Blog de Cheikh Yerim Seck

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Loi Sur Le Parrainage: Puéril et Vaniteux «Bras de Faire»…

YERIMPOST.COM Le Sénégal sent le gaz et d’inconscients et inconsistants politiciens s’amusent avec les allumettes de la démagogie et du «jusqu’auboutisme entêté». Le pays peut s’embraser du fait de leur légendaire incurie, ils n’en n’ont cure. Ceux qui vont aller braver les policiers, légitimés par leur aveuglement, doivent avant tout considérer que leurs enfants se la coulent douce aux Etats-Unis et dans de huppés pensionnats européens. Voilà notre classe politique, aréopage de professionnels qui ont fait de la Politique une juteuse rente, qui justifie à leurs yeux toutes les compromissions et tous les arrangements coupables avec la notion de patriotisme, lui préférant les ânonnements béats à la gloire de leur parti dominant, piétinant sans honte ni vergogne la punchline de leur «Nouveau Roi» qui déclamait, la dépouille de Mamadou Diop encore chaude, que la Patrie aurait sous son magistère, plus de vertus que le Parti… Pour le coup, c’est mal… parti.

Ce projet de loi sur le parrainage, d’abord découvert subrepticement, enfoui dans les dernières lignes du compte-rendu d’un Conseil de ministres, ensuite validé médiatiquement par les caisses de résonance habituelles de l’APR, étrangement défendu quotidiennement par tout un peloton de Marabouts, qui ont, descendus de leurs minarets, fait le service après-vente de la loi, forts certainement du livret explicatif de cette loi, livrée dans la mallette, pardon, le coffret, et qu’on a daigné nous expliquer seulement hier soir à la veille d’un scénario plein de dangers, avec deux ministres en mission cathodique à la RTS.




Cette loi qui provoque une flambée populaire, du fait de son inutilité, en tous cas de sa non-urgence, vaut-elle de mettre le Sénégal au bord du volcan ? On sait le président Macky Sall accrocheur, voire bagarreur, pour qui se souvient que, alors ministre de l’Intérieur, il n’avait pas hésité à défoncer un bureau de vote et à détruire une urne, pour pouvoir voter sans carte d’identité. La bagarre, il aime ça… Ses adversaires le savent bien et sont prêts à l’affrontement. Tout ça pour ça… N’a-t-il pas mieux à faire que cette guéguerre puérile de cour d’école, où l’on s’amuse parfois à celui qui a les plus gros biceps ? Il devrait penser à faire réussir son admirable et ambitieux rêve du Plan Sénégal Emergent qui n’a aucune chance d’être attractif pour des investisseurs qui ne sont pas suicidaires et qui ne vont pas miser un seul dollar dans un pays devenu instable. C’est l’heure de devenir un Homme d’Etat, et de savoir prendre des décisions courageuses et historiques, plutôt que de jouer au chef de bande, pour en sauver juste les plus opportunistes coureurs de postes et de prébendes.

Mais il convient, en dehors de savoir rejeter le piège de la violence inéluctable proposée par un clan aux abois, de réfléchir au fait que tout ce tintamarre est juste une malice pour nous faire oublier que cette histoire, qui ne concerne que les politiciens, est bien moins importante à éclaircir que la cruciale question des cartes d’identité nationale dont le non traitement médiatique nous laisserait accroire que c’est un problème réglé…

Restons vigilants… On veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes et distraire les citoyens d’un vaste plan de fraude pour éviter un second tour… Pensez-vous que s’ils étaient véritablement concentrés sur ce grand chantier dans lequel patauge le Sénégal, ils auraient eu le temps d’organiser le sabotage d’un simple séminaire de Rewmi ? Qu’est-ce que cela sera quand ils seront en congrès ou en meeting ? Ils les bombarderont ?

Ne foutez pas le feu à notre Sénégal. Il ne vous appartient pas.

Jean Pierre Corréa

Nous, Gagner le Mondial Russe ? Savoir Raison Garder…

YERIMPOST.COM Le pouvoir s’est-il mis en « mode Mondial », au point de croire qu’il peut imposer des décisions impopulaires à un peuple embrumé par cet « Opium du Peuple » que représente le football ? L’heure est aujourd’hui à la passion. Les Sénégalais sont crispés, anxieux, stressés, et même pas parce qu’ils sont « mackys ». Nous sommes en ce moment tous en train de nous projeter en conjectures, non pas pour savoir comment nous allons payer des loyers de plus en plus chers, éduquer nos enfants dans les conditions les meilleures, soigner nos parents dans des hôpitaux sans maladies nosocomiales en prime, déambuler dans une capitale avec des trottoirs non encombrés, voter à une présidentielle bien organisée…, mais nous sommes tous en communion pour une fois concentrés au maximum sur notre participation au Mondial russe, et rêvant, pourquoi pas, au titre qui ne saurait nous échapper. Incha’Allah…

Soyons sérieux un petit instant. Peut-on gagner ? Doit-on gagner ? Commençons par la première question et tentons d’y répondre, nous qui aimons massacrer les bonbons en les croquant au lieu de prendre le temps de les sucer et d’en connaître, en l’appréciant, le goût, cela pour dire que nous aimons connaître la fin d’un processus sans en vivre le cours. Peut-on gagner un mondial de football, comme ça, du fait de la bonté de Dieu, du seul fait que nous sommes sénégalais, comme ça, juste parce que Dieu, est notre garçon commissionnaire, auquel nous allons demander de rapporter, pourquoi pas, la Coupe du Monde, juste parce qu’Il ne parle que wolof ?

Peut-on battre des Colombiens, des Polonais ou des Japonais qui, depuis des décennies, travaillent à produire des générations de joueurs qui courent depuis leurs culottes courtes ensemble, alors que nous n’avons fait dans le même temps qu’engraisser des joueurs comme on élève des moutons de Tabaski ?

Peut-on gagner devant des équipes qui ont des joueurs qui totalisent 20 fois plus de sélections que la nôtre ? Si Dieu se doit de récompenser le travail, alors on est mal barré. Il est vrai que nos audaces de 2002 étaient le fruit d’un désir commun depuis lors dissipé, noyé dans les coursives du Joola englouti du fait de nos tricheries coupables. Non, Dieu n’est pas injuste. En attendant, remettons l’ouvrage sur le métier, nous n’avons pas un problème d’entraîneur, nous avons un problème de projet. Arrêtons de tout de suite croquer dans le cœur du bonbon…

Jean Pierre Corréa




Monsieur le Président, Après Khalifa Sall, «Aux Suivants !!!»

YERIMPOST.COM Passé l’état de sidération dans lequel de nombreux Sénégalais ont été plongés suite au verdict condamnant Khalifa Sall à 5 ans de prison, notamment en regard d’un délibéré évoquant des actes de premier communiant, il convient de ne pas commenter ni contester une décision judiciaire, mais au contraire de se demander si cette sévérité pouvait être de bon aloi et ouvrir à une inespérée fin d’une impunité qui concernait les hommes politiques.

Du coup, il est attendu que le président, qui avait déclaré naguère que de nombreuses conclusions de l’IGE et de l’Ofnac s’empilaient sur son bureau présidentiel et qu’il avait calé quelques-uns de ces dossiers sous son auguste coude, change de posture et, dans le bon sens du terme, lève le coude et nous informe de leurs contenus et des éventuels acteurs ainsi protégés de ses foudres, d’autant qu’un de ses proches a affirmé dans une fameuse émission de la TFM, ce weekend, que parmi ces impétrants se trouvaient des personnages de la mouvance présidentielle, certes récemment accourus  sous le paratonnerre républicain, avec leurs supposés grands électeurs dans leurs besaces.

S’il faut prouver l’indépendance de la justice, c’est bien le moment !!! Faites suivre ces dossiers qui prennent la poussière sur votre bureau aux autorités judiciaires compétentes, et laissez-les agir comme vous le déclarez tout le temps au nom de la séparation des pouvoirs, notion quelque peu chahutée pour nombre de Sénégalais qui s’acharnent à ne voir dans la condamnation de Khalifa Sall que la conséquence d’un procès politique, ce qui serait gênant pour un renforcement de notre démocratie dont la justice est le pilier essentiel.

Alors, les Sénégalais attendent et exhortent le chef de l’Etat à réaliser cet idéal de justice qui avait prévalu dans les motivations des citoyens ayant permis son élection en 2012 et lui disent en chœur: «Aux Suivants !!!».

Jean Pierre Corréa.



Démission du juge Dème: Ah !! Mais quel bel aveu de Moustapha Cissé Lô !!!

YERIMPOST.COM Quand un haut magistrat démissionne, et à force arguments, de l’Institution Judiciaire, nous rappelle que La Justice est le seul service public qui porte le nom d’une Vertu, et nous conte avec chagrin son supposé dévoiement, il aurait été de bon ton et d’élégante intelligence que nos hommes politiques s’interrogent et se soumettent à une saine introspection.

Mais, voilà-t-y- pas que pour les spadassins du pouvoir, la démission du juge Ibrahima Dème n’a rien de fortuit. C’est l’avis de Moustapha Cissé Lô qui, invité à la Rfm, pousse plus loin la réflexion. A l’en croire, le magistrat est animé par une ambition politique, ni plus ni moins. Et le responsable de l’Alliance pour la République d’étayer sa conviction par le portrait très négatif que le juge a dressé du pays avec, à la tête, le président Macky Sall.

Pour décrédibiliser le Juge Ibrahima Dème, il convient, pour ses détracteurs et gardiens forcenés de la Pensée Unique, de mettre les Sénégalais en garde contre cet homme, s’acharnant à prouver son insincérité par l’accusation selon eux rédhibitoire qu’il aurait une ambition politique. Donc, si on respecte leur logique et qu’on décortique leur accusation, avoir une ambition politique vous ôterait toute sincérité, et vous consacrerait « menteur » et « fourbe ».

