Blog de Cheikh Yerim Seck

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Contribution

Médias Sénégalais taisez-vous : BAMBA EST PARTOUT mais dans cette politique politicienne.

L’objectif de cette publication n’est ni de me livrer à cet emballement médiatique dont bénéficie un certain Mr Fall que par respect je vais taire le nom ni de m’associer à la perte d’un opposant contre le régime de Macky Sall parce que tout simplement qu’il ait pris la tangente me laisse complètement équilatéral. Je ne cherche non plus à résoudre l’équation insoluble de la prostitution politique sénégalaise car pendant longtemps la coutume politique voulut qu’on soit d’abord transhumant pour se caser quelque part avec un maroquin bien garni. En effet c’est la une de l’observateur associant son départ avec l’exil de notre vénéré CHEIKH AKHMADOU BAMBA MBACKE  qui est d’une gravité inouïe. BAMABA EST PARTOUT mais pas dans cette politique politicienne entachée. C’est devenu une marque de fabrique au Sénégal de voir des politiciens qui affectent incessamment un sentiment de Mouridité, de patriotisme mais en réalité ne prêchent que pour leur paroisse. Aujourd’hui force est de constater que le parti au pouvoir est devenu une auberge espagnole qui ne cache pas ses envies de s’adonner au proxénétisme politique. Les plus exposés à ce fléau sont ceux et celles  qui sans doute se sont engagés dans la politique sans aucune conviction mais uniquement pour des raisons pécuniaires. Il ne serait point étonnant de voir certains qui jadis s’époumonaient sur la présidentiabilité d’un candidat taper à sa porte. La question qu’on devrait tous se poser : est de savoir ce que cachent réellement ces trahisons et ces tergiversations de nos soi-disant leaders politiques? C’est tout simplement le reflet d’une société ou la compétence, le mérite et les diplômes sont jetés aux oubliettes supplantés par l’incompétence, l’idiocratie, mais aussi la médiocratie. Observation faite, il faut reconnaitre qu’au Sénégal les recrutements sont d’un flou artistique grave et ne s’inscrivent nullement dans une perspective probatoire mais politique. Il suffit de sillonner les instances décisionnelles pour se rendre compte de ce franchissement de seuil du népotisme parachevé par un système réseau entre copains seulement préoccupés à arroser leurs pré carrés au détriment d’une population avec ses nombreux revers et d’une jeunesse sans aucune perspective d’avenir. Il ne suffit pas d’être compétent ou bardé de diplômes pour être à la place qu’il faut mais être vraiment nul  pour être à la place où il ne fallait pas être. On aurait pu s’inspirer des écrits et des recommandations de CHEIKH AKHMADOU BAMBA afin de nous débarrasser de ce cercle vicieux de l’incompétence et d’instaurer le cercle vertueux de la compétence. L’exil  de notre vénéré CHEIKH AKHMADOU BAMBA que SERIGNE MOUSSA dans son érudition saine dira sans le farder que « n’eut été son départ en exil nous serons tous occidentalisés et sans aucun doute nous finirons en enfer », BAMBA reste incontestablement notre bouée de sauvetage. Cependant l’associer à un free rider (passager clandestin) est un blasphème pour toute la OUMMA islamique particulièrement à la communauté Mouride. Enfin je ne vais pas poursuivre mes écrits pour tirer les ficelles de son départ mais je voudrais qu’il reste dans le cadre politique et qu’il ne soit pas emporté dans une rhétorique de campagne et reste ainsi. Tout ce que je peux dire c’est que l’usage de l’émotion pour des fins politiques est devenu monnaie courante au Sénégal. Je ne cherche pas à entrer dans l’invective politique mais face à cette calomnie rédactionnelle étant un Mouride, je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt ou faire la sourde oreille.   UN HOMME AVERTI EN VAUT NFOIS. Aliou mou SERIGNE SALIOU

Contribution: Rendre à l’enseignant sa place dans la société sénégalaise

Il n’y a pas job plus avilissant qu’être enseignant au Sénégal.
Ceux dont la haute autorité  et la solennité de la stature devraient en toutes circonstances se manifester à travers le prestige rattaché à la fonction enseignante sont les premiers à lui manquer de respect, et à ne lui accorder aucunement la considération qui sied.
Si bien que les institutions de ce pays sont toutes chahutées par certains citoyens qui apprennent la défiance insolente qui caractérise leurs rapports avec l’autorité dès leurs premiers pas à l’école.
L’enseignant est méprisé par la société. Voilà un homme relégué au dernier rang de la catégorie des masses laborieuses de ce pays et que l’on condamne à vivre comme un grand adolescent n’ayant d’autres besoins que ceux à peine supérieurs aux enfants qu’on lui a confiés.
Cette infantilisation pousse certaines hautes autorités à manifester à leur endroit une contrariété irrépressible dès qu’il s’agit d’évoquer leurs conditions de vie et de travail, comme si elles trouvaient qu’on a trop fait pour eux. Et que leur insistance est de mauvais aloi.
D’où la nervosité méprisante de la majorité d’entre elles qui trouvent impertinentes leurs revendications sans cesse rabâchées, et plus en colère contre eux justement du fait de cette insistance, plutôt que par rapport à la légitimité de leur lutte.
Le manque de considération qu’on accorde aux enseignants et le peu d’interêt des populations qui ne les soutiennent pas sont pourtant fortement préjudiciables au pays tout entier.
Notre Ministère de tutelle s’appelle Ministère de l’Éducation.
Les enseignants sont chargés de cette lourde tâche.
Simplement l’école n’est pas coupée de notre société. Elle en est le reflet. Et la partie intégrante.
Nos enfants vivent à côté de leurs enseignants entièrement dépouillés du prestige de leurs fonctions et vivotant dans des conditions pitoyables.
Ils ne sont pas considérés comme des modèles par les élèves. Ni comme des exemples de réussite.
Dès lors leur autorité  est remise en cause déjà bien avant l’école.
Et c’est à travers leurs rapports avec leurs enseignants que désormais les enfants commencent leur apprentissage de l’insolence, de profanation de l’autorité et  de défiance envers toute figure incarnant un pouvoir quelconque.
En ravalant ainsi l’enseignant au rang de paria social, l’autorité  déchire son propre voile de protection et se rend un bien mauvais service, car l’Éducation est un droit pour tout citoyen que le Président de la République doit lui assurer. L’enseignant commis à cette fonction par ses soins remplit accomplit ce devoir.
L’enseignant est donc, de fait, le représentant du Président de la République dans sa classe, au sein de son école.
Les citoyens sénéglais et le premier d’entre eux le savent-ils seulement ?
Réhabilitons l’enseignant. Donnons-lui ce qu’il mérite.
Sans éducation pas d’avenir.
« Education is the key » chantait Lucky Dube.
Sans Éducation en effet, pas de savoir, pas de savoir-faire et donc pas de savoir-être !
 

 

Cissé Kane NDAO Président A.DÉ.R Diplômé de Sciences PO E MBA Management public territorial Master 2 professionnel Gestion de projet GAR et Pilotage du changement

Contribution: Macky Sall: Un maître chanteur dirige le Sénégal !

POURQUOI LE PAUVRE KHALIFA A REJOINT LE MACKY ! L’audience accordée à Bamba FALL, la visite du PM BOUN ABDALLAH et la déclaration surprenante de Bamba Fall ne sont pas anodines pour un sou. Au contraire, elles sont la conséquence d’un deal « scénario » digne des grands films western pour maquiller la transhumance forcée et déjà actée de Khalifa qui a cédé à la pression de Macky suite à la découverte d’une manne financière de dizaines de milliards, au nom du maire de Dakar, que le Président Sall fait pendre comme un épais de Damoclès sur sa tête. Ce lourd, sérieux et grave dossier pourrait valoir à Khalifa un séjour de pas moins de 20 ans de prison pour recel, blanchiment et fraude à l’échelle internationale. Un véritable butin de guerre que Khalifa avait bien caché pour préparer l’élection présidentielle de 2019. Tout y passe, de la collision avec une affaire internationale de corruption avèrée, des commissions occultes, du blanchiment d’argent, etc….. Fort de cette nouvelle arme de destruction massive contre Khalifa, Macky a eu tout le loisir de poser ses conditions sans risque de subir le refus ou la résistance de Khalifa qui est tenu par les couilles et ne peut plus se prévaloir du statut commode de victime de cabale politique, car il sait qu’il est cette fois-ci responsable de pratiques financières répréhensibles et ne peut que se soumettre aux désirs du Prince Macky devenu son maître. Tout le contraire de l’affaire de la caisse d’avance pour laquelle Khalifa peut être très à l’aise, car la conviction du dernier des sénégalais est désormais acquise qu’il ne s’agit là que d’un acharnement politique que les magistrats sont malheureusement tenus de trancher même si ce n’est que l’arbre qui cache la forêt. En arrière plan de cette comédie de la caisse d’avance, transparaît donc un dossier judiciaire bêton que le Président Macky a mis provisoirement sous le coude pour s’assurer du soutien et de l’engagement inconditionnels de son adversaire le plus sérieux pour l’élection présidentielle de 2019 devenu maintenant son esclave. C’est ainsi que Khalifa a accepté l’injonction qui lui est donnée d’instruire le prévenu Bamba Fall de procéder au torpillage de la grande coalition « Manko » de l’opposition qui était en gestation vers les élections  législatives passées et qui avait fini de semer la peur au sein du régime en place. C’est tout le sens de la visite de couardise rendue au Président WADE par Bamba Fall pour gagner sa confiance, celle de la direction du PDS, mais surtout la sympathie et la respectabilité des militants du SOPI. Ce coup de maître réussi, il ne restait plus à Bamba FALL que de créer de fortes rivalités entre le PDS et les « khalifistes » au grand dam du Président WADE qui avait réussi la formidable prouesse d’unir l’opposition dans la perspective de contrôler facilement l’Assemblée Nationale. En exigeant l’occupation de la place de tête de liste par Khalifa après avoir dit à WADE que le Maire de Dakar était d’accord que le Pape du SOPI en soit le titulaire naturel, Bamba FALL avait fini d’installer une rivalité malsaine que les dirigeants du PDS ne pouvaient nullement accepter. Ce fut le premier succès du « deal » inspiré par Macky, promu par Khalifa et opérationnalisé par Bamba FALL en tuant l’espoir de tout un peuple désabusé, choqué et déçu. Malgré ma sympathie pour Khalifa qui traverse des moments difficiles et incertains,  il s’agit ici de rétablir la vérité des faits qui ont été à l’origine de l’éclatement de cette grande coalition. A sa décharge et malgré les nombreuses insinuations et allusions malveillantes contre le Président WADE et Mr Oumar Sarr, le PDS n’a ni de près ni de loin été l’auteur de l’échec dans l’établissement de la liste unique, mais bien le nouveau trio infernal Macky, Khalifa, Bamba dont les actes abjects posés à cette occasion, sont aux antipodes des valeurs sacrées qu’ont incarnées leurs valeureux homonymes que sont le prophète Muhammad (SAWS), Serigne Babacar Sy (RDA) et Cheikh Ahmadou Bamba (RDA); En se comportant de la sorte, ils ont non seulement trahi le peuple sénégalais qui tenait entre ses mains une alternative contre les politiques terroristes du régime de Macky et son clan, mais ils ont souillé les noms sublimes du vénèré prophète et deux de ses meilleurs et fidèles disciples. Par conséquent, les sénégalaises et sénégalais ne doivent être ni surpris, ni choqués par la visite du Premier Ministre chez Bamba FALL pour les besoins déclarés de présentation de condoléances, suivie de la déclaration insipide, gênée et gênante de Bamba FALL, qui font suite à l’audience que Macky a accordée à ce dernier. Ce fut une simple mise en scène nauséabonde pour rendre digestes chez les sénégalais, les prochaines transhumances planifiées vers les prairies FAYE-SALL, de Bamba FALL et d’autres collaborateurs de Khalifa Sall qui, lui, fera une déclaration dans ce sens pour leur faciliter leur procession satanique. J’imagine déjà le sourire amusé de Tanor qui aura pris sa revanche de la plus honteuse des manières sur ses jeunes adversaires du PS DES VALEURS dévalorisé dès sa naissance par le comportement malencontreux de leur chef Khalifa et son sbire Bamba Fall. Ce dernier peut néanmoins se targuer de n’avoir pas trahi Khalifa, d’être en phase avec lui, même si c’est par le biais d’un complot contre les sénégalais pour faire élire Macky en 2019. Les nombreux sénégalais qui ont soutenu Khalifa apprécieront ! Comme le préconisait l’ex PM Souleymane N’déné Ndiaye avant de regagner les prairies marron, « il faut tuer les transhumants » et leur inspirateur, j’ajouterai, si nous voulons assainir les mœurs politiques dans notre cher pays et partant, rétablir les valeurs positives qui le caractérisaient jadis. Les compatriotes sénégalais sont avertis à temps pour leur épargner des chocs émotionnels et des crises cardiaques causés par des gens qui ne valent rien; qu’ils prennent alors leurs responsabilités et leur courage à deux mains pour chasser de notre environnement les auteurs d’aujourd’hui et d’hier de ce genre d’actes ignobles posés contre l’honneur, la dignité, la fierté et la prospérité du peuple sénégalais; simplement parce que c’est le très cher prix à payer pour assurer un second mandat de trop, largement immérité, à son bourreau nommé Macky SALL. On est où là !!!!

Cheikh Bassène

Contribution: Immigration clandestine: ingratitude occidentale, rapacité des dirigeants africains ou naïveté des candidats

L’immigration clandestine constitue de nos jours une problématique pour les pays occidentaux et les grandes « puissances [1]» de ce monde. Pourtant ce phénomène qu’est l’immigration remonte de très longtemps et a même permis à l’Homme de peupler le monde comme le dit Cheikh Anta Diop dans sa conférence à Niamey « Six spécimens d’hommes sont nés en Afrique, ont vu le jour en Afrique, les trois premiers n’ont pas atteint d’après la recherche le potentiel de sortir en Afrique mais les trois autres en sont sortis pour peupler les autres continents ». Ceci montre que c’est à travers l’immigration que tous les continents qui composent notre planète terre ont été peuplée. Ce phénomène donc est intrinsèquement lié au peuplement de la Terre entière. L’homme depuis sa descente sur Terre n’a cessé de migrer soit à la recherche de sécurité ou de l’amélioration de sa condition de vie. Au début de l’Islam le Prophète PSL a reçu l’ordre divin d’émigrer vers Médine où Il a été bien accueilli par les habitants de cette Sainte ville pour se préparer à l’extension de l’Islam à travers toute la planète Terre. L’Europe, au cours de l’histoire a vécu de très sombres moments marqués par le froid, les guerres, la famine, les maladies etc. Ces tristes évènements ont amené les européens à migrer à travers le monde à la recherche de meilleures conditions de vie. La traite des noirs, la colonisation, la découverte de l’Amérique en sont des faits marquants de l’Histoire qui élucident parfaitement  ce que nous venons de dire. L’on dit que « sans le mildiou de la pomme de terre Phytophtora infestas, John Fitzgerald Kennedy n’aurait peut-être pas été élu président des États-Unis! » (L’histoire débute en Irlande, en 1845, quand le champignon s’attaque au tubercule national, la pomme de terre. Les récoltes sont détruites alors que la patate est le seul aliment des 8 millions d’irlandais. Les aides sont ridicules, la majorité de l’opinion britannique considérant qu’il s’agit d’un châtiment divin à l’encontre du peuple Irlandais. La famine, qui sévit jusqu’en 1851, tue un million d’hommes, autant que ceux qui fuient le pays et s’embarquent pour les États-Unis : en 1860, on compte plus de 4 millions d’immigrés, les plus nombreux étant les Irlandais (38%). Parmi eux, la famille Kennedy, dont le nom marquera l’histoire du Nouveau Monde). L’immigration donc est normale tant que les peuples sont confrontés à des problèmes d’ordre économique, social et environnemental. Le développement des pays européens est en grande partie tributaire de l’immigration. Depuis très longtemps, les matières premières africaines, la bravoure et la force des africains ont augmenté les devises de l’occident, délié la France du joug allemand et construit les infrastructures de ces pays. Aujourd’hui ce sont les enfants africains (ingénieurs, médecins, avocats, aviateurs, administrateurs, techniciens etc.) qui continuent de maintenir le flambeau du développement dans plusieurs des pays européens. On peut donc dire que durant tout le cours de l’Histoire s’il y a un continent qui a le plus bénéficié de l’immigration c’est le continent européen. Ce continent a bénéficié largement des retombés de l’immigration de son peuple et continue jusqu’à nos jours d’en bénéficier. Les dirigeants européens ainsi que leur peuple devront bien méditer de cette assertion du griot mandingue : « le monde est vieux mais l’avenir sort du passé ». Ces peuples devront être les premiers à comprendre ce phénomène et à chercher des solutions quel qu’en soit les conséquences pour avoir dépouiller l’Afrique de ce qu’elle a de meilleurs et détruire l’orient juste pour continuer de satisfaire les besoins en énergie de leur population. Cette ingratitude occidentale doit elle nous pousser à défoncer leur porte sous le regard cupide et irresponsable de ceux qui nous dirigent. NON. Certes les migrants sont moins attirés par l’Europe qu’ils ne sont chassés de leur pays par un climat politique tout à fait insupportable. Et ça ne date pas d’hier. Dès le début des années 1990, on observe une augmentation sensible des départs de jeunes migrants vers l’Europe. Ils fuient des régimes autocratiques où les violences et persécutions sont nombreuses. Ces longues dernières années, ce fut le cas au Cameroun, au Burkina Faso, au Zimbabwe, en Centrafrique, au Tchad, au Soudan, en Somalie. On dit qu’un Africain sur cinq vit dans une situation de guerre. Ajoutons-y les situations de guerre civile comme en Libye, en Syrie, en Irak… Les migrants viennent principalement d’Afrique subsaharienne, de pays en conflit permanent comme la Somalie ou l’Érythrée. D’autres aussi (comme au Sénégal) par une pression sociale ou une envie accrue de « beugueu bokk » dans une société marquée par le voyeurisme le « guiss len meu » où l’argent, les bling – bling en un mot le matérialisme constitue le principal critère de considération au sein de la famille, de la communauté, de la société et plus grave encore de la quasi-totalité des cercles religieux. Ce manque de prise de conscience de ceux qui nous dirigent ou de l’absence de leaders charismatiques à la trempe d’Omar Abdel Aziz ou de Thomas Sankara doit il réveiller notre naïveté jusqu’à nous pousser à prendre des pirogues, des bateaux de fortunes pour se livrer aux européens en fuyant notre beau continent contrairement à nos ancêtres qui ont été enchainés et forcés à prendre des bateaux pour être vendus en terre occidentale. Et pourtant cette Afrique est la mère de toutes les civilisations comme le dit Cheikh Anta DIOP toujours dans sa conférence de Niamey « les fossiles et les vestiges trouvées en Afrique ne laisse aucune doute que l’Afrique est le berceau de l’humanité et depuis que le berceau a été placée en Afrique, elle ne l’a plus quitté ». L’Afrique  devrait aussi être économiquement la locomotive mondiale car regorgeant de matières premières aussi bien sur le plan agricole, minier, maritime et environnemental. Les pessimistes me diront voilà encore un rêveur. Je leur poserai la question suivante : Qu’est ce qui peut matériellement amener les hommes à vivre dignement sur cette Terre ? Réponse : manger, boire, se vêtir et adorer ALLAH comme IL nous le demande à travers les enseignements du Prophète (PSL). Est-ce que le sol africain ne parvient pas à nous procurer une bonne nourriture ? Bien sûr. Est-ce que les sources d’eau en Afrique se sont taries ? Non. Est-ce que le coton ne peut pas se cultiver en Afrique ? Si si. Est-ce que de très grands hommes fiertés de l’Islam ne se sont pas apparus en Afrique ? Wawaw El Hadji Omar TALL, El Hadji Malick SY, Cheikh Ahmadou Bamba etc. Donc chers africains réveillons-nous et trouvons nous même les solutions à ce fléau.  Certains réclament la convocation d’une conférence internationale pour mettre fin aux dictatures et instaurer des États de droit dans chacun de ces pays. En demandant à l’Europe d’assumer sa part de responsabilité (morale) liée à son passé colonial. Considérant que les drames de la Méditerranée en sont des avatars. Tout ceci est vrais mais la véritable solution est une prise de conscience collective et sans exclusivité de tous les africains et que l’on sache que tout ce que nous cherchons en Europe d’émerveillant se trouve dans nos pays seulement on cherche toujours en nous les sous-estimer, en nous rendant dépendant politiquement, économiquement de cette Europe qui de plus en plus est confrontée à des problèmes d’ordre social, environnemental et économique. Qu’ALLAH fasse que cette prise de conscience collective se fasse avant la fin de la deuxième décade de l’année deux mille.

Modou Fatma MBOW Ingénieur Kébémer

[1] La puissance ne revient qu’à ALLAH SWT mais pour se faire comprendre j’utilise ce terme.

Contribution: Coumba Gawlo: La fierté, le sang et la patrie 

Diva, icône, symbole et emblème d’un pays  qui croit en ses valeurs, avocate de ses paires, modèle de valeur féminine, femme d’affaires et référence artistique, Coumba Gawlo fait partie du patrimoine national. Son art et son œuvre musicale subsisteront au temps, et plusieurs générations apprécieront à sa juste valeur son existence pleine de sens, de dévouement, de combats et de défis.  Son actualité, sa vie de femme, sa pudeur, nous séduisent, nous, femmes sénégalaises. Son esprit métissé et son choix de vie charment les femmes d’ailleurs. Cette fière sénégalaise , bon teint qui inspire le respect hors de nos frontières, est une personnalité reconnue et adulée dans son pays, une fière Gawlo qui ne cesse de hisser le drapeau national au plus haut niveau. Après plus de 25 ans de carrière époustouflante, l’expérience commence à porter ses fruits…qui ont tenu la promesse des fleurs. A force d’endurance, de refus de dépendance, du mépris de l’abandon, de challenges, elle s’est hissée au rang noble de Linguère moderne. D’où trouve t-elle, d’ailleurs,  toute cette énergie et cette intelligence, pour s’asseoir à la table des décideurs et dérouler de gros projets avec les diplomates étrangers ? De sa force intérieure, de sa foi en elle et à son pays. L’envergure internationale de cette reine de la musique sénégalaise a fini par lui coller à la peau, la Diva n’a pas de frontières dans les consulats domiciliés au pays de la téranga. C’est dire qu’elle porte, et agite, la réputation d’un pays innovant, sur les plus grandes tribunes du monde. Son teint de refus rime avec son éloquence verbale, sa réussite sociale tranche avec sa jeunesse faite de précarité, de son enfance éprouvée et assumée. Elle a su partir de loin, puiser de ces conditions impossibles de la vie, pour arriver au sommeil, sans y laisser des plumes. La grande Dame est blanche comme neige, et aucun de ses compatriotes ne peut la trainer dans la boue. C’est l’autre marque de fabrique de cet être bouillonnant. Lors de la cérémonie d’ouverture de la dernière Can, quand elle chantait le Sénégal absent des joutes sur le terrain, la fierté a fait tourner mon sang, et loin de la patrie.  Coumba Gawlo avait titillé la corde patriotique qui sommeillait en moi. J’étais, par la force du destin, perdue dans l’enfer du stade lors de l’ouverture de cette fête de la jeunesse africaine à Abidjan, pour une non-initiée au football de surcroit. C’est le timbre de sa voix, la portée de son message et le patriotisme qui a poussé jusqu’au choix des couleurs flamboyantes de notre pays, mises en valeur dans une robe recherchée, avec une éloquence verbale pour porter la cause du Cancer du Sein, qui a précipité les larmes de joie, de réconfort, qui ont inondé mes joues et empli mon cœur de joie. C’est avant-hier par la magie de la toile, surfant sur un document d’une presse étrangère, que j’ai eu les dernières nouvelles de celle qui m’a réveillée un soir d’Abidjan. Dans le souci de conscientiser les jeunes africains sur les dangers de la migration irrégulière, elle a fait un périple de plus que  5000 kilomètres, sillonnant les routes à la rencontre des populations de son pays, pour alerter et lancer des messages. Les images parlent d’elles même. La portée du message, comme le prouve Youtube qui affiche les records de vue du clip dédié au projet, « Boul Sank sa Bakane », reste éloquente. Un régal vidéo dont l’inspiration frise le rêve.

Absa Diawara, sage-femme à Dakar demeurant à Thiaroye Sur Mer

Contribution: Réponse à Monsieur l’ancien Premier ministre

Monsieur l’ancien Premier Ministre,

Nous avons lu, avec un intérêt particulier, la Lettre que vous avez adressée à Son Excellence Monsieur le Président de la République. Certes, dans notre pays, toutes les citoyennes et tous les citoyens ont le loisir et le droit d’interpeller le Chef de l’Etat, conformément aux exigences et Principes de l’Etat de Droit et de la République. Mais, quand il s’agit de vous, en plus des vérités énoncées en supra et au regard de votre statut politique de Chef de Parti, ces vérités ne vont plus de soi. Elles deviennent problématiques.

D’abord, Monsieur l’ancien Premier Ministre,  et les premiers mots de votre Lettre sont suffisamment expressifs pour en témoigner, quelle est la logique posturale qui vous guide ou, en termes plus simples, de quelle légitimité vous prévalez – vous pour écrire cette Lettre ? En écrivant que « JE vous invite, respectueusement, à publier sans DELAI l’accord… », vous n’êtes plus dans l’invite, mais bien dans l’injonction, l’ordre impératif et  l’exigence absolue ! Vous n’êtes pas le Citoyen qui réclame, ni même le Chef de Parti qui souhaite. Vous ne parlez point au nom de l’Opposition, encore moins des populations. Vous parlez en votre nom propre, dans une prétention indue que rien ne fonde sinon un égocentrisme empierré dans une idéalité politique qui vous noie dans l’illusion d’être un Archange éloigné et supérieur aux pauvres humains que nous sommes.

Toutefois, c’est dans votre approche qui empeste la jactance triviale, des questions posées, que vous révélez les limites de votre démarche. Vous dites que « Une fois l’accord publié, les SPECIALISTES en la matière pourront DIRE EN CONNAISSANCE DE CAUSE, SI VOUS TRAVAILLEZ DANS L’INTERET DES SENEGALAIS ». Extraordinaire !! Vous reconnaissez que vous n’êtes pas « Spécialiste en la matière », et que de facto, vous ne devriez pas en parler.

Dans le même temps, vous continuez à en parler, avec des propos surprenants sur le contexte et la valeur de l’Accord dont les circonstances et le contenu vous échappent totalement. L’usage du « souvent » (qui signifie « pas toujours »), enlève toute crédibilité au commentaire emprunté, aérien et s’engouffrant dans des pistes sinueuses. Et puis, Monsieur l’ancien Premier Ministre, depuis quand les « Spécialistes » doivent – ils « dire »,  juger ou évaluer un Président de la République, démocratiquement élu par un peuple souverain ? Ne transférez – vous pas, votre posture censoriale sur des «Spécialistes » qui sont, par ailleurs, tout, saufs unis dans la perception et les conclusions ? Ou parce que le peuple vous a désavoué durant les Elections tenues au Sénégal depuis 2012 (dont la dernière vous expulse du Département de Thiès) que vous comptez le « contourner » par une stratégie d’évitement?

Poursuivant vos philippiques, vous agitez la rengaine, l’alpha et l’oméga de toute l’Opposition unie autour d’un seul « élément de langage » que constitue la « Pétropolitique», c’est – à – dire les arguties et autres affabulations concoctées autour du Pétrole et du Gaz à produire ! Dans vos propos, tout y est . Vous dites que le Président a « refusé d’annuler le Permis octroyé à PETROTIM » sans pour autant  préciser que ce permis avait été octroyé par Wade et en ignorant, royalement, les explications nettes et sans équivoques fournies par le Premier Ministre lors de sa Conférence de Presse portant sur la position de l’Etat du Sénégal sur cette question !! Vous soutenez, sans sourciller que le contrat est « entaché d’irrégularités ETABLIES ».  Par qui et en quoi, y – a t – il eu « irrégularités établies » ?

Subitement, vous versez dans le discours divinatoire en posant la problématique du « Risque International » qu’absolument rien, dans l’origine et la gestion du dossier ne devrait convoquer. Miroir de vos illusions perdues, l’usage de l’anaphore, rappelle votre personnalité intrinsèque : « JE vous renouvelle mon invitation à vous pencher sur les intérêts supérieurs de notre peuple » !!! Ah bon ? Vous, le pensionnaire de St James vous autorisez pareille attaque? Comment vous,  l’un des grands artisans du tristement célèbre « Protocole de REBEUSS » signé sur le dos du peuple sénégalais, sur le mode mafieux de partage de butin, de rapine et de vol des deniers publics, pouvez – vous  vous  fendre d’une telle Déclaration ?   

Pourtant, dans vos délires hallucinés, vous ne vous êtes pas aperçu de la confusion qui suinte de vos propos. Vous parlez du « peuple » dont le Président de la République « ne semble PLUS percevoir la détresse… ». Vous n’avez pas dit « PAS » mais « PLUS » .Devrions – nous comprendre par là que selon vous, le Président « Percevait » tout ce qui touche au peuple ? Empruntant les sables mouvants de la « politique politicienne », vous exhumez le vieux discours portant sur les « Proches » du Président ! Il nous est facile de comprendre cette attaque tant il est vrai que de « Proches », vous n’en avez plus !

Abandonné par tous vos compagnons historiques, vous êtes devenu un Gourou d’un Groupe Sectaire qui, pour suivre, actionne deux leviers : la « stratégie du charognard » par l’utilisation de la force électorale d’un vieil adversaire en grand danger politique (M. Khalifa SALL) et une présence médiatique permanente en Tout et sur Tout !!

Monsieur l’ancien Premier Ministre, Vous informez d’une réflexion qu’aurait faite un Compatriote sur le « PEU » que ferait le Président de la République, non sans préciser que cela serait lié au fait « qu’il a fermé son accès à la vérité». Autrement dit, le Président « FAIT », mais « PEU ». Mais, si ce point de vue crypto – personnel était avéré, comment expliquer alors, que le Peuple Sénégalais a accordé et accorde toujours sa confiance au Président de la République et à son Camp ?

Mais, Monsieur l’ancien Premier Ministre, ce qui est outrageant, outrancier et immoral, demeure votre référence à la « VERITE » ! Ne savez – vous pas que, pour l’écrasante majorité du peuple sénégalais, à chaque fois que vous ouvrez la bouche, la Vérité déserte les lieux ? Toute votre trajectoire politique n’est – elle pas suffisamment éloquente pour valider cette affirmation ? Nul besoin alors, de « Verbatim » pour illustrer le chapelet de faits et de déclarations par lesquels vous témoignez de votre statut d’ennemi de la vérité !!!

