ! Ben il y a six ou sept personnes qui sont beaucoup trop forts pour toi. Aucun moyen de te classer devant eux. Et tu veux être première pour mériter le prix d’excellence. Que faire ? »

  • Sais pas moi…

« C’est simple. Tu accuses l’un de tes concurrents, la main dans le cœur, d’avoir volé la craie de ton oncle qui, « pur hasard », se trouve être le maître de la classe et dont les décisions sont irrévocables et définitives. Tu demandes à ton petit camarade de montrer qu’il n’est pas un voleur de craie ! Il est condamné et envoyé en exil forcé dans une autre école.

À la récré, tu demandes à un autre rival de te prêter un peu d’argent pour te payer un goûter. Comme toi, il a les poches trouées, il évoque l’impécuniosité générale ; mais tu lui rappelles qu’il peut prélever une petite somme modique sur la Caisse d’Avance qu’il garde par devers lui. Tu n’aurais point d’argent et tu as faim. D’ailleurs, ce serait un secret bien gardé et, dès le lendemain, tu lui rembourserais la somme due. Il te croit. Aussitôt après, tu convoques une réunion pour demander au commissaire aux comptes de vérifier l’argent de la caisse d’avance : « la confiance n’exclut pas le contrôle ! » Le malheureux est condamné et rétrogradé au niveau inférieur. Deux adversaires en moins. Là tu piges. Tu vois comme c’est pratique !

Sauf que tu n’es pas encore première de ta classe ma grande. Mais rassure-toi, ton pater est doué pour te tirer d’embarras. Passons à l’étape suivante avec tes autres rivaux. Elle est déroutante, épatante. Tes adversaires n’y verraient que du feu !




Alors ton oncle (ton maître ?) va exiger de chaque élève de la classe d’aller remplir une fiche, portant noms, adresses, téléphones et signatures des maîtres des classes et écoles qu’il a fréquentées, mais aussi des encadreurs et autres répétiteurs, attestant qu’ils vous ont bien expliqué les leçons sur lesquelles l’évaluation porterait à la prochaine composition pour attester que vous avez le niveau requis. Si un élève ne trouve pas assez de signatures, il est éliminé. S’il en trouve suffisamment, le maître (ton oncle ?) pourra toujours contester l’authenticité des signatures qui seraient douteuses. »

  • Ah ! Je n’y comprends que dalle.

« Ben moi aussi ma fille. Je n’y comprends pas grand-chose mais je chercherai sur Google. Il parait qu’on peut tout y trouver, même de la sauce arachide pour couscous ! »

Moustapha Diop

Nous, Gagner le Mondial Russe ? Savoir Raison Garder…

YERIMPOST.COM Le pouvoir s’est-il mis en « mode Mondial », au point de croire qu’il peut imposer des décisions impopulaires à un peuple embrumé par cet « Opium du Peuple » que représente le football ? L’heure est aujourd’hui à la passion. Les Sénégalais sont crispés, anxieux, stressés, et même pas parce qu’ils sont « mackys ». Nous sommes en ce moment tous en train de nous projeter en conjectures, non pas pour savoir comment nous allons payer des loyers de plus en plus chers, éduquer nos enfants dans les conditions les meilleures, soigner nos parents dans des hôpitaux sans maladies nosocomiales en prime, déambuler dans une capitale avec des trottoirs non encombrés, voter à une présidentielle bien organisée…, mais nous sommes tous en communion pour une fois concentrés au maximum sur notre participation au Mondial russe, et rêvant, pourquoi pas, au titre qui ne saurait nous échapper. Incha’Allah…

Soyons sérieux un petit instant. Peut-on gagner ? Doit-on gagner ? Commençons par la première question et tentons d’y répondre, nous qui aimons massacrer les bonbons en les croquant au lieu de prendre le temps de les sucer et d’en connaître, en l’appréciant, le goût, cela pour dire que nous aimons connaître la fin d’un processus sans en vivre le cours. Peut-on gagner un mondial de football, comme ça, du fait de la bonté de Dieu, du seul fait que nous sommes sénégalais, comme ça, juste parce que Dieu, est notre garçon commissionnaire, auquel nous allons demander de rapporter, pourquoi pas, la Coupe du Monde, juste parce qu’Il ne parle que wolof ?

Peut-on battre des Colombiens, des Polonais ou des Japonais qui, depuis des décennies, travaillent à produire des générations de joueurs qui courent depuis leurs culottes courtes ensemble, alors que nous n’avons fait dans le même temps qu’engraisser des joueurs comme on élève des moutons de Tabaski ?

Peut-on gagner devant des équipes qui ont des joueurs qui totalisent 20 fois plus de sélections que la nôtre ? Si Dieu se doit de récompenser le travail, alors on est mal barré. Il est vrai que nos audaces de 2002 étaient le fruit d’un désir commun depuis lors dissipé, noyé dans les coursives du Joola englouti du fait de nos tricheries coupables. Non, Dieu n’est pas injuste. En attendant, remettons l’ouvrage sur le métier, nous n’avons pas un problème d’entraîneur, nous avons un problème de projet. Arrêtons de tout de suite croquer dans le cœur du bonbon…

Jean Pierre Corréa




Enseignants, Sifflez La Fin de la Récréation, Le Président Vous a Satisfaits…

YERIMPOST.COM Un des problèmes de notre pays est que nous sommes de beaux parleurs. Nous parlons souvent pour ne rien dire, juste pour nous entendre parler. Il existe peu de pays où on aime autant se regarder le nombril et s’entendre parler.

Aujourd’hui, les acteurs politiques s’écoutent parler, ou plutôt parlent pour s’étendre et pour ricaner de l’absurdité des propos des autres qui ne sont pas du même bord qu’eux et, à travers internet, ils s’envoient des invectives. On dirait que parler rassure et aide à convaincre les beaux parleurs (politique ou social) qu’ils sont dans le coup. C’est amusant de voir ces rigolos de tous bords parler pour ne rien dire, ou pire, parler pour détruire un projet, une idée…

Ce qui est dérangeant finalement, c’est qu’avec ces beaux parleurs, il n’existe rien de nouveau. Aucun parti, aucun mouvement social ne propose quoi que ce soit. Aucune proposition, tout le monde parle, personne ne s’écoute et tout le monde réclame des concertations sur tout.




Les hommes politiques ne sont préoccupés que par la politique et la présidentielle (sa règle du jeu prête à être modifiée), et donnent l’impression que les choses importantes ne suscitent pas leurs prises de parole et la convocation de la presse pour entendre leurs discours et faire montre de leurs postures.

Or, sans doute jamais autant qu’aujourd’hui, les accords notamment entre pouvoir et enseignants n’auront été aussi porteurs de solutions aptes à sortir les enfants et élèves des ornières syndicales dans lesquelles les poussent des enseignants qui font fi de leur avenir et continuent à aller en grève au mépris de la réussite de leurs élèves, tout en continuant, eux, à percevoir leurs salaires. Ce qui, aux yeux de bien des parents d’élèves et de citoyens, est proche de l’enrichissement sans cause, puisque n’apportant rien de plus aux connaissances requises des enfants qu’on leur a confiés. Ils sont plus souples lorsqu’ils vont accepter des conditions salariales souvent inadmissibles dans le privé, mais qui mettent du beurre dans leurs épinards, au détriment des heures de travail qu’ils n’assurent pas dans le public et que les contribuables que sont les parents de leurs élèves rétribuent. Le président a satisfait leurs revendications. Il faut qu’ils sifflent la fin de la récréation.

Jean Pierre Corréa

Monsieur le Président, Après Khalifa Sall, «Aux Suivants !!!»

YERIMPOST.COM Passé l’état de sidération dans lequel de nombreux Sénégalais ont été plongés suite au verdict condamnant Khalifa Sall à 5 ans de prison, notamment en regard d’un délibéré évoquant des actes de premier communiant, il convient de ne pas commenter ni contester une décision judiciaire, mais au contraire de se demander si cette sévérité pouvait être de bon aloi et ouvrir à une inespérée fin d’une impunité qui concernait les hommes politiques.

Du coup, il est attendu que le président, qui avait déclaré naguère que de nombreuses conclusions de l’IGE et de l’Ofnac s’empilaient sur son bureau présidentiel et qu’il avait calé quelques-uns de ces dossiers sous son auguste coude, change de posture et, dans le bon sens du terme, lève le coude et nous informe de leurs contenus et des éventuels acteurs ainsi protégés de ses foudres, d’autant qu’un de ses proches a affirmé dans une fameuse émission de la TFM, ce weekend, que parmi ces impétrants se trouvaient des personnages de la mouvance présidentielle, certes récemment accourus  sous le paratonnerre républicain, avec leurs supposés grands électeurs dans leurs besaces.

S’il faut prouver l’indépendance de la justice, c’est bien le moment !!! Faites suivre ces dossiers qui prennent la poussière sur votre bureau aux autorités judiciaires compétentes, et laissez-les agir comme vous le déclarez tout le temps au nom de la séparation des pouvoirs, notion quelque peu chahutée pour nombre de Sénégalais qui s’acharnent à ne voir dans la condamnation de Khalifa Sall que la conséquence d’un procès politique, ce qui serait gênant pour un renforcement de notre démocratie dont la justice est le pilier essentiel.

Alors, les Sénégalais attendent et exhortent le chef de l’Etat à réaliser cet idéal de justice qui avait prévalu dans les motivations des citoyens ayant permis son élection en 2012 et lui disent en chœur: «Aux Suivants !!!».

Jean Pierre Corréa.



Démission du juge Dème: Ah !! Mais quel bel aveu de Moustapha Cissé Lô !!!

YERIMPOST.COM Quand un haut magistrat démissionne, et à force arguments, de l’Institution Judiciaire, nous rappelle que La Justice est le seul service public qui porte le nom d’une Vertu, et nous conte avec chagrin son supposé dévoiement, il aurait été de bon ton et d’élégante intelligence que nos hommes politiques s’interrogent et se soumettent à une saine introspection.

