Blog de Cheikh Yerim Seck

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Khassoum DIOP

Monsieur le ministre de la Justice du Sénégal, je vous accuse et demande que vous soyez récusé !

Au lendemain des nominations du Ministère de la Justice et de l’Union des Magistrats du Sénégal le Jeudi 7 Septembre 2017, un journaliste se précipitait de s’interroger ainsi «est-ce que l’arrivée de ces deux personnalités dans ce secteur de la Justice, sujet à nombreuses controverses, l’indépendance du pouvoir judiciaire va-t-elle être une réalité ?». S’agissait – t – elle, à l’époque, de la pure prémonition ou, aujourd’hui, d’une simple coïncidence? Difficile à dire, car les faits sont têtus et les preuves accablantes. Cependant, il suffit d’un regard furtif sur cette kyrielle d’évènements et d’incidents survenus pour se rendre compte de l’énormité de votre responsabilité dans cette tension politique qui prend actuellement tout le pays en otage.




Le tripatouillage à outrance et l’instrumentalisation ad libitum de notre Constitution sont résultants des prémices d’un rapport de force. La date fixée au Jeudi 19 Avril pour le vote à l’Assemblée Nationale de la Loi portant modification de la constitution et du code électoral  en plus des sorties incessantes, fracassantes et musclées des personnes très responsables de l’opposition  comme celles du pouvoir conduisent inéluctablement le pays au bord du précipice imminent: un 23 Juin Bis. En plus, vos nombreuses sorties médiatiques soutenant mordicus cette forfaiture de loi anticonstitutionnelle n’ont fait qu’accélérer les minuteries de cette « bombe à retardement ». Vous seriez la tête pensante et la main agissante de cette insidieuse loi que les préceptes même du Droit Constitutionnel n’acceptent ni ne défendent.

L’idée ingénieuse de la levée de l’immunité parlementaire d’un Honorable Député déjà prisonnier fut une tentative inélégante et vaine pour laver l’affront que votre prédécesseur avait au préalable affligé à notre Constitution. Refuser d’abord, reconnaitre ensuite et lever en fin l’immunité parlementaire de Khalifa Ababacar SALL dans des circonstances et péripéties tortueuses bafouant ainsi les libertés fondamentales d’un honnête citoyen et de surcroit homme d’état irréprochable et exemplaire est une des plus subtiles façons d’insulter l’intelligence et le caractère sacré des textes constitutionnels de notre chère République. Sauriez-vous dire aux Sénégalais, droit aux yeux et sans sourciller, que vous ne vous êtes pas mêlé ni de près ni de loin à cette tragédie politico – judiciaire de l’affaire dite procès de la Caisse d’Avance de la Mairie de Dakar ?




Et enfin, s’il est vrai que la tenue du référendum du 20 Mars 2016 précède à votre avènement à la tête du Pouvoir Judiciaire, personne ne saurait affirmer que l’ombre de votre prétention démesurée de la maitrise des questions constitutionnelles n’a pas plané par là-bas. Votre position favorable à l’organisation de cette consultation citoyenne a été d’un apport de taille permettant ainsi au Présidence de la République d’écorner l’image de la Constitution par son reniement spectaculaire sur la réduction de son mandat présidentiel. Ce fut tout simplement une exigence ETHIQUE qui transcende une disposition constitutionnelle. Malgré tout, il fut tenu et la victoire du OUI fut triomphale avec 63 % des suffrages.

Mais hélas, quand votre mémoire est prompte à vite oublier, je vous rappelle que parmi les 15 points qui ont été votés lors de ce référendum y figure en très bonne position cette clause de «l’intangibilité des dispositions relatives au mode d’élection, à la durée et au nombre de mandats consécutifs du Président de la République ». Alors, aujourd’hui encore, en soutenant à tort le vote de cette loi sur le système de parrainage modifiant ainsi le mode d’élection du Président de la République, vous considérez une nouvelle fois notre Constitution comme un brouillon que vous pouvez éditer et rééditer à votre convenance sans contrainte aucune. A la lumière de tous ces faits exposés ici, je me permets, Monsieur le Ministre de la Justice, de vous accuser et de demander que vous soyez récusé.

 

Khassoum DIOP

Khassito2016@hotmail.com

Macky Sall et son système de parrainage: Les dernières turpitudes d’un régime en décrépitude

A onze mois des élections présidentielles, la remarque est frappante, inquiétante mais pas surprenante. L’Alliance Pour la République (APR) de 2018, à bien des égards, est différente de celle de 2011. Le parti politique de l’actuel président de la république, Monsieur Macky Sall n’a pas l’aura d’être son propre héritier et le parti de l’opposition d’alors ne laisse pas entrevoir la même posture d’ambitieux conquérant sérieux de l’époque. L’avènement de Macky Sall à la magistrature suprême portait l’espoir d’un Sénégal de rupture et de progrès après les 12 années de Abdoulaye Wade : une vraie tragédie nationale. Mais l’espérance d’un Sénégal émergent est en train de s’affaisser comme un château de cartes.

L’imminence de la décadence du régime de Macky Sall est plus que manifeste en atteste d’abord cette suite arithmétique régressive dans la durée des mandats des différents présidents qui se sont succédés depuis l’indépendance à nos jours : Les 4 ans de Léopold Sédar Senghor, les 3 ans de Abdou Diouf, les 2 ans de Abdoulaye Wade et fort probablement l’unique mandat de Macky Sall. Il s’y ajoute particulièrement cette kyrielle d’incidents politiques et de tensions sociales, prémices d’un régime agonisant: les mêmes causes produisent les mêmes effets.




Le Protocole de DOA et le procès de la Caisse d’Avance résultent de la phase une d’une supputation insidieuse de la part du tenant du pouvoir qui vise à faire quelques de ses redoutables concurrents des prisonniers politiques. La grâce et l’exil de Karim Wade à Qatar d’un côté, l’acharnement et la condamnation à 5 ans de prison du député maire Khalifa Ababacar Sall de l’autre, sont des tentatives jusque-là réussies mais déloyales, injustes et perfides dont use le régime actuel aux fins de s’arracher un second mandat.

