Blog de Cheikh Yerim Seck

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Cessez de politiser la question technique du paiement des bourses !!!

YERIMPOST.COM Le décès de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène, le 15 mai, lors d’une manifestation d’étudiants réclamant le paiement de leurs bourses, est une tragédie, un incident à tous égards regrettable. C’est une épreuve vécue dans leur chair par un père et une mère de famille du Sénégal profond qui se sont saignés à blanc pour mettre leur fils dans les conditions de réussir à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, de réussir dans la vie tout court…

Pareil drame ne doit pas, décemment, servir d’alibi à un politicien de ce pays pour attaquer, accuser, accabler son adversaire… On ne fait pas la politique partout, avec tout, sur tout…

Dès que Fallou Sène est tombé, alors que son cadavre était encore chaud, des rivaux à Saint-Louis du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ont rué dans les brancards, exigeant sa démission alors qu’il se trouvait à l’étranger, en mission à Addis-Abeba, et alors que sa responsabilité n’avait pas encore été évaluée. La suite a montré que le ministère de Mary Teuw Niane a mené le processus de paiement des bourses dans le respect des règles et des délais fixés. Et que le retard de paiement, cause de l’émeute au cours de laquelle Fallou Sène a été tué, ne peut pas lui être imputé.

Mary Teuw Niane n’est pas la seule cible dans le viseur des politiciens embusqués, désireux de faire leur beurre avec le sang de l’étudiant disparu. Amadou Ba, ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, cible privilégiée des hommes d’affaires boulimiques et des hommes politiques chasseurs de primes, a fait l’objet d’attaques totalement injustifiées, signe d’une méconnaissance évidente des règles de fonctionnement de la trésorerie de l’Etat.
Le paiement des bourses est une opération récurrente gérée par des fonctionnaires du ministère en-dessous du directeur du Trésor, donc du ministre du Budget et du ministre des Finances. C’est le trésorier général qui ordonne au payeur général de payer. Mais, comme ces intervenants engagent leur responsabilité personnelle, ils vérifient la véracité des ayants droit qui ne font pas moins de 117 000 personnes. D’autant que le cadre même des bourses est propice aux trafics et magouilles de toutes sortes qui échappent y compris aux plus hautes autorités de l’Enseignement supérieur. Ce n’est pas pour rien que le ministre lui-même a déposé, le 19 mai 2014, une plainte devant le procureur de la République suite à la découverte d’un réseau de bourses fictives.

Dans un tel contexte, quelle que soit la pression des délais, l’agent du ministère des Finances qui s’occupe du paiement est obligé, sous peine d’engager sa responsabilité personnelle, de procéder à un minimum de vérifications et de recoupements. Cela relève d’une routine administrative dont Amadou Ba n’est même pas informé.

Ceux qui allèguent donc des difficultés de trésorerie de l’Etat pour expliquer le retard de paiement de la somme de 1 000 000 000 de francs cfa – laquelle a retenu Ecobank de payer du 2 au 11 mai – ont tout faux. A ce niveau, il y a une explication technique très simple. Environ 39 milliards de francs cfa ont été votés par l’Assemblée nationale pour payer des bourses qui culminent à la somme de 50 milliards !

L’écart d’une dizaine de milliards ne peut être décaissé par le ministère des Finances que sur la base d’une autorisation parlementaire. Sans ce quitus, le Trésor public, qui détient bel et bien les fonds pour payer Ecobank, ne peut les débloquer pour honorer sa dette vis-à-vis de cette banque. Voici ce qui explique ce que d’aucuns ont qualifié de difficulté du Trésor pour payer 1 milliard.

Par quelle alchimie certains ont-ils pu enjamber ces rouages techniques et les directeurs personnellement responsables de l’opération, pour convoquer la responsabilité du ministre des Finances ? C’est par le même procédé que ceux qui réclament la tête de Mary Teuw Niane ont cherché à le mouiller.

Il est vrai que le contexte de cette année pré-électorale, marqué par une guerre des tranchées au sein du parti au pouvoir, est on ne peut plus prompt à entretenir un climat délétère et une ambiance de coups tordus.

Grand argentier du pays, gardien du nerf de la guerre, Amadou Ba suscite, comme ses homologues de tous les pays, fixation, adversité et fantasmes. D’autant que l’ancien directeur des Impôts à qui Macky Sall a confié les cordons de la bourse est obligé de prendre des mesures drastiques et impopulaires dans un contexte économique difficile marqué par le renchérissement du coût du pétrole, donc la nécessité de raffermir la gestion pour ne pas creuser les déficits et aggraver la dette.

Si certains ont leurs raisons pour lui en vouloir, ils n’arriveront pas à établir sa responsabilité à propos du retard de paiement des bourses. En dépit des tirs sanguins de politiciens embusqués. Le souci de la vérité impose de dénoncer pareilles méthodes. Il est plus que temps de cesser de politiser la question technique du paiement des bourses.




Cheikh Yérim Seck

Arrêtez de tuer les Sénégalais !

YERIMPOST.COM Balla Gaye, Bassirou Faye, Mouhamed Fallou Sène… Au fil des années universitaires et des grèves et manifestations, la liste des étudiants tombés sous les balles des forces de l’ordre s’allonge. Le décompte macabre s’aggrave et, avec lui, les points noirs sur le visage de la démocratie sénégalaise.

Si cette spirale tragique n’est pas enrayée, notre pays risque de battre le record des démocraties tueuses de manifestants. Surtout avec le pic atteint par le régime d’Abdoulaye Wade qui, à la veille de la présidentielle de 2012, a ôté la vie à 12 de nos compatriotes, dont le très regretté Mamadou Diop.

Or, dans tous les pays respectueux de la liberté de manifester, il se passe des débordements pires que ceux qui ont cours au Sénégal sans que les forces de l’ordre usent de balles réelles pour tuer ou blesser. Le 1er mai dernier, les black blocs, ces groupes extrémistes d’anarchistes, ont semé en France des troubles plus graves et plus destructeurs que le soulèvement de ce 15 mai des étudiants de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Ils n’ont pas été criblés de balles réelles, encore moins tués, mais ont été contenus, neutralisés, interpellés pour certains par des forces de l’ordre qui s’astreignent à la « norme zéro mort » qui constitue le référentiel de mesure de la qualité de leurs interventions.

Si nos policiers et gendarmes les ignorent, on doit leur enseigner les normes internationales protectrices des citoyens dans l’exercice du droit de manifestation et de cortège. S’ils connaissent les règles mais manquent d’expertise pour contrôler les foules, il convient de les former. Quitte à créer une brigade spéciale anti-émeute entraînée à contenir les manifestations violentes !

Il n’y a aucune raison que les groupes ultra-violents d’altermondialistes et autres casseurs soient efficacement contrôlés à l’occasion de moult sommets internationaux dans nombre de villes du monde, sans que nos forces de l’ordre parviennent à réprimer sans bavure la poignée d’agitateurs d’une petite université comme l’UGB.

L’mage du Sénégal dans le monde impose qu’on cesse de verser le sang des Sénégalais dans l’exercice de leurs prérogatives démocratiques. La jouissance des libertés constitutionnelles doit être garantie. Les débordements doivent être contrecarrés par des moyens proportionnés. Les auteurs de bavures doivent être sanctionnés sans faiblesse. Les balles réelles doivent être bannies comme instrument de restauration de l’ordre public. Les forces de l’ordre doivent une bonne fois pour toutes arrêter de tuer les Sénégalais…




Cheikh Yérim Seck

M. le président, voici pourquoi vous devez mettre fin à l’arnaque de Gérard Sénac

YERIMPOST.COM M. le président de la République, sans doute fort de certaines informations, vous vous étiez engagé, le 31 décembre 2011, sur le plateau de la 2stv, une fois élu, à dénoncer le contrat liant l’Etat à Eiffage.

Le 7 mai 2018, réagissant au décès accidentel de Papis Baba Diallo, suite à des négligences cumulées de la direction de l’autoroute à péage, vous avez réaffirmé la nécessité de revoir le contrat qui lie l’Etat à Eiffage. Vous devez, M. le président, aller jusqu’au bout de cette idée. Voici pourquoi.

Je passe sur le montage du projet qui a occasionné le vol d’au moins 37 milliards du Sénégal par Gérard Sénac qui n’a pas investi un seul penny. Ce businessman a construit l’autoroute avec au maximum 50 des 87 milliards que l’Etat lui a remis et a fait main basse sur le reste.

J’en viens au cahier des charges lui-même, qui stipule que l’entreprise titulaire de la concession doit concevoir, financer, construire, exploiter et entretenir l’autoroute. Eiffage n’a rien financé. C’est le Trésor public sénégalais qui l’a fait à sa place. Après n’avoir rien financé, cette entreprise s’est vue accorder l’exploitation de l’autoroute pour 30 ans, soit la durée maximale.

Et, même si elle avait investi 61 milliards, Eiffage est entrée dans ses fonds depuis longtemps et a engrangé un bénéfice conséquent. Sur une base de prévision de départ de 40 000 véhicules par jour, l’autoroute en reçoit en effet plus de 60 000 par jour. Et applique des tarifs de péage caricaturaux depuis plus de six ans. Alors que le Maroc est à 5,5 francs par km, et la Tunisie à 10 francs par km, Gérard Sénac est, sur la base des 1400 francs pour 20 km, à 70 francs par km. Il empoche tout, bien que n’ayant pas financé l’autoroute à 100%.

Même si Gérard Sénac avait déboursé la somme qu’il prétend avoir investie, il suffit de faire le calcul pour se rendre compte qu’il a fini d’amortir cet investissement fictif et d’engranger un bénéfice conséquent.

M. le président, voici quelques raisons parmi tant d’autres pour lesquelles vous devez mettre fin à l’arnaque. De Gérard Sénac, un industriel français qui a pignon sur rue au Sénégal a récemment dit: « M. Sénac rigole et fait du mécénat pour l’art. Il est fort sympathique. C’est la marque distinctive des escrocs. »

Cheikh Yérim Seck

Monsieur le juge Ibrahima Hamidou Dème, votre entrée en politique est une mauvaise option

YERIMPOST.COM Monsieur Ibrahima Hamidou Dème, le 26 mars 2018, vous démissionniez de la magistrature par une lettre qui fera date dans les annales glorieuses de la République. Un an plus tôt, vous quittiez la position enviable de membre du Conseil supérieur de la magistrature. Toutes les deux fois, les raisons que vous avez évoquées à l’appui de vos décisions ont frappé l’opinion publique par leur pertinence et leur dignité.

Mais, dès que vous avez ôté votre robe de juge, vous avez aussitôt annoncé votre volonté d’arborer à la place le manteau de politicien. Et, ce 5 mai à Thiès, avec tambours et trompettes, vous avez franchi le Rubicon pour pénétrer dans l’arène politique à la tête d’un mouvement. Je pense que vous avez pris la plus mauvaise des options qui s’offraient à vous. Vous auriez pu ouvrir une école de formation aux principes de la République, créer une association de défense des institutions, ouvrir un cabinet de consultation en droit ou sur les questions judiciaires, devenir un avocat défenseur de la liberté des juges…

Vous avez décidé d’entrer dans le segment de notre vie publique le plus brutal, le plus corrupteur, le plus pervers… Le précédent Ousmane Sonko, passé d’inspecteur des impôts à opposant crédible, n’est pas pertinent comme exemple pour vous. Sonko était dans l’anti-chambre de la politique pendant plus d’une décennie à la tête du syndicat des fonctionnaires des Impôts. Il a eu le temps de prendre des coups, d’en donner, de s’aguerrir, d’assimiler les codes d’un monde à part… Inspecteur des Impôts, il a appris à la tête de son parti et fait face au pouvoir des années avant d’être radié de la Fonction publique. La transition s’est donc naturellement opérée pour lui.

Quant à vous, Ibrahima Hamidou Dème, vous tombez comme un novice dans ce jeu de massacres. Vous avez le cuir tendre. Vous risquez de finir dans l’estomac des crocodiles du marigot politique sénégalais. Ils vont vous attaquer, vous déstabiliser, vous étriller, vous décrédibiliser, vous dévorer… Et je crains que vous n’ayez pas les moyens des ambitions de changement que vous portez pour le pays. Eux ont des appareils, de l’argent volé des caisses de l’Etat ou tiré de circuits louches, des apparatchiks experts en coups tordus, des mercenaires qui mobilisent pour eux contre avantages en nature et en espèces… Vous, vous n’avez rien de tout cela. Eux ont un discours fondé sur la manipulation et le mensonge. Vous, dans la droiture du juge imbu de principes, vous ne devez pas pouvoir faire dans ce registre.

Et, si vous vous présentez à la future élection présidentielle, je crains que vous ayez un score minuscule du type de celui qui a humilié et définitivement rayé des personnalités inconnues au bataillon qui par le passé ont cru pouvoir mener la mère des batailles politiques.

Or, votre pedigree personnel aurait pu servir notre démocratie comme force symbolique ou comme contributeur à la masse critique. Et, on ne le dira jamais assez, ce n’est pas que dans la politique que l’on peut être utile. Vigie de la République, sentinelle de la démocratie, puissance d’alerte… sont des rôles plus précieux et plus prestigieux que bien des positions politiques.

Cheikh Yérim Seck



Gérard Sénac, dans votre pays, auriez-vous osé pareilles négligences ?

YERIMPOST.COM Gérard Sénac, par vos négligences coupables, vous avez occasionné l’extinction d’un des plus illustres talents du monde audiovisuel africain. Papis Baba Diallo, membre de Gelongal, titulaire du prix de meilleur réalisateur africain, a perdu la vie ce 5 mai 2018 sur l’autoroute que vous gérez.

Les circonstances de l’accident qui l’a emporté laissent entrevoir de graves négligences de votre part. Papis s’est retrouvé nez à nez avec un troupeau de boeufs déambulant sur la chaussée. Votre autoroute, la plus chère au monde, n’est pas clôturée. Comment pouvez-vous prendre autant de liberté avec l’étancheité d’une route à grande vitesse aussi passante ?




L’autoroute n’est pas clôturée, elle n’est pas non plus éclairée. L’accident est intervenu à hauteur de Toglou 2, sur un tronçon dépourvu d’éclairage. C’est donc dans l’obscurité que Papis, qui a payé les tarifs usuriers qui sont les vôtres pour pouvoir aller vite, a vu son chemin coupé par un troupeau de boeufs. Il a trouvé la mort. L’un de ses frères qu’il transportait a eu le bras fracturé. Un autre a subi des contusions sévères.

M. Sénac, ce n’est que dans une République bananière, un Etat fragile pour lequel vous n’avez aucun respect, que vous pouvez vous permettre d’accumuler autant de négligences. Votre autoroute, dont les tarifs de péage sont tout simplement caricaturaux, est un vaste cimetière où des Sénégalais de plus en plus nombreux laissent leurs vies.

M. Sénac, vous êtes français, je crois. Oseriez-vous, si vous gériez un ouvrage de ce type dans votre pays, vous laisser aller à de telles légèretés ? Vous auriez été poursuivi, civilement et pénalement sanctionné pour mise en danger de la vie d’autrui ou homicide involontaire.

Mais, comme nous sommes au Sénégal, un pays africain pauvre, habité de nègres dont la vie ne compte pas pour un penny, vous amassez des sommes colossales sans avoir la décence d’en investir la plus infime partie pour conformer l’ouvrage aux normes prudencielles en vigueur dans le monde entier. Nous y reviendrons.

Cheikh Yérim Seck

 

 

 

Assane Diouf tabassé par des gardes… Honte à l’administration pénitentiaire !

YERIMPOST.COM Je ne peux pas être suspect de sympathie pour Assane Diouf qui m’a abreuvé d’injures parce que… dakaractu avait désapprouvé les insanités qu’il débitait. Je pense même que cet insulteur public, sauvagement violent et puérilement vulgaire, mérite la peine qu’il est entrain d’endurer pour avoir injurié le président de la République, la Première dame, le président de l’Assemblée nationale, le procureur de la République, ainsi que des symboles de notre pays comme Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, porte-parole du khalife général des mourides, et le premier porte-étendard du Sénégal, l’icône planétaire Youssou Ndour.

Mais, même s’il avait tué, Assane Diouf n’en resterait pas moins un être humain revêtu d’une éminente dignité, un être créé à l’image de Dieu, comme l’indique ce postulat de la pensée judéo-chrétienne, un des fondements historiques des droits de l’homme.