Mais, voilà-t-y- pas que pour les spadassins du pouvoir, la démission du juge Ibrahima Dème n’a rien de fortuit. C’est l’avis de Moustapha Cissé Lô qui, invité à la Rfm, pousse plus loin la réflexion. A l’en croire, le magistrat est animé par une ambition politique, ni plus ni moins. Et le responsable de l’Alliance pour la République d’étayer sa conviction par le portrait très négatif que le juge a dressé du pays avec, à la tête, le président Macky Sall.

Pour décrédibiliser le Juge Ibrahima Dème, il convient, pour ses détracteurs et gardiens forcenés de la Pensée Unique, de mettre les Sénégalais en garde contre cet homme, s’acharnant à prouver son insincérité par l’accusation selon eux rédhibitoire qu’il aurait une ambition politique. Donc, si on respecte leur logique et qu’on décortique leur accusation, avoir une ambition politique vous ôterait toute sincérité, et vous consacrerait « menteur » et « fourbe ».

Lorsqu’un citoyen pose le diagnostic « qu’une importante partie de la hiérarchie judiciaire a distillé dans le corps une culture de soumission qui a progressivement remplacé une longue culture d’honneur, de dignité et d’indépendance », cet homme est un politicien. Lorsque le regretté Juge Kéba Mbaye avait lancé à Abdou Diouf: «Les Sénégalais sont fatigués», personne n’eut la sottise de qualifier son propos de politicien. C’était un temps, messieurs, où les hommes politiques faisaient assaut et de patriotisme et d’arguments emplis d’honneurs et de respect pour ce qu’ils représentaient.

Quand le Juge Dème affirme que «nos valeurs cardinales de dignité, d’honneur, de probité et de loyauté sont presque abandonnées au détriment du reniement, du non-respect de la parole donnée, de la trahison, du mensonge etc. qui sont cultivés par les plus hautes autorités et ce, dans la plus grande indifférence», ces propos sortent souvent de la bouche des chauffeurs de taxi, lesquels sont les éponges de la déliquescence de notre mode de vie, leurs taxis servant de théâtre permanent dans lesquels se dit sans fard « qu’en lieu et place d’une gestion transparente, sobre  et vertueuse promise, on constate une gouvernance folklorique, clientéliste, népotiste, gabegique et laxiste et que nos maigres ressources de pays pauvre et très endetté sont dilapidées à des seules fins politiciennes ».

Penser discréditer le Juge Ibrahima Dème, imaginer disqualifier cet homme qui s’est ainsi exprimé en le qualifiant de politicien, revient pour ses pourfendeurs à avouer que leur métier d’hommes politiques est enraciné dans le faux-semblant, l’insincérité, la flagornerie et que la seule grammaire politique dans laquelle ils excellent réside dans l’expression singulière et devenue automatique du « Sujet-Verbe-…Compliment », colonne vertébrale de toutes leurs éructions serviles. Quel aveu…

Jean Pierre Corréa

 

Match contre Bosnie: Les Lions de La Véranda…

YERIMPOST.COM A voir et à entendre notre coach national Aliou Cissé déclarer qu’il lui est possible de trouver encore 4 à 5 joueurs pour constituer sa liste des 23 devant aller à Moscou pour le Mondial, on prend la mesure du jeu sans vie ni animation qui est celui de nos Lions. On se demande s’il concocte une liste de guerriers ou un casting de Star Academy. Nos Lions sont-ils en «mode mondial» ?

Comme on a pu le constater, des Colombiens sont entrés au Stade de France pour prendre les Bleus à la gorge, leur marcher dessus, et leur rentrer dedans. Toutes les sélections observées sont en mode Coupe du monde, déjà concentrées sur leur sujet, alors que notre équipe ronronne, fait des arabesques, et donne l’impression d’avoir des joueurs qui ne se battent même pas pour… être sélectionnés, jouant sans passion, sans aucune hargne et ne « visualisant » pas du tout à quoi devra ressembler un match de Coupe du monde. Sont-ils, à quelques exceptions près, certains  de faire partie des 23, ou alors ont-ils peur de mettre en danger leurs postes dans leurs clubs respectifs ? Allez observer les Japonais et les Polonais et vous constaterez que leurs joueurs sont déjà largement affûtés et concentrés sur un objectif de compétiteurs. Cette sensation de voir des sénateurs pousser le ballon sur le terrain est désagréable et n’augure rien de bon, et les propos de Aliou Cissé qui manifestement ne tient pas encore son groupe ne sont pas plus rassurants.

On ne leur demande pas de faire le HAKKA des All Black en entrant sur le terrain, mais nos Lions de La Téranga avaient l’air d’émettre des miaulements de chatons frileux sur le terrain du Havre ce mardi. Seraient-ils déjà satisfaits d’aller juste faire du tourisme du côté de Moscou ou de St Petersbourg ? Sont-ils devenus « les Lions de la Véranda » ? Encore un peu plus de 50 jours pour retrouver leurs rugissements.

Jean Pierre Corréa



Thierno Alassane Sall est incompétent… Vous avez dit incompétence, Dionne ?

YERIMPOST.COM Dans une grande entreprise, un DRH qui embauche à un poste stratégique un cadre incompétent et qui la met dans le mur est tout de suite licencié pour faute grave. Logique. Lorsque le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, déclare que Thierno Alassane Sall a été démis de ses fonctions pour incompétence, on s’interroge sur les capacités managériales des hommes qui l’ont nommé à un poste parmi les plus stratégiques du gouvernement et qui symbolisait à lui tout seul et de par son seul intitulé un des axes essentiels sur lequel était engagé notre futur et reposait le socle ferme de notre essor.

Passons sur l’inélégant « ce monsieur », pour désigner un homme qui aura des mois durant travaillé sur le dossier du gaz et du pétrole et dont on a du mal à penser qu’il a démontré son incompétence au moment même où il s’agissait d’apposer sa signature sur le parapheur qui contenait les fruits de mois de négociations, menées par « ce monsieur », dont on a subitement découvert l’incompétence.

Avec tout le respect qu’on porte à Mahammed Boun Abdallah Dionne, clamer l’incompétence d’un ministre tellement important dans le dispositif gouvernemental, et portant sur ses capacités un des axes majeurs du PSE, relève de l’aveu non seulement d’incompétence, mais aussi d’inconséquence. Soit on a nommé un incompétent en le sachant, soit on a viré un nullard au bout de deux années. Et, dans les deux cas, cela relève de l’incompétence de ceux qui l’ont nommé, puis viré.

On aurait aimé connaître les véritables raisons de ce limogeage inédit. On nous offre, au contraire, comme on se tire une balle dans le pied, l’image d’un pouvoir qui aura de son propre aveu nommé des gens « au petit bonheur la chance », à des positions stratégiques. Vous avez dit « incompétence » ?

Jean Pierre Corréa



Qu’a vraiment fait Macky Sall en six ans ?

YERIMPOST.COM 5 ans… Cela aurait dû être, il y a un an, la fin d’un mandat promise à des millions d’électeurs il y a justement 6 ans. Mais ce moment des promesses nous ramène à cette liesse populaire qui avait envahi le Radisson Blu au soir d’une victoire espérée par des millions de Sénégalais exaspérés par la gestion familiale et clanique du pouvoir exercée alors par le président Wade. Et nous n’avions pas remarqué, dans cette euphorie collective constellée d’espoirs, que déjà se pressaient dans les couloirs de ce palace les nouveaux hommes du clan. Leurs visages suintaient d’une impression de jouissance teintée de « c’est notre tour », « un c’est notre tour » que nous aurions aimé être expurgé de vindicte, mais hélas…

Donc, il nous reste encore une année à accompagner un « Yonnu Yokkuté » qui aura pris quelques virages inattendus, et pas vers ceux qui en attendaient des bienfaits. On a connu le « deuk-bi dafa Macky » pour s’amuser de nos portefeuilles en berne, mais les thuriféraires zélés de notre président nous ont toujours expliqué que l’argent qui circulait depuis 2012 avait été lavé de toutes magouilles, contrairement à l‘ère de leurs prédécesseurs. Donc, CQFD, l’argent déclaré par notre président pour justifier son patrimoine serait donc entaché ?

Cet anniversaire est aussi l’occasion de revenir sur la « gouvernance sobre et vertueuse » clamée et revendiquée par les apéristes et leurs alliés. Question sobriété, on repassera, avec l’érection du HCCT, fromage offert à Tanor pour services rendus et qui remplace le tout aussi coûteux et inutile Sénat. Question « vertus », on s’est vite accommodé du soutien d’hommes qui étaient au lendemain de sa victoire aux portes de Rebeuss, comme Cheikh Amar qui ne nous a toujours pas expliqué comment il compte rembourser l’ARTP qu’il a grugée de plusieurs milliards de fonds publics.

Alors ? Vit-on mieux sous Macky que sous Wade ? Question de ressenti, c’est kif-kif, puisque dès qu’on soulève une question dérangeante, ses spadassins excités nous rétorquent qu’avant c’était pareil, oubliant l’adage qu’il vaut mieux ne pas en faire partie que d’y avoir moins participé. Or, peu ou prou, ce sont les mêmes qui étaient sous les lambris dorés des sinécures Wadistes qui se baladent dans les couloirs Sallistes.

Le souci c’est qu’en 6 ans, rien n’a vraiment bougé. La famille présidentielle est toujours omniprésente dans les affaires, dans les institutions, souvent créées pour les y placer, Conseil économique, social et environnemental, où ils pullulent, HCCT, dont on doute que la moitié des membres sachent nous expliquer la décentralisation, et tout semble être du même acabit.




Que reste-t-il en six années de règne, alors qu’on a déjà perdu 3 ans avec « le procès du siècle, celui de Karim Wade, qui a fait « pschiit », à tel point que durant cette tragi-comédie du pouvoir des hommes du sérail se sont aventurés à en demander une drastique correction des termes de références, et qu’on s’achemine vers le même imbroglio judiciaire avec Khalifa Sall ?