L’instrumentalisation de la Justice et le tripatouillage de la Constitution sont la phase deux d’une machination insipide dont l’unique but est de réduire les candidatures plurielles de l’opposition. Cette pluralité de candidatures forcerait inévitablement le second tour d’une élection présidentielle au grand dam du parti au pouvoir. Pour parer à cette éventualité très évidente, il cogite une forfaiture à la démocratie, agite un système de parrainage et édite un projet de loi qui passerait comme une lettre à la poste à cause d’une majorité parlementaire plus marionnette que mécanique.

Le recours aux forces de l’ordre et l’installation du rapport de force constituent les derniers remparts d’un régime agonisant, inspirant et expirant difficilement ses ultimes soupirs. Sa mince lueur d’espoir réside dans le forcing, seule alternative et prémisse d’un échec cuisant. Ainsi, la confrontation est imminente et inévitable d’autant plus que nous y sommes bien préparés. Nous sommes un peuple de résistance et de justice, engagés et déterminés. Le pouvoir des rues publiques a toujours triomphé face au pouvoir de la république quelle que soit la violence exercée. Le peuple en sortira encore victorieux !

La conséquence première est le départ inélégant de Macky Sall, le président de la république le mieux élu dans l’histoire politique du Sénégal. Mais, son septennat est loin de traduire notre illusion de l’alternative à l’alternance avortée (2000). N’est-elle pas l’étape logique pour une suite arithmétique continue: retour à la case de départ pour reconstruire? La reconstruction sera l’accomplissement par le président de la république, qui décide de son initiative propre, de ne pas aller jusqu’ au terme de son quinquennat. Il est le président zéro mandat. Celui qui est l’incarnation de la rupture et de la refondation national : Refonder pour une gouvernance démocratique, institutionnelle et sociale.

 

Khassoum DIOP

Khassito2016@hotmail.com



Contribution: M. Lamotte, jugez en droit et libérez Khalifa Ababacar Sall

Le procès de la Caisse d’Avance connaitra son épilogue le 30 Mars 2018. C’est une date historique lors de laquelle le verdict sera donné. C’est aussi une occasion inespérée où le devoir a pris rendez-vous avec la justice. Et Hypolite De Livry de nous rappeler que « quand le devoir ne se concilie pas avec la justice, il n’y a plus de devoir ». M. le juge LAMOTTE, vous avez un seul devoir celui de lire et de dire rien que le droit, c’est-à-dire faire ce qui est juste, c’est également et exactement faire entendre la justice. C’est quoi la justice? Ambroise Rendu nous répond à ces termes « la justice consiste essentiellement à accomplir, sans réserve et sans délai, ce grand précepte : rendre à chacun ce qui lui est du». Le pouvoir judiciaire a le devoir d’indépendance. Le citoyen a le devoir de sentence juste. Le peuple a le devoir de confiance envers sa justice et ses juges. M. LAMOTTE, vous avez le devoir de bonne conscience et êtes en même temps l’incarnation de la totalité de ces devoirs que vous devez rendre sans broncher, sans parti pris et sans trébucher car Dieu seul possède en lui le devoir de refuge, de protection et d’assurance. C’est uniquement en rendant ce qui est dû au député maire Khalifa Ababacar SALL que Dieu vous rendra ce qui vous est dû. Et il vous le rendra de la plus belle des manières, car il est Juste et aime la Justice. Jusqu’ici tout porte à croire que vous êtes d’une tranquillité d’esprit imperturbable qui ferez usage de sa connaissance éclairée, de son courage inflexible et de sa foi inébranlable pour libérer la justice.




Le peuple Sénégalais est épris de justice. Le peuple Sénégalais est aussi un peuple de résistance. En lui refusant sciemment et de mauvaise foi de rendre la justice, vous l’inspirerez que du profond mépris et pourriez précipiter le pays vers le chaos. Quant à la dame justice, elle sera tristement réduite en une simple marionnette à la commande de monsieur l’exécutif. Pour rappel, M. le juge LAMOTTE, le 30 Mars vous serez installé confortablement ou mal à l’aise devant le tribunal de votre conscience, aurez comme témoin l’histoire et comme jury la mémoire collective du peuple soit pour inscrire brillamment ou lamentablement votre nom dans les plus belles ou sombres pages de la jurisprudence. N’est-ce pas Monsieur Mamadou DIOP, ancien maire de Dakar, qui vous a prodigué un conseil plein de sagesse avant de disparaitre furtivement et à jamais. M. le juge LAMOTTE, « jugez en droit et libérez Khalifa Ababacar SALL », vous a-t-il dit. J’en ai la conviction profonde que l’écho de sa voix raisonnera aussi fort et aussi longtemps dans le tribunal de votre conscience à chaque fois que vous êtes tenté de le faire condamner. Car suffit –il de peu regarder pour bien constater que ce procès de « la honte qui n’a pas sa raison d’être est en fait le procès de l’obstination, de l’acharnement et de la méchanceté » et par conséquent, sous aucun prétexte, pour aucun privilège, vous devez ternir votre réputation, entacher l’image de la justice et trahir votre sermon. M. le juge LAMOTTE, « jugez en droit et libérez Khalifa Ababacar SALL » !

