Blog de Cheikh Yerim Seck

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elhadji abdou wade dit mara

Présidentielle de 2019: Les dés ne sont-ils pas déjà pipés ?

Le compte à rebours a commencé et les états majors politiques ne dorment plus du sommeil des justes, tellement leurs esprits sont tournés vers la date du 24 février 2019 au soir de laquelle seront connus les résultats de l’élection présidentielle.

La deuxième alternance sera-t-elle alternée ou le Président sortant va-t-il être réélu?

Mystère et boule de gomme ?



Pour le moment rien ne permet de prédire le vainqueur de ces joutes qui seront à coups sûrs très âpres, malgré l’assurance que semblent donner les partisans du Président Macky Sall d’une réélection dès le premier tour.

Ils sont en effet persuadés que la réélection du Président, soit elle passe au premier tour, ce qui loin d’être évident avec la configuration politique actuelle du Sénégal, soit elle casse au deuxième tour, avec la ferme volonté des candidats de faire front contre le président sortant, expériences vécues en 2000 et en 2012.

Ces deux alternances avaient été réalisées dans un contexte empreint de paix sociale et de respect des jeux démocratiques.

C’est loin d’être le cas aujourd’hui où le fil du dialogue entre la majorité et l’opposition la plus représentative est coupé depuis l’adoption de la loi instituant le parrainage qui a fini de polluer l’atmosphère politique lourde de tous les dangers.

Le minimum de consensus sur le processus électoral n’est pas assuré.

Il urge donc de reprendre le fil du dialogue.

La personne du Ministre de l’Intérieur importe peu.

Seulement il doit donner des gages de sécurisation de tout le processus électoral.

D’abord veiller à ce que tous les citoyens inscrits sur les listes électorales reçoivent leurs cartes au plus tard ce 31 août comme il en avait fait la promesse.

Les ratées connues dans la confection et la distribution des cartes devaient précipiter le départ du Directeur de la DAF, Monsieur Ibrahima Diallo, admis

à faire valoir ses droits à une pension de retraite depuis 2015, mais maintenu encore à son poste pour des raisons que la raison ignore.

Il devrait aussi édifier les Sénégalais sur le discriminant jusque-là resté secret pour les principaux acteurs. Un élément aussi important du dispositif électoral ne saurait être entretenu dans ce flou.

En outre le formulaire officiel de collecte des parrains, dont le retard ne s’explique nullement au vu de la diligence qui avait prévalu lors du vote de la loi, doit être mis à la disposition des candidats à la candidature pour leur donner suffisamment le temps de recueillir des parrains avec le maximum de chances de voir leur candidature validée.

Devant une telle situation l’opposition doit faire preuve de suffisamment d’ingéniosité pour ne pas tomber dans le piège qui lui semble être tendu.

Pour ce faire, elle doit batailler ferme pour la fiabilité de ce qui reste du processus électoral, avec comme premier objectif la confection et la distribution de toutes les cartes d’électeurs sans discrimination aucune.

Elle doit également, en concertation avec tous les candidats, trouver une stratégie en réduisant au maximum les candidatures qui pourraient être fédérées autour de cinq pôles forts regroupés autour de projets de sociétés bâtis sur la base d’un désir commun d’aller ensemble.

Une floraison de candidatures ne serait pas pour faciliter les choses : les mêmes personnes parrainant tout le monde et le parrainage multiple étant interdit par la loi.

Le facteur temps va s’ajouter à la complexité de la tâche déjà si ardue.

Ne serait-on pas tenté, comme ce fut le cas aux dernières législatives, de multiplier les candidatures pour corser davantage la quête aux parrains ?

Vouloir élever la barre très haut pour rassembler le maximum de parrains ne participe-t-il pas de ce même stratagème ?

Mais ceux qui le feraient seraient exposés au risque de voir leur candidature invalidée parce que la loi a fixé aussi bien un plancher(nombre maximun) et un seuil



(nombre minimum ) qui lient tout le monde.

En tout état de cause, l’histoire du Sénégal ne s’arrêtera pas au 24 février 2019.

Par voie de conséquence, les politiques de quelque bord qu’ils soient, doivent savoir raison gardée et œuvrer tous ensemble pour l’organisation d’une élection libre et transparente permettant au seul peuple souverain de

choisir l’homme qui va présider aux destinées du pays les cinq années à venir.

Fait à Thiès le 15 août 2018

El Hadji Abdou Wade dit Mara.

La DER/FJ: Quelle stratégie de financement ?

Lors du conseil des ministres du 13 septembre 2017, le Président de la République, Macky Sall, avait annoncé la création, au sein de la présidence, de la Délégation générale pour l’Entreprenariat rapide, DER/FJ.
Cette structure devant bénéficier d’une enveloppe de 30 milliards pour la première année a pour mission essentielle de financer, avec des modalités assouplies et des délais rapides, les projets de jeunes gens et jeunes filles de différents corps de métiers.



Ce 06 août 2018, le Président de la République a procédé à la remise symbolique aux femmes et aux jeunes, venant de tous les départements du pays, des premiers financements de la DER/FJ pour un montant global de 10 milliards, les 20 milliards restants seront, comme promis par le Chef de l’Etat, donnés d’ici la fin de l’année 2018.
Dans le principe, le projet en soi est noble parce qu’il doit œuvrer, dans le cadre d’une politique d’auto-emploi et d’insertion des jeunes et des femmes à travers l’entreprenariat, à réduire considérablement le chômage des jeunes et des femmes en s’appuyant sur une inclusion financière et sociale devant déboucher sur une autonomisation de ces derniers.
Aussi cette cible est-elle un atout précieux pour accélérer, selon le Président Macky Sall, la marche vers l’émergence.
 » En réalité, donner du pouvoir aux jeunes et aux femmes, c’est libérer leurs énergies et leurs talents, c’est préserver la dignité de chaque famille, c’est investir dans l’entreprenariat, c’est investir dans l’avenir. C’est ce qui a fondé ma décision de création de la Délégation générale à l’Entreprenariat rapide. » a-t-il rappelé.
Par ailleurs, il a voulu rassurer ceux qui pensaient que la DER/FJ est un budget de campagne pour 2019 en affirmant que ce n’est pas un outil au service d’un parti politique.
Toutefois les principes généraux de l’entreprenariat de même que l’allure éminemment politique donnée à cette manifestation nous laissent dubitatif.
Si on se réfère au caractère urgent d’un tel projet, on pourrait légitimement se poser un certain nombre de questions :
– La stratégie de financement a-t-elle été suffisamment mûrie pour prendre les meilleures cibles ?
– Ces cibles ont-elles bénéficié d’une formation ou d’un renforcement de leurs capacités techniques ou de gestion pour minimiser les risques d’échec ?
– Quelles dispositions sont prises pour assurer la pérennisation de ce projet ?
Sur le choix des cibles, il me semble qu’il y a choix plus pertinent si on fait référence à la cartographie de la demande de financement de projets au Sénégal.
Les spécificités de la DER/FP, projet devant faire face à l’urgence, devraient l’amener, dans le cadre d’une stratégie du faire-faire, à s’attacher les services de structures déjà existantes et ayant une bonne expérience dans la formation et le financement des jeunes et des femmes. Ces structures ont dans leur répertoire des associations de femmes ou de jeunes formés et aptes à recevoir des financements.
Ceci aurait pu faire éviter les longues queues devant les préfectures dont le fonctionnement a été perturbé par le dépôt de dossiers de jeunes aspirant à ces financements et toute cette phase de dépôts et de sélection de dossiers.
Ainsi la meilleure porte d’entrée dans un Sénégal où 54,6% de la population sont encore analphabètes est-elle, à notre humble avis, l’alphabétisation fonctionnelle.
En effet, il est impératif de doter les cibles de compétences de base lecture, écriture et calcul), renforcer leurs capacités techniques et de gestion pour qu’ils puissent bien gérer les ressources qui seront mises à leur disposition.
La première phase n’a pris cette dimension en compte.
Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire et la DER/FJ devrait à l’avenir, après avoir analysé les écueils liés à la mise en oeuvre de cette première phase, s’attacher l’expertise du sous-secteur de l’Éducation de Base des Jeunes et des Adultes qui dispose de les atouts qu’il faut pour l’aider à réussir ce challenge.
La solution au problème du chômage des jeunes est une question d’intérêt national et doit transcender toute considération politicienne.
L’élection du Président Macky Sall au premier tour de la présidentielle de 2019, souvent scandée par ses militants, durant cette cérémonie, ne doit nullement être une conditionnalité dans la mise en oeuvre d’un tel projet.
C’est peut-être la réussite du projet qui conditionne l’élection du Président Macky Sall à la présidentielle de 2019.



A bon entendeur…. !
Fait à Dakar le 08 août 2018

El Hadji Abdou WADE dit Mara

Réussite au Concours général: Nostalgie, quand tu nous tiens !

Ils y’a de celà plusieurs décennies, certains de mes camarades et moi-même étions lauréats au Concours général pour le lycée Cheikh Omar Foutiyou Tall ( ex Faidherbe) de St Louis qui, cette année-là s’était distingué comme le meilleur établissement hors de Dakar. Nous fûmes donc célébrés avec faste aussi bien à Dakar, à l’occasion de la cérémonie de remise des prix qu’abritait le Théâtre national Daniel Sorano suivi d’un riche cocktail à la maison de la culture Douta Seck, qu’à notre retour à St Louis.
Trente-deux années plus tard, ce 02 août 2018, 114 lauréats contre 147 en 2017 vont également recevoir les honneurs de la République pour s’être brillamment distingués au courant de cette année scolaire 2017/2018.
Le prétexte de cette cérémonie nous donne l’occasion de nous interroger sur :



– d’abord la suppression du classement par établissement au Concours général par un arrêté du Ministère de l’Éducation nationale en date du 02 février 2018 qui précise : « les établissements ne seraient plus mis en compétition dans le cadre du Concours général qui concerne essentiellement les élèves ».
– ensuite la politique éducative élitiste du MEN qui semble rompre le droit à l’égalité des chances de nos élèves.
La suppression du classement par établissement qui a soulevé l’ire des professeurs du lycée Limamoulaye de Guédiéwaye relève, à notre avis, de la volonté du MEN de corriger des impertinences que nous avons notées ces dernières années.
Certes le lycée Limamoulaye a beaucoup de mérite par les excellents résultats qu’il fait, chaque année, au Concours général.
Mais force est de reconnaître qu’il a été toujours privilégié au classement par établissement.
En effet, les établissements d’enseignement général n’avaient pas la possibilité de concourir dans certaines disciplines comme les Sciences économiques, l’Électrotechnique et l’ Électronique, la Construction mécanique et la Technique comptable, disciplines dont les prix étaient pratiquement raflés par le lycée Limamoulaye qui avait aussi l’avantage de présenter des candidats dans toutes les autres disciplines.
La donne nombre de prix obtenus par rapport au nombre de disciplines pour lesquelles l’établissement a composé n’a jamais été prise en compte, ce qui faussait le classement par établissement.
C’est comme si dans une même classe on faisait faire à certains élèves des disciplines supplémentaires et les classait en tenant compte, non du nombre de points obtenus par chaque élève divisés par le coefficient, mais du nombre de points seulement.
Donc ce n’est pas parce que Limamoulaye a obtenu le plus grand nombre de prix, 20 cette année, qu’il est le premier établissement au Concours.
Le lycée scientifique d’excellence de Diourbel qui n’a présenté que des candidats en classe de première serait lésé par un classement sur la base du nombre de prix remportés.
C’est tout heureux que le MEN a corrigé cette incohérence en attendant de trouver des critères plus objectifs pour le classement par établissement qui n’est pas mauvais en soi parce que pouvant susciter plus d’émulation de la part des établissements.
Toutefois les établissements ne partent pas à chances égales.
En effet, c’est toujours sans surprise que l’on voit des écoles d’élite comme le Prytanée militaire de St Louis, la Maison d’éducation Mariama Ba de Gorée et cette année le lycée scientifique d’excellence de Diourbel être devant le peleton de tête des établissements ayant fait les meilleurs résultats au Concours.
Les tests très sélectifs pour y accéder, les conditions d’apprentissage ( élèves bénéficiant du régime de l’internat, donc logés, blanchis et nourris, et parfois d’une allocation d’études ), la qualité des enseignements apprentissages dispensés par des enseignants chevronnés dans les meilleures conditions font qu’ils doivent exceller à tous points de vue.



Oui pour l’excellence dans nos
établissements !
Mais gardons-nous de creuser davantage le fossé entre nos établissements d’élite et ceux de droit commun.
Faisons en sorte que la qualité soit améliorée dans nos différents établissements par une réduction sensible des disparités criantes avec des écoles d’élite disposant de tout et des écoles du peuple manquant de tout.
Ceci ne signifie nullement un nivellement par le bas mais par le haut par une amélioration sensible de la qualité dans nos différentes écoles. Ceci demandera certes des moyens financiers colossaux, me diriez-vous.
Mais une bonne éducation de nos enfants n’a pas de prix.
Elle a un coût.
Si vous croyez que l’éducation coûte cher, alors essayez l’ignorance !