Il nous reste le PSE, ah… Si on ne l’avait pas celui-là, le PSE, sur quelle architecture construiraient-ils leurs discours ? PSE par ci, PSE par-là, il est à toutes les sauces, et en devient peu ragoûtant, à tel point que devant attirer les investisseurs, les promesses de dons, comme le téléthon, se font encore attendre. Alors, il nous reste la bonne politique politicienne. Et là, alors rien n’a bougé… Vous vous souvenez plus haut, ils pensaient avides à « c’est notre tour… ». Ils ont fini par enfermer le chef de l’Etat dans leur « tour »… d’ivoire. Comme si l’histoire se répétait… On dira : « Il était plein de volonté, mais c’est son entourage qui l’aura perdu »… Comprend-t-on que ce gouvernement d’ingénieurs, ils sont plus de 14, soit plus préoccupé par une réélection que par des solutions ?

Mais il nous reste cette bonne vieille Assemblée nationale, qui en finit avec sa mandature et qui dort depuis 6 ans avec, à son bilan, pas un seul projet de loi, pas une seule proposition de loi. Eux ils ont deux mois encore pour se réveiller… Le réveil est dans les urnes… Le pouvoir aussi. Faut juste en user.

Jean Pierre Corréa

Dakar, Capitale Moyenâgeuse…

YERIMPOST.COM

Nous souhaitons tous croire aux incantations vantant quotidiennement notre Plan Sénégal Emergent qui doit propulser notre pays aux cimes du développement. Mais, à regarder et surtout subir certains désordres homologués par nos habitudes et nos accoutumances coupables, nous désespérons d’atteindre ce but ambitieux. Comment comprendre que notre administration puisse tolérer, puisqu’elle l’organise, les véhicules à traction animale et surtout humaine ? Il est surréaliste de voir des hommes en plein centre-ville tracter avec leur seule musculature des tonnes de marchandises sous le soleil du mois d’août, suant et ahanant comme des bêtes de somme, pour des sommes dérisoires. Pour un Sénégal qui se veut émergent, ces scènes rappelant l’esclavage devraient être bannies, mais elles se déroulent dans l’indifférence la plus totale d’un peuple qui accepte sans sourciller que certains puissent être pris pour des animaux. Ces images sont moyenâgeuses.

Mais il y a aussi un phénomène qui prend de l’ampleur et qui pose souci du fait de son officialisation administrative, c’est celui des calèches. Nous voyons en pleine ville, au cœur d’une circulation déjà bien embouteillée, de plus en plus de cochers déguisés en Ben Hur ruraux, conduire leurs calèches et se mêler au trafic urbain sans sourciller, sur les grandes avenues, voire sur la VDN ou l’autoroute et même au péage de celui-ci et y faire la queue. Pour quel tarif ? C’est bien la question.




Ces véhicules n’ont ni cartes grises, ni assurances, ni freins autres que l’instinct du cheval à éviter un obstacle, et pourtant causent accidents et désagréments souvent graves. Ils ont pourtant des permis de circuler et même des panneaux de signalisation leur interdisant d’emprunter telle ou telle artère. C’est bien donc que leur statut est officiellement pris en compte par nos administrations, à commencer par le ministère de l’Elevage qui en a fait un segment de sa politique de vaccination. Que se passe-t-il lors d’un accident avec un charretier qui emboutit notre véhicule ? Eh bien, on vous rétorque qu’il faut laisser ce brave homme faire son « taxalé », et gagner sa pitance quotidienne, et lui, penaud, vous balance sa demande de clémence par un surréaliste « Ma ngi diégeulou »…

Mais, tant que ça nous sert à emporter nos poubelles et remplir nos boutiques de proximité, nous nous en accommodons lâchement. Et surtout nous n’éprouvons aucune compassion pour ces chevaux qui traînent parfois une tonne à la force de leur harnais, accélérés par leurs cochers de quelques coups de fouets bien sentis.

Et on ne se demande même pas pourquoi nos prières au Bon Dieu ne sont pas exaucées, alors qu’on maltraite autant une bête aussi sacrée que Le Cheval, qui a eu le privilège de faire monter Le Prophète au Ciel. Au nom d’Al Bourakh au moins, cela devrait nous révolter.

Jean Pierre Corréa

 

Les Ombres Ravageuses de La Célébrité.

YERIMPOST.COM Déposons en exergue cette fable de Jean de La Fontaine pour observer avec inquiétude comment des hommes peuvent, sur un malentendu, prétendre avec désinvolture exercer quelque influence… Cette fable nous raconte qu’Une Grenouille vit un bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle, et se travaille Pour égaler l’animal en grosseur, Disant : « Regardez bien, ma sœur… Est-ce assez ? Dites-moi ; n’y suis-je point encore ?– Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ? – Vous n’en approchez point. La chétive pécore, S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs, Tout petit Prince a des Ambassadeurs,Tout Marquis veut avoir des Pages.

Combien d’hommes dans notre pays et notre galaxie politico-médiatique sont-ils victimes du syndrome des « 15 minutes de célébrité » ou « quart d’heure de célébrité » ? Il désigne la célébrité fugace de ceux qui sont l’objet de l’attention des médias de masse, attention qui passe à un autre objet dès que l’intérêt du public s’affaiblit. L’expression est souvent employée dans l’industrie du spectacle, de la politique et d’autres champs de la culture populaire.




Notre univers médiatique est rempli de personnages qui ont surgi dans notre quotidien, sans avoir jamais rien produit comme idées, programmes, inventions, thèses, films, et qui deviennent des leaders d’une opinion prompte à adorer le dernier venu, s’étant souvent vite fatiguée du dernier qu’elle-même avait contribué à mettre sur orbite populaire. Ils trônent sur les « Unes » des quotidiens et s’en évaporent aussi sèchement qu’ils les avaient squattées, et exposent des ambitions par eux justifiées par cette exposition hasardeuse et basée sur la vacuité d’une actualité sans relief, qu’elle soit politique, artistique, médiatique ou sportive. Des hommes performants dans leur domaine d’activités s’aventurent dans des sphères médiatiques où, comme l’infortuné « Professeur » Songué, fascinés par le vertigineux rôle qu’on leur a confié avec légèreté et complaisance, ils vont tout aussi aisément débiter des inepties, et je suis poli.

La rumeur nous susurre qu’un fringant et néanmoins méritant patron de presse serait en « tournée politique » et s’apprêterait à briguer la présidence de la République. Il en a le droit… Grand bien lui fasse… Mais mon Sénégal est-il tombé si bas que tout homme puisse prétendre à pouvoir le ramasser ? Que Akon déclare qu’il n’a pas envie d’être président du Sénégal, et que personne n’ait le réflexe de lui rétorquer que cela ne nous intéresse pas non plus de l’avoir comme président, est tout simplement la preuve qu’on a laissé des grenouilles avoir la prétention de devenir des bœufs.

La fin de la fable raconte que la grenouille, elle gonflait, gonflait, gonflait, jusqu’à elle pétait, elle « calatait »… elle MORT…

Au suivant…

Jean Pierre Corréa




Crash de l’hélico: Etat de catastrophe permanent

YERIMPOST.COM L’empressement avec lequel  le ministre de la Défense, Augustin Tine, s’est prononcé sur les circonstances de la catastrophe, qui a fait 8 morts et 12 blessés, affirmant que l’appareil était bien entretenu, est sujet à questionnement. Pourquoi vouloir expliquer les causes du drame qui s’est produit en l’absence de conditions météorologiques défavorables ? La qualité de la maintenance est au centre de toutes les interrogations au lendemain du crash.

Le Mi-17 est un hélicoptère de transport russe qui a effectué son premier vol en 1970. On ignore dans quelles conditions l’Armée nationale a acquis cet appareil et si le kilométrage de l’hélico a été vérifié avant de l’acheter. A-t-on des mécaniciens sénégalais suffisamment formés pour assurer l’entretien, pour un pays qui n’utilisait pas ces hélicoptères avant l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, pouvant utiliser un réel stock de pièces de rechange dans une industrie où le niveau de recyclage des déchets est presque nul ? Toutes ces questions sont légitimement portées à la connaissance de nos autorités, qui ne pensent pas à répondre et donnent dans le dilatoire, espérant encore une fois l’oubli.

D’ailleurs, c’est l’ouverture du Dakaa de Médina Gounass qui, de façon récurrente, est le théâtre de drames liés à des incendies accidentels que nulle sensibilisation ou préparation des pèlerins n’est jamais venu circonscrire. Aucune responsabilité n’a été établie pour le drame de l’année passée, aucune leçon tirée, et c’est toujours ainsi que nous allons de catastrophes en accidents mortels, lesquels, au lieu de nous faire changer de comportements, laissent affleurer chez les Sénégalais des allusions irrationnelles au penchant malchanceux et morbide de notre président de la République et à évoquer des sacrifices, ce qui serait risible si ce n’était pas dramatique.

Quand va-t-on travailler à prévenir les accidents plutôt que de les commenter en invoquant « pas de chance » ? C’est aux Sénégalais d’exiger que nos gouvernants nous mettent ne serait-ce qu’à proximité du « risque zéro ». Mais puisqu’ils savent qu’ils peuvent toujours compter sur notre propension à évoquer le surnaturel, alors pourquoi se gêneraient-ils à différer leurs efforts pour une totale transparence ?

Jean Pierre Corréa



Affaire « Professeur » Songué: Chronique de la goujaterie ordinaire

YERIMPOST.COM Que TFM, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la lutte des femmes pour l’égalité, et non comme on le croit trop souvent pour fêter une quelconque St Valentin, ait cru devoir les honorer à travers l’émission Jakarlo, constitue en soi le début de la mascarade médiatique qui nous occupe depuis une semaine. Tout ça parce qu’un homme, « Professeur » Songué, totalement en roue libre et en mode sans filtre, comme tout respect de la charte de responsabilité journalistique aurait dû le dissuader de les proférer, a bavé avec gourmandise des stupéfiantes inepties.

 

La réalité du problème est qu’on a instauré des débats de Grand-Place dans des émissions, qui relaient de pareils propos à une aussi grande vitesse et à une telle échelle, qui dépassent les banales conjectures de nos petites personnes.