Lorsqu’un citoyen pose le diagnostic « qu’une importante partie de la hiérarchie judiciaire a distillé dans le corps une culture de soumission qui a progressivement remplacé une longue culture d’honneur, de dignité et d’indépendance », cet homme est un politicien. Lorsque le regretté Juge Kéba Mbaye avait lancé à Abdou Diouf: «Les Sénégalais sont fatigués», personne n’eut la sottise de qualifier son propos de politicien. C’était un temps, messieurs, où les hommes politiques faisaient assaut et de patriotisme et d’arguments emplis d’honneurs et de respect pour ce qu’ils représentaient.

Quand le Juge Dème affirme que «nos valeurs cardinales de dignité, d’honneur, de probité et de loyauté sont presque abandonnées au détriment du reniement, du non-respect de la parole donnée, de la trahison, du mensonge etc. qui sont cultivés par les plus hautes autorités et ce, dans la plus grande indifférence», ces propos sortent souvent de la bouche des chauffeurs de taxi, lesquels sont les éponges de la déliquescence de notre mode de vie, leurs taxis servant de théâtre permanent dans lesquels se dit sans fard « qu’en lieu et place d’une gestion transparente, sobre  et vertueuse promise, on constate une gouvernance folklorique, clientéliste, népotiste, gabegique et laxiste et que nos maigres ressources de pays pauvre et très endetté sont dilapidées à des seules fins politiciennes ».

Penser discréditer le Juge Ibrahima Dème, imaginer disqualifier cet homme qui s’est ainsi exprimé en le qualifiant de politicien, revient pour ses pourfendeurs à avouer que leur métier d’hommes politiques est enraciné dans le faux-semblant, l’insincérité, la flagornerie et que la seule grammaire politique dans laquelle ils excellent réside dans l’expression singulière et devenue automatique du « Sujet-Verbe-…Compliment », colonne vertébrale de toutes leurs éructions serviles. Quel aveu…

Jean Pierre Corréa

 

Thierno Alassane Sall est incompétent… Vous avez dit incompétence, Dionne ?

YERIMPOST.COM Dans une grande entreprise, un DRH qui embauche à un poste stratégique un cadre incompétent et qui la met dans le mur est tout de suite licencié pour faute grave. Logique. Lorsque le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, déclare que Thierno Alassane Sall a été démis de ses fonctions pour incompétence, on s’interroge sur les capacités managériales des hommes qui l’ont nommé à un poste parmi les plus stratégiques du gouvernement et qui symbolisait à lui tout seul et de par son seul intitulé un des axes essentiels sur lequel était engagé notre futur et reposait le socle ferme de notre essor.

Passons sur l’inélégant « ce monsieur », pour désigner un homme qui aura des mois durant travaillé sur le dossier du gaz et du pétrole et dont on a du mal à penser qu’il a démontré son incompétence au moment même où il s’agissait d’apposer sa signature sur le parapheur qui contenait les fruits de mois de négociations, menées par « ce monsieur », dont on a subitement découvert l’incompétence.

Avec tout le respect qu’on porte à Mahammed Boun Abdallah Dionne, clamer l’incompétence d’un ministre tellement important dans le dispositif gouvernemental, et portant sur ses capacités un des axes majeurs du PSE, relève de l’aveu non seulement d’incompétence, mais aussi d’inconséquence. Soit on a nommé un incompétent en le sachant, soit on a viré un nullard au bout de deux années. Et, dans les deux cas, cela relève de l’incompétence de ceux qui l’ont nommé, puis viré.

On aurait aimé connaître les véritables raisons de ce limogeage inédit. On nous offre, au contraire, comme on se tire une balle dans le pied, l’image d’un pouvoir qui aura de son propre aveu nommé des gens « au petit bonheur la chance », à des positions stratégiques. Vous avez dit « incompétence » ?

Jean Pierre Corréa



Dakar, Capitale Moyenâgeuse…

YERIMPOST.COM

Nous souhaitons tous croire aux incantations vantant quotidiennement notre Plan Sénégal Emergent qui doit propulser notre pays aux cimes du développement. Mais, à regarder et surtout subir certains désordres homologués par nos habitudes et nos accoutumances coupables, nous désespérons d’atteindre ce but ambitieux. Comment comprendre que notre administration puisse tolérer, puisqu’elle l’organise, les véhicules à traction animale et surtout humaine ? Il est surréaliste de voir des hommes en plein centre-ville tracter avec leur seule musculature des tonnes de marchandises sous le soleil du mois d’août, suant et ahanant comme des bêtes de somme, pour des sommes dérisoires. Pour un Sénégal qui se veut émergent, ces scènes rappelant l’esclavage devraient être bannies, mais elles se déroulent dans l’indifférence la plus totale d’un peuple qui accepte sans sourciller que certains puissent être pris pour des animaux. Ces images sont moyenâgeuses.

Mais il y a aussi un phénomène qui prend de l’ampleur et qui pose souci du fait de son officialisation administrative, c’est celui des calèches. Nous voyons en pleine ville, au cœur d’une circulation déjà bien embouteillée, de plus en plus de cochers déguisés en Ben Hur ruraux, conduire leurs calèches et se mêler au trafic urbain sans sourciller, sur les grandes avenues, voire sur la VDN ou l’autoroute et même au péage de celui-ci et y faire la queue. Pour quel tarif ? C’est bien la question.




Ces véhicules n’ont ni cartes grises, ni assurances, ni freins autres que l’instinct du cheval à éviter un obstacle, et pourtant causent accidents et désagréments souvent graves. Ils ont pourtant des permis de circuler et même des panneaux de signalisation leur interdisant d’emprunter telle ou telle artère. C’est bien donc que leur statut est officiellement pris en compte par nos administrations, à commencer par le ministère de l’Elevage qui en a fait un segment de sa politique de vaccination. Que se passe-t-il lors d’un accident avec un charretier qui emboutit notre véhicule ? Eh bien, on vous rétorque qu’il faut laisser ce brave homme faire son « taxalé », et gagner sa pitance quotidienne, et lui, penaud, vous balance sa demande de clémence par un surréaliste « Ma ngi diégeulou »…

Mais, tant que ça nous sert à emporter nos poubelles et remplir nos boutiques de proximité, nous nous en accommodons lâchement. Et surtout nous n’éprouvons aucune compassion pour ces chevaux qui traînent parfois une tonne à la force de leur harnais, accélérés par leurs cochers de quelques coups de fouets bien sentis.

Et on ne se demande même pas pourquoi nos prières au Bon Dieu ne sont pas exaucées, alors qu’on maltraite autant une bête aussi sacrée que Le Cheval, qui a eu le privilège de faire monter Le Prophète au Ciel. Au nom d’Al Bourakh au moins, cela devrait nous révolter.

Jean Pierre Corréa

 

L’Outrecuidante Témérité de Karim Wade

YERIMPOST.COM Karim Meissa Wade se lâche. Il semblait convenu entre le Qatar et le Sénégal que l’ancien ministre se réservât de toute activité pouvant nuire au régime de Macky Sall. Cet accord semble rompu. Et l’ancien ministre de La Terre, Des Cieux et des Océans du Sénégal, certainement encore encombré des restes du pouvoir qu’il avait absolu sur nos destinées sous-développées, se met à minimiser nos institutions judiciaires, leur opposant d’autres décisions d’instances étrangères. Quelle outrecuidance !!! Quel manque de respect pour les institutions d’un pays qu’il prétend pouvoir diriger un jour !!!

Depuis la tanière qatarie où il s’est réfugié, au terme de ce que tous conviennent de nommer dans un bel euphémisme, un deal, il défie le chef de l’Etat et, faisant fi de son inéligibilité, déclare sa candidature pour la présidentielle de 2019 en prévenant Macky Sall des tourments qui l’attendent à l’occasion de son grand retour: « Le moment est également venu pour Macky SALL de se résoudre à m’affronter dans une compétition loyale et transparente. Je suis plus que jamais déterminé à lui faire face lors de la prochaine élection présidentielle et à le battre au soir du 24 février 2019 ». C’est « le grand retour du Jedi », et Zorro et Robin de Bois réunis, lui qui « invite ses compatriotes, tous ses compatriotes, à faire preuve de patience et d’endurance pour regarder l’avenir avec sérénité et vaincre la fatalité en engageant, avec courage et détermination, le combat pour un Sénégal réellement indépendant, prenant son destin en main, dans une Afrique unie et prospère ».

Les Sénégalais seraient-ils devenus amnésiques et auraient-ils oublié que c’est sa morgue, rajoutée aux ambitions monarchiques de son père, qui ont déterminé tout un peuple à se dresser vent debout contre l’injustice et l’injure à notre histoire démocratique ? Le problème, c’est qu’aujourd’hui la diatribe de Karim Wade fonctionne, elle imprime dans les esprits, et ce n’est pas là le moindre des exploits de Macky Sall d’avoir rendu les propos téméraires de l’héritier politique d’un PDS moribond, audibles. Devoir envisager, même pour une minorité de Sénégalais, l’option Karim Wade crédible accrédite l’idée que bien des espoirs exprimés lors des mouvements de refus de 2012 se sont évaporés et que la tentation du « pourquoi pas ? » commence à poindre. C’est ce qui autorise KMW à faire montre de témérité, et d’une certaine outrecuidance…

Qui le ramènera à l’ordre ? Qui rendra son discours obsolète ? La réponse est dans des actes à poser… sauf si il se fait un peu tard…

Jean Pierre Corréa

Les Ombres Ravageuses de La Célébrité.

YERIMPOST.COM Déposons en exergue cette fable de Jean de La Fontaine pour observer avec inquiétude comment des hommes peuvent, sur un malentendu, prétendre avec désinvolture exercer quelque influence… Cette fable nous raconte qu’Une Grenouille vit un bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle, et se travaille Pour égaler l’animal en grosseur, Disant : « Regardez bien, ma sœur… Est-ce assez ? Dites-moi ; n’y suis-je point encore ?– Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ? – Vous n’en approchez point. La chétive pécore, S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs, Tout petit Prince a des Ambassadeurs,Tout Marquis veut avoir des Pages.