Assane Diouf est en prison. Il demeure un être humain, un citoyen protégé dans son intégrité morale et physique par des principes universels reconnus par ce qu’on appelait autrefois « les nations civilisées ». Ces gardes pénitentiaires qui l’ont tabassé, lui laissant des blessures au genou et à la cheville, ont déshonoré leur écusson, violé ses droits, nui à l’image du Sénégal, signataire de toutes les conventions internationales interdisant la torture et les traitements cruels, inhumains et dégradants. Honte à eux ! Honte à l’administration pénitentiaire qui admet en son sein ces pratiques d’un autre âge !

Le traitement fait à Assane Diouf est inadmissible dans un Etat démocratique. Placé en isolement total, il ne reçoit de visite que de son avocat, Me Elhadji Diouf. Son épouse, de nationalité américaine établie aux Etats-Unis, de passage au Sénégal, a été empêchée de lui rendre visite en prison. Autant de faits constitutifs de traitements cruels, inhumains et dégradants qui interpellent les organisations de défense des droits de l’homme !

Les sévices exercés sur ce détenu sont symptomatiques de la brutalité de l’administration pénitentiaire du Sénégal, largement en-deçà du niveau de notre démocratie, constituée de gardes pour la plupart quasi-analphabètes totalement ignorants des normes protectrices des droits de l’homme. Bourrés de complexes, ces matons se comportent comme s’ils avaient des comptes à régler avec les détenus célèbres. Karim Wade a subi un fauchage qui lui a laissé de graves séquelles au genou. Je ne veux pas, pour ne pas personnaliser cette question, évoquer ce que j’ai moi-même vécu.

Assane Diouf ne doit plus endurer de brimade d’aucune sorte. Tous ses droits doivent être respectés. Le procureur de la République doit s’auto-saisir pour poursuivre les auteurs des coups et blessures volontaires qu’il a subis. C’est cela faire justice. La justice n’est pas la vengeance. C’est un pilier de l’harmonie sociale. Les prisons ne sont pas des camps de torture. Ce sont des maisons de redressement, de rééducation, de réinsertion sociale. L’insulteur public ne doit pas être détruit. Il doit être corrigé et socialement reclassé.

Cheikh Yérim Seck

La construction des Sphères ministérielles de Diamniadio est d’une pertinence absolue

YERIMPOST.COM Ceux qui doutent de la pertinence de la construction des Sphères ministérielles à Diamniadio, je les invite à lire le texte ci-dessous, extrait d’un document de travail remis au chef de l’Etat, Macky Sall, et dont Yerimpost a obtenu copie…

 

 » Programme présidentiel de rénovation et de développement du parc immobilier de l’Etat

(…)

En ce qui concerne le développement du parc immobilier de l’Etat, il a été constaté dès 2012 un déficit de 300.000 m2 d’espaces de bureaux qui sont à l’origine des 16 milliards de loyers payés chaque année.




A cet effet, 120.000 m2 de bureaux, 10.000 postes de travail, 2.200 places de parking et 38 ascenseurs répartis dans 9 nouveaux immeubles sont érigés à Diamniadio sous l’égide de l’Agence de gestion du patrimoine bâti de l’Etat afin d’améliorer l’environnement de travail des agents de l’Etat, la réduction du parcours de l’usager, la mise en place d’un vrai dispositif d’accueil et d’orientation dissocié de celui des forces de sécurité, pour une administration plus à l’écoute des citoyens.

Ledit projet dénommé Sphères ministérielles de Diamniadio, est réparti sur 3 des 4 arrondissements que compte le nouveau pôle urbain.

Dans le 3e arrondissement, l’Entreprise sénégalaise Gétran développe une sphère de 20.000 m2 qui sont répartis dans 2 grands immeubles, pouvant accueillir jusqu’à 4 ministères de taille moyenne (2000 à 4000 m2) qui seront livrés en Octobre 2018.

Dans le 2e arrondissement, Spherex une filiale du groupe Teyliom développe une sphère de 54.000 m2 répartis en 3 grands immeubles de 6 ailes pouvant abriter jusqu’à 12 ministères de taille moyenne (3.000 à 4.000 m2) ainsi que des salles de réunion, de conférences et des espaces de commerce. L’infrastructure sera livrée en juillet 2018.

La sphère du 1er arrondissement qui sera inaugurée ce mercredi 2 mai 2018, a été réalisée par le groupe Envol immobilier. C’est un ouvrage de 42.000 m2 comptant 1.600 postes de travail meublés et équipés qui peut accueillir jusqu’à 6 ministères dont 2 de grandes tailles (6.000 à 8.000 m2) et 4 de taille moyenne.

Les méthodes contractuelles et le dispositif technique mis en place par les développeurs ont permis de réaliser le projet en 23 mois sur les 30 prévus par la convention et de permettre ainsi à l’Etat d’économiser 8 milliards d’engagements locatifs par an dès 2018 et de renouveler son parc immobilier.

En outre, il sera initié dans le cadre du programme présidentiel de rénovation et de développement du parc immobilier de l’Etat, un projet de regroupement dans le pôle urbain de Diamniadio, des 33 agences des nations unies présentes au Sénégal avec une capacité d’accueil de 3.000 agents qui permettra de créer plus de 10.000 emplois indirects.

Enfin, le programme présidentiel de rénovation et de développement du parc immobilier de l’Etat, c’est aussi les sphères administratives régionales (SAR) qui consistent en la création dans chaque chef-lieu de région d’une cité administrative regroupant sous l’autorité du gouverneur, tous les services déconcentrés de l’Etat et des logements des représentants de l’Administration territoriale. »

Aux extraits de ce document, on peut ajouter d’autres arguments en faveur de la pertinence du projet. La logique de l’investissement public à Diamniadio est de créer les conditions d’un cadre de vie meilleur qu’à Dakar avec des coûts d’accès à la propriété divisés par 2.

Permettre à  une génération de Sénégalais, qui ont subi les contre-coups d’une mauvaise gestion du foncier entre 2000 et 2012 ayant conduit à un phénomène d’exclusion des classes moyennes, d’accéder à la propriété avec les conditions de transport qui s’attachent à notre temps.

L’ État a veillé à installer dans chaque arrondissement du pôle urbain une infrastructure qui permet de catalyser des activités du logement afin d’éviter un phénomène de création de cités dortoirs.
Aussi, il a été mis en place un dispositif de segmentation de l’offre. Chaque développeur de quartier a l’obligation de faire un pourcentage de logements économiques, un autre de moyen standing, et un 3e de haut de gamme.
Pour exemple, un appartement de 3 pièces de 100 m2  sur la VDN à Dakar vaut 50 millions en moyenne, le même bien de même qualité vaut dans le pôle urbain entre 15.6 et 25 millions, soit environ 150 000 par mois pendant 20 ans avec les frais financiers.
Pour toutes ces raisons, la construction des sphères ministérielles en particulier et du pôle urbain de Diamniadio en général est d’une pertinence absolue.
Cheikh Yérim Seck




Ces multiples signes d’une crise mortelle à l’APR

YERIMPOST.COM Dissidence ouverte de l’aboyeur Moustapha Cissé Lô, rébellion à peine voilée du cofondateur Alioune Badara Cissé, frustrations lâchées puis ravalées de la Cojer, diatribes entre barons, absence de congrès, longue léthargie des structures… C’est un euphémisme: L’Alliance pour la République (APR) est aujourd’hui en crise.




A l’image d’un météore, qui atteint les planètes les plus éloignées à la vitesse de l’éclair pour ensuite imploser, le parti créé par Macky Sall en 2009, arrivé au pouvoir à une vitesse supersonique en 2012, risque d’être tué par des contradictions internes dès le lendemain de la présidentielle de 2019.

Signe de la décadence imminente de cette formation, Moustapha Cissé Lô, l’une de ses figures emblématiques, son « chien de garde », son aboyeur prompt à sortir les crocs contre les adversaires, a pris ses distances, proclamant urbi et orbi: « L’APR ne fonctionne pas comme un parti. Les rôles n’y sont pas distribués suivant les critères de la légitimité et de la représentativité. Au lendemain de la présidentielle de 2019,  elle va se briser en autant de morceaux qu’une calebasse cassée. » Avant d’enfoncer le clou: « A partir de ce moment, je vais prendre ma propre route. Comme vont le faire au moins dix hauts responsables du parti qui comptent agir comme moi, y travaillent déjà, mais n’osent pas le proclamer aujourd’hui. »

Le cas Moustapha Cissé Lô n’est pas le seul symptôme de la crise. L’âme de l’APR, celui-là même qui, avec Macky Sall, l’a créé, est en rébellion de plus en plus ouverte, et a fini de se constituer en opposant dans le pouvoir. Alioune Badara Cissé, car c’est de lui qu’il s’agit, vite défenestré du gouvernement au lendemain de l’accession au pouvoir, laissé au chômage durant des années, casé de fraîche date au poste de médiateur de la République, n’est aujourd’hui du camp présidentiel que de nom. Affectueusement surnommé ABC, cet intellectuel cultivé, qui profite de sa posture de médiateur, censé donc être équidistant, use aujourd’hui d’une liberté de parole dévastatrice pour le pouvoir. Et construit un nouveau pavillon politique avec des organisations qui se sont constituées pour le soutenir: Les Abcdaires, AbcJaime, Jeunesse avec Abc…

Cette guerre aujourd’hui ouverte des cadres au sommet se répercute jusqu’aux cellules de base de l’APR. Ainsi qu’aux structures comme la Convention des jeunesses républicaines (Cojer, le mouvement de jeunesse du parti), dont la présidente, Thérèse Faye, combattue par le cercle intime de Macky Sall, a laissé exploser sa frustration au lendemain du remaniement consécutif aux législatives du 30 juillet 2017, avant d’être calmée avec des promesses par le numéro deux, Mahammed Boun Abdallah Dionne.

L’APR est aujourd’hui une bombe à retardement qui bouillonne de toutes parts. Le moindre fait de l’actualité révèle le climat de guerre civile qui y règne. Pour avoir fait poster sur Yerimpost un article répondant à l’édito de Cheikh Yérim Seck sur le calvaire des fidèles de la première heure de Macky Sall, Mahmoud Saleh a essuyé des réponses au vitriol signées de responsables du parti et de mouvements comme Les Abcdaires et AbcJaime.

Le climat, déjà suffisamment tendu à l’APR, est alourdi par les transhumants, ralliés de la dernière heure, hommes d’affaires mués en politiciens et autres personnalités de la société reconverties en brasseurs de voix imposés dans diverses localités par Macky Sall lui-même, dans le souci de ratisser large pour assurer sa réélection. Ces nouveaux venus, qui ne sont pas les bienvenus, braquent les historiques.

Aux querelles d’ego au sommet s’ajoutent les violentes guerres au sein des cellules de base du parti. A cet égard, l’exemple le plus éloquent est sans nul doute le conflit qui oppose Abdoulaye Daouda Diallo à Cheikh Oumar Anne pour le contrôle de Podor. Cette confrontation fratricide fait régulièrement la une des journaux par les affrontements, les dommages collatéraux et les coups bas qu’elle occasionne.

A quelques mois de l’échéance cruciale de la présidentielle, l’APR est en lambeaux. Si la position de pouvoir et les privilèges y liés vont permettre à Macky Sall de la maintenir artificiellement en vie jusqu’au scrutin de février 2019, le parti présidentiel va commencer à se démembrer au lendemain de ce rendez-vous électoral. Dans le cas où Macky Sall se succède à lui-même, l’APR continuera à exister pour la forme. Avant de disparaître totalement avec la fin du second et dernier mandat de son leader.

Cheikh Yérim Seck

 

 

 

 

 

Edito sur les enseignants: Réponse à Cheikh Yérim Seck (Ousmane Sy, maître es-didactiques des langues)

Monsieur, je n’aurai jamais songé prendre ma plume et rétorquer au brillantissime journaliste Cheikh Yérim Seck tant l’homme fascine et séduit par ses prises de positions tranchées et ses analyses profondes. Bien que je ne partage pas souvent vos schémas de pensée, je reconnais votre hauteur et densité intellectuelles. Rien du bas de ma petitesse d’esprit n’aurait justifié mon propos envers et contre vous si vous ne vous étiez pas pris subjectivement et violemment à une catégorie de travailleurs à laquelle j’appartiens fièrement. Mais lorsque l’opinion oblitère la réalité, éclairer devient un impératif catégorique. Alors le profane que je suis peut s’inviter dans cette tribune offerte pour apporter des éclairages.




«Macky Sall a beaucoup fait pour les enseignants», telle est la quintessence de votre post. Lorsque vous posez le problème ainsi, j’ose croire que vous parlez d’avantages pécuniaires.  Promettre 15 000 Fr au mois d’octobre et 10 000 Fr au mois de janvier 2019, c’est cela que vous qualifiez de «beaucoup fait». Donc que direz-vous du Président-Professeur Alpha Condé qui, d’un seul coup, a augmenté 40% les salaires des enseignants guinéens ? Pourtant la loi de finances 2018 ne prévoit pas une telle dépense mais avec son génie, Condé joue sur deux mécanismes pour satisfaire les soldats du savoir guinéens : le premier consiste à réduire les subventions que l’Etat accorde à certains services, notamment le secteur pétrolier. Le second consiste à réduire certaines dépenses de l’Etat.
Les enseignants sénégalais ne se battent pas pour une revalorisation indemnitaire qui ne repose que sur les libéralités du Président. Les enseignants revendiquent une équité indemnitaire reposant sur le critérium de la certification académique. Toute autre solution ne serait que dilatoire et atermoyante.
Je vous signale, monsieur Seck, que cette augmentation n’est que virtuelle parce devant être effective dans 6 et 9 mois. Il n’y a rien de nouveau au soleil des promesses du Président. Avant 2012, la question de l’indemnité de logement figurait dans notre plateforme de doléances. Depuis sept ans, c’est le statu quo parce que les autorités louvoient et procrastinent quand il s’agit de se pencher sur nos revendications pécuniaires. Aujourd’hui, il est clair que les autorités veulent utiliser la proximité de l’élection présidentielle pour ne pas honorer leurs promesses.
Dans votre argumentaire, vous vous êtes limité aux propositions du Président relatives à l’indemnité de logement. Votre champ de critique est trop réducteur pour un journaliste-analyste de votre trempe. Vous avez même franchi le rubicond en traitant les enseignants d’escrocs. C’est l’hôpital qui se moque de la charité. En matière de moralité, vous n’êtes pas la bonne personne qui peut nous servir de leçons. Quand on vend de la vertu, il faut en avoir un échantillon. Notre éducation nous interdit de vous suivre sur cette piste sordide pour distiller des insanités.
Parlant de notre grève qui vous met hors de vos gonds, monsieur, vous faites montre d’une ignorance totale de nos revendications. En effet, le gouvernement sénégalais, lui-même, a reconnu l’inégalité et l’injustice dans le traitement indemnitaire des agents de la fonction publique. Aujourd’hui le gouvernement refuse toute discussion sur les résultats de l’étude effectuée sur le régime indemnitaire. Monsieur le ministre de l’Education nationale avait, à ce propos, proposé un nivellement par le bas ou par le haut. Cependant, il a soutenu que la première option était impossible car elle reviendrait à priver des acquis à des agents. La seconde option était-elle aussi impossible parce que les enseignants sont jugés nombreux. Paie-t-on le travailleur selon le service ou selon le nombre ?
Monsieur Seck, il n’y a pas un seul enseignant sénégalais qui ne souffre des lenteurs administratives mettant en péril sa carrière. Le gouvernement se fonde sur le fallacieux argument du passif hérité de l’ancien régime pour justifier ces lenteurs. Nous n’avançons pas dans notre carrière professionnelle et vous avez le toupet de soutenir péremptoirement que le Président a beaucoup fait pour nous.
Monsieur Seck, aidez-nous à comprendre, vous qui maîtrisez mieux le français que nous, le sens de «légitime, réaliste et réalisable». Voilà des qualificatifs qui avaient validé nos accords de 2014. Nous sommes en 2018 et nous attendons toujours comme Godot l’effectivité de ces accords.
Monsieur Seck, vous n’êtes pas censé ignorer la violence verbale voire physique de nos dirigeants et même de notre peuple à l’endroit des enseignants. N’êtes-vous pas, en tant que citoyen journaliste épris de la liberté d’expression et de manifestation, formalisé de voir que les autorités, face à nos revendications, n’aient comme seule réponse les menaces, les intimidations, la diabolisation, les bombes lacrymogènes et les matraques ? Voulez-vous me dire, en tant que défenseur des libertés publiques constitutionnelles, que vous acquiescez à la sauvage répression à Ziguinchor des enseignants qui n’ont que leur plume et leur cerveau comme bouclier ?
Monsieur Seck, le Président déroule chaque jour au palais le tapis rouge à des lutteurs, des mouvements de soutien politiques, des gladiateurs, des chanteurs, des laudateurs sans cervelle avant de les bombarder de billets de banque dans un pays où l’on prétend qu’il n’y a pas assez de ressources à gaspiller. Je m’abstiendrai de parler de la manne financière dévolue illégalement et mensuellement aux épouses des ambassadeurs ni aux passe-droits indus des membres de certaines institutions budgétivores de la République. Les enseignants ne demandent pas de faveurs catégorielles. Ils exigent simplement que leur soit rendu leur dû qu’ils ne doivent qu’à la sueur de leur front.
Ousmane SY Maître ès-didactiques des langues 
Enseignant au lycée de Mboumba

ABC, El Pistolero, Abdou Mbow, Mor Ngom, Benoit Sambou… le calvaire des fidèles de la première heure de Macky Sall

YERIMPOST.COM Dans le Macky, la fidélité de la première heure est un délit. Cruelle ironie du sort, les compagnons historiques de Macky Sall, au lendemain de son éjection brutale du perchoir de l’Assemblée nationale par Abdoulaye Wade, sont aujourd’hui les laissés pour compte du régime. Tous ceux qui avaient pris le risque de l’accompagner dans son aventure politique alors incertaine sont aujourd’hui relégués à la périphérie du pouvoir.