 

Comment voulez-vous qu’un citoyen lambda que l’on sort de sa zone de confort social, qui est bombardé du jour au lendemain chroniqueur de tout et surtout de rien, et que nous avons pu avoir la naïveté de croire qu’un jour le vernis ne va pas craquer et libérer des bourdes de cette nature de sa part ?  Le problème est que ces propos trouvent échos tout naturellement chez des hommes qui, depuis l’enfance, se sont entrés culturellement dans leur rôle de donner un sens aux vêtements que porte une femme. C’est justement une habitude typiquement sexiste que de donner du sens à tout vêtement féminin. Ce sont nos regards sur tel vêtement qui ont du sens, pas le vêtement. On ne jugera pas un homme au regard de ce qu’il porte. Les hommes sont en général jugés sur leurs actes et leurs paroles. Imagine-t-on des femmes se jeter sur un homme, juste parce qu’il a porté son « jean’s moule-burnes » ? A-t-on réfléchi au fait que le viol n’existe pas dans les camps et les plages nudistes ? Et puis ne viole-t-on pas aussi d’innocentes domestiques, quand Madame est à un khawaré, alors qu’elle empeste le Guedj et le Yett, et qu’en plus sa situation précaire lui commandera de se taire ?

Quand une femme a dit non, elle a dit non !!! Sauf à imiter un homme jugé pour viol et qui déclara au juge : «  Non, Monsieur le Juge, Je ne l’ai pas violée !!! Violer, c’est quand on ne veut pas !!! Moi, Je voulais !!! »

Autre piste de réflexion que je soumets à votre perspicacité, sous forme d’énigme. Sous bien des latitudes, lorsqu’un homme réfléchit, on le voit se gratter la tête… Pourquoi au Sénégal les hommes, lorsqu’ils réfléchissent, voire pire, quand ils parlent à une femme, ont-ils l’indélicate tendance à se gratter les couilles ?

In fine, le problème de cette séquence, c’est que les femmes présentes sur le plateau n’ont pas eu l’instinct, qui aurait été plus ravageur, de quitter ce plateau devenu un océan de vulgarité.

Jean Pierre Corréa

 

 

 

 

 

La Jeunesse, Cette Bombe Qui Va Péter à la Figure du PSE

YERIMPOST.COM «Les jeunes et les citoyens de demain dont nous avons tous besoin devront être autonomes, donc capables de faire des choix et de gérer leur vie sur le plan personnel et sur le plan social, solidaires, parce que capables de se soucier d’autrui, d’agir avec les autres et pour eux, de partager leurs préoccupations, mais aussi responsables parce que capables d’assumer leurs propres actes, de tenir leurs engagements et d’achever ce qu’ils entreprennent, et surtout engagés, parce que capables de s’affirmer par rapport à des valeurs, une cause ou un idéal et d’agir en conséquence » (Quasimodo)

Je m’en vais vous conter une histoire… De celles qui vous scotchent contre un mur, et d’où vous observez votre pays passer et voguer obstinément vers le mur et qui plus est en klaxonnant.

Flashback… Moteur.




Je m’en allais pensif après une journée de travail satisfaisante et productive à travers les ruelles de la Médina, envisageant guilleret de m’offrir en bord de mer un « coucher de soleil » m’embourgeoisant l’esprit. J’arrivais au carrefour de deux rues transformées, de fait et en toute incivilité, en terrain de football, où se disputent des parties endiablées, avec des ersatz de Messi qui ne se préoccupent ni des voitures qui les évitent, ni des personnes qui traversent l’aire de jeu qu’ils imposent, forts de leur muflerie à une population devenue indifférente à leur devenir. C’est drôle, je suis en train de penser au même instant à l’abîme de désespérance dans lequel sombre cette jeunesse, lorsque je prends en pleine poire et un rasta suant de 80 kilos et le ballon de foot. Lunettes en vrac, sac d’ordi répandu sur l’asphalte, je me rassemble, tempère l’ire qui m’envahit et, stupéfait, vais m’asseoir au seuil d’une boutique pour reprendre mes esprits.

Bizarrement, ce n’est pas la rage qui me vient d’abord, mais un profond sentiment de pitié et de compassion. Je suis ahuri. Aucun de ces tocards ne m’a calculé, ils ne se sont rendus compte de rien, n’ont pas cligné un seul sourcil, juste préoccupés par leur seul moment d’existence qui consiste à taper dans un ballon comme Ronaldo si possible, celui qu’ils voient scotchés à la télé, leur autre occupation privilégiée. Leur ballon dans ma gueule, ça leur en a touché une sans faire bouger l’autre !!! Rien à secouer !!!

J’ai alors pensé à ceux qui devront gouverner cette jeunesse ni éduquée, ni instruite, ni informée, qui est affalée toute la journée contre le mur qui soutient leur colonne vertébrale, à deviser sur Messi, Ronaldo, Wally Seck ou Mbathio Ndiaye, ou mieux à agonir d’injures le président de la République, seul responsable selon eux de leur inactivité et de leur désœuvrement endogène, et me dis que ces hommes qui auront donc à gérer ces zombies sont vraiment dans la merde.

Aucune formation professionnelle, aucun rêve de vivre dans leur pays, pour la plupart déjà pères de 3 ou 4 mômes dont ils ignorent jusqu’au prénom, ces jeunes qui revendiquent deux cerveaux dans les biceps et un muscle dans le cerveau sont la poudre de la bombe qui va nous péter à la gueule dans une dizaine d’années. La mèche est allumée déjà. On le sait. Mais on ne veut pas voir. On repousse les urgences, on les dissout dans de la rhétorique populiste et politicienne et on évoque dans un autisme ahurissant la probabilité d’une inconstitutionnalité ou non d’un troisième mandat pour celui qui leur avait promis une rupture aux allures d’espoirs renouvelés. Face à cette mèche qui approche du détonateur, un « Homme d’Etat » se doit de gouverner pour les générations futures, alors qu’ils ne savent endosser que le costume étriqué de l’homme politique qui n’est préoccupé que par sa réélection.

Je pense alors à ce PSE, évoqué et convoqué pour tout et n’importe quoi, et qui va, nous le craignons, encore emplir notre Calebasse des Danaïdes avec ses milliards promis.




Le chat échaudé craignant l’eau froide, l’évocation de cette légende grecque se justifie, au vu de ce que nous avons su déjà faire de telles sommes, il n’y a pas encore 10 ans, c’est-à-dire « RIEN » !!!! Près de 3000 milliards, en plus des 2000 de la Chine, se déversent sur le Sénégal, en espérant que ce ne soit pas sur Ndoumbélane… On se comprend…Pourquoi faire ? Parce que, en fait, au jour d’aujourd’hui, on peut constater que les pré-requis ne sont pas encore posés et ils conditionnent la réussite d’un programme si ambitieux et déterminant pour l’avenir de nos enfants qui auront, eux, à rembourser ces sommes astronomiques, lesquelles, quand on les évoque, au lieu de nous terrifier, nous enthousiasment. C’est louche, non ?

Près de la moitié des sommes évoquées concernent les infrastructures, c’est bien, surtout pour ceux qui vont s’accaparer des marchés. A-t-on mis l’accent sur l’agriculture qui va conditionner notre indépendance alimentaire, ou sur l’éducation et la formation, qui vont garantir l’emploi ? A-t-on décidé que ces plans tirés sur la Comète devaient être réalisés par une jeunesse mieux formée, citoyenne, éduquée et patriote, et qu’il fallait mettre le paquet sur une jeunesse instruite et en bonne santé ? Comment va-t-on remettre les Sénégalais au travail, et surtout dans les champs ? Comment va-t-on persuader ce jeune homme ou cette jeune fille qu’ils peuvent retourner dans leurs villages, où les attendent des vrais projets de développement, ce qui leur éviterait de passer leur vie à être pourchassés par ceux qui rêvent naturellement et très justement d’avoir des trottoirs et des rues dignes d’une capitale ? Comment va-t-on faire croire au jeune homme amoureux d’une jeune fille que, pour espérer l’épouser, il ne se sentira pas condamné à prendre les « pirogues de notre plus dramatique échec » ? Ces choses ne se sont pas lues entres les lignes de ce PSE.

La seule information qui transpirait de ce document était d’ordre sonore ! C’était le bruit enivrant du tiroir-caisse… Surtout parce que de telles sommes peuvent donner le tournis, et l’urgence de les dépenser mener à des tentatives de prestidigitation… On se comprend…

Monsieur le Président, les Sénégalais vous disent : «Vous aurez fort à faire, et c’est de votre responsabilité de devenir le Président qui l’a fait !! He did it !!! Quel slogan de campagne pour 2019 !!! Ne laissez pas les flagorneurs et les enthousiastes vous détourner de ceux auxquels ce challenge fait peur, quand ils réalisent le boulot à abattre… Ce sont eux vos vrais amis qui veulent que votre PSE soit enfin rempli de la chair de votre Yonnu Yokkuté ».

Sinon, nous continuerons à nous lamenter en observant cette Calebasse des Danaïdes, que décidément nous ne savons remplir que de paroles… Faut s’atteler à boucher les trous de la Calebasse. C’est le plus dur et c’est la mission de Macky Sall. Le reste sera un jeu d’enfant pour toute une nouvelle génération qui pourra soupirer d’aise et dire avec reconnaissance : « He did it !!! »… Il n’aura alors point besoin d’embastiller Khalifa Sall pour assurer sa réélection…

J’ai vraiment pris un coup dans la gueule… Je suis allé alors observer mon coucher de soleil, en espérant que nous sachions juste remettre les choses à l’endroit pour que ce pays soit un des plus beaux du monde. Parce qu’il y fait bon vivre. Mais il faut de la Culture pour le savoir.

Jean Pierre Corréa



L’homme social, phobie de l’homme politique

YERIMPOST.COM Il est terminé, le temps où les Sénégalais dédaignaient participer activement à la vie politique, et laissaient le soin à des hommes et des femmes qui en avaient fait vœu et profession de mettre notre Sénégal sur les rails du développement. D’années en années, de décennies en décennies, lassés de ne voir rien de vraiment réjouissant survenir, et ayant tiré leçon de l’adage qui veut que « si pour toi, la politique est comme un bâton que tu laisses traîner par terre avec dédain, alors ne te plains pas qu’un fou s’en saisisse et te bastonne avec », les citoyens de notre pays se piquent à présent de donner leurs avis et de poser des actes citoyens, en écrivant, en s’associant, en se documentant, en voyageant, et en étant tout simplement plus exigeants sur ce qu’ils attendent des politiciens professionnels et notamment de celui qu’ils ont élu en 2012.




