Blog de Cheikh Yerim Seck

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Crise dans les universités: le président Macky Sall convoque les chiffres

YERIMPOST.COM On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Cette citation, le président Macky Sall semble se l’être approprié. Au cours de sa présentation du livre « Conviction républicaine », il a évoqué la crise qui secoue actuellement les universités. « Nous sommes l’un des rares pays qui mettent autant de budget dans ce secteur, a-t-il déclaré. 51 milliards rien que pour les bourses d’études. Il est paradoxale et triste que, pendant que tous ces efforts sont en cours, nous assistons à des événements douloureux et inacceptable dans nos universités. Dans le secteur de l’éducation, de la formation et de l’enseignement supérieur, la somme des investissements dépasse 2 fois la somme des investissements antérieurs de ces 52 dernières années. »



Ces multiples signes d’une crise mortelle à l’APR

YERIMPOST.COM Dissidence ouverte de l’aboyeur Moustapha Cissé Lô, rébellion à peine voilée du cofondateur Alioune Badara Cissé, frustrations lâchées puis ravalées de la Cojer, diatribes entre barons, absence de congrès, longue léthargie des structures… C’est un euphémisme: L’Alliance pour la République (APR) est aujourd’hui en crise.




A l’image d’un météore, qui atteint les planètes les plus éloignées à la vitesse de l’éclair pour ensuite imploser, le parti créé par Macky Sall en 2009, arrivé au pouvoir à une vitesse supersonique en 2012, risque d’être tué par des contradictions internes dès le lendemain de la présidentielle de 2019.

Signe de la décadence imminente de cette formation, Moustapha Cissé Lô, l’une de ses figures emblématiques, son « chien de garde », son aboyeur prompt à sortir les crocs contre les adversaires, a pris ses distances, proclamant urbi et orbi: « L’APR ne fonctionne pas comme un parti. Les rôles n’y sont pas distribués suivant les critères de la légitimité et de la représentativité. Au lendemain de la présidentielle de 2019,  elle va se briser en autant de morceaux qu’une calebasse cassée. » Avant d’enfoncer le clou: « A partir de ce moment, je vais prendre ma propre route. Comme vont le faire au moins dix hauts responsables du parti qui comptent agir comme moi, y travaillent déjà, mais n’osent pas le proclamer aujourd’hui. »

Le cas Moustapha Cissé Lô n’est pas le seul symptôme de la crise. L’âme de l’APR, celui-là même qui, avec Macky Sall, l’a créé, est en rébellion de plus en plus ouverte, et a fini de se constituer en opposant dans le pouvoir. Alioune Badara Cissé, car c’est de lui qu’il s’agit, vite défenestré du gouvernement au lendemain de l’accession au pouvoir, laissé au chômage durant des années, casé de fraîche date au poste de médiateur de la République, n’est aujourd’hui du camp présidentiel que de nom. Affectueusement surnommé ABC, cet intellectuel cultivé, qui profite de sa posture de médiateur, censé donc être équidistant, use aujourd’hui d’une liberté de parole dévastatrice pour le pouvoir. Et construit un nouveau pavillon politique avec des organisations qui se sont constituées pour le soutenir: Les Abcdaires, AbcJaime, Jeunesse avec Abc…

Cette guerre aujourd’hui ouverte des cadres au sommet se répercute jusqu’aux cellules de base de l’APR. Ainsi qu’aux structures comme la Convention des jeunesses républicaines (Cojer, le mouvement de jeunesse du parti), dont la présidente, Thérèse Faye, combattue par le cercle intime de Macky Sall, a laissé exploser sa frustration au lendemain du remaniement consécutif aux législatives du 30 juillet 2017, avant d’être calmée avec des promesses par le numéro deux, Mahammed Boun Abdallah Dionne.