On apprend, ce matin du 24 avril, que Moustapha Cissé Lô, fidèle parmi les fidèles, évincé sous Wade de l’Assemblée nationale pour prix de sa fidélité à Macky Sall, a démissionné de toutes les instances de l’Alliance pour la République (APR, le parti au pouvoir) pour rester un militant tout court. De déceptions en humiliations, « le fou du roi » a fini par se rendre compte qu’il était bon à insulter les adversaires de Macky Sall mais jamais à être responsabilisé. Après avoir été contraint de ravaler son ambition de briguer la présidence de l’Assemblée nationale, offerte à « l’allié » Moustapha Niasse, El Pistolero, écarté de toutes les décisions politiques stratégiques, s’est retrouvé marginalisé dans le choix de l’équipe censée conduire à la victoire le président-candidat en février 2019. C’en est trop pour ce boutefeu qui s’était senti très tôt écarté, au point d’avoir mis sur pied, dès 2013, en marge de l’APR, un mouvement citoyen mort-né.

Moustapha Cissé Lô n’est pas seul dans son cas. Un autre porte-flingue de Macky Sall, Abdou Mbow, un jeune qui a renoncé en 2008 à sa place au sein de l’Ujtl et à son salaire à l’Assemblée nationale, n’a guère connu un meilleur sort. Patron des jeunes de l’APR au moment de l’accession au pouvoir, il a été dépossédé du poste de ministre de la Jeunesse qui lui revenait en vertu d’une règle de logique politique. Planqué à l’Assemblée nationale, Abdou Mbow, sur-formé à Science Po Paris, est confiné depuis six ans à un rôle de répondeur automatique des détracteurs du régime. Alors que d’autres de son âge, apparus de fraîche date mais semble-t-il dans les grâces du cercle intime du Prince, siègent sous les ors, lambris et dorures du Palais, autour de la prestigieuse table du conseil des ministres.

Qu’elle est cruelle, la tragédie vécue par les historiques de l’APR! Qu’il est inhumain le traitement fait à Alioune Badara Cissé! Le cas d’ABC est l’illustration extrême de ce que la politique sous nos cieux peut produire comme ingratitude. Tous ceux qui sont informés savent que, sans ABC, Macky Sall n’aurait aujourd’hui été rien d’autre qu’un ancien dignitaire lambda du régime de Wade. C’est ce fin lettré, ce Saint-louis épris de la langue anglaise, ce disciple fervent de Serigne Touba, qui a forgé le destin présidentiel de Macky Sall, créé l’APR, installé toutes ses cellules au Sénégal et à l’étranger… Pour la petite histoire, c’est lui qui a choisi le nom APR parmi d’autres, après avoir consulté un expert en numérologie.

Dans la logique du destin immanquable des fidèles de Macky Sall, Alioune Badara Cissé a été défenestré du premier gouvernement auquel il a appartenu, laissé longtemps dans la galère du chômage avant d’être « casé » au poste de médiateur de la République face à l’indignation massive de ceux qui connaissent son passé avec celui qui s’est retrouvé à la tête de l’Etat.

C’est ainsi: il faut voir le traitement infligé à Abdoulaye Wade, qui lui a mis le pied à l’étrier en le propulsant aux plus hautes fonctions de l’Etat, pour se rendre compte que Macky Sall ne sait pas rendre la monnaie de leur pièce à ceux qui lui ont fait du bien.

Aujourd’hui, sous des apparences trompeuses, Mbaye Ndiaye, Mor Ngom, Benoit Sambou et tant d’autres fidèles, ayant des coquilles vides en guise de postes, souffrent en silence d’être dans le pouvoir sans être au pouvoir. « En politique, trahison, lâcheté et hypocrisie sont des religions. » Vieux de plus d’un semi-siècle, ce propos effroyable du romancier français Laurent Denancy demeure une vérité d’une brûlante actualité.

Cheikh Yérim Seck




Macky Sall a beaucoup fait, les enseignants doivent retourner dans les classes

YERIMPOST.COM Au cours de sa conférence de presse d’hier, 21 avril, Serigne Mbaye Thiam a menacé les enseignants grévistes de mesures de rétorsion, en brandissant la Constitution. Le ministre de l’Education nationale est, à juste titre, ulcéré par la surenchère interminable d’une corporation en éternelle contestation qui réclame des droits sans jamais honorer ses devoirs. Pareille attitude est d’autant plus lassante que beaucoup d’efforts ont été faits pour satisfaire ses revendications.

Le vendredi 30 mars, au moment où les Sénégalais avaient les yeux rivés sur le palais de justice de Dakar où devait être vidé le délibéré du procès Khalifa Sall et cie, le président de la République recevait les enseignants réunis autour des six syndicats les plus représentatifs. Sur leur principale revendication, à savoir l’indemnité de logement, Macky Sall leur a proposé la somme de 85 000 francs CFA à atteindre comme suit: 15 000 francs d’augmentation à partir d’octobre 2018 et 10 000 francs en janvier 2019. De 60 000 à 85 000, les enseignants n’ont pas craché sur la proposition mais ont demandé à consulter la base. Les vacataires n’ont pas été laissés pour compte, puisque le chef de l’Etat a également proposé une augmentation de salaire. Un plan d’apurement sur trois ans des rappels a aussi été discuté. Le président a promis un paiement entre 20 et 25 milliards par an jusqu’à épuisement total.




L’Etat a consenti un effort financier exceptionnel dans le souci de mettre fin à un cycle infernal de grèves qui ont fini de mettre à genou le système éducatif. Macky Sall a bravé le veto des bailleurs de fonds pour poser sur la table des mesures concrètes et audacieuses de sortie de crise. Parallèlement à la mise en oeuvre de ces mesures, il a demandé aux enseignants de reprendre le chemin des classes pour éviter de compromettre l’avenir des élèves. Sans être entendu.

Face à ces avancées, les enseignants n’ont en effet même pas eu la courtoisie d’amorcer le dégel. Ils ont continué à se livrer à leur activité principale depuis des décennies: faire grève. Comme si une confusion sémantique s’était installée dans leur esprit entre enseigner et faire grève. C’est trivial mais le rappel est pédagogique: un enseignant enseigne. Les enseignants ont déserté les classes pour le macadam des manifestations, les plateaux des médias, les lieux des assemblées générales, les tribunes des conférences de presse…

Ils continuent quand même d’être payés pour un travail qu’ils ne font plus, tout en se faisant défrayer pour des cours clandestins et illégaux dans les écoles privées. Cette escroquerie détruit l’école publique qui est passée du stade de la maladie grave à celui de la mort clinique. Or, l’école publique est le lien de la nation, l’espace de promotion de l’égalité des chances entre les citoyens, le lieu d’impulsion de l’élitisme républicain…

Serigne Mbaye Thiam a raison de s’offusquer devant un tel gâchis dans un pays qui fut naguère le quartier latin de l’Afrique et qui s’est mué en une usine de fabrique de nullards. Et c’est là aussi que les enseignants doivent être interpellés. Alors qu’ils posent des revendications surtout financières et très peu pédagogiques, le résultat de leur travail au cours de ces dernières années est plus catastrophique que la catastrophe.

L’Etat doit siffler la fin de la récréation. L’heure du retour dans les classes a sonné. Serigne Mbaye Thiam est attendu sur des mesures énergiques. Macky Sall a fait son devoir. Les enseignants doivent honorer le leur. Un sursaut de conscience professionnelle leur est nécessaire. Il faut arrêter les dégâts. Beaucoup de générations d’élèves ont déjà été sacrifiées sur l’autel d’un corporatisme vénal, irresponsable et anti-patriotique.

Cheikh Yérim Seck

 

Quand le Sénégal vire du modèle au contre-modèle: Chronique d’une démocratie qui se déconstruit

YERIMPOST.COM « Tripatouillage constitutionnel », « manoeuvre pour écarter de potentiels adversaires », « changement des règles du jeu électoral », « révision constitutionnelle forcée »… Tels sont les termes par lesquels la presse internationale désigne ce qui se passe au Sénégal. Ces mots, on avait l’habitude de les entendre dans le traitement de l’actualité de pays comme le Togo, la RDC ou le Congo.

En l’espace de quelques mois, le vernis qui enveloppait le modèle démocratique sénégalais a craquelé. Notre pays est passé de la rubrique des démocraties-modèle à celle des républiques bananières. Arrestations d’opposants, interdictions de manifestations pacifiques, tripatouillages constitutionnels… Amnesty International a eu raison de constater un recul des libertés au Sénégal, n’en déplaise au Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, qui a maladroitement répliqué en taxant cette organisation de défense des droits de l’homme d’officine au service des homosexuels.




La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est sans nul doute ce projet de révision constitutionnelle imposé par Macky Sall à moins d’un an de la présidentielle de février 2019 pour modifier les conditions d’éligibilité à ce scrutin. Pareille réforme viole les règles fixées en la matière par la Cedeao. Dans le monde où nous vivons, faut-il le rappeler, toute modification des règles du jeu électoral, surtout à quelques mois d’une élection, est juridiquement disqualifiée et politiquement mal perçue.

A cela, il faut ajouter l’effet de cumul, dans un contexte où le Sénégal est épisodiquement cité dans des événements peu glorieux. L’emprisonnement de Karim Wade a causé un sérieux dommage à l’image de notre pays, surtout du fait de cette décision de l’Onu qui a qualifié sa détention d’arbitraire. Les conditions dignes d’un scénario de série B dans lesquelles le fils de l’ex-président Abdoulaye Wade a été exfiltré vers le Qatar, le jour de sa libération, à bord d’un jet privé, n’ont pas été pour honorer notre pays.

L’embastillement qui s’est ensuivi du maire de Dakar, Khalifa Sall, est apparu aux yeux d’une bonne partie de l’opinion nationale et internationale moins comme un exercice de lutte contre la corruption que comme une opération de liquidation d’un adversaire politique potentiellement dangereux. Sa condamnation à une peine lourde par une justice aux ordres suscite la même perception que ce système de parrainage institué au forceps: ils découlent tous les deux de la volonté du président-candidat d’écarter tous les potentiels rivaux qui lui inspirent quelque crainte.

Et, comme pour aggraver son cas après le traumatisme causé par la condamnation du très réseauté maire de Dakar, le pouvoir de Macky Sall a emprisonné son lieutenant Barthélémy Dias pour délit d’opinion.

Cruelle ironie du sort, toutes ces dérives contre les libertés interviennent sous Macky Sall, né après l’indépendance, arrivé au pouvoir à la faveur d’une alternance qui a conforté la place de démocratie majeure du Sénégal en Afrique. C’est sous son magistère que notre pays passe du statut de modèle à celui de contre-modèle voire de risée du monde. Notre démocratie, qui inspirait tant de complexes aux Africains, se tropicalise, s’africanise… Signe des temps, la prochaine présidentielle verra la non-participation de deux supers favoris (Khalifa Sall et Karim Wade) et d’autres candidats qui seront recalés par le biais du filtre du système de parrainage.

La volonté de Macky Sall de rempiler à tout prix coûte cher au crédit international de notre pays. Ismaila Madior Fall, son ministre de la Justice, professeur de droit, ancienne vigie de la République, est passé maître dans l’art des réformes déconsolidantes. La situation actuelle de notre pays impose la nécessité d’une société civile forte, vigilante, gardienne intraitable des acquis. Car les acquis ne sont guère irréversibles. Le pire n’est jamais trop loin. Et les démocraties, comme les civilisations, sont mortelles.

Cheikh Yérim Seck




Loi Sur Le Parrainage: Puéril et Vaniteux «Bras de Faire»…

YERIMPOST.COM Le Sénégal sent le gaz et d’inconscients et inconsistants politiciens s’amusent avec les allumettes de la démagogie et du «jusqu’auboutisme entêté». Le pays peut s’embraser du fait de leur légendaire incurie, ils n’en n’ont cure. Ceux qui vont aller braver les policiers, légitimés par leur aveuglement, doivent avant tout considérer que leurs enfants se la coulent douce aux Etats-Unis et dans de huppés pensionnats européens. Voilà notre classe politique, aréopage de professionnels qui ont fait de la Politique une juteuse rente, qui justifie à leurs yeux toutes les compromissions et tous les arrangements coupables avec la notion de patriotisme, lui préférant les ânonnements béats à la gloire de leur parti dominant, piétinant sans honte ni vergogne la punchline de leur «Nouveau Roi» qui déclamait, la dépouille de Mamadou Diop encore chaude, que la Patrie aurait sous son magistère, plus de vertus que le Parti… Pour le coup, c’est mal… parti.

Ce projet de loi sur le parrainage, d’abord découvert subrepticement, enfoui dans les dernières lignes du compte-rendu d’un Conseil de ministres, ensuite validé médiatiquement par les caisses de résonance habituelles de l’APR, étrangement défendu quotidiennement par tout un peloton de Marabouts, qui ont, descendus de leurs minarets, fait le service après-vente de la loi, forts certainement du livret explicatif de cette loi, livrée dans la mallette, pardon, le coffret, et qu’on a daigné nous expliquer seulement hier soir à la veille d’un scénario plein de dangers, avec deux ministres en mission cathodique à la RTS.




Cette loi qui provoque une flambée populaire, du fait de son inutilité, en tous cas de sa non-urgence, vaut-elle de mettre le Sénégal au bord du volcan ? On sait le président Macky Sall accrocheur, voire bagarreur, pour qui se souvient que, alors ministre de l’Intérieur, il n’avait pas hésité à défoncer un bureau de vote et à détruire une urne, pour pouvoir voter sans carte d’identité. La bagarre, il aime ça… Ses adversaires le savent bien et sont prêts à l’affrontement. Tout ça pour ça… N’a-t-il pas mieux à faire que cette guéguerre puérile de cour d’école, où l’on s’amuse parfois à celui qui a les plus gros biceps ? Il devrait penser à faire réussir son admirable et ambitieux rêve du Plan Sénégal Emergent qui n’a aucune chance d’être attractif pour des investisseurs qui ne sont pas suicidaires et qui ne vont pas miser un seul dollar dans un pays devenu instable. C’est l’heure de devenir un Homme d’Etat, et de savoir prendre des décisions courageuses et historiques, plutôt que de jouer au chef de bande, pour en sauver juste les plus opportunistes coureurs de postes et de prébendes.

Mais il convient, en dehors de savoir rejeter le piège de la violence inéluctable proposée par un clan aux abois, de réfléchir au fait que tout ce tintamarre est juste une malice pour nous faire oublier que cette histoire, qui ne concerne que les politiciens, est bien moins importante à éclaircir que la cruciale question des cartes d’identité nationale dont le non traitement médiatique nous laisserait accroire que c’est un problème réglé…

Restons vigilants… On veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes et distraire les citoyens d’un vaste plan de fraude pour éviter un second tour… Pensez-vous que s’ils étaient véritablement concentrés sur ce grand chantier dans lequel patauge le Sénégal, ils auraient eu le temps d’organiser le sabotage d’un simple séminaire de Rewmi ? Qu’est-ce que cela sera quand ils seront en congrès ou en meeting ? Ils les bombarderont ?