Enfin, Monsieur l’ancien Premier Ministre, Vous dites avoir effectué une randonnée pédestre dans le Vélingara, un grand fief du Président de la République, pour y dénicher des propos populaires configurant le « bon Chef ». Mais, dans le KAJOOR des profondeurs, la pensée populaire, souligne une très grande vérité : « Kou teulé  day yaakaar né kenn manoul » Notre expérience avec vous nous renseigne que vous avez dépassé le stade du « Tchouné ». Vous êtes simplement « IDY TEULE » !!! «

 Juvénilement » Vôtre, Monsieur l’ancien Premier Ministre !!!!!

Pour le COMITE DE RIPOSTE DES JEUNESSES REPUBLICAINES UNIES

MEISSA MAHECOR DIOUF          

Code des marchés publics au Sénégal: Analyse comparative des réformes et recommandations par IPODE

I – INTRODUCTION

La réforme du système national de passation des marchés publics du Sénégal est un long processus qui a connu plusieurs améliorations, dans une approche participative et inclusive, qui a fait souvent appel à l’ensemble des parties prenantes de la commande publique.

Au début, la passation des marchés publics était régie au Sénégal par le Décret  n°82-690du 07 septembre 1982.

Par la suite, trente-deux (32) ans après,  le décret n° 2011-1048 du 27 juillet 2011 a été pris pour d’une part, alléger les procédures en vigueur, et d’autre part, pour rendre plus efficace la commande publique.

Le décret n° 2012-01 du 02 Janvier 2012 est ensuite intervenu pour modifier l’article 3 du Code précédent.

Aujourd’hui, dans un contexte caractérisé davantage par la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la reddition des comptes, et dans la logique du principe de l’amélioration continue, les procédures nationales en matière de passation des marchés ont été encore une fois revisitées et renforcées à travers le décret n° 2014-1212 du 22 Septembre 2014.

Ainsi, on constate que les réformes sont nombreuses dans le domaine de la commande publique et cela s’explique aisément dans la mesure où l’essentiel des dépenses de nos deniers publics (plus de 90%)  s’exécute à travers la passation de marchés de biens et de services.

En 2007, la commande publique était estimée à 500 milliards de FCFA par an ; en 2016 ce montant annuel est passé à 2000 milliards de FCFA.

Aussi, faut-il souligner que la passation des marchés, loin d’être « un empêcheur de tourner en rond » au sein de nos institutions publiques, comme on le conçoit généralement dans les milieux professionnels, est en réalité un outil de développement car source de richesse pour nos entreprises locales, mais aussi un moyen de faire des économies par le jeu de la concurrence ouverte, mais surtout un moyen efficace de satisfaire les besoins de nos populations, ultimes bénéficiaires.

II- LES  CHANGEMENTS MAJEURS  APPORTES  PAR LE  CODE DES MARCHES  DE  2014

La persistance des lourdeurs malgré les réformes précédentes, la faiblesse du taux d’absorption des ressources financières, ainsi que le souci d’une responsabilisation plus importante dans la mise en œuvre des projets structurants, sont les facteurs essentiels qui ont guidé aux changements majeurs qui sont essentiellement les suivants :

LE RELEVEMENT DES DIFFERENTS SEUILS

Le relèvement des seuils de passation des marchés

  • Les seuils de passation des marchés ont été sensiblement revus à la hausse pour chacune des trois catégories de marchés prévus par le Code.

En effet, en ce qui concerne les travaux, les seuils sont de passés de :

Pour  l’Etat, Collectivités locales, Etablissements Publics, agences non dotées de la personnalité morale :

 

– 25 millions FCFA à 70 Millions FCFA pour les marchés de travaux ;

– 15 millions FCFA à 50 Millions FCFA pour les marchés de fournitures et de services

–  25 millions FCFA  à 50 Millions FCFA pour les marchés de prestations intellectuelles ;

Pour les sociétés nationales et agences dotées de la personnalité morale :

 

– 50 millions FCFA à 100 Millions FCFA pour les marchés de travaux ;

30 millions FCFA à 60 Millions FCFA pour les marchés de fournitures et de services ;

 30 millions FCFA à 60 Millions FCFA pour les marchés de prestations intellectuelles ;

Le relèvement des seuils d’exigibilité des garanties de soumission et de bonne exécution

  • Pour les garanties de soumission :

–          Le seuil passe de 30 millions FCFA à 80 millions de FCFA pour les marchés de fournitures et de services ;

–          Pour les marchés de travaux il passe de 60 millions FCFA à 100 millions FCFA.

  • Pour les garanties de bonne exécution :

–          Le seuil passe de 25 millions FCFA à 70 millions FCFA pour les marchés de fournitures et de services ;

–          Pour les marchés de travaux le seuil passe de 35 millions FCFA à 100 millions FCFA.

 

 

Le relèvement des seuils de contrôle a priori des dossiers de marchés par la DCMP

  • Pour l’Etat, ses services déconcentrés et organismes non dotés de la personnalité morale, les collectivités locales et leurs services déconcentrés, les groupements mixtes et les établissements publics :

–          Marchés de travaux : 300.000 FCFA

–          Marchés de fournitures : 200.000 FCFA

–          Marchés de services et prestations intellectuelles : 150.000 FCFA

  • Pour les agences et organismes, personnes morales de droit public ou privé, autres que les établissements publics, sociétés nationales ou sociétés anonymes à participation publique majoritaire, dont l’activité est financée majoritairement par l’Etat :

–          Marchés de travaux : 400.000 FCFA

–          Marchés de fournitures : 250.000 FCFA

–          Marchés de services et prestations intellectuelles : 200.000 FCFA

  • Pour les sociétés nationales à participation publique majoritaire :

–          Marchés de travaux : 600.000 FCFA

–          Marchés de fournitures : 400.000 FCFA

–          Marchés de services et prestations intellectuelles : 250.000 FCFA

LA REACTUALISATION  DES DIFFERENTS DELAIS DANS LE PROCESSUS DE PASSATION DES MARCHES

  • Les délais sont maintenant présentés en jours calendaires ;
  •  Les Plans de Passation des Marchés (PPM) sont maintenant communiqués à la Direction Centrale des Marchés Publics (DCMP)  au plus tard le 01/12/n-1 de l’année budgétaire ;
  • La Publication des PPM  par la DCMP est désormais faite trois( 03) jours après réception ;
  • Les Avis Généraux de Passation de Marchés sont  publiés au plus tard le 15/01/n de l’achat public ;
  • L’acquisition des manuels scolaires s’effectue sur une  durée d’un (01) an, renouvelable sur  cinq (05) ans par avenant ;
  • L’approbation des marchés s’effectue dans un délai maximal de trois (03) jours par l’autorité habilitée ; et en cas de refus motivé dans les quinze(15) jours suivant la réception du dossier.

L’INTRODUCTION DE LA DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS ET DE PRIX (DRP)  A COMPETITION OUVERTE

 

  • Avant, il n’existait que deux (02) catégories de DRP ; à savoir la DRP simple et la DRP à compétition restreinte.

Avec le Code de 2014 actuel, il a été introduit la DRP à compétition ouverte  où l’autorité contractante lance un avis public d’appel à la concurrence ; le délai minimal de dépôt des offres étant de quinze (15) jours calendaires à compter de la date de publication de l’avis d’appel à concurrence.

LA MODIFICATION DU SYSTEME DE TRAITEMENT DES RECLAMATIONS DES SOUMISSIONNAIRES

 

  • Dans le cas d’un recours auprès du Comité de Règlement des Différends de l’ARMP, qui fait intervient à la suite d’un recours gracieux adressé à l’autorité contractante et qui ne satisfait pas au plaignant, la saisine est accompagnée de la pièce attestant du paiement d’une consignation dont le montant est fixé par Arrêté du Ministre chargé des Finances.

Cette consignation qui est remboursée au plaignant lorsque son recours est fondé, constitue un changement majeur dans le nouveau Code.

L’INTRODUCTION DE LA NOTION D’OFFRE SPONTANEE

 

  • Selon l’article 81 du Code en vigueur, « l’autorité contractante peut donner suite à une offre spontanée de fournitures, de prestations de services et de réalisations de travaux lorsque celle-ci entre dans le cadre de ses missions et présente un intérêt général manifeste. »

Dans ce cas d’espèces, le dossier d’appel à la concurrence est élaboré sur la base des études préalables réalisées par l’auteur de l’offre spontanée qui précise, à la transmission desdites études, les données confidentielles ou de propriété intellectuelle qui ne peuvent faire l’objet de divulgation dans le dossier, à l’exception d’une cession de ses droits à l’autorité contractante.

Cette notion d’offre spontanée est une innovation de l’actuel code des marchés.

 

LA REFORMULATION DE LA RECEPTION DES PRESTATIONS

 

  • La réception des prestations a été reformulée ; en effet, pour plus de clarté, il est précisé que lorsque la commission de réception des travaux, fournitures ou services, constate des manquements par rapport aux prescriptions du marché, mais que ces manquements peuvent être admis en l’état, l’autorité contractante peut proposer au titulaire du marché une réfaction sur le prix global du marché ou sur les prix unitaires ; auquel cas et si le titulaire du marché est d’accord, une réception provisoire est effectués sur cette base.

 

LA MISE EN PLACE DES COMMISSIONS REGIONALES ET DEPARTEMENTALES DES MARCHES

 

  • Pour les marchés passés par l’Etat en dehors de la région de Dakar, il est mis en place des commissions régionales et départementales de marchés, par les gouverneurs de régions et préfets de départements, sauf dans les départements se situant dans les chefs-lieux de régions.

 

LA RE-ACTUALISATION DES DELAIS DANS LA TRANSMISSION DES PLANS DE PASSATION DES MARCHES  A LA DCMP

 

  • Les Plans de Passation des Marchés (PPM) sont maintenant communiqués à la Direction de Contrôle des Marchés Publics (DCMP) au plus tard le 1er Décembre de l’année précédant l’année budgétaire considérée.

La DCMP contrôle la conformité du PPM et se charge de sa publication dans les trois (03) jours suivant la réception.

LA MODIFICATIONS DANS L’APPROBATION DES  MARCHES

 

  • Dorénavant, aucun contrôle a priori ne peut s’effectuer après l’approbation du marché ; aussi, l’approbation ne peut être refusée qu’en l’absence de document attestant de l’existence des crédits y afférents.

Enfin, l’approbation du marché ne peut être refusée que par une décision motivée, rendue dans les quinze (15) jours suivant la transmission du dossier ; et ladite décision est susceptible de recours devant le Comité de Règlement des Différends.

LA SUPPRESSION DU CONTRAT DE PARTENARIAT

 

  • Le contrat de partenariat a été tout bonnement supprimé du Code actuel.

L’AVENEMENT DE NOUVELLES DEROGATIONS  AU CODE

  • L’acquisition des médicaments et produits essentiels est autorisée
  • L’achat aux enchères publiques par le service chargé du mobilier national, sans limitation de prix
  • L’exclusion des dispositions du code des marchés :

–          des prestations de nature juridique (services de conciliation, d’arbitrage, d’assistance et de représentation)

–          Des prestations relatives aux insertions publicitaires, l’hébergement et la restauration (sommets officiels, séminaires et ateliers)

  • La signature d’accords-cadres comme alternative aux DRP et Appels d’Offres Ouverts.

III- CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

 Comme nous le constatons  tout au long du présent document, le Code portant réglementation de la passation des marchés publics du Sénégal a connu maintes réformes.

Ces réformes doivent continuer pour s’adapter aux vicissitudes que connait et continuera de connaître le domaine de la commande publique, mais aussi et surtout pour répondre aux préoccupations objectives des pouvoirs publics et des autres parties prenantes.

On peut affirmer sans risque de nous tromper, que l’état actuel du Code des marchés peut être jugé comme étant correct dans son ensemble, pour permettre une bonne mise en œuvre de la commande publique, et dans le respect des lois et règlements en vigueur aussi bien sur le plan national que sur le plan régional.

Cela n’empêche pas, qu’à chaque fois que de besoin, des réformes soient encore menées, mais dans le seul sens de consolider l’existant, et non de déconsolider, comme cela peut arriver si les experts du pays ne sont pas vigilants et suivent aveuglément les politiques qui eux, ont souvent leur propre agenda politicien qui ne cadre pas forcément avec l’intérêt général du pays.

La lutte contre la corruption qui gangrène nos économies et qui est bien présente dans la passation des marchés  doit effectivement rendre de plus en plus vigilants tous les patriotes de ce pays.

En effet, l’intégrité des acteurs de la commande publique est l’un des facteurs les plus dirimants pour sécuriser l’ensemble du processus de la passation des marchés.

Enfin, en tant que spécialiste du domaine, je terminerai par quelques  recommandations pouvant servir à consolider les acquis et à améliorer le système actuel de passation des marchés de biens et de services au Sénégal.

A mon avis, il faut nécessairement :

–          Accorder une importance capitale dans la planification rigoureuse des activités de passation des marchés ;

–          Procéder de manière régulière à l’évaluation de l’exécution des plans de passation des marchés, afin de mieux cerner les écarts entre ce qui est planifié et qui est finalement exécuté ;

–          Renforcer les capacités techniques des cellules de passation des marchés au sein des autorités contractantes, (notamment sur les enjeux de la commande publique, mais aussi  la fraude et la corruption) et augmenter leurs effectifs de manière plus raisonnable ;

–          Rendre plus rigoureuse la sélection des membres des équipes d’évaluation des offres pour des raisons d’efficacité  et de transparence du processus, mais également dans un souci de de gain de temps ;

–           Mieux exploiter les résultats des audits des marchés publics, en vue d’apporter les correctifs idoines, et au bon moment, aux différents dysfonctionnements  relevés lors des missions d’audits

–          Explorer la piste qui consiste à externaliser progressivement l’activité de passation des marchés, pour mieux assurer les principes fondamentaux en matière de passation des marchés, à savoir, la transparence, l’économie, l’équité et l’efficacité.

                                                                Mor FAYE

                                                               Spécialiste Sénior en Passation des Marchés Publics

                                                               Pour le Think Tank IPODE.

Rwanda-Israël: Par devoir de mémoire (Siré Sy)

Le Peuple Juif a connu l’extermination. La Nation Rwandaise a connu le génocide.  Le 7 Avril de chaque année, le Rwanda commémore le génocide de presque 1 million de Rwandais. Ce 11 Avril 2018, Israël va commémore le Yom HaShoah (le jour de la Shoah), le génocide de près de 6 millions de Juifs .

A la mémoire littérale qui s’en tient à l’événement considéré comme indépassable, le philosophe Tzvetan Todorov dans son livre  »Les abus de la mémoire », oppose, en s’y ralliant, la mémoire exemplaire qui replace l’événement particulier dans une catégorie générale. La première dit-il, soumet en effet le présent au passé, tandis que la seconde permet de se servir du passé dans le présent, à titre de comparaison et d’illustration.

Et le présent est déterminant dans le bon usage de la mémoire.

C’est là où le Rwanda et Israël se nourrissent et se complètent mutuellement dans le culte de le mémoire, dans leur capacité à transformer une situation désespérée en une opportunité enviable.

Rwanda et Israël ont fait du Culte de la mémoire, une Culture du devenir, d’un commun vouloir de vivre en commun. Car, leur souvenir du passé n’est pas un replié sur soi-même mais une invite à agir dans le présent et à se projeter dans le futur.

Israël, au fil des ans, est devenue la  »Nation Start-up »,  une  »Innov Nation ». Le Rwanda, au fil des ans, est devenue  »A resilient Nation », la Nation résiliente. A coté de l’Ile Maurice, le patrie de Jean Claude-de l’Estrac, Le Rwanda est devenu un véritable laboratoire du Vivre ensemble et de la performance économique. Le Rwanda devient de plus en plus, le profil pays le plus achevé de cette Afrique des possibles, longtemps absente des imaginaires. Cette Afrique qui se dresse patiemment, obstinément et dont la saveur a le gout d’une reprise de son destin en main et d’une renégociation de sa place dans la globalisation.

La Représentation diplomatique du Rwanda au Senegal, célèbre ce Vendredi 17 Février 2018  à la place du Souvenir Africain, le Rwanda National Heroe’s Day dont ceux ci classés en trois catégories, à savoir : Imanzi, Imena et Ingenzi.

Dans la catégorie Imanzi, figurent des personnes qui ont sacrifié leurs vies, comme le général major Fred Rwigema, décédé en première ligne un jour après le lancement de la guerre de libération et le Soldat inconnu qui représente tous les soldats qui ont perdu leurs vies en luttant pour le Rwanda.

La deuxième catégorie, Imena, comprend des héros célébrés pour leurs actes extraordinaires tels que le Roi Mutara III, l’ancien Premier ministre pendant le génocide, Agathe Uwilingiyimana, et les élèves du lycée Nyange.

La troisième catégorie, Ingenzi, inclut des héros qui sont toujours en vie.

 

Siré SY

 

Contribution: Mahammed Boun Abdallah Dionne, l’homme qu’il faut à la place qu’il faut

Le Premier Ministre Boun Abdallah Dionne comme à son habitude, n’a pas attendu longtemps pour répondre aux attaques d’Idrissa Seck manifestement atteint par la furie de vaincre aux prochaines élections et qui a du mal à accepter de voir le Président Macky Sall aux commandes d’une République qui lui a fait confiance avec un score historique de 65%.

S’adressant à la jeunesse, le Premier Ministre lui demande de « se méfier des spécialistes du découragement national. Ces troubadours de droite comme de gauche, sont des spécialistes de l’incantation du verbe et du découragement ».

Le Premier Ministre n’est pas à sa première sortie pour prendre la défense de Macky Sall. A chaque fois que de besoin, il a monté au créneau pour ne pas dire au charbon pour porter la réplique et le plus souvent l’estocade à des opposants en mal de repères.

Quand Abdoul Mbaye, Ousmane Sonko et bien d’autres se sont érigés en champions de la délation et de la diffamation face au Président de la République et ses proches, personne n’a oublié sa sortie qui a été assortie d’un discours magistral sur le pétrole et les mines et ses promesses tenues de mettre en place des instruments de contrôle.

Ce que nous voulons dire par là, c’est que ce vaillant fils de Gossas qui est Boun Abdallah Dionne est la fierté de son terroir et du Sénégal pour avoir réhabilité la fonction de Premier Ministre dont l’utilité avant lui, était sujette à caution.

Il était, si vous vous en rappelez, question de suppression de ce poste alors que d’autres l’avaient géré avant lui avec les résultats que l’on sait. D’ailleurs ce débat date de la gestion calamiteuse de Wade qui avait  eu beaucoup de maille à pâtir avec Idrissa Seck avant d’avoir beaucoup de satisfaction avec Macky Sall en tant que Premier Ministre.

Aujourd’hui, personne ne se pose plus la question de l’utilité du poste. Ce débat est oublié depuis le 06 juillet 2014 date à laquelle le Président Macky Sall a porté son dévolu sur son ami et ancien collaborateur Mahammad Boun Abdallah Dionne.

Un choix mûrement réfléchi d’autant plus que c’est le premier Ministre qui est souvent le Directeur des campagnes électorales.

Il a, à ce propos, remporté haut la main les législatives de juillet 2017 à la tête de la coalition Benno Bokk Yakaar. Ceux qui disait d’une façon péremptoire qu’il « était un technocrate dépourvu d’expérience en matière politique » se sont vite rendu compte d’avoir trop vite parlé. Le Duo Boun Abdallah-Ahmadou Bâ a fait un travail remarquable pour ne pas dire spectaculaire.

Cet ingénieur qui a longtemps servi la communauté internationale dans des secteurs stratégiques est en train de démontrer que le président Macky Sall a fait le juste choix, celui de jeter son dévolu sur un homme compétent, intègre, patriote, discret et loyal.

C‘est cela Mahammad Boun Abdallah Dionne. Celui qui va certainement diriger la campagne à la prochaine présidentielle, le chantre du Plan Sénégal Emergent (PSE) qu’il a aidé à faire connaître au niveau des populations. L’avocat du PSE parcours le pays, rencontre les diplomatiques, la société civile et les populations pour davantage matérialiser cette mission du Président de la république qu’il avait résumée en deux mots : ‘’Au travail’’.

C’est pourquoi, de notre côté, nous sommons nos compatriotes à davantage être au travail en évitant les discours creux de personnes égarées et en mal de popularité.

Les Sénégalais nous ont fait confiance et continueront à le faire tant que nous serons à la tâche et que nous continuerons à les satisfaire dans les multiples programmes du Président de la République que sont le PSE, le PUDC, les Bourses familiales, le CMU, la Carte d’égalité des chances, le PRODAC, etc.

Nous souhaitons également que l’APR resserre davantage ses rangs pour une unité du parti face aux échéances électorales à venir et que la coalition Benno Bokk Yakaar soit davantage élargi aux différents mouvements de soutien et de la société civile sans oubli les partis politiques qui lui tendent la main.

Si nous améliorons notre communication et peaufinons nos stratégies, le Président Macky n’aura pas besoin d’aller au second tour.

 

Ousmane Wade

Coordonnateur ‘’Une famille un toit’’

Directeur général de l’Habitat social

Responsable politique APR à Colobane (Gossas)

 

Contribution: Quel leadership pour l’homosenegalensis ?

La caractéristique première qui doit être la base de tout leadership est, bien avant la légitimité tirée de la désignation démocratique par la majorité, l’exemplarité.

La vision du leader doit être validée par le peuple. Pour ce, elle doit être portée par une stratégie de vulgarisation véritablement pertinente avec des indicateurs tout ce qu’il y a de plus SMART.

Un plan de développement censé apporter des changements structurels de nature à mettre notre pays sur les rails de l’émergence doit donc s’inscrire dans des délais de réalisation réalistes, pour que ses effets rapidement observables puissent avoir un impact capable de nourrir une impulsion porteuse de croissance durable de nature à garantir l’atteinte de l’émergence.

Il est vrai qu’on ne peut pas faire le bonheur de quelqu’un malgré soi.

D’où l’obligation d’une approche inclusive dans la définition et la mise en œuvre de toute politique de développement.

Sans interaction entre tous les acteurs sur la base d’une convention minimale garantissant une entente tacite sur les grands principes fondateurs d’une conscience nationale tournée vers l’édification d’une société plus juste plus ambitieuse et tendue vers le développement, il n’y a aucune politique de développement aussi ambitieuse soit elle qui sortira le Sénégal de son sous-développement chronique !

Et que personne ne dise que les sénégalais ne sont pas capables de se mobiliser pour de grandes causes nationales.

Quand leur sort est engagé, et que l’enjeu leur paraisse suffisamment patriotique pour mériter qu’ils en relèvent le challenge, ils sont héroïques. Deux exemples seulement pour le prouver, ou trois : en 2000 nous avons balayé Abdou Diouf. Et réalisé l’alternance historique. En 2012 la mobilisation générale de tous les citoyens a mis Abdoulaye Wade en congé de la République.

Tout le monde s’était mobilisé comme un seul homme pour barrer la route à la tentative, réelle ou supposée, de dévolution monarchique du pouvoir.

Quand le leader réunit légitimité et exemplarité, les sénégalais soulèvent des montagnes, et se subliment pour répondre à son invitation.

Un exemple ? Les Mourides, et leur relation au Khalif général !

Les sénégalais sont libres, patriotes, conscients, et conséquents.

Quand ils ont le sentiment que la cause qu’on les appelle à défendre n’a aucun effet sur leur sort dans l’immédiat ou le moyen terme et que ce sont plutôt d’autres politiciens qui en tirent les ficelles en sourdine, ils se montrent ataviques et nonchalants, pour montrer leur désintérêt sans paraître impolis !

Le problème fondamental de l’homo senegalensis, c’est qu’il choisit mal ses dirigeants. D’ailleurs il ne les choisit pas. Il se débarrasse de ceux dont il ne veut plus, peu importe ceux qui les remplacent, du moment qu’il a obtenu sa revanche, ou sa vengeance sur eux !

Il n’est pas étonnant alors qu’il soit toujours détaché des choses publiques jusqu’au moment oú sa situation lui semble à nouveau insupportable !

Il est ainsi un Sisyphe des temps modernes.

Ce qui est vraiment dommage !

Cissé Kane Ndao

Contribution: Haro sur les cumulards de la République (par Babacar Gaye)

Au #Sénégal, des députés viennent d’être élus au Parlement de la CEDEAO. Va se poser la question d’un cumul de mandats. J’ai saisi l’occasion pour poser le débat.

Le cumul des mandats est un fléau dans les démocraties où les élus ne se soucient pas de l’efficacité de la représentation politique. Il n’encourage pas la rationalisation des ressources aussi bien humaines que financières d’une nation.

Le cumul des mandats électifs est la pratique qui consiste, pour un homme politique à exercer simultanément plusieurs mandats. Souvent on parle aussi de cumul des fonctions et/ou de plusieurs traitements.

Il en existe deux types:

1. Le cumul des mandats dans le temps, lorsque le même mandat électoral est obtenu à plusieurs reprises. Ce qui est du ressort des électeurs qui décident de renouveler leur confiance à un élu. Seule l’éthique peut en limiter les méfaits sur la démocratie.

2. Le cumul des mandats simultanés qui comprend le cumul horizontal lorsque les mandats sont sur une même échelle de gouvernance (locale ou nationale), et le cumul vertical lorsque les mandats sont sur des niveaux différents: local (conseiller municipal ou départemental), national (député ou sénateur), et international (membre d’un parlement sous-régional ou régional).

Cas fréquent: conseiller municipal ou départemental, député, membre du Parlement de la CEDEAO (trois mandats électifs). Quel que soit le mode d’élection, c’est un mandat électif selon la loi.

Il est nécessaire de faire la différence entre le cumul de mandats électifs du cumul simultané d’un ou plusieurs mandats électifs et d’une fonction.

Dans le premier cas, il s’agit d’un élu qui siège dans plusieurs conseils ou du député et d’un sénateur qui est à la fois maire ou membre d’un conseil.

En France un cumul de 5 mandats électifs est fréquent. Alors qu’au Sénégal le cumul des mandats est régi par la loi 91-11 du 22 mars 1996. Par contre la loi est plus contraignante en Italie, car pour être éligible au Parlement, le maire doit démissionner de son mandat six mois avant les élections législatives.

Avec la mise en oeuvre de l’Acte 3 de la décentralisation au Sénégal, il est nécessaire de modifier la loi 96-11 limitant le cumul des mandats afin de tenir compte de la suppression des communes d’arrondissement et du Conseil régional ainsi que de la création du Conseil départemental et du Haut Conseil des Collectivités territoriales dont les membres sont élus pour partie et nommés pour le reste.

C’est à l’aune des expériences d’ailleurs et de la législation en vigueur au Sénégal qu’il faut appréhender le phénomène du cumul des mandats.

A l’assemblée nationale siègent beaucoup de députés qui cumulent plus de deux mandats électifs. L’ignorance des textes pour certains et la logique de solidarité partisane pour d’autres font que des députés cumulards ne sont pas sanctionnés. Seul un audit indépendant pourrait faire la lumière sur ces irrégularités manifestes.

Mais au-delà du cumul de mandats et ou de fonctions, on devrait commencer par s’attaquer au cumul des salaires, traitements et indemnités en appliquant la loi dans toute sa rigueur.

Par exemple, il y’a des députés qui cumulent illégalement leur mandat de député avec celui d’élu local et de membre de parlement régional (Parlement pan africain) ou sous-régional Cedeao, Uemoa). Et paradoxalement ils perçoivent indûment des indemnités qui sont considérées comme des traitements et salaires. Or en la matière, la réglementation est constante: “L’indemnité parlementaire ne peut être cumulée avec un traitement ni avec une indemnité ayant le caractère de rémunération principale” (article 4 de l’ordonnance n° 63-04 du 6 juin 1963).

L’Ofnac a, ici, une occasion en or pour enquêter sur l’enrichissement sans cause de tous ces cumulards quelle que soit leur fonction : ministre, député, DG ou autres.

Qui plus est, une concentration de plusieurs mandats et fonctions ne favorise pas la promotion interne au sein des partis politiques. Mieux le cumul n’assure pas une distribution équitable des rôles. Ce qui induit une mauvaise rationalisation des ressources humaines politiques. Il appartient aux partis politiques de fixer des limites que leurs dirigeants ne pourraient franchir si les textes ne sont pas assez contraignants.

Pire, c’est le temps qui manquera le plus aux élus qui exercent des fonctions gouvernementales. C’est d’ailleurs pourquoi Lionel Jospin, en son temps, n’a jamais accepté de Ministre-Maire dans son gouvernement quand bien même la législation française admet le cumul de fonction de ministre et le mandat de maire. Alors qu’au Sénégal il est même courant d’entendre un ministre se glorifier d’avoir cédé son salaire de Maire au profit de telle ou telle catégorie de sa commune comme si le cumulard avait des droits sur le salaire ou les indemnités de l’édile local s’il perçoit des émoluments de député, de ministre ou d’agent de l’État. Avec leurs absences répétées les électeurs se sentent toujours trahis par les élites qu’ils ont choisies pour la gestion de leur cité. L’absentéisme étant la chose la mieux partagée dans les conseils municipaux qui peinent à réunir leurs membres. Cela creuse le fossé qui sépare le peuple de ses élus. Et pour réconcilier le citoyen et l’homme politique qu’il considère comme un privilégié, un large débat franc et fécond doit s’instaurer sans esprit partisan, pour éradiquer un tel fléau.

En conclusion, il s’agit d’une part de restaurer la crédibilité de l’homme politique dont l’estime des populations en prend un sacré coup au fur et à mesure que les alternances se succèdent, et d’autre part de gérer avec parcimonie et dans la sobriété nos maigres ressources. Le débat est ouvert. Seuls des arguments tirés de la loi ou de la morale politique seront acceptés.

Babacar Gaye
Ancien député

Contribution: Je suis “Marabout-Opposant”

« Marabout-Opposant ».

C’est en ces termes sarcastiques et chargés de dédain que le locataire de l’Avenue Roum a apostrophé Serigne Mansour SY Djamil lors du Gamou de Tivaoune. Ce dernier nous a fait cette révélation de taille lors de son Gamou à Louga où, profitant d’un auditoire acquis à sa cause, n’a pas hésité à faire le point sur les relations entre Macky Sall et la classe religieuse, allant même jusqu’à faire bouder le Gouverneur de ladite localité qui a fait preuve d’une discourtoisie et d’une inélégance grossières pour un Homme d’État desa trempe. Mais bon, dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es… Convenons-en : c’est un secret de polichinelle de dire que l’État a ses fiefs religieux qu’il finance et alimente par monts et par vaux et d’autres qu’il méprise et ignore, car n’ayant pas accepté d’être dans la mouvance présidentielle. Faut-il rappeler au Leader de l’APR que son élection en 2012 est la preuve la plus éclatante qu’il faudra d’aurenavant compter sur un bilan fécond en réalisations,allant dans le sens de rendre la vie des sénégalais meilleure, plutôt que sur le culte de la ploutocratie visant à enrichir une minorité.