 

Khassoum DIOP

Khassito2016@hotmail.com

Enlèvements et meurtres d’enfants: Dépôt de plainte contre l’Etat du Sénégal

Matam, le 20 Mars 2018

 

 

 

Objet : Dépôt de plainte contre l’Etat du Sénégal

 

 

 

Monsieur le Procureur de la République

 

 

Je, soussigné Monsieur Khassoum DIOP, demeurant au Quartier de SOUBALO à  Matam, me vois contraint de porter plainte auprès de votre autorité contre l’Etat du Sénégal en raison des faits suivants :

 

Un Lundi matin, en Juin 2017, l’enfant Amadou Misbabou DIALLO, âgé seulement de 8 ans, a été retrouvé mort à Mbao Cité SDE. Son corps en état de décomposition avancé fut découvert dans une poubelle placée devant une maison par un vendeur qui rangeait ses marchandises.

 

Un autre enfant du nom de Serigne Fallou BA, agé de 7 ans et demi, a été égorgé à Touba au quartier Nguirane  un matin d’un 24 Février 2018. Il fut un tout jeune écolier tué et sa tête emportée. Quelle froideur est ce meurtre à l’allure de sacrifice dans la ville sainte ! A l’intervalle de deux jours seulement, une autre enfant, Mariétou Doumbia écolière à l’établissement public Moussé Seck de Petit Mbao, a été retrouvée morte et abandonnée dans un tas d’ordures. Elle a été bâillonnée puis violée.

 

Et le plus abominable de tous ces crimes est survenu avant-hier au Quartier Gouye Mouride à Rufisque. Le bébé Serigne Fallou DIOP âgé de 2 ans et qui avait disparu depuis 3 jours a été retrouvé mort et enveloppé dans un sac à charbon abandonné dans un chantier.

 

Monsieur le Procureur, en vous rappelant tout ceci, je veux constater avec vous cette psychose générale qui a fini de s’installer dans notre société. Elle est résultante d’une recrudescence de séries de vols, viols et tueries sur nos enfants, les enfants de la nation du Sénégal. La situation est telle que nous vivons en ces temps qui courent une véritable tragédie nationale qui nous saisit, nous plonge dans une inquiétude accablante et nous laisse un grand espoir que notre indignation sera entendue.

 

Monsieur le Procureur, le silence assourdissant de l’Etat du Sénégal devant l’atrocité de tous ces crimes odieux perpétrés contre une couche très vulnérable surprend plus d’un. Un silence insolite voire complice qui viole les chartes fondamentales notre Constitution.

 

En AFFIRMANT son adhésion à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 et aux instruments internationaux adoptés par l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation de l’Unité Africaine, notamment la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 Décembre 1948, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes du 18 Décembre 1979, la Convention relative aux Droits de l’Enfant du 20 Novembre 1989 et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples du 27 Juin 1981, l’Etat du Sénégal, par son mutisme et son inaction devant tous horreurs, VIOLE les libertés fondamentales des enfants telles que énumérées en ces lignes qui suivent :

 

Khassoum DIOP

 

 

 

Contribution: Pourquoi nous ne pouvons pas atteindre l’émergence

L’émergence ne peut pas se réaliser si nous nous ne décidons pas de changer cette conception et perception des notions de l’heure, de l’urgence, de la nécessité et de la priorité qui nous sont typiquement Sénégalaises.

o Nous ne respectons jamais l’heure.
Les exemples ne manquent pas. Le 10 Mars 2018, j’avais pris part à une réunion de jeunes dans une ville du Sénégal. Sur la convocation, il a été bien précisé que le début de la rencontre était fixé à 9h00. Il a fallu attendre dans la salle plus de 6 bonnes heures, c’est-à-dire exactement à 13h45 pour démarrer les travaux non sans constater que tout le monde n’était pas encore au rendez-vous. Plus grave encore, personne dans l’assistance ne semblait être perturbé par ce très grand retard. Pire, nous nous sommes contentés d’un simple aveu et d’offre d’excuse pour ne pas mesurer l’impact des dégâts. Dégâts ont –ils eu lieu
o Nous nous soucions peu des urgences.




Un autre soir d’un Mercredi, je revenais du stade. A quelques encablures de chez moi, j’ai vu un groupe de personnes devant l’entrée d’une petite ruelle. Il m’a fallu m’approcher pour me rendre compte du spectacle : un jeune garçon gisait par terre presque inconscient. « Il faut appeler les Sapeurs-pompiers. Il va mourir !», fulmina un inconnu. «Nous les avons appelés il y’ a une demie heure», rétorqua un autre inconnu. « Ils n’ont cessé de poser de stupides questions ! », expliqua un autre. D’un retrait furtif, je fis venir un taxi pour évacuer le malade à l’hôpital. Les sapeurs-pompiers ne sont jamais venus !
o Nous aimons nous focaliser sur des détails.
Le cas Pr Songué DIOUF affole les toiles jusqu’à aujourd’hui. Un soir d’un Vendredi, lors d’une émission télévisée, le sieur aurait fait l’apologie du viol. En affirmant que le port vestimentaire des femmes est le premier viol perpétré contre la décence et la dignité féminine. Et voilà que tout le monde s’acharne sur lui prétextant d’être des féministes. Au même moment, des enfants sont volés, violés, mutilés, égorgés et portés disparus créant ainsi une psychose généralisée dans une société jusqu’alors épanouie. Combien de Mamans désespérées ! Combien de Papas désorientés ! Combien de familles disloquées ! Et combien de bonheur déchanté ! Mais, aucune de ces féministes n’en est cure ! Sont-elles pas des sœurs, des femmes et ou des mamans avant d’être des féministes?
o Nous confondons toujours vitesse et précipitation.
Le Président de la République aurait nourri un projet de construction d’un nouveau Palais à Diamniado. L’annonce de cette nouvelle a fait l’effet d’une bombe médiatique créant ainsi un débat trop controversé. Les partisans du Chef de l’Etat tentent comme ils peuvent de justifier sa pertinence pendant que le citoyen lambda et certains représentants du peuple ont du mal à voir de ce projet une ambition opportune. Il ne s’agit pas ici de faire le procès des deux camps pour ensuite donner feu vert ou d’ordonner l’annulation mais bien simplement de nous amener à nous questionner sur le contexte pour nous rendre compte d’une autre équation beaucoup plus complexe et très souvent esquivée.