Combien d’hommes dans notre pays et notre galaxie politico-médiatique sont-ils victimes du syndrome des « 15 minutes de célébrité » ou « quart d’heure de célébrité » ? Il désigne la célébrité fugace de ceux qui sont l’objet de l’attention des médias de masse, attention qui passe à un autre objet dès que l’intérêt du public s’affaiblit. L’expression est souvent employée dans l’industrie du spectacle, de la politique et d’autres champs de la culture populaire.




Notre univers médiatique est rempli de personnages qui ont surgi dans notre quotidien, sans avoir jamais rien produit comme idées, programmes, inventions, thèses, films, et qui deviennent des leaders d’une opinion prompte à adorer le dernier venu, s’étant souvent vite fatiguée du dernier qu’elle-même avait contribué à mettre sur orbite populaire. Ils trônent sur les « Unes » des quotidiens et s’en évaporent aussi sèchement qu’ils les avaient squattées, et exposent des ambitions par eux justifiées par cette exposition hasardeuse et basée sur la vacuité d’une actualité sans relief, qu’elle soit politique, artistique, médiatique ou sportive. Des hommes performants dans leur domaine d’activités s’aventurent dans des sphères médiatiques où, comme l’infortuné « Professeur » Songué, fascinés par le vertigineux rôle qu’on leur a confié avec légèreté et complaisance, ils vont tout aussi aisément débiter des inepties, et je suis poli.

La rumeur nous susurre qu’un fringant et néanmoins méritant patron de presse serait en « tournée politique » et s’apprêterait à briguer la présidence de la République. Il en a le droit… Grand bien lui fasse… Mais mon Sénégal est-il tombé si bas que tout homme puisse prétendre à pouvoir le ramasser ? Que Akon déclare qu’il n’a pas envie d’être président du Sénégal, et que personne n’ait le réflexe de lui rétorquer que cela ne nous intéresse pas non plus de l’avoir comme président, est tout simplement la preuve qu’on a laissé des grenouilles avoir la prétention de devenir des bœufs.

La fin de la fable raconte que la grenouille, elle gonflait, gonflait, gonflait, jusqu’à elle pétait, elle « calatait »… elle MORT…

Au suivant…

Jean Pierre Corréa




Crash de l’hélico: Etat de catastrophe permanent

YERIMPOST.COM L’empressement avec lequel  le ministre de la Défense, Augustin Tine, s’est prononcé sur les circonstances de la catastrophe, qui a fait 8 morts et 12 blessés, affirmant que l’appareil était bien entretenu, est sujet à questionnement. Pourquoi vouloir expliquer les causes du drame qui s’est produit en l’absence de conditions météorologiques défavorables ? La qualité de la maintenance est au centre de toutes les interrogations au lendemain du crash.

Le Mi-17 est un hélicoptère de transport russe qui a effectué son premier vol en 1970. On ignore dans quelles conditions l’Armée nationale a acquis cet appareil et si le kilométrage de l’hélico a été vérifié avant de l’acheter. A-t-on des mécaniciens sénégalais suffisamment formés pour assurer l’entretien, pour un pays qui n’utilisait pas ces hélicoptères avant l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, pouvant utiliser un réel stock de pièces de rechange dans une industrie où le niveau de recyclage des déchets est presque nul ? Toutes ces questions sont légitimement portées à la connaissance de nos autorités, qui ne pensent pas à répondre et donnent dans le dilatoire, espérant encore une fois l’oubli.

D’ailleurs, c’est l’ouverture du Dakaa de Médina Gounass qui, de façon récurrente, est le théâtre de drames liés à des incendies accidentels que nulle sensibilisation ou préparation des pèlerins n’est jamais venu circonscrire. Aucune responsabilité n’a été établie pour le drame de l’année passée, aucune leçon tirée, et c’est toujours ainsi que nous allons de catastrophes en accidents mortels, lesquels, au lieu de nous faire changer de comportements, laissent affleurer chez les Sénégalais des allusions irrationnelles au penchant malchanceux et morbide de notre président de la République et à évoquer des sacrifices, ce qui serait risible si ce n’était pas dramatique.

Quand va-t-on travailler à prévenir les accidents plutôt que de les commenter en invoquant « pas de chance » ? C’est aux Sénégalais d’exiger que nos gouvernants nous mettent ne serait-ce qu’à proximité du « risque zéro ». Mais puisqu’ils savent qu’ils peuvent toujours compter sur notre propension à évoquer le surnaturel, alors pourquoi se gêneraient-ils à différer leurs efforts pour une totale transparence ?

Jean Pierre Corréa



Affaire « Professeur » Songué: Chronique de la goujaterie ordinaire

YERIMPOST.COM Que TFM, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la lutte des femmes pour l’égalité, et non comme on le croit trop souvent pour fêter une quelconque St Valentin, ait cru devoir les honorer à travers l’émission Jakarlo, constitue en soi le début de la mascarade médiatique qui nous occupe depuis une semaine. Tout ça parce qu’un homme, « Professeur » Songué, totalement en roue libre et en mode sans filtre, comme tout respect de la charte de responsabilité journalistique aurait dû le dissuader de les proférer, a bavé avec gourmandise des stupéfiantes inepties.

 

La réalité du problème est qu’on a instauré des débats de Grand-Place dans des émissions, qui relaient de pareils propos à une aussi grande vitesse et à une telle échelle, qui dépassent les banales conjectures de nos petites personnes.

 

Comment voulez-vous qu’un citoyen lambda que l’on sort de sa zone de confort social, qui est bombardé du jour au lendemain chroniqueur de tout et surtout de rien, et que nous avons pu avoir la naïveté de croire qu’un jour le vernis ne va pas craquer et libérer des bourdes de cette nature de sa part ?  Le problème est que ces propos trouvent échos tout naturellement chez des hommes qui, depuis l’enfance, se sont entrés culturellement dans leur rôle de donner un sens aux vêtements que porte une femme. C’est justement une habitude typiquement sexiste que de donner du sens à tout vêtement féminin. Ce sont nos regards sur tel vêtement qui ont du sens, pas le vêtement. On ne jugera pas un homme au regard de ce qu’il porte. Les hommes sont en général jugés sur leurs actes et leurs paroles. Imagine-t-on des femmes se jeter sur un homme, juste parce qu’il a porté son « jean’s moule-burnes » ? A-t-on réfléchi au fait que le viol n’existe pas dans les camps et les plages nudistes ? Et puis ne viole-t-on pas aussi d’innocentes domestiques, quand Madame est à un khawaré, alors qu’elle empeste le Guedj et le Yett, et qu’en plus sa situation précaire lui commandera de se taire ?

Quand une femme a dit non, elle a dit non !!! Sauf à imiter un homme jugé pour viol et qui déclara au juge : «  Non, Monsieur le Juge, Je ne l’ai pas violée !!! Violer, c’est quand on ne veut pas !!! Moi, Je voulais !!! »

Autre piste de réflexion que je soumets à votre perspicacité, sous forme d’énigme. Sous bien des latitudes, lorsqu’un homme réfléchit, on le voit se gratter la tête… Pourquoi au Sénégal les hommes, lorsqu’ils réfléchissent, voire pire, quand ils parlent à une femme, ont-ils l’indélicate tendance à se gratter les couilles ?

In fine, le problème de cette séquence, c’est que les femmes présentes sur le plateau n’ont pas eu l’instinct, qui aurait été plus ravageur, de quitter ce plateau devenu un océan de vulgarité.

Jean Pierre Corréa

 

 

 

 

 

La Jeunesse, Cette Bombe Qui Va Péter à la Figure du PSE

YERIMPOST.COM «Les jeunes et les citoyens de demain dont nous avons tous besoin devront être autonomes, donc capables de faire des choix et de gérer leur vie sur le plan personnel et sur le plan social, solidaires, parce que capables de se soucier d’autrui, d’agir avec les autres et pour eux, de partager leurs préoccupations, mais aussi responsables parce que capables d’assumer leurs propres actes, de tenir leurs engagements et d’achever ce qu’ils entreprennent, et surtout engagés, parce que capables de s’affirmer par rapport à des valeurs, une cause ou un idéal et d’agir en conséquence » (Quasimodo)

Je m’en vais vous conter une histoire… De celles qui vous scotchent contre un mur, et d’où vous observez votre pays passer et voguer obstinément vers le mur et qui plus est en klaxonnant.

Flashback… Moteur.




Je m’en allais pensif après une journée de travail satisfaisante et productive à travers les ruelles de la Médina, envisageant guilleret de m’offrir en bord de mer un « coucher de soleil » m’embourgeoisant l’esprit. J’arrivais au carrefour de deux rues transformées, de fait et en toute incivilité, en terrain de football, où se disputent des parties endiablées, avec des ersatz de Messi qui ne se préoccupent ni des voitures qui les évitent, ni des personnes qui traversent l’aire de jeu qu’ils imposent, forts de leur muflerie à une population devenue indifférente à leur devenir. C’est drôle, je suis en train de penser au même instant à l’abîme de désespérance dans lequel sombre cette jeunesse, lorsque je prends en pleine poire et un rasta suant de 80 kilos et le ballon de foot. Lunettes en vrac, sac d’ordi répandu sur l’asphalte, je me rassemble, tempère l’ire qui m’envahit et, stupéfait, vais m’asseoir au seuil d’une boutique pour reprendre mes esprits.

Bizarrement, ce n’est pas la rage qui me vient d’abord, mais un profond sentiment de pitié et de compassion. Je suis ahuri. Aucun de ces tocards ne m’a calculé, ils ne se sont rendus compte de rien, n’ont pas cligné un seul sourcil, juste préoccupés par leur seul moment d’existence qui consiste à taper dans un ballon comme Ronaldo si possible, celui qu’ils voient scotchés à la télé, leur autre occupation privilégiée. Leur ballon dans ma gueule, ça leur en a touché une sans faire bouger l’autre !!! Rien à secouer !!!

J’ai alors pensé à ceux qui devront gouverner cette jeunesse ni éduquée, ni instruite, ni informée, qui est affalée toute la journée contre le mur qui soutient leur colonne vertébrale, à deviser sur Messi, Ronaldo, Wally Seck ou Mbathio Ndiaye, ou mieux à agonir d’injures le président de la République, seul responsable selon eux de leur inactivité et de leur désœuvrement endogène, et me dis que ces hommes qui auront donc à gérer ces zombies sont vraiment dans la merde.