Fait à Dakar le 02 août 2018

El Hadji Abdou Wade dit Mara.

Le financement des l’Arène nationale: Des milliards de confusions !

Dans toutes les cultures et toutes les civilisations, le respect de la parole donnée a quelque chose de sacré.

Le pire reproche que l’on peut donc faire à un homme ou une femme, c’est dire qu’il ou elle n’a pas de parole ou sa parole ne vaut rien.

« L’amour est plus précieux que la vie; l’honneur plus que l’argent: Mais plus précieuse que tous deux, la parole donnée. », disait le célèbre poète anglais Edmund Spenser.

Hélas dans nos sociétés d’aujourd’hui la parole donnée a tendance à perdre cette sacralité surtout dans le domaine de la vie politique où on a fini de faire un aphorisme l’assertion selon laquelle : « les promesses n’engagent que ceux qui y croient », propos prêtés à Jacques Chirac mais renvoyant plus précisément au barbier qui avait mis au -devant de son échoppe une pancarte sur laquelle on pouvait lire l’inscription : « Demain, on rase gratis. »

Mais notre barbier, pas totalement idiot et près de ses sous, l’y laissait tous les jours.
Par conséquent, le benêt qui, le lendemain du jour où il avait vu la pancarte, venait se faire raser ou couper les cheveux et qui s’étonnait de devoir quand même payer, s’entendait répondre : « oui, mais il y a écrit que c’est demain que c’est gratuit ».




Nos hommes politiques savent bien user de l’astuce de notre cher barbier.

Ainsi, depuis 2011, assiste-t-on à une série de « wax waxeet » présidentiels qui ont fini d’ôter tout crédit à la parole donnée par nos hommes politiques.

Le Président Abdoulaye Wade avait inauguré la série par son « maa waxoon waxeet »  parade qu’il avait trouvée pour revenir sur sa promesse donnée de ne pas présenter sa candidature en 2012.

Le Président Macky Sall usa d’une astuce semblable pour reconsidérer sa volonté de réduire son mandat de 7 à 5 ans s’abritant sous une parapluie d’un avis ou décision du Conseil constitutionnel lui signifiant l’impossibilité d’acter un tel vœu.

Récemment il avait fait miroiter aux usagers de l’autoroute à péage une diminution des tarifs à la fin du mois de juin, juillet va bientôt finir et nous attendons encore la baisse.

Face à la lancinante pénurie de l’eau dans Dakar, le Premier des ministres et le Ministre de l’Hydraulique n’étaient-ils pas montés au créneau pour annoncer un approvisionnement correct des populations en eau au plus tard le 20 juillet ?

Jusqu’à présent aucune solution n’est encore trouvée et les populations peinent toujours à trouver le liquide précieux.

Mais ce qui donne le plus le tournis  aux Sénégalais aujourd’hui c’est la controverse, sur fond de déclarations, entrenue  sur le financement de l’arène nationale avec plusieurs versions servies.

1 – Le 28 février 2014, revenant d’un voyage du Nigéria, le Président de la république  déclarait en grandes pompes :

« Pour l’arène nationale le financement est bouclé. La Chine vient de nous octroyer un don de 8 milliards et un prêt sans intérêt de 16 milliards. Ce sera une arène moderne avec toutes les commodités. »

2 – Le 02 avril 2016, le Ministre des Sports, Matar Ba, embouche une autre trompette et déclare à l’occasion de son point de presse préparatoire à la pose de la première pierre de l’arène nationale prévue le 07 avril : «  L’arène nationale est un joyau financé à hauteur de 32 milliards par l’Etat du Sénégal en collaboration avec la République populaire de Chine. Les travaux vont démarrer juste après la pose de la première pierre et vont nécessiter 500 emplois pendant une durée de 28 mois. »

Il avait même ajouté plus tard dans une télévision de la place que : «  Le montant du financement de l’arène nationale s’élève à 32 milliards. L’Etat du Sénégal a décaissé 5 milliards et le reste de la somme sera complété par le gouvernement chinois. »

3 – Le 22 juillet 2018, coup de théâtre lors de la remise des clés de l’arène nationale par  le Président chinois Xi Jinping au Président Macky Sall. L’écriteau en gros caractères à l’entrée « Aide de la Chine » vient obscurcir davantage les nuages du financement de l’arène nationale.

4 – Le 23 juillet 2018, le ministre conseiller, chargé de la communication du Président de la république, El H. Hamidou Kassé, jette encore des eaux troubles dans la marre du financement en déclarant : «  Il n’a jamais été dit que le gouvernement du Sénégal a entièrement financé l’arène nationale. C’est le gouvernement chinois qui a décaissé 24 milliards pour la construction de l’arène nationale. »

Entre les déclarations du Président Macky Sall, de son Ministre des Sports et de son conseiller en communication, il y a de quoi avoir le vertige !




La confusion est alors plus nourrie et on est en de se poser la question de savoir où se trouve la vérité sur le financement.

Financement du Sénégal?  A hauteur de combien?

Aide ou don de la Chine ? Pour quel montant ?

Nous attendons d’être édifié sur cette question qui mérite bien des éclairages de la part de nos autorités qui doivent faire prévaloir d’abord et avant tout le devoir de vérité.

 

Fait à Dakar le 25 juillet 2018

 

El Hadji Abdou Wade dit Mara.

 

Le miracle judiciaire n’aura pas lieu !

Le premier président de la Cour d’appel de Dakar, le juge Demba Kandji, polarisait toutes les attentions avec la reprise, ce 18 juillet, du procès en appel de Khalifa Abacar Sall et compagnie sur l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar.
Ainsi, fut-il très attendu sur les décisions qu’il allait prendre sur la demande formulée par les avocats de la défense pour une liberté d’office de Khalifa Sall et de ses coprévenus et la nullité de la procédure pour « détention arbitraire », conformément à l’arrêt rendu par la Cour de justice de la CEDEAO.
Comme un coup de tonnerre dans un ciel judiciaire en quête de sérénité , la Cour d’appel, par la voix de son premier président, a rejeté toutes les exceptions de nullité formulées par les avocats de la défense.
En effet, pour lui, « la Cedeao n’est pas une Cour suprême fédérale au-dessus des juridictions nationales et ses décisions n’ont pas d’impacts sur les décisions des tribunaux des Etats membres ». Par conséquent, la Cour d’appel a « déchiré l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO.
Une telle décision, ajoutée au revirement spectaculaire du procureur général qui, lors de son réquisitoire du 12 juillet, semblait inciter la Cour à se conformer à l’arrêt de la CEDEAO, appelle, de notre part, un certain nombre d’interrogations.



Ce qui s’est passé entre le 12 et le 18 juillet n’est-il pas une simple théâtralisation orchestrée entre la Cour et le procureur général ?
A quelle fin le procureur avait-il suspendu le procès?
Pourquoi le procureur général s’est renié après son premier réquisitoire ?
Le postulat de départ du juge Demba Kandj semble être clair depuis le début du procès, lui qui ne voulait pas entendre parler d’arrêt de la CEDEAO en ces termes : « Dans mon dossier, il n’y a pas de CEDEAO ».
Finalement il serait peut-être revenu à la raison avec les arguments servis par les avocats de la défense et le procureur général
qui étaient pour l’application de l’arrêt de la CEDEAO.
Ainsi, s’était-il accordé une suspension du procès d’une semaine pour permettre aux uns et aux autres de disposer de l’arrêt et d’étudier son contenu avant le rendez- vous du 18 où il devait délibérer sur cette question.
Pourquoi le procureur général a changé de posture en remettant à la Cour et aux avocats de la défense un réquisitoire écrit dans lequel il demande, autre coup de théâtre, le maintien de KAS et de ses coprévenus en prison, ce qui rame à contre-courant de son premier réquisitoire ?
A quoi devrait servir la suspension s’il sait, à priori, que la « Cedeao n’est pas une Cour suprême fédérale au-dessus des juridictions nationales et ses décisions n’ont pas d’impacts sur les décisions des tribunaux des Etats membres ».
Il retombe sur ses pieds : pas de CEDEAO !
Pourquoi l’argumentaire du Procureur général diffère de celui du juge d’appel ?
Si le premier se cache dans le fait que l’arrêt de la Cour de la CEDEAO n’a pas demandé expressément la libération de KAS et compagnie, le juge qui n’a peut-être même pas jugé nécessaire de lire l’arrêt, clame toute son autonomie par rapport à cette Cour dont les décisions ne peuvent aucunement le lier.
Si on se réfère aux sorties de pontes de la République comme le ministre Mansour Faye ou le Directeur de cabinet du Président de la République, Omar Youm, allant jusqu’à taxer les juges de la CEDEAO de corrompus, on comprendrait aisément les motivations de nos juges, qui, encore une fois, ont démontré leur inféodation à l’exécutif et terni une fois et pour toujours l’image de notre justice.
Toutefois le réquisitoire du procureur général près la Cour d’appel de Dakar le dit clairement, reprenant des extraits de l’arrêt de la CEDEAO:  » la Cour n’est ni un juge d’appel ni un juge de cassation des décisions rendues par les juridictions nationales, même si elle se reconnaît le droit d’intervenir en cas de violation d’un droit fondamental. »
S’il demeure qu’il y’a violation flagrante d’un droit fondamental pour KAS et ses co accusés qu’il urge de réparer, la Cour ne devrait-elle pas intervenir en demandant leur libération d’office ?
Mais comme il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut point voir et comme les juridictions nationales donnent toujours raison à l’Etat du Sénégal, contrairement aux juridictions internationales qui ont souvent donné raison au requérant, les avocats de la défense devraient à nouveau saisir la Cour.
Celle-ci, en se prononçant, n’usera pas du langage diplomatique mais de celui qu’on utilise avec les robots et leur demandera crûment de libérer ces prisonniers qualifiés politiques, ce qui serait une insulte au génie sénégalais.
 » Ku xamul buur sayy na, ñu ni la buur dee na » !




Fait à Thiès le 18 juillet 2018

El Hadji Abdou Wade dit Mara.

L’insurrection avant les urnes ?

L’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar qui a valu une condamnation en première instance du Député- Maire Khalifa Sall à cinq (05) ans de prison ferme assortie d’une amende de  cinq (05) millions continue de faire encore couler beaucoup d’encre et de salive avec le procès en appel coïncidant à l’arrêt rendu par la Cour de justice de la CEDEAO.

Celle-ci a jugé que les droits des accusés à un procès équitable ont été violés de même que leur présomption d’innocence.

L’empressement dans le traitement de ce dossier a souffert de vices dans la procédure qui risquent de tout remettre en question.

Cela s’est traduit par la violation de l’article 55 du code de procédure pénale qui garantit à la personne la présence d’un conseil dès son interpellation sous peine de nullité de toute la procédure.




L’immunité parlementaire du Maire de Dakar a également été foulée aux pieds car il a été emprisonné sans qu’on ait eu à lever au préalable cette immunité.

Tout ceci appelle, à prime abord, la responsabilité de l’Etat du Sénégal qui a failli face à ses obligations.

Il a ainsi commis une erreur politique qu’il risque de payer cash.

En effet, il se trouve aujourd’hui dans un dilemme cornélien avec une alternative qui s’offre à lui.

respecter l’arrêt de la CEDEAO et l’article 55 du CPP en libérant KAS;

faire fi de ces dispositions et maintenir KAS dans les liens de la détention.

Toutes ces deux hypothèses  ne sont pas sans risques pour l’Etat du Sénégal.

En effet, pour taire toute menace de dictature rampante dans notre pays, donner plus de crédit à notre pouvoir judiciaire et redorer notre blason au plan communautaire, l’Etat gagnerait à libérer KAS pour être en phase avec son statut d’état de droit baignant dans un contexte où tous les chemins mènent vers la libération de KAS et où le juge de la Cour d’appel est doublement lié à l’arrêt rendu par la Cour de justice de la CEDEAO et l’article 55 du CPP relatif à la loi nationale 2016-30 du 08 novembre 2016 qui  réduisent voir annihilent ses marges de manœuvre pour maintenir KAS en prison quelque lourdes que puissent être les charges qui pèsent sur lui.

Mais le gros hic c’est la force inouïe qu’on risquerait de donner à un candidat, à seulement sept (07) mois de l’élection présidentielle, dans cet état de droit qui aura fini d’accréditer la thèse du procès politique.

Alors la sanction des citoyens à travers les urnes risque de tomber lourdement emportant avec elle le régime du Président Macky Sall.

Pour confirmer la dictature rampante, le choix serait de maintenir KAS en prison, avec tous les risques d’instabilité qu’un tel scénario pourrait occasionner.

Le faisant, l’Etat se met à dos aussi bien le peuple que la communauté internationale.

Le peuple, ne tolérant pas l’injustice, pourrait faire de la libération de KAS son cheval de bataille, et la lumière du 23 juin 2011, se mobiliser pour exiger la libération du Député- Maire avec certainement  la caution de la communauté internationale.

Voilà dans  ce contexte, lourd de tous dangers, les deux scénarii qui sont offerts au Président Macky Sall et à son régime.