o Il nous faut une mentalité et attitude nouvelles.
Il s’agit là d’une invite voire une introspection beaucoup plus sérieuse, profonde et généralisée de notre conception et perception Sénégalaises des notions de l’Heure, de l’Urgence, de la Nécessité et de la Priorité. Faire preuve de leur ignorance, de leur confusion ou simplement de leur insouciance constitue un sérieux obstacle pour l’émergence. S’il est vrai que le développement s’inscrit dans le temps et la durée, il nous faut dès lors nous réussir à une appréhension du TEMPS en accord avec nos objectifs pour être de vrais acteurs dans la refondation de notre nation et la construction d’un nouveau citoyen accompli et conscient.
o Le respect de l’heur comme pari individuel et exigence collective
Dans le respect de l’heure se cachent la manifestation du degré élevé de son engagement et la confirmation d’une prise de conscience aigüe du sens de sa responsabilité face à la multitude et complexité des défis à relever. Derrière ce respect de l’heure se trouve une volonté commune retrouvée de mutualiser les idées et les actions afin de défier les limites. Respecter l’heure convenue donc se doit être un pari personnel et individuel qu’il faut à tout prix réussir d’abord et avant de l’exiger ensuite. Tout est question de comportement dans un Sénégal qu’il convient de rendre meilleur et qui nécessite le concours du meilleur de chacun et de tous.
o Vers un sens de responsabilité citoyenne accrue.
Décréter une urgence ou répondre à une urgence est un sursaut citoyen salvateur. Il requiert une compréhension transversale de la sacralité de la vie, de la noblesse de la mission et de l’impérieuse nécessité du don de soi pour ainsi éviter de faire de son confort ou quiétude personnels une obstination voire un sérieux menace pour la société. Loin de minimiser les efforts encore moins d’exiger une quelconque prise de conscience supplémentaire pour qu’on veuille appeler sans rien dire ou trouver du plaisir à déranger au moindre incident, il nous faut mesurer la gravité de notre attitude et la part de notre responsabilité à chaque que nous sommes tentés d’émettre des appels anodins ou d’en ignorer sans raison valable.
o Chaque chose à son temps et chaque temps à sa chose.
La priorité est l’antichambre de la nécessité. Tout est question d’enjeux, de temporalité et de pertinence. Confondre la nécessité avec la priorité enlève toute la pertinence de la temporalité et fait dérouter la perception des vrais sens des enjeux du moment. C’est pourquoi ouvrir la fenêtre de la nécessité tout en fermant les portes de la priorité est une belle et triste façon de s’installer confortablement dans la pénombre du dilatoire et de la procrastination. L’émergence est une série d’étapes interdépendantes, aucune étape si petite soit elle ne saurait être brulée sous aucun prétexte. Notre volonté d’améliorer concomitamment notre manière de concevoir et de percevoir les notions de l’Heure, de l’Urgence, de la Nécessité et de la Priorité est une exigence citoyenne nationale.

 

Khassoum DIOP
Khassito2016@hotmail.com

Contribution: Non, la grève des enseignants du G6 n’est pas que question indemnitaire!

La grève des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal dure et perdure. La récente rencontre du Premier Ministre du Sénégal  avec les organisations syndicales les plus représentatives regroupées au sein du G6 avait fini de cristalliser toutes les attentions. Elle promettait ainsi d’être la dernière page de ce long chapitre de grève qui avait d’ailleurs réussi par miner le moral des élèves, saper la patience des parents et ébranler l’espérance de la grande famille éducative. Cette montagne qui a accouché d’une souris s’expliquerait par la minceur d’une volonté à percevoir la grosseur des vrais enjeux de cette lutte. Et vouloir faire de l’alignement de l’indemnité la question nodale empêchant toute issue heureuse relèverait d’un manque criard de sérieux et de l’insouciance inouïe quant au vrai sens de l’engagement et de la détermination dans cette lutte. L’équation indemnitaire, par pure vérité, n’est que l’arbre qui cache la forêt.




La grève des enseignants du G6 va au-delà des considérations pécuniaires et matérielles. Autrement, elle serait une manifestation cupide et impudente de  l’égoïsme déplacé, de l’opportunisme aveuglant et de l’irresponsabilité irrémissible de la part de ses initiateurs. En revanche, elle s’inscrit dans une dynamique de quête de réconciliation entre l’ouvrier et son métier, de regain de sentiment de satisfecit et de motivation dans l’accomplissement de son travail, de recherche d’affranchissement et de dignité dans l’exercice de sa noble fonction et d’une toute petite once de reconnaissance du mérite devant les exploits quotidiens face à la complexité d’une mission et à l’immensité de la tâche. Il s’agit tout bonnement d’une revalorisation d’un sacerdoce dont la sacralité, la prépondérance et la prégnance sont de plus en plus piétinées, dénaturées et reléguées à la périphérie.

La grève des enseignants du G6 est prescrite dans une posture d’empêcher le métier d’enseignement de servir de voie d’évitement d’une collision entre les cascades de vocations avortées et  les triomphes galopants de l’opportunisme. C’est dire, au bout de cette grève, le métier d’enseignement doit être un choix de luxe pour celui ou celle qui aspire à l’embrasser et un sacerdoce pour celui ou celle qui veut l’exercer. Il devra être le rêve qu’aspirent également les enfants eu égard à l’importance et à la noblesse que revêt à leurs yeux ce métier. Il en demeure de même, qu’à l’issue de cette lutte, les enseignants sans exclusive se voient être des modèles dont beaucoup aimeraient s’identifier et par la suite exiger. L’école, quant à elle, doit cesser d’être le laboratoire de conception et de fabrication de mentalités erronées, le théâtre d’affrontement des cultures, le foyer de mutation des personnalités, le berceau d’effritement des valeurs et le réceptacle de l’obscurantisme.