Aucune formation professionnelle, aucun rêve de vivre dans leur pays, pour la plupart déjà pères de 3 ou 4 mômes dont ils ignorent jusqu’au prénom, ces jeunes qui revendiquent deux cerveaux dans les biceps et un muscle dans le cerveau sont la poudre de la bombe qui va nous péter à la gueule dans une dizaine d’années. La mèche est allumée déjà. On le sait. Mais on ne veut pas voir. On repousse les urgences, on les dissout dans de la rhétorique populiste et politicienne et on évoque dans un autisme ahurissant la probabilité d’une inconstitutionnalité ou non d’un troisième mandat pour celui qui leur avait promis une rupture aux allures d’espoirs renouvelés. Face à cette mèche qui approche du détonateur, un « Homme d’Etat » se doit de gouverner pour les générations futures, alors qu’ils ne savent endosser que le costume étriqué de l’homme politique qui n’est préoccupé que par sa réélection.

Je pense alors à ce PSE, évoqué et convoqué pour tout et n’importe quoi, et qui va, nous le craignons, encore emplir notre Calebasse des Danaïdes avec ses milliards promis.




Le chat échaudé craignant l’eau froide, l’évocation de cette légende grecque se justifie, au vu de ce que nous avons su déjà faire de telles sommes, il n’y a pas encore 10 ans, c’est-à-dire « RIEN » !!!! Près de 3000 milliards, en plus des 2000 de la Chine, se déversent sur le Sénégal, en espérant que ce ne soit pas sur Ndoumbélane… On se comprend…Pourquoi faire ? Parce que, en fait, au jour d’aujourd’hui, on peut constater que les pré-requis ne sont pas encore posés et ils conditionnent la réussite d’un programme si ambitieux et déterminant pour l’avenir de nos enfants qui auront, eux, à rembourser ces sommes astronomiques, lesquelles, quand on les évoque, au lieu de nous terrifier, nous enthousiasment. C’est louche, non ?

Près de la moitié des sommes évoquées concernent les infrastructures, c’est bien, surtout pour ceux qui vont s’accaparer des marchés. A-t-on mis l’accent sur l’agriculture qui va conditionner notre indépendance alimentaire, ou sur l’éducation et la formation, qui vont garantir l’emploi ? A-t-on décidé que ces plans tirés sur la Comète devaient être réalisés par une jeunesse mieux formée, citoyenne, éduquée et patriote, et qu’il fallait mettre le paquet sur une jeunesse instruite et en bonne santé ? Comment va-t-on remettre les Sénégalais au travail, et surtout dans les champs ? Comment va-t-on persuader ce jeune homme ou cette jeune fille qu’ils peuvent retourner dans leurs villages, où les attendent des vrais projets de développement, ce qui leur éviterait de passer leur vie à être pourchassés par ceux qui rêvent naturellement et très justement d’avoir des trottoirs et des rues dignes d’une capitale ? Comment va-t-on faire croire au jeune homme amoureux d’une jeune fille que, pour espérer l’épouser, il ne se sentira pas condamné à prendre les « pirogues de notre plus dramatique échec » ? Ces choses ne se sont pas lues entres les lignes de ce PSE.

La seule information qui transpirait de ce document était d’ordre sonore ! C’était le bruit enivrant du tiroir-caisse… Surtout parce que de telles sommes peuvent donner le tournis, et l’urgence de les dépenser mener à des tentatives de prestidigitation… On se comprend…

Monsieur le Président, les Sénégalais vous disent : «Vous aurez fort à faire, et c’est de votre responsabilité de devenir le Président qui l’a fait !! He did it !!! Quel slogan de campagne pour 2019 !!! Ne laissez pas les flagorneurs et les enthousiastes vous détourner de ceux auxquels ce challenge fait peur, quand ils réalisent le boulot à abattre… Ce sont eux vos vrais amis qui veulent que votre PSE soit enfin rempli de la chair de votre Yonnu Yokkuté ».

Sinon, nous continuerons à nous lamenter en observant cette Calebasse des Danaïdes, que décidément nous ne savons remplir que de paroles… Faut s’atteler à boucher les trous de la Calebasse. C’est le plus dur et c’est la mission de Macky Sall. Le reste sera un jeu d’enfant pour toute une nouvelle génération qui pourra soupirer d’aise et dire avec reconnaissance : « He did it !!! »… Il n’aura alors point besoin d’embastiller Khalifa Sall pour assurer sa réélection…

J’ai vraiment pris un coup dans la gueule… Je suis allé alors observer mon coucher de soleil, en espérant que nous sachions juste remettre les choses à l’endroit pour que ce pays soit un des plus beaux du monde. Parce qu’il y fait bon vivre. Mais il faut de la Culture pour le savoir.

Jean Pierre Corréa



Aliou Cissé, comme Jurgen Klopp, ramène Sadio Mané à plus d’humilité !

YERIMPOST.COM Notre star nationale du ballon rond, Sadio Mané en l’occurrence, s’est vu coiffer au poteau il y a quelques semaines par son coéquipier dans la course au Ballon d’Or africain, l’Egyptien Salah. Sans donner dans le triomphalisme nationaliste, c’est plutôt une bonne chose. Cela lui redonnera peut-être plus d’envie… d’avoir envie. C’est en fait un cadeau que d’avoir à se remobiliser pour retrouver son football et son coach, Jurgen Klopp, a bien fait de lui faire goûter les joies du banc à cirer, et de le rappeler à son talent. Les buts d’anthologie qu’il ne cesse depuis de marquer sont tous des buts à l’arrache, de ceux qu’on inscrit parce qu’on a la rage au ventre et la faim aux crampons.

Nous étions tous persuadés que le ballon d’or lui revenait de fait et c’est bien que nous revenions un peu sur terre, et lui avec, car Sadio Mané était sur le point de subir le syndrome Pogba, c’est-à-dire qu’il était plus préoccupé par ses affriolantes coiffures que par son football. Sa tête ne passait plus entre les poteaux et Jurgen Klopp a dû la dégonfler à coups de minutes de banc de touche. Et Aliou Cissé devrait l’en remercier et ainsi prendre conscience qu’en Coupe du Monde, ce sont 23 guerriers aguerris qui devront se mesurer aux trois autres équipes de cette véritable poule de la mort, 23 joueurs dont seulement 3 ou 4 ont la chance d’avoir du vrai temps de jeu, les autres étant souvent remplaçants. Cette donne est à considérer pour nous octroyer plus d’humilité et de prudence, et pour éveiller nos entraîneurs à une préparation tenant compte de cet important facteur physique.




Ne soyons pas prétentieux… Il nous est possible de vivre une extraordinaire Coupe du Monde à Moscou, mais 2002 n’est pas 2018 et y aller la fleur au fusil et le Djembé en bandoulière serait suicidaire. Sadio Mané doit devenir ce leader tueur qu’a pu être Georges Weah. Le monde entier s’interroge sur ses capacités à incarner un chef d’Etat du Libéria. Il le peut bel et bien, parce qu’il avait ce sens du leadership et une incontestable compassion pour son peuple, basée sur une véritable humilité. C’est ce qui a fait sa force et a confiné son talent au génie.

Mané !!! Sadio !!! A toi de jouer…

Jean Pierre Corréa

Rapport de l’ARMP: On Efface Tout et On recommence !!!

YERIMPOST.COM C’est ce qu’on appelle dans le langage journalistique un « marronnier ». Il nous revient chaque année à date fixe avec un contenu invariable, entendu et attendu. Comme si les étourderies, les manquements éthiques et ce qu’il convient parfois de nommer tout de même des malversations, qui étaient pointés d’une année à l’autre, ne faisaient l’objet d’aucune correction, voire pour certains d’aucune sanction pénale à valeur dissuasive pour d’éventuels distraits.

Ce rapport de l’ARMP, outre son côté rébarbatif habituel pour le profane, contient ses outrances et ses excès dans les libertés prises par certains dirigeants avec les règles de l’orthodoxie en ce qui concerne « la gestion vertueuse » tant vantée ou du moins souhaitée par les plus tout à fait nouvelles autorités.

Ce rapport est choquant. De par son côté « ritournelle », avec les mêmes causes qui produisent les mêmes effets, et surtout la permanence dans les contenus qui se suivent et se ressemblent, avec en filigrane, sur le tableau, les mêmes personnalités et « happy few » de notre République qui, d’année en année, nous démontrent qu’ils savent ce que festoyer veut dire.

Pour le chef du gouvernement, le pays s’installe de plus en plus dans la bonne gouvernance en matière de gestion de marchés publics, même si des dysfonctionnements subsistent. « Dysfonctionnements »… Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites… Le PM couvre ses ministres, à la limite de l’étourderie: « Sur le rapport de l’ARMP , il n’y a aucun problème, vous avez vu la conclusion de Saër Niang, le DG de l’ARMP, il a dit que notre pays s’oriente de plus en plus vers la bonne gouvernance en matière de gestion de marchés publics . L’exception confirme la règle, de temps en temps on peut avoir un dysfonctionnement par ci par là, mais de manière globale, le Sénégal est sur le bon train en matière de transparence ». En clair, on fait des progrès… C’est comme Alioune Kassé, il fait chaque année des progrès, y’aura juste à attendre la fin de sa carrière pour aller le voir en concert.

Le plus étonnant, c’est la capacité de recyclage de ceux qui ont été pris la main dans le pot de confiture. Aucune sanction, eu égard à leurs errements passés, ne vient effacer leurs noms des rubriques consacrées aux mauvais gestionnaires. Ils en redemandent ? On leur donne encore des lignes budgétaires et des prérogatives ahurissantes les laissant côtoyer les coffres-forts de notre République.