Ne foutez pas le feu à notre Sénégal. Il ne vous appartient pas.

Jean Pierre Corréa

Moustapha Niasse, prenez vos responsabilités pour l’Histoire !

YERIMPOST.COM Moustapha Niasse, je suis né vous voyant parmi les principaux animateurs du pouvoir d’Etat. Vous avez toujours été là, en dépit des vicissitudes de la vie publique et des aléas de la respiration démocratique du pays. Directeur du cabinet présidentiel, ministre, ministre d’Etat, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale… A l’exception du fauteuil présidentiel, que vous avez raté du fait de votre pedigree particulier, vous avez occupé toutes les positions dans l’appareil d’Etat. Le Sénégal vous a tout donné, a façonné votre carrière et vous a bourré de privilèges. Le monde étant petit, l’on sait que la position de pouvoir vous a enrichi et vous a permis d’enrichir vos proches.

Qu’avez-vous, en retour, rendu au Sénégal ? Vous avez été l’acteur d’un échec collectif de notre classe politique qui, de Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, a appauvri notre peuple et sinistré les secteurs stratégiques de l’éducation, de la santé, de l’industrie, de l’agriculture…

Comme peut-être beaucoup de ceux qui ont exercé des responsabilités importantes dans notre pays depuis l’indépendance, vous n’avez, M. Niasse, encore rien fait de transcendant pour le Sénégal. Tout juste avez-vous, certes avec succès, réussi à vous bâtir une longue carrière politique en dépit des changements dans la météo démocratique.

Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et vous tenez une occasion historique de rendre service aux Sénégalais. Ce 19 avril 2018 est l’un de ces jours au cours desquels se fait l’Histoire. Acteur central de cette réforme constitutionnelle controversée qui menace l’équilibre de notre pays, vous avez un rôle prépondérant à jouer. Pour une fois, oubliez votre personne, vos intérêts, votre position, votre perchoir, votre camp politique, et pensez à l’intérêt général. Refusez de rester dans l’Histoire comme le serviteur servile de coteries partisanes et d’intérêts personnels. Usez de votre position pour persuader ou, à défaut, contraindre Macky Sall de surseoir au vote de cet incendiaire projet de loi pour donner ses chances à une discussion.

Ce faisant, vous prouveriez que vous êtes ce sage de la classe politique non pas seulement de par votre position d’aîné. Et vous seriez le médiateur naturel pour dénouer cette crise qui porte un sérieux coup à la réputation démocratique de notre pays.

Si, au contraire, vous vous comportez en thuriféraire d’un camp pour faire voter une loi susceptible de brûler le Sénégal, vous sacrifierez définitivement une place d’homme d’Etat pour une position triviale d’homme politique, de politicien…

Moustapha Niasse, vous avez atteint cet âge canonique où même Dieu est indulgent à votre égard. Vous n’avez plus rien à perdre et tout à gagner. Pour égard à la dignité de votre fonction, prenez une posture qui honore la République, la démocratie, le dialogue si cher à votre défunt mentor Léopold Sédar Senghor…

Macky Sall était à peine né lorsque vous exerciez des responsabilités au plus haut niveau. Les privilèges qu’il vous a donnés ne doivent pas vous dissuader de lui tenir le langage de la vérité en ce tournant crucial. Le moment est d’autant plus propice qu’il ne courra pas le risque d’une rupture avec le président de l’Assemblée nationale que vous êtes à quelques heures du vote d’une loi si lourde de polémiques.

Moustapha Niasse, prenez vos responsabilités pour l’Histoire !

Cheikh Yérim Seck



Contrats Etat-Total: l’inquiétante nullité de l’opposition sénégalaise

YERIMPOST.COM Après des pressions intenses, auxquelles Yerimpost s’honore d’avoir contribué, l’Etat du Sénégal a fini par céder et par publier les contrats le liant à Total dans le cadre des gisements pétroliers et gaziers de Rufisque Offshore profond et de l’Ultra Deep Offshore.

Ces documents sont une mine d’informations, une illustration concrète de l’hérésie de la « gouvernance sobre et vertueuse » prônée par Macky Sall. Ils sont donc une aubaine au profit de ses adversaires politiques pour interpeller le locataire du Palais à partir de faits concrets.

Contre toute attente, l’opposition est muette sur les contrats publiés, accaparée qu’elle est par des polémiques politiciennes sans aucune prise directe sur la réalité. A l’exception notoire d’Ousmane Sonko, qui a évoqué la question sur sa page Facebook et promis d’y revenir par une conférence de presse, les leaders de l’opposition ont fait montre d’une nullité inquiétante face à une problématique aussi stratégique.

Dans les pays à démocratie raffinée, la publication de documents de ce type aurait poussé les opposants à commettre une batterie d’avocats spécialisés et de juristes-conseil pour les disséquer, en distinguer le bon du mauvais, proposer des pistes de modification en cas d’alternance au pouvoir…

C’est peut-être trop demander aux adversaires de Macky Sall qui mettent la politique politicienne au-dessus des questions stratégiques. Gageons qu’ils vont se raviser pour examiner les contrats et soulever les importantes questions qui en découlent. La nullité n’est pas une fatalité.

Cheikh Yérim Seck




Sidiki Kaba, pourquoi êtes-vous allé faire humilier si gravement le Sénégal en Israël ?

YERIMPOST.COM Propulsé ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, sans doute pour avoir sur-vendu à Macky Sall ses « réseaux » dans le monde, Sidiki Kaba confond-t-il diplomatie et réseautage ? Intérêts du Sénégal et développement de son tissu relationnel propre ? Comment expliquer sa récente visite en Israël, sinon par une volonté d’entrer dans les faveurs du lobby juif, quitte à malmener la ligne du Sénégal sur le conflit israélo-palestinien ?
Quelles que soient les motivations de ce déplacement, il a offert l’occasion à la très arrogante administration Netanyahou d’infliger à notre pays un traitement plus humiliant que l’humiliation. C’est le quotidien national Le Soleil qui, dans sa livraison du 30 mars, écrit, en page 5: « Cette fin de visite a été marquée par une audience avec le ministre de la Défense israélien à la place du Premier ministre empêché. »  Cette formule diplomatique usuelle signifie que Benyamin Netanyahou n’a pas souhaité recevoir Sidiki Kaba. Le pire est dans le mot « empêché » qui suggère que le rendez-vous avait été confirmé puis annulé au dernier moment…
L’humiliation ne s »arrête pas là. Le Soleil renchérit: «Avant cette audience, le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur avait rencontré le directeur des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères». En clair, fioriture diplomatique à part, Kaba n’a même pas pu rencontrer son homologue israélien. 
La figure du Sénégal a été versée par terre, pour parler comme les Ivoiriens. Mais ce n’est que logique. C’est le chef de notre diplomatie qui a payé des verges pour se faire fouetter. Le Sénégal n’est pas n’importe quel pays. Il est à l’avant-garde du combat contre les injustices imposées au peuple palestinien depuis 1948. Et a voté toutes les résolutions condamnant les atteintes au droit international perpétrées par Israël sur les territoires occupés.
L’Etat hébreu n’est pas notre ami. Il a annulé ses programmes de coopération avec notre pays, en décembre 2016, suite à la décision du Sénégal de faire partie d’un groupe d’Etats initiateurs de la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations-unies appelant à mettre fin à la colonisation juive en ‘’territoire palestinien occupé’’. La vision de Netanyahou des rapports avec la Palestine est contraire à la ligne historique de notre politique étrangère.
Tous les actes posés par le chef de notre diplomatie au cours de sa visite en Israël constituent des fautes symboliques. Alors que notre pays, peuplé à 95% de musulmans, a présidé l’Organisation de la conférence islamique de 2012 à 2013 et dirige le Comité permanent de l’Organisation de la conférence islamique pour l’information et les affaires culturelles (Comiac), le geste d’adoration de Kaba en kippa devant le Mur des lamentations a horripilé la oummah islamique.
Tandis que le représentant permanent du Sénégal à l’Onu a été élu en février 2017 président du Comité des Nations-unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, Sidiki Kaba a fait accoler à notre drapeau celui de la puissance occupante de la Palestine pour meubler le fond de sa photo avec Avigdor Libermann, l’un des hommes politiques juifs les plus racistes, les plus anti-arabes et les plus anti-musulmans.
Au moment où notre pays et ses plus grands intellectuels militent pour la protection d’Al Aqsa, le troisième lieu saint de l’Islam, Sidiki Kaba s’y est fait conduire manu militari par de nerveux soldats israéliens qui ont molesté les Palestiniens trouvés sur les lieux, et investi avec cette irrévérence mêlée d’arrogance ce lieu de culte à partir duquel le Prophète Mohamed SAWS s’est élevé vers le Ciel. Le cliché est assassin aux yeux des peuples musulmans.
Le ministre des Affaires étrangères est allé au bout de tout ce qu’il pouvait faire pour déshonorer le Sénégal et brouiller son image dans le monde. Si on vivait dans un pays communiste, il aurait été jugé pour haute trahison. Heureusement pour lui, nous sommes en démocratie. Sidiki Kaba a toutefois l’obligation d’expliquer au nom de quels intérêts il a commis des gaffes diplomatiques de cette gravité.
Cheikh Yérim Seck




Nous, Gagner le Mondial Russe ? Savoir Raison Garder…

YERIMPOST.COM Le pouvoir s’est-il mis en « mode Mondial », au point de croire qu’il peut imposer des décisions impopulaires à un peuple embrumé par cet « Opium du Peuple » que représente le football ? L’heure est aujourd’hui à la passion. Les Sénégalais sont crispés, anxieux, stressés, et même pas parce qu’ils sont « mackys ». Nous sommes en ce moment tous en train de nous projeter en conjectures, non pas pour savoir comment nous allons payer des loyers de plus en plus chers, éduquer nos enfants dans les conditions les meilleures, soigner nos parents dans des hôpitaux sans maladies nosocomiales en prime, déambuler dans une capitale avec des trottoirs non encombrés, voter à une présidentielle bien organisée…, mais nous sommes tous en communion pour une fois concentrés au maximum sur notre participation au Mondial russe, et rêvant, pourquoi pas, au titre qui ne saurait nous échapper. Incha’Allah…

Soyons sérieux un petit instant. Peut-on gagner ? Doit-on gagner ? Commençons par la première question et tentons d’y répondre, nous qui aimons massacrer les bonbons en les croquant au lieu de prendre le temps de les sucer et d’en connaître, en l’appréciant, le goût, cela pour dire que nous aimons connaître la fin d’un processus sans en vivre le cours. Peut-on gagner un mondial de football, comme ça, du fait de la bonté de Dieu, du seul fait que nous sommes sénégalais, comme ça, juste parce que Dieu, est notre garçon commissionnaire, auquel nous allons demander de rapporter, pourquoi pas, la Coupe du Monde, juste parce qu’Il ne parle que wolof ?

Peut-on battre des Colombiens, des Polonais ou des Japonais qui, depuis des décennies, travaillent à produire des générations de joueurs qui courent depuis leurs culottes courtes ensemble, alors que nous n’avons fait dans le même temps qu’engraisser des joueurs comme on élève des moutons de Tabaski ?

Peut-on gagner devant des équipes qui ont des joueurs qui totalisent 20 fois plus de sélections que la nôtre ? Si Dieu se doit de récompenser le travail, alors on est mal barré. Il est vrai que nos audaces de 2002 étaient le fruit d’un désir commun depuis lors dissipé, noyé dans les coursives du Joola englouti du fait de nos tricheries coupables. Non, Dieu n’est pas injuste. En attendant, remettons l’ouvrage sur le métier, nous n’avons pas un problème d’entraîneur, nous avons un problème de projet. Arrêtons de tout de suite croquer dans le cœur du bonbon…

Jean Pierre Corréa




Enseignants, Sifflez La Fin de la Récréation, Le Président Vous a Satisfaits…

YERIMPOST.COM Un des problèmes de notre pays est que nous sommes de beaux parleurs. Nous parlons souvent pour ne rien dire, juste pour nous entendre parler. Il existe peu de pays où on aime autant se regarder le nombril et s’entendre parler.

Aujourd’hui, les acteurs politiques s’écoutent parler, ou plutôt parlent pour s’étendre et pour ricaner de l’absurdité des propos des autres qui ne sont pas du même bord qu’eux et, à travers internet, ils s’envoient des invectives. On dirait que parler rassure et aide à convaincre les beaux parleurs (politique ou social) qu’ils sont dans le coup. C’est amusant de voir ces rigolos de tous bords parler pour ne rien dire, ou pire, parler pour détruire un projet, une idée…

Ce qui est dérangeant finalement, c’est qu’avec ces beaux parleurs, il n’existe rien de nouveau. Aucun parti, aucun mouvement social ne propose quoi que ce soit. Aucune proposition, tout le monde parle, personne ne s’écoute et tout le monde réclame des concertations sur tout.




Les hommes politiques ne sont préoccupés que par la politique et la présidentielle (sa règle du jeu prête à être modifiée), et donnent l’impression que les choses importantes ne suscitent pas leurs prises de parole et la convocation de la presse pour entendre leurs discours et faire montre de leurs postures.

Or, sans doute jamais autant qu’aujourd’hui, les accords notamment entre pouvoir et enseignants n’auront été aussi porteurs de solutions aptes à sortir les enfants et élèves des ornières syndicales dans lesquelles les poussent des enseignants qui font fi de leur avenir et continuent à aller en grève au mépris de la réussite de leurs élèves, tout en continuant, eux, à percevoir leurs salaires. Ce qui, aux yeux de bien des parents d’élèves et de citoyens, est proche de l’enrichissement sans cause, puisque n’apportant rien de plus aux connaissances requises des enfants qu’on leur a confiés. Ils sont plus souples lorsqu’ils vont accepter des conditions salariales souvent inadmissibles dans le privé, mais qui mettent du beurre dans leurs épinards, au détriment des heures de travail qu’ils n’assurent pas dans le public et que les contribuables que sont les parents de leurs élèves rétribuent. Le président a satisfait leurs revendications. Il faut qu’ils sifflent la fin de la récréation.

Jean Pierre Corréa

Mon regard de juriste sur les incohérences de la décision de Malick Lamotte

YERIMPOST.COM Juriste dans une autre vie, j’ai gardé de ma formation universitaire des notions qui me permettent de me livrer à l’exercice du commentaire d’arrêt. La décision pénale qui m’intéresse, objet d’une grande attention de l’opinion publique du fait du pedigree du prévenu, me semble traîner de sérieuses incohérences.

Khalifa Sall a été condamné notamment pour escroquerie portant sur des deniers publics, une infraction d’une grande gravité qui d’ailleurs justifie la lourdeur de la peine qui lui a été infligée. Cette infraction suppose que son auteur ait usé de manoeuvres frauduleuses pour se faire remettre les deniers en cause à des fins d’enrichissement personnel. En l’espèce, Khalifa Sall, maire de Dakar, ordonnateur du budget de sa commune, ne peut pas être poursuivi pour escroquerie. Il dispose de jure et de facto des fonds et n’a nul besoin pour ce faire d’user d’une quelconque manoeuvre. Il ne peut être poursuivi que s’il commet des malversations dans leur gestion ou s’il les détourne de leur affectation dans un but d’enrichissement personnel. Seul un tiers est susceptible d’user de manoeuvres pour se voir remettre indûment ces deniers.




Ensuite, le juge Malick Lamotte a reçu la constitution de partie civile de l’Etat pour ensuite décider que celui-ci n’avait subi aucun préjudice et n’avait donc pas droit à une réparation. Or, dans un procès pénal, ne peut se constituer partie civile que celui qui a souffert d’un dommage directement causé par l’infraction. Le comportement du juge vis-à-vis de l’Etat dans ce procès reflète donc une contradiction absolue. Si je n’étais pas si naïf en politique, je croirais que le juge a fait exprès, en connaissance de cause, d’accueillir dans le procès une partie qui n’en est pas une, dans le but d’affaiblir la défense du prévenu par des contradicteurs illégitimes.

De même, le juge Lamotte a déclaré irrecevable la constitution de partie civile de la mairie de Dakar. Au bout du procès, il a reconnu implicitement, en décidant que l’Etat n’a pas subi de préjudice, que c’est la mairie qui l’a enduré. En clair, la mairie, dont les 1,8 milliard de francs cfa sont censés avoir été escroqués, a été empêchée d’entrer dans le procès pour les réclamer. Ce qui a conduit à cette situation rocambolesque où Khalifa Sall, à qui on reproche 1,8 milliard de nos francs, se retrouve ne devoir payer que 5 millions ! La partie qui devait exercer l’action civile a été écartée du procès !