La grève des enseignants du G6 se veut purement et simplement une occasion jamais offerte pour redonner goût à l’enseignant, favoriser la culture de l’enseignement de qualité  et promouvoir le culte du mérite et de l’excellence pour une société en quête de références et de voies d’émergence. Par conséquent, cette campagne de dénigrement, ces entreprises de diabolisation et ces efforts de désinformation ne sauraient divertir et détourner de l’essentiel. Et par ailleurs, quand l’ESSENTIEL est un DANGER, s’ENGAGER est un DEVOIR. Tel est le vrai sens et l’unique signification de la grève du G6.

 

Vive la lutte !

Vive l’enseignant !

Vive l’Ecole Sénégalaise !

 

Khassoum DIOP

Khassito2016@hotmail.com




Contribution: La psychose des enfants, qui pour en parler ?

Depuis presque deux mois, les enfants écoliers du Sénégal passent beaucoup plus de leur temps à arpenter les rues pour dénoncer les grèves cycliques des enseignants et exiger leur arrêt immédiat afin de reprendre les chemins de l’école. La clameur des enfants semblerait tomber dans les oreilles d’un sourd au regard du mutisme et de l’inaction insolites de beaucoup d’entre nous.
Devant cette situation d’indifférence constante et face à la détermination grandissante des enseignants à poursuivre leur combat au grand dam des élèves et du système éducatif, il y a lieu de se rendre compte que l’enjeu de taille est la priorité qu’il faut accorder à l’éducation. Comme toute cette atmosphère délétère, dévastatrice et démotivante qui prend tout le système éducatif en otage ne suffisait pas, les écoles et universités sont transformées en de véritables foyers de tension et d’affrontements, d’agressions physiques, d’actes de sauvagerie de toute sorte entre les « forces du désordre » et les apprenants.
L’Ecole Primaire Adja Mame Yacine Diagne suffit comme parfaite illustration quand deux grenades lacrymogènes ont suffit pour perturber la quiétude des élèves pour la plupart âgés entre 9 et 14 ans transformant ainsi des minutes de leur vie à des moments cauchemardesques dont ils se souviendront pour toujours. Ce regrettable incident de jets de lacrymogènes dans ce temple du savoir n’a fait qu’allonger la longue liste des évènements tragiques dont sont victimes cette couche vulnérable, sans défense, source de bonheur inestimable, trésor inespéré souvent recherché et porteur d’avenir radieux que constituent nos enfants.
Nos jeunes sœurs, nos jeunes frères, nos onéreux fils, nos filles chéries, nos petits fils choyés et nos petites filles capricieuses et innocentes son sans relâche guettés, chassés, pourchassés et finis le plus souvent par être pris en piège et victimes de crime odieux, abominable et impitoyable aux images et récits terrifiants à des fins justement et simplement de pratiques occultes, de sacrifices funestes et de satisfaction de pulsion sexuelle animale. Tout ceci se passe sous le regard spectateur de beaucoup d’observateurs. Faudra-t-il attendre combien d’enfants volés, d’enfants violés, d’enfants mutilés, d’enfants égorgés, d’enfants sacrifiés ou disparus avant d’agir ?




Tous ces malheureux, funèbres et impunis évènements finissent d’installer un climat de psychose généralisée, de quiétude perturbée, de peur constante, d’indignation inaudible et d’aveu d’impuissance ineffable et de sentiment alarmant de désespoir chez toute la société.
La République ne semble pas être ébranlée, pourtant nous avons un Ministre de la Femme, de la Famille et du Genre, nous avons aussi un Ministre de la Bonne Gouvernance et de la Protection de l’Enfance et sans compter les Ministres de l’Education, de l’Intérieur, le Premier Ministre et le Président de la République. Mais, permettez moi d’insister sur les deux

premières pour remarquer et faire remarquer cette ironie du sort : elles sont toutes deux des « NDEYE ». Elles sont des « MAMAN » qui jusqu’ici ont fait preuve d’un silencieux bavardage ! Il faut rompre ce silence insolite et presque complice pour conjuguer efforts et moyens pour traquer, persécuter, percuter et mettre aux arrêts tous ces pervers, criminels et déchets de la société.
Cependant, et pour finir, nous ne désespérons pas. Nous ne lâcherons pas les armes pour laisser notre progéniture désacralisée, nos enfants assassinés, nos familles disloquées et notre bonheur familial déchanté. A l’instar du collectif « Silence On Tue Nos Enfants », nous allons nous lever comme un seul frère, un seul père, une seule sœur et une seule mère non pas pour dénoncer mais combattre et éradiquer cette tragédie sociétale d’où qu’elle puise se trouver et peu importe la force obscure qui l’incite, l’alimente et l’attise. En attendant, nous demandons à l’Etat en concordance avec ces ministres de la femme, de la famille et de la protection de l’enfance d’agir et de sévir afin de SERVIR.

Khassoum DIOP
Khassito2016@hotmail.com

Pouvoir Républicain et Force Spirituelle au Sénégal: la guerre des pouvoirs aura–t-il lieu ?

Commençons d’abord par faire un peu de l’histoire car n’appartenant pas exclusivement aux historiens. Celle-ci défie l’espace, le temps et transcende ainsi les individus, même ceux-là qui ont été les vrais acteurs ou de simples témoins.  Et par devoir de mémoire, par besoin de l’actualité et nécessité du contexte, rappelons-nous ces évènements :

Un soir d’un Mercredi 30 Décembre 2009, des jeunes chrétiens ont affronté à coup de pierre, devant la cathédrale de Dakar, la police anti-émeute. L’origine de ces échauffourées émanait des propos jugés « blessants » du président de la république d’alors, Monsieur Abdoulaye WADE, qui avait comparé le monument de la renaissance africaine avec des représentations religieuses présentes dans les églises. S’agit-il de l’ignorance ? N’est-elle pas simplement de la provocation ? Suite à ce malheureux incident, son Eminence le Cardinal Théodore Adrien Sarr avait laissé entendre ces propos : « Meurtris et humiliés, nous l’avons été par l’amalgame que le chef de l’Etat a établi entre le monument de la renaissance africaine et les représentations qui se trouvent dans nos églises. Il est scandaleux voire inadmissible que la divinité de Jésus Christ, cœur de notre foi, soit mise en cause et bafouée par la plus haute autorité de l’Etat».