L’insurrection ou les urnes ?

Nous osons espérer qu’ils vont préférer les urnes pour préserver notre pirogue des affres d’une tempête insurrectionnelle.





Fait à Dakar le 17 juillet 2018

 

El Hadji Abdou Wade dit Mara.

 

Entre le marteau de la Cedeao et l’enclume du procès Khalifa Sall !

Si on reste dans le champ strict du droit, le procès du Député Maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall, serait définitivement scellé après la décision rendue par la  Cour de justice de la CDEAO.

En effet, celle-ci a jugé que sa présomption d’innocence ainsi que son droit à un procès équitable ont été violés.

Par voie de conséquence son maintien dans les liens de la prévention est considéré comme arbitraire.
Toutefois cette décision est diversement appréciée selon qu’on est du camp de l’Etat ou de celui du présumé coupable.




Même si l’Etat du Sénégal reconnait bel et bien la CEDEAO, pour laquelle il a ratifié toutes les conventions,  et la Cour de justice, institution spécialisée de cette dernière,  il préconise tout de même que cette décision n’aura aucun impact sur le verdict en appel attendu après cette décision de la cour sous régionale. L’argumentaire servi est que la Cour n’a pas fait injonction à l’Etat du Sénégal de libérer Khalifa Sall.

Toutefois cet Etat du Sénégal est très mal placé pour rejeter une décision de la CEDEAO.

En effet,  rappelons que c’est fier et fort d’une décision de cette instance sous régionale que le Président Macky Sall, chef suprême des armées, avait fait des Jambaar les fers de lance des forces communautaires appelées à bouter hors du pouvoir le Président Yaya Jammeh, battu démocratiquement à l’élection présidentielle, mais mû par une volonté manifeste de se maintenir par la force.

Quand on décide, sous la bannière de la CEDEAO, de braver tous les risques en envoyant des soldats sénégalais à la guerre, sans le consentement de l’assemblée nationale et avec toutes les conséquences fâcheuses qui peuvent en découler, il semble saugrenu voire absurde de rejeter une décision de la Cour de justice qui n’est rien d’autre qu’une instance spécialisée de cette même organisation sous régionale pour une question dérisoire de reconnaissance de droits humains.

Y’a-t-il fondamentalement une différence entre un mandat militaire de la CEDEAO qui chasse le Président Yaya Jammeh du pouvoir et une décision d’une Cour de justice  de cette organisation qui soulève des manquements dans la procédure ayant abouti  à l’emprisonnement de Khalifa Sall ?

Ces deux décisions n’ont-elles pas une même toile de fond juridique?

Qui peut le plus peut le moins, a-t-on l’habitude de dire.

Le Sénégal, en se glorifiant de sa superbe diplomatie internationale avec, entre autres :

  • le jugement du président Hissène Habré au Sénégal qui a vu des juridictions sénégalaises mixées à des juridictions non sénégalaises dans des Chambres africaines extraordinaires;
  • notre place de septième pays pourvoyeur de soldats dans les missions onusiennes à travers le monde;
  • le mandat de notre compatriote Moustapha Cissé LO à la tête du parlement de la CEDEAO ;
  • l’affaire Yaya Jammeh (voir supra) ;

le Sénégal disais-je, doit privilégier sa place confortable dans le concert des nations et ne pas s’entêter dans un argumentaire qui frise le ridicule en cherchant à maintenir coûte que coûte le maire de Dakar en prison.




Diplomatiquement la Cour de justice de la CEDEAO a demandé l’élargissement de Khalifa Sall.

Si elle estime que sa présomption d’innocence et son droit à un procès équitable ont été bafoués, cela reviendrait à dire, en d’autres termes, que toute la procédure est nulle et sans effet.

Si elle demande qu’on lui attribue des dommages et intérêts de trente cinq(35) millions, c’est parce qu’elle pense aussi qu’il a été lésé et  doit par conséquent être libéré, ce qui lui fait penser à  une détention arbitraire.

L’avocat de l’Etat, Me Félix Sow, ne s’est–il pas trahi par un lapsus en soutenant que le « temps de la politique n’est pas le temps de la justice » ?

Pour dire, en termes plus prosaïques, qu’il ( l’Etat) ne veut pas perdre du temps pour condamner définitivement Khalifa Sall et l’empêcher ainsi d’être candidat à la présidentielle et que de l’autre côté on chercherait à faire du dilatoire pour retarder la condamnation du maire et lui permettre, ce faisant, de participer à l’élection.

Tout cela conforterait malheureusement la thèse d’un agenda politique qu’on serait en train de dérouler sous le sceau de la justice pour détruire des candidats probables et liquider les candidats gênants, ce qui affaiblirait dangereusement l’état de droit où la vérité et la justice sont des principes sacro saints qui assurent sa grandeur.

Entre le marteau de la CEDEAO et l’enclume du procès en appel de Khalifa Sall, l’Etat, au lieu de soutenir l’insoutenable, gagnerait à faire preuve de plus de réalisme pour mettre définitivement fin au long procès de Khalifa Sall et déjouer tous les procès qui lui sont faits, à savoir vouloir  gagner l’élection présidentielle sans adversaires véritables.

« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Vivement des candidatures libres, plurielles et diversifiées à la présidentielle de 2019 !

 

Fait à Dakar le 10 juillet 2018

 

El Hadji Abdou Wade dit Mara.

 

Diamniadio: Du rêve à la réalité et de la réalité au cauchemar !

 

Le président de la République Abdoulaye Wade a, durant ces deux mandats, souvent caressé le rêve de la création d’une nouvelle ville.

Que de sites n’avaient-ils été tout à tour désignés pour l’abriter ?

Loumpoul, Kébémer, Ngayes Mécké, ou que sais-je encore ?

Si le projet n’a pas connu une suite, c’est moins dû à une absence de volonté, encore moins à un défaut de financement. La véritable explication est à chercher dans l’absence d’une vision claire pour asseoir cette nouvelle ville.  C’est ce qui nous a valu ces tergiversations qui sont même allées jusqu’à la création d’un ministère fantoche,  celui « chargé de la nouvelle ville ».

Boileau ne disait-il pas que: « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. » ?

La différence a été faite au niveau de la conception avec plus d’ingéniosité du Président de la République, son Excellence Macky SALL,  qui a très tôt compris que le site devait avoir pour objectif principal de décongestionner la ville de Dakar à la fois capitale administrative et économique très limitée dans ses possibilités d’extension du fait de l’océan Atlantique.

L’emplacement géographique était alors plus que stratégique parce qu’on ne devrait pas trop s’éloigner du « patient » pour pouvoir lui apporter des remèdes efficaces.

D’où le choix porté sur Diamniadio, à 30 km  de la capitale, 15 km du nouvel aéroport international Blaise Diagne et surtout avec 2000 ha de terrains disponibles, la  proximité avec Thiès et Mbour, entre autres atouts, pour recevoir le pôle urbain, étape importante du Plan Sénégal émergent, dans une commune qui existait déjà mais qui  a été complètement reconfigurée par les infrastructures de dernière génération de toutes sortes qui sont sorties de ses flancs de nouvelle ville, et donc pas de ville nouvelle, la nuance est de taille, Diamniadio existant depuis belle lurette.

Parmi celles-ci on peut citer, entre autres :

–                Le Centre international  de Conférences Abdou Diouf, un fleuron de classe mondiale, a été inauguré en 2014 lors du sommet de la francophonie que notre pays s’était fait l’honneur de recevoir avec une surface fermée de 14 700 m2, une salle principale d’une capacité d’accueil de 1500 personnes, de 6 salles VIP de 100 m2 chacune, un restaurant VIP de 210 places,  un restaurant public de 260 places, un parking de 200 places, etc ;

–              Les sphères ministérielles  réalisées dans le cadre du partenariat Public/Privé dont une partie a été réceptionnée ce 02 mai par le Président Macky SALL, inauguration qui marque une étape historique dans la marche de l’administration sénégalaise qui voit une partie de ses démembrements déployés hors de Dakar avec 120 000 m2 de bureaux qui seront mis prochainement à la disposition de l’administration sénégalaise. Ceci va permettre à l’Etat d’alléger sa facture locative de 8 milliards de F CFA par an.

Les réalisations sont faites à 60% par des nationaux ;

–              Les programmes résidentiels avec l’ambition de construire sur le site 40 000 maisons et appartements économiques pour pallier au plus vite le déficit énorme de logements à Dakar et accueillir jusqu’à 300 000 habitants ;

–              Les deux plateformes industrielles intégrées qui feront de Diamniadio une ville industrielle avec une dizaine de bâtiments d’affaires, un parc numérique de 26 ha.

La première plateforme, déjà terminée, est dotée d’un  hangar de 7000 m2 et pourra recevoir 60 entreprises sur une superficie de 52 ha ;

–              L’aménagement de plus de 200 espaces verts et de lacs artificiels pour donner un sens au développement durable avec le concept d’éco quartier ;

–              Un complexe sportif multifonctionnel de 15 000 places avec des aires de basket-ball, volleyball, handball, boxe et patinage.

Aussi la connexion entre Diamniadio et le reste de l’agglomération est-elle déjà facilitée par la desserte de l’autoroute à péage qui sera renforcée par le prolongement de la VDN et la mise en place du Train Express régional(TER) Dakar-AIBD, ligne de chemin de fer électrique à écartement standard dont l’ouverture du premier tronçon est prévu pour la fin de l’année 2018.

Bref, Diamniado est en miniature le Sénégal émergent des horizons 2035 découlant du Plan Sénégal émergent, vision futuriste du Président Macky SALL, conçu et validé grâce à une vaste concertation avec tous les acteurs qui a abouti à des réformes dans les domaines économique et social.

In fine, l’idéal sera de sortir les populations de leurs besoins les plus vitaux  en offrant à chaque Sénégalaise et Sénégalais les moyens de son autonomie grâce à son inclusion dans le tissu économique.

Toutefois ces importantes réalisations cachent mal des réalités beaucoup moins heureuses pour ces nombreux agents des ministères appelés à rejoindre, dans de brefs délais, les sphères ministérielles conçues pour accueillir progressivement les ministères du gouvernement, hormis ceux considérés  de souveraineté que sont les Finances, la Justice, les Forces armées et les Affaires étrangères.

Si gouverner c’est prévoir on se demande pourquoi nos autorités étatiques ont attendu le tout dernier moment pour informer les concernés sur ce déménagement assimilable à tremblement de terre pour la plupart parce que aucunement préparée à faire face à pareille situation.

Quelles mesures d’accompagnement le gouvernement compte-t-il prendre pour alléger les nombreuses difficultés auxquelles seront confrontés ces agents de l’Etat ?

Avant la mise en circulation du TER, quelles mesures pour desservir cette zone pour le moment très enclavé ?

Quel traitement de faveur réservé à ces agents disposant de véhicules de fonction ou de véhicules personnels devant emprunter l’autoroute à péage deux fois dans la journée ?

Y’a-t-il des infrastructures scolaires pour accueillir les enfants des agents choisissant de résider dans le pôle urbain ?

Quelles facilités leur seront accordées  dans l’octroi des logements au pôle ?

Voilà un certain de questions que se posent  ces milliers d’agents qui, depuis l’annonce du déménagement sur Diamniadio, ne dorment plus du sommeil des justes et passent des nuits où les rêves  ont cédé la place aux cauchemars.

Bref le déplacement d’un certain nombre de ministères n’est pas chose aisée  et demanderait une préparation échelonnée sur un certain nombre de mois avec des mesures d’accompagnement déjà prises, ce qui est loin d’être le cas.

Espérons qu’il n’engendrera pas,  les premiers mois surtout,  des dysfonctionnements préjudiciables à la bonne marche de l’administration sénégalaise.

 

Fait à Thiès le 28 juin 2018

El Hadji Abdou WADE dit Mara.

 

La République désacralisée !

La démission est considérée comme  » un acte unilatéral par lequel le salarié manifeste de manière claire et univoque sa volonté de mettre fin à son contrat de travail ».

A l’échelle  de notre République, il n’est pas très courant de voir un tel acte posé par nos concitoyens, qu’ils soient simples fonctionnaires, directeurs généraux ou ministres, même si leurs responsabilités se trouvent engagés dans des scandales qui entament la crédibilité de nos institutions.

Ce qui fait dire à certains que la démission n’est pas inscrite dans les traditions de notre pays où on est très loin de la très forte  tradition républicaine en Grande Bretagne où un ministre avait démissionné « avec effet immédiat » récemment se sentant coupable d’avoir manqué à ses obligations pour avoir accusé, tenez-vous bien, une minute de retard à  une séance d’explication avec les parlementaires à qui il pense, pour ce retard, avoir manqué de respect et de courtoisie.




Toutefois, on a enregistré quelques démissions de ministres du gouvernement du Sénégal.

Le ministre Mamadou SECK, nommé ministre de l’Economie et des Finances sous le régime du Président Abdoulaye Wade, avait par la suite démissionné  du fait d’accusations de détournement de deniers publics lors de son passage à la SOMICOVA. Les enquêtes menées par la suite l’ont blanchi et il fut réhabilité.