Vous n’êtes pas sensé ignorer, Monsieur, qu’en 2012, lorsque vous accédiez haut les cœurs à la plus haute stature sénégalaise à géométrie variable, vous n’étiez ni le meilleur, ni le plus aimé, ni le plus franc ou même le plus droit des 14 millions de sénégalais. Le peuple vous a choisi avec l’intention première de rompre avec cette gabegie financière, fer de lance du régime libéral. Nous avons, hélas, hérité d’un jeune dresseur de fauves politiques dont le seul mérite est de ressusciter des cadavres politiciens qui, depuis l’accession à l’indépendance, sont ce que le Sénégal a de plus vil et de plus dépravé. Nous voudrions, plutôt, un Président prompt et désireux d’instaurer la bonne Gouvernance à tous les niveaux de gestion de l’administration. Quelqu’un a dit : « La force d’un guide se trouve dans l’espoir qu’il crée »… Malheureusement ici on ne croit plus au Sénégal Émergent. Rendez-vous en 2019 pour le Plan Sénégal Détergent : nous nettoierons de fond en comble ces pratiques crasseuses et infectes.
Mohamadou Manel Fall, Marabout-Opposant

Contribution: Chronique saignante d’un enseignant

Lors de la conférence internationale du partenariat pour
l’éducation,le président de la République avait affirmé haut et fort
que »financer l’éducation n’est pas une charge  sociale mais un
investissement sûr ».Mais ce qui se passe dans le secteur depuis son
accession à la magistrature suprême pousse tous les citoyens avertis à
émettre de serieuses réserves sur la sincérité de ses propos.La
station présidentielle devrait être le lieu par excellence de la
résolution finale des conflits.Cependant,force est de constater pour
s’en désoler que sa rencontre avec les secrétaires généraux des
syndicats d’enseignants n’aura pas servi à grand chose.La trêve fut
brève.Les grèves et les débrayages s’emballent de plus belle.Le
gouvernement n’a pas pensé panser les plaies béantes mais s’est
employé plutôt à sauver des années fort escamotées.Bien sûr quand
l’incompétence s’associe à un manque de volonté manifeste,la
gouvernance devient scabreuse.La responsabilité du président de la
République est pleine et entière dans cette situation pénible de
pourrissement.Qu’un chef de l’Etat garantisse des accords réalistes et
réalisables,annonce des mesures,que des ministres font de la
résistance,faisant fi de la parole donnée du chef,que son son
directeur de cabinet assimile des doléances émanant d’accords
réalistes  et réalisables à du chantage,l’enseignant et non moins
citoyen que je suis s’inquiète et s’interroge.Face aux multiples que
faire saignants,il est bien plus commode de procéder à des
ponctions,bien plus aisé de brandir des menaces de radiation.Vaillants
enseignants!Vous aurez beau en vouloir à votre ministre de tutelle,il
restera tant que durera la coalition.Vous aurez beau vous offusquer de
ces ministres plus préoccupés à chercher des répliques contre des
opposants qu’à travailler à asseoir une politique durable axée sur
l’équité et la justice.Mais que voulez-vous?Ainsi va le Sénégal.Mille
milliards de mille sabords!Que representent 85 milliards de dettes
dues à de valeureux travailleurs.

Bébé Ndiaye

Coaching de crise: comment gérer une grève ? (Papa Modou Guéye)

Une crise financière qui effraie, des entreprises secouées, des licenciements économiques ici et là… poussent souvent les salariés à la grève. Comment le dirigeant doit se comporter pour faire face ou même éviter ce genre de manœuvre ?

Souvent utilisé comme moyen de pression sur les dirigeants pour obtenir gain de cause à leurs revendications, la grève reconnue par le droit du travail, a toujours été une arme redoutable de contestation. Même si dans le langage des coachs, on préfère parler de «  manœuvre » ou « crise » à la place de grève. Conscients d’une telle situation, les dirigeants utilisent eux aussi leurs armes afin de bien gérer ou même prévenir ce genre de mouvement. Et pour cela, un travail en amont, qui tourne autour de la délégation et la communication, est vivement recommandé. Le travail du coach consiste à reformuler, à questionner, à recadrer, à réguler, à jouer l’effet miroir et à pousser le coaché dans ces retranchements pour lui permettre d’explorer des alternatives qu’il n’aurait pas envisagé. En d’autre termes, le coach accompagne le dirigeant avec des conseils afin qu’il puisse gérer le mouvement d’humeur. Un tel accompagnement peut s’apparenter à tout autre coaching résolutoire : il s’agit ici de travailler avec la personne à clarifier ses objectifs en veillant à ce qu’ils soient smart. Et pour gérer, selon Bernard Corbel, coach et psychanalyste, il faut incontestablement entreprendre une médiation, écouter les représentants des contestataires, comprendre ce qui légitime leur mécontentement et chercher à « historiser » le ou les sujets de contestation (qui, quoi, où, quant, combien). « Les problèmes doivent ensuite être écrits en s’assurant qu’on est d’abord sur la formulation », argue le psychiatre français dans ses interventions (ndr site). Le but d’une médiation est que chacun ait un avantage dans la résolution du conflit. En effet, ce genre de manœuvre demande beaucoup d’efforts qui ne sont pas toujours faciles à gérer. De fait, il est important pour le dirigeant d’avoir un coach, même si dans notre pays, le Sénégal, les mentalités ne l’acceptent pas encore assez, je regrette. Face à ce genre de situation comme la grève, surtout avec cette conjoncture difficile, la meilleure façon de gérer ces genres de manœuvre, c’est de déléguer. Autrement dit, le dirigeant ne doit en aucun cas vouloir être au four et au moulin. Il doit penser à responsabiliser les salariés en leurs déléguant certaines de ses prérogatives. Car la délégation est un moyen de motivation des collaborateurs pour libérer leurs potentiels. Un point de vue entièrement partagé avec certains cadres d’entreprise. Un salarié qui part en grève est souvent diminué. De ce fait, il a besoin d’être responsabilisé. Donc, la meilleure solution de lui faire revenir, c’est de lui déléguer quelque chose.

La com’, la com’, la com’…

Dans un contexte où les décisions pertinentes doivent se prendre très rapidement pour minimiser le potentiel destructeur d’un mouvement d’humeur, l’apport de la communication participe activement à la gestion de tels événements. Souvent, des dirigeants, pour faire face à une grève de salariés, ont tendance à promettre aux grévistes de l’argent avec des primes ou augmentation de salaire alors qu’il y ‘a un moyen beaucoup plus efficace qu’est la communication, selon des chefs d’entreprise. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que la communication n’est pas une méthode véritablement et sincèrement reconnue parmi nos dirigeants, car ces derniers refuse de ne serait-ce que de relater leur expérience en tant que coachés. Pourtant, certains dirigeants admettent l’intérêt d’une telle approche. J’estime que les dirigeants peuvent mieux capitaliser leurs forces pour tenter une aventure comme la communication. Il faut insuffler du positif dans les rangs et rompre avec nos habitudes, mieux communiquer en quelque sorte, ne pas se refermer sur nous même….. D’ailleurs, de plus en plus d’entreprises mettent ce système en place pour motiver les salariés et éviter qu’ils partent en grève. Aujourd’hui, une enquête menée en France et vérifiée dans certains pays de l’Afrique du Nord comme le Maroc montre que 76% des entreprises proposent la communication comme moyen pour gérer un mouvement de crise, soit 7 points de plus qu’n 2010. En outre, l’enquête révèle que 97% des DRH comptent sur la communication pour renforcer la motivation et l’engagement des salariés. Les entreprises passent d’une ère d’information à une ère de communication pour mener à bien leur politique et surtout pour gérer dans les meilleures conditions les mouvements de grève entre autres. A en croire un dirigeant reconverti dans le consulting, parler de crise fait souvent peur aux directeurs d’entreprise, tétanisés par  l’idée que ça fasse peur ensuite à leur personnel. Beaucoup de dirigeants qui n’appelle pas un chat, un chat, n’aiment pas parler de crise et préfère plutôt « périodes difficiles », ce qui n’est pas pour moi une communication transparente, précise le consultant. Avec la communication, les salariés sont alliés aux résultats et aux performances de l’entreprise. Par ailleurs, désormais les dirigeants misent avant tout sur la qualité de vie au travail, un encadrement de proximité sur les responsabilités et l’intérêt des missions confiées. L’aspect humain reprend ainsi sa place au-delà de la rémunération sonnante et trébuchante. « La créativité d’une structure dépend de la créativité de son personnel », a une fois dit la coordonnatrice de AGORA (espace d’échange au Maroc entre le coach et les coachés, Hami-Eddine). Dans cette logique de rapport entre le dirigeant et ses salariés prendre soin de son personnel, le protéger contre la misère, les mésaventures et la dureté de la vie constitue des sources de reconnaissances fortes. Ensuite vient l’intéressement au travail qui s’appuie sur une analyse des ressources nécessaires à la production de bons résultats. Si communiquer et déléguer semblent être les maîtres mots pour aider les dirigeants à gérer les grèves et autre périodes difficiles, certains parlent de « strike management ». La grève finalement, tant décriée et critiquée par les dirigeants de tout horizon, serait un outil de management pour les entreprises, et plus globalement un outil de régulation pour l’économie. Elle sert à se défouler : de retour à l’usine ou au bureau, on a moins envie de taper sur son patron, ou d’étriper son chef de service (…) ; elle sert à économiser : eh si ! On l’oublierait presque mais une journée de grève c’est une journée non payée (…) ; elle sert à observer : pendant une journée de grève, on compte les forces et les divisions en présence. De fait, lors des négociations avec les directions d’usines ou d’entreprises, on peut parler en connaissance de cause, avec les « derniers relevés statistiques » tout frais en tête ; elle sert à vidanger : une grève c’est un peu comme une diète, un jour sans manger, ça fait du bien à la machine corporelle, qui se nettoie, qui repart de plus belle… Idem pour la machine sociale qui se purgerait ? (…) », peut-on lire sur le blog de Laurent Dupin, journaliste à Libération et spécialisé dans la couverture de la « vie des entreprise. » A méditer…

Contribution; Caisse d’avance de la mairie de Dakar: où est l’élégance républicaine ?

Véritable coup de théâtre. Voilà que le premier homme politique sénégalais à déclarer son patrimoine, pour se conformer à une exigence de bonne gouvernance et de transparence, est épinglé par un rapport de l’IGE, puis poursuivi pour détournement de deniers publics et pas seulement.
La caisse dont il est question, existe depuis près d’un siècle. Comment fonctionne la caisse ou régie?
Les dépenses opérées par le comptable de la caisse, doivent être inscrites dans l’acte de création de la régie.
Ainsi, l’agent ne pourrait pas recourir à des marchés publics formalisés pour des interventions sociales et diverses. Ce, à l’exception des interventions économiques et financières ou des opérations menées sous mandat.
Une mairie n’est pas une institution de distribution de billets de banque, encore moins une maison d’assistance sociale.
Cette pratique, quoique « traditionnelle », n’est pas du tout républicaine.
Pourquoi donner l’argent du contribuable aux mêmes personnes ( politiciens, notables, journalistes, religieux…)pour des raisons d’assistance sociale ?
Malgré tout, cela ne choque pas le républicain que je suis.
Mais ce serait très difficile de fermer les yeux sur de fausses factures présentées par ou au maire de la capitale sénégalaise.
Comment comprendre qu’un ancien ministre chargé des relations avec l’Assemblée Nationale, ancien député et puis maire fasse une telle erreur ?
Surtout quand on sait qu’il ne s’est pas personnellement enrichi de la caisse.
Monsieur le Président de la République
L’élégance républicaine voudrait que vous soyez au dessus de la mêlée. Vous auriez pu garder le dossier jusqu’à la fin du mandat de l’équipe municipale.
Il est inacceptable de voir le maire de la capitale, secrétaire général des maires francophones de surcroît, aujourd’hui derrière les barreaux.
Puisque le fonctionnement de la caisse est suspendu par les autorités, pourquoi donc tant de précipitation pour juger le député-maire Khalifa Sall ?
Monsieur le Président, je vous invite à vous inspirer de l’attitude du 4e Président de la 5e République française concernant l’affaire Chirac, maire de Paris d’alors.
Chirac fut un potentiel adversaire de Mitterand. Il lui imposa même deux fois la cohabitation en 1986 et 1993. Ce n’est pas tout.
Mitterand fut mis en ballotage par Jacques Chirac à la présidentielle de 1988.
C’est tout simplement vous dire que le Président Mitterand pu éviter tout cela, Il aurait pu empêcher la 2e cohabitation et l’élection de Chirac en 1995. s’il eusse déclenché des poursuites contre le maire Chirac. Car, des raisons, il n’en manqua pas.
Chirac sera poursuivi près de 20 ans après, alors qu’il eu déjà purgé ses 2 mandats consécutifs de Président de la République française. Il fut jugé et condamné pour « détournement de fonds publics » entre autres chefs d’accusation.Vous me rétorqueriez, sans doute Monsieur le Président, que la France n’est pas le Sénégal, François Mitterand n’est pas Macky Sall, et que Jacques Chirac n’est pas Khalifa Sall. Pardon de vous dire, que manifestement vous ne le souhaiteriez pas.
Au Haut Conseil des Collectivités Territoriales et à l’Assemblée Nationale:
Vous avez raté une belle occasion pour marquer une avancée de taille: celle de la séparation effective des pouvoirs. Mais ce serait très important que vous écriviez au Président de la République pour dire au Chef de l’État de demander au procureur de suspendre les poursuites contre un des vôtres (député et maire), jusqu’à la fin de son mandat.
S’agissant de ce qui s’est passé à l’Assemblée Nationale, c’est l’une des conséquences de la démocratie. La majorité dicte sa loi à l’opposition. Même s’il y a pas mal de choses à fustiger, comme les conditions de la levée de son immunité parlementaire.
Au procureur de la République:
Les normes républicaines voudraient que le procureur de la République défende les intérêts de la nation et plus encore. Le Rapport de l’IGE devrait permettre de régler le problème de la caisse d’avance une fois pour toute. Pourquoi alors s’appesantir sur 1,8 milliards ? Or, la caisse d’avance a été utilisée de la même façon de 2009 à 2015, soit approximativement 9 milliards en l’… Des prédécesseurs de Khalifa Sall, affirment l’avoir utilisée de la même manière, (Mamadou Diop et Pape Diop).
Au juge:
Vous avez toutes les cartes entre vos mains.
Monsieur le juge, vous avez une bonne réputation. Nous n’en doutons point, et osons espérer que vous userez de votre responsabilité pour ne dire que le droit.
Car, en fin de compte, de votre décision dépend l’avenir civil et politique de Khalifa Ababacar Sall.

 

Mouhamadou Abib SEYE
Journaliste

Réforme de l’islam en France: Monsieur Macron, les priorités sont ailleurs

Le dossier islam est ouvert par le gouvernement français.  » Nous travaillons à la structuration de l’islam de France et aussi à la manière de l’expliquer, ce qui est aussi extrêmement important  » a déclaré le président de la république Emmanuel Macron, dans une interview publiée ce dimanche 11 février par le journal JDD. Une ouverture de la boîte à pandores et une perte de temps manifeste, car la France connait ses priorités, que sont les inégalités et segregations engendrées par l’islamophobie et le racisme, et elle doit y remédier pour trouver la quiétude.

D’abord, pour comprendre ce que peut ressentir une partie des populations de « deuxième ou troisième génération » en France, souvenons-nous que peu de sociétés ont été aussi longtemps façonnées par un État, dans la mesure où les lois de la République avaient aboli les corps intermédiaires associés à la monarchie. L’État s’est construit en opposition à eux, il a cherché à les contrôler. Il n’a accordé aucune légitimité ni aucun droit aux associations exhibant leur identité ethnique, raciale ou religieuse.

Ensuite, La centralité, la continuité et l’identité unitaire de l’État-nation n’ont pas été remises en question et le communautarisme a été diabolisé. La Constitution française interdit la reconnaissance de minorités au sein d’une société une et indivisible, et l’absence de statistiques sur les « deuxièmes générations » (hormis l’étude dirigée par Michèle Tribalat et publiée en 1995) renforce l’identité fictive de la France et de son idéologie organique dominante. Le terme même d’intégration cache des idées assimilationnistes et l’idée d’accorder aux musulmans français des jours chômés pour célébrer leurs fêtes religieuses n’est pas encore acceptée par les institutions, toujours en retard sur les évolutions. La France refuse de signer conventions ou traités mentionnant le terme minorité.

L’approche universaliste préconisée par un traitement égalitaire des individus a révélé ses carences. Le développement de l’intolérance relative à l’altérité, la présence active du Front National, l’exclusion et le développement du communautarisme dans les quartiers relégués en apportent la preuve au quotidien.

Ceux qui veulent remodeler ou réorganiser la marche de l’islam en France, resteront longtemps, à jouer avec leurs temps. Le jour que l’hexagone arrivera à garantir à tous ses citoyens, l’égalité de chance, sans exception, de race et de provenance. En ce moment le problème de l’islam ne se posera pas. En ce moment, touts les maux disparaîtront sans exception, le terrorisme avec toutes ses couleurs, et la violence dans les cités n’auront pas leurs raisons d’être. Le monde s’occupera du développement, rien d’autre.

Cheikh Ibrahima Diallo

Contribution: Le besoin de justice: les attentes citoyennes (Mamadou Diallo, avocat au barreau de Paris)

La revendication de la justice est aujourd’hui au cœur de la société sénégalaise. Elle envahit l’opinion, son vocabulaire inonde le discours politique. Cette demande se traduit par une mon-tée en puissance des juges, une multiplication des actions en justice et par une réflexion renou velée sur les valeurs de la justice.

 

Le renouveau d’une justice plus libre et plus responsable devient une exigence citoyenne.Com

me naguère la politique, la justice actuellement est l’affaire de tous. Elle est attendue pour in- carner cette rupture tant souhaitée par les Sénégalais.

 

Son évolution coincide avec le mouvement initié dans le cadre de la moralisation de la vie po- litique qui donne un rôle dominant à la reddition des comptes publics.

 

La classe politique, à travers « la traque des biens mal acquis », est la principale victime d’une suspicion judiciaire accrue.

 

Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur l’ensemble des dirigeants. Nous appelons ardemment à une appréciation prudente des choses, à une certaine sagesse.

 

Nous ne devons pas non plus céder ni à la clameur publique ni aux tentatives populistes.

 

Passionner inutilement le débat le plus souvent par des comportements grégaires engendre les excès d’une surpolitisation. Chacun sait qu’à un moment donné, il conviendra d’analyser l’ori gine des accusations et leur substance.

 

La justice montrera alors son véritable pouvoir : pouvoir de décider du vrai et du faux, de fai- re ou de défaire, de fustiger ou de laver tout soupçon.

 

Mais il demeure sûr et certain, que s’agissant de l’argent public, le peuple, hausse maintenant son niveau d‘exigence.

 

Si pendant longtemps, les Sénégalais ont assisté au laisser-faire, laisser-passer, voire encoura- ger le refus de dépassement moral et éthique, l’éloignement des comportements habituels, l’af faissement de la rigueur, l’amenuisement de l’effort et de la réflexion et l’épanouissement de l’impunité, ils n’entendent plus se satisfaire de cette irresponsabilité destructrice.

 

Ainsi, la société civile se mobilise bruyamment dans le combat pour la transparence et la bon- ne gouvernance, encouragée le plus souvent par la population.

Au-delà de l’adhésion des citoyens dans une démocratie d’opinion, il y a la néccesité de la vérité judiciaire

 

Sur toutes ces questions touchant aux biens publics, nos compatriotes préfèrent un vrai débat qui fait des vagues à la tranquillité de la bonne conscience.

 

Dans le pays, un murmure populaire annonce le frémissement du temps qui rappelle qu’il n’y a pas de morale sans justice.

 

Fort heureusement, certaines personnes concernées par les audits clament à haute voix défen- fendre leur honneur que de se soustraire aux fourches caudines de la justice par la transhu- mance ou la négociation d’une reddition.

 

Si personne ne craint donc que le passé ne vienne submerger les bords du présent, l’exercice de vérité ne serait pas vain.

 

Finalement, nous sommes rassurés. L’énergie des commencements ne s’étiole pas. Le triste parfum des années 80 enterrant un projet-mort-né: la Cour contre l’Enrichissement Ilicite ne serait qu’un mauvais souvenir.

 

Mais le besoin de justice doit nécessairement s’articuler autour de deux principes fonda- mentaux : l’indépendance de la justice et l’impartialité de l’Etat.

 

L’indépendance de la justice consacrée par la Constitution et une multitude de normes inter- nationales (Pacte international relatif aux droits civils et politiques, Charte Africaine des Droits de l’Homme….) est un sujet passionnant et polémique dans un Etat de droit. Elle est à chaque fois pointée du doigt par la presse et l’opinion publique.

 

En vertu de la séparation des pouvoirs, le juge n’a rien à attendre ou à redouter de personne.

Le magistrat au rang des institutions exerce un pouvoir. Il a ce plaisir aristocratique de déplai re.

 

Si nous voulons toutefois que la justice soit juste, il faut que son pouvoir soit juste et que la responsabilité soit le prolongement de son indépendance.

 

Des obstacles subsistent encore à l’effectivité de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Nous pouvons citer le Conseil Supérieur de la Magistrature et le Parquet du fait de leur organisation et de leurs modalités de fonctionnement.

 

Concernant le Ministère public, hormis qu’il doit communiquer avec circonspection, une réforme profonde est nécessaire pour accroître son indépendance.

 

Il est peut-être souhaitable que les Parquets soient placés sous l’autorité d’un Procureur Général National bénéficiant d’un statut le mettant à l’abri des aléas politiques. Des pays comme l’Espagne, le Portugal et les Pays Bas ont adopté ce système judiciaire. Les Parquets restant hiérarchisés pour le maintien indispensable de l’unité nationale ne relèveront plus d’un membre du gouvernement.

 

Cela n’empêchera pas tout pouvoir en exercice d’appliquer sa politique pénale.

 

D’autre part, l’impartialité de l’Etat, forme de neutralité, d’équité et d’objectivité, suppose l’absence de parti pris du pouvoir.

 

Les mêmes règles doivent s’appliquer à tous les citoyens, quelles que soient leurs situations ou leurs opinions. Plus par efficacité que par vertu.

 

Le développement irrépressible du droit nécessite d’assurer l’égalité des justiciables qui com- mande que les puissants soient jugés comme des humbles. Dans un souci d’égalité, on ne peut pas soustraire quiconque à la justice.

 

Rien de plus méprisable que les chasses à l’homme, la soudaineté dont certaines affaires sont traitées et d’autres négligées voire oubliées.

Il est fondamental de restaurer la justice dans l’Etat pour éviter de prêter le flanc aux critiques d’une certaine opinion publique qui croit que la justice est sélective, que les logiques de clans ont cours et que l’Etat à ses sommets serait devenu la créature des partis politiques.

 

Face à telles critiques, la République doit admettre qu’une aboulie serait dévastatrice pour la parole politique. Elle ne servirait que les extrêmes.

 

Aujourd’hui, la boîte de pandore est ouverte. Le pouvoir doit intégrer nécessairement cette idée que toute action est manichéenne.

 

Il lui reste de choisir d’être plus actif et affirmatif pour être en cohérence avec sa philosophie de rupture. Les institutions de contrôle et de répression font légion (OFNAC, IGE, CENTIF, Cour des Comptes)

 

Si rien n’est plus méprisable que les chasses à l’homme, rien n’est plus également détestable que le mensonge des responsables pour raison personnelle quand ils ont eu la charge de l’ar- gent public en tentant d’abuser le peuple avec autant de légèreté.

 

Occuper une fonction à caractère public suppose désormais une réflexion scrupuleuse de la part de l’intéressé. En effet, il aura à rendre compte de ses actes. A placer sa responsabilité au sens étymologique du mot : « être responsable, c’est répondre ».

 

Après le multipartisme intégral, puis la banalisation des alternances politiques, voici venue la troisième révolution démocratique et citoyenne : le temps de la bonne gouvernance (instituti- onnelle, économique, financière…).

Nous avons là une chance à saisir. Il nous appartient de projeter nos regards de citoyens séné- galais sur notre institution judiciaire à condition qu’elle soit indépendante, moderne, accessi- ble et capable de répondre à nos besoins dans des délais raisonnables.

Nous pouvons croire qu’il existe au Sénégal, des magistrats c’est-à-dire des hommes et des femmes qui savent que nous luttons sans exception pour notre République, sa démocratie, sa liberté. Car dans un pays qui n’est pas libre, il n’y a pas ni droit, ni morale.

Pour être toujours plus novateur, compétitif et attirant, le Sénégal ne peut continuer à faire l’économie d’un débat global et sérieux sur l’indépendance de la justice et l’impartialité de l’Etat.

 

Mamadou DIALLO

Avocat au Barreau de Paris

docteur en droit

Auteur de Bal d’Afrique (théâtre)

Contribution: Entre nous, Monsieur Madiambal Diagne !

 De chronique en chronique, le journaliste Madiambal Diagne se comporte comme un employé voire même le larbin du président de la République, monsieur Macky Sall pour s’autoriser des sorties à la gloire de son maître. Il réalise de fait la mission de la cellule de communication du palais.

Que je sache monsieur Madiambal Diagne ne travaille pas dans aucun des médias du service public, qui ont par ailleurs oublié leur mission  voire leur rôle de passeur de relais entre les citoyens et les autorités en toute objectivité.

De surcroît en tant qu’acteur de la presse privée, monsieur Madiambal Diagne s’affranchit des limites même de l’objectivité dans le traitement de l’information. Il peint un tableau fabuleux pour notre président par défaut monsieur Macky Sall et par ricochet se défoule sur l’opposition sénégalaise en utilisant sciemment des raccourcis trompeurs en vue de la discréditer devant l’opinion.

En politicien et membre reconnu et assumé de la mouvance présidentielle Benno Bokk Yakaar, nous n’aurions rien à dire de ses affabulations. Mieux, les chroniques du journaliste au  service du palais seront jugées voire considérées comme des propos de politicien de la dimension d’un Moustapha Cissé Lo , d’un Abdou Mbow ou encore d’un autre thuriféraire zélé.

Dans votre dernière chronique « Ridicules…. », on peut toutefois vous concéder le fait qu’une partie de l’opposition soit inconséquente dans sa démarche de porter son combat contre le chef de l’Etat, monsieur Macky Sall auprès du président français monsieur Emmanuel Macron, mais pas pour les mêmes raisons que vous évoquez. En effet, l’opposition sénégalaise se trompe d’interlocuteur. Le président français Emmanuel Macron est bien dans son rôle.

Il a trouvé en notre président par défaut le parfait auxiliaire de la Métropole pour exécuter froidement ses moindres desiderata en vue de faire gagner davantage de marchés aux entreprises françaises. L’opposition sénégalaise feint d’oublier que le président français n’est nullement le défenseur de nos droits et libertés.  Il n’a que faire du recul de nos acquis démocratiques à partir du moment où les intérêts de la France sont protégés voire valorisés par un de leurs meilleurs collaborateurs en la personne de monsieur Macky Sall sur le sol africain.

Il demeure essentiel que la classe politique sénégalaise clarifie sa position sur le rôle prépondérant de la France dans notre pays. Toutefois, rien n’interdit  à un politicien sénégalais de séjourner en France voire même d’y posséder des biens immobiliers si  ces derniers ont été acquis de manière licites loin de toutes prévarications de deniers publics.

Dire également comme vous que la venue du président français Emmanuel Macron est une réussite sans commune mesure nous laisse perplexe. Et pour qui ? En tout cas, pas pour l’économie sénégalaise. La politique économique mise en œuvre par votre allié de circonstances depuis son arrivée à la tête du pays est orientée et pilotée au service exclusif des intérêts de ses maîtres français.

Dites nous également,  en quoi la visite du président Macron au Sénégal est un honneur de plus à notre président par défaut, monsieur Macky Sall  qui déplaît profondément à l’opposition sénégalaise ?

Entre nous, monsieur Madiambal Diagne et sans nous mentir, nous savons que votre portrait de complaisance du président Macky Sall ne correspond pas à la réalité objective. Les citoyens sénégalais savent parfaitement en dépit même de la mobilisation de certains opportunistes et bénéficiaires des largesses indues du président Macky Sall au détriment du peuple pour faire de cet événement une réussite, que le chef de l’Etat n’est pas un modèle de vertu et de probité dans la gestion de nos deniers publics voire de nos potentialités économiques.

On peut sans risque de nous tromper dire que le Sénégal sous le président Macky Sall se comporte de fait comme un département français. En vérité,  les intérêts de l’Etat français  sont mieux pris en compte dans l’attribution des marchés publics sénégalais depuis l’indépendance. Nos autorités publiques n’ont plus de marge de manœuvre significative pour oser un refus même  courtois à leurs  homologues françaises en vue de mettre en avant la défense de nos intérêts légitimes,  une nation libre, prospère et maître de son orientation économique et sociale.

Non, monsieur Madiambal Diagne, la visite du président Macron au Sénégal n’est pas en l’honneur du chef de l’Etat, monsieur Macky Sall. Elle s’enracine dans la tradition française depuis la colonisation de faire du Sénégal le bastion du rayonnement de sa culture et de sa puissance économique en Afrique subsaharienne. Elle consacre de fait la servitude volontaire du président Macky Sall et son alliance stratégique avec les autorités françaises pour rester encore au pouvoir.

Toutefois, il demeure un obstacle infranchissable pour le camp du pouvoir et de ses thuriféraires zélés à l’instar du journaliste Madiambal Diagne. C’est  le peuple seul qui a les cartes en main pour élire son prochain président de la République et non la France malgré son positionnement et le prises de position discourtoises  de son ambassadeur dans nos affaires intérieures en faveur du régime.

Enfin, monsieur Madiambal Diagne,  en homme libre, honnête et courageux, il est temps pour vous de laisser vos œillères et de clarifier votre rôle dans le paysage médiatique. Soit vous êtes un journaliste respectueux de la déontologie,  du traitement objectif de l’information et prêt à être au service de cette noble mission, soit vous êtes un politicien de l’APR au service de la défense des intérêts du président Macky Sall.

Cette clarification est plus que nécessaire, même si elle constitue un dilemme  cornélien pour vous. Il faut oser ce pari mon cher Madiambal Diagne afin de contribuer encore à l’indépendance et au devoir de critique et de veille de la presse privée sénégalaise.

Ce mélange des genres sciemment entretenu par vous dessert de facto la rédaction du journal Le quotidien en moins que : le journal, c’est vous. Que faites vous du travail et de la liberté de conscience des journalistes de votre groupe de presse ? Sans doute que ça n’a aucune importance pour vous puisqu’ils reçoivent leurs traitements de vous.