Si je n’étais pas si inexpert sur les questions de pouvoir, je croirais que l’obsession de punir le maire de Dakar était si dévorante qu’on a administré le procès contre certaines normes élémentaires de bon sens.

Enfin, le juge Lamotte a estimé de façon péremptoire que le faux et usage de faux est établi dès lors que les factures d’achat de riz et de mil établies ne recoupent pas la réalité de l’utilisation faite des fonds de la caisse d’avance. Cette interprétation est sujette à caution en droit budgétaire et comptable. Dans ce droit, les fausses certifications ne sont pas un délit. Le juge des comptes cherche à s’assurer d’une seule chose: la conformité de l’affectation des fonds.

Si j’étais l’avocat de Khalifa Sall, j’aurais eu des griefs sérieux à opposer devant la Cour d’appel à la décision de Malick Lamotte. D’aucuns me diront qu’ils ne serviraient à rien, vu la nature de ce dossier qui pousse certains magistrats dociles à le trancher dans le seul souci d’appliquer au prévenu une punition à la hauteur de l’adversité qu’il suscite en Macky Sall.

Nos juges gagneraient à méditer cette pensée d’Hypolite de Livry: Le plus horrible spectacle de la nature, et un des plus communs, est de voir violer la justice par l’homme préposé pour la rendre.

Cheikh Yérim Seck



Justice de Merde: Question de Sémantique…

YERIMPOST.COM Lorsque le tonitruant Donald Trump, dans une de ces saillies dont il a le secret exclusif, émit la fâcheuse phrase qualifiant les pays africains de « pays de merde », la première réaction des concernés par cette outrance verbale fut un mélange de sidération et de colère. Puis, de nombreux intellectuels africains firent justement remarquer que ce « président de merde » avait synthétisé dans son outrance les maux qui entravent notre développement. Ils furent nombreux à dire, avec plus de poésie, que nous nous étions arrangés tout de même, au vu de l’état de bien de nos pays, pour mériter que l’on nous infligeât cet outrage.

Ce que le vibrionnant maire de Mermoz Sacré-Coeur, Barthélémy Dias, a dit à propos de l’institution judiciaire, avec des propos que l’on peut s’accorder à qualifier de déplacés et de violents, le juge Ibrahima Dème l’avait formulé avec plus d’élégance et de savoir-dire, dans un langage argumenté et qui ne fut jamais insultant pour sa hiérarchie. Il n’a de ce fait pas offert à ses contempteurs les verges pour le battre et son discours fut éclairant sur l’état déplorable de notre notion d’indépendance de la justice.

Qu’à l’occasion de la condamnation de Khalifa Sall à 5 années de prison, le plus tout jeune socialiste ait pu péter un câble et emprunter aux charretiers des éléments susceptibles de soutenir son langage peut lui coûter cher, mais cette approche sémantique peut faire penser à la différence qui existait dans l’expression musicale des maux sociaux en France, entre le géopoétique MC Solaar et les énervés de NTM… On écoutait et on comprenait plus volontiers le premier, et ses propos en avaient du coup plus de poids et de percussion. Question de sémantique…

Jean Pierre Corréa



Monsieur le Président, Après Khalifa Sall, «Aux Suivants !!!»

YERIMPOST.COM Passé l’état de sidération dans lequel de nombreux Sénégalais ont été plongés suite au verdict condamnant Khalifa Sall à 5 ans de prison, notamment en regard d’un délibéré évoquant des actes de premier communiant, il convient de ne pas commenter ni contester une décision judiciaire, mais au contraire de se demander si cette sévérité pouvait être de bon aloi et ouvrir à une inespérée fin d’une impunité qui concernait les hommes politiques.

Du coup, il est attendu que le président, qui avait déclaré naguère que de nombreuses conclusions de l’IGE et de l’Ofnac s’empilaient sur son bureau présidentiel et qu’il avait calé quelques-uns de ces dossiers sous son auguste coude, change de posture et, dans le bon sens du terme, lève le coude et nous informe de leurs contenus et des éventuels acteurs ainsi protégés de ses foudres, d’autant qu’un de ses proches a affirmé dans une fameuse émission de la TFM, ce weekend, que parmi ces impétrants se trouvaient des personnages de la mouvance présidentielle, certes récemment accourus  sous le paratonnerre républicain, avec leurs supposés grands électeurs dans leurs besaces.

S’il faut prouver l’indépendance de la justice, c’est bien le moment !!! Faites suivre ces dossiers qui prennent la poussière sur votre bureau aux autorités judiciaires compétentes, et laissez-les agir comme vous le déclarez tout le temps au nom de la séparation des pouvoirs, notion quelque peu chahutée pour nombre de Sénégalais qui s’acharnent à ne voir dans la condamnation de Khalifa Sall que la conséquence d’un procès politique, ce qui serait gênant pour un renforcement de notre démocratie dont la justice est le pilier essentiel.

Alors, les Sénégalais attendent et exhortent le chef de l’Etat à réaliser cet idéal de justice qui avait prévalu dans les motivations des citoyens ayant permis son élection en 2012 et lui disent en chœur: «Aux Suivants !!!».

Jean Pierre Corréa.



Démission du juge Dème: Ah !! Mais quel bel aveu de Moustapha Cissé Lô !!!

YERIMPOST.COM Quand un haut magistrat démissionne, et à force arguments, de l’Institution Judiciaire, nous rappelle que La Justice est le seul service public qui porte le nom d’une Vertu, et nous conte avec chagrin son supposé dévoiement, il aurait été de bon ton et d’élégante intelligence que nos hommes politiques s’interrogent et se soumettent à une saine introspection.

Mais, voilà-t-y- pas que pour les spadassins du pouvoir, la démission du juge Ibrahima Dème n’a rien de fortuit. C’est l’avis de Moustapha Cissé Lô qui, invité à la Rfm, pousse plus loin la réflexion. A l’en croire, le magistrat est animé par une ambition politique, ni plus ni moins. Et le responsable de l’Alliance pour la République d’étayer sa conviction par le portrait très négatif que le juge a dressé du pays avec, à la tête, le président Macky Sall.

Pour décrédibiliser le Juge Ibrahima Dème, il convient, pour ses détracteurs et gardiens forcenés de la Pensée Unique, de mettre les Sénégalais en garde contre cet homme, s’acharnant à prouver son insincérité par l’accusation selon eux rédhibitoire qu’il aurait une ambition politique. Donc, si on respecte leur logique et qu’on décortique leur accusation, avoir une ambition politique vous ôterait toute sincérité, et vous consacrerait « menteur » et « fourbe ».

Lorsqu’un citoyen pose le diagnostic « qu’une importante partie de la hiérarchie judiciaire a distillé dans le corps une culture de soumission qui a progressivement remplacé une longue culture d’honneur, de dignité et d’indépendance », cet homme est un politicien. Lorsque le regretté Juge Kéba Mbaye avait lancé à Abdou Diouf: «Les Sénégalais sont fatigués», personne n’eut la sottise de qualifier son propos de politicien. C’était un temps, messieurs, où les hommes politiques faisaient assaut et de patriotisme et d’arguments emplis d’honneurs et de respect pour ce qu’ils représentaient.

Quand le Juge Dème affirme que «nos valeurs cardinales de dignité, d’honneur, de probité et de loyauté sont presque abandonnées au détriment du reniement, du non-respect de la parole donnée, de la trahison, du mensonge etc. qui sont cultivés par les plus hautes autorités et ce, dans la plus grande indifférence», ces propos sortent souvent de la bouche des chauffeurs de taxi, lesquels sont les éponges de la déliquescence de notre mode de vie, leurs taxis servant de théâtre permanent dans lesquels se dit sans fard « qu’en lieu et place d’une gestion transparente, sobre  et vertueuse promise, on constate une gouvernance folklorique, clientéliste, népotiste, gabegique et laxiste et que nos maigres ressources de pays pauvre et très endetté sont dilapidées à des seules fins politiciennes ».

Penser discréditer le Juge Ibrahima Dème, imaginer disqualifier cet homme qui s’est ainsi exprimé en le qualifiant de politicien, revient pour ses pourfendeurs à avouer que leur métier d’hommes politiques est enraciné dans le faux-semblant, l’insincérité, la flagornerie et que la seule grammaire politique dans laquelle ils excellent réside dans l’expression singulière et devenue automatique du « Sujet-Verbe-…Compliment », colonne vertébrale de toutes leurs éructions serviles. Quel aveu…

Jean Pierre Corréa

 

Un ancien de la DST pour épier les Sénégalais: le scandale des écoutes téléphoniques

YERIMPOST.COM Votre blog préféré est en mesure d’écrire que le pouvoir en place au Sénégal a recouru aux services d’un Français, ancien de la Division de la sécurité du territoire (DST, les renseignements intérieurs hexagonaux), dont nous taisons le nom par sens de la responsabilité et par égard à sa sécurité, pour muscler le dispositif qui épie les communications téléphoniques des Sénégalais.

Parmi ceux de nos concitoyens qui comptent, quiconque est vigilant se rend compte qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans la qualité de ses coups de fil. S’il est peut-être efficace, le dispositif technique mis en place n’est pas discret. Il n’est pas totalement maîtrisé par les « grandes oreilles », comme le suggère cette source qui nous apprend qu’il s’agit d’une technologie israélienne dernier cri en cours d’acclimatation chez nous.

Il y a aussi là les effets pervers du comportement pour le moins écrasant et solitaire des agents des services secrets qui, munis de réquisitions, accèdent directement aux serveurs des sociétés de téléphonie mobile, y opèrent en solo, snobent les ingénieurs-maison qui connaissent les installations certainement mieux qu’eux… C’est ce qui explique des dérèglements comme ces vents violents et intempestifs qui se glissent dans les communications écoutées.

Mais tout cela n’est pas la question. La question ici n’est technique que pour ceux qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Elle est surtout d’ordre éthique. Dans une société civilisée, un Etat démocratique, les communications sont protégées par le secret. La confidentialité est une composante essentielle du droit à l’intimité de la vie privée. Il ne doit être porté atteinte à ce droit que dans des cas et des séquences limités et si et seulement si il y a une menace sur la sécurité collective.

Au Sénégal, on est trop loin de cette préoccupation d’ordre public. On confond sécurité publique de l’Etat et intérêts politiciens d’un régime qui épie ses adversaires ainsi que les pôles d’influence comme les médias, les syndicats et les familles religieuses. Au nom de quel principe peut-on épier des Sénégalais qui ne complotent pas contre la sûreté de l’Etat et pénétrer jusqu’aux profondeurs de leur intimité ? Doit-on dépenser des quantités importantes de deniers publics pour acquérir des technologies chères dans le but de violer les droits des citoyens ?

Aujourd’hui, la prégnance des écoutes et la psychose qu’elles suscitent ont fini de faire de Whatsapp le véhicule le plus répandu des communications entre les Sénégalais qui comptent. Avec toutes les contraintes liées à la mauvaise qualité de l’Internet et à ce risque de déposer des  données stratégiques sur la plateforme d’une entreprise privée américaine.

En un mot comme en mille, les écoutes téléphoniques tous azimuts, appelées à s’intensifier au fur et à mesure qu’approche l’élection présidentielle de février 2019, constituent un gros désastre humain et un énorme scandale démocratique.

Cheikh Yérim Seck



Match contre Bosnie: Les Lions de La Véranda…

YERIMPOST.COM A voir et à entendre notre coach national Aliou Cissé déclarer qu’il lui est possible de trouver encore 4 à 5 joueurs pour constituer sa liste des 23 devant aller à Moscou pour le Mondial, on prend la mesure du jeu sans vie ni animation qui est celui de nos Lions. On se demande s’il concocte une liste de guerriers ou un casting de Star Academy. Nos Lions sont-ils en «mode mondial» ?

Comme on a pu le constater, des Colombiens sont entrés au Stade de France pour prendre les Bleus à la gorge, leur marcher dessus, et leur rentrer dedans. Toutes les sélections observées sont en mode Coupe du monde, déjà concentrées sur leur sujet, alors que notre équipe ronronne, fait des arabesques, et donne l’impression d’avoir des joueurs qui ne se battent même pas pour… être sélectionnés, jouant sans passion, sans aucune hargne et ne « visualisant » pas du tout à quoi devra ressembler un match de Coupe du monde. Sont-ils, à quelques exceptions près, certains  de faire partie des 23, ou alors ont-ils peur de mettre en danger leurs postes dans leurs clubs respectifs ? Allez observer les Japonais et les Polonais et vous constaterez que leurs joueurs sont déjà largement affûtés et concentrés sur un objectif de compétiteurs. Cette sensation de voir des sénateurs pousser le ballon sur le terrain est désagréable et n’augure rien de bon, et les propos de Aliou Cissé qui manifestement ne tient pas encore son groupe ne sont pas plus rassurants.

On ne leur demande pas de faire le HAKKA des All Black en entrant sur le terrain, mais nos Lions de La Téranga avaient l’air d’émettre des miaulements de chatons frileux sur le terrain du Havre ce mardi. Seraient-ils déjà satisfaits d’aller juste faire du tourisme du côté de Moscou ou de St Petersbourg ? Sont-ils devenus « les Lions de la Véranda » ? Encore un peu plus de 50 jours pour retrouver leurs rugissements.

Jean Pierre Corréa



Thierno Alassane Sall est incompétent… Vous avez dit incompétence, Dionne ?

YERIMPOST.COM Dans une grande entreprise, un DRH qui embauche à un poste stratégique un cadre incompétent et qui la met dans le mur est tout de suite licencié pour faute grave. Logique. Lorsque le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, déclare que Thierno Alassane Sall a été démis de ses fonctions pour incompétence, on s’interroge sur les capacités managériales des hommes qui l’ont nommé à un poste parmi les plus stratégiques du gouvernement et qui symbolisait à lui tout seul et de par son seul intitulé un des axes essentiels sur lequel était engagé notre futur et reposait le socle ferme de notre essor.

Passons sur l’inélégant « ce monsieur », pour désigner un homme qui aura des mois durant travaillé sur le dossier du gaz et du pétrole et dont on a du mal à penser qu’il a démontré son incompétence au moment même où il s’agissait d’apposer sa signature sur le parapheur qui contenait les fruits de mois de négociations, menées par « ce monsieur », dont on a subitement découvert l’incompétence.

Avec tout le respect qu’on porte à Mahammed Boun Abdallah Dionne, clamer l’incompétence d’un ministre tellement important dans le dispositif gouvernemental, et portant sur ses capacités un des axes majeurs du PSE, relève de l’aveu non seulement d’incompétence, mais aussi d’inconséquence. Soit on a nommé un incompétent en le sachant, soit on a viré un nullard au bout de deux années. Et, dans les deux cas, cela relève de l’incompétence de ceux qui l’ont nommé, puis viré.

On aurait aimé connaître les véritables raisons de ce limogeage inédit. On nous offre, au contraire, comme on se tire une balle dans le pied, l’image d’un pouvoir qui aura de son propre aveu nommé des gens « au petit bonheur la chance », à des positions stratégiques. Vous avez dit « incompétence » ?

Jean Pierre Corréa



Qu’a vraiment fait Macky Sall en six ans ?

YERIMPOST.COM 5 ans… Cela aurait dû être, il y a un an, la fin d’un mandat promise à des millions d’électeurs il y a justement 6 ans. Mais ce moment des promesses nous ramène à cette liesse populaire qui avait envahi le Radisson Blu au soir d’une victoire espérée par des millions de Sénégalais exaspérés par la gestion familiale et clanique du pouvoir exercée alors par le président Wade. Et nous n’avions pas remarqué, dans cette euphorie collective constellée d’espoirs, que déjà se pressaient dans les couloirs de ce palace les nouveaux hommes du clan. Leurs visages suintaient d’une impression de jouissance teintée de « c’est notre tour », « un c’est notre tour » que nous aurions aimé être expurgé de vindicte, mais hélas…

Donc, il nous reste encore une année à accompagner un « Yonnu Yokkuté » qui aura pris quelques virages inattendus, et pas vers ceux qui en attendaient des bienfaits. On a connu le « deuk-bi dafa Macky » pour s’amuser de nos portefeuilles en berne, mais les thuriféraires zélés de notre président nous ont toujours expliqué que l’argent qui circulait depuis 2012 avait été lavé de toutes magouilles, contrairement à l‘ère de leurs prédécesseurs. Donc, CQFD, l’argent déclaré par notre président pour justifier son patrimoine serait donc entaché ?