Toujours sous le magistère du Président Abdoulaye Wade, le ministre Moustapha Guirassy, pour des problèmes de principe, avait démissionné avant d’être reconduit dans ses fonctions.

Sous l’ère du Président Macky SALL, des démissions ont été également enregistrées:

– D’abord celle du ministre El Hadji Malick Gackou qui, après quelques mois passés dans le gouvernement du Premier ministre Abdoul Mbaye avait démissionné pour convenances personnelles et suite à un différend qui l’avait opposé au Premier ministre. Sa démission fut présentée non au Premier ministre Abdoul Mbaye mais au Président Macky Sall lui-même. – Ensuite le ministre Youssou Touré qui, au soir du 01er mars 2016, avait estimé n’avoir pas bénéficié de l’estime et de la considération du Président et avait, ab irato, craché sur son poste de Secrétaire à l’Alphabétisation et à la Promotion des Langues nationales.

Le branle bas de la première dame et de l’ancien président du groupe parlementaire de la majorité de l’époque le convainquit pour qu’il revienne sur sa décision.

Après son éviction du gouvernement le 07 septembre 2017, il démissionna de son poste de Président du Réseau des Enseignants de l’APR le 08 mai, après avoir perdu tous les privilèges que lui conférait son statut de ministre;

– Après celle controversée de Thierno Alassane Sall, ministre de  l’Energie et des mines qui avoue avoir démissionné parce que ne voulant pas signer le contrat avec Total qui compromettait les intérêts de notre pays par rapport à d’autres contrats beaucoup  mieux disants alors que le Premier ministre lui affirme que Thierno Alassane SALL a été limogé  » pas pour des questions de valeurs mais de performances ».

En tout état de cause les contre performances alléguées par le Premier ministre surprennent plus d’un quand elles concernent un ministre réputé être l’un des meilleurs de l’attelage gouvernemental de l’époque.

Qui plus est, elles ne concernent que l’affaire Total où si on se réfère à l’argumentaire même  du Premier Ministre, le ministre Thierno Alassane SALL ne voulait résolument pas signer le contrat en demandant encore un délai de quinze jours et de soumettre le dossier  en question à un autre ministre pour observation;

– Enfin la récente démission du ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang continue de soulever encore une vague d’interrogations après qu’il a été cité sur une affaire de détournement dans la gestion du PRODAC.

En effet, un rapport  de l’inspection générale des finances avait fini de mettre le doigt sur une mauvaise gestion du PRODAC avec des investissements tournant autour de vingt-neuf milliards dont les bénéficiaires tardent encore à voir les effets.

Cette démission n’était-elle pas un simple effet d’annonce?

Que cherchait Mame Mbaye Niang en présentant sa démission?

Y’a t-il eu des éléments nouveaux dans ce dossier pour qu’il puisse reconsidérer sa position?

N’avait-il pas exigé un audit « indépendant » de l’OFNAC, de l’IGE ou de la Cour des Comptes avant de réintégrer le gouvernement?

Toujours est-il que Mame Mbaye Niang demeure toujours le ministre du Tourisme dans le gouvernement du Sénégal malgré le rapport accablant sur la gestion du PRODAC dont il était le ministre de tutelle.

En tout cas la République en a subi un sacré coup avec l’affront fait au Premier des ministres qui, malgré son déplacement chez le ministre Mame Mbaye Niang, avec tout son protocole, ce qui semble défier tout protocole et fouler aux  pieds la préséance républicaine, n’est pas parvenu à infléchir sa position.

Rentré du Canada, après le sommet du G7, le Président lui a accordé  dans la même  soirée une audience de quatre tours d’horloge, semble-t-il, pour essayer d’arrondir les angles.

Last but no least, le rapport de l’IGF s’est retrouvé, comme par enchantement, dans les réseaux sociaux, accréditant la thèse du complot contre le mis en cause ourdi par des bras armés du Ministre de l’Economie et des Finances.

Tous ces éléments conjugués ne militent pas en faveur de la sacralité de la République qui doit transcender toutes les contingences et qui, face à toutes ces spéculations qui sont loin de lui être favorables, suite aux affaires de Karim Wade et Khalifa Sall, doit faire preuve de moins de parti pris, saisir cette opportunité pour invalider la thèse du « kumba am ndéy ak kumba amul ndéy » et écarter les forts soupçons du PRODAC assimilable pour certains à  une bourse pour financer une force politique comme l’ APR ou la coalition Benno Bokk Yaakaar aux dernières élections législatives.




Sa démission-reconduction, la place prépondérante qu’il occupe au sein de l’APR, sa proximité avérée avec la première dame, sa loyauté envers le Président Macky Sall sont autant d’atouts qui nous douter de sanctions à son endroit.

A moins que, pour une première fois, le procureur de la République prenne son courage à deux mains et s’autosaisisse de cette affaire qui, par l’ampleur qu’elle suscite et le traitement qui en sera fait pourrait peser sur la balance électorale à huit mois de la présidentielle.

Dieu est grand mais Mame

 

Fait à Thiès le 21 juin 2018

 

El Hadji Abdou Wade dit Mara.

 

Imbroglio autour d’un retrait: « un poisson de juin » !

 » Urgent: Parrainage: le président demande à l’assemblée de retirer la loi « .

 

Quand j’ai pris connaissance de cette information largement relayée par la presse, je me suis dit que c’était peut-être un canular qui nous était servi comme poisson d’avril.

 

Mais je me suis ravisé très vite quand je me suis rendu compte qu’on était déjà loin du 1er avril, occasion pendant laquelle on y a droit, et qu’on était bel bien le 07 juin 2018.

 

Alors je me suis mis à cogiter pour essayer de comprendre un peu ce qui se cachait derrière ce supposé retrait.

 

Une telle situation a conduit naturellement à  des réactions fort différenciées.

 

Illico presto l’opposition a commencé par jubiler mettant en exergue une certaine capitulation du pouvoir se rendant compte de l’impossibilité d’opérationnaliser la loi sur le parrainage telle que votée par l’assemblée nationale le 19 avril 2018.

 

Le pouvoir, acculé, a réagi par le biais du législatif et de l’exécutif pour préciser qu’il n’était nullement question de retirer la loi sur le parrainage votée par l’assemblée nationale et promulguée par le président de la République mais le projet de loi portant révision du code électoral déposé à l’assemblée nationale le 28 mars, c’est-à-dire en même temps que la loi instituant le parrainage.

 

Ceci nous amène à nous poser un certain nombre de questions.

 

Pourquoi les deux projets de loi sont-ils déposés en même temps par le gouvernement sur la table du président de l’assemblée nationale?

 

A quelle date le Président de la République a-t-il promulgué la loi votée par l’assemblée nationale le 19 avril ?

 

Cette promulgation a-t-elle été publiée par la presse et dans le journal officiel?

 

Pourquoi avoir attendu près de 50 jours( entre le 19 avril et le 07 juin) pour retirer le projet de loi portant révision du code électoral?

 

Même si ces questions ne sont pas des interrogations oratoires, elles appellent tout de même de notre part un certain nombre de réponses.

 

Par respect à l’assemblée nationale, le gouvernement aurait dû attendre que la loi constitutionnelle soit d’abord définitivement adoptée avant de chercher à en préciser les modalités d’exécution dans un projet de loi portant révision du code électoral. Sa démarche accrédite encore la thèse des pourfendeurs qui considèrent le parlement comme une chambre d’applaudissements.

 

Elle donne aussi raison à l’opposition sur la nécessité qu’il y avait à instaurer un dialogue à l’hémicycle pour cerner les contours de l’applicabilité de la loi.

 

Les communiqués sont muets sur la date de promulgation.

 

La publication par la presse et dans le journal officiel est encore diffuse

 

Le temps mis pour retirer le projet est trop long pour une question qui semblait relever d’une grande urgence, au vu des conditions dans lesquelles la loi a été votée.

 

Le président de la République en déposant la lettre de retrait du projet sur la table de l’assemblée le 06 juin coïncidant à la veille de son départ pour le Canada où il devait assister au sommet du G7 et à l’appel au dialogue pour la gestion des ressources naturelles sur le pétrole et le gaz, ne voudrait-il pas se donner bonne conscience et redorer son blason devant ses homologues présidents ?

 

Les coïncidences sont troublantes et il aurait, le cas échéant, réussi un coup médiatique.

 

En tout état de cause, le manque de préparation doublé de la précipitation qui ont jalonné le vote de la loi sur le parrainage semblent rattraper le gouvernement du Sénégal qui a décidé, pour sauver la face, de rouvrir une fenêtre de dialogue sur le parrainage avec la mise en place d’une commission ad hoc composée de leaders de partis politiques et de membres de la société civile et envoyée en mission commando au Cap-Vert et en Pologne pour s’inspirer de l’expérience de ces pays en matière de parrainage électoral.

 

Si ce n’est pas de l’amateurisme, ça lui ressemble fort.

 

 

 

 

 

Fait à Thiès le 11 juin 2018

 

 

 

El Hadji Abdou WADE dit Mara.

La recolonisation en route: Quelle parade ?

La participation des peuples colonisés à l’effort de guerre pendant la deuxième guerre mondiale en hommes, en matières premières, en argent, en denrées et autres  avait sans nul doute suscité chez ces derniers un éveil de conscience et un sentiment anticolonialiste.




Ainsi, des mouvements en faveur de l’indépendance vont-ils naître et se développer dans les colonies.

L’Union française vit  le jour le 13 octobre 1946 et modifia le statut des colonies qui deviennent des Territoires ou Départements d’outre-mer.

Beaucoup de réformes se succéderont les unes aux autres pour l’affirmation d’une nouvelle autonomie des anciennes colonies.

Le processus aboutira le 17 janvier 1959 à la création de la Fédération du Mali entre le Sénégal et le Soudan français, laquelle va éclater le 20 août 1960 pour donner naissance à la République du Sénégal.

Au plan politique c’était l’ère  de l’autonomie de notre pays.

Mais si on interroge l’histoire du Sénégal indépendant, il serait  légitime, eu égard aux différentes péripéties que nous avons connues jusqu’à présent, de se poser la question de savoir si cette indépendance n’est encore qu’une vue de l’esprit.

L’autonomie politique est-elle possible sans une autonomie économique préalable ?

Le sort des colonisés a-t-il  connu une amélioration après les indépendances ?

Fama, personnage de l’œuvre Les Soleils des indépendances de Ahmadou Kourouma, publiée en 1968, ne  répondrait pas par l’affirmative, lui  qui se demandait à quand la fin des indépendances après avoir vu son commerce ruiné par cette ère dont le « soleil », au lieu d’éclairer nos états naissants semble s’éclipser de jour en jour.




Avec le régime du Président Abdou DIOUF, l’Etat qui n’avait pas les moyens de sa politique a été obligé de faire la politique de ses moyens en acceptant le diktat du FMI et de la Banque avec les Plans d’Ajustement structurel.

L’avènement de la première alternance en 2000 avait donné un brin d’espoir avec le Président Abdoulaye WADE plus enclin à se départir de l’influence étrangère, particulièrement celle de la France, en diversifiant le partenariat économique avec des pays comme la Chine, la Corée ou le monde arabe.

Toutefois ces efforts pourraient être annihilés par l’attitude du Président Macky SALL qui, bien que né après les indépendances, semble paradoxalement traîner encore le complexe du colonisé trahi par son lapsus, au sens freudien du terme, c’est-à-dire une erreur verbale apparaissant comme une manifestation inconsciente sur l’affaire du « dessert » servi aux tirailleurs sénégalais par nos « amis » français. Vouloir le considérer comme un signe de « respect » témoignerait de sa méprise de l’histoire de la colonisation.

D’abord les tirailleurs sénégalais étaient le terme qui permettait de désigner les troupes d’infanterie coloniale recrutées dans toute l’Afrique noire. Le terme «  sénégalais » leur est donné simplement parce que le premier régiment a été créé au Sénégal.

Ensuite peut-on parler de « respect » en référence à la colonisation, si on sait les raisons qui avaient poussé les Occidentaux à nous coloniser ?

Ne parlait-on pas de « mission civilisatrice » envers des peuples dénués de toute culture et de toute civilisation mais qui cachait mal une ambition de faire main basse sur nos ressources naturelles ?

Césaire ne disait-il pas que « colonisation = chosification » ?

Ne serait-il pas saugrenu de parler de « respect » dans ce contexte ?

Aussi, dès son accession à la magistrature suprême, le Président a-t-il réservé sa première visite officielle à la France scellant ainsi son acte d’allégeance vis-à-vis de l’ancienne métropole.




Celle-ci détient aujourd’hui une très grande partie de l’économie de notre pays avec de grandes filiales comme Total, Eiffage, SENAC, Auchan etc. qui ont une main mise dans les différents domaines d’activités de notre pays.

Au moment où des pays plus développés comme le Nigéria hésitent encore à signer les Accords de partenariat économique(APE), notre pays a accepté ces accords de libre- échange avec l’Union européenne(UE) qui voit désormais ses produits entrer librement dans le marché sénégalais.