L’APR est aujourd’hui une bombe à retardement qui bouillonne de toutes parts. Le moindre fait de l’actualité révèle le climat de guerre civile qui y règne. Pour avoir fait poster sur Yerimpost un article répondant à l’édito de Cheikh Yérim Seck sur le calvaire des fidèles de la première heure de Macky Sall, Mahmoud Saleh a essuyé des réponses au vitriol signées de responsables du parti et de mouvements comme Les Abcdaires et AbcJaime.

Le climat, déjà suffisamment tendu à l’APR, est alourdi par les transhumants, ralliés de la dernière heure, hommes d’affaires mués en politiciens et autres personnalités de la société reconverties en brasseurs de voix imposés dans diverses localités par Macky Sall lui-même, dans le souci de ratisser large pour assurer sa réélection. Ces nouveaux venus, qui ne sont pas les bienvenus, braquent les historiques.

Aux querelles d’ego au sommet s’ajoutent les violentes guerres au sein des cellules de base du parti. A cet égard, l’exemple le plus éloquent est sans nul doute le conflit qui oppose Abdoulaye Daouda Diallo à Cheikh Oumar Anne pour le contrôle de Podor. Cette confrontation fratricide fait régulièrement la une des journaux par les affrontements, les dommages collatéraux et les coups bas qu’elle occasionne.

A quelques mois de l’échéance cruciale de la présidentielle, l’APR est en lambeaux. Si la position de pouvoir et les privilèges y liés vont permettre à Macky Sall de la maintenir artificiellement en vie jusqu’au scrutin de février 2019, le parti présidentiel va commencer à se démembrer au lendemain de ce rendez-vous électoral. Dans le cas où Macky Sall se succède à lui-même, l’APR continuera à exister pour la forme. Avant de disparaître totalement avec la fin du second et dernier mandat de son leader.

Cheikh Yérim Seck

 

 

 

 

 

Dénouement de la crise scolaire: l’arbre qui cache la forêt

 

Le système éducatif sénégalais, depuis les années 80, est traversé par des crises cycliques qui ont porté un lourd tribut aux résultats scolaires qui  ont connu des contreperformances criardes.

 

En effet, après l’année blanche de 1988 et celle invalide de 1994, combien d’années scolaires sauvées in extremis ne méritaient-elles pas le même sort du fait d’un quantum horaire très en deçà des normes académiques ?

 

Vivre une année scolaire normale, la règle dans les conditions normales, est malheureusement devenu l’exception.

 

A part l’année scolaire 2016-2017 où les perturbations ont été très minimes, mais où les résultats ont été très en deçà des attentes, on a enregistré de façon récurrente, durant ces dernières décennies, des crises dans le système éducatif dues,  soit à des grèves d’enseignants, soit à des grèves d’élèves.




Le résultat des courses : les établissements privés qui étaient, pour la plupart et dans un passé récent, le dépotoir des recalés du public ont connu un regain d’intérêt considérable et une explosion par rapport à une demande qui n’a cessé de croître.

 

Les parents, toutes catégories sociales confondues, préfèrent inscrire leurs élèves dans ces établissements leur offrant au moins la garantie d’un espace scolaire apaisé parce que sans menace de perturbations liées à des grèves.

 

Du coup, on assiste de plus en plus à une « privatisation » du système éducatif où seuls ceux qui n’ont pas les moyens de payer envoient, la mort dans l’âme,  leurs enfants à l’école publique, conscients que ces derniers vont y payer les pots qu’ils n’ont pas cassés.

 

L’école publique, jadis connue pour ses performances, a cédé le pas au privé qui lui a passé le flambeau ou le symbole, pour faire plus classe,  d’école « poubelle « .

 

Cette situation, à  y regarder de près, sape même les fondements de notre charte fondamentale qui prône l’égalité des citoyens et le devoir de l’Etat d’assurer la continuité du service public.

 

Pour pallier cet état de fait, il est devenu un impératif catégorique de réfléchir profondément pour trouver une solution durable à ces crises cycliques.