Cheikh Amar qui n’a pas encore expliqué ce qu’il a fait des sous de l’ARTP, qui attend toujours livraison de son siège, a réussi à se glisser dans les bonnes grâces du nouveau pouvoir après ce qu’il aura juste vécu comme un simple froncement de sourcils. Pape Aly Guèye de Myna Distribution est passé de la devanture de Rebeuss à celle du Palais de la République, trustant marchés sur marchés, et Ndiègne Fall, lui, a su émerveiller les nouvelles autorités avec un feu d’artifices le 31 décembre 2012, les étourdissant au point d’en oublier la reddition des comptes du Fesman.

Ce rapport est navrant. Il consacre une impunité de fait, qui a des allures de complicité, et il dessine à l’envi un tableau cocasse d’association de malfaiteurs. D’ailleurs, ils sont couverts par un alibi délivré publiquement par le chef de l’Etat en personne, lorsqu’il a galvanisé ses troupes, ministres et directeurs généraux, en les mettant face aux réalités: « Vous ne gagnez pas dans vos circonscriptions, vous dégagez !!! ». Ces encouragements présidentiels n’autorisent-ils pas quelques arrangements pudiques et délicats avec l’orthodoxie ?

Il ne s’agit plus de blanchir des hommes aux mains sales. On les rend transparents. C’est le Plan Sénégal détergent.

Et vogue notre galère….

Jean Pierre Corréa

Pétrole: Le Cosmos Sidéral d’un Flou Total

YERIMPOST.COM L’opacité avec laquelle est géré le dossier du contrat devant exploiter nos ressources en gaz et en pétrole est étonnante, voire sidérante. Tout a commencé par un esclandre entre la présidence de la République et le ministre de l’Energie d’alors, Thierno Alassane Sall, dont la démission avait été iconoclaste et nous avait fortement intrigués. Flashback…

Alors que les découvertes au large du Sénégal d’hydrocarbures ont fait tirer aux Sénégalais toutes sortes de plans sur la comète, que la première goutte n’est pas encore sortie même en 3D, et que déjà les polémiques enflent sur qui va en faire quoi et avec qui, que, comme des gens déjà riches, les pontes de notre République se déchirent déjà notre héritage géologique qui gît sous nos pieds. Les puissants, alléchés par cette odeur fétide si agréable à leurs narines exercées, défilent sous nos contrées et font assaut de promesses. Et nous voilà si beaux…

La photo du contrat du siècle est sur le point d’être tirée, scellant notre entrée en fanfare au cœur de l’OPEP, lorsque le ministre de l’Energie donc, qui avait une année durant piloté ce dossier, devant les partenaires venus avec leur dot abondante, face aux divers parapheurs contenant les termes d’un contrat qu’il ne pouvait manquer de connaître, décide de repousser ces parapheurs et de refuser d’en signer les contenus. Macky Sall et son PM ne laissent pas voir leur stupéfaction, virent l’impétrant insolent manu militari du Palais, et du gouvernement par la même occasion, nomment dare-dare le déjà chargé PM ministre de l’Energie, car il faut signer ces contrats quoiqu’il arrive, les hôtes ont bien d’autres chats à fouetter et d’autres derricks à aller percer.

Comme d’habitude, sous nos contrées, une fois retombée l’écume de ce fait inédit, et qu’on ait bien glosé sur les raisons du refus de Thierno Alassane Sall de signer des contrats qu’il avait pourtant eu sous les yeux des semaines durant, les Sénégalais sont passés à autre chose. Pourtant, cette scène est porteuse de bien des interrogations. Quelles sont les clauses qui lui ont semblé inadmissibles à cautionner et à côté desquelles sa signature avait indignité à figurer ? Secret d’Etat dans lequel depuis ce garçon est demeuré enfermé. Par peur ? Par sens de l’Etat ? Par stratégie ? Toutes ces questions concourent à plus encore brouiller les cartes d’un dossier déjà opaque. L’Histoire le dira… un jour… qui sait ?

Pour l’instant, les puits regorgent de petites histoires de polémiques stériles et qui ne renseignent sur rien de qui attend les populations sénégalaises engagées par leurs dirigeants sur des choses et des montants qu’ils sont incapables de leur préciser. Notre sous-sol sera au final prospecté par Total genre Champions League du genre au détriment du Navétanes Cosmos. Pourquoi et sur quelles bases ?

A chaque fois qu’un homme politique, une organisation de la société civile ou un simple citoyen s’est aventuré à poser ces questions, pour considérer que nos gouvernants avaient su protéger ou non nos intérêts nationaux, ils se sont pris une volée de bois vert des fédayins du pouvoir qui n’ont pour la plupart d’entre eux des connaissances en la matière qui n’excèdent pas la couleur de leurs bons d’essence. Pourquoi n’avons-nous pas la dignité d’être informés de la teneur des engagements qui vont nous contraindre sur plusieurs générations ?

Dans toutes les grandes démocraties, et dans bien des pays producteurs, il va de l’intérêt même des gouvernants de divulguer les contrats, parce que, selon un bon sens reconnu, les contrats passés entre les entreprises exploitant les ressources et les gouvernements sont les documents fondamentaux qui énoncent les principales clauses, modalités et conditions régissant les accords conclus dans le cadre de nombreux investissements pétroliers, gaziers et miniers. Les contrats peuvent notamment inclure des informations sur les clauses fiscales, le contenu local, l’impact environnemental, l’infrastructure et le calendrier de production d’un projet – des informations essentielles pour que les citoyens puissent comprendre les obligations auxquelles sont tenus les gouvernements et des investisseurs, en assurer le suivi et en exiger des comptes.

De plus, la divulgation contribue à garantir des approches participatives favorisant le partage des bénéfices. À un niveau plus élémentaire, la divulgation des contrats permet de remédier à la grande méfiance qui règne dans le secteur des ressources naturelles. De plus, elle entretient un climat de coopération entre les parties prenantes profondément investies dans le succès des activités extractives et qui les touchent particulièrement : les gouvernements, les entreprises et les communautés. La divulgation contribue donc à établir des attentes réalistes pour l’ensemble des parties prenantes, permettant en dernier ressort de minimiser la probabilité de conflit. Elle réduit également les possibilités de corruption et de fuite. C’est trop leur demander ?

L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) encourage la divulgation publique des «contrats et des licences qui énoncent les conditions liées à l’exploitation du pétrole, du gaz et des minerais». Si tout est transparent, pourquoi donc et Total et le Sénégal s’entêtent-ils à ne rien publier des accords qu’ils ont paraphés ? Qu’y a-t-il d’inavouable à ce point ?

On nous enfume avec des «Projets sociaux» aux montants ridicules, mais le plus sombre dans ces contrats a trait à ce qu’ils nomment étrangement le «bonus de signature» dont il est précisé qu’il est «non recouvrable». D’un montant de 2,500 milliards de francs CFA, il ressemble à un vrai dessous de table car le discours officiel est très rodé en la matière. Car si, de droit, le bonus de signature n’existe pas, c’est clair, c’est qu’il est pratiqué en toute illégalité. D’aucuns l’appellent d’un vocable plus simple : «corruption».

Il est souvent évoqué « la malédiction du pétrole ». Jamais aux Etats-Unis. Ou ailleurs où se pratique un contrôle. Toujours la malédiction tombe dans nos pays où une partie des gouvernants s’arroge le droit de tout contrôler et de ne tenir que les proches au courant des enjeux qui plombent leur nation. On en connaît les conséquences. A bon entendeur… Salut…

Jean Pierre Corréa

 

 

Mondial Russe: Payons-nous nous-mêmes les images en parlant moins

YERIMPOST.COM Pourquoi toujours attendre tout de «l’Etat-providence» ? Le Sénégal commence à manquer de souffle et s’interroge sur la probabilité que nous soyons privés de retransmission des matches du Mondial 2018, en Russie, où, nul ne l’ignore plus, nos Lions seront de la fête. Tous les deux ans, JO et Mondial récurrents, nous avons le même souci. Comment squatter les plans des autres chaînes et avoir les matches gratos… Et, magnanime, à chaque fois, « le président nous les offre », comme si ce n’était pas un dû. Ben non, ce n’est pas gratuit.

Alors, puisque notre passion pour le ballon rond et notre amour pour nos Lions est incommensurable, pourquoi ne sacrifions-nous pas quelques thunes de nos dépenses quotidiennes en Seddo, Izi, ou autre Yebalma et ne renonçons-nous pas à quelques minutes de bavardages inutiles par jour au profit de l’immense satisfaction de pouvoir regarder les arabesques balles au pied de Sadio Mané ou voir la moue souvent boudeuse de Diao Baldé lorsqu’il se prend les pattes dans le gazon ?

Et si les 8 millions d’abonnés sacrifiaient entre mars et avril 5000 francs cfa de crédit, ils parleraient moins de fadaises et contribueraient à payer nos droits télé, non? Et puis, vous imaginez quel impact ce sacrifice sur nos bavardages intempestifs et souvent vains aurait sur le mental de nos Lions qui devraient être à la hauteur de ce renoncement, sachant apprécier ce que cela nous aura coûté ?

C’est juste une question de choix. On veut voir le Mondial ? Et bien, payons nous-mêmes les droits, au lieu de tout espérer d’un président qui n’attend que cela, à quelques mois d’une élection présidentielle. On va nous jouer l’impossible retransmission du Mondial pour cause  de cherté, et plouf !!! On va voir arriver Zorro et ses « deniers personnels » qui va nous offrir la Russie, mais sans son caviar.

Je digresse un peu. Dans combien de maisons mange-t-on chacun dans son coin des sandwiches le soir, alors qu’entre les jeunes garçons et filles de la maison sont entrés dans cette même maison, en termes de seddo, cartes ou forfait internet, plus de ce qu’il faudrait pour faire un repas royal et collectif ? Question de priorité… On veut le Mondial ? Payons-le-nous. Sans Zorro.

Jean Pierre Corréa

8 Mars : Fournée Nationale des Cheptels de Femmes

YERIMPOST.COM Le 8 mars célèbre la Journée Internationale des Femmes. Officialisée par les Nations-Unies en 1977, la Journée Internationale des Femmes trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement, les groupes et associations de militantes préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications afin d’améliorer la situation des femmes.