La conséquence c’est que ces Accords de partenariat économique  risquent de se muer en « Accords de pendaison économique » parce que les entreprises sénégalaises auront du mal à faire face à la concurrence déloyale de l’Europe dont l’agriculture est fortement subventionnée, ce qui n’est pas le cas de nos pays.

Fatalement, l’exemple de Auchan est là très patent, beaucoup de nos entreprises intervenant dans la chaine de distribution risquent de mettre la clé sous le paillasson parce que incapables de supporter la concurrence d’une puissante filiale qui est prête à faire du dumping sur ses produits et miser sur le temps pour mettre au pas nos entreprises locales.

Toute la chaine de distribution, de l’usine jusqu’au vendeur de détail, risque d’en subir les contrecoups.

Un recentrage est donc impératif pour protéger nos entreprises encore très fébriles d’une condamnation à mort dont les conséquences seront désastreuses pour toute la société sénégalaise.

Ce recentrage devrait avoir pour pilier le « Guem sa bopp » qui semble avoir pignon sur rue mais qui ne devrait pas se résumer en des slogans creux. Il devra puiser profondément dans notre patrimoine immatériel pour s’adosser à des valeurs bien de chez nous comme le Jom, la Kersa, le sutura, le Jàppal ma jàpp, le mun qui constitueraient le ciment d’une nouvelle société gage de réussite et d’indépendance, laquelle ne pourrait tolérer la simple idée d’ériger « une place de l’Europe » dans une ville aussi symbolique que Gorée avec sa mythique maison des esclaves.

Cela passera inéluctablement par une gestion rationnelle et optimale de nos ressources naturelles qui doivent être mobilisées dans l’intérêt exclusif des Sénégalaises et des Sénégalais.

Tous unis pour un Sénégal indépendant !

Pour l’émergence on verra après !

 

 

 

Fait à Dakar le 07 juin 2018

El Hadji Abdou WADE dit Mara.

 

Les partis politiques au Sénégal: Le revers de la médaille !

Le Sénégal, relativement à sa population évaluée à peu près à quatorze millions (14 000 000) et au nombre de personnes inscrites sur le fichier électoral qui était à six millions cinq cents (6 500 000) lors des dernières élections, peut être considéré comme le pays qui compte le plus de partis politiques au monde.

En effet, le nombre de partis a dépassé trois cents au moment où de grandes démocraties comme la France et les USA en comptent respectivement cinquante-quatre (54) et vingt-cinq (25) pour des démographies de soixante-sept (67) et trois cent vingt-cinq (325) millions.





Au regard de ces chiffres comparatifs qui exaspèrent, la question que l’on ne peut s’empêcher de se poser est : Qu’est-ce qui explique cette prolifération voire cette inflation de partis politiques dans notre pays ?

Le constat constant est qu’elle a commencé sous l’ère du Président Abdoulaye Wade.

Le Président Senghor avait pu maintenir les trois courants avec seulement trois formations politiques.

A partir de 1981 le Président Abdou Diouf, avec l’application du multipartisme intégral, permit la formation de quarante et un (41) autres.

Arrivé au pouvoir en 2000, le Président Abdoulaye Wade ouvrit les vannes et légalisa cent quarante- trois(143) partis durant ces deux mandats.

Depuis 2012, le Président Macky Sall marche sur les pas de son prédécesseur et a déjà donné le récépissé à cent onze (111) partis, la plupart membres de la mouvance présidentielle.





On pourrait y voir, dans le principe, une vitalité de la démocratie de notre pays mais qui cacherait des réalités beaucoup plus profondes.

Au-delà du principe sacro-saint de la liberté d’association garantie par notre charte fondamentale qui permet au(x) citoyens(s) de créer des partis politiques, avec

seulement des droits de timbre tournant autour de 2000F, pour conquérir et exercer le pouvoir ;

Au-delà des questions idéologiques qui, en fait, ne sont que pure théorie dans nos espaces partisans si on s’en réfère à leurs pratiques :

– Le parti socialiste, parti de gauche, n’a-t-il pas été un bon élève du FMI et de la Banque mondiale en appliquant leurs plans ultralibéraux par le biais des Plans d’Ajustement structurel ?

– Le PDS, d’obédience libérale, ne s’est-il pas distingué par une politique plutôt sociale avec une augmentation tous azimuts des revenus des travailleurs, une généralisation des bourses des étudiants, le plan sésame, la gratuité de la césarienne… ?

– Quid de l’APR du Président Macky Sall ?

Cet ancien communiste, devenu bon élève du Président Abdoulaye Wade, fait, depuis son accession au pouvoir, beaucoup dans le social avec les bourses de sécurité familiale, la CMU, la carte de l’égalité des chances, la maîtrise des prix des denrées de première nécessité, la lutte contre les injustices et les inégalités sociales, entres autres mesures sociales pour ne pas dire socialistes.

L’année 2018 est même déclarée année sociale avec pour finalité une prise en charge réelle de l’entreprenariat rapide des jeunes et des femmes.

En outre même les partis se disant de la gauche ont participé à des gouvernements de libéraux.

En réalité les idéologies ne sont que des façades et les partis sont un système de vases communiquant au gré des intérêts des uns et des autres.

Alors, eu égard à tout cela et au vu de ce qui s’est passé lors du vote de la loi sur le parrainage, il nous semble vital, pour la consolidation de notre démocratie, de réfléchir profondément sur cette question en vue de trouver les véritables raisons de cette croissance exponentielle des partis politiques et procéder ainsi à leur rationalisation qui, du coup, permettrait de rationaliser les candidatures aux élections.

La principale cause semble liée au fonctionnement interne des partis politiques.

Il est le même presque partout et a pour caractéristique principale un chef inamovible qui, parce que bailleur souvent, décide de tout. D’où l’absence de démocratie interne dans ces partis qui ne tiennent pratiquement pas de congrès pour le renouvellement de leurs instances.

Par exemple, pour étouffer la levée de boucliers suscitée par les enjeux des investitures à la veille des élections législatives de 2017, le Président Macky Sall s’est enfermé seul dans son bureau pour confectionner la liste des députés de la coalition BBY.



Aussi, le Président Idrissa Seck, s’est-il permis, après son point de presse sur les incidents de l’UGB, de procéder à des nominations en direct au SEN de son parti, continuant sur sa lancée de la rencontre des cadres de son parti à Saly, à laquelle il avait fini de donner l’allure d’un congrès.

Lamine Ba fut ainsi bombardé Secrétaire général de Rewmi, entre autres nominations.

Même si ce dernier a un riche parcours politique, il va de soi qu’il est novice à Rewmi et aura du mal à gérer un poste aussi stratégique que celui de SG dans un parti où il aura tout à apprendre sur les hommes et le fonctionnement.

Je m’arrête à ces deux formations même si les exemples foisonnent chez les autres.

Combien ne sont-ils pas la résultante d’une dissension à l’intérieur du parti d’origine liée à des frustrations dues à des querelles de positionnement dont on est victime aujourd’hui et qu’on avait avalisées hier quand elles touchaient d’autres personnes ?

Combien de partis sont nés des flancs du PS après le congrès sans débat qui avait adoubé Ousmane Tanor Dieng, du PDS, surtout après la perte du pouvoir, de l’AFP, de And Jëf, de la LD/MPT, de l’URD, etc. ?

Il est rarissime de trouver sur l’échiquier politique des partis « vierges » c’est à dire ne provenant d’aucun parti préexistant.

Toutefois cette pléthore de partis politique cache mal la réalité du terrain politique.

En effet, combien de partis, depuis leur création, ne se sont-ils jamais présentés à des élections sous leur propre bannière?

Combien ne disposent-ils pas d’un siège social comme l’exige la loi ?

Combien sont-ils à tenir régulièrement leur congrès?

Combien sont-ils à pouvoir financer leur parti sans recourir à des financements obscurs, chose proscrite par la loi ?

Combien sont-ils à déposer leur bilan financier le 31 janvier de chaque année comme l’exige la loi ?

En définitive, la très grande majorité d’entre eux ne sont partis politiques que de nom, parti « cabine téléphonique » ironisent certains, et se confondent à la personne du secrétaire général ou président, c’est selon, qui utilise le récépissé de son parti comme fonds de commerce pour se positionner sur l’échiquier politique. C’est pourquoi on parle souvent de parti d’un tel.




On pourrait donc les assimiler à un iceberg (bloc de glace généralement de taille assez importante dont la partie visible ne représente que 10% de son volume total et la partie invisible 90% se situant sous la surface de la mer) sans partie invisible ou plus simplement un géant aux pieds d’argile !

Combien d’entre nous ne seraient-ils pas soumis à un exercice de colle si on leur demandait de lister quinze(15) partis, j’exagère peut-être, sur les trois cents (300) constitués ?

Au total, une application rigoureuse de la loi 89-36 du 12 octobre 1989 par le Ministère de l’intérieur pouvant aller jusqu’à la dissolution de ces partis fantômes et une matérialisation des dispositions du dernier référendum sur le financement des partis seraient la bienvenue pour un assainissement et une rationalisation des partis politiques indispensables à une bonne respiration de la démocratie sénégalaise.

Fait à Dakar le 31 mai 2018

El Hadji Abdou WADE dit Mara.

Il faut sauver le soldat Idy

 » Errare humanum est, persevare diabolicum. »,

 

disent les latins, ce qui peut être traduit par: Se tromper est humain, mais persévérer dans l’erreur est diabolique. Lautréamont dans Poésies I-II nous conseillait devant chaque dicton d’appliquer le même  » dicton- réflexe », la contraposée ou l’inverse des termes.

 

Cela donnerait: Errare diabolicum est, perseverare humanum, pouvant être traduit par l erreur est diabolique, y persévérer est humain.

 

Si, a priori, cette seconde proposition semble dénuée de tout sens, il me semble, référée, à notre contexte actuel, plus proche de la réalité que la sentence originale.

 

En effet, celle-ci insiste sur le caractère imparfait de la nature humaine, le propre




de l’homme est de commettre des erreurs, car il n’est pas omniscient. Cependant, d’après la maxime, cela ne doit excuser la négligence, l’erreur est une occasion à saisir pour essayer de s’améliorer, car nous sommes des êtres perfectibles, elle devient alors un outil intéressant de perfectionnement de soi. La deuxième partie nous prévient: celui qui s’entête dans ses erreurs, sans essayer de se corriger est par contre inexcusable. L’entêtement peut l’entraîner sur la voie du péché ou d’encore plus d’erreurs. La faute morale étant dans le fait de ne pas apprendre de ses erreurs, plus que dans l’erreur initiale elle-même.

 

Pour mieux en saisir le sens, on peut la rapprocher de cette citation de John Powell:

 

  • La seule véritable erreur est celle dont on ne retire aucun enseignement. » Essayons d’appliquer la sentence originale à ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler le « Bakkagate ».

 

Idy, en simple homme, se prononçant sur la question israélo-palestinienne, s’est trompé;

Idy, semble plus ou moins avoir reconnu son erreur;

 

Idy s’est humblement agenouillé pour présenter ses excuses à toute personne qui verrait dans ses propos un outrage à la religion musulmane;

 

Idy a bien compris la leçon de Powell parce qu’il a bien appris de ses erreurs.

 

Alors si on ajoute à tout cela que la faute avouée est à demi pardonnée, il devient tout à fait légitime de se demander pourquoi continuer à alimenter cette polémique et verser dans ce lynchage médiatique politico-religieux.

 

Une partie de la réponse à cette question peut être trouvée dans la contraposée où l’erreur, on le perçoit clairement, est diabolisée par un conglomérat de religieux et de politiques qui persévèrent à livrer le fautif à

 

la vindicte populaire pour un jugement avant l’heure, c’est-à-dire février 2019.

 

Alors nous devons, pour l’intérêt supérieur de notre cher Sénégal, faire attention au mélange des genres entre politique et religion, même s’il faut reconnaître la frontière entre les deux devient de plus en plus ténue.

 

Ainsi cette parenthèse qu’il urge de fermer rapidement ne saurait, n’en déplaise les politico-religieux, servir de primaire à l’élection présidentielle de 2019.

 

Le Sénégal, dans le principe, reste un pays laïc et par conséquent le choix de son président ne saurait être assujetti à aucun critère religieux, encore moins confrérique. Si cela était

 

  • le Président Senghor, bon chrétien, n’aurait pas bénéficié de l’appui de grands dignitaires toutes confréries confondues pour diriger le Sénégal pendant une vingtaine d’années.





Qu’on ne s’y trompe guère, le prochain président di Sénégal sera choisi en toute liberté et en toute démocratie par les citoyens de ce pays sur la base critères qu’ils auront eux-mêmes définis loin des contingences religio-confrériques.

 

La récréation a assez duré et le débat politique doit reprendre le dessus à quelques mois de l’élection présidentielle pour poser les vrais problèmes liés au parrainage, au processus électoral qui, encore une fois, ne se feront pas sans une concertation et un dialogue francs entre majorité et opposition.

 

La question des alliances est aussi d’actualité pour l’opposition qui a besoin de pôles forts pour affronter la coalition au pouvoir déjà sur les starting-blocks.

 

Et le soldat Idy, dans tout ça ?