 

On pourrait légitimement s’interroger à la manière de Lénine dans son livre intitulé « Que faire ? »

 

Que faire pour un nouveau départ devant permettre de réconcilier l’école avec elle-même?

 

Que faire pour éviter la stratégie du pourrissement et du saupoudrage ?

 

Pour ce faire le gouvernement doit prendre le taureau par les cornes et face aux revendications posées par les enseignants faire des « promesses réalistes et réalisables » dont la concrétisation ne risquerait pas davantage de déséquilibrer le système de rémunération des agents de la fonction publique sur la base du principe sacro saint :

 » A diplôme égal, salaire égal . »

 

Les lenteurs dans la publication de l’étude sur ce système de rémunération sont symptomatiques des difficultés à appliquer un tel principe, les enseignants ayant toujours été victimes de la loi du nombre, prétexte souvent utilisé pour ne pas accéder à leurs doléances.

 

Dans les propositions de sortie de crise, les enseignants ne sont-ils pas encore tombés dans un piège en acceptant un taux uniforme de l’indemnité de logement pour tous les enseignants (de l’instituteur adjoint jusqu’au professeur d’université)?

 

L’occasion rêvée n’était-elle pas là pour amorcer une discrimination positive dans l’octroi de l’indemnité de logement en tenant compte du diplôme professionnel ?

 

En les confinant dans un même moule, le gouvernement a trouvé un moyen subtil de différer encore le problème certainement pour l’année prochaine.

 

Aussi après quatre mois d’une grève dont l’issue laisse présager que le gouvernement et particulièrement le Ministre de l’Education nationale pourrait mieux communiquer avec l’opinion et les partenaires sociaux , l’année scolaire a-t-elle été prolongée de deux semaines.




Si l’on sait le retard accusé dans le programme par certains établissements qui n’ont pas encore tenu les compositions du premier semestre, cela ressemble fort à du saupoudrage.

 

Deux semaines supplémentaires permettent-elles de rattraper tout le temps perdu ?

 

Le gouvernement sera-t-il en mesure de trouver une solution définitive à la question du système indemnitaire ?

 

Sinon, sans être un oiseau de mauvais augures, ce dénouement,  qui balbutie encore sous la menace des syndicalistes ultras faisant preuve d’un excès de témérité et des élèves  sacrifiés à l’autel d’une année qu’on veut coûte que coûte valide, serait tout simplement  l’arbre qui cache la forêt.

 

Fait à Thies le 01er mai 2018

 

El Hadji Abdou Wade dit Mara.

Fin de la crise scolaire: Qui a convaincu les enseignants?

YERIMPOST.COM Les enseignants viennent de mettre fin à leur grève qui a duré cinq mois à l’issue d’une rencontre avec le président de la République, Macky Sall. Selon certaines sources, la Première dame aurait joué un rôle très important dans la résolution de cette crise.

’après Oumar Wally Zoumarou, un des leaders syndicaux qui a assisté à la rencontre, c’est Marième Faye Sall qui les a conviés à un déjeuner. C’est après le déjeuner que le président de la République les a rencontrés à Mermoz.



Crise scolaire: le gouvernement lâche du lest

Monsieur le Président de la République a reçu, le vendredi 27 avril 2018, une délégation des syndicats d’enseignants membres du G6, faisant suite à son appel pour une reprise immédiate des enseignements sur l’ensemble du territoire national.

Les syndicats d’enseignants ont exprimé au Chef de l’Etat, après l’avoir remercié pour les mesures qu’il a déjà prises en faveur du secteur de l’éducation, leur disponibilité à répondre favorablement à son appel.

Monsieur le Président de la République a pris acte de cette décision et a indiqué qu’il appartient désormais au Gouvernement et aux partenaires sociaux du secteur de l’Education et de la Formation de travailler au retour effectif d’un climat social apaisé, condition sine qua none d’une école de l’équité et de la réussite, une école viable, stable et pacifiée.