Manifestant son soutien à la confession chrétienne devant cette terrible épreuve, Serigne Mansour SY Djamil, musulman et Khalif Général de son père, avait condamné dans une déclaration faite depuis Stuttgart (Allemagne) où il célébrait un Gamou ce tragique incident en ces terme : « les sénégalais sont en droit de se demander si aujourd’hui, les confréries du Sénégal ne sont pas menacées de disqualification au vu de la manière torve et hideuse dont elles sont instrumentalisées par le régime libéral : toutes les confréries seront, à ce jeu, désacralisées et décrédibilisées ».  Ni ce dernier encore moins une autre personne ne pouvait imaginer que 3 ans après, un autre événement de la responsabilité de la même personne serait inscrit dans nos mémoires. Vendredi 17 Février 2012, des policiers qui étaient à la poursuite de manifestants contre la candidature de Me Wade avaient balancé des grenades lacrymogènes dans la Zawiya de El Hadji Malick SY sis à Dakar Plateau (lieu de culte chez les confréries Tidianes). L’acte ignoble avait suscité l’ire des Talibés et avait occasionné de violents affrontements entre ces derniers et les forces de l’ordre. Une erreur est pardonnable une fois !

A la lumière de ces évènements et des réactions des leaders religieux, la première qui s’inscrivait dans une posture d’offuscation contre des exactions attentatoires à la foi et morale chrétiennes et la seconde qui se voulait une mise en garde contre une campagne de discrédit des chefs religieux et des familles religieuses de l’initiative de l’Etat, il est regrettable de constater presque une décennie après, cette attitude invariable de la République à poursuivre cette campagne de dénigrement et de discrédit des confessions et des personnalités religieuses qui les incarnent. Cette entreprise républicaine qui tente tristement et sans relâche à entacher la réputation des leaders religieux prend une propension si importante aujourd’hui qu’elle attire notre curiosité et suscite notre réflexion.

Dans les rencontres politiques les plus officielles et les évènements religieux les plus solennels, l’on est amené à se rendre compte de cette pression voire oppression étatique sur les leaders religieux. Le fait n’est pas fortuit si on sait la légitimité politique dont certains bénéficient combinées à leurs potentialités et compétences d’hommes d’Etat. Entre autres figures religieuses et politiques nous pouvons citer Feu Serigne Cheikh Ahmed Tidiane SY (Parti pour la Solidarité Sénégalaise), Serigne Modou Kara MBACKE (Parti de la Vérité pour le Développement), Ahmed Khalifa NIAS (Front des Alliances Patriotiques), Serigne Moustapha SY (Parti de l’Unité et du Rassemblement), Serigne Mansour SY Djamil (Bes Du Nakk), Serigne Kkhadim THIOUNE (Mouvement Patriotique du Sénégal), la liste n’est pas exhaustive, ils ont tous eu, ont ou auront dans un moment ou dans un autre des ambitions pour être portés à la tête de la Magistrature Suprême.

Ce faisant, derrière cette volonté manifeste de ternir se cache une peur inavouable de compétir. Le choix est quasi inexistant, la seule offre qui s’y prête aujourd’hui est l’acceptation de la rivalité, de la compétitivité  car une catégorie autre et nouvelle de « Commanders in Chief»  se fait exiger de plus en plus. Face à la cupidité indescriptible des hommes politiques à accéder au pouvoir, à leur obstination irréfléchie à le conserver à tout prix, à leurs innombrables échecs dans l’élaboration et la mise en exécution d’un vrai projet de société, à leurs infinis scandales liés à la finance et aux mœurs dont sont associés la majeur partie d’entre eux et devant l’insatiable appétence du peuple à vivre leurs vraies aspirations et ruptures, il est clair que la confrontation aura lieu dans le seul et unique but de précipiter le pays dans la voie des transformations sociales, du progrès économique, politique et culturel, de l’innovation technique, de l’enracinement profond des valeurs  et de l’ouverture aux réalités extérieures.

Et pour comprendre la légitimité de notre clameur nous voulons rappeler les questions insistantes de Serigne Masnour SY Djamil qui doivent inciter à la réflexion sérieuse et sans complexe pour une réponse adéquate et sans parti pris: « quelle relation la foi religieuse, dans sa dynamique essentielle, doit-elle entretenir avec la gestion et l’organisation de la société sénégalaise? Les religions ont-elles une mission d’orientation globale des hommes et des femmes comme citoyens libres et socialement organisés? Les religieux ont-ils un rôle spécifique à jouer dans la construction du Sénégal ou doivent-ils se limiter aux cultes? Vu la prégnance du fait religieux dans la société, quelle conscience politique attend-on du marabout ou du prêtre pour sortir le Sénégal de sa crise actuelle? »

A la lumière de ces questionnements et depuis 1960 à nos jours, il est clair que le moment est venu pour le Sénégal de muer sa révolution. L’engagement pour cette révolution des mentalités doit concerner tous les citoyens conscients afin de reconnaitre, d’accepter et d’investir toute notre confiance en ces hommes techniquement compétents, professionnellement expérimentés et éthiquement formés. La compétence, l’intégrité, la transparence et l’éthique sont le souffle nouveau dont disposent bon nombre.