Le 23 juin 2011 est passé par ici et, comme le petit furet, il repassera par là. Si Abdoulaye Wade en a fait l’amère expérience, du haut de sa prétention à vouloir abuser du pouvoir et à croire qu’il pouvait impunément insulter l’intelligence des Sénégalais, cela devrait en réveiller plus d’un, de ces politiciens qui ont fait dogme de la « pensée unique » et vouent aux gémonies toute personne émettant une idée qui s’en démarquerait.

A lire les réactions de ceux qu’on appelle les « fédayins » du pouvoir APR, lorsque des esprits expriment d’autres idées que celles de leur chef, même parfois lorsqu’elles s’en avoisinent, on peut penser que les « hommes politiques » se mettent à craindre le nouvel « homme social », celui qui pense par lui-même, argumente et exige plus d’eux, notamment plus d’égards et de respect. On intimide le chroniqueur Pape Alé Niang parce que ce dernier n’a jamais oublié que dans le mot « impertinence » il y a « pertinence », et que, dans toute société qui avait tendance à s’endormir, un peu de poil à gratter était nécessaire à répandre sur des corps constitués avachis dans l’aisance. Tout dernièrement, Me Alioune Badara Cissé a taclé le gouvernement et appelé le régime en place à mettre tout en oeuvre pour que les Sénégalais ne puissent pas revivre la situation des dernières élections législatives qui, selon lui, est tout simplement inadmissible. le Médiateur de la République, en relevant les dysfonctionnements de l’administration qui portent atteinte aux droits des administrés lors de cette conférence, était dans son rôle de défenseur des droits des citoyens au sens des articles 1, 2 et 9 de la loi de 1999.

Son indépendance est justifiée par le fait qu’il ne peut être d’aucun bord. Il a reçu une volée de bois vert de la part du griot du chef de l’Etat, Farba Ngom, appelant ce dernier à s’en séparer et à le démettre de ses fonctions. On peut se demander pourquoi, sous nos latitudes, les « fous de nos Rois » s’appellent toujours Farba… C’est juste une question…

Les contributions de citoyens penseurs et écrivains, dans la presse et dans les réseaux sociaux surtout, sont traquées par des hordes d’affidés politiques, vociférant d’intolérance à leur endroit, et leurs auteurs toujours taxés de mécontents, jaloux voire de traîtres à la nation. Pas moins que ça…

Les politiques sont énervés par les hommes sociaux et tout bêtement les citoyens qui, selon eux, devraient s’incliner, que dis-je se prosterner devant le génie créateur de leur chef de file. Et, quand l’opposition manifeste, et que la police bombarde de lacrymogènes une école, ceux qui l’ont vécu se voient accuser de procès en sorcellerie par les valets de la Cour du Roi, la seule vérité qui vaille étant celle sortie du Palais de la République. On a la triste impression que ce pouvoir en est là où celui de Wade en était à 6 mois de sa fin. C’en est presque tragique, au nom des espoirs qui étaient nés justement de ce « 23 Juin » devenu tellement symbolique et historique pour le nouvel homme social, celui qui ne crie pas forcément avec les loups, mais dit ses rêves et exige que l’on mette en perspective son meilleur-être. Il convient de se méfier des tremblements de terre, mais il peut y avoir plus violent… Ce sont les tremblements… d’hommes.




Et, pour paraphraser mon collègue Babacar Justin Ndiaye, je transmettrai au pouvoir  ses mots lorsqu’il écrit: « La plus cruelle manifestation de désapprobation d’un peuple, c’est son absence des rues. Qu’il siffle mais qu‘il vienne ! ». Cette leçon de Marcel Achard enseigne que le peuple, barricadé silencieusement dans les maisons et les salons, est terriblement plus à craindre que les grappes de manifestants marchant et hurlant pacifiquement leurs griefs. Dommage qu’un gouvernement de nains politiques ne soit pas en mesure de se hisser à une telle altitude de lucidité stratégique et de clairvoyance politique, pour le comprendre et aviser en conséquence !

Mais, pour nombreux d’entre eux, il est urgent d’attendre… un nouveau 23 Juin. On se souvient de ce qu’il était advenu ce jour-là de l’autre Farba.

Jean Pierre Corréa

 

 

Rapport de l’ARMP: On Efface Tout et On recommence !!!

YERIMPOST.COM C’est ce qu’on appelle dans le langage journalistique un « marronnier ». Il nous revient chaque année à date fixe avec un contenu invariable, entendu et attendu. Comme si les étourderies, les manquements éthiques et ce qu’il convient parfois de nommer tout de même des malversations, qui étaient pointés d’une année à l’autre, ne faisaient l’objet d’aucune correction, voire pour certains d’aucune sanction pénale à valeur dissuasive pour d’éventuels distraits.

Ce rapport de l’ARMP, outre son côté rébarbatif habituel pour le profane, contient ses outrances et ses excès dans les libertés prises par certains dirigeants avec les règles de l’orthodoxie en ce qui concerne « la gestion vertueuse » tant vantée ou du moins souhaitée par les plus tout à fait nouvelles autorités.

Ce rapport est choquant. De par son côté « ritournelle », avec les mêmes causes qui produisent les mêmes effets, et surtout la permanence dans les contenus qui se suivent et se ressemblent, avec en filigrane, sur le tableau, les mêmes personnalités et « happy few » de notre République qui, d’année en année, nous démontrent qu’ils savent ce que festoyer veut dire.

Pour le chef du gouvernement, le pays s’installe de plus en plus dans la bonne gouvernance en matière de gestion de marchés publics, même si des dysfonctionnements subsistent. « Dysfonctionnements »… Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites… Le PM couvre ses ministres, à la limite de l’étourderie: « Sur le rapport de l’ARMP , il n’y a aucun problème, vous avez vu la conclusion de Saër Niang, le DG de l’ARMP, il a dit que notre pays s’oriente de plus en plus vers la bonne gouvernance en matière de gestion de marchés publics . L’exception confirme la règle, de temps en temps on peut avoir un dysfonctionnement par ci par là, mais de manière globale, le Sénégal est sur le bon train en matière de transparence ». En clair, on fait des progrès… C’est comme Alioune Kassé, il fait chaque année des progrès, y’aura juste à attendre la fin de sa carrière pour aller le voir en concert.

Le plus étonnant, c’est la capacité de recyclage de ceux qui ont été pris la main dans le pot de confiture. Aucune sanction, eu égard à leurs errements passés, ne vient effacer leurs noms des rubriques consacrées aux mauvais gestionnaires. Ils en redemandent ? On leur donne encore des lignes budgétaires et des prérogatives ahurissantes les laissant côtoyer les coffres-forts de notre République.

Cheikh Amar qui n’a pas encore expliqué ce qu’il a fait des sous de l’ARTP, qui attend toujours livraison de son siège, a réussi à se glisser dans les bonnes grâces du nouveau pouvoir après ce qu’il aura juste vécu comme un simple froncement de sourcils. Pape Aly Guèye de Myna Distribution est passé de la devanture de Rebeuss à celle du Palais de la République, trustant marchés sur marchés, et Ndiègne Fall, lui, a su émerveiller les nouvelles autorités avec un feu d’artifices le 31 décembre 2012, les étourdissant au point d’en oublier la reddition des comptes du Fesman.

Ce rapport est navrant. Il consacre une impunité de fait, qui a des allures de complicité, et il dessine à l’envi un tableau cocasse d’association de malfaiteurs. D’ailleurs, ils sont couverts par un alibi délivré publiquement par le chef de l’Etat en personne, lorsqu’il a galvanisé ses troupes, ministres et directeurs généraux, en les mettant face aux réalités: « Vous ne gagnez pas dans vos circonscriptions, vous dégagez !!! ». Ces encouragements présidentiels n’autorisent-ils pas quelques arrangements pudiques et délicats avec l’orthodoxie ?

Il ne s’agit plus de blanchir des hommes aux mains sales. On les rend transparents. C’est le Plan Sénégal détergent.

Et vogue notre galère….

Jean Pierre Corréa

Pétrole: Le Cosmos Sidéral d’un Flou Total

YERIMPOST.COM L’opacité avec laquelle est géré le dossier du contrat devant exploiter nos ressources en gaz et en pétrole est étonnante, voire sidérante. Tout a commencé par un esclandre entre la présidence de la République et le ministre de l’Energie d’alors, Thierno Alassane Sall, dont la démission avait été iconoclaste et nous avait fortement intrigués. Flashback…

Alors que les découvertes au large du Sénégal d’hydrocarbures ont fait tirer aux Sénégalais toutes sortes de plans sur la comète, que la première goutte n’est pas encore sortie même en 3D, et que déjà les polémiques enflent sur qui va en faire quoi et avec qui, que, comme des gens déjà riches, les pontes de notre République se déchirent déjà notre héritage géologique qui gît sous nos pieds. Les puissants, alléchés par cette odeur fétide si agréable à leurs narines exercées, défilent sous nos contrées et font assaut de promesses. Et nous voilà si beaux…

La photo du contrat du siècle est sur le point d’être tirée, scellant notre entrée en fanfare au cœur de l’OPEP, lorsque le ministre de l’Energie donc, qui avait une année durant piloté ce dossier, devant les partenaires venus avec leur dot abondante, face aux divers parapheurs contenant les termes d’un contrat qu’il ne pouvait manquer de connaître, décide de repousser ces parapheurs et de refuser d’en signer les contenus. Macky Sall et son PM ne laissent pas voir leur stupéfaction, virent l’impétrant insolent manu militari du Palais, et du gouvernement par la même occasion, nomment dare-dare le déjà chargé PM ministre de l’Energie, car il faut signer ces contrats quoiqu’il arrive, les hôtes ont bien d’autres chats à fouetter et d’autres derricks à aller percer.