 

Comme le soldat Ryan, il doit bénéficier de l’appui sans faille de l’opposition, muette jusque-là, pour ne pas le sort de ses « frères morts au combat » qui doit voler à son secours pour éviter la déchéance de quelqu’un qui, quoi qu’on en dise ou en pense, compte et continuera de compter sur l’échiquier politique national.

 

 

 

 

Fait à Thiès le 28 mai 201

 

El Hadji Abdou WADE dit Mara.

Idrissa Seck et les «bijoux du suicide» !

Au Japon, le hara-kiri est un mode de suicide volontaire consistant à s’ouvrir le ventre avec un sabre.

Ce suicide a la particularité de conserver sauve l’honorabilité de l’offensé à qui la coutume exige de ne pas survivre à l’humiliation de l’outrage.

Les sabres utilisés à cette fin sont appelés les « bijoux du suicide ».

L’exercice ô combien laborieux auquel s’est livré le Président de Rewmi, Idrissa SECK, en se prononçant sur la question palestinienne, nous semble, à bien des égards, comparable à un hara-kiri communicationnel.




Au moment où il avait fini de se positionner comme le principal challenger du président Macky SALL à l’élection présidentielle de 2019 et installer une peur bleue dans le camp présidentiel à chacune de ses sorties, Idy, réputé bon communicateur, vérité jusqu’au soir de l’interview anodine qui lui a valu cette volée de bois vert, a cette fois-ci pris vraiment les vessies pour les lanternes en choisissant de se prononcer une question aussi sensible en plein mois béni de Ramadan, période choisie par Allah SWT pour faire descendre le coran sur terre par le biais du prophète Mohameth, PSL, que ses détracteurs l’ accusent d’avoir blasphémé.

L’autre réputation, celle  de quelqu’un qui  maitrise bien le coran, source à  laquelle il faisait abusivement référence au point de heurter certaines sensibilités, nous laisse aussi dubitatif, si elle ne s’est écroulée comme un château de cartes après sa malencontreuse sortie.

Que cherchait à prouver Idy dans cette opération de charme « intellectuel » qui mettait en cause des dogmes jusque là bien établis ?

Quelle plus-value espérait-il tirer dans cette opération où il avait tout à perdre et rien à gagner ?

Idy s’est donc enlisé dans les marécages d’une communication « religio-confrérique », si on y ajoute son point de presse de clarification, où il risque de laisser toutes ses plumes.

Ne s’est-il pas fait hara-kiri avec les sabres de Bakka, ses propos irrévérencieux tenus sur les prophètes Mohameth et Ibrahim,  sa pédanterie et sa logorrhée démesurées qui vont le pousser jusqu’à défier un imam de la Mecque à qui il promet de dire la bonne destination en compagnie d’un Juif ?

Le dernier « bijou du suicide » ou le dernier sabre, et non le moindre, n’est-il pas d’affirmer urbi et orbi  son appartenance à la confrérie mouride autour de laquelle il laissait encore planer le doute ?

Le faisant  ne s’est-il pas mis à dos une partie des Tidjanes qui ne lui pardonneraient pas de renier leur tariqa au profit d’une autre ?




Si ce n’est pas un hara-kiri cela lui ressemble fort, à la seule différence que celui-ci ‘est ni volontaire ni honorable pour quelqu’un qui avait déjà gagné la sympathie de beaucoup de Sénégalais.

Mais il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ? Idy, en véritable sphinx, peut toujours renaitre de ses cendres en renvoyant dos à dos l’Arabe et le Juif à qui il dira finalement : « Bakka n’est ni la Mecque ni le mur de lamentations mais, tenez-vous bien, Mbacké » Touba Mbacké, s’entend, forteresse dans laquelle il compte trouver refuge pour aller à la conquête de l’électorat mouride qui, par devoir de reconnaissance peut-être, lui déroulerait le tapis rouge pour 2019.

Euskey !!!

 

Fait à Dakar le 23 mai 2018

El Hadji Abdou WADE dit Mara.

 

Communication politique: «La tour de Macky»

Selon la Bible, les hommes de Babylone ne parlaient auparavant qu’une seule langue et ne formaient qu’un seul peuple. Un jour leur vint à l’idée de construire une tour qui atteindrait les cieux par sa hauteur, et leur permettrait ainsi d’accéder directement au Paradis. On nomma cette tour la « Tour de Babel », « Babel » signifiant « porte du ciel ». Mais Dieu, les trouvant trop orgueilleux, les punit en leur faisant parler des langues différentes, si bien que les hommes ne se comprenaient plus. Ils furent alors contraints d’abandonner leur entreprise et se dispersèrent sur la terre, formant ainsi des peuples étrangers les uns des autres.





C’est en référence à ce récit de la Genèse que l’on utilise parfois le terme « Tour de Babel » pour parler d’un lieu où règnent le brouhaha et la confusion.
C’est à cette même métaphore biblique dont nous allons recourir pour référer à la cacophonie qui fait le lit de la communication du Président tant à l’échelle gouvernementale que partisane au moment où elle devrait faire face au défi de la désillusion généralisée des citoyens face à la chose politique.

En effet, même si les discours des hommes politiques se voudraient sincères, ils sont perçus avec de plus en plus de scepticisme.
Les récentes et multiples affaires qui ont frappé la classe politique ont fait entrer de plain-pied les citoyens dans « l’ère du soupçon », terme que nous empruntons à Nathalie Sarraute, et de la suspicion.

L’opinion publique concède à bien peu de politiciens le « parler vrai » ou bien le fait à ses risques et périls. N’a-t-on pas l’habitude d’entendre dire, hélas, que  » les promesses des politiciens n’engagent que ceux qui y croient » ?
Si on sait aujourd’hui que la communication est un enjeu scientifique et politique majeur dans la conquête et la conservation du pouvoir, il urge, pour nos hommes politiques de réviser leurs stratégies de communication pour redorer leur blason souvent terni par des promesses non tenues et les écarts de langage frisant l’arrogance. C’est le cas dans la gouvernance de notre pays et les exemples font légion.

Lors de la récente grève des enseignants, la première augmentation de 10% annoncée sur l’indemnité de logement des enseignants avait suscité des discordances même dans l’attelage gouvernemental, le porte-parole du gouvernement et le Ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions y allaient chacun de son côté, l’un annonçant une augmentation de 10 000 F et l’autre de 6000 F.
Aussi le Premier ministre s’est-il permis, en pleines négociations avec les syndicats, de déclarer avoir donné des instructions que certains ministres n’avaient pas eu l’heur d’exécuter.

Le point de presse, finalement mué en conférence de presse, tenu par le Ministre de l’Education nationale pour annoncer la levée du mot d’ordre de grève à la place des enseignants grévistes ne participait pas d’une bonne communication qui, à un moment ou depuis le début devait privilégier le réalisme en reconnaissant la légitimité des revendications, sur certains points en tout cas et avoir la modestie de leur dire: « Oui messieurs sur bien des aspects vous avez raison mais… » Une telle légitimation favoriserait une décrispation dans les positions antagonistes au bord de l’extrémisme.




De même que l’octroi d’une prime de qualification conséquente par décret 2018- 835 en date du 04 mai 2018 au profit du personnel navigant de l’Armée de l’Air avec, attachez vos ceintures, des montants échelonnés de 150 000 pour le simple militaire de rang à 1 000 000 F pour l’officier général, après qu’on est passé des risques d’une année blanche à une année « pâle  » du fait d’une masse salariale qu’on chercherait à maîtriser, alibi servi hier et aujourd’hui démenti, foule aux pieds un des principes de base de la communication institutionnelle qui voudrait que  » gouverner, c’est faire croire ».

Cela ne pourrait-il pas déjà susciter des envies dans les autres corps de l’‘armée ?
Aussi des communiqués de la présidence de la République ou du gouvernement laissent-ils souvent apparaître des maladresses que la décence et la rigueur qui siéent aux exigences républicaines ne sauraient admettre.
Mais il y’a encore plus à dire dans la communication de l’APR qui est au bas des pâquerettes.

Les nombreuses sorties par médias interposés de grands responsables de ce parti ont fini d’instaurer la cacophonie et de mettre à nu la communication défaillante du camp présidentiel longtemps décriée par des caciques de parti, le chef en premier, qui accuse ses responsables de ne pas communiquer suffisamment sur ses projets et de baisser souvent la garde face aux attaques de ses adversaires politiques.
Le dernier communiqué prêté au Secrétariat exécutif national (SEN) sous la publication de leur porte-parole, dénonçant la sortie du Médiateur de la République se prononçant sur la gouvernance du pays a été démenti par de hauts responsables de l’APR, dont l’administrateur général, qui affirment n’avoir assisté à aucune réunion du SEN se prononçant sur cette question.
Pire encore les propos prêtés au Médiateur sont démentis par ce dernier dans un message où il dit n’être ni de près ni de loin mêlé aux propos à lui attribués.
Ceci pose même la fiabilité des sources d’informations pour un parti au pouvoir disposant de toute la panoplie des renseignements des services d’état.
Bref il urge de mettre de l’ordre dans la « Tour de Macky  » pour qu’elle ne s’écroule pas comme la «Tour de Babel » forçant ainsi les troupes faisant de la politique leur gagne pain à aller brouter dans d’autres prairies plus touffues pour continuer à y vivre, sinon y survivre.
Communiquer- bien communiquer s’entend- c’est vivre !
Je communique donc je suis !

Fait à Dakar le 18 mai 2018
El Hadji Abdou WADE dit Mara.

Du jeudi noir au mardi noir : à quand la fin du massacre ?

Qui de notre génération ne se rappelle pas la journée sanglante du 22 janvier 1987, « jeudi noir » inscrit dans l’histoire du mouvement estudiantin qui avait fini d’enterrer les franchises universitaires, chose sacrée à laquelle nos prédécesseurs et nous-mêmes tenions comme à la prunelle de nos yeux ?
En effet, c’était la première fois, à part peut-être mai 1968, que les forces de l’ordre que nous avions fini d’appeler « forces du désordre » envahissaient le campus social de l’Université Cheikh A. DIOP de Dakar pour massacrer des étudiants dont le seul tort était de revendiquer le paiement des bourses, qui à l’époque devait être payées le 13 de chaque mois. Las d’attendre, après un retard de dix jours, nous étions décidés, comme ce fut le cas des étudiants de l’UGB, d’investir les restaurants universitaires pour opérer à un « ngénté tubaab » qui consistait à manger sans bourse déliée.




Le retard de paiement de la bourse, faudrait-il le rappeler, n’est pas une chose banale, loin s’en faut. L’étudiant y compte pour régler ses besoins les plus vitaux : acheter ses tickets de restaurant, ses matériels pédagogiques, payer son transport… Alors tout retard pourrait être lourd de conséquences fâcheuses.
Ce jour-là, les violences étaient inouïes car ces forces étaient même montées dans les pavillons pour défoncer les portes des chambres et mater leurs locataires au point que rapidement des rumeurs avaient circulé pour annoncer la mort de deux étudiants, rumeurs qui, heureusement, n’étaient pas avérées.
La crise qui s’en était suivie fut très longue et on avait de très peu frôlé l’année blanche.
Depuis lors c’est un éternel recommencement, comme dans Le Mythe de Sisyphe, et on ne peine encore à trouver une solution durable à ce problème avec l’accroissement du nombre d’universités et d’étudiants.
Le comble est arrivé le 31 janvier 2011 avec l’assassinat de Balla GAYE, suivi de celui de Bassirou TINE le 14 août 2014.
La vase est devenue trop pleine avec les événements qu’on vient de vivre à l’UGB qui ont encore une fois abouti à la mort de l’étudiant Mouhamed Fallou SENE.
Alors trop c’est trop et on doit cesser de crier haro sur le baudet en incriminant de manière fort abusive et facile les étudiants qui- loin de moi toute idée de vouloir les dédouaner-, s’ils avaient reçu leurs bourses à temps, n’auraient pas besoin de tenir ces manifestations qui ont occasionné le drame et si on sait aussi que les masses sont toujours folles.
La notion d’imputabilité qui permet de situer clairement les responsabilités doit avoir un sens dans notre administration, défaillante à bien des égards pour ce cas précis.
Le Président de la République n’avait-il pas fait, dans une logique d’apaisement du climat social, la promesse aux professeurs d’universités et aux étudiants reçus après la mort de Bassirou Tine qu’il n’y aurait plus de retard dans le paiement des bourses ?
Depuis quatre années est-ce qu’une évaluation a été faite pour voir les avancées réalisées à ce niveau et les difficultés pour les corriger, le cas échéant ?
Même si la question des bourses est transversale à plusieurs ministères- celui des Finances et de l’Enseignement supérieur-, il convient de situer clairement les responsabilités des uns et des autres afin de faire en sorte que plus pareil cas ne se reproduise dans un pays où l’étudiant, comme aimait bien le rappeler Moustapha Diakhaté, l’ancien Président du groupe parlementaire de Benno Bokk Yaakaar, lors de nos chaudes assemblées générales au campus social de l’UCAD, est une « épargne pour ses parents » issus souvent de milieux très modestes et qui placent en eux de grands espoirs pour des lendemains meilleurs. Certains de nos camarades partageaient déjà leur maigre bourse avec leurs parents.
Alors sacrifier un pilier aussi important dans la famille relèverait un peu de l’absurde au sens « camuséen » du terme.
Devant ce défaut de rationalité qui devrait appeler à la démission des responsables qui vont se renvoyer chacun la balle, l’Etat devrait recourir à la sanction administrative ou disciplinaire pour ces fautes dont la gravité ne fait l’objet d’aucun doute.
Si l’erreur politique se paie cash chez nous, l’ex DAGE de la Présidence de la République ne nous démentira pas, lui qui a été immédiatement limogé pour des propos qui n’avaient rien de quoi fouetter un chat- n’a-t-il pas émis un simple avis sur la participation des militaires et paramilitaires à la vie politique ?- il n’en est pas de même pour les fautes administratives souvent impunies et dont l’impact négatif est sans commune mesure sur les citoyens.
Alors vive la sanction, positive ou négative selon les cas, et à tous les niveaux de la hiérarchie !