Alors, il faut illico presto rebaptiser le temps de la gouvernance du roi de la cour de Benno Bokk Yakaar votre journal par ce nom évocateur « Le Quotidien de Macky » et la messe est dite.

Massamba Ndiaye

massambandiaye2012@gmail.com

 

 

Contribution: Redonner à l’Ecole et l’Université Sénégalaises leur image d’hier

Dans les établissements d’enseignement Moyen et Secondaire, le panorama est de loin rutilant. Une avalanche de grèves se succèdent et ne se ressemblent pas ni dans les formes ni dans les fonds. Elles prennent tout le système éducatif en otage, le suffoquent et le défigurent. Il en résulte que dans l’enseignement, les vocations se volatilisent et cèdent la place aux triomphes des opportunités. Les formations initiales et continues des enseignants ne suffisent pas, l’éducation et l’instruction dépouillées de leurs valeurs essentielles ne sont plus une priorité. L’école cesse d’être cet espace de formation du Citoyen et se serait réduit en un laboratoire où naissent et se développent les processus de mutations individuelles et sociétales aux conséquences désastreuses.

Le constat est décevant. L’inquiétude est grandissante et se lit sur le visage de presque tous ces acteurs, élèves, étudiants, enseignants et autorités.  Quant aux parents d’élèves et autres personnes soucieux du devenir de leur progéniture et de la jeunesse, l’émoi est la hantise qui les poursuit sans relâche. Une seule interrogation revient comme un leitmotiv sur les toutes les lèvres : Pourquoi l’école Sénégalaise est-elle si malade?

Tenter de répondre à cette interrogation très complexe n’est pas une entreprise aisée. Cependant, il convient d’axer la réflexion en constatant d’abord les crises multidimensionnelles qui secouent sans répit nos écoles et universités en amont et en aval afin que des mesures adéquates et pérennes puissent être appliquées et des solutions palpables décelées.

La répétition étant pédagogique, alors rappelons que le contexte actuel de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) comme dans presque dans toutes les écoles du pays, il est caractérisé par de véritables foyers de tension et d’affrontements, d’agressions physiques, d’actes de sauvageries et de barbaries (pillages des amphithéâtres et restaurants, séquestration des professeurs et autorités universitaires, saccage et mise à feu des bus et autres véhicules de l’Etat), bref la liste n’est pas exhaustive. Une telle atmosphère délétère est l’image actuelle altérée de l’un des plus grands patrimoines intellectuels et culturels de l’Afrique de l’Ouest. Quand la violence devient l’apanage des étudiants, l’outil de pression, de persuasion et de prédilection dans les débats et échanges d’idées, quand l’argument de la force se substitue à la force de l’argument dans ce Temple du Savoir, l’on est obligé de se demander quel avenir pour le Sénégal de demain ?

Force est de constater que l’engagement, l’action, bref le rôle de l’étudiant et de l’élève dans le processus de développement d’un pays occupe une place prépondérante. Il s’agit de revisiter un peu l’historique du Rôle de l’Etudiant dans tous les grands pays du monde pour s’en rendre compte sans ambages qu’il a toujours été de conscientiser et d’émanciper son peuple, d’initier, d’encadrer et d’orienter son combat, de réfléchir, de proposer des alternatives ou de résoudre ses problèmes. En somme, l’étudiant et l’élève ont toujours été le « creuset intellectuel » pour initier presque toutes les luttes populaires et être l’avant-garde de son émancipation après avoir été bien formés et bien formatés.

L’étudiant et les élèves Sénégalais d’aujourd’hui assument-t-ils ce rôle ?

Une kyrielle de questionnements suscite actuellement la léthargie d’une jeunesse intellectuelle désorientée, démotivée, dépréciée et dénudée. L’empressement, l’allégresse et l’attente de voir enfin  sa jeunesse s’approprier de sa vocation primaire, de jouer pleinement son rôle de précurseur, d’avant-gardiste, d’éveil de conscience, de sentinelle, de « VIGIE » c’est-à-dire l’intelligence nécessaire pour épouser les orientations propices au développement de sa localité et de « VIGILE », c’est-à-dire la force nécessaire pour barrer la route à ceux qui veulent empêcher son développement» nous poussent à parapher ces quelques lignes.

Loin de prétendre légitimer encore moins émousser ces grèves cycliques des élèves, des étudiants et des professeurs dans un contexte de quête insatiable de connaissance, de désir ardent d’émancipation et d’ouverture aux réalités extérieures (globalisation), de formation de citoyen modèle accompli, de marche graduelle vers le progrès, nous voulons juste rappeler que la crise est beaucoup plus sévère, l’étiopathie beaucoup plus profonde et les séquelles beaucoup plus désastreuses surpassant de loin la baisse de niveau de ces derniers.

Les responsabilités, il faut les situer, se les partager et les faire face avec componction, équanimité et acuité. On ne peut pas se contenter de reprocher une brique d’avoir été d’une mauvaise qualité lors de son usage. Cependant, tout un ensemble d’éléments doivent être remis en question depuis l’outillage au mélange de matériaux jusqu’à son étape finale.

En d’autres termes, il est important de tenir en compte dans les réflexions l’atmosphère physique des écoles ou des universités du Sénégal, l’attitude des autorités académiques, universitaires et politiques, les conditions d’inscription, d’orientation et d’enseignement, le fond et la forme des contenus des enseignements et surtout les conditions d’étude, de vie et de survie de l’élève, de l’étudiant, de l’enseignant, etc.

Une étude objective, une analyse minutieuse de ce maillon d’éléments intrinsèques et corrélés dans une démarche inclusive et constructive qu’il sera enfin possible de mieux juger, jauger, magnifier ou encourager leurs actions. Deux choses essentielles semblent être pour moi en amont et en aval de la crise pérennante des écoles et universités du Sénégal. Il s’agit d’une part d’une mauvaise politique : programme d’enseignement caduc (depuis ère coloniale), projet des « collèges de proximité » (sans mesure d’accompagnements), application aveugle du « système LMD » (sans respect des normes standards) et d’autre part d’une politique mauvaise : élèves, étudiants (les amicales), professeurs et autorités académiques et universitaires en proie aux machinations politiciennes.

Et la solution n’émane pas des tâtonnements de politiques d’ajustement ou d’innovations, de projets utopiques ni n’exige des formules magiques encore moins des menaces bidons de redéploiements abusifs, de ponctions sur les salaires ou de radiations tout simplement mais nécessite impérieusement des responsabilités à prendre et des défis énormes à relever.

En conformité avec la Nouvelle Donne (enjeux actuels et futurs), améliorer le programme de l’enseignement général de base pour ne pas dire la refonte totale, assurer la formation en qualité et en quantité des enseignants, multiplier les infrastructures scolaires et académiques, promouvoir le culte de l’excellence dans tous les niveaux et pour tous les genres, trouver de l’emploi après formation, améliorer la carrière et les conditions de vie de l’enseignant  sont autant de défis qu’il faut relever avec responsabilité pour Redonner à l’Ecole ou l’Université Sénégalaise Son Image d’hieR (REUSSIR).

 

Khassoum DIOP

Professeur d’Anglais au LYCEE Matam

khassito2016@hotmail.com

Contribution: L’Avenir vous parle, Rejoignez-nous (Dakar 2035)

Cher concitoyens,

La vision d’une ville peut être partagée par les populations seulement lorsqu’elle intègre, comme il se  doit, les points de vue des personnes qui y vivent et y travaillent.

Dakar 2035 milite pour une ville où les gens vivront confortablement sans se soucier des besoins élémentaires, des risques de catastrophes, des questions financières et sécuritaires et ce dans un environnement de détente avec beaucoup d’espaces verts et de parcs.

Dakar 2035 est ville qui offre des possibilités en matière d’activités culturelles et sportives. Une ville viable, où la mobilité sera améliorée. Les gens pourront se déplacer dans la ville et se rendre facilement dans les autres régions. Les étrangers pourront entrer tranquillement au Sénégal par Dakar et continuer leur voyage. Les marchandises seront transportées de manière efficace à l’intérieur comme à l’extérieur de la ville. La communication avec les autres régions et les autres pays sera facilitée par l’usage de technologies de télécommunication de pointe.

Dakar 2035 restera une ville de création innovante. Les populations pourront profiter de produits locaux  manufacturés et agro-alimentaires de qualité. Les sénégalais comme les étrangers bénéficieront d’une offre touristique unique dans la région et d’œuvres artisanales et artistiques originales.

Les gens de toutes classes sociales et de tous statuts pourront profiter de ces avantages (inclusifs). Les  générations à venir après 2035 vont continuer à profiter de ces avantages (durables). Fort de toute cette  richesse, la zone de Dakar et ses environs jouera un rôle de premier plan en Afrique de l’Ouest  (compétitif). Elle appuiera et impulsera le développement de toutes les populations du Sénégal et des  autres pays d’Afrique de l’Ouest (solidaire).

Dakar 2035
Taxaw ngir ëlëk

Contribution: Commander c’est avoir de la vision

Le 11 Septembre 2011, quatre attentats-suicides furent perpétrés aux États-Unis, à quelques heures d’intervalle, par des membres du réseau Djihadiste islamiste Al-Qaïda. Ce qui se solda par un lourd bilan de 2.977 victimes. Comment une aussi grande puissance comme  l’Amérique n’a-t-elle pu prévoir cette catastrophe ?

Dans son rapport intitulé « Nous les Peuples », l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan écrivait : « le monde se dirige vers un nouveau concept dit de « sécurité humaine » : « Alors que naguère il consistait à défendre le territoire contre les attaques extérieures, il s’agit aujourd’hui de protéger les communautés et les individus des actes de violence interne. » Ce nouveau concept englobe sept catégories de menaces qui touchent aux différents domaines d’action : la sécurité économique, la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire, la sécurité de l’environnement, la sécurité personnelle, la sécurité de la communauté et enfin, la sécurité politique.

 

La défense d’une Nation, autrefois dévolue exclusivement à la souveraineté des Etats, devenue plus complexe et multiforme, est l’affaire de la communauté internationale. La création du Tribunal pénal international (T.P.I) en est une parfaite illustration. Les chambres africaines extraordinaires de la CEDEAO sises à Dakar ont procédé à la condamnation  de l’ancien président Hussein Habré à la prison à vie pour crime contre l’humanité.

 

Cette nouvelle donne rappelle la nature interdépendante du monde et l’interaction entre les peuples et les états. Elle nous projette la lumière de complexité liée aux questions sécuritaires et la nécessité du « Agir ensemble »

 

Mais, n’oublions pas qu’avant d’être l’affaire de la communauté internationale, les Forces armées du Sénégal ont pour mission d’assurer la défense nationale et dans ce but, d’assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes les formes d’agression, la sécurité et l’intégrité du territoire national et de sa population. Aujourd’hui, c’est en termes d’union économique et d’intégration régionale que se pose la question des alliances militaires dans le monde. « La véritable école du Commandement est la culture générale » disait le Général de Gaulle. Autrement dit : le développement de certaines facultés de l’esprit par des exercices intellectuels appropriés. L’armée, la Gendarmerie et la Police comptent un nombre pléthorique de Généraux, de cadres et d’officiers  supérieurs sorties de prestigieuses écoles : Il appartient à cette classe de plancher sur les questions de sécurité, et faire preuve de plus de rigueur intellectuelle pour poser le débat en termes de solutions à moyens et long termes, face à la menace que constitue l’insécurité humaine dans la sous-région.

 

 

2-VERS UNE FUSION DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE :

 

Ce qu’il faut surtout pour la paix, c’est la compréhension des peuples. Les régimes, nous savons ce que c’est : des choses qui passent. Mais les peuples ne passent pas (Général Charles de Gaulle)
Après quelques siècles de traite négrière, l’Afrique noir s’est révolté au prix du sang. Mais depuis les indépendances, les guerres et les crises ont jalonné l’histoire de ce vieux continent,  et porté régulièrement un frein à son développement. Aux conflits interminables pour la prise du pouvoir ou le contrôle de ses ressources minières,  le drame de l’intégrisme religieux et de la criminalité viennent s’ajouter à ce contexte de violence sans précédant.

 

C’est pourquoi l’image du soldat, des généraux putschistes et de la police répressive été dominée par celle du barbarisme désignant le militaire africain comme étant à la fois un soldat et un rebelle, ennemi de la paix. Le Général De Gaulle disait que « si les policiers n’étaient pas cons, ils ne seraient pas policiers ». Pour dire que, la plupart des membres de la société militaire ont toujours eu l’impression d’être différents des civils bien que partageant le même pays et ayant les mêmes valeurs culturelles et humaines dans la plupart des cas.

 

Aujourd’hui, les forces armées inspirent plus de confiance au monde et les missions qui leur sont confiées sont valorisantes et glorieuses. Par conséquent, ces forces armées doivent évoluer et s’adapter aux contextes géopolitiques actuels. Elles doivent contribuer à la stabilité politique et au développement national. Cela passera par une redéfinition tactique du rôle que l’armée est appelée à jouer dans la construction des nations fortes, libres et démocratiques.

 

Jouissant depuis plus d’une décennie de ses droits civiques, la grande muette a fait des pas de géant en s’exprimant aux suffrages universels par la voie des urnes. Elle a ainsi été  libérée  du concept traditionnel des politiques qui l’avait privée de son droit fondamental de vote. Une belle occasion d’amener les forces armées à voter comme tout citoyen. Cette disposition de la Constitution du 22 janvier 2001 leur a consacré des progrès significatifs en matière de citoyenneté, de droits et de libertés fondamentaux. Les décideurs politiques ont prit les devants pour mettre le statut militaire en conformité avec les droits de l’Homme. 

 

Les armées sont devenues mixtes partout dans le monde. Ce qui a fondamentalement changé les mentalités dans un milieu traditionnellement réservé aux hommes. L’ère des Nouvelles technologies de l’information et de la communication a fait sauter les frontières résultantes de l’histoire et ouvert les pays d’Afrique à la modernité. Le changement important à l’accès au savoir, la connaissance et la modification substantielle du mode de vie des peuples du monde sont les conséquences majeures induites. Cette mondialisation, devenue irréversible, prend des formes de plus en plus axées sur le changement des sociétés. Dans son évolution, la globalisation a réduit les espaces de vie, les distances entre les hommes et les femmes et la différence entre les peuples. Il n’est pas rare de voir des milliers de gens, ne parlant pas la même langue et les mêmes cultures, vivant dans des continents éloignés, se fréquenter assidument et vivre ensemble dans un virtuel, via internet.

 

 

Désormais, les réseaux sociaux sont devenus une réalité à laquelle il faudra compter. Cet outil des temps modernes a déjà inscrit dans son palmarès ce qu’il est convenu d’appeler : Le printemps arabe, cet événement très médiatisé qui a bouleversé le monde et renversé le puissant régime de Ben Ali en Tunisie. Ces manifestations sont encore fraiches dans notre mémoire collective. Ce fut une belle manière de prouver au monde que par la volonté populaire on peut aspirer au changement  et aux réformes constitutionnelles pour plus de liberté.

 

Au Sénégal aussi, nous avons connu cette vague de protestation via les réseaux sociaux suite à une forte mobilisation  pour dire non au Président Abdoulaye WADE qui voulait une dévolution monarchique du pouvoir.

 

Notre monde se place dans un environnement interdépendant qui favorise les menaces transnationales, dans un contexte de  transformations majeures : D’où la nécessité d’un nouveau concept de sécurité et la redéfinition du rôle des Forces Armées et des Forces de sécurité.

 

Vu la menace de radicalisation des jeunes, et les moyens humains et matériels gigantesques déployés pour lutter contre la criminalité au Sénégal, la question de l’insécurité prend des tournures incontrôlables et très difficiles à cerner. A la menace Djihadiste, s’ajoutent la menace des armes légères en circulation et celle des armes nucléaires.

 

Aujourd’hui, le défi principal consiste donc à promouvoir une conscience de sécurité et de défense, fondée sur des valeurs partagées entre sociétés civiles et militaires servant dans les forces modernes. Il est évident que face à de telles mutations, le rapprochement entre militaires et civils devient essentiel, les uns et les autres occupant de plus en plus les mêmes théâtres d’opération au service d’une même cause !

 

Avec l’arrivée au pouvoir du Président Macky Sall et de sa gouvernance de rupture, sobre et vertueuse, le Sénégal, semble s’engager dans une nouvelle voie dite de l’émergence. Mais la paix et la sécurité étant les conditions sine qua non à tout développement, il me semble opportun de regarder en face la menace terroriste à nos frontières et d’assumer les réformes qui s’imposent aux forces de défense et de sécurité. Leurs effectifs  ont presque triplé en moins d’une décennie et leurs équipements très modernes avec la dotation de moyens aériens modernes et même de drones. Mais la terreur continue de se répandre partout.

 

Ainsi, la question de l’alliance des forces de défense et de sécurité (Police, Gendarmerie, Armées) se pose avec lucidité mais avec acuité au plan interne et externe. Compte tenu de l’ampleur de la tâche qui attend les forces de sécurité en termes de sécurité, le moment est venu de s’adapter aux dures réalités. Récemment, mandatée par la Communauté Economique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), et avec l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, l’opération « restaurer la démocratie » en Gambie avait engagé le Sénégal et quatre autres pays dans une coalition militaire qui a ramené la paix.

 

Donc, aucune action isolée ne peut plus être envisagée ni par les états de la sous-région, ni même par les forces chargées d’assurer  la sécurité des personnes et de leurs bien ainsi que la surveillance aux frontières. Ce qui me paraît opportun, c’est que toutes les forces agissent en congrégation, avec des actions cohérentes et bien structurées. Et pour réaliser ce pas, des concertations larges et inclusives et permanentes entre les différents acteurs de la sécurité sont plus que nécessaires.

 

L’accent doit être mis sur la collaboration franche et non superficielle et de se détourner des sentiments de rivalité. S’il est question de se pencher sur la formation de vrais spécialistes du crime organisé et du terrorisme, il est aussi question d’acquérir plus de moyens de lutte pour contrer ce fléau ayant prit des proportions de plus en plus grandes. Plusieurs pays africains ou voisins du Sénégal tel que le Mali en ont déjà payé un lourd tribut. Pendant ce temps,  le terrorisme et la mafia évoluent dans leur stratégie commune. En tout cas, leur collaboration est devenue quasi-certaine.

 

Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) n’est autre que la fusion entre Ansar El dine, Al Mourabitoune et la katiba Macina. Il y’a eut d’autre fusion encore et encore.

 

– EN IRLANDE DU NORD  L’IRA (Irish Republic Army) a toujours été financé par la mafia irlandaise et celle-ci a toujours été son principal fournisseur en armes. L’IRA s’appuie aussi sur le réseau des banques offshore de la mafia irlandaise pour blanchir l’argent qui passe inaperçu en Irlande.

 

EN INDE  l’état du Bihâr est considéré comme tombé aux mains des groupes criminels du Cachemire. Les gangs locaux se sont spécialisés dans les enlèvements et soutiennent activement les groupes terroristes.

 

Le quatrième Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique s’est tenu à dans un grand hôtel de luxe à Dakar en 2017 sur le thème : « Défis sécuritaires actuels en Afrique: pour des solutions intégrées« . En collaboration avec le ministère français de la défense, cette rencontre informelle réunit depuis quatre ans des diplomates, des militaires, des chercheurs, des universitaires et des experts, qui réfléchissent ensemble et à haute voix sur les enjeux sécuritaires africains. Mais sur le terrain, la situation ne fait qu’empirer.

 

3- FEDERER LES SERVICES DE RENSEIGNEMENTS ET LES FORCES DE SECURITE ET DE DEFENSE EN UNE SEULE  ET MEME UNITES.

 

Les forces armées, les services secrets, tout comme les forces de sécurité sont tous des organismes d’Etat qui obéissent au pouvoir politique en place et donc, agissant sous leurs ordres. Cependant, la principale mission de ces services de renseignement est d’obtenir des pistes, c’est-à-dire des nouvelles capables d’anticiper en concevant des plans de riposte face à la menace terroriste. Avec Internet, d’aucuns pensent que tout est connu, qu’il est impossible de cacher des informations aux journalistes, aux diplomates et autres observateurs de la scène internationale.

 

En effet, toute opération d’importance doit recevoir l’aval du pouvoir politique, souvent du plus haut niveau étant donné la sensibilité des sujets traités. Les « services secrets» permettent aux gouvernants de contourner parfois des lois internationales qui deviennent de jour en jour plus contraignantes.

 

4- LES CONSEQUENCES D’UN SERVICE DE RENSEIGNEMENTS INEFFICACE.

 

La véritable révolution dans les affaires militaires, c’est la primauté absolue du renseignement pour engager les forces. Les hommes d’état accordent souvent beaucoup d’intérêt aux informations publiées dans la presse. A la différence des militaires, leur choix est souvent guidé par les réalités du moment. C’est pourquoi ils sont souvent manipulés par la presse. Ce qui les pousse à prendre des décisions hâtives sous la pression des médias ou à mettre en cause l’action de leurs propres services de renseignements lorsqu’ils les soupçonnent d’avoir fourni des informations erronées. Quelques fois, lorsqu’une action secrète est étalée au grand jour, elle est bloquée durant une longue période ou s’arrête définitivement. Ce qui met en jeu tout un système.

 

Il me semble évident qu’un pays doit avoir une force de frappe fiable, avec des services secrets bien formés, et des moyens d’anticipation pour faire face à la demande du moment. Il convient d’utiliser cette synergie à une plus grande échelle, avec des missions qui leur sont propres, et à ne pas de les limiter à des activités que couvrent déjà parfaitement les diplomates et les agents et officiers de polices judicaires.

 

En Asie, même le Japon, pays extrêmement pacifique depuis la fin de la seconde guerre mondiale, est en train de recréer une sorte de C.I.A version asiatique.

 

   5- DIFICULTES POUR LES FORCES DE LA C.E.D.E.A.O :

 

L’Union Africaine, n’est pas encore sortie des ténèbres ce qui risque de clouer au sol ses ambitions pour lutter contre les conflits armés et les querelles de leadership hérités de l’OUA. Les conflits armées constituent le grand problème auquel les militaires attendent des décisions politiques et font très peu de propositions fiables.  Les chefs militaires communiquent très peu avec les populations et oublient de proposer des solutions alternatives. Pourtant, ce que les masses angoissées attendent de ces braves gens, dont l’abnégation peut pousser jusqu’au sacrifice ultime, va même au-delà de leur sens de l’honneur ou la patrie. Mais des plans de sécurisation viables, des tactiques simples et efficaces, capables de résoudre la question du terrorisme. Le temps des discours politiques n’est-il pas dépassé face à un ennemi qui envahit toutes les régions du monde ? Ce que les populations attendent des armées, c’est leurs engagements à leurs côtés,  les soldats doivent prouver  à quel point les armées font partie de leur vie, de leur sécurité. L’accélération de l’intégration africaine n’ est pas seulement économique. Elle est aussi militaire.

 

-La coopération entre les différentes forces de sécurité et les services de renseignement n’est pas encore effective. Quels que soient leurs moyens et leur nombre, si elles ne collaborent pas franchement, il leur sera impossible de constituer un corps à même d’infiltrer les gangs terroristes et de les éliminer. Bien sûr, les gouvernements tiennent toujours des discours politiques pour rassurer le peuple en parlant d’insécurité. Les opérations combinées, appelées aussi « coup de point » qui se font de temps à autre, lorsque les populations montent au front pour dénoncer, n’ont pas permit de vaincre l’insécurité grandissante au Sénégal, ni dans les pays voisins du Mali. Tous les jours, les gangs armés s’organisent et se montrent de plus en plus audacieux dans le choix de leurs cibles et dans leur mode d’opérer.

 

Nos gouvernants connaissent toutes ces méthodes. Mais certains états démocrates invoquent l’immoralité de telles activités. Il est d’ailleurs étonnant que les médias d’opposition si prompts à dénoncer les actions du gouvernement ne se mobilisent pas de la même manière pour exiger des réponses cohérentes de la part des soi-disant spécialistes du terrorisme.

 

– FAIBLES MOYENS DES SERVICES SECRETS

 

L’Afrique n’a pas encore connu le progrès technologique. A défaut de pouvoir faire des  interceptions radioélectriques, de prendre des photos ou films  à l’aide de satellites, d’acquérir des avions espions ou de drones, nos services secrets doivent être créatifs, compte tenu de nos réalités :

 

-Utiliser les nombreuses astuces existantes, très efficaces et n’impliquant aucun besoin budgétaire. Voici quelques exemples de modèles asymétriques qui doivent inspirer les concepteurs et spécialistes actuels de la guerre contre le terrorisme. Il reste évident que beaucoup de réformes sont à apporter dans le secteur de la sécurité et de son enseignement.

 

-Par exemple, durant la Seconde Guerre mondiale, pour faire croire aux Allemands que le débarquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais, les Américains ont constitué une véritable armée fictive équipée de pièges (chars gonflables, campements inoccupés, réseau radio d’un véritable corps d’armée, etc.) que les services allemands pouvaient surveiller à loisir. Pour apporter une crédibilité supplémentaire, la direction de cette supposée « Armée » avait été confiée au Général Patton, connu pour ses compétences militaires. « Fortitude » fut le nom code donné à cette opération.

 

-Pendant la guerre en Bosnie, les Serbes ont recouru à des chars à bœufs pour déplacer leurs engins blindés afin qu’ils ne diffusent que de faibles chaleurs contrairement aux moteurs qui allumés. Ainsi, les  caméras infrarouges aéroportées n’ont jamais pu les repérer. Une contre-mesure très efficace qui eut fait ses preuves.

 

-Toutefois, nos maisons de détentions sont remplies en ce moment de milliers de délinquants. Des criminels, des dealers de drogues, qu’ils soient hommes ou femmes, purgent de longues peines allant de dix à vingt ans de prison ferme. Ce qui a un coût important en termes de finance. Au sein de cette population carcérale, vivent de nombreux marginaux ayant une parfaite connaissance des milieux infâmes. Ils connaissent les circuits de la drogue par cœur, ont fréquenté les délinquants en cavale, ont des informations dans le domaine du terrorisme et peuvent donner de longues listes de bandits très actifs. Certains bandits emprisonnés pourraient aider à élargir le niveau de renseignement des services de police. Leur collaboration avec les services de renseignements aiderait à faire des pas de géant dans ce domaine. Ce qui demande du tact et d’habileté pour y arriver.

 

Par une simple autorisation d’un magistrat, un détenu peut quitter la prison et se mettre au service de la police dans un cadre restreint. Dans les commissariats de police, les enquêtes préliminaires sont bouclées en vitesse, faute de temps. La loi fixe des délais très courts. Elle ne permet pas aux enquêteurs d’aller au-delà de 72 heures pendant la phase d’enquête de police. A l’issue du temps réglementaire, il faut boucler les procédures et déférer le délinquant devant le Procureur. Ce qui ne permet pas souvent de mener toutes les investigations utiles, faute de temps. Rarement le procureur ou le juge se déplacent de leur bureau pour aller sur le terrain aux fins de mener des investigations.

 

 

1- AU NIVEAU SOCIAL 

 

Miser sur des initiatives visant à réduire la pauvreté des masses défavorisées et pouvant basculer dans le terrorisme. L’objectif étant à terme, de réduire l’attractivité du terrorisme, auprès des plus vulnérables des sociétés africaines. A cet effet, chaque pays africain pourrait créer au niveau communautaire, sa comité de veille et de prévention contre les dérives sectaires issues du dévoiement de l’Islam. Tous ces cadres peuvent servir de relais pour la sensibilisation des jeunes quant aux risques de radicalisation religieuse et serviraient de dispositifs d’alerte précoce. On peut citer les groupements de femmes, les comités locaux, et mouvements de jeunesse tels que les A.S.C et les dahyras  pour la création de comités de veille et de sensibilisation dans chaque village des pays menacés, serait une voie de sortie de crise. La lutte contre la terreur, est une « guerre d’usure », qui sera longue, douloureuse, couteuse en vies humaines et très onéreuse. Les pays africains devront donc être solidaires et y consacrer une bonne part de leur budget pour éradiquer la menace.

 

2- STRATEGIES DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME:

 

Les limites sont souvent d’ordre stratégique et conceptuel.  Tous les états africains engagés dans la lutte antiterroriste disposent d’une politique de défense ou de sécurité nationale, mais souvent inadaptée à la menace. Il est évident que lutter contre le terrorisme nécessite une bonne approche du sujet, en y incorporant tous les facteurs locaux qui favorisent l’émergence de toutes formes de radicalisation, conduisant à de l’extrémisme violent ou au terrorisme.

Seule, une bonne stratégie commune peut permettre de mener des actions efficaces contre les groupes terroristes. Si nous ne posons pas clairement les enjeux et les réponses adaptées à la menace, nos efforts seront vains.

 

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Les rapports fournis par les services de renseignements secrets français au gouvernement sénégalais indiquaient que « Les terroristes envisagent d’utiliser des voitures piégées et de frapper dans des zones publiques très fréquentées par les étrangers ». Quant au rapport de la CIA, il fait état « d’attaques ciblées et bien planifiées » par les terroristes contre Dakar et certaines zones fréquentées par des occidentaux.

 

Conscient de la menace terroriste dans notre pays, le Président Macky SALL a décrété le Cadre d’Intervention et de Coordination International des Opérations de Lutte Anti-terroriste. Le  CICO est un Cadre qui favorise la mutualisation des moyens civils et militaires nationaux et internationaux mobilisés par le Gouvernement pour faire face aux menaces et attaques terroristes. Il établit et approuve son concept d’opérations.

 

Malgré cela, certains états africains sont à la traîne. Ils investissent très peu dans la communication et la sensibilisation offensive contre le terrorisme à l’image du Sénégal. Cette insuffisance explique les risques de radicalisation croissants et le vivier de recrutement que constituent des communautés exposées parce que mal informées. En effet, nombreux sont les états qui ne sensibilisent pas leur population sur les risques de radicalisation et souvent sous-estiment ce risque au point de ne pas véritablement en parler. Le Sénégal, constitue aujourd’hui un modèle en matière de communication et de sensibilisation sur le sujet. Les actes de prévention et de répression issus de l’engagement du Président Macky Sall ne sont plus à démontrer.

 

L’Opération Flintlock qui  regroupe chaque année plus de 1700 soldats d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord pour des exercices militaires annuels au Sénégal. Cet impressionnant dispositif a pour but d’unir des forces pour lutter contre les groupes violents actifs en Afrique de l’Ouest et du Nord, en particulier les factions alliées au groupe État Islamique et à Al-Qaida.

 

Une trentaine de pays d’Afrique participe à Flintlock sous le Commandement Militaire des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM). Ce qui permettra à moyen terme d’atteindre les objectifs militaires américains en Afrique où l’Etat Islamique et d’autres groupes extrémistes sont devenus très influents.
Sous le contrôle des grandes puissances, et à l’image du Sénégal, d’autres pays du Sahel à savoir : le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad fusionnent dans le G5 dans un espace intéégrant la plus grande concentration des menaces sur la paix la sécurité et le développement.