Il ne faut pas développer en nous une peur injustifiée de l’inconnu. Les exemples sont persistants et les preuves têtues : un self-made man en Gambie, un ancien footballeur au Libéria, un ancien syndicaliste en Afrique du Sud et un très jeune inspecteur des finances en France. Et pourquoi pas un leader religieux au Sénégal ?

Khassoum DIOP

Khassito2016@hotmail.com

 

 

Contribution: A Macky Sall à propos d’Aly Ngouille Ndiaye

A Monsieur le Président de la République,

Au nom des citoyens Sénégalais,

A mon nom.

Invité à une émission sur un plateau d’une télévision privée nationale ce Dimanche 25 Février 2018, Monsieur Aly Ngouille NDIAYE, Ministre de l’Intérieur du Sénégal a laissé entendre ces propos suivants : “J’ai la ferme intention de travailler pour que le président Macky SALL gagne au premier tour l’élection présidentielle du 24 Février 2019. Pour cela, d’abord, je ferai inscrire tous ceux qui veulent voter pour Macky SALL. Je m’emploierai pour qu’ils récupèrent leurs cartes d’électeur et je les aiderai  à aller voter pour Macky SALL. Et, quand je le dis, vous pouvez me croire. Car, même si je n’ai pas duré dans le champ politique, je ne m’engage jamais dans le vide. ». Monsieur le Président, vous êtes vous posé la question de savoir qui est ce qui a proféré ces mots ? Sont – ils sortis de la bouche de sa personne, de sa personnalité ou simplement d’un personnage dont il s’identifie et joue pleinement son rôle ?

Si tel n’est pas le cas, veuillez me permettre de vous rappeler que cette déclaration fracassante et inattendue d’un Ministre supposé en charge de l’organisation des élections présidentielles, libres, transparentes et démocratiques est d’une imprudence inouïe. Au demeurant, elle semblerait être une manifestation extérieure et intentionnée d’un projet funeste bien pensé, bien élaboré et prêt à être exécuté. Quoiqu’il en soit, elle est d’une extrême gravité qui prouve sans difficulté l’impartialité du Ministre, trahit sans conteste la confiance du peuple et suscite non sans crainte mon indignation car annonçant déjà les prémisses d’une mascarade électorale et d’un coup d’état perpétré contre la démocratie Sénégalaise pour laquelle je m’en suis battu au prix des vies humaines inestimables. Je dénonce avec toute mon énergie cette attitude qui est indigne de la République et condamne fortement cette situation de rapport de force qu’on veuille entrainer le peuple. Je ne réponds pas à cette provocation. Le peuple ne suivra pas à cet appel du pied de mon Ministre de l’Intérieur.

Monsieur le Président de la République, au-delà de cette indignation, de cette dénonciation et de cette condamnation, j’exige de votre part une sanction proportionnelle à lourdeur de cette faute commise par Monsieur Aly Ngouille NDIAYE, Ministre de l’Intérieur pour montrer à ces 15 millions de Sénégalais qui ont investi en vous toute leur confiance et prouver à la face du monde entier que vous n’êtes pas le vrai instigateur de cette forfaiture mise en branle. Ce dernier a non seulement montré toutes ses limites mais a commis une faute irrémissible à l’instar de ce gendarme qui a giflé ce citoyen à Ziguinchor et qu’il a lui-même sanctionné avec promptitude et avec mesure à la béatitude de tout le peuple Sénégalais épris de justice et exigeant du respect de la liberté et la dignité du citoyen. Je ne vous demande pas plus.

Monsieur le Président de la République, s’il est vrai que votre appel insistant au dialogue national n’est pas une farce, que l’audit achevé du fichier électoral est vrai, juste et que  la nomination de son Excellence l’Ambassadeur Seydou Nourou BA pour la supervision des élections n’est point une mesure de sabotage et de bourrage des urnes au soir du 24 Février 2019, je vous invite à rectifier cet énorme faux pas du Ministre de l’intérieur pour garantir la paix et la stabilité du pays et encourager la marche graduelle du Sénégal vers une démocratie accomplie et exemplaire.

Au peuple Sénégalais et à tous les partis politiques, il est de notre responsabilité de favoriser les conditions pour la tenue des élections libres, transparentes et démocratiques. Il est également de notre devoir de ne pas être l’initiateur ou de tolérer sous aucune forme des manœuvres visant aux fraudes électorales plongeant ainsi le pays dans un climat d’insécurité et de tension permanente. Il est pour nous d’une nécessité impérieuse de nous organiser efficacement et de participer activement et sans réserve afin que chaque citoyen puisse exercer librement son devoir civique et choisir sans contrainte l’homme ou la femme qu’il ou qu’elle pense être capable de réaliser les aspirations du peuple au soir du Dimanche 24 Février 2019.

Vive le Sénégal !

Vive la Démocratie !

 

Khassoum DIOP
khassito2016@hotmail.com

Contribution: Redonner à l’Ecole et l’Université Sénégalaises leur image d’hier

Dans les établissements d’enseignement Moyen et Secondaire, le panorama est de loin rutilant. Une avalanche de grèves se succèdent et ne se ressemblent pas ni dans les formes ni dans les fonds. Elles prennent tout le système éducatif en otage, le suffoquent et le défigurent. Il en résulte que dans l’enseignement, les vocations se volatilisent et cèdent la place aux triomphes des opportunités. Les formations initiales et continues des enseignants ne suffisent pas, l’éducation et l’instruction dépouillées de leurs valeurs essentielles ne sont plus une priorité. L’école cesse d’être cet espace de formation du Citoyen et se serait réduit en un laboratoire où naissent et se développent les processus de mutations individuelles et sociétales aux conséquences désastreuses.

Le constat est décevant. L’inquiétude est grandissante et se lit sur le visage de presque tous ces acteurs, élèves, étudiants, enseignants et autorités.  Quant aux parents d’élèves et autres personnes soucieux du devenir de leur progéniture et de la jeunesse, l’émoi est la hantise qui les poursuit sans relâche. Une seule interrogation revient comme un leitmotiv sur les toutes les lèvres : Pourquoi l’école Sénégalaise est-elle si malade?