Or, depuis déjà une semaine, toute une série d’organisations de manifestations se déroulent et vont courir au-delà du 8 mars, du fait de la volonté de la ministre de la Femme de n’organiser qu’une seule et même célébration de cette journée. C’est sans compter sur les habiles organisatrices de « leurs journées des femmes à elles » qui, sous couvert de célébration des femmes, se prêtent à un commerce de leurs groupements, souvent affublés du vocable « économique », et qu’elles vont mettre à la disposition des acteurs politiques pour, c’est de saison, « travailler à la réélection de Macky Sall en 2019, au premier tour ».

Quel est le lien avec le sens de cette Journée Internationale des Femmes ? Quelles revendications portent-elles en cette occasion ? Evoquent-elles les nouveaux droits liés à leurs conditions, concernant les violences, les répudiations, les excisions toujours vivaces sous certaines de nos contrées ? Pas un seul instant… Les matrones qui dirigent ces groupements les « vendent » aux politiciens, quartier par quartier, ville par ville, région par région… Et, avec un sens opportuniste exacerbé, arrivent à se faire financer, transports, tissus et uniformes à coudre, sonorisation, pour célébrer ce 8 mars, dont pas une seule des participantes ne saura vous décliner le thème de cette année, vous parler d’une seule revendication liée à cette date, et surtout il y a à parier que beaucoup de ces agapes se termineront par des bagarres de borne-fontaine, les retombées financières attendues par ces femmes au bout de moult réunions, transports et autres engagements, n’auront pas été au rendez-vous… Sauf souvent pour les organisatrices…

Pourquoi nos femmes servent-elles encore de cheptel électoral aux hommes politiques, alors que les éduquer, les aider à développer leurs affaires et continuer à leur offrir un accès plus grand au crédit et à la terre seraient un vrai signal de prise de conscience que les femmes sont l’avenir de ce pays et qu’elles ne sont pas seulement capables de crier en appelant à la réélection de qui que ce soit aux sons de tam-tam et de décibels saturés ?

Le 8 mars, nos femmes méritent mieux… A commencer par le respect et l’estime des hommes. Sans elles, sans leur patience et leur abnégation, le Sénégal aurait déjà explosé socialement. Elles méritent mieux que de remplir des Ndiaga Ndiaye, toutes vêtues de la même manière avec dans leur regard souvent cette angoisse de ne pas savoir ce qu’elles vont trouver chez elles en rentrant de cette « fête » qui n’aura souvent profité qu’à la « manipulatrice en chef du marteau »…

Jean Pierre Corréa

 

 

 

Non-Lieu Pour Aïda Ndiongue: Vive la Révision des Comptes !!!

YERIMPOST.COM Si l’information selon laquelle Madame Aida Ndiongue a obtenu un non-lieu de la CREI est avérée, si l’on revisite la répartition des 200 milliards faite par Madame Aminata Touré le jeudi 21 décembre 2017, à travers laquelle il était apparu que 47 milliards étaient recouvrés dans l’affaire Aida Ndiongue, il serait donc logique, logique pour logique, que l’Etat doive aujourd’hui à Aida Ndiongue 47 milliards. Voilà comment le régime de Macky Sall est passé du démagogue et populiste concept de Reddition des Comptes à l’aveu terriblement honteux de Révision des Comptes.

Mais, pour bien mesurer l’ampleur de le surprise qui est la nôtre d’apprendre ce non-lieu total, qui signifie en clair « t’as rien fait », il convient de se souvenir de la fureur avec laquelle Aïda Ndiongue avait été traquée, et avec quels moyens à la limite de la légalité elle avait été jetée en pâture à la vindicte des Sénégalais, avides à ce moment du discours fondateur du « Mackysme » relatif à la reddition des comptes, accompagné du fameux « gokhi », terme imagé qui consistait à faire vomir leur butin aux présumés et très sélectionnés voleurs de la République.

La déontologie bancaire avait été abîmée par des policiers venus comme des cow-boys ouvrir les coffres d’Aida Ndiongue à la CBAO, ce qui n’a pas eu l’heur de rassurer leurs clients, et avait mis le DG de l’époque en situation éjectable. On avait évoqué des kilos d’or, et des dizaines de milliards en liquide, ce qui semblait incongru, sachant que la plupart des détenteurs de telles sommes seraient déjà propriétaires d’une île privée dans les Bahamas et d’un Jet du même ordre pour les y déposer.

Ce magot est-il le sien ? N’était-elle pas receleuse de tous les détourneurs de deniers publics tapis dans les arcanes des pouvoirs successifs et actuels ? Ce probable non-lieu mérite des éclaircissements et, à tout le moins, des explications de la justice qui ne peut pas avoir découvert un butin d’une telle ampleur pour ensuite dire qu’il ne s’est rien passé. Quant à Aïda Ndiongue, pourquoi ne pas la faire inviter par « Face2Face » ? J’imagine déjà le teasing de l’émission d’Aissatou Diop Fall, nous alléchant avec ces extraits: « A qui j’ai rendu son argent… », « Voilà ce qu’il me reste… », « Macky m’a dit : tu veux sortir ? Alors… »… Ne rêvons pas.

Jean Pierre Corréa

Mais qu’allait faire Youssou Ndour dans cette galère ?

YERIMPOST.COM Y’a un fort larsen dans les odes que Youssou Ndour pousse en direction du pouvoir de Macky Sall. Notre star nationale est en train de découvrir, à son corps défendant, les nuances subtiles entre le Capital et les Intérêts. Quand on est classé parmi les 100 personnalités les plus influentes de la planète, que Barack Obama fait poireauter le premier d’entre nous au pied d’Air Force One pour lui signifier son admiration, que Jacques Chirac fait l’impasse sur un dîner avec Wade pour déguster un thiof avec lui au Lagon, que Bill Gates répond sans barguigner à ses appels, il doit être clair pour Youssou Ndour que c’est le pouvoir qui a besoin de lui et non l’inverse…

Son incontestable leadership lui a alors permis de capitaliser les espoirs d’un peuple qui le pousseront à créer un bien nommé « Fekké ma ci bolé », affirmant son droit à la parole du fait de son implication sociale largement justifiée. Il était dans son rôle de vigie, comme mandaté par les populations. Cette influence que le monde lui conférait sur les grands enjeux qui façonnent la marche du 21ème siècle, il nous disait, avec ce slogan, qu’il la mettait dans le maelström des engagements citoyens et populaires qui allaient emporter les ambitions surréalistes d’Abdoulaye Wade.

Mais, au lieu de regagner son poste de surveillance d’où il aurait pu et dû pointer les entorses faites aux serments de rupture jurés urbi et orbi par Macky Sall, le « dividendisme » l’emporta et le pouvoir se para d’allures de gâteau, et notre « Rossignol de la Medina » se piqua de vouloir gazouiller « plus haut que son luth » et s’enivra du Graal que le ministère de la Culture qui lui fût offert représenta pour lui.

Et son regard sur la manière de gouverner des nouveaux résidents de la République perdit de l’acuité et se transforma en presbytie face aux actes parfois posés par ses tuteurs et alliés, et qui ne déparaient pas d’avec ceux des libéraux à peine congédiés par la majorité écrasante des Sénégalais assoiffés de rupture et avides de reddition des comptes.

Youssou Ndour se mit alors à brader son Capital au nom de petits intérêts, et à désarçonner son public en faisant de ses concerts des meetings politiques, faisant fi de la diversité des opinions des jeunes gens qui venaient l’écouter pour chanter et vanter les mérites évanescents du PSE. Un artiste tel que lui, tous radars en éveil, ne saurait sentir ce désenchantement de ses fans, et il passa d’invité aux grands débats de ce monde aux bagarres de borne-fontaine apéristes qu’il a résumées au bord du dépit par les mots «tassaro», «khoulo», «ngayo», «khassanté»… qui sont l’apanage de politiciens férocement engagés autour d’un bol à partager.

Il jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus… «Macky Sall doit écouter ce que nous lui disons», tonna-t-il, ouvrant la porte à une résurrection de son mouvement « Fekké ma ci Bolé » que les moqueurs complétaient d’un « Télé ma ci guénné ».

Youssou Ndour n’a pas lâché ces mots pour amuser la galerie. Mais qu’allait-il faire dans cette galère ?

Jean Pierre Corréa

La fin de l’indépendance, c’est pour quand ?

YERIMPOST.COM Des vieux nostalgiques de l’époque coloniale, face aux manquements de nos propres et nouveaux responsables politiques, avaient tendance à se plaindre et à se prendre la tête entre les mains en soupirant: «Mais indépendance-là, ça finit quand ?». Face à nos drames et en totale irresponsabilité, nous avons courageusement tendance à toujours et encore incriminer les esclavagistes qui nous ont tués et déportés, les colons qui nous ont exploités, et les néo-colonialistes qui ont maintenu ce système prédateur de nos économies exsangues. C’est véritablement facile et cela commence à suffire. Les responsables sont les nôtres, qui bradent et méprisent nos compétences locales, notamment en matière énergétique et solaire, et qui ont le mérite d’exister. Ou alors pourquoi a-t-on créé l’ASER ? Pour faire juste sonore ?

50.000 lampadaires seront livrés au Sénégal à hauteur d’1 million 141 mille 365 francs CFA par pièce ! C’est aussi la France qui gagne le marché d’installation de ces lampadaires à travers l’entreprise Eiffage. Pourquoi se gêner ? C’est le plus gros marché d’éclairage public solaire dans le monde. Non seulement l’énormité vertigineuse du prix injecté pour une seule pièce relève de la stupidité, mais également les intérêts à rembourser sont astronomiques.

Macky Sall a toutefois encore choisi d’enrichir la France, après lui avoir offert 568 milliards de francs CFA pour 57 km de train TER, pour sauver l’usine française d’Alsthom qui était en voie de fermeture. Macky Sall, c’est le meilleur VRP de la France, lui qui vient sauver une entreprise du Lot et Garonne en lui offrant un marché de 57 milliards alors que la SENELEC est à la recherche de 30 milliards sur les marchés financiers.