Ces pays sont homogènes sur le plan de leurs caractéristiques physico-naturelles, de leurs indicateurs de développement socio-économique, et aussi homogènes de par l’histoire, la géographie et la culture ou même d’un point de vue géopolitique.

 

Le G5 est un autre bloc perçu pour certains observateurs comme le bon format et la bonne échelle pour traiter des questions spécifiquement sahéliennes tels que la porosité des frontières africaines. Un phénomène qui limite toutes les actions combinées de lutte contre le terrorisme et ses dérivés tels que les flux de populations, la circulation d’armes et de matériaux utilisés dans la confection d’engins explosifs.

 

3-Un plan d’action anti-terrorisme franco-sénégalais ?

 

Le Sénégal a déjà posé plusieurs actes concrets dans le domaine de la lutte contre l’insécurité. On peut rappeler la première tournée en Afrique de l’ouest du ministre français de l’Intérieur avait jeté les premiers jalons d’un nouveau cadre de concertation. A l’issue, Manuel Valls et son homologue sénégalais, le brillant Ministre Abdoulaye Daouda Diallo, avaient signé une déclaration conjointe, un accord de principe pour renforcer la coopération entre les deux pays notamment dans la lutte contre le terrorisme.

 

Doté seulement de moins de 500 milliards de francs CFA, le plan d’action contre le terrorisme fut le début d’une collaboration entre la France et les pays du sahel. Elle vise à renforcer les capacités de prévention et de riposte des services sénégalais de police et de gendarmerie. Selon Manuel Valls, ministre français de l’Intérieur « Le plan d’action signé par le Sénégal et la France, nécessite à la fois des éléments de formation et des échanges d’informations et du renseignement et aussi des éléments matériels. »

 

Mais l’ancien ministre sénégalais de l’Intérieur Abdoulaye Daouda Diallo, dira que ce programme est quelque chose d’important : « Mais le gros problème,  c’est son fonctionnement. Pour que cela marche, il faudra beaucoup bouger et échanger de manière coordonnée. Puis, il évoquera la mutualisation des forces (Police-Gendarmerie) qui demande des actions concrètes, novatrices, allant au-delà des déclarations d’intentions et des séminaires.

 

Cela suppose une plus grande implication de nos forces qui, à mon avis, ne disposent que de très peu d’informations, de moyens matériels et humains pour être en phase avec notre ennemi commun, invisible et très peu connu. Il frappe par surprise et disparait dans la nature.

La Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal sont désormais appelés à unir leur force au sein du nouveau PACT, sous la direction de la France qui ne semble pas avoir convaincu ses partenaires sur les moyens de sa politique intérieure pour lutter contre le terrorisme, ni les moyens de mener efficacement une opération de cette envergure. Il faut aussi souligner que le PACT est un projet dont l’objectif est d’anticiper le risque terroriste par la mise en œuvre d’obstacles à l’action terroriste, en améliorant la recherche et l’administration de la preuve par l’emploi de techniques d’investigation moderne : Justice et Sécurité au Sahel. Un programme qui réunit la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Bénin et désormais le Sénégal. Il appartiendra aux acteurs de se prononcer sur sa viabilité.

 

Le Président Macky Sall a déjà déclaré la guerre aux terroristes. Il les a fermement défié en ces termes : Le Commandement divin, tel que transmis successivement par la Torah, la Bible et le Coran, a toujours prôné le bien, prohibé le mal et exalté la fraternité humaine. Nous n’avons pas du tout peur de la mort»

 

Pour lui, la meilleure manière de combattre les terroristes, c’est de les affronter, « d’exclure tout dialogue avec eux car on ne dialogue pas avec des bandits. »

Cependant, il ne croit pas aux solutions militaires uniquement. Il dit ne compter que sur 3 choses pour lutter efficacement contre le terrorisme :

1-La particularité de l’islam pratiqué au Sénégal : « Un islam de confréries, très singulier, très apaisé, qui est un frein aux dérives islamistes ».

2-« Mettre l’accent en amont sur l’éducation de notre jeunesse et sur sa formation ».

3- « Le renseignement humain pour détecter des comportements anormaux de jeunes qui reviennent de zones et pays où on leur a fait un lavage de cerveau ».

 

‘-La difficile traque des djihadistes.   

 

Finit alors les enseignements contemporaines de la guerre, finit les embuscades et les assauts, finit la guerre des tranchées. L’histoire vient d’écrire une nouvelle page dans le  champ de combat où une nouvelle forme de guerre s’impose et s’affirme de jour en jour. La guerre asymétrique.

 

« Une guerre asymétrique est une guerre qui oppose la force armée d’un État à des combattants matériellement insignifiants, qui se servent des points faibles de l’adversaire pour parvenir à leur but souvent politique ou religieux ». Cette forme de guerre psychologique vient de défier les premières puissances militaires mondiales que l’Amérique et la France, devenus les cibles privilégiés des attaques terroristes.

Les forces de l’ordre sont visibles alors que l’ennemi à combattre ne l’est pas. Il est tapi dans l’ombre et attend le bon moment pour frapper. Les djihadistes sont des combattants difficilement contrôlables : Ils mènent des actions discrètes et possèdent des réseaux clandestins, peu faillibles avec des modes de communications codés, des réseaux obscurs, des hommes expérimentés, qui se déplacent beaucoup et usant de méthodes non conventionnelles.

 

 

C’est pourquoi personne ne peut les infiltrer durablement. Compte tenu de l’activisme de groupes terroristes opérant dans la bande sahélienne, de leur mobilité, peut-on vraiment, se limiter à recommander aux étrangers résidant ou de passage au Sénégal de se priver du plaisir d’être seuls alors que ces touristes sont là pour jouir pleinement de leurs vacances dans des endroits peu sûrs ? Comment reconnaître un paquet suspect ou même un homme suspect ? Impossible de remplir les rues de chiens renifleurs. Impossible de déployer les forces de l’ordre dans chaque coin de rue nuit et jour, avec un équipement trop lourd. Nous devons avouer sans complexe qu’au niveau actuel de l’évolution du terrorisme, aucune réponse adéquate n’est encore trouvée. Rien n’a changé sur le terrain.

Insurrection, rébellion, guérilla ou terrorisme, les nouvelles formes de lutte sont multiples et embrouillés au 21 siècle.

 

Au Sénégal, les forces de défense et de sécurité  sont très déterminées. De Dakar à Rosso, de Ziguinchor à Saint-Louis, les postes et dispositifs de contrôle sont devenus très nombreux. Mais la porosité des frontières et le flux migratoire rendent leur mission encore plus complexe. C’est la raison pour laquelle, les terroristes peuvent se déplacer dans toutes les régions sans jamais rencontrer de patrouilles, tellement les distances sont énormes.

 

Compte tenu de la situation qui prévaut au Sahel, le djihadisme étend ses bases dans cette zone de non droit, très favorable aux enlèvements d’occidentaux. Qu’il s’agisse du Mali, du Niger ou du Nord Cameroun, le passage d’un pays à un autre reste un jeu d’enfant. Pour mieux s’impliquer dans cette guerre pour laquelle elles n’ont pas été formées dans leurs écoles, les forces de défenses africaines ne connaissent que la guerre conventionnelle, avec ses règles précises d’engagement. C’est pourquoi, prévenir des attentats terroristes reste une tâche extrêmement difficile, voir même impossible, irréalisable.  Traquer un seul terroriste, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin et peut durer des années. Entre les terroristes et les services de sécurité, il y’a une grande différence dans la méthode, la conception et les stratégies. Le terrorisme est un phénomène complexe, parce qu’il évolue en permanence dans ses organisations, ses motivations et ses objectifs, ses méthodes et ses moyens. Ne connaissant pas de frontière, il s’est vite répandu de manière diffuse à travers le monde sous des formes variées.  Les Djihadistes, contrairement à certaines idées reçues, ne sont pas tous attirés par le gain d’argent. Ils sont animés par une idéologie pour la plupart.

 

La sécurité dans les lieux publics au Sénégal fait l’objet d’un renforcement préventif des mesures de sécurité (contrôle strict des visiteurs, protection armée, interdiction de stationner à proximité des édifices militaires, fouilles électroniques) se généralise. Ce qui ne laisse personne indifférent.

 

Les résultats promis tardent à venir. Des arrestations et des jugements sont annoncées çà et  là, ainsi que la neutralisation de camps djihadistes. En Somalie, Le Kenya, l’Ethiopie et la Somalie participent ensemble à la lutte contre Al Shabab au sein de l’AMISOM. Le Nigeria, le Tchad, le Cameroun, le Niger  forment une force régionale dans la lutte contre Boko Haram, mais la situation s’empire.

 

Malgré tout, après plusieurs années de  lutte contre les groupes terroristes islamistes, les attentats se poursuivent au quotidien et la lutte semble stagner. Le Cameroun, le Tchad, la Somalie, le Nigeria, le Mali, s’enfoncent dans cette terreur galopante. Les mouvements extrémistes islamistes qui prônent la charia n’ont jamais été aussi actifs. Al Shabab, Boko Haram, AQMI, Ansar Dine, sont rejoints par d’autres groupes de plus en plus violents, qui maintiennent la pression sur les gouvernements et les populations.

 

Les grands alliés dans cette lutte, tel que les Etats-Unis et la France sont aussi actifs dans la formation, le renseignement et les frappes de drones. Certes, ces groupes sont combattus mais la lutte dispose-t-elle des atouts nécessaires pour en venir à bout ? L’Etat Islamique (DAESH) reste très actif avec une grande capacité de nuisance. Il progresse avec sa nouvelle force de frappe et du fait de sa stratégie de communication extrêmement efficace.

 

Comme nous le savons, notre pays reste pourvoyeur de troupes dans différentes zones de conflit.. Des contingents de nos forces de sécurité et de défense sont engagés au Mali, au Congo, en Côte d’Ivoire, et au Darfour pour le maintien de la paix. La tâche est énorme. Et pourtant, les effectifs des forces de défense et de sécurité ont doublé, voire triplé sous le règne du Président Sall. Aussi, des troupes sont déployées aussi sur notre propre territoire en Casamance où plane une insécurité latente. La rébellion armée y a déjà fait  plusieurs centaines de morts en trente ans.

 

B – SECURITE INTERIEURE ;

 

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Difficile de dresser une liste exhaustive des meurtres non élucidés, suite à des bavures policières. D’ailleurs, ces faits, certes de plus en plus récurrents, remontent à l’indépendance du Sénégal, avec le célèbre cas d’Oumar Blondin Diop, mort en détention. Un meurtre qu’on a cherché sans convaincre, à maquiller encore en suicide. Les commandants des forces de défense et de sécurité souvent appelés les « têtes pensantes » s’érigent en une classe à part, oubliant parfois de soigner leur image, d’alerter l’opinion sur les menaces imminentes, mais aussi et surtout leur rôle dans le champ de la réflexion sur l’anticipation prospective. Ces hommes  chargé de faire régner l’ordre  ne peut plus se décharger de ses responsabilités de stratège au prétexte qu’elle attend les ordres d’en haut compte tenu des urgences sécuritaires auxquelles le pays est confronté. Ce que les peuples attendent aujourd’hui de tous ces responsables militaires, c’est qu’ils adoptent une position de Sentinelle et nous proposent des concepts intelligents d’alerte et de veille tels la vigie et le gouvernail dans un bateau.

 

En prélude au Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité, le brillant Général sénégalais Lamine CISSE a fait remarquer que : «Pour efficacement répondre aux situations insurrectionnelles, la réforme des secteurs de sécurité et de défense doit permettre le déploiement des dispositifs de sécurité capables de stabiliser les régions». Pour lui, il est même nécessaire de «restaurer la confiance avec les forces de sécurité en mettant en place un réseau civil transfrontalier permettant de fluidifier l’échange d’informations et de lutter contre la progression du radicalisme religieux dans la région».

 

 

L’heure est grave et le peuple attend des propositions concrètes, de nouveaux plans de défense adaptés à la réalité du moment. Pour cela, il est nécessaire de recourir à une solution intégrée découlant d’une solide cohésion interne entre les forces pour conforter la riposte aussi bien préventive que répressive. Un travail devenu moins difficile vu les instruments divers dont nous disposons.

 

Mamour BA, écrivain :

– LA FEMME DU DIABLE publié chez Harmattan-

-LE POUVOIR DES RUES publié par Edilivre- France

-Ex. Sous Officier de Gendarmerie-Sénégal

-Médaillé Union Africaine pour Maintien de la Paix au Darfour-Soudan-Membre Cercle des Ecrivains et Poètes de Saint-Louis.                       

-E-mail : niorodurip123@yahoo.fr

Hamidou Dia dans le sommeil (Amadou Lamine Sall)

Le moment le plus difficile, c’est quand tout est fini, qu’il faut repartir, quitter le cimetière, suivre la foule, et te laisser seul, couché, solitaire et la nuit qui va tomber dans un lieu où personne ne souhaite rester. En te laissant là, je me suis souvenu des vers du poète Federico Garcia Lorca: Mais voici qu’il dort sans fin / Voici que la mousse et l’herbe/ Avec des doigts infaillibles/ Ouvrent la fleur de son crâne.

Un bel et superbe esprit a été contraint au sommeil. Hamidou, comme tu étais brillant, comme tu étais généreux et conciliant ! Le Président de la République, dans son hommage devant ta dépouille silencieuse mais bruissante, dans cette cour venteuse de l’hôpital Principal en ce dimanche 4 février de cette année 2018 qui commence et qui nous fait pleurer déjà, a dit quelque chose qu’il aurait pu ne pas dire de cette manière, mais il l’a dit et bien dit et c’est important: que tu étais un homme quine connaissait pas ce qu’était la méchanceté. Qu’un homme d’État choisisse ce mot »méchanceté » dont il témoigne qu’il t’était inconnu, ne doit pas être pris pour la simple parure d’un discours funèbre. Oui, notre pays a besoin d’extraire ce mot de son cœur pour construire, apaiser et croire au destin de chacun.

Combien de fois tu es allé au combat au cabinet présidentiel pour t’enquérir d’un dossier qui tardait à ressortir ? Tu suivais avec beaucoup de générosité les requêtes difficiles que tu arrivais toujours à introduire, après t’être bien informé pour mieux leur trouver une issue heureuse. Tu donnais aux courriers adressés au président de la République toute l’attention requise, même si un Président ne pouvait pas donner suite à tout et que tout ne devait pas non plus lui être soumis. Tu savais aussi couvrir ton Président quand tu jugeais irrecevable une requête, sans que celui qui en attendait une réponse ne soit ni déçu ni frustré, quand on connaît l’orgueil et le jugement hâtif de nos compatriotes. Tu étais un fin diplomate, un homme qui recherchait toujours la mesure et le bien dans le respect de l’autre. Notre espace culturel, littéraire et artistique, tu le savais, était fragile, susceptible, démuni, intolérant et prompt à la sentence, chacun ne servant souvent que ses intérêts. Tu savais tout contenir, tout réguler, installer l’espoir et insuffler l’excellence. Tu manqueras beaucoup au Président Sall qui t’aimait et appréciait ton esprit serein, pétillant, engagé, convaincant, apaisant. Tu donnais du relief à son cabinet culturel par ton nom, ton parcours, la solidité de ta formation, ta vaste culture, ton humanisme si doux. Oui, le Président a raison de dire que tu ne connaissais pas la méchanceté. Ceux qui savent ne peuvent pas être méchants !

Pourquoi Saldé n’a pas bercé ton repos, Saldé-mayo Tébégout, que tu aimais tant et dont tu parlais tant, et qui comme tu l’a écrit: « ne cesse de m’habiter sans désemparer » ? Je ne sais.

J’ai lu que tu avais écrit ceci: « La mort est le souvenir poussiéreux de la vie ». Et si la vie était plutôt la défaite même de la mort, quand on laisse derrière soi des œuvres et des actes d’une invincible matérialité ? Tu as dit et écrit aussi que « le cœur des vivants est le plus sûr tombeau des morts ». Mais les vivants finissent toujours par mourir ! Mais aussi, sans savoir comment elle fait, la vie reprend toujours le dessus sur la mort. Là est la mansuétude du Divin !

Pourquoi les audiences fatales et le livre de la mort n’ont jamais de fin et laissent sans cesse des chaises vides et des pages blanches numérotées mais qui se remplissent toujours ? Je suis rentré à la maison la tête basse, les pieds lourds, bien triste et bien seul ce dimanche 4 février, quand après t’avoir confié à Dieu et prié Mohamed de dîner avec toi pour ta première nuit dans l’au-delà et dans l’au-dessous. Toute la nuit, pour revisiter tes écrits, ta pensée, je me suis réfugié dans ton livre: Écriture et liberté/ Entretiens et Fragments littéraires, préfacé par ton oncle, le tranquille et reposant Cheikh Hamidou Kane. Je l’ai beaucoup regardé alors que tu étais couché devant nous, enveloppé dans un beau pagne ensoleillé. Son visage et son cœur ne faisaient qu’un. Sa peine était sans nom. En préfaçant ton livre ici cité, en parlant de ton talent immense, il a écrit que « Ce sortilège est l’œuvre d’un magicien sans pareil, mon neveu Hamidou Dia ». Quelle fierté, quelle tendresse du noble Diallobé quand il nous dit encore: « Qui peut se vanter d’avoir mieux que moi?».

Hamidou, il n’est pas possible de clore ce bref hommage d’un poète qui, depuis le Canada-Québec au temps où tu y rayonnais et que je t’y retrouvais, puis Paris à Présence Africaine, enfin Dakar beaucoup plu tard, de ne pas offrir ici au monde, des trésors sortis de ta plume, pour magnifier devant ton peuple, devant l’Afrique, la puissance de ta pensée, de ton engagement. Tu dois être lu. C’est ma prière dans un temps du monde où les poètes, les écrivains, ne sont plus lus. Tu réponds à tellement de questions de notre temps et du temps de notre peuple, que ces quelques extraits de toi, doivent être connus et médités. On parlait de toi comme d’un « intellectuel dérangeant ». Tu as affirmé que « l’universitaire n’est pas forcément un intellectuel ». Quelle humilité, quel courage!
Le grand poète et écrivain haïtien René Depestre voyait en ta génération « des sherpas qui nous guident sur les pentes himalayennes de la vie mondiale actuelle ». Mais, dit-il, il y a « l’incomplétude de la condition humaine et les hommes d’espoir gardent un sens tragique de la vie ». Ma nuit du dimanche 4 février a été en ta compagnie, en compagnie de tes écrits et mes pensées ne quittaient pas ta tombe fraîche en bordure de l’allée.

Voici mis en relief, pour toujours te garder en mémoire, tes engagements, tes doutes, tes inquiétudes, tes certitudes, tes choix, tes espérances, bref ton génie: la poésie française est dans un état de délabrement et d’essoufflement. Aujourd’hui, les grands noms de la poésie africaine sont infiniment plus significatifs que les poètes français dont on ne peut pas citer un qui soit connu de nos jours. /Dans la poésie on ne peut pas tricher. Le roman permet de tricher. /Mettre sa gloire littéraire, sa santé, sa liberté, pour défendre une cause. C’est cela l’acte fondateur de ce que l’on appelle intellectuel. Il est plus commode d’être dans la posture de l’opinion que dans celle de la pensée. / L’intellectuel n’est pas celui qui est instruit et est à distinguer de l’universitaire. D’ailleurs, souvent les universitaires ne sont pas de bons intellectuels même s’ils en ont produit d’excellents. / L’intellectuel a une fonction critique (il arrive qu’il se trompe). La condition pour l’être, c’est d’être libre dans sa pensée, dans son écriture, mais également dans son comportement. / La civilisation occidentale est aujourd’hui saturée et n’est pas porteuse d’alternative crédible. / Une civilisation de l’universel repose sur les apports de chacun. Nous, Africains, avons quelque chose à apporter à la civilisation de l’universel. / L’Europe avait le choix entre Descartes et Pascal. Elle a choisi Descartes dans une logique de maîtrise de la nature qui a conduit à un formidable développement technique. Ce choix cartésien a conduit à une perte de spiritualité. Si l’Europe avait choisi Pascal, elle serait dans une autre direction. /Une civilisation commence à mourir quand l’homme ne peut plus rencontrer l’homme. / Si nous voulons faire de l’Afrique une nouvelle Europe, alors, comme le dit Fanon, il vaut mieux confier nos destinées aux Européens. /

Dans un échange avec Babacar Touré, tu écris le 13 octobre 2004:Nous sommes en passe de devenir la 1ère puissance mondiale de la parole. Nous avons érigé, puisque c’est toujours la faute à l’autre, l’irresponsabilité, le renoncement intellectuel et l’affaissement éthiques en vertus. / Les Sénégalais constituent le principal problème du Sénégal… puisqu’il est difficile de demander à l’excellence de se manifester quand sa voix est noyée dans la clameur; quand elle est tenue en laisse par une médiocrité gluante, reptilienne, prédatrice, lépreuse, intellectuellement trépanée, bruyante, hautaine, dangereusement habile «à habiller son inaptitude radicale d’aphorismes falsifiés et frelatés». Pourtant, il y a des hommes et des femmes de valeur et de vertu dans ce pays: j’en connais qui sont de purs joyaux et dont j’espère qua la voix croîtra quand la clameur décroîtra. Les Sénégalais sont joueurs, toujours en représentation: «ils jouent à» être patriotes, pieux, honnêtes, penseurs, politiques, travailleurs, intelligents, etc, en florentins impénitents.Ils sont plus attentifs à leurs petits calculs, leurs vastes haines, leurs grandes jalousies, leurs petites mesquineries, leurs grandes manœuvres,leurs petites combines.

Tu poursuis: Personne n’est dupe, mais tout le monde fait semblant. L’important, et nous y sommes passés maîtres, est de contrôler notre image publique, spécialistes que nous sommes du grand écart, au risque de la déchirure musculaire, entre le propos public mensonger et les maladroites vérités de la rue. Ce jeu spéculaire gangrène le pays pis que la pire des plaies d’Égypte. Non, nous ne sommes pas si beaux que ça, si solidaires que ça, si travailleurs que ça, si fraternels que ça, si patriotes que ça; mêmes les libres- penseurs ont de singuliers oublis. Il y a par exemple beaucoup de prieurs dans notre pays: il y en a combien d’authentiquement pieux ? / Notre société est une société violente, d’une violence sourde, diffuse et fielleusement intolérante. Fourbe et dissimulatrice. Il s’agit de faire volte-face; de nous faire face. Sans fioriture, ni manœuvre dilatoire. De nous dire la vérité. Cela nous grandirait, cela aurait de l’allure. Nous avons besoin de nous arc-bouter sur des valeurs revisitées, ancrées dans notre histoire. Nous avons besoin de fraternelles utopies et de grands métarécits: nous ne pouvons pas entrer dans la postmodernité en faisant l’économie de la modernité. Notre peuple est un peuple dramatique, au sens hugolien du terme. Son élite est à son image. Entre forclusion, sécularité et extraversion. Pour sauver le Sénégal, faut-il en venir à privatiser l’État, extrader l’élite et abolir le peuple ? Il faut, ici, être clair: je n’en veux pas à ce peuple mien.Je suis seulement atterré par son refus -dans lequel les responsabilités de l’élite sont grandes- de se faire peuple en intégrant une citoyenneté active et responsable dont l’alternance avait semblé donner quelques lueurs. Ces élites -dont il faut assurément instruire sans complaisance le procès- sont-elles à notre image ou sommes-nous à leur image ? Du haut jusqu’au bas de l’échelle sociale, tout le monde clignote à droite et tourne à gauche, comme nos chauffeurs de taxi et nos cars rapides sans marche arrière ! La société sénégalaise est malade de ne plus savoir d’où elle vient ni où elle va.

A Babacar Touré tu dis: Tu me demandes de te dire ce quifrappe à la porte des générations après nous. Qu’est-ce qui va leur échoir ? Qu’est-ce que nous leur transmettrons ? Je pressens que ces générations courent de graves dangers s’il n’est pas mis fin à cette sulfureuse engeance, si nous ne nous empressons pas « de mettre nos âmes en lieu sûr ».

Dors Hamidou, dors en douceur. De ton héritage nous ferons des graines pour les générations futures. Puissent ton épouse, tes enfants avoir la force de vivre ton absence. Mission ici accomplie si cher ami, si cher frère.

Amadou Lamine SALL, Poète et Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

Contribution: La refondation de l’Afrique est une urgence

YERIMPOST.COM Nous publions in extenso la contribution qui suit…

Parler du problème africain pourrait se résumer par le seul oxymore « la pauvreté de la richesse ». Un paradoxe que Mr Babacar BA Président du mouvement Alternatives citoyennes a eu l’audace de mettre en évidence dans une tribune publiée sur Africamayo.com où il commença avec cette phrase à la fois percutante et pleine de réflexion : L’Afrique est riche mais les africains sont pauvres! Nul ne feindra l’ignorance de la paradoxale pauvreté du continent le plus riche au monde mais le plus appauvri dans sa gestion et de par sa gouvernance. Un continent corrompu, dépendant de l’occident, mal gouverné : une pléthore de qualificatifs plus ou moins négatifs qui lui est attribuée mais à l’évidence reste vraie. Le contraste qui existe entre son sous-sol immensément riche et sa population la plus pauvre au monde est d’une gravité inouïe.

L’Afrique dispose de tout (des bras, des ressources, de l’espace) mais en même temps ne possède rien.

Un continent comme l’Asie lequel il y’a environ trente ans était au même standard économique que l’Afrique a connu un take-off fulgurant avec un accroissement vertigineux de la production de biens et de services et affiche désormais un poids spectaculaire dans tous les domaines au moment où l’Afrique vacille entre endettement et corruption.

Si on se fie aux données chiffrées du rapport de la banque mondiale plus de 347 millions  de personnes en Afrique vivent sous le seuil d’une extrême pauvreté. A contrario en Inde et en Chine plus de 300 millions de personnes se sont vues défalquer de la pauvreté au cours de la dernière décennie soient l’équivalent en valeur absolue des personnes vivants avec le strict minimum en Afrique moins d’un dollar par jour. Si des pays dépourvus de toutes ressources naturelles arrivent à offrir un cadre de vie meilleure à leurs populations, au XXIème siècle, c’est avec effarement nous constatons que l’Afrique peine à assurer les primo besoins existentiels (nourrir, se soigner, se loger, s’éclairer) à sa population. Plus de soixante ans, l’Afrique se dit indépendante sans pouvoir briser le plafond de verre qui nous sépare de l’occident alors que nous possédons tout. A l’examen de cette problématique, il faudra dire sans ambages que la faiblesse de l’Afrique est le fruit d’une part de la connivence qui existe entre nos gouvernants satellites obsédés par la logique du profit mine et les lobbyings puissants de l’occident. Et d’autre part, elle réside dans notre incapacité de s’émanciper et d’assurer la plénitude de notre souveraineté. Ce faisant, sous le rouleau compresseur d’un partenariat Nord-Sud, nos biens sont troqués et ceux qui en paieront le lourd tribut sera sans doute la génération future sacrifiée, contrainte de rembourser des dettes qu’elle n’a pas contractées sous l’autel d’intérêts particuliers. Face à l’avalanche des catastrophes nos retraités politiques déclinent toute responsabilité, les doigts de pied en éventail,  trouvent refuge dans leurs somptueux palais à l’étranger. La cure des aides au développement loin de guérir l’Afrique ne fera que l’affaiblir inexorablement. Nous devons nous arracher de cette logique d’être des assistés, consistant à vivre au crochet de l’occident et attendant toujours d’être ramassés à la petite cuillère. Moyennant quelques euros sur le continent, nous sommes insultés, dénigrés en permanence par ces donneurs de leçons qui oublient souvent de balayer d’abord devant leur cour. N’est ce pas quelqu’un demandait à nos hommes de se faire vasectomiser sous prétexte que notre poids démographique serait l’unique entrave pour le développement. Sans oublier les propos minorants de ce mouton de Panurge qui nous a traités de pays de « Merdes » récemment. Au fil des années l’Afrique reste le lieu prisé des insulteurs, des dénigreurs et des donneurs de leçons occidentaux  qui la considèrent comme le canard boiteux dans le concert de progrès à travers le monde.

Il faudra s’affranchir de ce carcan idéologique par la refondation de l’Afrique afin de la sortir de cette spirale d’échecs qui la hante continuellement. Celle-ci ne pourra jamais se faire par des allocutions incessantes du haut de la tribune de l’UA couronnées de standing ovation. Mais d’un travail acharné et d’une abnégation sans faille afin de redonner la dignité à ce peuple à peau sombre longtemps considéré inférieur.

Il est temps de se défaire des mots et d’agir sur les maux.

Il faut un projet de société et de politique rigide, efficace détaché de toute souillure politicienne. .Faire de ce continent longtemps décrit corrompu, une véritable Terre de Réussite pour ses Enfants d’abord

Par extension, il faut d’emblée remettre en cause notre coopération avec l’occident qui ne cache pas ses intentions de corroder toute ambition politique de développement pour ce continent. A dire vrai, les défis sont énormes mais ils sont remédiables à mon humble avis.

Nous pouvons renverser la tendance.

Mais le voulons nous vraiment c’est ça la grande question.