Tenter de répondre à cette interrogation très complexe n’est pas une entreprise aisée. Cependant, il convient d’axer la réflexion en constatant d’abord les crises multidimensionnelles qui secouent sans répit nos écoles et universités en amont et en aval afin que des mesures adéquates et pérennes puissent être appliquées et des solutions palpables décelées.

La répétition étant pédagogique, alors rappelons que le contexte actuel de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) comme dans presque dans toutes les écoles du pays, il est caractérisé par de véritables foyers de tension et d’affrontements, d’agressions physiques, d’actes de sauvageries et de barbaries (pillages des amphithéâtres et restaurants, séquestration des professeurs et autorités universitaires, saccage et mise à feu des bus et autres véhicules de l’Etat), bref la liste n’est pas exhaustive. Une telle atmosphère délétère est l’image actuelle altérée de l’un des plus grands patrimoines intellectuels et culturels de l’Afrique de l’Ouest. Quand la violence devient l’apanage des étudiants, l’outil de pression, de persuasion et de prédilection dans les débats et échanges d’idées, quand l’argument de la force se substitue à la force de l’argument dans ce Temple du Savoir, l’on est obligé de se demander quel avenir pour le Sénégal de demain ?

Force est de constater que l’engagement, l’action, bref le rôle de l’étudiant et de l’élève dans le processus de développement d’un pays occupe une place prépondérante. Il s’agit de revisiter un peu l’historique du Rôle de l’Etudiant dans tous les grands pays du monde pour s’en rendre compte sans ambages qu’il a toujours été de conscientiser et d’émanciper son peuple, d’initier, d’encadrer et d’orienter son combat, de réfléchir, de proposer des alternatives ou de résoudre ses problèmes. En somme, l’étudiant et l’élève ont toujours été le « creuset intellectuel » pour initier presque toutes les luttes populaires et être l’avant-garde de son émancipation après avoir été bien formés et bien formatés.

L’étudiant et les élèves Sénégalais d’aujourd’hui assument-t-ils ce rôle ?

Une kyrielle de questionnements suscite actuellement la léthargie d’une jeunesse intellectuelle désorientée, démotivée, dépréciée et dénudée. L’empressement, l’allégresse et l’attente de voir enfin  sa jeunesse s’approprier de sa vocation primaire, de jouer pleinement son rôle de précurseur, d’avant-gardiste, d’éveil de conscience, de sentinelle, de « VIGIE » c’est-à-dire l’intelligence nécessaire pour épouser les orientations propices au développement de sa localité et de « VIGILE », c’est-à-dire la force nécessaire pour barrer la route à ceux qui veulent empêcher son développement» nous poussent à parapher ces quelques lignes.

Loin de prétendre légitimer encore moins émousser ces grèves cycliques des élèves, des étudiants et des professeurs dans un contexte de quête insatiable de connaissance, de désir ardent d’émancipation et d’ouverture aux réalités extérieures (globalisation), de formation de citoyen modèle accompli, de marche graduelle vers le progrès, nous voulons juste rappeler que la crise est beaucoup plus sévère, l’étiopathie beaucoup plus profonde et les séquelles beaucoup plus désastreuses surpassant de loin la baisse de niveau de ces derniers.

Les responsabilités, il faut les situer, se les partager et les faire face avec componction, équanimité et acuité. On ne peut pas se contenter de reprocher une brique d’avoir été d’une mauvaise qualité lors de son usage. Cependant, tout un ensemble d’éléments doivent être remis en question depuis l’outillage au mélange de matériaux jusqu’à son étape finale.

En d’autres termes, il est important de tenir en compte dans les réflexions l’atmosphère physique des écoles ou des universités du Sénégal, l’attitude des autorités académiques, universitaires et politiques, les conditions d’inscription, d’orientation et d’enseignement, le fond et la forme des contenus des enseignements et surtout les conditions d’étude, de vie et de survie de l’élève, de l’étudiant, de l’enseignant, etc.

Une étude objective, une analyse minutieuse de ce maillon d’éléments intrinsèques et corrélés dans une démarche inclusive et constructive qu’il sera enfin possible de mieux juger, jauger, magnifier ou encourager leurs actions. Deux choses essentielles semblent être pour moi en amont et en aval de la crise pérennante des écoles et universités du Sénégal. Il s’agit d’une part d’une mauvaise politique : programme d’enseignement caduc (depuis ère coloniale), projet des « collèges de proximité » (sans mesure d’accompagnements), application aveugle du « système LMD » (sans respect des normes standards) et d’autre part d’une politique mauvaise : élèves, étudiants (les amicales), professeurs et autorités académiques et universitaires en proie aux machinations politiciennes.

Et la solution n’émane pas des tâtonnements de politiques d’ajustement ou d’innovations, de projets utopiques ni n’exige des formules magiques encore moins des menaces bidons de redéploiements abusifs, de ponctions sur les salaires ou de radiations tout simplement mais nécessite impérieusement des responsabilités à prendre et des défis énormes à relever.

En conformité avec la Nouvelle Donne (enjeux actuels et futurs), améliorer le programme de l’enseignement général de base pour ne pas dire la refonte totale, assurer la formation en qualité et en quantité des enseignants, multiplier les infrastructures scolaires et académiques, promouvoir le culte de l’excellence dans tous les niveaux et pour tous les genres, trouver de l’emploi après formation, améliorer la carrière et les conditions de vie de l’enseignant  sont autant de défis qu’il faut relever avec responsabilité pour Redonner à l’Ecole ou l’Université Sénégalaise Son Image d’hieR (REUSSIR).

 

Khassoum DIOP

Professeur d’Anglais au LYCEE Matam

khassito2016@hotmail.com

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