La SENELEC qui est en train de réaliser des performances énormes ne devait-elle pas être renforcée et accompagnée en l’aidant à se diversifier et à tendre vers l’énergie solaire ? Un gouvernement patriote n’aurait-il pas préféré donner ce marché à la Senelec et l’aider à acquérir la technologie du solaire pour le futur ?

L’aide française serait-elle conditionnée par ce chantage qui ne dit pas son nom et qui nous obligerait à la reverser à des entreprises ou groupes français ? Vous avez dit « Bizarre » ? Comme c’est bizarre…

On ne pourra pas faire croire à la future génération que nos renoncements à être plus performants et créatifs sont dus à des affreux esclavagistes et à des colons blancs et veules. Ils auront été le fait de légers responsables qui pourront en échange continuer à faire ripaille dans les allées du pouvoir et à se prémunir, qui sait, de toute curiosité judiciaire des autorités françaises quant aux magots qu’ils auront pu planquer sous les ors feutrés des banques occidentales.

Mais il est plus glorieux d’abattre la statue de Faidherbe… ça ne mange pas de pain au mil…

Jean Pierre Corréa

 

Le Sénégal, Tête de Turc d’Erdogan ?

YERMPOST.COM Alléché par l’odeur du pétrole et réconforté par la pluie des marchés juteux qui sont attribués aux entreprises de son pays, le président turc, Erdogan, a fait un tour dans notre pays, non seulement pour renforcer son emprise sur le marché des viennoiseries englouties par nos enfants, mais surtout pour prendre date et réaffirmer à nos gouvernants qu’il peut tout exiger d’eux, le preuve étant faite que nous obéissons à ses désirs, le petit doigt sur la couture de nos thiayas, plutôt de nos sarouels, pour rester dans la mode vestimentaire turque.

Il a eu la bonté de terminer le boulot de Saudi Bin Laden pour notre aéroport futuriste, ce qui lui confère un statut de sauveur que nous avons dû remercier en obtempérant sans moufter à son injonction paranoïaque de fermer, au détriment de milliers d’élèves, les établissements scolaires Yavuz Selim, au motif qu’ils servaient à financer un de ses adversaires politiques. Nous l’avons accueilli en nous bouchant le nez concernant sa vision des droits de l’homme plutôt étriquée, et lui avons signifié de ce fait que nous n’étions pas si regardants, tant qu’il concourt à remplir le carnet de financement de notre PSE. Cela lui donne-t-il le droit de s’immiscer dans notre mode de gouvernance et de toiser, en se moquant, notre président, quand il pointe le nombre de ministres de son gouvernement, ne voyant pas la fin de l’exercice de serrement de mains auquel il fut confronté ?

C’était ce mercredi, à l’Aéroport international Blaise Diagne, qu’il s’est passé une scène qui renseigne sur la perception que certains hommes d’Etat étrangers ont des pléthoriques gouvernements africains.  En clair, au moment où le président de la République présentait à son hôte ses ministres, nez à nez avec Pape Abdoulaye Seck, le chef de l’Etat turc, apparemment fatigué de saluer tout ce beau monde, demande à son homologue sénégalais: «Tu en as combien ?». «Ils sont trente-neuf», répond Macky, un chouia gêné.

«Mach’Allah ! Tu as beaucoup d’enfants. Moi j’en ai vingt», s’est amusé un Recep Tayyip Erdogan sur le mode railleur. Il est vrai que, au ratio, la population de la Turquie tourne autour de quatre-vingts millions d’habitants. D’ailleurs même nous on ne s’y retrouve pas, tellement la liste est longue.

D’ailleurs, comment connaître par cœur la liste des ministres et leurs fonctions? Il suffit de suivre les annonces de soirées folkloriques et musicales et autres «Foureuls» pour savoir quels sont nos ministres et quels ministères ils occupent. Toutes les semaines, leurs noms sont criés sur les ondes des radios pour annoncer qu’ils patronnent une soirée ou un grand bal. Nous qui croyions que le chef de l’Etat avait dit «stop» aux fêtes en tous genres et en tous temps pour que ce pays travaille enfin…

Mais c’est sans compter avec notre propension à attirer les mouches avec du miel. Il est véritablement inconvenant que tout notre gouvernement soit crié dans les radios pour annoncer une fête où nous sommes certains de voir jetés des millions en billets neufs et de façon souvent vulgaire, au nez et à la barbe d’abord des Impôts et de bien des Sénégalais qui tirent le diable par la queue, quand il trouvent le diable d’ailleurs.

Du président de la République, en passant par son épouse, tous les ministres sont convoqués à ces agapes inutiles où leur «concours» est demandé et souvent obtenu à travers de grasses enveloppes apportées par les attachés de cabinet ou leurs épouses et ce, en grande pompe et sans contrôle de quelque Dage de ministère que ce soit. Véritablement, voir les noms de nos présidents, ministres, DG mêlés à des soirées où se dandinent toutes sortes de personnages, et parfois les plus douteux, dont certains finissent souvent dans les pages infamantes des faits divers judiciaires, est proprement pas distingué et ne donne pas l’exemple d’une nation au travail.

Ce n’est pas aux institutions de sponsoriser des khawarés et ce n’est pas à notre président de la République et à son épouse de payer les dépenses de ces «anniversaires bidon» d’artistes qui ne vendent que des centaines de cassettes au Sénégal. Sinon, il nous est loisible de penser que notre gouvernement est le premier des entertainers et le plus bel exemple de ce qu’on peut appeler des ambianceurs de basse-cour…

Erdogan nous a juste rappelé qu’il est urgent de stopper ce folklore, Monsieur le président. Arrêtez ce bazar indécent et inconvenant et tapez du poing sur les pupitres des MC de pacotille qui tympanisent et brouillent nos attentes républicaines et réellement culturelles. Pour que le Sénégal se mette au boulot et ses ministres au travail et plus sur la scène du Grand Théâtre ou de Sorano. Ce n’est pas là qu’on les attend.

Monsieur le Président, que vous et votre épouse donniez l’exemple en refusant d’être mêlés à de telles annonces publicitaires… Vous vous étonnez que pour Erdogan, nous puissions être sa « Tête de Turc » ? La réponse est dans la question…

Jean Pierre Corréa

Education Nationale: Cherchez l’Erreur….

YERIMPOST.COM S’il suffisait de juste dépenser de l’argent pour trouver des solutions à nos insondables problèmes, on le saurait.

Mais, dès que les chiffres deviennent abstraits d’avoir été tellement rabâchés, l’évidence de leur évaporation nous frappe et titille notre comprenette. Mais là où vraiment faut aller chercher l’erreur, c’est quand il est annoncé avec fierté que de 2012 à 2016, il a été dépensé 132, 64 milliards de francs pour les infrastructures destinées à l’éducation nationale. Tout ça pour arriver à avoir un baccalauréat perclus de fraudes, un taux de réussite de 40 pour cent et une université, l’UCAD en l’occurrence, où le recteur dans une indifférence généralisée se désole d’un taux d’échec de 60 pour cent…

On a dû rater une marche… Des élèves nullissimes, instruits par des enseignants qui viennent en savates au bahut, lesquels ont eux-mêmes un niveau de français lamentable, on se  demande où sont passés tous ces milliards si fièrement brandis. Il est vrai qu’un ministère de l’Education nationale qui a pour slogan « oubi tey, diang tey », ne rassure pas vraiment sur l’objectif compris de sa mission.

L’enquête sur la fraude au baccalauréat de 2017 est en train de nous livrer des faits graves. Un chef de centre, au cœur du scandale, a été épinglé. Il aurait reçu des versements allant de 50 000 FCfa à 150 000 FCfa. Il a partiellement reconnu les faits. Lorsqu’un système d’enseignement produit des enseignants fraudeurs, peut-on imaginer que ceux auxquels cet enseignement est destiné, ne reproduisent pas dans leurs gênes la culture de la triche ? Et si vous rajoutez à ce scandale le grave épisode des faux instituteurs fraudeurs, il ne faut pas s’étonner que nos élèves et étudiants soient d’un tel niveau… de nullité.

Des milliards engloutis dans l’éducation nationale pour en arriver à un Baccalauréat totalement décrédibilisé, c’est plus que grave. D’autant que la mondialisation nous oblige à avoir des barèmes d’excellence d’équivalence universelle, afin que nos élèves et nos étudiants puissent rivaliser avec leurs congénères du monde entier et porter haut nos valeurs cognitives et l’image de notre université dont celui dont elle porte le nom, Cheikh Anta Diop, fut, autres temps, autres mœurs, un des plus brillants esprits du 20ème Siècle.

Avec tous ces milliards jetés à la face des citoyens comme autant de preuves de notre irrésistible émergence, on se demande vraiment comment les pauvres Sénégalais n’arrivent pas à comprendre qu’ils habitent un pays riche. Cherchez l’erreur…

Jean Pierre Corréa

Les Enfants du Sacrifice

YERIMPOST.COM Quelle est la part de fantasmes développés par les Sénégalais dans cette vague de crimes d’enfants et de disparitions qui touchent aussi de nombreux enfants de la rue, disparitions souvent passées par pertes et profits du fait que personne ne s’intéresse vraiment à leur funeste sort ? Déjà vivants, on les voit à peine, entre gravas, carcasses de voitures et en guenilles, on a du mal à considérer que ces enfants intéressent les Sénégalais du fait de leurs morts ou de leurs disparitions.

Toujours est-il que ces morts d’enfants à répétition interrogent. Ce ne sont évidemment pas des agressions. Ils ne possèdent rien que l’on veuille voler. Alors, on se met à penser à des crimes rituels et ces soupçons sont renforcés par notre nouvelle propension à ne refuser aucun acte qui nous permette d’accéder à des positions sociales avantageuses. Aucune demande d’un féticheur ou d’un chef de secte satanique n‘est rebutante pour qui tient à arriver à ses fins de pouvoir. Il est même permis d’imaginer que certains trafics d’organes vitaux peuvent être organisés dans nos pays, du fait que la vie d’un enfant y a si peu de valeur.