Fait à Dakar le 16 mai 2018
El Hadji Abdou WADE dit Mara.

La démocratie sénégalaise: Du mythe à la réalité et de la réalité au mythe ?

Par essence, la démocratie, terme du grec ancien « democratia » provenant de la combinaison de « dêmos » (ensemble des citoyens) et « kratos » (pouvoir) est un régime politique dont le principe repose sur celui du gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.

Appliquée à l’échelle d’une République,  elle permet à tous les citoyens de disposer du droit, mais aussi du devoir,  de participer, de près ou de loin, aux décisions qui les concernent.

La volonté des citoyens s’exprime par la médiation de représentants désignés lors d’élections au suffrage universel.

D’où la question primordiale du choix qui revient au peuple souverain.




Ses principes fondamentaux sont entre autres : la liberté des individus, la règle de la majorité, l’existence d’une constitution et d’une juridiction, la séparation des pouvoirs, la consultation régulière du peuple par élection ou référendum.

Elle demeure toutefois un idéal qu’on cherche à atteindre du fait de la nature composite des éléments qui la structurent mais aussi et surtout de l’exigence de s’adapter au contexte spatio-temporel des citoyens dont elle est appelée à  prendre en charge leurs préoccupations.

Dans une Afrique longtemps minée par des dérives monarchiques, le Sénégal fait office aux yeux d’un grand nombre d’observateurs « d’exception démocratique », loin des révisions constitutionnelles, des coups d’état ou des conférences nationales qui ont installé la démocratie dans bien des pays africains.

L’étude de la vie politique sénégalaise révèle une immense richesse des activités partisanes mais également de nombreux bouleversements.

En effet, depuis deux siècles, le Sénégal est passé de l’état de colonie française au statut de pays indépendant, du parti unique de fait au pluralisme intégral, d’un total monopole de l’Etat sur les médias à la libéralisation de ce secteur, du règne sans partage du parti socialiste pendant 40 ans à la réalisation d’une première alternance le 19 mars 2000 et d’une deuxième le 25 mars 2012.

Dans le cadre rituel de l’évolution politique et constitutionnelle les élections constituent un rituel qui s’accomplit depuis 1848.

Cependant, force est de reconnaitre aujourd’hui que la démocratie sénégalaise semble marquer le pas et risque même d’être dépassé, s’elle ne l’est pas déjà, par certains africains comme le Ghana, le Bénin, le Cap Vert, le Mali ou même le Libéria qui, il y’a peu, étaient à des années lumières du Sénégal.

Il est alors devenu un impératif catégorique de nous interroger pour trouver les véritables raisons de ces reculs ou du moins ce « surplace » démocratique.

La première est à trouver dans le fort taux d’analphabétisme de notre pays qui tourne autour de 54, 6 %.

Un peuple ignorant, dans sa grande majorité, peut-il participer à la vie politique et démocratique du pays ?  Que nenni et l’assertion de Condorcet dans son œuvre intitulée Cinq Mémoires sur l’instruction publique, 1792 : « Plus un peuple est éclairé, plus ses suffrages sont difficiles à surprendre […] mais même sous la constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave. » l’illustre parfaitement.

Ces citoyens entièrement à part ne participent pas au développement économique du pays et sont victimes des injustices et des inégalités sociales que la démocratie était censée résoudre.

Cette situation est malheureusement exploitée par certains partis politiques  qui ont de plus en plus mauvaise presse et accusés de manipuler les citoyens, à la quête de pitance pendant les échéances électorales et obligés de privilégier le vote « alimentaire » à la place de choix programmatiques, même si on a noté ces dernières années une certaine prise de conscience pour contrecarrer l’achat des consciences.




Développement et démocratie sont donc  loin d’être antinomiques, mais la question est de savoir qui doit avoir le primat sur l’autre.

Jeffrey Sachs affirme dans son ouvrage « La fin de la pauvreté » que « la démocratie est une condition préalable au développement économique. » Cette thèse est-elle valable dans nos pays sous- développés ?

Nous pensons qu’un développement endogène serait plus à même d’installer une vraie démocratie.

L’autre facteur limitant se trouve dans la séparation des pouvoirs, principe fondamental de toute démocratie.

Qu’en est-il dans notre pays ?

C’est une lapalissade que de dire au Sénégal le pouvoir législatif n’est qu’un instrument à la solde de l’exécutif qui lui soumet des projets de loi qu’il votre sans discernement, sans jamais faire des propositions de lois qui, le cas échéant, sont dictées par l’exécutif.

Ce même pouvoir exécutif est souvent critiqué de s’immiscer dans des affaires judiciaires, ce qui pose encore avec acuité le problème de l’indépendance de la justice.

L’autre épine dans le pied de la démocratie de notre pays est l’absence de dialogue et de concertation entre la majorité et l’opposition car même si la démocratie repose sur la loi de la majorité, celle-ci doit aussi tenir compte des droits des minorités.

Tout ceci repose in fine la problématique de la  conquête et de l’exercice du pouvoir dans nos états qui s’inscrit toujours dans des enjeux de luttes parfois féroces dans lesquelles l’homme politique ne doit pas trop s’encombrer de scrupules moraux, d’où les nombreux « wax waxètt » constatés ça et là .

L’accent est mis sur les rapports de force – le vote de la loi sur le parrainage est là pour le confirmer-où le désir commun est de l’emporter sur l’autre quels que soient les moyens utilisés(la fin justifiant les moyens), ce qui rappelle à bien des égards Machiavel qui a bien su interpréter la légende du centaure (Mi-homme, mi- cheval) en ayant bien su user de la bête et de l’homme.

Le président Macky SALL ne l’a-t-il pas bien compris en s’autoproclamant « le lion qui dort » ?

Ah oui il faut être un lion, mais bien éveillé, pour faire face aux loups aux dents acérées, mais la  force seule est impuissante et contre- productive (elle suscite l’esprit de rébellion, situation à laquelle on assiste présentement à l’APR), sans la ruse du renard permettant de contourner les pièges ou de savoir en jouer.

Alors au renard de réveiller le « lion qui dort » pour une meilleure gestion de la situation administrative et politique du Sénégal.

Machiavélique !

 

Fait à Dakar le 11 mai 2018

 El hadji Abdou WADE dit Mara.

 

 

Contribution: Mélodrame politique à l’APR !

« J’ai donc écrit Amphion, et j’ai appelé ceci: Mélodrame. Je n’ai pas trouvé d’autre terme pour qualifier cet ouvrage, qui n’est certainement ni un opéra, ni un ballet, ni un oratorio. » (Valéry,Variété III,1936, p.88):

En effet, le mélodrame est ce genre théâtral, qui n’a ni les canons esthétiques du drame, ni de la tragédie et encore moins de la comédie.

Il a la particularité de mettre en exergue le pathétique et le sentimentalisme dans des situations fort inattendues.




Parlant toujours du mélodrame, Oscar Wilde ajoute:

« Les mélodrames voudraient que l’on soit muet au moment où on aimerait être sourd. »

Le décor est  bien campé  si on se réfère à ce qui se passe sur la scène politique actuelle de notre pays qui contient tous ces ingrédients. Et à défaut de surdité, osons tendre l’oreille pour entendre ce qui se dit  et ouvrir les yeux pour voir le spectacle .

Le parti au pouvoir est traversé par un courant de contestations à  l’interne qui présente de gros risques pouvant saper le moral, déjà très entamé, des troupes frustrées de n’avoir pas bénéficié depuis six ans maintenant des dividendes du pouvoir.

Cette situation est à prendre très au sérieux si l’on sait  le niveau de responsabilité et/ou d’engagement des hommes et des femmes qui mènent aujourd’hui le combat et qui, semble-t-il, font légion dans le parti beige marron  et n’ont  fait qu’oser dire tout haut ce que tout le monde murmure tout bas.

Les sorties récurrentes de Moustapha Cissé LO, Premier vice-président à l’Assemblée nationale et, qui plus est, Président du Parlement de la  CEDEAO, connu pour son engagement à nul autre pareil aux côtés du Président Macky SALL depuis les premières heures de sa disgrâce avec le régime du Président  Abdoulaye WADE, suscitent un branle bas à tous les niveaux de la hiérarchie. La proximité avec l’ancien Président de l’Assemblée nationale, devenu aujourd’hui Président de la République qu’il a toujours clamée urbi et orbi, lui avait valu  bien des déboires allant jusqu’à son exclusion de ladite assemblée avec son collègue Mbaye NDIAYE.

Aussi a-t-il été, il se plait de le rappeler souvent, de tous les combats qui ont abouti à  l’accession du Président Macky SALL à la magistrature suprême.

Si un allié de cette dimension, « actionnaire principal du parti » critique de manière aussi acerbe la façon dont le Parti-Etat est managé  et va jusqu’à douter, peut-être qu’il ne s’agit pas du doute méthodique de Descartes, de la capacité de son président, candidat à sa propre succession de franchir le cap du premier tour, cela devient simplement incroyable !

D’autres, comme Youssou Touré, ont embouché la même trompette pour dénoncer le peu de considération de leurs frères haut placés  de l’APR qui déroulent le tapis rouge aux transhumants oubliant ceux qui ont sué sang et eau pour les porter  au pouvoir.




Le paroxysme de l’humiliation est atteint avec ce dernier cité  qui, faudrait-il le reconnaître, s’est  aussi beaucoup sacrifié durant la période  des vaches maigres.

Après être déchu, depuis le mois de septembre dernier,  de son poste de Secrétaire à l’Alphabétisation et à la Promotion des Langues nationales, le voilà qui est prié de rendre tous les véhicules qu’il détient parce qu’une personne influente à la présidence de la République chercherait à l’humilier pour une erreur de communication qu’il aurait commise, humiliation qui  lui a fait couler un torrent de larmes. Pathétique!

Quid de maître Alioune Badara CISSE qui

était une des figures de prou et maître à penser de l’APR avant mars 2012?

Il a connu aussi des fortunes diverses depuis leur accession à la magistrature suprême.

En effet, premier ministre des Affaires étrangères du gouvernement du Premier Ministre Abdou Mbaye,  il a été remercié et est resté longtemps à l’écart des affaires avant de connaître un semblant de réhabilitation en se voyant confier la Médiature de la République.

Sa dernière  sortie qui a secoué le cocotier de  l’APR, mettant à nu la mal gouvernance dont notre pays fait l’objet,   est révélatrice de la nature de ses relations  devenues exécrables avec le President Macky SALL.

La bataille politique pour le contrôle de la ville de St Louis est passée par là. Marième Faye SALL, le Président Macky SALL, au temps pour moi, ayant choisi de parrainer son  beau frère Mansour Faye au détriment de l’ancien compagnon de lutte.

Après  sa sortie, stratégie pour le museler certainement,  il lui est reproché par ses frères  d’outrepasser les limites que lui impose le devoir de réserve  imposé  par sa fonction

Ce qui  nous rappelle le fameux « miik mba mòtt ». Sensationnel !

Que devient Moustapha Diakhaté ?

Cet ancien Président du groupe parlementaire de Benno Bokk Yaakkaar et militant de la première heure de l’APR avait déjà donné le ton depuis la fin de la 13ème législature en annonçant son désir de prendre un peu de distance par rapport aux affaires.

Repli stratégique ou gel de ses activités  politiques?

En tout état de cause il reste inaudible et invisible sur la scène « mélodramopolitique ». Pitoyable !

Tous ces tableaux  sont-ils des jeux de rôle du parti au pouvoir pour distraire davantage l’opposition et le détourner des questions essentielles?

On ne saurait répondre par l’affirmative si on sait que des personnalités d’une certaine trempe, comme ABC,  ne se donneraient pas à un tel jeu.

Alors le mélodrame risquerait alors de finir d’être une farce de mauvais goût avec des allures mêmes d’une tragédie qui va imploser l’APR de l’intérieur sans compter les sabres des adversaires qui  sonneraient comme un coup de grâce si on sait qu’ils pourront compter sur l’appui d’autres militants de la première heure comme Thierno Alassane Sall  ou d’anciens alliés  sur la route de la fronde.