Le Chef de l’Etat s’est aussi félicité que le dialogue n’ait jamais été rompu entre le Gouvernement et les syndicats membres du G6 et il a par ailleurs félicité tous les acteurs de l’école, les syndicats d’enseignants, les organisations de promotion du dialogue social, les associations de parents d’élèves et les différents facilitateurs. Il a également exprimé ses remerciements aux Autorités religieuses qui n’ont ménagé aucun effort pour un dénouement heureux de la crise scolaire.

Monsieur le Président de la République, au regard de l’aspiration profonde des élèves à une éducation de qualité et de leur implication dans la crise qui s’est soldée malheureusement par des blessés, a réitéré son engagement pour une école réconciliée avec tous ses acteurs.

Le Chef de l’Etat a rappelé ses instructions au Gouvernement pour la mise en place diligente d’un guichet unique dédié aux procédures administratives de gestion de la carrière des enseignants, ainsi que d’un groupe de travail et de partage autour des conclusions de l’étude réalisée par le Gouvernement sur l’harmonisation du régime indemnitaire en vigueur au sein de la fonction publique.

Parce qu’il considère l’enseignant comme l’élément clé de la qualité de l’éducation, le Chef de l’Etat a instruit le Gouvernement de procéder à l’inscription progressive des ressources budgétaires nécessaires à la résorption des sommes dues aux enseignants depuis plus d’une décennie et qui sont relatives aux évolutions de leur carrière. Il a aussi décidé d’une revalorisation significative de l’indemnité de logement allouée aux enseignants, soit 15.000 FCFA à compter d’octobre 2018, 10.000 FCFA à compter de janvier 2019, et 15.000 FCFA à compter de janvier 2020. Ces mesures exceptionnelles en faveur des enseignants, portent l’indemnité de logement de 60.000 FCFA actuellement, à 100.000 FCFA par mois et par enseignant.

Enfin, le Chef de l’Etat a instruit le Premier Ministre de convoquer dans les meilleurs délais, une réunion entre le Gouvernement et les partenaires sociaux en vue de procéder à la signature d’un protocole dont le suivi de l’exécution, à bonne date, sera assuré par le Premier Ministre. Celui-ci lui en rendra compte périodiquement.

Le Chef de l’Etat a salué l’esprit d’ouverture et de dépassement dont ont fait montre les différents acteurs pour aboutir à la pacification de l’espace scolaire et à la reprise immédiate des enseignements sur l’étendue du territoire national.

Pour sa part, le Gouvernement assure qu’il sera aux côtés des acteurs de l’école, des parents d’élèves et des élèves, des organisations de promotion du dialogue social et des différents facilitateurs pour soutenir leurs efforts et mettre en œuvre avec diligence les mesures arrêtées par Monsieur le Président de la République.

Fait à Dakar, le 29 avril 2018
Le Secrétaire général du Gouvernement, 
Porte-parole,
Seydou GUEYE

Crise scolaire: le G6 prépare son 7e plan d’action

YERIMPOST.COM Alors qu’une partie des syndicalistes d’enseignants a lâché du lest, le G6, lui, ne compte pas abdiquer. Ces enseignants qui se sont radicalisés depuis la marche réprimée de Ziguinchor vont décliner aujourd’hui le septième plan d’actions. Les secrétaires généraux de six syndicats les plus représentatifs (G6), qui ont tous rejoint Dakar après la marche de Ziguinchor, vont se réunir aujourd’hui. Le comité scientifique du G6 va concocter son 7e plan d’actions et l’annoncer à la base.