Comme d’habitude, sous nos contrées, une fois retombée l’écume de ce fait inédit, et qu’on ait bien glosé sur les raisons du refus de Thierno Alassane Sall de signer des contrats qu’il avait pourtant eu sous les yeux des semaines durant, les Sénégalais sont passés à autre chose. Pourtant, cette scène est porteuse de bien des interrogations. Quelles sont les clauses qui lui ont semblé inadmissibles à cautionner et à côté desquelles sa signature avait indignité à figurer ? Secret d’Etat dans lequel depuis ce garçon est demeuré enfermé. Par peur ? Par sens de l’Etat ? Par stratégie ? Toutes ces questions concourent à plus encore brouiller les cartes d’un dossier déjà opaque. L’Histoire le dira… un jour… qui sait ?

Pour l’instant, les puits regorgent de petites histoires de polémiques stériles et qui ne renseignent sur rien de qui attend les populations sénégalaises engagées par leurs dirigeants sur des choses et des montants qu’ils sont incapables de leur préciser. Notre sous-sol sera au final prospecté par Total genre Champions League du genre au détriment du Navétanes Cosmos. Pourquoi et sur quelles bases ?

A chaque fois qu’un homme politique, une organisation de la société civile ou un simple citoyen s’est aventuré à poser ces questions, pour considérer que nos gouvernants avaient su protéger ou non nos intérêts nationaux, ils se sont pris une volée de bois vert des fédayins du pouvoir qui n’ont pour la plupart d’entre eux des connaissances en la matière qui n’excèdent pas la couleur de leurs bons d’essence. Pourquoi n’avons-nous pas la dignité d’être informés de la teneur des engagements qui vont nous contraindre sur plusieurs générations ?

Dans toutes les grandes démocraties, et dans bien des pays producteurs, il va de l’intérêt même des gouvernants de divulguer les contrats, parce que, selon un bon sens reconnu, les contrats passés entre les entreprises exploitant les ressources et les gouvernements sont les documents fondamentaux qui énoncent les principales clauses, modalités et conditions régissant les accords conclus dans le cadre de nombreux investissements pétroliers, gaziers et miniers. Les contrats peuvent notamment inclure des informations sur les clauses fiscales, le contenu local, l’impact environnemental, l’infrastructure et le calendrier de production d’un projet – des informations essentielles pour que les citoyens puissent comprendre les obligations auxquelles sont tenus les gouvernements et des investisseurs, en assurer le suivi et en exiger des comptes.

De plus, la divulgation contribue à garantir des approches participatives favorisant le partage des bénéfices. À un niveau plus élémentaire, la divulgation des contrats permet de remédier à la grande méfiance qui règne dans le secteur des ressources naturelles. De plus, elle entretient un climat de coopération entre les parties prenantes profondément investies dans le succès des activités extractives et qui les touchent particulièrement : les gouvernements, les entreprises et les communautés. La divulgation contribue donc à établir des attentes réalistes pour l’ensemble des parties prenantes, permettant en dernier ressort de minimiser la probabilité de conflit. Elle réduit également les possibilités de corruption et de fuite. C’est trop leur demander ?

L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) encourage la divulgation publique des «contrats et des licences qui énoncent les conditions liées à l’exploitation du pétrole, du gaz et des minerais». Si tout est transparent, pourquoi donc et Total et le Sénégal s’entêtent-ils à ne rien publier des accords qu’ils ont paraphés ? Qu’y a-t-il d’inavouable à ce point ?

On nous enfume avec des «Projets sociaux» aux montants ridicules, mais le plus sombre dans ces contrats a trait à ce qu’ils nomment étrangement le «bonus de signature» dont il est précisé qu’il est «non recouvrable». D’un montant de 2,500 milliards de francs CFA, il ressemble à un vrai dessous de table car le discours officiel est très rodé en la matière. Car si, de droit, le bonus de signature n’existe pas, c’est clair, c’est qu’il est pratiqué en toute illégalité. D’aucuns l’appellent d’un vocable plus simple : «corruption».

Il est souvent évoqué « la malédiction du pétrole ». Jamais aux Etats-Unis. Ou ailleurs où se pratique un contrôle. Toujours la malédiction tombe dans nos pays où une partie des gouvernants s’arroge le droit de tout contrôler et de ne tenir que les proches au courant des enjeux qui plombent leur nation. On en connaît les conséquences. A bon entendeur… Salut…

Jean Pierre Corréa

 

 

Mondial Russe: Payons-nous nous-mêmes les images en parlant moins

YERIMPOST.COM Pourquoi toujours attendre tout de «l’Etat-providence» ? Le Sénégal commence à manquer de souffle et s’interroge sur la probabilité que nous soyons privés de retransmission des matches du Mondial 2018, en Russie, où, nul ne l’ignore plus, nos Lions seront de la fête. Tous les deux ans, JO et Mondial récurrents, nous avons le même souci. Comment squatter les plans des autres chaînes et avoir les matches gratos… Et, magnanime, à chaque fois, « le président nous les offre », comme si ce n’était pas un dû. Ben non, ce n’est pas gratuit.

Alors, puisque notre passion pour le ballon rond et notre amour pour nos Lions est incommensurable, pourquoi ne sacrifions-nous pas quelques thunes de nos dépenses quotidiennes en Seddo, Izi, ou autre Yebalma et ne renonçons-nous pas à quelques minutes de bavardages inutiles par jour au profit de l’immense satisfaction de pouvoir regarder les arabesques balles au pied de Sadio Mané ou voir la moue souvent boudeuse de Diao Baldé lorsqu’il se prend les pattes dans le gazon ?

Et si les 8 millions d’abonnés sacrifiaient entre mars et avril 5000 francs cfa de crédit, ils parleraient moins de fadaises et contribueraient à payer nos droits télé, non? Et puis, vous imaginez quel impact ce sacrifice sur nos bavardages intempestifs et souvent vains aurait sur le mental de nos Lions qui devraient être à la hauteur de ce renoncement, sachant apprécier ce que cela nous aura coûté ?

C’est juste une question de choix. On veut voir le Mondial ? Et bien, payons nous-mêmes les droits, au lieu de tout espérer d’un président qui n’attend que cela, à quelques mois d’une élection présidentielle. On va nous jouer l’impossible retransmission du Mondial pour cause  de cherté, et plouf !!! On va voir arriver Zorro et ses « deniers personnels » qui va nous offrir la Russie, mais sans son caviar.

Je digresse un peu. Dans combien de maisons mange-t-on chacun dans son coin des sandwiches le soir, alors qu’entre les jeunes garçons et filles de la maison sont entrés dans cette même maison, en termes de seddo, cartes ou forfait internet, plus de ce qu’il faudrait pour faire un repas royal et collectif ? Question de priorité… On veut le Mondial ? Payons-le-nous. Sans Zorro.

Jean Pierre Corréa

8 Mars : Fournée Nationale des Cheptels de Femmes

YERIMPOST.COM Le 8 mars célèbre la Journée Internationale des Femmes. Officialisée par les Nations-Unies en 1977, la Journée Internationale des Femmes trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement, les groupes et associations de militantes préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications afin d’améliorer la situation des femmes.

Or, depuis déjà une semaine, toute une série d’organisations de manifestations se déroulent et vont courir au-delà du 8 mars, du fait de la volonté de la ministre de la Femme de n’organiser qu’une seule et même célébration de cette journée. C’est sans compter sur les habiles organisatrices de « leurs journées des femmes à elles » qui, sous couvert de célébration des femmes, se prêtent à un commerce de leurs groupements, souvent affublés du vocable « économique », et qu’elles vont mettre à la disposition des acteurs politiques pour, c’est de saison, « travailler à la réélection de Macky Sall en 2019, au premier tour ».

Quel est le lien avec le sens de cette Journée Internationale des Femmes ? Quelles revendications portent-elles en cette occasion ? Evoquent-elles les nouveaux droits liés à leurs conditions, concernant les violences, les répudiations, les excisions toujours vivaces sous certaines de nos contrées ? Pas un seul instant… Les matrones qui dirigent ces groupements les « vendent » aux politiciens, quartier par quartier, ville par ville, région par région… Et, avec un sens opportuniste exacerbé, arrivent à se faire financer, transports, tissus et uniformes à coudre, sonorisation, pour célébrer ce 8 mars, dont pas une seule des participantes ne saura vous décliner le thème de cette année, vous parler d’une seule revendication liée à cette date, et surtout il y a à parier que beaucoup de ces agapes se termineront par des bagarres de borne-fontaine, les retombées financières attendues par ces femmes au bout de moult réunions, transports et autres engagements, n’auront pas été au rendez-vous… Sauf souvent pour les organisatrices…

Pourquoi nos femmes servent-elles encore de cheptel électoral aux hommes politiques, alors que les éduquer, les aider à développer leurs affaires et continuer à leur offrir un accès plus grand au crédit et à la terre seraient un vrai signal de prise de conscience que les femmes sont l’avenir de ce pays et qu’elles ne sont pas seulement capables de crier en appelant à la réélection de qui que ce soit aux sons de tam-tam et de décibels saturés ?

Le 8 mars, nos femmes méritent mieux… A commencer par le respect et l’estime des hommes. Sans elles, sans leur patience et leur abnégation, le Sénégal aurait déjà explosé socialement. Elles méritent mieux que de remplir des Ndiaga Ndiaye, toutes vêtues de la même manière avec dans leur regard souvent cette angoisse de ne pas savoir ce qu’elles vont trouver chez elles en rentrant de cette « fête » qui n’aura souvent profité qu’à la « manipulatrice en chef du marteau »…

Jean Pierre Corréa

 

 

 

Non-Lieu Pour Aïda Ndiongue: Vive la Révision des Comptes !!!

YERIMPOST.COM Si l’information selon laquelle Madame Aida Ndiongue a obtenu un non-lieu de la CREI est avérée, si l’on revisite la répartition des 200 milliards faite par Madame Aminata Touré le jeudi 21 décembre 2017, à travers laquelle il était apparu que 47 milliards étaient recouvrés dans l’affaire Aida Ndiongue, il serait donc logique, logique pour logique, que l’Etat doive aujourd’hui à Aida Ndiongue 47 milliards. Voilà comment le régime de Macky Sall est passé du démagogue et populiste concept de Reddition des Comptes à l’aveu terriblement honteux de Révision des Comptes.