Papa Alioune Ba

Contribution: Un rédempteur pour le Sénégal

lL’histoire de Sodome et Gomorrhe semble si lointaine dans les récits de la longue aventure de l’Humanité que nous en avons oublié l’essentiel : le sens moral de la punition divine qui s’abattît sur cette population adepte du vice et poussant son ignominie jusqu’à élever les rapports homosexuels en must dans les relations humaines les plus civilisées de l’époque.
Dieu, qui envoya le prophète Loth dans cette contrée pour les alerter, les éveiller, les ramener sur le droit chemin, et enfin les avertir sur l’urgence de la repentance pour ne pas subir sa colère constata combien ses créatures étaient ancrées dans le vice et le péché.
Sa colère fondit sur eux, il retourna la terre sur leurs demeures et les ensevelit tous vivants. Même l’épouse de Loth à la curiosité malsaine qui regarda par dessus son épaule pour contempler la punition de Dieu sur ces cités fut transformée en statut de sel.
Loth avait accompli sa mission. Elle est toujours d’actualité. Car les causes qui provoquèrent les foudres divines existent toujours. Et le Sénégal, notre pauvre pays n’y échappe pas.
En effet, aujourd’hui la course au paraitre, la recherche de la fortune par tous les moyens et l’obsession du gain ont conduit notre pays sur les falaises de la déliquescence et de l’avanie.
Nos valeurs et nos vertus sont désormais passées de mode. Notre système éducatif traditionnel qui inculquait à toute génération les qualités intrinsèques qui en faisaient des hommes intègres honnêtes et dévouées à leurs proches dans l’honneur la dignité et l’intégrité est désormais dévoyé.
Dorénavant ne compte que ce que nous affichons et revendiquons comme moyens de pouvoir, gages de célébrités et donc de position.
Regardez les soirées dansantes qui défilent à la télévision. Admirez avec quelle ostentation les billets de banques sont étalées nonchalamment et insolemment sur la scène devant les yeux d’un artiste qui admire obséquieusement cette richesse offerte pour une capture d’écran, et une minute de gloire factice par la voix d’un chanteur qui célèbre la générosité d’un donateur fier de sa performance.
Regardez la débauche d’énergie à laquelle se livrent ces petites starlettes qui désirent crever l’écran, pour valoriser cette célébrité fugace par une carrière de courtisane vivant aux crochets d’un bienfaiteur heureux de se gausser d’être l’amant circonstanciel qui prend soin de son égérie du moment !
Nos mœurs sont perverties.
L’école transformée en garderie d’enfants désœuvrés est devenue un lieu de rencontres ou les cliques se forment, où les gangs prennent naissance. Elle est le point de départ de carrières glorieuses dans le vice et la luxure, où les fils à papa qui volent l’argent de leurs pères claquent le magot en alcool et autres drogues, si ce n’est dans les apparts meublés où les filles de pauvres graciles et dociles sont transformées en jouets sexuels et grassement rétribuées en retour, encouragées par le regard de condescendance de leurs mères complices et le remerciement pudique d’un père qui a démissionné depuis longtemps, tout heureux de voir de l’argent frais faire bouillir la casserole sans qu’on lui demande la dépense quotidienne.
Nos regardons notre société s’avilir. Nous regardons notre jeunesse perdre pied et s’enfoncer chaque jour encore plus dans le vice et la luxure.
Le jeu et l’appât du gain facile disloquent les familles et conduisent irrémédiablement dans la fange.
Nous célébrons des anti modèles et adorons les riches sans nous soucier d’où viennent leurs richesses.
Nous en sommes devenus prolifiques. Hé oui ! nous sommes le pays qui bat le record mondial d’invention de nouvelles danses ! Et de nouvelles expressions langagières qui feraient pâlir Nabila de jalousie !
Les scandales sexuels qui peuplent les journaux n’inquiètent plus personne.
Tout le monde semble avoir démissionné, et comme une société qui n’arrive plus à se réinventer un futur autour d’un projet fédérateur dont la réalisation mobiliserait toutes les énergies, nous semblons en fin de cycle et tournons en roue libre.
Notre pays est désormais « une force qui va », pour reprendre l’expression de ce personnage hugolien !
Nos politiques ne peuvent imaginer un futur prometteur, porteur d’une vision rédemptrice qui mettrait fin à ces joutes païennes d’un peuple égaré célébrant son vœu d’or moderne, le dieu Argent.
De notre montagne de perdition où nous défions Dieu et sa malédiction, ne descend aucun Moïse et ses dix commandements pour mettre fin à cette catastrophe qui me fait peur en regardant mes enfants tout en m’imaginant dans quel monde vont-ils évoluer !
La crédibilité de notre classe politique repose sur la lourdeur de leurs poches. Plus ils sont riches ou perçus comme tel, plus ils sont considérés, respectés et jugés dignes de confiance.
Leur projet sociétal n’intéresse aucun sénégalais. Ce qui compte c’est combien ils sont prêts à lâcher pour être applaudis et soutenus.
J’ai été scandalisé quand j’ai appris l’existence de mobiliseurs professionnels pour meetings et autres manifestations politiques, avec des offres clés en mains, portant sur le nombre de cars, de militants, en tee shirt ou tenues traditionnelles, et le prix du package à débourser pour réussir sa manifestation !
Voilà à quoi nous en sommes réduits : tout est factice chez nous. Rien n’est authentique. Rien n’est véridique. Plus de respect de la parole donnée. Plus de sens de l’honneur.
La fin justice tous les moyens.
Jusqu’aux soi-disant marabouts censés être des hommes de Dieu et nous guider dans le droit chemin. Ils sont dorénavant les premiers maitres chanteurs, et n’ont aucune vergogne à vendre leurs noms et leurs lignées, du moment que le jeu en vaut la chandelle.
Seulement, à force de jouer avec la chandelle, sous le vent de la luxure, du mensonge et du vice, le feu a pris dans nos cœurs et nous consume, lentement mais surement.
Le Sénégal en est arrivé à ce point.
Dans l’ancien temps, Dieu solda ses comptes avec les adeptes du vice qui n’écoutèrent pas son Envoyé auprès d’eux. Il en fera de même avec le peuple récalcitrant de la contrée de Noé.
Quant au peuple d’Israël, Moïse extermina tous ceux qui oublièrent Dieu durant son absence.
Le Sénégal a besoin d’un rédempteur.
Nous avons perdu nos valeurs. Nous avons perdu le respect en toute forme d’humanité. Nous avons tout vendu. Et ce qui ne l’est pas encore a déjà un prix.
Il ne nous reste plus qu’à perdre notre âme.
Nous sommes en train de la vendre au Diable…
Simplement, nul ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu.
Cissé Kane NDAO
President Ader
Diplômé de Sciences PO
E MBA Management public territorial
Master 2 professionnel Gestion de projet GAR et Pilotage du changement

Contribution: Faudrait-il rappeler aux Sénégalais la principale mission de Serigne Moustapha SY ?

Au regard de ses « prises de position » hautement médiatisées et partagées sur les réseaux sociaux, l’on peut supposer aisément que nul n’ignore la mission de Serigne Moustapha SY. Mais eu égard à certaines réactions inappropriées, l’on ressent profondément le besoin de rappeler aux sénégalais la mission incarnée par le responsable moral du Dahiratoul Moustarchidine Wal Moustarchdidaty (DMWM) et Président du Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR). Ce rappel n’a nullement pour objet de faire sa promotion parce qu’il a déjà bénéficié de la bénédiction de son père et modèle Serigne Cheikh Ahmed Tidiane SY (voir par exemple conférence, CICES 29 janvier 2000). Il n’a pas non plus pour but de critiquer lâchement ses détracteurs parce que lui-même a enseigné que « tout homme a besoin d’opposant pour bien accomplir sa mission » (voir par exemple conférence, Keur Dieumb 20 janvier 2018). L’objectif étant alors d’informer objectivement une partie non négligeable de la population sénégalaise qui aurait méconnu ou oublié la mission de l’un de ses plus grands serviteurs. Une mission d’enseignement, d’éducation des masses et d’éveil des consciences pour une société des valeurs. Cette mission a toujours été accomplie par de grandes personnalités de l’histoire ancienne et récente. Elle est héritée des prophètes en général et du Prophète Mohammed (Que la paix et la bénédiction de Dieu soit sur lui) en particulier. Qui se concentre sérieusement sur les conférences de Serigne Moustapha SY (sans se contenter des petites coupures larguées sur internet), comprend certainement que sa principale préoccupation est d’enseigner, d’éduquer et d’éveiller la conscience des populations sénégalaises pour une société tournée vers les valeurs essentielles. Le Responsable Moral des Moustarchidines wal moustarchidaty fait du Coran et de la sunna du prophète Mohammed ses sources fondamentales de référence. Sur cette base, outre le riche programme pédagogique qu’il fait bénéficier gracieusement aux membres du mouvement répartis sur pratiquement toutes les villes du Sénégal et tous les continents de ce monde, il a tenu depuis plus d’une trentaine d’années des centaines de conférences aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Sénégal. Que ce soit à l’occasion de la commémoration de la naissance du Prophète Mohammed ou celle d’autres manifestations scientifiques, culturelles ou même artistiques. Á cela s’ajoute l’institutionnalisation des Universités du Ramadan. Ce Temple du savoir se caractérise par le dialogue scientifique entretenu par des savants du Sénégal de tous horizons (qu’ils soient francophones ou arabophones). La mise en place de la chaine de Télévision Mourchid TV (la chaine des valeurs) s’inscrit également dans cette perspective d’éveil des consciences pour une société des valeurs. De plus, les ressources financières servant à organiser ces évènements proviennent certes des cotisations volontaires des membres du DMWM. Mais la plus importante charge financière est souvent supportée par Serigne Moustapha SY parce qu’il est aussi –rappelons-le- un opérateur économique. Le financement de l’État n’est jamais attendu. C’est ce qui explique que le Responsable Moral puisse avoir le courage et l’audace de dire la 2 vérité, d’enseigner et d’accomplir librement sa mission de défense des droits des individus et ceux du peuple souvent bafoués par les représentants politiques. Une mission de défense des droits des individus et ceux du peuple souvent bafoués par les représentants politiques. Résister à une oppression faite à un individu ou un peuple est une mission que l’on reconnaît à tous les grands hommes de tous les temps et de tous les espaces. Et, Serigne Moustapha SY ne fait pas exception à cette règle sociale. En effet, les philosophes des Lumières tels que Rousseau, Montesquieu ou Voltaire ont, de par leur science et leur engagement sans faille, éclairé toute l’Europe en se dressant contre l’absolutisme royal. Aussi, Aimé CÉSAIRE, Léopold Sédar SENGHOR et tant d’autres personnalités ont élevé la voix pour montrer que la personne humaine, quelle que soit la couleur de sa peau, n’a pas à être négligée mais elle doit être traitée dignement. Le même rôle a été joué par Martin Luther KING, auteur du célèbre discours « I have a dream » pour faire face à la discrimination raciale aux Etats-Unis d’Amérique. Nelson MANDELA est inscrit dans le même registre pour avoir lutté vaillamment contre le régime de l’apartheid en Afrique du Sud. C’est aussi le cas de Mahatma GANDHI qui se rebella, par la désobéissance civile, contre les injustices du pouvoir en Inde. Au Sénégal, le peuple a la chance et la fierté de connaître Cheikh Oumar Foutiyou TALL, Cheikh Ahmadou Bamba MBACKÉ, Cheikh El hadji Malick SY, Cheikh Ibrahima Niass et tant d’autres dignitaires engagés pour libérer le peuple à une époque marquée par la domination coloniale. Cette mission est aujourd’hui accomplie par d’autres personnalités sénégalaises à l’instar de Serigne Moustapha SY. Toute personne honnête peut lui reconnaître sa constance à faire face à tous les régimes politiques de son temps (de DIOUF à SALL en passant par WADE). Il a toujours joué son rôle de contre-pouvoir face à l’abus de pouvoir au prix même de sa liberté d’aller et venir (il fut emprisonné en 1993 pour des raisons politiques comme le fut son modèle Serigne Cheikh Tidiane SY en 1959). Une mission d’engagement dans la vie politique pour participer au développement de son pays. Participer à la vie politique de son pays devrait être le rôle de tout bon citoyen (enseignait en substance le philosophe grec Socrate). Cela fait partie de la mission de Serigne Moustapha SY. Connu au Sénégal comme un guide religieux, Serigne Moustapha SY (tout comme d’autres personnalités religieuses) peut être difficilement accepté dans le champ politique. D’où l’intérêt de rappeler aux compatriotes sénégalais que la fameuse séparation entre le Religieux et le Politique fait partie de l’héritage français mais n’est pas très adaptée aux réalités du Sénégal. Pour preuve, Christian COULON écrivait que : « [L]’islam maraboutique du Sénégal se présente bien comme un champ authentiquement politique […] Loin de pouvoir être considéré comme une « réserve ethnologique » ou « archaïque » il est associé depuis des siècles à l’histoire des peuples sénégalais. La colonisation et la décolonisation n’y ont rien changé » (Cf. Le marabout et le prince, éditions, A. pedone Paris, 1981, page 5). Cette observation scientifique est encore d’actualité et s’explique surtout par le fait que l’islam veut faire de tout individu un homme multidimensionnel. L’exemple du Prophète Salomon est à cet égard particulièrement éclairant (voir Coran, sourate 27 les fourmis). L’Histoire sainte a enseigné que la mission du Prophète Mohammed s’étendait aussi bien sur le domaine spirituel que sur le domaine temporel. De même, l’observation précitée de Christian COULON se justifie dans la réalité par beaucoup 3 d’exemples. Pour s’en convaincre, il suffit de se référer au livre d’Abdou Aziz MBACKÉ sur (Khidma : la vision politique de Cheikh Ahmadou Bamba, éditions Majalis 2010). Dans le même ordre d’idées, l’on peut rappeler l’engagement politique de Serigne Cheikh Tidiane SY qui, selon l’homme politique Amath DANSOKHO, avait remporté les élections de 1959 face à Léopold Sédar SENGHOR mais la confiscation des suffrages du peuple par le pouvoir en place ne lui a pas permis d’accéder au pouvoir (voir : extrait de l’émission toute la vérité sur Sentv, 1 février 2015, vidéo disponible sur Youtube). Cet homme multidimensionnel est le père et le modèle de Serigne Moustapha SY. Ce dernier a soutenu en vain beaucoup de dirigeants politiques. Le parti PUR dont il est le président a été créé en 1998 et a participé pour la première fois aux élections législatives de 2017 pour bénéficier d’un petit nombre de sièges à l’Assemblée nationale mais occupés par de grands responsables politiques. Serigne Moustapha SY se montre aujourd’hui plus que jamais engagé pour que ce parti serve de référence à l’élite politique sénégalaise. Compte tenu de tous ces éléments, il est permis de rappeler qu’au-delà du fait qu’il est le Responsable Moral du Dahiratoul Moustarchidine Wal Moustarchidaty et le Président du Parti de l’Unité et du Rassemblement, Serigne Moustapha SY peut, à juste titre, être considéré, à travers l’immense service qu’il rend au peuple sénégalais, comme un digne continuateur de la mission du Prophète Mohammed (Que la paix et la bénédiction de Dieu soit sur lui).

 

Docteur Alassane DIA

Commission Scolaire et Universitaire de France du Dahiratoul Moustarchidine Wal Moustarchidaty France

Contribution: Motion de soutien au Dr Hachem Diab El HADI

YERIMPOST.COM Votre blog publie ce cri d’indignation…

A la suite de l’article publié ce jour sur Seneweb, je prends aujourd’hui ma plume, pour m’indigner !

M’indigner de la situation d’un homme, victime d’une injustice et d’un acharnement sans nom, même après que la Cour Suprême de notre cher pays, au regard des preuves incontestables et de documents authentiques, a statué en sa faveur. Je veux nommer le Docteur Hachem DIAB EL HADI. Anesthésiste réanimateur à la clinique du Cap.

Je m’indigne car en tant que patiente de cette clinique depuis 1999, soignée par le Dr Hachemb Diab, le Dr Ali DIAB, gynécologue, mon Neurologue Mohamed DIAB (oui, une famille de Médecin comme il en existe chez les avocats, magistrats ou financiers) et ayant été en contact avec la plupart des médecins officiant dans cette clinique, qui de par le niveau de son plateau technique, peut être assimilé à un centre hospitalier (i.e dont la  mission est d’assurer toute la gamme des soins aigus en médecine, chirurgie et obstétrique ainsi que les soins de suite et de longue durée), je m’arroge aujourd’hui une légitimité pour dénoncer une situation qui met en péril une structure hospitalière de qualité, où l’on ne s’accapare pas du malade mais où l’on met tout en œuvre pour lui procurer les meilleurs soins par l’esprit de collégialité médicale qui y prévaut.

Plus encore, je m’insurge contre l’atteinte à la dignité et à l’honorabilité d’un homme dont la compétence est incontestable au regard de mon expérience en tant que patiente dans cette clinique.

Aujourd’hui, après 25 ans d’exercice de la médecine, on dénie au Dr Hachem DIAB sa spécialité d’anesthésiste réanimateur tout en lui reconnaissant son statut de médecin urgentiste !  Cherchez l’erreur !!!!

Par devoir ! je me dois de partager avec vous mon intime conviction corroborée que par des éléments factuels qui peuvent être teintés d’émotion certes, mais totalement objectifs.

Ce Médecin qui a sauvé mon mari d’une mort certaine, d’un neuro-palu aigu en 2005, qui a diagnostiqué un AVC ischémique à mon oncle en 2010 avec une prise en charge remarquable et un traitement tel, que le caillot de sang a pu se résorber en huit jours sans intervention chirurgicale,

Ce Médecin, qui en 2007 a détecté une broncho- pneumopathie à mon frère avec début de nécrose du poumon, qui a appelé ses confrères spécialistes pour le traiter (27 jours de d’hôpital) au point qu’il s’en est sorti indemne avec l’intégralité de son poumon,

Ce Médecin, qui a assisté à tous mes accouchements, parce que pratiquant une péridurale de haute facture,

Ce Médecin qui, au premier coup d’œil, a sauvé en 2014 la vie de mon fils d’une septicémie certaine à cause d’un staphylocoque facial mal diagnostiqué, alors que j’ai été baladée pendant trois éprouvants longs jours entre 2 professeurs et un dermatologue parce qu’ils pensaient tous que c’était un simple œdème !

Ce Médecin, disponible et réactif, dont l’engagement auprès des patients et la prise en charge est incontestable et sans faille.

C’est ce Médecin que je me fais le devoir de soutenir.

Sans complaisance, ma moralité et mon intégrité intellectuelle m’interdisant de me taire plus longtemps.

Alors, je m’indigne, m’inspirant de Stéphane HESSEL*[i] car l’indignation fait partie des valeurs de refus, refus de l’injustice, refus des abus de toutes sortes, parce qu’il nous appartient à tous de construire ensemble un pays fort, juste, avec un équilibre social tenant compte de nos différences, dans le plus strict respect de l’humanité et de la dignité de l’autre.

Pas un pays où nos acquis et nos droits peuvent être impunément remis en cause et confisqués.

Soyons solidaires, refusons les comportements déviants, les décisions iniques et la méchanceté gratuite.

En chacun de nous il y a un Dr Hachem DIAB, car chacun de nous, par la malfaisance d’un homme, pouvons nous faire prendre ce que nous avons passé une vie à construire.

Je dis au Dr Hachem DIAB de tenir bon et de se battre car la vérité prends toujours les escaliers quand le mensonge prend l’ascenseur.

Et, le droit sera dit, encore une fois, comme cela l’a déjà été quand l’honorable Cour Suprême a statué et a tranché la question pour vous rétablir dans vos droits.

[i] Indignez vous!

Moussa Taye écrit une lettre corrosive à Saliou Keita

A mon cher ami Saliou Keita

Cher ami,

Je t’envoie ce mot pour t’inviter comme c’est toujours le cas à l’occasion de nos rencontres à rester debout. Rester debout, c’est rester soi-même. C’est surtout, ne pas verser dans le zèle et la calomnie. J’en profite pour rappeler aussi une vérité pour que tous ces sbires, sauvageons et autres cerbères se calment.

A l’Alliance pour la république (APR), rares sont ceux qui connaissent véritablement l’origine et la nature des rapports entre Khalifa Sall et Macky Sall. Peut-être que les doyens Alioune Badara Cissé  et Mbaye Ndiaye en savent quelque chose. Idrissa Seck qui présenta à Khalifa « le jeune Macky, responsable de la CIS » bien avant 2000, en sait aussi quelque chose.

Macky Sall, en tant que Premier ministre et secrétaire général adjoint du Pds, connaît bien l’existence de cette caisse. Au plan formel. Il le connaît aussi en tant qu’opposant bien sûr pour avoir sollicité le maire pour diverses raisons.

Cher ami,

Ce n’est point un délit encore moins un déshonneur pour un homme politique de solliciter quelque soutien ou appui. Nous intercédons tous en faveur de camarades et de parents pour des bourses d’études, des prises en charge médicales, des financements de projets… Il n’y a aucun problème à ce niveau.

Tu parles de pays de droit. Je te précise que dans un Etat de droit, la présomption d’innocence est sacrée. Elle enveloppe le prévenu jusqu’au verdict DE FI NI TIF c’est-à-dire jusqu’à l’épuisement de toutes les voies de recours. Économiste de formation, tu devrais aussi pouvoir distinguer les deniers publics qui comportent des deniers étatiques et des deniers d’autres collectivités publiques. Mais enfin…

Mon cher ami,

Tu n’as pas bénéficié de la caisse d’avance. Certes ! Mais, tu as bénéficié d’un soutien plus important et plus réconfortant de la part de Khalifa Sall: le soutien moral et affectif. TMTC (toi-même tu sais)

Cher ami,

Nul régime n’est éternel. L’amitié elle, peut être éternelle si elle est fondée sur la vérité. C’est pourquoi, j’ai tenu sincèrement à te dire « ma vérité ».

Amicalement !

Moussa TAYE

Contribution: Réflexion sur la mort d’un énième Sénégalais en Mauritanie

SÉNÉGAL-MAURITANIE : MORT D’UN ENIÈME PÊCHEUR GUET-NDARIEN EN MAURITANIE

Quand les garde-côtes mauritaniens persistent et signent dans leur barbarie outrancière

Les rapports entre la Mauritanie et le Sénégal historiquement parlant s’arcboutent sous un soubassement d’ego n’étant rien d’autre qu’un sentiment esclavagiste avéré entre un maître étourdi et un esclave intelligent qui peine toujours à comprendre la mentalité du maître. Selon la mentalité et le vécu historique du mauritanien blanc, mu par un instinct dominateur, rien ne peut différencier l’esclave noir mauritanien au noir sénégalais d’autant plus que ces deux communautés partagent les mêmes noms et prénoms à consonance ouoloffophone ou puularophone. Le jeune Fallou SALL, vingt (ans) à peine, sera la victime de trop qui pèsera sur la balance des tracasseries qui ne datent pas d’aujourd’hui, elles sont séculaires depuis le royaume du trarza à l’origine des suicides collectifs des femmes de Nder. « Progressivement, nous avons été considérés, nous Africains, comme une marchandise, un objet de commerce. Mais cela n’a pas débuté avec l’arrivée des Blancs sur le continent. L’esclavage domestique était très répandu en Afrique. La différence tient au fait que « nos » esclaves n’étaient pas vendus. Seuls étaient cédés, en échange d’une contrepartie, ceux que l’on capturait à autrui. Car en vendant « nos » esclaves, on perdait le bénéfice de l’investissement dans leur éducation. Il ne faut pas non plus omettre les traites arabes, souvent occultées, pour se concentrer sur celles auxquelles les Occidentaux se sont livrés. » Abdarahmane Ngaïdé, professeur à l’Ucad, selon lui,  » L’esclavage est toujours d’actualité ». Le Sénégal est réputé être un pays de dialogue mais du temps du président Senghor, aucun des pays voisins qui nous provoquent et nous ridiculisent même aujourd’hui, n’osait lever le plus petit doigt. Modibo Keita président de l’ancienne et éphémère fédération du Mali en avait fait les frais, lui qui voulait liquider le Président Mamadou Dia par les soins du colonel Soumaré. Grâce à l’intelligence et le courage de Senghor, le coup d’Etat rampant aura été stoppé net sauvant ainsi le Sénégal et son peuple en l’éloignant définitivement des velléités dominatrices des soudanais.

LES MAURES : UNE COMMUNAUTÉ SANS TERRE ; POUR UNE TERRE SANS COMMUNAUTÉ :

Les quarante années de pouvoir du régime socialiste de Senghor à Abdou Diouf nous auront causé beaucoup de regrets et d’amertumes, consécutifs aux erreurs sur leurs choix politiques difficilement excusables. Celles-ci auront été à l’origine du cercle infernal dans lequel le peuple sénégalais continue à voguer à contrecourant sans jusqu’à présent voir le bout du tunnel. La ville de Saint-Louis bien avant notre indépendance ; a toujours abrité et hébergé le gouvernement provisoire mauritanien et sa station de radio qui émettait depuis Goxxu Mbacc dans la langue de barbarie. C’était une occasion inouïe pour Senghor et le Roi Hassan 2 de s’emparer de ce désert cinq fois et deux fois, respectivement plus vaste  que le Sénégal et la France et que 150 000 habitants allaient occuper. Notre pays a déjà beaucoup donné à ses voisins limitrophes notamment le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, le Mali et la Mauritanie. Malheureusement, il n’aura rien reçu en retour. Son impôt de sang, ses mallettes d’argent, ses compétences en ressources humaines et son patrimoine foncier ont toujours profité à ses voisins. Depuis les années 1970 avec la guerre de libération du PAIGC (Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée Bissau et du Cap-Vert) avec le lourd tribut que le Sénégal aura payé, suite aux massacres de ndianao où furent tués beaucoup de militaires sénégalais, alors que des réfugiés se faisaient secourir et héberger sur une partie de son territoire la fameuse cité cap-verdienne. En Gambie, nous sommes en 1981, Kukoy Samba Sagna aidé par des puissances étrangères avait réussi à déstabiliser le régime de Dawda Kayraba Diawara ; mais grâce à la saga des miliaires sénégalais ; l’ordre républicain aura finalement été rétabli avec plusieurs pertes en vies humaines du côté sénégalais. Quelques mois après, la rébellion casamançaise allait être portée sur les fonts baptismaux contre toute attente ; soutenue qu’elle a été, par des pays voisins qu’on a toujours aidés et soutenus contre vents et marées et jusqu’au péril de nos braves fils jambaars, nous sommes le 31 décembre 1982. La Gambie avec Daouda Diawara d’abord qui nos fera porter l’estocade en nous trahissant en plein jour mettant ainsi fin à la confédération et jetant nos troupes en dehors de son territoire, nous sommes en 1994. Jammeh arrive et le renverse suite à un coup d’Etat et transforme ainsi la Gambie en base arrière de rebelles du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) contre le peuple sénégalais et sa forêt avec la destruction de centaines de milliers d’arbres en vingt années de règne. Son voisin de Bissau, abrite lui aussi des bases rebelles avec Ansoumana Mané. L’opération Gabou en 1998 avec l’intervention d’une force expéditionnaire brisera définitivement le bras armé de cette rébellion. Vingt ans après, Jammeh s’entête en défiant la communauté internationale en confisquant le verdict des urnes qui donneront vainqueurs l’opposant Adama Barro, nous sommes en 2017, une occasion inouïe que saisira le Sénégal à côté des forces de la Cedeao pour rétablir l’ordre républicain en faisant d’abord prêter serment le nouvel élu  Barro dans l’Ambassade de la Gambie à Dakar avant de le ramener en territoire gambien et le placer officiellement dans ses nouvelles fonctions de gardien de la Constitution gambienne. Qu’est-ce que le gouvernement de Diouf n’aurait-il pas fait pour protéger la personne du professeur Alpha Condé dans les périodes les plus sombres de l’apprentissage de la Guinée du président Lassana Konté. La même attitude que le Sénégal continue d’adopter avec Sellou Dalein Diallo. Pendant combien d’années la ville de Saint-Louis ; dont ses dignes fils pêcheurs Guet-Ndariens continuent à se faire canarder comme des pigeons par les garde-côtes mauritaniens qui finalement s’obstinent à en faire leur jeu favori comme si tuer un sénégalais représentait pour eux un trésor de guerre dont ils seraient fiers de brandir parce que fortement récompensés par les autorités mauritaniennes ; aura hébergé tout un gouvernement, un peuple qui n’avait ni terre, ni institution, encore moins une armée qui auront tout appris et assimilé chez nous. En 1989, le cri de cœur du Président Abdou Diouf avait surpris plus d’un. Lequel se résumait en une seule et unique phrase, sous forme de triptyque : « CËY SUMA XEEXOON ! » « Ah ! Si j’avais fait la guerre ! » Les renseignements généraux lui avaient déjà édifié sur l’armada d’armes chimiques que détenait Ould Taya avce la complicité de Saddam Hussein. Faudrait-il que tous ces pays ayant profité de l’hospitalité légendaire du Sénégal, deviennent subrepticement si amnésiques en osant appuyer sur la gâchette pour tuer des sénégalais. Qu’est-ce que le Sénégal pourrait-il attendre alors de ses voisins immédiats si ce ne sont que désolation, trahison et regrets.

 

LES IMPÉRATIFS D’UNE VRAIE POLITIQUE D’EMPLOI AU SÉNÉGAL

Ces assassinats répétés de jeunes sénégalais en Libye, au Maroc, et tout dernièrement en Mauritanie ; ne dédouaneront pas pour autant le gouvernement du Sénégal. L’opinion sénégalaise est en train de se poser des questions pour savoir où était la marine sénégalaise au moment où ces jeunes franchissaient l’espace maritime mauritanien. Un aveu d’impuissance de taille dans la mesure où un patrouilleur de la marine sénégalaise va désormais être déployé sur les lieux afin de mettre définitivement fin à ces dérives frontalières entre deux pays que l’histoire lie depuis des siècles. « Le ministre de l’Intérieur, à en croire l’Agence de presse sénégalaise, a indiqué que la présence de la marine sénégalaise a pour objectif de sécuriser les côtes sénégalaises afin que les pêcheurs sénégalais ne soient plus victimes des balles de garde-côtes mauritaniens ». Il y a 600000 sénégalais dont 50000 à Saint-Louis qui vivent de la pêche. Ces jeunes ne se retrouvent pas dans la politique de l’emploi du plan Sénégal émergent (PSE), leur seul et maigre espoir reste la mer qui n’a plus de poisson et sont contraints d’aller braver tous ces dangers auxquels ils sont conscients pour préserver leur dignité humaine d’existence et d’utilité sociale vis-à-vis de leurs familles, de leur environnement et de leur peuple. Qu’est-ce que ce Pse pourra faire pour résoudre le sort des nombreux jeunes sénégalais qui représentent 65% de la population et dont 70% parmi eux sont des analphabètes. Un tel cas de figure qui devrait motiver davantage les décideurs politiques à faire de l’école, de nos universités et instituts des cadres attrayants pour doper davantage les apprenants et motiver aussi les enseignants pour enrayer définitivement l’analphabétisme qui est un des principaux freins du sous-développement de l’Afrique. Face à toutes ces opportunités en ressources gazières et pétrolières et minières nos gouvernants n’ont d’autres choix prioritaires que dans l’éducation, la santé et la sécurité.

AU NOM DE LA BÊNÊDICTION DU PÊTROLE ET DU GAZ ENTRE DAKAR ET NOUAKCHOTT

Le Sénégal a tout intérêt à gérer ces provocations de son voisin frontalier, la Mauritanie. Quelque puisse être le degré de la douleur, restons calmes et soyons à la hauteur de tout ça, car le pétrole et le gaz sont là et les multinationales ; tapis dans l’ombre ; ont tout intérêt à tirer sur la ficelle pour soutirer le maximum de ces réserves estimées à des milliards de barils/jour. Les deux peuples finiront par se retrouver sous peu car condamnés à vivre ensemble. D’ailleurs, les huit pêcheurs retenus en Mauritanie, ont finalement été libérés suite à des négociations.