Crise pouvoir-opposition: Alioune Tine reprend son bâton de pèlerin

YERIMPOST.COM Le système de parrainage divise la classe politique sénégalaise. Pouvoir et opposition se regardent en chiens de faïence. Pour parer à toute éventualité, le directeur régional d’Amnesty International, Alioune Tine, essaie de mener une médiation pour rapprocher les deux parties. L’on renseigne qu’il a été reçu par le chef de l’Etat, Macky Sall. Tine devra rencontrer en ce début de semaine les leaders de l’opposition pour arrondir les angles. L’ancien secrétaire général de la Raddho ne souhaiterait, en aucun cas, un 23 juin bis.




Crise scolaire: La proposition du gouvernement est « une offre acceptable » (Oumar Youm)

L’offre du Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne aux enseignants, relativement à leurs revendications, est ’’acceptable’’ compte tenu des possibilités budgétaires du Sénégal, affirme le ministre, directeur de cabinet du président de la République, Me Oumar Youm.
« Le budget du Sénégal n’est pas élastique, il est ce qu’il est, soutenu par des ressources limitées », a dit M. Youm, par ailleurs maire de Thiadiaye, samedi, en marge des journées de consultations médicales gratuites organisées dans sa commune.




Sur cette base, a-t-il ajouté, « tout le monde devrait s’inscrire dans une logique de trouver une solution pour apaiser le secteur éducatif et répondre aux nombreux actes qui ont été posés par le président Macky Sall, allant dans le sens de montrer sa détermination à rester un partenaire crédible, fiable dudit secteur ».
Selon lui, le Premier ministre « a tout fait » pour trouver un accord avec les syndicats d’enseignants.
« Le gouvernement a fourni une ofre sérieuse qu’il peut respecter car pouvant être supportée par le budget national », a dit Me Oumar Youm.
Le gouvernement a entamé des négociations avec les syndicats d’enseignants au sujet de leurs revendications, mais ces discussions ont achoppé vendredi sur la question de l’indemnité de logement.
Selon le ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, le gouvernement a proposé 75 mille francs CFA mensuels par enseignant, un montant qu’il ne compte pas dépasser, au grand dam des enseignants qui en réclament plus.
Le Premier ministre a proposé, aux plateformes des organisations syndicales des enseignants, la mise en place d’un dispositif de monitoring stratégique en vue de « liquider toutes les questions en suspens ».
Mahammed Boun Abdallah Dionne a demandé une pause d’un mois pour apporter des réponses aux questions relevant des points de divergence avec les plateformes des syndicats.
« Nous avons dans le secteur éducatif des projets importants qui participent à l’amélioration des conditions de travail et d’éducation, des projets de résorption totale des abris provisoires qui tournent autour de 60 milliards de francs CFA », a de son côté signalé le directeur de cabinet du chef de l’Etat.
S’y ajoute que selon lui le gouvernement doit faire face à des constructions et de nouvelles implantations de lycées, de collèges et d’écoles primaires, compte non tenu d’autres besoins à prendre en charge dans l’enseignement supérieur, notamment la construction déjà entamée des universités Amadou Moctar Mbow de Diamniadio et El Hadj Ibrahima Niasse du Sine-Saloum.
Il y a aussi que des instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) et des espaces numériques ouverts (ENO) sont en cours de construction.
« Un Etat, c’est un tout. C’est vrai que l’éducation est un secteur très important et les enseignants qui portent ce secteur sont aussi très importants, mais nous avons aussi des besoins de santé et des malades à soigner, une diplomatie à préserver, à sauvegarder et à accompagner », a fait valoir, Me Youm.