Mais, pour bien mesurer l’ampleur de le surprise qui est la nôtre d’apprendre ce non-lieu total, qui signifie en clair « t’as rien fait », il convient de se souvenir de la fureur avec laquelle Aïda Ndiongue avait été traquée, et avec quels moyens à la limite de la légalité elle avait été jetée en pâture à la vindicte des Sénégalais, avides à ce moment du discours fondateur du « Mackysme » relatif à la reddition des comptes, accompagné du fameux « gokhi », terme imagé qui consistait à faire vomir leur butin aux présumés et très sélectionnés voleurs de la République.

La déontologie bancaire avait été abîmée par des policiers venus comme des cow-boys ouvrir les coffres d’Aida Ndiongue à la CBAO, ce qui n’a pas eu l’heur de rassurer leurs clients, et avait mis le DG de l’époque en situation éjectable. On avait évoqué des kilos d’or, et des dizaines de milliards en liquide, ce qui semblait incongru, sachant que la plupart des détenteurs de telles sommes seraient déjà propriétaires d’une île privée dans les Bahamas et d’un Jet du même ordre pour les y déposer.

Ce magot est-il le sien ? N’était-elle pas receleuse de tous les détourneurs de deniers publics tapis dans les arcanes des pouvoirs successifs et actuels ? Ce probable non-lieu mérite des éclaircissements et, à tout le moins, des explications de la justice qui ne peut pas avoir découvert un butin d’une telle ampleur pour ensuite dire qu’il ne s’est rien passé. Quant à Aïda Ndiongue, pourquoi ne pas la faire inviter par « Face2Face » ? J’imagine déjà le teasing de l’émission d’Aissatou Diop Fall, nous alléchant avec ces extraits: « A qui j’ai rendu son argent… », « Voilà ce qu’il me reste… », « Macky m’a dit : tu veux sortir ? Alors… »… Ne rêvons pas.

Jean Pierre Corréa

Mais qu’allait faire Youssou Ndour dans cette galère ?

YERIMPOST.COM Y’a un fort larsen dans les odes que Youssou Ndour pousse en direction du pouvoir de Macky Sall. Notre star nationale est en train de découvrir, à son corps défendant, les nuances subtiles entre le Capital et les Intérêts. Quand on est classé parmi les 100 personnalités les plus influentes de la planète, que Barack Obama fait poireauter le premier d’entre nous au pied d’Air Force One pour lui signifier son admiration, que Jacques Chirac fait l’impasse sur un dîner avec Wade pour déguster un thiof avec lui au Lagon, que Bill Gates répond sans barguigner à ses appels, il doit être clair pour Youssou Ndour que c’est le pouvoir qui a besoin de lui et non l’inverse…

Son incontestable leadership lui a alors permis de capitaliser les espoirs d’un peuple qui le pousseront à créer un bien nommé « Fekké ma ci bolé », affirmant son droit à la parole du fait de son implication sociale largement justifiée. Il était dans son rôle de vigie, comme mandaté par les populations. Cette influence que le monde lui conférait sur les grands enjeux qui façonnent la marche du 21ème siècle, il nous disait, avec ce slogan, qu’il la mettait dans le maelström des engagements citoyens et populaires qui allaient emporter les ambitions surréalistes d’Abdoulaye Wade.

Mais, au lieu de regagner son poste de surveillance d’où il aurait pu et dû pointer les entorses faites aux serments de rupture jurés urbi et orbi par Macky Sall, le « dividendisme » l’emporta et le pouvoir se para d’allures de gâteau, et notre « Rossignol de la Medina » se piqua de vouloir gazouiller « plus haut que son luth » et s’enivra du Graal que le ministère de la Culture qui lui fût offert représenta pour lui.

Et son regard sur la manière de gouverner des nouveaux résidents de la République perdit de l’acuité et se transforma en presbytie face aux actes parfois posés par ses tuteurs et alliés, et qui ne déparaient pas d’avec ceux des libéraux à peine congédiés par la majorité écrasante des Sénégalais assoiffés de rupture et avides de reddition des comptes.

Youssou Ndour se mit alors à brader son Capital au nom de petits intérêts, et à désarçonner son public en faisant de ses concerts des meetings politiques, faisant fi de la diversité des opinions des jeunes gens qui venaient l’écouter pour chanter et vanter les mérites évanescents du PSE. Un artiste tel que lui, tous radars en éveil, ne saurait sentir ce désenchantement de ses fans, et il passa d’invité aux grands débats de ce monde aux bagarres de borne-fontaine apéristes qu’il a résumées au bord du dépit par les mots «tassaro», «khoulo», «ngayo», «khassanté»… qui sont l’apanage de politiciens férocement engagés autour d’un bol à partager.

Il jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus… «Macky Sall doit écouter ce que nous lui disons», tonna-t-il, ouvrant la porte à une résurrection de son mouvement « Fekké ma ci Bolé » que les moqueurs complétaient d’un « Télé ma ci guénné ».

Youssou Ndour n’a pas lâché ces mots pour amuser la galerie. Mais qu’allait-il faire dans cette galère ?

Jean Pierre Corréa

La fin de l’indépendance, c’est pour quand ?

YERIMPOST.COM Des vieux nostalgiques de l’époque coloniale, face aux manquements de nos propres et nouveaux responsables politiques, avaient tendance à se plaindre et à se prendre la tête entre les mains en soupirant: «Mais indépendance-là, ça finit quand ?». Face à nos drames et en totale irresponsabilité, nous avons courageusement tendance à toujours et encore incriminer les esclavagistes qui nous ont tués et déportés, les colons qui nous ont exploités, et les néo-colonialistes qui ont maintenu ce système prédateur de nos économies exsangues. C’est véritablement facile et cela commence à suffire. Les responsables sont les nôtres, qui bradent et méprisent nos compétences locales, notamment en matière énergétique et solaire, et qui ont le mérite d’exister. Ou alors pourquoi a-t-on créé l’ASER ? Pour faire juste sonore ?

50.000 lampadaires seront livrés au Sénégal à hauteur d’1 million 141 mille 365 francs CFA par pièce ! C’est aussi la France qui gagne le marché d’installation de ces lampadaires à travers l’entreprise Eiffage. Pourquoi se gêner ? C’est le plus gros marché d’éclairage public solaire dans le monde. Non seulement l’énormité vertigineuse du prix injecté pour une seule pièce relève de la stupidité, mais également les intérêts à rembourser sont astronomiques.

Macky Sall a toutefois encore choisi d’enrichir la France, après lui avoir offert 568 milliards de francs CFA pour 57 km de train TER, pour sauver l’usine française d’Alsthom qui était en voie de fermeture. Macky Sall, c’est le meilleur VRP de la France, lui qui vient sauver une entreprise du Lot et Garonne en lui offrant un marché de 57 milliards alors que la SENELEC est à la recherche de 30 milliards sur les marchés financiers.

La SENELEC qui est en train de réaliser des performances énormes ne devait-elle pas être renforcée et accompagnée en l’aidant à se diversifier et à tendre vers l’énergie solaire ? Un gouvernement patriote n’aurait-il pas préféré donner ce marché à la Senelec et l’aider à acquérir la technologie du solaire pour le futur ?

L’aide française serait-elle conditionnée par ce chantage qui ne dit pas son nom et qui nous obligerait à la reverser à des entreprises ou groupes français ? Vous avez dit « Bizarre » ? Comme c’est bizarre…

On ne pourra pas faire croire à la future génération que nos renoncements à être plus performants et créatifs sont dus à des affreux esclavagistes et à des colons blancs et veules. Ils auront été le fait de légers responsables qui pourront en échange continuer à faire ripaille dans les allées du pouvoir et à se prémunir, qui sait, de toute curiosité judiciaire des autorités françaises quant aux magots qu’ils auront pu planquer sous les ors feutrés des banques occidentales.

Mais il est plus glorieux d’abattre la statue de Faidherbe… ça ne mange pas de pain au mil…

Jean Pierre Corréa

 

Le Sénégal, Tête de Turc d’Erdogan ?

YERMPOST.COM Alléché par l’odeur du pétrole et réconforté par la pluie des marchés juteux qui sont attribués aux entreprises de son pays, le président turc, Erdogan, a fait un tour dans notre pays, non seulement pour renforcer son emprise sur le marché des viennoiseries englouties par nos enfants, mais surtout pour prendre date et réaffirmer à nos gouvernants qu’il peut tout exiger d’eux, le preuve étant faite que nous obéissons à ses désirs, le petit doigt sur la couture de nos thiayas, plutôt de nos sarouels, pour rester dans la mode vestimentaire turque.

Il a eu la bonté de terminer le boulot de Saudi Bin Laden pour notre aéroport futuriste, ce qui lui confère un statut de sauveur que nous avons dû remercier en obtempérant sans moufter à son injonction paranoïaque de fermer, au détriment de milliers d’élèves, les établissements scolaires Yavuz Selim, au motif qu’ils servaient à financer un de ses adversaires politiques. Nous l’avons accueilli en nous bouchant le nez concernant sa vision des droits de l’homme plutôt étriquée, et lui avons signifié de ce fait que nous n’étions pas si regardants, tant qu’il concourt à remplir le carnet de financement de notre PSE. Cela lui donne-t-il le droit de s’immiscer dans notre mode de gouvernance et de toiser, en se moquant, notre président, quand il pointe le nombre de ministres de son gouvernement, ne voyant pas la fin de l’exercice de serrement de mains auquel il fut confronté ?

C’était ce mercredi, à l’Aéroport international Blaise Diagne, qu’il s’est passé une scène qui renseigne sur la perception que certains hommes d’Etat étrangers ont des pléthoriques gouvernements africains.  En clair, au moment où le président de la République présentait à son hôte ses ministres, nez à nez avec Pape Abdoulaye Seck, le chef de l’Etat turc, apparemment fatigué de saluer tout ce beau monde, demande à son homologue sénégalais: «Tu en as combien ?». «Ils sont trente-neuf», répond Macky, un chouia gêné.

«Mach’Allah ! Tu as beaucoup d’enfants. Moi j’en ai vingt», s’est amusé un Recep Tayyip Erdogan sur le mode railleur. Il est vrai que, au ratio, la population de la Turquie tourne autour de quatre-vingts millions d’habitants. D’ailleurs même nous on ne s’y retrouve pas, tellement la liste est longue.