N’a-t-on pas l’habitude de dire que  » le poisson  pourrit toujours par la tête »?

L’implosion du PS avant l’élection présidentielle de 2000, avec les départs de Moustapha Niass et Djibo Leiti Ka, est là pour nous rafraîchir la mémoire.

A bon entendeur..

Fait à Thies le 06 mai 2018.

El Hadji Abdou WADE dit Mara.

Contribution: Le dialogue est-il encore possible ?

 » Veni, vidi, vici  » avait  clamé  le célèbre  Jules CESAR pour dire : qu’il est venu, qu’il a vu, qu’il a vaincu.

Aux partisans de la loi sur le parrainage, on pourrait leur faire dire, par une sorte de commutation contextuelle :   » Nous sommes venus, nous avons voté, nous avons déçu ».

En effet, le vote de la loi controversée sur le parrainage par la majorité parlementaire le 19 avril a accouché dans la douleur  avec de vives contestations à  l’intérieur comme à l’extérieur de l’hémicycle et a fini de nous installer dans l’aube d’une période d’instabilité politique et sociale qui risque dangereusement, si on y prend garde, de mettre en cause la cohésion nationale et la stabilité de nos institutions .




Chaque camp, malheureusement, continue de bomber le torse.

D’une part les thuriféraires du Président, et le Président en premier, jubilant après le vote du projet de loi, ce qui d’ailleurs  demeure très suspect,  pour dire que force est restée à la loi et que les opposants, dans leur tentative de discréditer le projet de loi, n’ont pas réussi à manipuler l’opinion publique et lui donner un autre rendez-vous avec l’histoire le 19 avril, comme ce fut le cas le 23 juin 2011, et d’autre part  les aspirants au pouvoir et une partie de la société civile affirmant sans ambages  qu’ils ne vont pas se laisser faire et que le combat ne fait que commencer.

Ce combat sera mené sur deux plans :

  • Au plan juridique avec les recours introduits auprès du Conseil constitutionnel, de la Cour suprême et de la Cour de justice de la CDEAO pour demander l’annulation du projet de loi ;
  • Au plan politique avec un regroupement des forces pour organiser la résistance avec ce qu’ils ont appelé les « jeudis de la résistance».

Par voie de conséquence il y’a une radicalisation des positions et d’aucuns  pensent que le fil  du dialogue est à jamais rompu après le vote du projet de loi qui va désormais, sous réserve de promulgation par le chef de l’Etat, ce qui reste maintenant subordonné au traitement des recours, institutionnaliser le parrainage intégral pour toute élection au Sénégal.

Le Président de la République, sourd à tout appel, a campé sur ses positions depuis le palais et depuis la France qu’il avait regagnée plutôt, malgré les nombreuses menaces qui planaient sur l’ordre public de notre pays dont il est le premier et seul garant par la responsabilité à lui conférée  par le suffrage universel.

Qu’y avait-il d’urgent pour précipiter le départ pour Paris alors que le rendez-vous  avec le Président Macron était programmé pour le vendredi 20 avril à  18h ?
Les démarches initiées par la société civile auprès des chefs religieux du pays qui s’est rendue à Touba et Tivaouane avant de rencontrer le clergé à Dakar n’ont pas eu les effets escomptés.

Un  niet catégorique a été opposé  aux marabouts médiateurs redevenus tout à coup des « citoyens ordinaires  » à qui il a voulu expliquer les bienfaits, souvent fondés sur le  prétexte fallacieux du risque de pléthore de candidats,  du projet de loi que beaucoup de juristes ont qualifié d’inconstitutionnel.

Pourtant le Khalife général des Tidianes et Monseigneur Benjamin Ndiaye de l’Eglise  avaient chacun promis de joindre le Président Macky Sall pour lui demander de surseoir au vote du projet de loi et de restaurer le dialogue avec l’opposition.

Le Khalife général des Mourides n’a pas émis sur la même longueur d’onde que les autres régulateurs.




En effet, recevant la délégation des Aliou TINE et compagnie lui demandant de jouer les bons offices auprès du chef de l’Etat, il a eu une autre posture, celle-là consistant à dire qu’il  » va prier pour la paix et la stabilité de notre pays. »

Est-ce à dire, concernant les affaires de la cité, qu’il a renoncé à demander une quelconque faveur au Président Macky SALL ?

Touba serait-elle frustrée des fins de non- recevoir du Président  sur les affaires Karim Wade, Bamba Fall et Khalifa Sall ?

L’avenir nous édifiera.

En définitive le fossé s’est davantage creusé après le 19 avril entre majorité et opposition.

Le serait-il entre le Président et les Guides religieux ?

Espérons que  ce n’est pas le cas sinon ce serait la pire des catastrophes à l’ère du pétrole et du gaz déjà si inflammables dans cette aire  du Sénégal qui couve à présent sous le feu du parrainage et de la grève des enseignants, prise dorénavant à bras le corps par les élèves qui revendiquent, à raison, leur droit à l’éducation et qui ont décidé d’entrer dans le jeu pour une résolution définitive de la crise scolaire qui n’a que trop  duré.

Attention,  honnêtes citoyens !

 » Honte à qui peut chanter pendant que le Sénégal brûle, s’il n’a pas l’âme, le cœur et la voix de … »

Alors ne vous éloignez pas,

Sapeurs-pompiers !

Continuez à appeler au dialogue pour que Dieu nous conforte dans la paix et l’unité nationale!

 

Fait à Dakar le 26 avril 2018.

 

El Hadj Abdou WADE dit Mara.

 

Réflexion: Comparaison sera-t-elle raison ?

La journée du 19 avril a vécu avec son lot de manifestations sur toute l’étendue du territoire national particulièrement dans la capitale.

Plusieurs manifestants  dont des leaders politiques et des responsables de la société civile ont été arrêtés et conduits manu militari dans les commissariats de police.

Malgré tout, comme on s’y attendait, le projet de loi sur le parrainage est passé comme lettre à la poste, et sans le débat auquel on a souvent renvoyé durant les questions préjudicielles, mais avec un amendement mineur de la majorité parlementaire portant sur un plancher de 0.8 % et un plafond de 1% des électeurs inscrits dans le fichier électoral, condition sine qua non pour la validation de toute candidature à l’élection présidentielle.




La mobilisation des partis politiques et de certaines organisations de la société civile n’a été qu’un coup d’épée dans l’eau.

Quid du « 19 brumaire  » ?

Ses prémisses ne sont pas réalisées comme ce fut le cas le 23 juin 2011.

Les raisons ?

D’abord le 19 a été victime des effets d’annonce  qui ont fini de prendre le dessus sur lui.

En effet, une révolution  qui est par essence « un changement brusque et violent dans la structure sociale ou politique d’un  Etat » n’est donc pas quelque chose programmé à l’avance.

Ensuite le caractère populaire a été étouffé comme dans un oeuf par l’interdiction de la manifestation par le préfet de Dakar d’une part, contrairement au 23 juin où la marche avait été autorisée,  et la présence dissuasive d’impressionnantes forces de l’ordre qui avaient déjà donné le signal vingt-quatre heures avant la manifestation d’autre part.

L’un dans l’autre Dakar était assimilable à un état de siège qui ne laissait pratiquement pas de place à une manifestation populaire.

Beaucoup de  commerces ont baissé pavillon et les classes ont  vaqué dans tous les établissements scolaires de Dakar plateau au moment où le quantum horaire est sérieusement entamé  avec la grève des enseignants qui devient de plus en plus préoccupante.

Un vrai gâchis !




Personne n’a gagné dans cette situation.

En tout état de cause le fossé s’est davantage creusé dans la méfiance entre majorité et opposition, méfiance qui va cristalliser la défiance qui risque de radicaliser les positions et nous installer dans une guéguerre pré -électorale.

Il est devenu un impératif catégorique d’apaiser le climat social en renouant le fil du dialogue avec les différents acteurs et en donnant suffisamment de garanties sur la fiabilité du système électoral et la neutralité des institutions étatiques devant suivre le processus.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire et la préparation de la loi sur la révision du code électoral devra être mise à profit pour donner des assurances à la classe politique sur la mise en oeuvre des réformes découlant du vote de la loi sur le parrainage.

La question du parrainage multiple se pose avec acuité et toutes les mesures conservatoires doivent être prises pour éviter l’invalidation des candidatures.

Tout faire pour éviter  de tomber au travers de cette boutade de Coluche attribuée à  Staline : » Celui qui compte n’est pas celui qui parraine, c’est celui qui compte les parrains » vous comprendrez  que j’ai paraphrasé.

Quelle sera l’instance habilitée à valider les candidatures ? Conseil constitutionnel ou commission de recensement des parrains?

Quelles mesures pendre à l’encontre des personnes malintentionnées opérant des parrainages multiples pour invalider des listes de candidat?

Pourquoi ne pas accepter le parrainage multiple qui pourrait être la principale source de controverse?

Autant de questions qu’il urge de régler à notre avis pour la restauration de la confiance entre les différentes parties prenantes.

L’élection présidentielle n’est plus lointaine et la stabilité de notre pays en vaut  bien des sacrifices.

En attendant de savoir si la thèse du 19 brumaire, qui le 23 juin 2011 s’était confirmée le 19 mars 2012, va se réaliser le 24 février 2019.

En tout cas la révolution est en marche et comparaison ne sera-t-elle pas raison ?

Wait and see !

 

Fait à Dakar le 20 avril 2018

 

El Hadji Abdou WADE dit Mara

Contribution: Le 19 brumaire ?

Les concertations sur le processus électoral entre la majorité et l’opposition avaient accouché d’une souris.

Ainsi plusieurs points de divergences ont-ils été soumis à l’appréciation du Président de la République en même temps Secrétaire général  de l’Alliance pour la République (APR).
Cette double posture, ajoutée à  l’empressement avec lequel le projet de loi a été élaboré et soumis à  l’Assemblée nationale, a fini de semer le doute dans l’esprit et la rébellion dans les coeurs des opposants, et par delà de nos concitoyens épris des valeurs de la République.
Une véritable psychose a fini de s’installer et l’affrontement semble inévitable le 19 avril, date retenue pour le vote de la proposition de loi par nos Honorables députés, si on se réfère aux positions  souvent extrémistes des deux camps ne faisant, hélas,  aucune place au compromis dans un pays réputé pays de dialogue, comme aimait le rappeler le President-poète.




Des observateurs avertis présagent un remake du 23 juin 2011 qui avait vu le peuple, dressé comme un seul homme, pour arrêter les dérives despotiques du Président Abdoulaye Wade qui cherchait à se maintenir au pouvoir par des révisions  déconsolidantes de la constitution que la majorité présidentielle était prête à faire passer comme lettre à la poste n’eût été la détermination du peuple souverain, garant du respect de la charte fondamentale.
Tous les ingrédients de ce remake sont réunis et la ressemblance des tableaux est à la fois frappante et préoccupante si on sait que la tension semble même plus vive aujourd’hui que naguère avec des manifestations tous azimuts de citoyens revendiquant souvent des droits acquis non respectés comme c’est le cas des enseignants, des travailleurs de la santé, entre autres corporations, ou d’autres pour la libération de leaders politiques emprisonnés, lesquelles ont rassemblé à des moments et des endroits différents des milliers de personnes .
Devant cette situation lourde de tous les dangers(chat échaudé craignant l’eau froide) et dont l’issue risque d’être profitable à personne et dommageable à tous les Sénégalais, il convient  de mettre en garde les vat-en-guerre  et d’alerter les uns les autres pour un apaisement de ce climat délétère.
Toutes les forces vives de la nation doivent se lever pour servir de rempart à toute dérive pouvant découler de cette absence de concertation entre majorité et opposition.




Les chefs religieux, la société civile, les journalistes et tous les citoyens soucieux de la stabilité de notre pays sont appelés à jouer leur rôle de régulateur social pour faire entendre raison aux acteurs politiques qui doivent s’asseoir autour d’une table pour instaurer un dialogue franc et sincère sur le projet de loi instituant le parrainage.
Pour ce faire le Président  Macky SALL doit se départir de toute considération partisane et jouer le rôle d’un véritable arbitre pour concilier les positions antogonistes.
L’opposition, de son côté, devra faire preuve de plus d’ouverture et accepter de s’asseoir avec la majorité pour une réflexion appronfondie sur l’ensemble du processus electoral pour nous éviter autant que faire se peut les contentieux pré et post electoraux.
C’est seulement dans cette voie royale que réside l’intérêt du peuple souverain objet de toutes les convoitises des politiques mais acteurs décisifs dans les élections.
Vigilance pour éviter la prédiction historique de Karl Marx reprenant le 18 brumaire de Hegel pour dire en somme  » que les événements et personnages historiques se répètent pour ainsi deux fois: la première en tragédie et la deuxième en… »  !!!
Vivement que le 19 avril ne soit pas, par une anticipation intelligente basée sur un dialogue constructif , une répétition du 23 juin .
Vive le Sénégal!
Vive le Peuple souverain !
Fait à  Dakar le 14 avril 2018.
El Hadj Abdou WADE dit Mara.
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