« Nous avons aussi d’autres fonctionnaires à accompagner, ce qui fait que si on veut faire le Sénégal de notre rêve, le Sénégal émergent, il faudrait que chacun essaie de s’oublier et qu’on essaie aussi d’accepter ce qui est acceptable, pour continuer de cheminer ensemble et construire en commun notre nation », a insisté Oumar Youm.
Il serait dommage, selon lui, qu’on en arrive à des situations où les élèves seront « les seules victimes innocentes, qui vont devoir payer les pots cassés d’une grève ».
Les revendications des syndicats d’enseignants « vont au-delà de l’indemnité de logement qui n’en est pas le point le plus important », si l’on en croit le coordonnateur de l’Inter-cadre des enseignants Gouna Niang.
Selon M. Niang, « le principal souci des enseignants est de voir un rééquilibrage du système de rémunération des fonctionnaires ».
« Il faut que ce système soit fait sur la base du niveau des concernés qui, la plupart du temps, à diplôme égal, sont moins traités que d’autres corps de fonctionnaires de l’Etat », a-t-il dit samedi à Louga, à l’issue d’une marche nationale organisée par l’Inter-cadre pour le respect par l’Etat des accords conclus en 2012 avec les enseignants.

Source: APS



Coaching de crise: comment gérer une grève ? (Papa Modou Guéye)

Une crise financière qui effraie, des entreprises secouées, des licenciements économiques ici et là… poussent souvent les salariés à la grève. Comment le dirigeant doit se comporter pour faire face ou même éviter ce genre de manœuvre ?

Souvent utilisé comme moyen de pression sur les dirigeants pour obtenir gain de cause à leurs revendications, la grève reconnue par le droit du travail, a toujours été une arme redoutable de contestation. Même si dans le langage des coachs, on préfère parler de «  manœuvre » ou « crise » à la place de grève. Conscients d’une telle situation, les dirigeants utilisent eux aussi leurs armes afin de bien gérer ou même prévenir ce genre de mouvement. Et pour cela, un travail en amont, qui tourne autour de la délégation et la communication, est vivement recommandé. Le travail du coach consiste à reformuler, à questionner, à recadrer, à réguler, à jouer l’effet miroir et à pousser le coaché dans ces retranchements pour lui permettre d’explorer des alternatives qu’il n’aurait pas envisagé. En d’autre termes, le coach accompagne le dirigeant avec des conseils afin qu’il puisse gérer le mouvement d’humeur. Un tel accompagnement peut s’apparenter à tout autre coaching résolutoire : il s’agit ici de travailler avec la personne à clarifier ses objectifs en veillant à ce qu’ils soient smart. Et pour gérer, selon Bernard Corbel, coach et psychanalyste, il faut incontestablement entreprendre une médiation, écouter les représentants des contestataires, comprendre ce qui légitime leur mécontentement et chercher à « historiser » le ou les sujets de contestation (qui, quoi, où, quant, combien). « Les problèmes doivent ensuite être écrits en s’assurant qu’on est d’abord sur la formulation », argue le psychiatre français dans ses interventions (ndr site). Le but d’une médiation est que chacun ait un avantage dans la résolution du conflit. En effet, ce genre de manœuvre demande beaucoup d’efforts qui ne sont pas toujours faciles à gérer. De fait, il est important pour le dirigeant d’avoir un coach, même si dans notre pays, le Sénégal, les mentalités ne l’acceptent pas encore assez, je regrette. Face à ce genre de situation comme la grève, surtout avec cette conjoncture difficile, la meilleure façon de gérer ces genres de manœuvre, c’est de déléguer. Autrement dit, le dirigeant ne doit en aucun cas vouloir être au four et au moulin. Il doit penser à responsabiliser les salariés en leurs déléguant certaines de ses prérogatives. Car la délégation est un moyen de motivation des collaborateurs pour libérer leurs potentiels. Un point de vue entièrement partagé avec certains cadres d’entreprise. Un salarié qui part en grève est souvent diminué. De ce fait, il a besoin d’être responsabilisé. Donc, la meilleure solution de lui faire revenir, c’est de lui déléguer quelque chose.