Ces pratiques sataniques se sont installées dans certains pays et nous avions cru en être à l’abri. Il est urgent de protéger nos enfants et de vite régler cette plaie béante qui avilit notre capitale en laissant voir des milliers d’enfants et de talibés livrés à eux-mêmes et être à la merci de criminels prêts à tout pour assouvir les ignobles desseins d’ambitieux forcenés. C’est parce qu’ils sont faibles que ces enfants sont des cibles et qu’ils sont susceptibles d’être sacrifiés sur l’autel de la barbarie et du pouvoir à tout prix.

Alors, il convient que nos autorités se mobilisent et rassurent les populations. D’abord en précisant si ces faits existent ou non. Les morgues tiennent lieu de vérification de ces rumeurs, parce qu’il ne faudrait pas tomber dans la psychose qui pousserait les populations à lyncher toute personne qui tiendrait ne serait-ce que son propre enfant récalcitrant à la main, et se voyant du coup indexer comme un voleur d’enfant.

Les albinos se sont organisés. Les nains ne se promènent plus qu’en bande. Protégeons donc nos enfants des rues qui peuvent alimenter cet odieux trafic qui déshonore notre société. Laquelle a changé d’auxiliaire depuis bien longtemps, préférant l’AVOIR à l’ETRE. Nous sommes dans l’antre de l’horreur.

Jean Pierre Corréa

Propos d’Aly Ngouille Ndiaye: Provocation ou Delirium Tremens ?

YERIMPOST.COM Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Intérieur, chargé des élections, a fait devant la télévision 2stv la déclaration scandaleuse que voici : “J’ai la ferme intention de travailler pour que le président Macky Sall gagne au 1er tour l’élection présidentielle du 24 février 2019. Pour cela, d’abord, je ferai inscrire tous ceux qui veulent voter pour Macky Sall. Je m’emploierai pour qu’ils récupèrent leurs cartes d’électeur et je les aiderai à aller voter pour Macky Sall. Et, quand je le dis, vous pouvez me croire. Car, même si je n’ai pas duré dans le champ politique, je ne m’engage jamais dans le vide. “

Au bord de l’extase, ou en pleine hypnose hallucinée, le premier responsable des élections a déclaré que son problème n’est pas de  faire en sorte que tous les Sénégalais puissent disposer de leurs cartes d’électeur mais qu’il s’occupe exclusivement des électeurs de l’APR qui doivent faire réélire son candidat, Macky Sall. C’est jeter, à la face médusée de tous les Sénégalais, la conception singulière et assumée que cet homme se fait du slogan qui a fait élire son patron et qui claironnait  que « dorénavant la Patrie venait avant le Parti »…

C’était donc en fait un simple « attrape-gogos », et ce mépris pour le peuple et surtout notre Histoire est affiché sans aucune vergogne par un homme dont la mort sur la Place de l’Obélisque d’un certain Mamadou Diop n’est qu’un vulgaire souvenir, ravalé au rang d’anecdote. Aly Ngouille Ndiaye s’est essuyé les pieds sur sa tombe. Ses propos sont à mettre sur le compte d’une hallucination collective des hommes qui nous gouvernent ou d’une provocation assumée et revendiquée par tout un parti politique qui insulte nos intelligences.

Et si ses propos ne sont pas condamnés par son chef de clan, alors nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer en regardant notre Sénégal qui se pare tranquillement des atours puants de la plus bananière des Républiques. Prenons garde… Ces hommes sont prêts à tout… Même au pire… Mamadou Diop… Réveille-toi !!! Ils sont devenus fous !!!!

Jean Pierre Corréa

Où en sont les plaintes indignées de nos dirigeants ?

YERIMPOST.COM Depuis dix années, l’équivalent de deux Joola a été englouti sous les océans voraces, le Ventre de l’Atlantique est repu, selon Fatou Diome, et cela dans l’indifférence générale, surtout dans une totale impuissance de nos dirigeants politiques à enrayer les mécanismes de ce drame honteux.

Il aura fallu un post de Claudy Siar sur la toile pour que l’Afrique et ses présidents honteux s’émeuvent enfin et que, subitement, nos hommes politiques se dressent comme un seul homme, bombant le torse pour faire semblant de s’indigner des horreurs que subissent des jeunes garçons et des jeunes filles qui ont fui leurs politiques mortifères, harassés de ne compter pour rien, et de n’être d’aucune façon dans leurs plans.

Les fortunes accumulées par ces chefs d’Etat qui ont alors caché leur honte sous des tombereaux de communiqués et de demandes d’enquêtes hypocrites, sont souvent équivalentes à la dette des pays africains. Ils font semblant de ne pas voir. Ils sont complices. Ils les ont sacrifiés. Et le souvenir d’une Assemblée Nationale sénégalaise, dressée à l’unisson pour faire une standing ovation à François Hollande, juste parce qu’il avait déclaré que son pays allait dorénavant accorder plus de visas d’entrée aux jeunes Sénégalais, démontrait à l’envi leur impuissance à faire rêver leur jeunesse désespérée. Ce jour-là, ce sont nos représentants qui implicitement ont dit à Hollande « merci de nous en débarrasser, on ne sait pas quoi en faire, nous avons à gérer nos carrières et à assurer l’avenir de proches, les autres étant trop loin de nos divers discours vides de sens ».

C’est grave de penser à ce retournement historique gravissime qui fait penser que si les bateaux qui avaient emporté les millions d’esclaves vers les Amériques revenaient à Gorée, ils couleraient vers le fond, emplis de passagers qui se battraient aux guichets leur proposant l’espoir, prêts à acheter leurs chaînes au prix fort.

Quand un homme plonge dans un brasier en poussant un « OUF !!! » de soulagement, cela signifie que ce qu’il fuit est plus grave que le feu. Nous attendons toujours que les plaintes promises tombent et les enquêtes avec pour que cesse enfin cette tragédie. Trouver des solutions est plus urgent que de se garantir une réélection pour un second voire un troisième mandat. Ce qui est le propre d’un véritable homme d’Etat et non la caractéristique d’un simple homme politique.

Jean-Pierre Corréa



Commentaire du Jour (Par Jean-Pierre Corréa)

Commentaire du Jour.

Dépouilles Business…

Quand des personnes vous rapportent plus de leur mort que de leur vivant, il convient d’évoquer la veulerie qui parcourt notre corps social, que pourtant on badigeonne allègrement et hypocritement de supposées valeurs ancestrales, lesquelles nous garantiraient, toute insouciance bue, d’être « les mecs plus ultras » de la Planète.

Il est fréquent de noter en parcourant les pages nécrologiques de nos journaux, que lorsque qu’un quidam perd un parent plus ou moins lointain, il s’évertue souvent à d’abord citer « Son Excellence Macky Sall et son épouse » en haut de l’avis de décès, avant de daigner aligner loin derrière, ses propres géniteurs, oncles, tantes et cousins, dans l’espoir fiévreux de se voir gratifier d’un confortable « Diaxal » présidentiel, seul apte à consoler son chagrin. Navrant de rance vulgarité. Mais aujourd’hui la mode est aux cérémonies de condoléances politisées, qui donnent à voir, sous couvert de respect de nos « valeurs », le spectacle affligeant des « hommes politiques » s’adonnant à une honteuse transhumance et assumant sans vergogne les reniements les plus visqueux. Mais bon, tant que c’est au nom de nos valeurs… on peut détourner le regard et se boucher le nez.

Le spectacle offert aux sénégalais par Bamba Fall, qui « fêtait en grandes pompes » le décès de son oncle, 6 semaines après sa disparition avait quelque chose d’indécent et de saugrenu. D’abord dans le timing de la cérémonie, qui tombait pile le jour du réquisitoire du procureur à l’encontre de son « camarade » Khalifa Sall, mais surtout dans le faste déroulé, avec tentes et fauteuils clinquants évoquant plus un grand mariage qu’un deuil peuplé de parents éplorés. Que Bamba Fall soit à cette occasion débauché, est secondaire et anecdotique. Après tout, que les écervelés qui se sont mangés des lames de coupecoupes lors de la dernière campagne des législatives ne s’en prennent qu’à eux-mêmes, eux qui œillères au vent et civisme en berne, auraient selon ses nouveaux amis obéi à ses ordres d’aller vandaliser la demeure de la maman de Cheikh Ba, DG des Impôts et Domaines à la Médina. Et si ce dernier pour aussi célébrer le retrait de la plainte que l’APR avait alors déposée contre le converti républicain, réclamait comme dot l’indemnisation des dégâts causés dans la maison familiale ? Juste pour de rire…

Quel manque de respect et d’égards pour les défunts, que de profiter de « nos coutumes » pour offrir à l’endeuillé la carotte du retour à la table du banquet ou la sucette du profit des ors partagés du pouvoir. Devant les portes closes et les bannissements revanchards, ils seraient capables de trucider leurs parents pour s’offrir, réjouis, le privilège de recevoir une délégation présidentielle, porteuse d’enveloppes kraft rebondies et de promesses de stations juteuses.

Mais là où les dents du fond commencent à baigner dans le vomi, c’est quand Bamba Fall évoque, comme dans une hallucination, ce grand honneur qui lui est fait, selon ses propres dires, le plus grand de son chaotique chemin politique, que d’avoir reçu les condoléances du chef de l’état. Foulant aux pieds justement nos valeurs qui indiquent que ce n’aurait été là, de la part du Président, que son devoir. Les condoléances de ses voisins et amis d’enfance le rempliraient-elles d’un honneur moins grand et moins important ? La fatigue des femmes ayant cuisiné au soleil des marmites de nourritures, provoquerait-elle moins d’émois à Bamba Fall que la composition hautement relevée de la délégation présidentielle venue cyniquement exposer devant un peuple dégoûté son absence de colonne vertébrale et son allégeance à une caste politicienne avec laquelle il partage avec fierté le métier avilissant de sangsues assoiffées, vivant du sang et de la sueur de leurs compatriotes pétrifiés de misère et de désespoirs. Mais bon, tant que c’est conforme à nos valeurs ancestrales, et que Youssou Ndour et Waly Seck continuent à nous divertir, après tout, que demande le peuple ? Tant que nos morts nous rapportent de la thune….

Jean Pierre Corréa

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