Les négociations entre Dakar et Nouakchott pour l’exploitation des gisements de gaz découverts de part et d’autre de la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, sont déjà ouvertes à l’hôtel King Fahd au mois de mai dernier. Selon Le Témoin qui donne l’information dans son édition de ce jeudi, les deux parties, sous la supervision de l’américain Kosmos, sont toujours animées d’une volonté d’œuvrer ensemble pour l’exploitation maximale du gaz au profit des deux pays. Mais, indique le journal, les discussions coincent dans le choix du pays devant accueillir les installations d’exploitation des gisements. Pour ne pas disperser ses ressources, Kosmos doit choisir entre le Sénégal et la Mauritanie. Un choix cornélien, admet le directeur de Petrosen, Mamadou Faye, qui dirige l’équipe des négociateurs sénégalais.

LA PÊCHE, UNE ACTIVITÉ JADIS FLORISSANTE À SAINT-LOUIS

Saint-Louis connaît deux types de pêche, la pêche maritime sur l’océan atlantique et la pêche  continentale pratiquée sur le fleuve Sénégal, les lacs et bras de fleuve La zone côtière est bien fournie en espèces pélagiques et de fonds de grande valeur commerciale. La pêche maritime pratiquée de manière artisanale de Saint-Louis à Gandiole, constitue une source de revenus et d’emplois importants. Elle occupe 13 000 pêcheurs et produit en 2000 plus de 33 727 tonnes de poisson d’une valeur de 6 180 millions de FCFA. La pêche continentale est pratiquée sur les 600000 ha de surface d’eau, constitués par le fleuve. Cette activité connaît un déclin. Les mises à terre sont passées de 10 000 tonnes/an à seulement 5 287 en 1999. La plupart de ces pêcheurs se sont transformés en agriculteurs. L’activité de transformation des produits halieutiques est une exclusivité des femmes de la langue de barbarie, du quartier de Sor Diagne et du Gandiolais. Plus de 2 000 femmes pratiquent cette activité. Les produits transformés atteignent 1503 tonnes pour une valeur commerciale de 539,6 millions de FCFA.

 

Soigner son image de marque à travers sa diplomatie jusqu’au péril de la vie de ses citoyens ; est la pire des panacées auxquelles un Etat accepterait pour mieux s’illustrer. Un citoyen sénégalais vaut plus que de l’or, il se doit d’être protégé partout où il se trouve. Malheureusement, des cadavres de sénégalais nous viennent de partout : Libye, Etats-Unis, Italie, Maroc, Mauritanie, Russie, entre autres. Si on ne peut pas leur garantir du travail chez eux, au moins garantissons-leur le droit à la vie et celui de pouvoir voyager dans la légalité en leur allégeant toutes les procédures administratives souvent trop contraignantes. Les défis auxquels nous ferons face sous peu, appellent à une adoption d’une démarche intelligente avec nos voisins dont la Mauritanie avec qui nous partageons des gisements de gaz découverts de part et d’autre de la frontière. Mettons de côté nos égos et dépassionnons le débat pour nous tourner vers l’essentiel tout en restant très fermes. La seule façon d’éviter la malédiction du pétrole et du gaz est de mettre en pole position une politique culturelle à travers le brassage des peuples séparés par des tracées de lignes imaginaires qui ne résisteront pas longtemps face à la volonté de réunification de ces peuples liés par l’histoire et par le sang. 1989 n’est pas si lointain avec ce pari réussi du peuple allemand qui a fait tomber le mur de Berlin pour se retrouver ensemble. A cette même période ; les peuples sénégalais et mauritaniens s’entretuaient exacerbant ainsi la haine et des clivages ethniques sans précèdent. Quel paradoxe ! Alors pourquoi pas nous les africains, ne serions-nous pas capables de réussir ce que les allemands ont déjà si bien réussi? En espérant que la conférence internationale de reconstitution de fonds du Partenariat mondial pour l’éducation ; dont les fonds s’élèvent à plus de mille milliards de francs cfa ; puisse servir de déclic à nos dirigeants africains à se forger une nouvelle prise de conscience pour donner la chance à ces millions d’adolescents bravant inconsciemment les caprices des océans et des déserts à la quête d’une vie meilleure pour un seul objectif de survie; à pouvoir bénéficier d’une bonne éducation dans des écoles sans abris provisoires ; avec des enseignants motivés mais surtout consciencieux.

Ndiapaly Guéye

 

 

 

Le système éducatif mouride: Réponse a Macron et Rihanna (Mohamadou Manel Fall)

L’aveu est sorti des Médias français qui commentant la visite de Macron au Sénégal affirment que la principale raison de ces financements à grande pompe est d’anticiper sur l’initiation de nos Enfants qui livraient à eux même sans le contrôle du paternel Français deviendront des Intellectuels Musulmans allant même jusqu’à comparer le Sénégal à un potentiel Afghanistan avec une population neuf dixième islamique. Tout cela sous l’égide de leur hôte le Président Macky Sall qui dans son discours a bel et bien montré à l’observateur neutre son aval dans ce processus néo-colonisateur en ces mots « Financer l’éducation, c’est semer dans chaque enfant les germes de la dignité humaine, c’est contribuer à forger en lui la capacité de discernement qui élève et éclaire l’esprit, et rend la conscience moins vulnérable à la manipulation. »
Ces termes inférieurs, laconiques et avilissants employés par le Président de la République du Sénégal démontre une volonté manifeste de civiliser nos chérubins à l’enseigne du Colon qui a toujours nié notre Culture et notre humanisme allant même en nous envoyer à côté de leurs explorateurs des missionnaires qui ont eu pour vocation première nous repeupler culturellement. L’histoire nous fera pas mentir…..

Maintenant la lancinante question qui doit se poser face à ces percusseurs du nouvel Ordre Mondial c’est celle qui consiste à se demander quelles sont les mesures d’accompagnements qu’il faut mettre en place pour contrecarrer leur plan qui on le dise ou qu’on le taise n’a qu’une seule finalité, combattre l’Islam….?! Mais aussi et surtout ne pas répondre que par une simple négation comme savent si bien le faire les Senegalais, il faudra au niveau de la Famille où l’on transmet a l’enfant dès son plus jeune âge , le langage, les codes sociaux, les valeurs et les normes veiller a une certaine acculturation et un suivi rigoureux sur ses fréquentations et son savoir vivre. Car de l’autre côté Durkheim un des leurs affirma que « l’Ecole permet de dépasser les Limites de la famille; celle ci étant trop douce, trop instable pour permettre l’apprentissage des règles morales abstraites ce qui rend nécessaire l’intervention complétude l’école »…. Quel sournoisement!

Heureusement bien des années avant Cheikh Ahmadou Bamba Khadimoul Rassoul Serviteur du Prophète avait répondu oui a ce même colon blanc pour une instauration d’une école française en plein Baol avec la seule condition que l’éducation française soit talonnée par une éducation religieuse à base de Tarbiya ou est née la première École Franco-Arabe. L’idée est d’accepter la langue française et les outils de compétitions dans les Nouvelles économies complexes de manière à revaloriser nos ressources humaines mais le système éducatif doit être calqué sous nos valeurs traditionnelles religieuses et ou culturelles.

Que chacun s’y met car la réussite individuelle et la réussite nationale sont inséparables.
Le Khalif de Touba Serigne Mountakha Bachir Qu’Allah lui assiste dans sa mission vient de donner en présence des Oulémas un signal fort pour la mise en place d’un système éducatif mouride prompt à résoudre de manière définitive cette question d’urgence.

Mohamadou Manel Fall
Politiquementmouride@gmail.com

Contribution: Macky et les critiques (Par Papa Modou Gueye)

Je reste convaincu comme Pither, que quand on sort de son domaine de compétence, on devient nul ! Et c’est le cas, on n’a pas d’arguments. Et quant on n’a pas d’arguments on n’aime pas les critiques… Les esprits et les plumes les plus futés sont transformés en maris et dames de compagnies du couple présidentiel….

 

Tout commence avec le brillantissime journaliste Abdou Latif Coulibalily, le plus féroce critique de Wade. On se rappelle de son fameux livre, comptes et mécomptes de l’ANOCI. Elu Président, Macky l’extirpe de la coalition Bennoo et fait de lui son Ministre de la bonne gouvernance. Plume critique mis sous silence. Le Président remplace ensuite son fauteuil par un Canapé présidentiel, Niass à droite, Tanor à gauche et Président au milieu. Critiques expérimentés mis à coté. Idy Seck préférant s’opposer avec ses vœux suspendus de cinquième président au lieu de rejoindre le canapé, quitte la coalition et sort de cette idée : « gagner ensemble et gouverner ensemble ». Macky tourne vers Oumar Gueye, le maintient au gouvernement comme Ministre de l’économie maritime. Critique rewmiste de Sangalkam casé. Puis, le patron du jeune parti APR profite des vœux de Niass de devenir Président, et lui taille sur-mesure la présidence de l’assemblée. Critique Gakou évincé. L’AFP est donc phagocytée par le Macky avec les ambitions du Senghorien.

Macky reste sur les fils et petits fils  du Président Senghor, après le patron de Keur Madiabel, le parti du poète président est dans le collimateur. Ne pouvant pas procéder comme avec AFP, car c’est le premier parti du Sénégal qu’il s’agit. « Diviser pour mieux reigner » devient l’arme fatale pour le Macky à la place de « Patrie avant le parti ». Ancien président du parti et du pays, Diouf est choisi comme parrain par le Macky à la place de Wade qui a été quand même un bon père, et a un peut tout fait pour son disciple et fils. Le nom de Diouf Abdou est ainsi gravé sur le mur principal du plus grand centre de conférence de l’Afrique de l’ouest de Diamniadio. Critique Diouf socialiste parrainé. Le PS résiste et Macky persiste. Le palais crée le ministère de la ville et du cadre de vie, Diéne Farba tacle Khalifa et les Maires de Taxawu Dakar. La guerre est rude…très longue… Ndoye maire de plateau cède. Le problème de caisse d’avance est soulevé, Khalifa tombe dans le piège et atterri finalement à Reubeuss. Critique Khalifa incarcéré. Au moment ou son mentor Tanor, suce son tanggal bien écrémé des centaines de milliards de budget avec ses conseillés territoriaux. Le porte parole wilane, Aminata élevage, Serigne mbaye éducation consomme la rupture et suivent le vieux Tanor. Bartelemy, Bamba et les autres continuent la guerre avec l’appui du PDS et du Rewmi de Idrissa.

 

Le fils Wade est gracié, mais n’aura pas la possibilité de critiquer à partir de la maison du père au point E. Il regrette d’ailleurs ne même pas avoir la possibilité de venir présenter ses condoléances à la famille mouride, suite au rappel à dieu de son marabout et Khalif général. Critique Wade envoyé en exil.

Sonko, expert des impôts et des domaines, leader de PASTEEF, se retrouve sous le feu des projecteurs, devient le chouchou des médias de par ses pics. Jeune critique des patriotes radié de la fonction publique.

Et si vous laissez vous critiquer Monsieur le président ? Il y va même de l’intérêt du Sénégal et de votre PSE…

 

 

Papa Modou Gueye

 

 

 

 

Contribution: Un mensonge d’Etat imbu par le complexe (Cheikh Ibrahima Lô)

YERIMPOST.COM Votre blog vous fait lire cette contribution…

La Visite de Macron a était plus comique qu’instructif vis-à-vis d’un prétexte de sommet pour l’éducation. Où est l’honnêteté sénégalaise, où est la dignité gouvernementale ! Au mon œil ! « Seuls les enfants et les fous disent la vérité » ou encore « la vérité sort de la bouche des enfants ». L’Etat du Sénégal en voulant draguer ou séduire Marianne, a gauchement oublié de pendre en compte l’innocence et la spontanéité de l’enfant qui ne peut pas y aller par quatre chemins pour dire la vérité aussi froide qu’elle puisse être. Quand un gouvernement se fait rabattre le caquet c’est tout son peuple qu’il porte préjudice à juste titre.

Pourquoi vouloir embellir ce système qui croupisse sous le poids de la défaillance depuis longtemps ? Pourquoi ne pas montrer véritablement la plaie dès l’instant qu’on déclare la pathologie auprès d’un prétendu médecin colonial ? Même moi qui ne connais rien des rouages d’un Etat sais qu’il y des services secrets qui se renseignent au préalable sur les questions de la visite avant la venue d’un quelconque chef d’Etat. Cette erreur est une bourde qui n’honore pas le Sénégal. Et en même temps une télévision française a montré à ses compatriotes une vraie image froide aux yeux en l’occurrence l’enseignant du village de Diamatil qui se débrouille avec ces élèves dans une classe de fortune faite de paille qui n’ont que des morceaux de briques pour poser les fesses. Evidement Macron a raison de poser la question : « depuis quand vous êtes 28 dans la classe ?». Pourquoi mobiliser des fonds pour une éducation où tout est « rose » ? Macron aimerait certainement visiter les « abris provisoires » pour pouvoir convaincre les bailleurs de l’urgence qu’est l’éducation en Afrique.

D’ailleurs, je suis contre la façon dont on finance notre éducation : c’est une honte. Ils nous obligent (les Occidentaux) à épouser leur pensée, leur vision et par conséquent à les suivre sur toute les directions. Le budget du Sénégal peut supporter notre enseignement et c’est d’ailleurs mieux pour nos enfants et pour le pays. Et dans les autres secteurs de développement si les ressources ne le permettent pas, nous pouvons faire recours en ce moment à des partenariats honorables. L’éducation est l’âme d’une nation, donc il est du devoir de l’Etat d’examiner et d’étudier en profondeur tous les desseins des acteurs extérieurs (bayeurs) pour éventuellement éviter des conséquences sur la culture, l’éthique et l’économie ultérieurement. En effet,  la main de la France dans le financement de notre éducation ne me rassure guère : la conséquence, que des francenabés au pouvoir ! Denis Bouche,  une ancienne historienne de la colonisation française disait que : « la France ne demande pas qu’on lui procure en série des contrefaçons d’Européens… Faites que chaque enfant né sous votre drapeau tout en restant homme de son continent, de son île, de sa nature soit un vrai Français de langue, d’esprit, de vocation ! » . Si tel est fait à quand nous allons nous séparer totalement du joug de la colonisation ? En plus, le Président Senghor malgré tout, a décrit que « la colonisation est plus que la domination d’un individu par un autre, d’un peuple par un autre ; c’est la domination d’une civilisation par une autre ; la destruction des valeurs originales par des valeurs étrangères ». Donc à ce rythme, nous seront un territoire de sénégalais et un pays d’une autre culture qui épouserait des idées forcément étrangères.

Oui nous nous battrons, il y aura toujours dans la vie des récalcitrants qui n’accepteront jamais que les valeurs cardinales et originelles de la Nation ne soient pas bafouées. Résistants nous le sommes et il est intolérable qu’on tente par tous les moyens de nous faire avaler les idées nébuleuses d’un petit groupe dont la seule façon première de le combattre, est de leur priver de buzz.

Dr Cheikh Ibrahima LO

cibrahimalo@gmail.com

Affaire Khalifa Sall: La notion de faux et usage de faux (Par Mamadou Abdoulaye SOW)

Le délit de faux et d’usage de faux suppose pour être constitué que soit établi le caractère probatoire des documents argués de faux : tel n’est pas le cas des factures fictives et des faux procès-verbaux de réception de la caisse d’avance de la ville de Dakar

 

Par Mamadou Abdoulaye SOW

Inspecteur principal du Trésor à la retraite

Courriel : mamabdousow@yahoo.fr

 

« Le pouvoir est éphémère, la justice est éternelle » (Wole Soyinka)

 

Dans la présente publication, nous allons essayer de répondre à la question suivante : la fabrication d’une facture fictive ou d’une fausse facture et l’établissement d’un faux procès-verbal de réception constituent-ils des faux pénalement répréhensibles au sens des articles 135 à 138 du Code pénal ?

Nous examinerons la notion de document dans le faux en écriture (I), les factures fictives/fausses factures en rapport avec la qualification pénale de fabrication de faux en écriture de commerce (II) et les faux procès-verbaux de réception face au délit de faux commis dans un document administratif (III).

 

  1. La notion de document dans le faux en écriture

 

Le faux est un délit qui peut être commis en écriture publique et authentique, en écriture de commerce ou de banque et en écriture privée dans les feuilles de route et dans les documents administratifs. D’après l’article 130 du Code pénal (CP), le faux matériel se commet :

– par fausses signatures,

– par altération des actes, écritures ou signatures,

– par supposition de personnes,

– par des écritures faites ou intercalées sur des registres ou d’autres actes publics, depuis leur confection ou clôture.

On remarque que l’article 130 du CP procède par énumérations sans donner la définition du faux en écriture publique et authentique. Par ailleurs, ledit article ne fait pas la distinction entre les faux. C’est l’article 131 qui distingue les faux qui dénaturent la substance ou les circonstances « soit en écrivant des conventions autres que celles qui auraient été tracées ou dictées par les parties, soit en constatant comme vrais des faits faux, ou comme avoués des faits qui ne l’étaient pas ».

 

Comme on le sait, « le droit pénal sénégalais est un droit d’emprunt »[1]. Ainsi, l’article 130 de notre Code pénal en vigueur n’est qu’une reprise de l’article 145 de l’ancien Code pénal français de 1810. Il se trouve  que sous l’empire du Code pénal français de 1810, « la théorie du faux (était) indissociable du système probatoire » et « ce lien a été affirmé avec force par la doctrine, notamment en la personne de Garraud selon lequel « l’objet du faux punissable, c’est la falsification ou l’altération d’un écrit destiné à servir de titre pour l’acquisition, la transmission, la constatation d’un droit, d’un état, d’une qualité », le même auteur soulignant alors que « tout faux en écriture suppose l’altération d’un écrit, pouvant faire naitre une conviction contraire chez les personnes auxquelles il sera présenté, c’est-à-dire pouvant servir de preuve ».[2]

Dans un arrêt récent n° 3076 daté du 2 septembre 2014 (13-83.698), la Chambre criminelle de la Cour de cassation française confirme que « l’infraction de faux et d’usage de faux suppose pour être constituée que soit établi le caractère probatoire des documents falsifiés … »[3].

 

  1. Donnedieu de Vabres dans un article intitulé « La notion de document dans le faux en écritures. Examen critique du système constructif français » (Revue de Science criminelle, 1940, pages 157-181) soulignait : « C’est un problème important et délicat de l’heure actuelle que celui de savoir sous quelles conditions, à partir de quel stade l’altération de la vérité expose son auteur à la répression. Il s’agit de départager, vis -vis d’elle, la morale et le droit pénal ». L’auteur cité (p.158) s’interrogeait sur la notion du faux en écritures et « plus précisément : quels caractères juridiques doit revêtir un écrit, pour pouvoir être l’objet d’un faux punissable ? « Que faut-il entendre par document, en matière de faux, se demandait-il ? » A son avis, la définition du document, considéré comme un écrit susceptible d’être l’objet d’un faux, est nécessaire « si l’on veut bien admettre qu’il est impossible de soumettre à la répression tous les mensonges écrits » (op.cit. p.159). Il poursuit (p.162) : « la falsification d’un écrit qui ne prouve rien, ou, plus exactement encore, qui ne prouve aucun fait extérieur à lui, qui n’établit que sa propre existence (…) ne peut nuire à personne ». Partant de là, H. Donnedieu de Vabres (p.163) pense que « seul un « document d’origine » » (…) à l’exclusion du « document de hasard », peut être l’objet d’un faux».

 

Quand on sait que notre loi pénale de 1965 maintient à ce jour des dispositions héritées du Code pénal français de 1810, on peut considérer que les propos de H. Donnedieu de Vabres, professeur de l’époque à la Faculté de droit de Paris, sont toujours d’actualité. Au lieu de laisser les questions soulevées plus haut au jugement arbitraire des tribunaux, il nous semble important que des réflexions approfondies soient menées par les spécialistes du droit pénal en vue d’amener le juge du droit voire le législateur du Code pénal à apporter des précisions sur la délimitation des qualifications de faux.

 

Voyons maintenant ce qui se passe quant à l’appui d’un mandat de paiement d’une collectivité territoriale, il est joint des factures fictives/de fausses factures ainsi que de faux procès-verbaux qui n’émanent pas d’un tiers.

 

  1. Les factures fictives/ fausses factures face au délit de faux en écriture de commerce

 

Les écritures publiques et authentiques visées aux articles 130 à 133 du CP doivent être nécessairement des documents d’origine. Mais, il n’en est pas de même pour les écritures de commerce visées à l’article 135 qui renvoie à l’une des manières énumérées à l’article 132 du CP sur l’écriture publique et authentique.

 

Les différents modes de perpétration du faux en écriture de commerce

Comme procédés du faux, l’article 132, qui vise exclusivement les faux commis dans des actes publics et authentiques par toutes autres personnes que le fonctionnaire ou l’officier public chargé de la rédaction de ces actes, énumère quatre modes d’exécution du faux matériel :

– la contrefaçon ou l’altération d’écritures ou de signatures,

– la fabrication de conventions, dispositions, obligations ou décharges,

– l’insertion de conventions, dispositions, obligations ou décharges

– l’addition ou l’altération de clauses, de déclarations ou de faits, que les actes avaient pour objet de recevoir et de constater.

Dans l’expression « contrefaçon ou altération d’écritures ou de signatures », on peut se demander si le substantif contrefaçon se rapporte à écritures et à signatures ou uniquement à écritures et si le mot altération se réfère à écritures et à signatures.

Si on s’inspire des dispositions du troisième alinéa de l’article 132 : «  fabrication de conventions, dispositions, obligations ou décharges » et du quatrième alinéa du même article 132 : « addition ou  altération de clauses, de déclarations ou de faits que ces actes avaient pour objet de recevoir et de constater », la qualification de faux s’étendrait à l’altération de la vérité entachant toute clause faisant partie de la substance d’un acte, soit en vertu de l’accord des parties , soit en vertu de la loi  » (cf. H. Donnedieu de Vabres, p.172).

 

La facture n’est pas un titre juridique au regard de la comptabilité générale de l’Etat et des collectivités locales.

D’après Jamel Djoudi (dans « Les fausses factures et le délit de faux, Revue de Science criminelle, 1996, p.357), « le titre est, au sens pénal, tout écrit (…) qui, soit, par son caractère, soit par son contenu, est destiné à prouver un fait susceptible de conséquences juridiques ».[4]

Selon Marc Segonds (Cf. Jurisclasseur Pénal Code Fasc.20 : FAUX), citant Jamel Djoudi, lorsque « la facture, en elle-même, n’est pas dotée d’aucune force probante … elle ne constitue qu’une « allégation » ». Ce que confirme l’arrêt précité du 2 septembre 2014 de la Cour de cassation française : « ne revêtent aucune valeur probante les documents établis unilatéralement et constituant une simple allégation ».

 

La Cour de cassation en France confirme que « les factures ne constituant que des déclarations unilatérales soumises à vérification, ne peuvent en elles-mêmes avoir un effet probatoire et donc être susceptibles d’un faux. Toutefois, elles peuvent acquérir une valeur probante lorsqu’elles sont passées en comptabilité et leur falsification tombe alors sous le coup de (la loi pénale) » (Cass crim., 05 avril 1993).

De son coté, Claude Ducouloux Favard (Cf. « Surfacturations et factures fictives face aux délits de fabrication et d’usage de faux en écriture » dans « La facturation de complaisance dans les entreprises (sous la dir de Christian Lopez et Nicole Stolowy) », L’Harmattan,2001, pp.98-99), considère qu’« un titre juridique est un document servant à établir la preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences juridiques ». Il poursuit : « C’est donc la force de la preuve d’un droit plus que la forme du support qui fait qu’un document est ou non un titre juridique, susceptible de falsification ». Selon le même auteur (p.99), une très vielle jurisprudence française (Cass. Crim. 4 novembre 1847, Dalloz périodique), confirmée par l’arrêt de la Cour de cassation du 28 mai 1962 et celui du 12 décembre 1977, retient que « la facture ne peut établir un droit à l’égard de celui qui en est l’auteur et qu’en conséquence un tel document ne peut être falsifié au regard du droit pénal ; il ne peut être autre chose qu’une simple déclaration mensongère unilatérale non sanctionnable pénalement ». Cependant il précise que « cette jurisprudence n’empêche pas que les circonstances, appréciées souverainement par le juge du fond, peuvent donner à la facture force de preuve ».

 

La distinction entre la fausse facture et la facture fictive

Au dernier paragraphe de la page 11 de l’ordonnance de renvoi rendue par le juge d’instruction dans l’affaire de la caisse d’avances de la ville de Dakar, il est fait référence à de fausses factures. Les factures arguées de faux sont-elles de fausses factures ou bien des factures fictives car  plus qu’une nuance, il y a une différence de nature entre la fausse facture et la facture fictive ; deux expressions qu’on regroupe sous le vocable de « facture de complaisance » comme le précise Christian Lopez (« Recherches et constatation des infractions par les administrations financière » publié dans « « La facturation de complaisance dans les entreprises (sous la direction de Christian Lopez et Nicole Stolowy, L’Harmattan,2001,p.17).

 

Comme l’indique Claude Ducouloux Favard (pp.100-101), il existe deux cas de falsification des factures à relever « en ce qu’ils présentent tous deux quelques difficultés à prouver l’altération du document. Il s’agit des factures fictives et des surfacturations ».

(À propos de surfacturation, on peut se demander quelle différence, y a-t-il entre un agent public qui confectionne une facture fictive et un avocat qui surfacture à l’Etat des honoraires ?).

S’agissant de la fabrication d’une facture fictive, on se retrouve confronté à un cas exceptionnel en raison du fait que la présentation des factures est faite en l’absence d’intervention d’un tiers.

Selon Claude Ducouloux Favard (page 101), « en matière de factures fictives, c’est tout le document qui est faux. C’est donc la cause, ou plutôt l’absence de cause ou la fausse cause, qu’il faut chercher à établir. De cette preuve découle nécessairement le caractère fictif, donc faux de la facture. Mais cette preuve suppose d’avoir décelé le montage frauduleux … » ; « … mais le montage dans lequel s’insèrent les factures fictives n’a pas nécessairement un but frauduleux ».

 

En résumé, selon Marc Segonds précité, « il faut prendre soin de ne pas confondre l’acte établi unilatéralement par l’agent et soumis à discussion et à vérification auquel la qualification de faux ne peut être appliquée parce que constitutif d’un document représentatif- et l’acte susceptible de constituer la pièce justificative d’une comptabilité auquel la qualification de faux est parfaitement applicable, parce que constitutif d’un document justificatif ».

(…) la ligne de partage doit être soigneusement tracée notamment en présence d’une facture porteuse d’une altération de la vérité »[5].

 

La question fondamentale à trancher par les juges de fond de l’affaire de la caisse d’avances est la suivante :  les factures fictives de la caisse d’avance sont-elles dotées d’une force probante. Autrement dit, ces factures ont-elles servi comme pièces justifiant des mouvements comptables en matière de comptabilité publique ? Nous répondons négativement : la facture n’étant pas un document justificatif d’une écriture comptable en matière de dépenses publiques.

De la manière dont est articulé le mode justification de la caisse d’avances, on constate que la présentation des factures fictives ne fait pas corps avec celle des mandats de paiement.

Dans le fonctionnement de la caisse d’avances, il est constant que les mandats de paiement sont

établis au nom du gérant de la caisse, et appuyés par des factures au nom du GIE. Or, la bonne règle en matière de dépenses publiques exige une correspondance entre les énonciations figurant sur un mandat (notamment le nom du créancier) et celles portées sur les factures jointes au mandat de paiement. Dans le cas d’espèce, la non concordance entre le nom du créancier figurant sur le mandat de paiement et les factures est de nature à s’interroger sur le mode de justification des opérations. Nous ne savons pas si le rapport de l’IGE en parle mais nous nous demandons si les vérificateurs de l’IGE ainsi que les enquêteurs de la DIC ont analysé la procédure d’exécution des dépenses de la caisse et s’ils se sont demandé pourquoi un mandat au nom du gérant et des factures au nom du GIE ? Si les mandats étaient émis au nom du GIE, on serait en face d’une manœuvre frauduleuse caractérisée.

Selon la jurisprudence issue de l’arrêt de la Cour de cassation française du 5 avril 1993, n° de pourvoi 92-82856, « constitue un faux en écriture de commerce, (pénalement punissable) le fait par une personne, tenue de justifier sur le plan comptable les mouvements de fonds effectués en vertu de son mandat, d’établir des pièces justificatives inexactes concernant les opérations correspondantes ».

 

En comptabilité générale de l’Etat et des collectivités territoriales, c’est le mandat de paiement non la facture qui vaut titre juridique. En d’autres termes, la facture n’est pas utilisée comme pièce comptable pour enregistrer des opérations dans la comptabilité générale de l’Etat ou dans celle des collectivités territoriales. Par ailleurs, on relève que l’ordonnance de renvoi du juge ne confirme pas que les factures fictives ont été employées comme pièces justificatives dans la comptabilité-matières de la ville de Dakar.

La qualification de faux ne devrait être retenue que dans l’hypothèse d’une altération de la vérité dans les mandats de paiement susceptibles de prouver l’existence de créances relatives à des livraisons non effectuées dont pourrait se prévaloir le GIE.

En résumé, l’article 135 du Code pénal ne devrait pas être invoqué à l’égard du faux matériel que constituent les factures fictives établies au nom du GIE et cela sans préjudice de la preuve à apporter sur l’existence d’un détournement de fonds publics (« le détournement étant, (selon Ndongo Fall), une interversion de la possession, (qui) doit donc entrainer une atteinte au patrimoine de la victime : il sera la cause d’un préjudice réel »[6].

 

A présent, interrogeons-nous, non sans marquer notre étonnement, sur le cas des deux agents Y.B et F.T inculpés d’usage de faux en écriture de commerce sur le fondement des articles 135 et 136 du Code pénal. L’intelligence distingue facilement que la fabrication du faux et l’usage du faux fabriqué sont deux actes différents ; une personne peut fabriquer un faux sans en être forcément l’utilisateur.

C’est pourquoi notre droit pénal retient que la fabrication de faux et l’usage de faux sont deux délits juridiquement autonomes. D’ailleurs, l’article 147 du CP n’est-il pas assez clair : « L’usage de faux n’est punissable que lorsque son auteur a sciemment utilisé la chose fausse ».

Dans le fonctionnement d’une caisse d’avance, la règlementation ne reconnait que l’ordonnateur, le comptable du Trésor et le régisseur comme acteurs ; comment Y.B et F.T ont-ils pu alors user de faux quand on sait que c’est l’enregistrement comptable qui marque l’usage de faux ; or, ces deux agents n’ont pas accès à la comptabilité générale de la ville.

Une jurisprudence française énonce clairement dans un arrêt du 19 septembre 1987 de la chambre criminelle que c’est la comptabilisation de la facture sans cause qui constitue le délit d’usage de faux.

En retenant dans l’ordonnance de renvoi l’incrimination d’usage de faux en écriture de commerce des deux agents Y.B et F.T, il est fait une fausse application de l’article 136 du CP.