La com’, la com’, la com’…

Dans un contexte où les décisions pertinentes doivent se prendre très rapidement pour minimiser le potentiel destructeur d’un mouvement d’humeur, l’apport de la communication participe activement à la gestion de tels événements. Souvent, des dirigeants, pour faire face à une grève de salariés, ont tendance à promettre aux grévistes de l’argent avec des primes ou augmentation de salaire alors qu’il y ‘a un moyen beaucoup plus efficace qu’est la communication, selon des chefs d’entreprise. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que la communication n’est pas une méthode véritablement et sincèrement reconnue parmi nos dirigeants, car ces derniers refuse de ne serait-ce que de relater leur expérience en tant que coachés. Pourtant, certains dirigeants admettent l’intérêt d’une telle approche. J’estime que les dirigeants peuvent mieux capitaliser leurs forces pour tenter une aventure comme la communication. Il faut insuffler du positif dans les rangs et rompre avec nos habitudes, mieux communiquer en quelque sorte, ne pas se refermer sur nous même….. D’ailleurs, de plus en plus d’entreprises mettent ce système en place pour motiver les salariés et éviter qu’ils partent en grève. Aujourd’hui, une enquête menée en France et vérifiée dans certains pays de l’Afrique du Nord comme le Maroc montre que 76% des entreprises proposent la communication comme moyen pour gérer un mouvement de crise, soit 7 points de plus qu’n 2010. En outre, l’enquête révèle que 97% des DRH comptent sur la communication pour renforcer la motivation et l’engagement des salariés. Les entreprises passent d’une ère d’information à une ère de communication pour mener à bien leur politique et surtout pour gérer dans les meilleures conditions les mouvements de grève entre autres. A en croire un dirigeant reconverti dans le consulting, parler de crise fait souvent peur aux directeurs d’entreprise, tétanisés par  l’idée que ça fasse peur ensuite à leur personnel. Beaucoup de dirigeants qui n’appelle pas un chat, un chat, n’aiment pas parler de crise et préfère plutôt « périodes difficiles », ce qui n’est pas pour moi une communication transparente, précise le consultant. Avec la communication, les salariés sont alliés aux résultats et aux performances de l’entreprise. Par ailleurs, désormais les dirigeants misent avant tout sur la qualité de vie au travail, un encadrement de proximité sur les responsabilités et l’intérêt des missions confiées. L’aspect humain reprend ainsi sa place au-delà de la rémunération sonnante et trébuchante. « La créativité d’une structure dépend de la créativité de son personnel », a une fois dit la coordonnatrice de AGORA (espace d’échange au Maroc entre le coach et les coachés, Hami-Eddine). Dans cette logique de rapport entre le dirigeant et ses salariés prendre soin de son personnel, le protéger contre la misère, les mésaventures et la dureté de la vie constitue des sources de reconnaissances fortes. Ensuite vient l’intéressement au travail qui s’appuie sur une analyse des ressources nécessaires à la production de bons résultats. Si communiquer et déléguer semblent être les maîtres mots pour aider les dirigeants à gérer les grèves et autre périodes difficiles, certains parlent de « strike management ». La grève finalement, tant décriée et critiquée par les dirigeants de tout horizon, serait un outil de management pour les entreprises, et plus globalement un outil de régulation pour l’économie. Elle sert à se défouler : de retour à l’usine ou au bureau, on a moins envie de taper sur son patron, ou d’étriper son chef de service (…) ; elle sert à économiser : eh si ! On l’oublierait presque mais une journée de grève c’est une journée non payée (…) ; elle sert à observer : pendant une journée de grève, on compte les forces et les divisions en présence. De fait, lors des négociations avec les directions d’usines ou d’entreprises, on peut parler en connaissance de cause, avec les « derniers relevés statistiques » tout frais en tête ; elle sert à vidanger : une grève c’est un peu comme une diète, un jour sans manger, ça fait du bien à la machine corporelle, qui se nettoie, qui repart de plus belle… Idem pour la machine sociale qui se purgerait ? (…) », peut-on lire sur le blog de Laurent Dupin, journaliste à Libération et spécialisé dans la couverture de la « vie des entreprise. » A méditer…

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