Cet anniversaire est aussi l’occasion de revenir sur la « gouvernance sobre et vertueuse » clamée et revendiquée par les apéristes et leurs alliés. Question sobriété, on repassera, avec l’érection du HCCT, fromage offert à Tanor pour services rendus et qui remplace le tout aussi coûteux et inutile Sénat. Question « vertus », on s’est vite accommodé du soutien d’hommes qui étaient au lendemain de sa victoire aux portes de Rebeuss, comme Cheikh Amar qui ne nous a toujours pas expliqué comment il compte rembourser l’ARTP qu’il a grugée de plusieurs milliards de fonds publics.

Alors ? Vit-on mieux sous Macky que sous Wade ? Question de ressenti, c’est kif-kif, puisque dès qu’on soulève une question dérangeante, ses spadassins excités nous rétorquent qu’avant c’était pareil, oubliant l’adage qu’il vaut mieux ne pas en faire partie que d’y avoir moins participé. Or, peu ou prou, ce sont les mêmes qui étaient sous les lambris dorés des sinécures Wadistes qui se baladent dans les couloirs Sallistes.

Le souci c’est qu’en 6 ans, rien n’a vraiment bougé. La famille présidentielle est toujours omniprésente dans les affaires, dans les institutions, souvent créées pour les y placer, Conseil économique, social et environnemental, où ils pullulent, HCCT, dont on doute que la moitié des membres sachent nous expliquer la décentralisation, et tout semble être du même acabit.




Que reste-t-il en six années de règne, alors qu’on a déjà perdu 3 ans avec « le procès du siècle, celui de Karim Wade, qui a fait « pschiit », à tel point que durant cette tragi-comédie du pouvoir des hommes du sérail se sont aventurés à en demander une drastique correction des termes de références, et qu’on s’achemine vers le même imbroglio judiciaire avec Khalifa Sall ?

Il nous reste le PSE, ah… Si on ne l’avait pas celui-là, le PSE, sur quelle architecture construiraient-ils leurs discours ? PSE par ci, PSE par-là, il est à toutes les sauces, et en devient peu ragoûtant, à tel point que devant attirer les investisseurs, les promesses de dons, comme le téléthon, se font encore attendre. Alors, il nous reste la bonne politique politicienne. Et là, alors rien n’a bougé… Vous vous souvenez plus haut, ils pensaient avides à « c’est notre tour… ». Ils ont fini par enfermer le chef de l’Etat dans leur « tour »… d’ivoire. Comme si l’histoire se répétait… On dira : « Il était plein de volonté, mais c’est son entourage qui l’aura perdu »… Comprend-t-on que ce gouvernement d’ingénieurs, ils sont plus de 14, soit plus préoccupé par une réélection que par des solutions ?

Mais il nous reste cette bonne vieille Assemblée nationale, qui en finit avec sa mandature et qui dort depuis 6 ans avec, à son bilan, pas un seul projet de loi, pas une seule proposition de loi. Eux ils ont deux mois encore pour se réveiller… Le réveil est dans les urnes… Le pouvoir aussi. Faut juste en user.

Jean Pierre Corréa

Dakar, Capitale Moyenâgeuse…

YERIMPOST.COM

Nous souhaitons tous croire aux incantations vantant quotidiennement notre Plan Sénégal Emergent qui doit propulser notre pays aux cimes du développement. Mais, à regarder et surtout subir certains désordres homologués par nos habitudes et nos accoutumances coupables, nous désespérons d’atteindre ce but ambitieux. Comment comprendre que notre administration puisse tolérer, puisqu’elle l’organise, les véhicules à traction animale et surtout humaine ? Il est surréaliste de voir des hommes en plein centre-ville tracter avec leur seule musculature des tonnes de marchandises sous le soleil du mois d’août, suant et ahanant comme des bêtes de somme, pour des sommes dérisoires. Pour un Sénégal qui se veut émergent, ces scènes rappelant l’esclavage devraient être bannies, mais elles se déroulent dans l’indifférence la plus totale d’un peuple qui accepte sans sourciller que certains puissent être pris pour des animaux. Ces images sont moyenâgeuses.

Mais il y a aussi un phénomène qui prend de l’ampleur et qui pose souci du fait de son officialisation administrative, c’est celui des calèches. Nous voyons en pleine ville, au cœur d’une circulation déjà bien embouteillée, de plus en plus de cochers déguisés en Ben Hur ruraux, conduire leurs calèches et se mêler au trafic urbain sans sourciller, sur les grandes avenues, voire sur la VDN ou l’autoroute et même au péage de celui-ci et y faire la queue. Pour quel tarif ? C’est bien la question.




Ces véhicules n’ont ni cartes grises, ni assurances, ni freins autres que l’instinct du cheval à éviter un obstacle, et pourtant causent accidents et désagréments souvent graves. Ils ont pourtant des permis de circuler et même des panneaux de signalisation leur interdisant d’emprunter telle ou telle artère. C’est bien donc que leur statut est officiellement pris en compte par nos administrations, à commencer par le ministère de l’Elevage qui en a fait un segment de sa politique de vaccination. Que se passe-t-il lors d’un accident avec un charretier qui emboutit notre véhicule ? Eh bien, on vous rétorque qu’il faut laisser ce brave homme faire son « taxalé », et gagner sa pitance quotidienne, et lui, penaud, vous balance sa demande de clémence par un surréaliste « Ma ngi diégeulou »…

Mais, tant que ça nous sert à emporter nos poubelles et remplir nos boutiques de proximité, nous nous en accommodons lâchement. Et surtout nous n’éprouvons aucune compassion pour ces chevaux qui traînent parfois une tonne à la force de leur harnais, accélérés par leurs cochers de quelques coups de fouets bien sentis.

Et on ne se demande même pas pourquoi nos prières au Bon Dieu ne sont pas exaucées, alors qu’on maltraite autant une bête aussi sacrée que Le Cheval, qui a eu le privilège de faire monter Le Prophète au Ciel. Au nom d’Al Bourakh au moins, cela devrait nous révolter.

Jean Pierre Corréa

 

J’ose espérer que cette information sur Malick Gakou est fausse !

YERIMPOST.COM A l’initiative de Baye Ndiaye, frère du promoteur de lutte Aziz Ndiaye, et en l’absence de Balla Gaye 2, pris par les préparatifs de son combat contre Gris Bordeaux, mais en présence de son petit-frère, Sa Thiès, des bonnes volontés de Guédiawaye se sont rendues chez Malick Gakou. L’objectif est d’enrôler le leader du Grand parti (Gp) dans le groupe des personnalités de Guédiawaye appelées à se mobiliser autour de Balla Gaye 2 pour qu’il sorte victorieux de son choc du 30 mars prochain contre le Tigre de Fass.

Voilà ce que j’ai lu dans la parution du 20 mars 2018 du quotidien L’Observateur. Je refuse de croire en la véracité de cette information. Malick Gakou ne peut pas oser faire ce coup-là aux Sénégalais. Il ne peut pas, après avoir laissé entendre sa volonté de briguer la magistrature suprême, le 22 janvier 2017, à l’occasion d’une assemblée générale de son parti, disparaître et ne réapparaître sous les projecteurs des médias que sous les traits d’un parrain d’écurie de lutte préoccupé à s’affairer pour la victoire d’un lutteur.

Je n’ose pas croire, alors que les Sénégalais attendent ses propositions de transformation du pays dans un champ politique plus que demandeur d’offre, que Gakou puisse leur manquer de respect à ce point. Qu’il soit amateur de lutte ou friand d’être louangé dans les chansons de starlettes sénégalaises, c’est son droit ! Qu’il ait ce penchant pour le star system et le showbiz, pourquoi pas ?, s’il estime pouvoir passer par les célébrités pour décrocher les suffrages de leurs fans !

De là à théâtraliser une visite de lutteurs et d’amateurs alors qu’il est attendu sur des propositions pour régler les problèmes du pays, il y a une grosse erreur sur le registre.

Etre candidat à la fonction suprême de l’Etat est une chose sérieuse. Diriger un pays, ce n’est pas se distraire avec des lutteurs ou des chanteurs. La lutte, c’est bien. La musique, c’est excellent. Mais le Sénégal n’est pas un espace de jeu, encore moins un jouet. La politique n’est pas une activité ludique. C’est un engagement pour changer les choses. Elle requiert beaucoup de sérieux. Enormément de concentration. La concentration est le contraire de la distraction.

Malick Gakou, qui a une carte à jouer dans cette présidentielle ouverte avec 2 millions de primo-votants, ne doit être vu que sur le front des propositions sur l’éducation, la santé, l’emploi, la diplomatie, le développement économique… Desservi par une réputation de jet-setteur, qui lui colle à la peau tel un boulet, il doit travailler sa « présidentialité », prouver qu’il a les épaules assez larges pour remplir le manteau présidentiel.

Titulaire d’un doctorat, intellectuel structuré, il doit cesser de se laisser voir sous les traits d’un trivial personnage mondain. Et se défaire de certaines fioritures pour apparaître à l’opinion tel qu’il est vraiment. Nos discussions en privé m’ont fait déceler en lui un calibre politique et intellectuel qui peut être utile au Sénégal. J’ose croire qu’il ne va pas se consumer dans des futilités. J’ose espérer que l’information de L’Observateur est fausse !

Cheikh Yérim Seck



Non, Idrissa Seck, vous n’avez pas le droit de dire ça !!!

YERIMPOST.COM Evoquant les meurtres de nos compatriotes à l’étranger, vous avez, monsieur le président de Rewmi, critiqué le pouvoir, estimant qu’il gère ces drames avec « légèreté » et « faiblesse ». Pour justifier cette diatribe, vous avez convoqué le devoir de l’Etat de protéger ses ressortissants installés à l’intérieur comme à l’extérieur de son territoire.

M. Idrissa Seck, vous êtes leader d’un parti politique. Vous avez de par le passé occupé les fonctions stratégiques de directeur de cabinet du président de la République puis de Premier ministre. Vous n’avez pas le droit de tenir de tels propos. Vous connaissez la délicatesse des rapports entre Etats ainsi que les règles imposées par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires.

Vous n’ignorez pas que, même si fermeté il doit y avoir, elle s’exerce dans les conditions de la diplomatie, c’est-à-dire dans le respect des formes, la discrétion, la courtoisie… L’Etat du Sénégal observe ces principes, mais vous savez parfaitement, pour être informé, qu’il a pris toutes les dispositions pour que tous les droits d’Idy Diène, tué en Italie, et de sa famille soient respectés. Vous savez tout autant qu’il a dépêché une mission en Espagne pour prendre langue avec les autorités, défendre les droits de nos compatriotes Mame Mbaye Ndiaye et Ousseynou Mbaye qui y ont perdu la vie, et prendre les dispositions pour éviter de tels drames en l’avenir.

Contrairement donc à ce que vous affirmez, ni légèreté ni faiblesse ne peuvent être imputées au pouvoir sénégalais. Macky Sall, le président de la République, a certes des défauts. On ne peut toutefois pas lui reprocher de manquer de sérieux.

La politique au sens politicien du terme est légitime. La contradiction est le moteur de la démocratie. Mais elle ne s’exerce pas sur tout, en tout, tout le temps. Les intérêts supérieurs de notre pays, ses relations avec les Etats tiers, la vie et la sécurité de nos compatriotes… ne sont pas des questions politiciennes. Ce sont des enjeux transcendants.

Sous d’autres cieux, lorsque des drames de ce type touchent des citoyens, toute la classe politique observe ce qu’il est convenu d’appeler « l’union sacrée ». Les leaders de l’opposition se plient à une réserve de décence et, dans bien des cas, soumettent dans la discrétion des propositions au pouvoir sur ce qu’ils estiment être la meilleure manière de gérer la situation.

Monsieur Idrissa Seck, vous avez le droit, à dix mois de l’échéance cruciale de la présidentielle de 2019, de tirer à boulets rouges, à bout portant et à feu nourri sur votre adversaire, Macky Sall. Vous ne devez toutefois pas faire feu de tout bois. Aspirant à la plus haute fonction de ce pays, vous devez respecter les règles d’élégance républicaine et les murs porteurs des intérêts de l’Etat.

Cheikh Yérim Seck



Vidéo- Yerimpost décrit le comportement prédateur et impérialiste de Total au Sénégal





L’Outrecuidante Témérité de Karim Wade

YERIMPOST.COM Karim Meissa Wade se lâche. Il semblait convenu entre le Qatar et le Sénégal que l’ancien ministre se réservât de toute activité pouvant nuire au régime de Macky Sall. Cet accord semble rompu. Et l’ancien ministre de La Terre, Des Cieux et des Océans du Sénégal, certainement encore encombré des restes du pouvoir qu’il avait absolu sur nos destinées sous-développées, se met à minimiser nos institutions judiciaires, leur opposant d’autres décisions d’instances étrangères. Quelle outrecuidance !!! Quel manque de respect pour les institutions d’un pays qu’il prétend pouvoir diriger un jour !!!

Depuis la tanière qatarie où il s’est réfugié, au terme de ce que tous conviennent de nommer dans un bel euphémisme, un deal, il défie le chef de l’Etat et, faisant fi de son inéligibilité, déclare sa candidature pour la présidentielle de 2019 en prévenant Macky Sall des tourments qui l’attendent à l’occasion de son grand retour: « Le moment est également venu pour Macky SALL de se résoudre à m’affronter dans une compétition loyale et transparente. Je suis plus que jamais déterminé à lui faire face lors de la prochaine élection présidentielle et à le battre au soir du 24 février 2019 ». C’est « le grand retour du Jedi », et Zorro et Robin de Bois réunis, lui qui « invite ses compatriotes, tous ses compatriotes, à faire preuve de patience et d’endurance pour regarder l’avenir avec sérénité et vaincre la fatalité en engageant, avec courage et détermination, le combat pour un Sénégal réellement indépendant, prenant son destin en main, dans une Afrique unie et prospère ».

Les Sénégalais seraient-ils devenus amnésiques et auraient-ils oublié que c’est sa morgue, rajoutée aux ambitions monarchiques de son père, qui ont déterminé tout un peuple à se dresser vent debout contre l’injustice et l’injure à notre histoire démocratique ? Le problème, c’est qu’aujourd’hui la diatribe de Karim Wade fonctionne, elle imprime dans les esprits, et ce n’est pas là le moindre des exploits de Macky Sall d’avoir rendu les propos téméraires de l’héritier politique d’un PDS moribond, audibles. Devoir envisager, même pour une minorité de Sénégalais, l’option Karim Wade crédible accrédite l’idée que bien des espoirs exprimés lors des mouvements de refus de 2012 se sont évaporés et que la tentation du « pourquoi pas ? » commence à poindre. C’est ce qui autorise KMW à faire montre de témérité, et d’une certaine outrecuidance…

Qui le ramènera à l’ordre ? Qui rendra son discours obsolète ? La réponse est dans des actes à poser… sauf si il se fait un peu tard…

Jean Pierre Corréa

Les Ombres Ravageuses de La Célébrité.

YERIMPOST.COM Déposons en exergue cette fable de Jean de La Fontaine pour observer avec inquiétude comment des hommes peuvent, sur un malentendu, prétendre avec désinvolture exercer quelque influence… Cette fable nous raconte qu’Une Grenouille vit un bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle, et se travaille Pour égaler l’animal en grosseur, Disant : « Regardez bien, ma sœur… Est-ce assez ? Dites-moi ; n’y suis-je point encore ?– Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ? – Vous n’en approchez point. La chétive pécore, S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs, Tout petit Prince a des Ambassadeurs,Tout Marquis veut avoir des Pages.

Combien d’hommes dans notre pays et notre galaxie politico-médiatique sont-ils victimes du syndrome des « 15 minutes de célébrité » ou « quart d’heure de célébrité » ? Il désigne la célébrité fugace de ceux qui sont l’objet de l’attention des médias de masse, attention qui passe à un autre objet dès que l’intérêt du public s’affaiblit. L’expression est souvent employée dans l’industrie du spectacle, de la politique et d’autres champs de la culture populaire.