D’ailleurs, comment connaître par cœur la liste des ministres et leurs fonctions? Il suffit de suivre les annonces de soirées folkloriques et musicales et autres «Foureuls» pour savoir quels sont nos ministres et quels ministères ils occupent. Toutes les semaines, leurs noms sont criés sur les ondes des radios pour annoncer qu’ils patronnent une soirée ou un grand bal. Nous qui croyions que le chef de l’Etat avait dit «stop» aux fêtes en tous genres et en tous temps pour que ce pays travaille enfin…

Mais c’est sans compter avec notre propension à attirer les mouches avec du miel. Il est véritablement inconvenant que tout notre gouvernement soit crié dans les radios pour annoncer une fête où nous sommes certains de voir jetés des millions en billets neufs et de façon souvent vulgaire, au nez et à la barbe d’abord des Impôts et de bien des Sénégalais qui tirent le diable par la queue, quand il trouvent le diable d’ailleurs.

Du président de la République, en passant par son épouse, tous les ministres sont convoqués à ces agapes inutiles où leur «concours» est demandé et souvent obtenu à travers de grasses enveloppes apportées par les attachés de cabinet ou leurs épouses et ce, en grande pompe et sans contrôle de quelque Dage de ministère que ce soit. Véritablement, voir les noms de nos présidents, ministres, DG mêlés à des soirées où se dandinent toutes sortes de personnages, et parfois les plus douteux, dont certains finissent souvent dans les pages infamantes des faits divers judiciaires, est proprement pas distingué et ne donne pas l’exemple d’une nation au travail.

Ce n’est pas aux institutions de sponsoriser des khawarés et ce n’est pas à notre président de la République et à son épouse de payer les dépenses de ces «anniversaires bidon» d’artistes qui ne vendent que des centaines de cassettes au Sénégal. Sinon, il nous est loisible de penser que notre gouvernement est le premier des entertainers et le plus bel exemple de ce qu’on peut appeler des ambianceurs de basse-cour…

Erdogan nous a juste rappelé qu’il est urgent de stopper ce folklore, Monsieur le président. Arrêtez ce bazar indécent et inconvenant et tapez du poing sur les pupitres des MC de pacotille qui tympanisent et brouillent nos attentes républicaines et réellement culturelles. Pour que le Sénégal se mette au boulot et ses ministres au travail et plus sur la scène du Grand Théâtre ou de Sorano. Ce n’est pas là qu’on les attend.

Monsieur le Président, que vous et votre épouse donniez l’exemple en refusant d’être mêlés à de telles annonces publicitaires… Vous vous étonnez que pour Erdogan, nous puissions être sa « Tête de Turc » ? La réponse est dans la question…

Jean Pierre Corréa

Education Nationale: Cherchez l’Erreur….

YERIMPOST.COM S’il suffisait de juste dépenser de l’argent pour trouver des solutions à nos insondables problèmes, on le saurait.

Mais, dès que les chiffres deviennent abstraits d’avoir été tellement rabâchés, l’évidence de leur évaporation nous frappe et titille notre comprenette. Mais là où vraiment faut aller chercher l’erreur, c’est quand il est annoncé avec fierté que de 2012 à 2016, il a été dépensé 132, 64 milliards de francs pour les infrastructures destinées à l’éducation nationale. Tout ça pour arriver à avoir un baccalauréat perclus de fraudes, un taux de réussite de 40 pour cent et une université, l’UCAD en l’occurrence, où le recteur dans une indifférence généralisée se désole d’un taux d’échec de 60 pour cent…

On a dû rater une marche… Des élèves nullissimes, instruits par des enseignants qui viennent en savates au bahut, lesquels ont eux-mêmes un niveau de français lamentable, on se  demande où sont passés tous ces milliards si fièrement brandis. Il est vrai qu’un ministère de l’Education nationale qui a pour slogan « oubi tey, diang tey », ne rassure pas vraiment sur l’objectif compris de sa mission.

L’enquête sur la fraude au baccalauréat de 2017 est en train de nous livrer des faits graves. Un chef de centre, au cœur du scandale, a été épinglé. Il aurait reçu des versements allant de 50 000 FCfa à 150 000 FCfa. Il a partiellement reconnu les faits. Lorsqu’un système d’enseignement produit des enseignants fraudeurs, peut-on imaginer que ceux auxquels cet enseignement est destiné, ne reproduisent pas dans leurs gênes la culture de la triche ? Et si vous rajoutez à ce scandale le grave épisode des faux instituteurs fraudeurs, il ne faut pas s’étonner que nos élèves et étudiants soient d’un tel niveau… de nullité.

Des milliards engloutis dans l’éducation nationale pour en arriver à un Baccalauréat totalement décrédibilisé, c’est plus que grave. D’autant que la mondialisation nous oblige à avoir des barèmes d’excellence d’équivalence universelle, afin que nos élèves et nos étudiants puissent rivaliser avec leurs congénères du monde entier et porter haut nos valeurs cognitives et l’image de notre université dont celui dont elle porte le nom, Cheikh Anta Diop, fut, autres temps, autres mœurs, un des plus brillants esprits du 20ème Siècle.

Avec tous ces milliards jetés à la face des citoyens comme autant de preuves de notre irrésistible émergence, on se demande vraiment comment les pauvres Sénégalais n’arrivent pas à comprendre qu’ils habitent un pays riche. Cherchez l’erreur…

Jean Pierre Corréa

Les Enfants du Sacrifice

YERIMPOST.COM Quelle est la part de fantasmes développés par les Sénégalais dans cette vague de crimes d’enfants et de disparitions qui touchent aussi de nombreux enfants de la rue, disparitions souvent passées par pertes et profits du fait que personne ne s’intéresse vraiment à leur funeste sort ? Déjà vivants, on les voit à peine, entre gravas, carcasses de voitures et en guenilles, on a du mal à considérer que ces enfants intéressent les Sénégalais du fait de leurs morts ou de leurs disparitions.

Toujours est-il que ces morts d’enfants à répétition interrogent. Ce ne sont évidemment pas des agressions. Ils ne possèdent rien que l’on veuille voler. Alors, on se met à penser à des crimes rituels et ces soupçons sont renforcés par notre nouvelle propension à ne refuser aucun acte qui nous permette d’accéder à des positions sociales avantageuses. Aucune demande d’un féticheur ou d’un chef de secte satanique n‘est rebutante pour qui tient à arriver à ses fins de pouvoir. Il est même permis d’imaginer que certains trafics d’organes vitaux peuvent être organisés dans nos pays, du fait que la vie d’un enfant y a si peu de valeur.

Ces pratiques sataniques se sont installées dans certains pays et nous avions cru en être à l’abri. Il est urgent de protéger nos enfants et de vite régler cette plaie béante qui avilit notre capitale en laissant voir des milliers d’enfants et de talibés livrés à eux-mêmes et être à la merci de criminels prêts à tout pour assouvir les ignobles desseins d’ambitieux forcenés. C’est parce qu’ils sont faibles que ces enfants sont des cibles et qu’ils sont susceptibles d’être sacrifiés sur l’autel de la barbarie et du pouvoir à tout prix.

Alors, il convient que nos autorités se mobilisent et rassurent les populations. D’abord en précisant si ces faits existent ou non. Les morgues tiennent lieu de vérification de ces rumeurs, parce qu’il ne faudrait pas tomber dans la psychose qui pousserait les populations à lyncher toute personne qui tiendrait ne serait-ce que son propre enfant récalcitrant à la main, et se voyant du coup indexer comme un voleur d’enfant.

Les albinos se sont organisés. Les nains ne se promènent plus qu’en bande. Protégeons donc nos enfants des rues qui peuvent alimenter cet odieux trafic qui déshonore notre société. Laquelle a changé d’auxiliaire depuis bien longtemps, préférant l’AVOIR à l’ETRE. Nous sommes dans l’antre de l’horreur.

Jean Pierre Corréa

Propos d’Aly Ngouille Ndiaye: Provocation ou Delirium Tremens ?

YERIMPOST.COM Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Intérieur, chargé des élections, a fait devant la télévision 2stv la déclaration scandaleuse que voici : “J’ai la ferme intention de travailler pour que le président Macky Sall gagne au 1er tour l’élection présidentielle du 24 février 2019. Pour cela, d’abord, je ferai inscrire tous ceux qui veulent voter pour Macky Sall. Je m’emploierai pour qu’ils récupèrent leurs cartes d’électeur et je les aiderai à aller voter pour Macky Sall. Et, quand je le dis, vous pouvez me croire. Car, même si je n’ai pas duré dans le champ politique, je ne m’engage jamais dans le vide. “

Au bord de l’extase, ou en pleine hypnose hallucinée, le premier responsable des élections a déclaré que son problème n’est pas de  faire en sorte que tous les Sénégalais puissent disposer de leurs cartes d’électeur mais qu’il s’occupe exclusivement des électeurs de l’APR qui doivent faire réélire son candidat, Macky Sall. C’est jeter, à la face médusée de tous les Sénégalais, la conception singulière et assumée que cet homme se fait du slogan qui a fait élire son patron et qui claironnait  que « dorénavant la Patrie venait avant le Parti »…

C’était donc en fait un simple « attrape-gogos », et ce mépris pour le peuple et surtout notre Histoire est affiché sans aucune vergogne par un homme dont la mort sur la Place de l’Obélisque d’un certain Mamadou Diop n’est qu’un vulgaire souvenir, ravalé au rang d’anecdote. Aly Ngouille Ndiaye s’est essuyé les pieds sur sa tombe. Ses propos sont à mettre sur le compte d’une hallucination collective des hommes qui nous gouvernent ou d’une provocation assumée et revendiquée par tout un parti politique qui insulte nos intelligences.

Et si ses propos ne sont pas condamnés par son chef de clan, alors nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer en regardant notre Sénégal qui se pare tranquillement des atours puants de la plus bananière des Républiques. Prenons garde… Ces hommes sont prêts à tout… Même au pire… Mamadou Diop… Réveille-toi !!! Ils sont devenus fous !!!!

Jean Pierre Corréa

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