Notre univers médiatique est rempli de personnages qui ont surgi dans notre quotidien, sans avoir jamais rien produit comme idées, programmes, inventions, thèses, films, et qui deviennent des leaders d’une opinion prompte à adorer le dernier venu, s’étant souvent vite fatiguée du dernier qu’elle-même avait contribué à mettre sur orbite populaire. Ils trônent sur les « Unes » des quotidiens et s’en évaporent aussi sèchement qu’ils les avaient squattées, et exposent des ambitions par eux justifiées par cette exposition hasardeuse et basée sur la vacuité d’une actualité sans relief, qu’elle soit politique, artistique, médiatique ou sportive. Des hommes performants dans leur domaine d’activités s’aventurent dans des sphères médiatiques où, comme l’infortuné « Professeur » Songué, fascinés par le vertigineux rôle qu’on leur a confié avec légèreté et complaisance, ils vont tout aussi aisément débiter des inepties, et je suis poli.

La rumeur nous susurre qu’un fringant et néanmoins méritant patron de presse serait en « tournée politique » et s’apprêterait à briguer la présidence de la République. Il en a le droit… Grand bien lui fasse… Mais mon Sénégal est-il tombé si bas que tout homme puisse prétendre à pouvoir le ramasser ? Que Akon déclare qu’il n’a pas envie d’être président du Sénégal, et que personne n’ait le réflexe de lui rétorquer que cela ne nous intéresse pas non plus de l’avoir comme président, est tout simplement la preuve qu’on a laissé des grenouilles avoir la prétention de devenir des bœufs.

La fin de la fable raconte que la grenouille, elle gonflait, gonflait, gonflait, jusqu’à elle pétait, elle « calatait »… elle MORT…

Au suivant…

Jean Pierre Corréa




Crash de l’hélico: Etat de catastrophe permanent

YERIMPOST.COM L’empressement avec lequel  le ministre de la Défense, Augustin Tine, s’est prononcé sur les circonstances de la catastrophe, qui a fait 8 morts et 12 blessés, affirmant que l’appareil était bien entretenu, est sujet à questionnement. Pourquoi vouloir expliquer les causes du drame qui s’est produit en l’absence de conditions météorologiques défavorables ? La qualité de la maintenance est au centre de toutes les interrogations au lendemain du crash.

Le Mi-17 est un hélicoptère de transport russe qui a effectué son premier vol en 1970. On ignore dans quelles conditions l’Armée nationale a acquis cet appareil et si le kilométrage de l’hélico a été vérifié avant de l’acheter. A-t-on des mécaniciens sénégalais suffisamment formés pour assurer l’entretien, pour un pays qui n’utilisait pas ces hélicoptères avant l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, pouvant utiliser un réel stock de pièces de rechange dans une industrie où le niveau de recyclage des déchets est presque nul ? Toutes ces questions sont légitimement portées à la connaissance de nos autorités, qui ne pensent pas à répondre et donnent dans le dilatoire, espérant encore une fois l’oubli.

D’ailleurs, c’est l’ouverture du Dakaa de Médina Gounass qui, de façon récurrente, est le théâtre de drames liés à des incendies accidentels que nulle sensibilisation ou préparation des pèlerins n’est jamais venu circonscrire. Aucune responsabilité n’a été établie pour le drame de l’année passée, aucune leçon tirée, et c’est toujours ainsi que nous allons de catastrophes en accidents mortels, lesquels, au lieu de nous faire changer de comportements, laissent affleurer chez les Sénégalais des allusions irrationnelles au penchant malchanceux et morbide de notre président de la République et à évoquer des sacrifices, ce qui serait risible si ce n’était pas dramatique.

Quand va-t-on travailler à prévenir les accidents plutôt que de les commenter en invoquant « pas de chance » ? C’est aux Sénégalais d’exiger que nos gouvernants nous mettent ne serait-ce qu’à proximité du « risque zéro ». Mais puisqu’ils savent qu’ils peuvent toujours compter sur notre propension à évoquer le surnaturel, alors pourquoi se gêneraient-ils à différer leurs efforts pour une totale transparence ?

Jean Pierre Corréa



Un palais bis à Diamniadio ? Pourquoi pas ? Mais…

YERIMPOST.COM Donner un caractère institutionnel à Diamniadio motive la décision du chef de l’Etat de faire construire un palais bis au Pôle urbain. Une annexe qui pourra accueillir des réunions du conseil des ministres ou encore des réceptions officielles. Voici l’argument d’utilité publique que le directeur du patrimoine bâti de l’Etat a brandi pour repréciser la pensée du président de la République. Karim Fofana, dans une note, a expliqué: « Après les sphères ministérielles et la Maison des Nations-unies, l’annexe du palais est la troisième étape du redéploiement territorial de l’administration pour accompagner le développement de la nouvelle ville… Les annexes de palais existent dans tous les pays. La Résidence de Popenguine et le palais de l’île de Gorée sont des annexes du palais de Dakar. Lorsque le Sénégal construisait ces annexes, nous n’avions pas ces enjeux de développement territorial et de décongestionnement de la capitale.»

Accordons une présomption de bonne foi à M. Fofana et à son patron ! Si Macky Sall, dépositaire de la légitimité démocratique, estime avoir besoin d’une annexe de son palais à Diamniadio pour être plus efficace dans la réalisation du bonheur des Sénégalais, ceux-ci doivent soutenir pareil projet sans réserve.

Et puis, comme dit Fofana, il y a bien les palais d’Abidjan et de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, les palais de Brazzaville et d’Oyo au Congo, les palais de Lagos et d’Abuja au Nigeria…

Le Sénégal est un Etat important dans l’imaginaire mondial, une « zone d’influence symbolique », un pays de rencontres internationales… Avec son Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad), Diamniadio va devenir un hub naturel de sommets internationaux. Il n’est pas superflu que le chef de l’Etat, qui est en train et va y recevoir d’importantes personnalités, y dispose d’un abri qui puisse refléter l’image majestueuse que nous voulons offrir de notre pays.

Pour susciter la révérence, l’Etat doit se parer de ses plus beaux atours. Le pouvoir est une représentation qui doit impressionner par sa grandeur, sa splendeur, ses ors, ses lambris et ses dorures.

Mais le palais bis de Diamniadio n’a de sens que s’il grave dans la pierre l’âme de notre peuple et tranche d’avec le style gothique de cette bâtisse blanche aux longs murs qui abritait le gouverneur de l’AOF et trône sur la désormais Avenue-Léopold-Sédar-Senghor, au cœur du Plateau, à Dakar.

Le nouveau palais doit cristalliser le génie créateur de notre peuple. Il doit être le reflet de la créativité de notre architecture, de nos architectes, de nos menuisiers, de nos potiers, de nos peintres, de nos sculpteurs, de nos décorateurs d’intérieur… Rien ne doit y figurer qui ne soit pas made in Sénégal et suivant les codes culturels et esthétiques de notre pays.

Bien plus qu’un palais, il devra être un espace d’exposition grandeur nature du savoir-faire sénégalais. Le projet sera réussi si chaque dirigeant étranger qui y séjourne éprouve le désir de faire découvrir la touche sénégalaise à son pays.

Le palais de Diamniadio doit être construit par des entreprises sénégalaises. Plus que de fierté, c’est une question de sécurité nationale. Les prestataires de ce chantier doivent être choisis suivant des règles d’absolue transparence. Les entreprises techniquement les meilleures et financièrement les moins chères doivent être sélectionnées pour ériger un bijou au-dessus de toute contestation.

Le coût du projet doit être maîtrisé. Cette dépense, qui ne donne pas directement à manger, doit être contenue pour ne pas, à l’image de la réfection du Building administratif, passer, à coups d’avenants, du simple au double du budget convenu.

L’esprit du nouveau palais serait faussé d’avance si sa construction devait être attribuée à certains businessmen dont la trop grande proximité avec le pouvoir alimente les bruits dans les salons feutrés et sous les chaumières. Et si le contribuable devait se retrouver, au bout du compte, avec une ardoise qui aurait pu, par son épaisseur, couvrir le financement de priorités dans l’éducation, la santé et la création d’emplois pour les jeunes.

Cheikh Yérim Seck




Vidéo- Yerimpost: « le pouvoir passe par Abdoulaye Sylla pour frapper Pape Alé Niang »





Affaire « Professeur » Songué: Chronique de la goujaterie ordinaire

YERIMPOST.COM Que TFM, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la lutte des femmes pour l’égalité, et non comme on le croit trop souvent pour fêter une quelconque St Valentin, ait cru devoir les honorer à travers l’émission Jakarlo, constitue en soi le début de la mascarade médiatique qui nous occupe depuis une semaine. Tout ça parce qu’un homme, « Professeur » Songué, totalement en roue libre et en mode sans filtre, comme tout respect de la charte de responsabilité journalistique aurait dû le dissuader de les proférer, a bavé avec gourmandise des stupéfiantes inepties.

 

La réalité du problème est qu’on a instauré des débats de Grand-Place dans des émissions, qui relaient de pareils propos à une aussi grande vitesse et à une telle échelle, qui dépassent les banales conjectures de nos petites personnes.

 

Comment voulez-vous qu’un citoyen lambda que l’on sort de sa zone de confort social, qui est bombardé du jour au lendemain chroniqueur de tout et surtout de rien, et que nous avons pu avoir la naïveté de croire qu’un jour le vernis ne va pas craquer et libérer des bourdes de cette nature de sa part ?  Le problème est que ces propos trouvent échos tout naturellement chez des hommes qui, depuis l’enfance, se sont entrés culturellement dans leur rôle de donner un sens aux vêtements que porte une femme. C’est justement une habitude typiquement sexiste que de donner du sens à tout vêtement féminin. Ce sont nos regards sur tel vêtement qui ont du sens, pas le vêtement. On ne jugera pas un homme au regard de ce qu’il porte. Les hommes sont en général jugés sur leurs actes et leurs paroles. Imagine-t-on des femmes se jeter sur un homme, juste parce qu’il a porté son « jean’s moule-burnes » ? A-t-on réfléchi au fait que le viol n’existe pas dans les camps et les plages nudistes ? Et puis ne viole-t-on pas aussi d’innocentes domestiques, quand Madame est à un khawaré, alors qu’elle empeste le Guedj et le Yett, et qu’en plus sa situation précaire lui commandera de se taire ?

Quand une femme a dit non, elle a dit non !!! Sauf à imiter un homme jugé pour viol et qui déclara au juge : «  Non, Monsieur le Juge, Je ne l’ai pas violée !!! Violer, c’est quand on ne veut pas !!! Moi, Je voulais !!! »

Autre piste de réflexion que je soumets à votre perspicacité, sous forme d’énigme. Sous bien des latitudes, lorsqu’un homme réfléchit, on le voit se gratter la tête… Pourquoi au Sénégal les hommes, lorsqu’ils réfléchissent, voire pire, quand ils parlent à une femme, ont-ils l’indélicate tendance à se gratter les couilles ?

In fine, le problème de cette séquence, c’est que les femmes présentes sur le plateau n’ont pas eu l’instinct, qui aurait été plus ravageur, de quitter ce plateau devenu un océan de vulgarité.

Jean Pierre Corréa

 

 

 

 

 

La Jeunesse, Cette Bombe Qui Va Péter à la Figure du PSE

YERIMPOST.COM «Les jeunes et les citoyens de demain dont nous avons tous besoin devront être autonomes, donc capables de faire des choix et de gérer leur vie sur le plan personnel et sur le plan social, solidaires, parce que capables de se soucier d’autrui, d’agir avec les autres et pour eux, de partager leurs préoccupations, mais aussi responsables parce que capables d’assumer leurs propres actes, de tenir leurs engagements et d’achever ce qu’ils entreprennent, et surtout engagés, parce que capables de s’affirmer par rapport à des valeurs, une cause ou un idéal et d’agir en conséquence » (Quasimodo)

Je m’en vais vous conter une histoire… De celles qui vous scotchent contre un mur, et d’où vous observez votre pays passer et voguer obstinément vers le mur et qui plus est en klaxonnant.

Flashback… Moteur.




Je m’en allais pensif après une journée de travail satisfaisante et productive à travers les ruelles de la Médina, envisageant guilleret de m’offrir en bord de mer un « coucher de soleil » m’embourgeoisant l’esprit. J’arrivais au carrefour de deux rues transformées, de fait et en toute incivilité, en terrain de football, où se disputent des parties endiablées, avec des ersatz de Messi qui ne se préoccupent ni des voitures qui les évitent, ni des personnes qui traversent l’aire de jeu qu’ils imposent, forts de leur muflerie à une population devenue indifférente à leur devenir. C’est drôle, je suis en train de penser au même instant à l’abîme de désespérance dans lequel sombre cette jeunesse, lorsque je prends en pleine poire et un rasta suant de 80 kilos et le ballon de foot. Lunettes en vrac, sac d’ordi répandu sur l’asphalte, je me rassemble, tempère l’ire qui m’envahit et, stupéfait, vais m’asseoir au seuil d’une boutique pour reprendre mes esprits.

Bizarrement, ce n’est pas la rage qui me vient d’abord, mais un profond sentiment de pitié et de compassion. Je suis ahuri. Aucun de ces tocards ne m’a calculé, ils ne se sont rendus compte de rien, n’ont pas cligné un seul sourcil, juste préoccupés par leur seul moment d’existence qui consiste à taper dans un ballon comme Ronaldo si possible, celui qu’ils voient scotchés à la télé, leur autre occupation privilégiée. Leur ballon dans ma gueule, ça leur en a touché une sans faire bouger l’autre !!! Rien à secouer !!!

J’ai alors pensé à ceux qui devront gouverner cette jeunesse ni éduquée, ni instruite, ni informée, qui est affalée toute la journée contre le mur qui soutient leur colonne vertébrale, à deviser sur Messi, Ronaldo, Wally Seck ou Mbathio Ndiaye, ou mieux à agonir d’injures le président de la République, seul responsable selon eux de leur inactivité et de leur désœuvrement endogène, et me dis que ces hommes qui auront donc à gérer ces zombies sont vraiment dans la merde.

Aucune formation professionnelle, aucun rêve de vivre dans leur pays, pour la plupart déjà pères de 3 ou 4 mômes dont ils ignorent jusqu’au prénom, ces jeunes qui revendiquent deux cerveaux dans les biceps et un muscle dans le cerveau sont la poudre de la bombe qui va nous péter à la gueule dans une dizaine d’années. La mèche est allumée déjà. On le sait. Mais on ne veut pas voir. On repousse les urgences, on les dissout dans de la rhétorique populiste et politicienne et on évoque dans un autisme ahurissant la probabilité d’une inconstitutionnalité ou non d’un troisième mandat pour celui qui leur avait promis une rupture aux allures d’espoirs renouvelés. Face à cette mèche qui approche du détonateur, un « Homme d’Etat » se doit de gouverner pour les générations futures, alors qu’ils ne savent endosser que le costume étriqué de l’homme politique qui n’est préoccupé que par sa réélection.

Je pense alors à ce PSE, évoqué et convoqué pour tout et n’importe quoi, et qui va, nous le craignons, encore emplir notre Calebasse des Danaïdes avec ses milliards promis.




Le chat échaudé craignant l’eau froide, l’évocation de cette légende grecque se justifie, au vu de ce que nous avons su déjà faire de telles sommes, il n’y a pas encore 10 ans, c’est-à-dire « RIEN » !!!! Près de 3000 milliards, en plus des 2000 de la Chine, se déversent sur le Sénégal, en espérant que ce ne soit pas sur Ndoumbélane… On se comprend…Pourquoi faire ? Parce que, en fait, au jour d’aujourd’hui, on peut constater que les pré-requis ne sont pas encore posés et ils conditionnent la réussite d’un programme si ambitieux et déterminant pour l’avenir de nos enfants qui auront, eux, à rembourser ces sommes astronomiques, lesquelles, quand on les évoque, au lieu de nous terrifier, nous enthousiasment. C’est louche, non ?

Près de la moitié des sommes évoquées concernent les infrastructures, c’est bien, surtout pour ceux qui vont s’accaparer des marchés. A-t-on mis l’accent sur l’agriculture qui va conditionner notre indépendance alimentaire, ou sur l’éducation et la formation, qui vont garantir l’emploi ? A-t-on décidé que ces plans tirés sur la Comète devaient être réalisés par une jeunesse mieux formée, citoyenne, éduquée et patriote, et qu’il fallait mettre le paquet sur une jeunesse instruite et en bonne santé ? Comment va-t-on remettre les Sénégalais au travail, et surtout dans les champs ? Comment va-t-on persuader ce jeune homme ou cette jeune fille qu’ils peuvent retourner dans leurs villages, où les attendent des vrais projets de développement, ce qui leur éviterait de passer leur vie à être pourchassés par ceux qui rêvent naturellement et très justement d’avoir des trottoirs et des rues dignes d’une capitale ? Comment va-t-on faire croire au jeune homme amoureux d’une jeune fille que, pour espérer l’épouser, il ne se sentira pas condamné à prendre les « pirogues de notre plus dramatique échec » ? Ces choses ne se sont pas lues entres les lignes de ce PSE.

La seule information qui transpirait de ce document était d’ordre sonore ! C’était le bruit enivrant du tiroir-caisse… Surtout parce que de telles sommes peuvent donner le tournis, et l’urgence de les dépenser mener à des tentatives de prestidigitation… On se comprend…

Monsieur le Président, les Sénégalais vous disent : «Vous aurez fort à faire, et c’est de votre responsabilité de devenir le Président qui l’a fait !! He did it !!! Quel slogan de campagne pour 2019 !!! Ne laissez pas les flagorneurs et les enthousiastes vous détourner de ceux auxquels ce challenge fait peur, quand ils réalisent le boulot à abattre… Ce sont eux vos vrais amis qui veulent que votre PSE soit enfin rempli de la chair de votre Yonnu Yokkuté ».

Sinon, nous continuerons à nous lamenter en observant cette Calebasse des Danaïdes, que décidément nous ne savons remplir que de paroles… Faut s’atteler à boucher les trous de la Calebasse. C’est le plus dur et c’est la mission de Macky Sall. Le reste sera un jeu d’enfant pour toute une nouvelle génération qui pourra soupirer d’aise et dire avec reconnaissance : « He did it !!! »… Il n’aura alors point besoin d’embastiller Khalifa Sall pour assurer sa réélection…

J’ai vraiment pris un coup dans la gueule… Je suis allé alors observer mon coucher de soleil, en espérant que nous sachions juste remettre les choses à l’endroit pour que ce pays soit un des plus beaux du monde. Parce qu’il y fait bon vivre. Mais il faut de la Culture pour le savoir.

Jean Pierre Corréa



Réfection du Building administratif: illustration la plus achevée de la mauvaise gouvernance

YERIMPOST.COM Lorsque les Sénégalais passent devant cette grosse bâtisse en réfection qui a abrité la primature et de nombreux ministères depuis l’indépendance, ils n’imaginent pas la quantité d’argent engloutie dans les interminables travaux. Quand il va être livré, le Building administratif aura subi un lifting qui aura coûté pas moins de… 39 milliards de nos francs. A titre de comparaison, la Cité de l’Emergence de Diamniadio, qui va abriter 17 tours de 10 étages chacune, est estimée à 21 milliards. Ce coût inclut la construction de toute la Cité depuis les fondements jusqu’à la livraison des immeubles et des aménagements de toutes sortes (éclairage public, routes, équipements sportifs, sociaux, religieux…). Tandis que le prix de la remise à neuf du Building Administratif couvre la seule réfection d’un bâtiment existant.




Attribué après un appel d’offres restreint, expression douce pour désigner un gré-à-gré de facto, ce marché a suscité une vive polémique dès le départ. Pour se défendre à l’époque, le gouvernement avait avancé le chiffre de 17 milliards comme coût du lifting. En 2013, le marché, référencé T1431/13, a été attribué à Bamba Ndiaye SA avec un coût initial de 30,04 milliards de francs cfa. Puis, sans qu’on ne sache trop pourquoi, un avenant immatriculé T0717/16-Dk d’avril 2016 est venu alourdir la facture de 2,04 milliards supplémentaires.

Au cours du premier trimestre de 2017, un deuxième avenant a été signé entre le Premier ministre et l’adjudicataire du marché Bamba Ndiaye pour ajouter une rallonge de 6,4 milliards de francs cfa. Ce qui porte le coût global de la réfection à 39 milliards de francs cfa.

Quel Etat au monde aurait mis, pour rafistoler un seul building, ce montant qui aurait pu lui permettre d’avoir 39 immeubles à 1 milliard pièce ? Quelle idée, alors que l’heure est au décongestionnement de Dakar, avec le déménagement de certains ministères sur Diamniadio, de reconstituer un building au centre-ville de la capitale ? Doit-on payer si cher pour aggraver les embouteillages qui, chaque jour davantage, compliquent l’accès au coeur de Dakar ? Qui a orchestré ce projet, illustration achevée de la mauvaise gouvernance ?

Sous tous les angles d’attaque, la réfection du Building administratif est un gâchis monumental, sans doute la plus grosse affaire de gaspillage de deniers publics depuis l’indépendance. Il est curieux qu’elle soit intervenue à l’ère de « la gouvernance sobre et vertueuse », sous le magistère de Macky Sall qui, les premiers moments suivant son élection, s’est attaqué à toutes les niches de dilapidation de l’argent public.

Cheikh Yérim Seck




Aliou Cissé, comme Jurgen Klopp, ramène Sadio Mané à plus d’humilité !

YERIMPOST.COM Notre star nationale du ballon rond, Sadio Mané en l’occurrence, s’est vu coiffer au poteau il y a quelques semaines par son coéquipier dans la course au Ballon d’Or africain, l’Egyptien Salah. Sans donner dans le triomphalisme nationaliste, c’est plutôt une bonne chose. Cela lui redonnera peut-être plus d’envie… d’avoir envie. C’est en fait un cadeau que d’avoir à se remobiliser pour retrouver son football et son coach, Jurgen Klopp, a bien fait de lui faire goûter les joies du banc à cirer, et de le rappeler à son talent. Les buts d’anthologie qu’il ne cesse depuis de marquer sont tous des buts à l’arrache, de ceux qu’on inscrit parce qu’on a la rage au ventre et la faim aux crampons.

Nous étions tous persuadés que le ballon d’or lui revenait de fait et c’est bien que nous revenions un peu sur terre, et lui avec, car Sadio Mané était sur le point de subir le syndrome Pogba, c’est-à-dire qu’il était plus préoccupé par ses affriolantes coiffures que par son football. Sa tête ne passait plus entre les poteaux et Jurgen Klopp a dû la dégonfler à coups de minutes de banc de touche. Et Aliou Cissé devrait l’en remercier et ainsi prendre conscience qu’en Coupe du Monde, ce sont 23 guerriers aguerris qui devront se mesurer aux trois autres équipes de cette véritable poule de la mort, 23 joueurs dont seulement 3 ou 4 ont la chance d’avoir du vrai temps de jeu, les autres étant souvent remplaçants. Cette donne est à considérer pour nous octroyer plus d’humilité et de prudence, et pour éveiller nos entraîneurs à une préparation tenant compte de cet important facteur physique.




Ne soyons pas prétentieux… Il nous est possible de vivre une extraordinaire Coupe du Monde à Moscou, mais 2002 n’est pas 2018 et y aller la fleur au fusil et le Djembé en bandoulière serait suicidaire. Sadio Mané doit devenir ce leader tueur qu’a pu être Georges Weah. Le monde entier s’interroge sur ses capacités à incarner un chef d’Etat du Libéria. Il le peut bel et bien, parce qu’il avait ce sens du leadership et une incontestable compassion pour son peuple, basée sur une véritable humilité. C’est ce qui a fait sa force et a confiné son talent au génie.

Mané !!! Sadio !!! A toi de jouer…

Jean Pierre Corréa

L’homme social, phobie de l’homme politique

YERIMPOST.COM Il est terminé, le temps où les Sénégalais dédaignaient participer activement à la vie politique, et laissaient le soin à des hommes et des femmes qui en avaient fait vœu et profession de mettre notre Sénégal sur les rails du développement. D’années en années, de décennies en décennies, lassés de ne voir rien de vraiment réjouissant survenir, et ayant tiré leçon de l’adage qui veut que « si pour toi, la politique est comme un bâton que tu laisses traîner par terre avec dédain, alors ne te plains pas qu’un fou s’en saisisse et te bastonne avec », les citoyens de notre pays se piquent à présent de donner leurs avis et de poser des actes citoyens, en écrivant, en s’associant, en se documentant, en voyageant, et en étant tout simplement plus exigeants sur ce qu’ils attendent des politiciens professionnels et notamment de celui qu’ils ont élu en 2012.




Le 23 juin 2011 est passé par ici et, comme le petit furet, il repassera par là. Si Abdoulaye Wade en a fait l’amère expérience, du haut de sa prétention à vouloir abuser du pouvoir et à croire qu’il pouvait impunément insulter l’intelligence des Sénégalais, cela devrait en réveiller plus d’un, de ces politiciens qui ont fait dogme de la « pensée unique » et vouent aux gémonies toute personne émettant une idée qui s’en démarquerait.

A lire les réactions de ceux qu’on appelle les « fédayins » du pouvoir APR, lorsque des esprits expriment d’autres idées que celles de leur chef, même parfois lorsqu’elles s’en avoisinent, on peut penser que les « hommes politiques » se mettent à craindre le nouvel « homme social », celui qui pense par lui-même, argumente et exige plus d’eux, notamment plus d’égards et de respect. On intimide le chroniqueur Pape Alé Niang parce que ce dernier n’a jamais oublié que dans le mot « impertinence » il y a « pertinence », et que, dans toute société qui avait tendance à s’endormir, un peu de poil à gratter était nécessaire à répandre sur des corps constitués avachis dans l’aisance. Tout dernièrement, Me Alioune Badara Cissé a taclé le gouvernement et appelé le régime en place à mettre tout en oeuvre pour que les Sénégalais ne puissent pas revivre la situation des dernières élections législatives qui, selon lui, est tout simplement inadmissible. le Médiateur de la République, en relevant les dysfonctionnements de l’administration qui portent atteinte aux droits des administrés lors de cette conférence, était dans son rôle de défenseur des droits des citoyens au sens des articles 1, 2 et 9 de la loi de 1999.

Son indépendance est justifiée par le fait qu’il ne peut être d’aucun bord. Il a reçu une volée de bois vert de la part du griot du chef de l’Etat, Farba Ngom, appelant ce dernier à s’en séparer et à le démettre de ses fonctions. On peut se demander pourquoi, sous nos latitudes, les « fous de nos Rois » s’appellent toujours Farba… C’est juste une question…

Les contributions de citoyens penseurs et écrivains, dans la presse et dans les réseaux sociaux surtout, sont traquées par des hordes d’affidés politiques, vociférant d’intolérance à leur endroit, et leurs auteurs toujours taxés de mécontents, jaloux voire de traîtres à la nation. Pas moins que ça…

Les politiques sont énervés par les hommes sociaux et tout bêtement les citoyens qui, selon eux, devraient s’incliner, que dis-je se prosterner devant le génie créateur de leur chef de file. Et, quand l’opposition manifeste, et que la police bombarde de lacrymogènes une école, ceux qui l’ont vécu se voient accuser de procès en sorcellerie par les valets de la Cour du Roi, la seule vérité qui vaille étant celle sortie du Palais de la République. On a la triste impression que ce pouvoir en est là où celui de Wade en était à 6 mois de sa fin. C’en est presque tragique, au nom des espoirs qui étaient nés justement de ce « 23 Juin » devenu tellement symbolique et historique pour le nouvel homme social, celui qui ne crie pas forcément avec les loups, mais dit ses rêves et exige que l’on mette en perspective son meilleur-être. Il convient de se méfier des tremblements de terre, mais il peut y avoir plus violent… Ce sont les tremblements… d’hommes.




Et, pour paraphraser mon collègue Babacar Justin Ndiaye, je transmettrai au pouvoir  ses mots lorsqu’il écrit: « La plus cruelle manifestation de désapprobation d’un peuple, c’est son absence des rues. Qu’il siffle mais qu‘il vienne ! ». Cette leçon de Marcel Achard enseigne que le peuple, barricadé silencieusement dans les maisons et les salons, est terriblement plus à craindre que les grappes de manifestants marchant et hurlant pacifiquement leurs griefs. Dommage qu’un gouvernement de nains politiques ne soit pas en mesure de se hisser à une telle altitude de lucidité stratégique et de clairvoyance politique, pour le comprendre et aviser en conséquence !

Mais, pour nombreux d’entre eux, il est urgent d’attendre… un nouveau 23 Juin. On se souvient de ce qu’il était advenu ce jour-là de l’autre Farba.

Jean Pierre Corréa

 

 

Abdoulaye Sylla, bras du pouvoir pour frapper Pape Alé Niang

YERIMPOST.COM C’est connu : chaque fois qu’un pouvoir a voulu liquider un élément récalcitrant sans se salir les mains, il est passé par des affidés disposés à faire le sale boulot. Le procédé est classique. Il est aussi vieux que le cynisme et le machiavélisme en politique.

Dans le cas d’espèce, cela a mauvais genre pour le régime de Macky Sall, au risque de craqueler le vernis du modèle démocratique sénégalais, de persécuter un journaliste. Abdoulaye Sylla, homme d’affaires plus qu’introduit au Palais, va s’en charger par le biais de la citation directe qu’il a servie au patron du site Dakarmatin suite à une chronique de celui-ci répertoriant les marchés à milliards à son avis indûment affectés à ce businessman qui frôlait la faillite en 2012.




La forme et le fond de cette action en justice trahissent le calcul qui la sous-tend. Abdoulaye Sylla a intenté contre Pape Alé Niang une procédure correctionnelle, demandant que lui soient appliquées les rigueurs de la loi pénale et une condamnation à payer… 2 milliards de francs cfa de dommages-intérêts ! S’il n’était animé que par le souci de « laver son honneur », il aurait attaqué au civil et réclamé le franc symbolique en guise de réparation du préjudice allégué. Sur le fond, le demandeur reproche au défendeur d’avoir évoqué dans une chronique sa société, Ecotra, avec le calcul évident de lui fermer la bouche ad vitam aeternam sur la question.

Ce type de méthode est passé d’époque. L’heure n’est en effet plus à des actions contre la presse. Dans la civilisation contemporaine, même quand un journaliste se trompe, on l’informe, on le démentit ou on le somme de rectifier.

Mais l’objectif d’Abdoulaye Sylla dans la présente procédure procède moins du souci de rétablir sa vérité que de la volonté d’offrir au pouvoir une vengeance par procuration contre le très gênant chroniqueur. Il se trompe à la fois de combat et d’adversaire. L’expérience a prouvé que se battre contre un journaliste aboutit toujours au résultat inverse de celui que l’on recherche. Et puis, les vrais adversaires du sieur Sylla sont dans des cercles autres que la presse.

Il doit ménager ses forces pour faire face à ces fonctionnaires haut placés des administrations financières de l’Etat qui le trouvent démesurément favorisé, à ces politiciens de l’entourage présidentiel qui lui reprochent de bouffer tous les fruits de leur travail pour porter Macky Sall au pouvoir, à ces hommes d’affaires qui lui en veulent pour les gros marchés qu’on lui donne sans une vraie concurrence et pour la vitesse à laquelle il est payé avant tout le monde…




Aucune presse sérieuse ne peut ne pas s’intéresser aujourd’hui à Abdoulaye Sylla au regard de sa prégnance sur l’économie et les finances de notre pays. Pape Alé Niang n’est d’ailleurs pas le seul à s’interroger sur ce multimilliardaire qui a brutalement émergé des flancs du pouvoir. Nombre d’observateurs, notamment des services secrets occidentaux, essaient de voir clair sur la vraie nature de ses liens avec la famille présidentielle, sur le versement de gros paiements dans son compte logé à la banque Crédit agricole contrôlée par le pouvoir, sur ses fréquents voyages à Dubai et dans des pays de cet acabit, sur le contenu de ses bagages au cours de ces déplacements…

L’administrateur général d’Ecotra a donc des combats plus stratégiques à mener. D’autant qu’il est dans le viseur de tous ceux qui, aujourd’hui, disputent le fauteuil présidentiel à Macky Sall. Le jour où la roue du pouvoir tourne, il sera l’un des premiers à être soumis au rituel de la reddition des comptes. Et aucune sympathie maraboutique chèrement payée ne sera de trop pour le protéger.

A l’instar de ceux qui l’ont précédé dans l’exercice au sein de l’entourage d’Abdoulaye Wade, Abdoulaye Sylla est une pure fabrication de « la gouvernance sobre et vertueuse » de Macky Sall. Il ne saurait, à ce titre, échapper au scanner des médias interpellés par les pratiques de gestion au plus haut sommet de l’Etat.

Au lieu de penser à servir de fouet au régime pour lapider un journaliste, il doit se souvenir, instruit par le précédent Karim Wade, que toute vanité du pouvoir est éphémère et stupide.

Cheikh Yérim Seck




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