Dans le même ordre d’idées et en ce qui concerne le délit de faux en écriture de commerce, l’incrimination de « fausses factures » pose un problème. En effet, « le délit de faux n’est constitué que si l’altération de la vérité porte sur un écrit qui est apte à établir la preuve d’un droit ou d’un fait entrainant des conséquences juridiques… » (Cass crim.7 septembre 1993, n° pourvoi 92-86786). Les deux agents n’ayant pas présenté des factures fictives pour se faire payer elles-mêmes des fournitures non livrées, l’infraction n’est pas consommée.  

En résumé, pour déclarer coupables de faux en écriture de commerce les deux agents, il fallait que les factures fictives qu’ils ont établies et qui ne correspondent à aucun service fait soient payées au nom du GIE. Comme précisé plus haut, en comptabilité publique, c’est le mandat qui constitue un titre juridique et non la facture.

 

 

  • Les faux procès-verbaux de réception à l’épreuve du faux commis dans un document administratif 

 

L’incrimination de faux dans un document administratif est prévue par l’article 137 du CP qui vise la contrefaçon, la falsification ou l’altération des documents délivrés par les administrations publiques. Le même article incrimine l’usage d’un document contrefait, falsifié ou altéré.

En se gardant de donner une liste exhaustive des catégories de documents administratifs, l’article 137 en énumère limitativement huit : permis, certificats, livrets, cartes, bulletins, récépissés, passeports, laissez-passer et y ajoute tous autres documents délivrés par les administrations publiques (évidemment susceptibles d’être l’objet d’un faux) sans en préciser le sens.

 

Quelle est la nature juridique du procès-verbal de réception ? En clair, le procès-verbal de réception est-il un document administratif au sens de l’article 137 du CP ?

De notre point, le procès -verbal de réception n’entre pas dans la catégorie des « autres documents délivrés par les administrations publiques ». Lorsque les rédacteurs de l’article 137 du CP parlent d’autres documents, il s’agit de documents délivrés par une autorité administrative de l’Etat ou des collectivités territoriales, etc… « en vue de constater un droit, une identité ou une qualité ou d’accorder une autorisation ».

En fait, pour qualifier un faux dans un document administratif, les trois conditions cumulatives ci-après doivent au moins être réunies, évidement en plus de la conscience de faire un faux :

– la contrefaçon, la falsification ou l’altération,

– la délivrance du document par une autorité administrative,

– le document est délivré pour constater un droit, une identité ou une qualité ou pour accorder une

autorisation.

 

De notre point de vue, les faux procès-verbaux de réception de la caisse d’avances n’ont pas été délivrés par les services financiers de la ville de Dakar en vue de constater un droit, une identité ou une qualité ou pour accorder une autorisation.

Un procès-verbal de réception n’est pas un document administratif qui est délivré aux citoyens qui en font la demande moyennant paiement. Il devrait être assimilé à un simple document « d’ordre purement interne sans aucune valeur probatoire » et à ce titre, il n’entre pas dans les documents administratifs visés par l’article 137 du CP.

A supposer même que le juge de fond fasse une interprétation extensive de la notion de document administratif (évidemment au sens de la loi pénale), si nous revenons sur l’intitulé du titre du paragraphe V (de la section première « du faux » du chapitre IV du Code pénal), voici ce qui est énoncé : « Des faux commis dans certains documents administratifs… ». L’emploi de la préposition « dans » (qui vient du latin deintus, au-dedans c’est-à-dire à l’intérieur) renvoie, de notre point de vue, à l’altération de la vérité dans un document d’origine. Ce qui fait dire à H. Donnedieu de Vabres précité (p.163) que « seul un « document d’origine » -…- à l’exclusion du « document de hasard », peut être l’objet d’un faux ». Prenant l’exemple du « document de hasard », le même auteur s’interroge : « Si l’on suppose que (ce procès -verbal) a été frauduleusement fabriqué … cette atteinte à la vérité dans un « document de hasard » constitue-t-elle un faux ? ».

La Cour de cassation française dans l’arrêt de sa chambre criminelle n° 3076 du 2 septembre 2014 (13-83.698) confirme : « Attendu que, selon (les articles 130 et 137 du Code pénal) ; il n’existe de faux commis dans un document administratif que si la pièce contrefaite ou altérée a pour objet, ou peut avoir pour effet, d’établir la preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences juridiques, et si elle est délivrée par une administration publique aux fins de constater un droit, une identité ou une qualité ou d’accorder une autorisation ».

Enfin, à relever dans le cas de la caisse d’avances que la fabrication des factures fictives et des faux procès-verbaux intervient toujours après la réception des deniers publics par le gérant lui-même ce qui veut dire que les faux documents n’ont pas servi comme titres pour ouvrir la caisse publique.

En résumé, il se pose la question de savoir si l’article 137 du CP peut être invoqué dans le cadre d’un faux procès-verbal de réception, qui, en réalité, n’est pas un document administratif que délivrent à des tiers les administrations publiques ?

 

En guise de conclusion générale. Certes, on doit reconnaitre que la fabrication de factures fictives/de fausses factures ou de faux procès-verbaux par le gérant de la caisse d’avances est une faute blâmable et plus précisément elle est une faute de gestion qui peut toutefois masquer un fait punissable par la loi pénale comme par exemple le délit d’escroquerie prévu et puni par l’article 379 du CP.

Pour reprendre la formule de Yvonne Muller, « la conclusion s’impose selon laquelle il ne suffit pas de constater que l’acte de gestion critiqué a été accompli à travers une fausse facture ou une facture fictive pour qualifier pleinement un (détournement de fonds publics) » et que « le principe de la légalité criminelle veut (…) qu’on ne peut saisir n’importe quelle faute sous n’importe quelle qualification pénale »[7].

Dans le procès pénal en cours, la question suivante demeure fondamentale : étant donné qu’en matière de comptabilité publique, c’est le mandat de paiement qui vaut titre juridique, la fabrication des factures fictives et des faux procès-verbaux de réception est-elle pénalement répréhensible ? Voilà une question sur laquelle les juges de fond saisis des chefs d’inculpation visés dans l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel devraient réfléchir avant de se forger « « une « intime conviction » (au sens de l’article 414 du Code de procédure pénale) sur le caractère probant des éléments factuels produits par le (ministère public), sans se contenter de reprendre à (leur) compte (la réquisition du procureur de la République et l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction dont le rôle est d’instruire à charge mais également à décharge conformément à l’article 178 du CPP) »[8] .

Comme le rappelle maitre Doudou Ndoye dans ses annotations sur l’article 414 du CPP, la conviction du juge « doit cependant et dans tous les cas être affirmée en des termes non équivoques et non en de simples probabilités » (« Code de procédure pénale du Sénégal annoté », EDJA,2012, p.171.).

 

 

Dakar, le 6 février 2018

                            

Lettre à Yerim Seck sur son appel au meurtre en Casamance (Malick Ndiaye)

YERIMPOST.COM Votre blog publie cette réflexion à laquelle CYS va répondre…

« Un grand capitaine soumet les armées sans combat » Sun Tzu, L’Art de la guerre

 

Cher Yerim,

 

Je ne vous connais pas autrement que par votre trajectoire et les réflexions éclairées dont vous faites bénéficier vos lecteurs depuis plusieurs années. Je sens obligé de vous écrire aujourd’hui à propos d’une sortie dont l’irresponsabilité et l’absence d’empathie m’ont sidéré. Je me permets donc de vous appeler à plus retenue dans vos analyses sur la crise casamançaise, car il me semble qu’avec votre rhétorique belliciste vous allez finir par rejoindre le camp des vautours et des fossoyeurs qui ont fait tant de mal à notre terre. Je ne vous prête pas d’intention maligne et je suppose que votre attitude de va-t-en guerre résulte davantage de l’ignorance du contexte et d’une culture sénégalaise bien condescendante et méprisante dès qu’il s’agit d’analyser la différence.

 

Puisque nous en sommes au « Faut-kon-Yaka », je commencerai par une proposition au moins aussi absurde que la vôtre. Seriez-vous prêt à vous engager personnellement pour aller combattre dans le maquis ou offrir à nos soldats votre expertise stratégique sur le terrain ? Vous me répondrez non évidemment, puisque vous n’avez pas les compétences militaires pour cela. Et je vous dirai alors que, justement que parce que vous n’avez pas les compétences militaires ou stratégiques pour parler de la militarisation de la Casamance, vous devriez peut-être laisser aux militaires le soin de parler armes et bombardements en Casamance. Gageons qu’aucun officier sénégalais digne de ce nom et conscient de sa mission ne vous suivrait dans vos élucubrations.

Je retiendrai donc en premier le manque de profondeur de votre réflexion, et c’est le moindre des griefs que je vous adresse. Vous m’avez donné l’impression de répercuter dans votre éditorial une discussion de comptoir avec un deuxième-classe prétentieux vous assurant que si les politiques leur laissaient le terrain ils règleraient le conflit. Je vous attendais sur un autre terrain. Celui d’une analyse basée sinon sur une connaissance historique du contexte casamançais, au moins sur une enquête sur place. Hélas !

En plus de vos propos farfelus, et c’est là le plus grave, je suis sidéré par votre cynisme. Les stratèges militaires que vous semblez admirer présentent tous l’option violente comme la dernière des extrémités. Comment osez-vous alors appeler de vos vœux une guerre qui en réalité a déjà constitué le quotidien des Casamançais pendant de longues décennies ? Où étiez-vous Monsieur Seck lors des batailles de Bambadinka, de Badem, de Youtou-Effok, de Babonda, de Kaguit… des noms à l’évocation si douloureuse dans la mémoire des Casamançais ? Pensez-vous sincèrement que la force a été omise dans cette région, l’une des rares de l’histoire du Sénégal à avoir été confiée à un gouverneur militaire et où la grande majorité des pertes humaines a justement eu lieu pendant ces années de guerre ? Savez-vous ce qu’ont enduré et endurent encore les populations du sud (les dégâts causés par les mines anti personnelles sont encore visibles) ? Y a-t-il ailleurs dans le Sénégal une telle présence militaire, autant de morts, d’estropiés, d’orphelins, tous victimes directes d’une guerre que vous semblez minimiser ? Avez-vous idée du niveau de contrôle que subissent ces populations (check-points à tous les axes routiers, contrôles d’identité) ? Je ne connais pas votre définition de l’état de guerre, mais ce que les Casamançais vivent depuis plus de trente ans n’en est pas loin. Et c’est une personne qui a payé le prix du sang en Casamance qui vous écrit.

Un peu de réflexion vous aurait évité de sortir autant d’inepties sous couvert de connaissance de l’histoire militaire. Monsieur, il ne suffit pas de redémarrer une guerre pour éradiquer une rébellion. Cela est faux. Surtout en Casamance. Faux, parce que ce que la Casamance est une géographie particulière. Faux, parce qu’une guerre suppose un ennemi visible et localisable, sauf si vous versez à votre compte des dommages collatéraux inestimables.  Faux, parce qu’une guerre éclair est impossible lorsqu’on ne maîtrise pas le théâtre d’opération et les systèmes d’alliances dans une région. Allez donc demander aux Américains en Afghanistan et au Vietnam. Et ce n’est pas faire injure à l’armée sénégalaise de dire qu’elle est loin d’avoir les mêmes moyens. Nous savons qu’aucune armée africaine n’a l’équipement et la logistique pour « nettoyer » une zone aussi hostile que la forêt de Casamance. Et vous avez tort de penser que les seuls soutiens du MFDC sont en Gambie. Enfin, votre point de vue est faux, parce que la violence politique est un cycle qu’une victoire sur le terrain ne referme pas nécessairement. Ne sous-estimez pas, Monsieur, les raisons qui poussent des hommes à renoncer à tout pour s’enterrer dans le maquis pendant des décennies. Ces hommes-là sont animés par autre chose que des raisons bassement matérielles, comme vous le sous-entendez. A tort ou à raison, ils ont la foi. Cela vous échappe peut-être, comme cela échappe à beaucoup de nos compatriotes.

Il y a une grande différence entre théoriser sur la guerre dans le confort de son canapé et la vivre. Vous vous targuez d’avoir couvert des conflits dans le monde et c’est ce qui forge votre conviction à appeler au meurtre des populations ? Je vous défie de démontrer dans quelle mesure l’option militaire a permis de mettre fin aux conflits libériens et angolais. Tout comme je vous défie de démontrer que la négociation a été privilégiée en Casamance au détriment de la solution armée pendant les décennies qu’a duré ce conflit. Oubliez-vous qu’au Libéria, un rebelle, Charles Taylor avait fini à la présidence ? Que la démobilisation des factions s’est faite sous l’égide de la Minul ? Combien d’années la guerre totale a-t-elle duré en Angola ? Voulez-vous encore un cycle de vingt ans de violence en Casamance ? Sérieusement, Monsieur Seck, quel est donc votre sens de l’histoire ?

Je vous citerai d’autres exemples que Liberia et à l’Angola que vous mentionnez avec, me semble-t-il, beaucoup de mauvaise foi en taisant les négociations parallèles et les interventions onusiennes. Je vous parie que de nombreux Syriens, Irakiens, Libyens ou Afghans, préfèrent leurs pays avant les interventions salutaires à ce qu’ils sont devenus après celles-ci. Plutôt que de citer à la cantonade et souvent hors contexte des auteurs célèbres je vous suggèrerais volontiers quelques lectures, à commencer par Machiavel dont je vous renvoie à la lecture du Discours sur la première décade de Tite Live. Parce que comprendre Machiavel, c’est aussi comprendre que la force n’a de sens qu’en tant que menace, surtout lorsqu’il s’agit pour l’Etat d’user de la violence interne. Je vous suggère des auteurs moins ardus et plus pragmatiques sur la question qui nous occupe : Jean-Claude Marut (Le conflit de Casamance), Oumar Diatta (Casamance, Essai sur le destin tumultueux d’une région), ou Xavier Diatta (La Crise Casamançaise racontée à mes enfants). Ils ont le mérite de s’appuyer sur une vraie recherche et une connaissance du terrain.

La solution à cette crise, si elle existe, est peut-être dans cet appel à la liberté d’expression que vous évoquez. Que dans le contexte sénégalais, même l’on considère cela comme un contresens, on puisse quand même souffrir qu’il y ait des voix réclamant l’autonomie de la Casamance. Parce qu’au nom de cette liberté que vous évoquez, le débat sur la Casamance doit pouvoir se faire avec des arguments et sans craintes de répression et de procès en sorcellerie. Tant que les Sénégalais tranquilles dans leur supériorité morale continueront à traiter de sauvages les indépendantistes, les conditions pour la paix ne seront pas réunies.

Je vous demanderai enfin, cher Yerim, si c’est par sadisme ou par ironie que vous avez exprimé votre « plaisir » de lire un éditorial qui appelle au massacre d’une « lumpen-army» qui constitue une grande partie de ce que vous appelez la rébellion. Ils ne portent pas les armes par cupidité, ils ne trafiquent pas du bois, ils ne cultivent pas de chanvre. Ils croient en quelque chose. Ils sont prêts à mourir pour leurs terres, leurs fétiches, leur sol. Et cela, cher Yerim, vous n ‘avez aucune idée de ce que cela représente.

 

MALICK NDIAYE

ehndiaye@gmail.com

Contribution: Sauver l’école publique (Abdou Fall) 

On est encore manifestement reparti pour une année scolaire et universitaire agitée. Les syndicats du moyen -secondaire et du supérieur reviennent à la charge pour exiger du gouvernement le respect des « accords conclus » avec comme option proclamée la radicalisation dans les luttes, et comme arme, le recours à la grève.

Personne ne s’y trompe. La logique est simple. 2018 est année pré-électorale. C’est le moment ou jamais de contraindre les pouvoirs publics à céder sur des revendications considérées comme majeures dans le secteur .

Le gouvernement, pour sa part, met en avant les efforts colossaux d’investissements réalisés dans l’enseignement et la formation, dans les carrières et dans la valorisation matérielle et financière de la fonction enseignante .

À dire vrai, personne ne peut contester les acquis de l’école Sénégalaise ces vingt dernières années. Et pourtant le secteur est toujours sous tension et déjà en ébullition avec des risques d’hypothèque sur l’année scolaire et universitaire si des issues ne sont rapidement trouvées pour substituer des démarches positives et sereines de co-responsabilité aux logiques conflictuelles qui, même payantes dans le court terme, présentent l’inconvénient majeur et non gratifiant de conforter dans l’opinion l’idée d’un corps social qui construit son confort sur l’autel de la réussite scolaire et universitaire des enfants et de la jeunesse.

Cette perception qui s’incruste de plus en plus dans la conscience populaire est d’autant plus déplorable que ni cette même opinion, ni l’état ne met en question la légitimité et le bien – fondé des revendications soulevées par les enseignants. Car au fond , ce qui est en jeu dans cette épreuve de force, ce n’est ni la justesse des problèmes soulevés, ni la volonté de leur trouver les solutions attendues ; c’est plutôt sur les échéances de prise en charge que buttent les parties .

La question fondamentale qui se pose à partir de là est de savoir si dans un monde aujourd’hui gouverné par le savoir où les chances de progrès des nations sont fondamentalement fonction des capacités qu’elles se donnent de former des cadres et travailleurs qualifiés, est ce que ceux qui ont choisi d’assurer cette mission ont le droit, pour quelque raison que ce soit, de priver élèves et étudiants d’une seule heure de cours ?

Cette question est d’autant plus essentielle qu’au moment où l’enfant Japonais, né dans un pays post-industriel, est soumis à un rythme scolaire de 1300 heures de cours par an entièrement dispensés dans sa langue maternelle, l’enfant Sénégalais ne bénéficie que de 900 heures de cours, et dans une langue étrangère dont l’apprentissage absorbe la moitié du temps de travail qu’il consacre à l’école élémentaire.

Si pour une raison ou une autre, ce quantum horaire dérisoire, avatar de notre passé de pays colonisé, venait encore à être réduite , en mesure-t-on toutes les conséquences en termes de réussite individuelle, de contribution au bien-être des familles, des communautés et de la société dans son ensemble ?

Chaque heure de cours perdue doit se mesurer en terme d’hypothèque sur la réussite scolaire, sociale et professionnelle du futur citoyen, bâtisseur de nation dont l’enseignant porte la responsabilité de contribuer à l’éducation et d’assurer la formation.

Cette mission mérite bien tous les sacrifices pour une société qui appréhende les enjeux du monde d’aujourd’hui, essentiellement fondé sur l’économie du savoir.

Sous ce rapport, la question du futur de notre nation est indissociable de la question du devenir de notre école, l’école publique en particulier pour la mission essentielle de démocratie sociale qu’elle a historiquement jouée dans notre pays ; et dont la valeur intrinsèque  se mesure dans sa capacité à fournir à notre société les moyens culturels, techniques et technologiques de son progrès et de son émancipation.

C’est pourquoi la communauté éducative est de nos jours interpellée dans toutes ses composantes, état , enseignants , société civile pour trouver , à tout prix , les moyens de mettre un terme à cette dialectique infernale, dévastatrice et contre-productive de conflits sans fin dans un secteur aussi stratégique pour le développement de notre pays , en particulier l’école publique qui a offert à chacun de nous la chance d’un statut , chance que nous avons le devoir moral de léguer à nos enfants et petits-enfants ,  à ceux en particulier  dont les parents n’ont pas les moyens d’une  alternative autre que la rue .

Pour nous qui avons été parmi les témoins privilégiés de l’évolution du système éducatif de notre pays, ces trente dernières années et des acteurs majeurs dans les luttes démocratiques et sociales pour l’accès universel à l’éducation et pour une fonction enseignante valorisée et digne de la mission qui est confiée par la société, personne n’est mieux placé que nous pour avoir la juste mesure de la longueur du chemin parcouru et de l’étendue des résultats obtenus.

Il y’a lieu toutefois d’accepter qu’entre-temps,  notre pays, notre société et le monde dans lequel nous vivons ont connu de bien profondes mutations dans les rapports aux pouvoirs. Les relations entre gouvernants et gouvernés, administrateurs et administrés, dirigeants et citoyens se structurent à travers de nouveaux paradigmes alors que les modes, modalités, instruments et règles de gestion n’ont pas été mis à jour , voire réinventés.

La modeste expérience qui a été la mienne dans la gouvernance d’un secteur social stratégique comme la santé m’a appris qu’il est aujourd’hui un impératif d’engager une réflexion sérieuse sur le mode de gestion politico-administratif de ces départements sur-syndicalisés et à très forte intensité d’employés de haut niveau de qualification.

Cette observation est encore plus actuelle dans le système éducation -formation- recherche où les personnels représentent plus des trois-quarts des effectifs de la fonction publique et dont les charges liées aux traitements absorbent la moitié des recettes fiscales du pays .

Si malgré tout , l’état reconnaît la légitimité et la justesse des revendications soulevées , nous avons là une base tout à fait raisonnable pour négocier dans la sérénité et dans un esprit de co-responsabilité .

Ne nous voilons pas la face. La charge et la complexité des défis à relever au quotidien dans des départements comme l’éducation et la santé sont incompatibles avec une gestion appropriée de crises sociales récurrentes dans ces secteurs stratégiques et névralgiques telles qu’elles s’expriment en permanence sur le champ syndical .

Au delà du gouvernement, il doit être du ressort des forces politiques et sociales liées à la majorité, compagnons démocratiques des décideurs politiques, d’engager un débat de fond sur les réformes en cours et sur les nouveaux organes politico-administratifs de gestion des réformes du système  scolaire et universitair, des carrières et des instruments de dialogue social et de négociations entre les parties.

Cette réflexion doit permettre de repenser les outils de gouvernance des secteurs à fort potentiel de conflits et d’arbitrages , en renforçant les pouvoirs et les moyens des organes existants de prévention, de gestion et de règlement des crises , tout en envisageant la création de nouveaux instruments politico-administratifs de co-gestion des réformes.

Les expériences  connues dans nombre de pays révèlent l’existence de solutions pertinentes, durables et non budgétaires pour la gestion des problèmes liés aux carrières et aux conditions de travail et de vie des enseignants et de leurs familles à travers le monde .

La perspective de l’émergence du Sénégal avec le capital humain et la capture du dividende démographique comme leviers essentiels ne peut tolérer la persistance de crises permanentes tendant à installer l’école Sénégalaise dans un champ clos de querelles stériles ruineuses pour notre jeunesse et notre société .

La majorité se doit, aux côtés du gouvernement, de se saisir de ce débat pour en faire un sujet national qui requiert la contribution de tous car ce qui est en jeu transcende la majorité qui nous gouverne . C’est bien le devenir de notre nation qui est mis en équation.

Abdou FALL 

Médiateur pédagogique à la retraite 

Ancien Ministre

 

Contribution: Adieu Hamidou ! (Racine Talla)

YERIMPOST.COM Ci-dessous le texte du DG de la RTS…
Dans la houle de nos trente ans, les interrogations philosophiques retrouvaient   leur consistance dans nos coins de détente parfois interdits aux enfants de choeur.
Rien ne pouvait perturber le flux de nos palabres tant leur écho s’accommodait du vacarme. Mais aussi des odeurs, des humeurs et des couleurs.
Après Latif Coulibaly et Souleymane Jules Diop, à la suite de mon ami Elhaj Kassé, avec le talent en moins, je confirme que Hamidou DIA était évidemment un humaniste accompli. Sa vaste culture l’a ainsi transformé, à son insu, heureusement !
C’est parce que nous avons affaire à un monde des vivants comme le disait la Grande Royale que Hamidou et moi abordions les mythes eschatologiques avec beaucoup de passion. Nous partions du Royaume d’enfance de Senghor. Ne plus se rappeler quand c’était. Confondre l’enfance et l’eden comme si un pont de douceur les reliait.
De nos contorsions intellectuelles sortaient des analogies entre la morphologie du conte et la dialectique ternaire comme grille de lecture des idéologies et des religions.
L’âge d’or ou le paradis perdu à retrouver après les épreuves. De la même manière que la société communiste ne serait que la reconquête du communisme primitif après les épreuves de la lutte des classes qui traverse l’esclavagisme, l’aristocratie, le capitalisme et même le socialisme.
Toujours avec Hamidou, nos vaines tentatives de traduction de textes chantés par Baba Maal comme Macina Toro ou alors  » hey ma jahowo ». Oui , philosopher c’est apprendre à mourir. Le témoignage de ton ami de marabout fut éloquent lors de la cérémonie de levée du corps.
Ah oui, tu as osé lui demander comment mourir en paix alors que lui-même est parmi les vivants. Tu as assimilé paradoxalement la recette. Adieu!
Racine TALLA, journaliste.

Contribution: La mort de Hamidou Dia! (Elhadji Hamidou Kassé)

Hamidou Dia aimait répéter que la mort est le souvenir poussiéreux de la vie. Je répliquais sans cesse que notre vocation est plutôt de méditer sur la vie pour un jour gagner les cimes de l’Immortalité.
Il s’est éteint hier matin, notre frère et ami, Hamidou Dia, et, en ce moment, il gravit les cimes de l’Immortalité. Par son œuvre multiple et riche de mots justes, de jets de lumière et d’éclats de diamant en l’honneur d’un monde de paix et de joie qu’il cherchait tant.
C’est que Hamidou Dia était d’une culture immense, peu commune. Il faut réécouter l’une de ses dernières interventions publiques sur Jérusalem, ville-confluence.
Il connaissait, jusqu’à l’anecdotique, Senghor, Césaire, Damas et tous ceux qui ont porté haut le cri nègre. Il avait une connaissance passionnée de David Diop à la « poésie incandescente » ainsi que tous les poètes du monde noir dont il a produit une belle anthologie.
Il était une sorte de dictionnnaire de la culture sénégalaise. Féru des traditions artistiques et culturelles haal pulaar, il avait plutôt soutenu un brillant mémoire de maîtrise sur Ndiaga Mbaye qui fut son ami jusqu’à ce que la mort les sépare.
Homme de lettres, Hamidou Dia était aussi familier de la littérature française à travers son histoire. Il était philosophe et avait de la philosophie à travers ses âges une parfaite maitrise.
Il était poète et romancier et je peux citer Les Sanglots de l’espoir, Les remparts de la mémoire, livres essentiels où le concept, de nature austère,  est toujours chargé de subjectivité.
Il était ouvert à tous les souffles avec une capacité inouïe d’être, dans la pensée et l’action, le siège d’une synthèse joyeusement assumée.
Sa vie durant, il a été militant, depuis les années 70 lorsque, très jeune, il rencontre, par le biais de la culture et de l’art, le mouvement maoïste.
Si, avec toutes ces facettes, il n’est pas humaniste, mais alors qui est humaniste?
Voilà pourquoi nous étions là, hier, pour l’accompagner et, « pour l’ultime fois », lui dire, en sa présence silencieuse, toute notre amitié et notre affection.
Je vois ses amis et camarades.
J’aperçois Ousmane William Mbaye, le cinéaste utile.
J’entends son frère Mamadou Dia, la gorge enrouée, submergée de douleur, dire des mots justes, sur le frère disparu.
J’aperçois Thierno Kane, Mallé Kassé, Amadou Kane, Bachir Diop, ses compagnons des années de braise, rêve d’un soir de paix et de bonheur pour notre peuple.
Je vois, charrié d’émotion, mais lucide et concentré, son oncle Cheikh Hamidou Kane, l’immense écrivain.
Je vois ses neveux, Abdoulaye Sow et les autres, ses frères et sœurs, éplorés mais dignes.
J’entends Amadou Tidiane Wone étreint par la douleur dire généreusement sur Hamidou des propos élogieux que je confirme.
Je vois ses collègues de la Présidence, ses frères et amis, unis par la souffrance de raccompagner un homme chaleureux et bon. Je vois Baba Maal, le regard perdu dans le flot du temps, pensant sans aucun doute à leur passé commun à Saint Louis et leur séjour en Europe.
Je vois Alioune Badara Beye, Président de l’Association des écrivains du Sénégal, très présent pour l’ami et au nom de tous les écrivains du Sénégal.
J’entends la voix étonnée de notre maître, Mamoussé Diagne habité par le doute, parce que, comme toujours, on ne s’y attend jamais. La mort surprend sans cesse.
Je vois sa veuve, inconsolable, parce que Hamidou fut pour elle un père, un ami, un compagnon.
Et je pense à Maimouna et à ses filles qu’il aimait tant, éprouvées mais fortes.
Enfin, j’entends le Président Macky Sall rendre hommage à son conseiller qui a renforcé en lui l’amour des arts et des lettres, son frère et ami, écrivain talentueux, intellectuel fécond et, dit-il, « incapable de méchanceté ».
Toi, grand frère et ami, qui m’a tant donné, y compris et surtout la passion de l’écriture, je te dis simplement: Sois en paix dans les instants de l’éternité. Enfin…

El hadji Hamidou KASSE

Contribution: Ce que les médias n’ont pas dit à propos de la visite de Macron

Puisque les médias n’en parlent pas et que l’euphorie a passé l’information sous silence, je tiens à préciser que la récente visite de M. Macron au Sénégal, sous le couvert d’un engagement pour l’Education, s’est soldée par la confirmation et la signature de deux contrats juteux pour les entreprises françaises. L’un concerne l’achat, par le Sénégal, pour 112 milliards de francs, de deux Airbus 330-900 Neo. L’accord a été signé par le français Philippe Bohn, ancien d’Airbus et CEO d’Air Sénégal et Fouad Attar, Directeur Avions Commerciaux Airbus Afrique et Moyen Orient en présence d’Emmanuel Macron et de Macky Sall.

L’autre contrat concrétisé par la venue de M. Macron est celui relatif à l’entretien du TER pour des centaines de milliards de francs.

Il est également bon de préciser que les fameux 2,3 milliards de dollars à collecter au titre du Partenariat Mondial pour l’Education est un fonds international qui n’appartient pas au Sénégal. Certains pensent en effet que cette somme, qui équivaut à 1 200 milliards de francs, serait entièrement dévolue au Sénégal. Erreur ! Le fonds concerne 65 pays en développement. On ignore même encore la part qui reviendra à notre pays.

Une chose est donc sûre : lors de la visite du président Macron, c’est le Sénégal qui a sorti une fois de plus son carnet de chèque. Rien de nouveau sous le soleil donc. La France est venue signer des contrats et il est bon de le savoir.

Bon dimanche

Seydina Omar Ba

Visite de Macron: Des retombées financières à la France, et des dettes encore pour le Sénégal (Babacar Touré)

Beaucoup de médias n’en parlent pas. D’autres ont préféré verser dans la manipulation, emportés par l’euphorie, l’information est passée sous silence, mais il est bien de préciser que la récente visite de M. Macron au Sénégal, sous le couvert d’un engagement pour l’Education, s’est soldée par la confirmation et la signature d’au moins deux contrats juteux pour les entreprises françaises.

L’un concerne l’achat, par le Sénégal, pour 112 milliards de francs, de deux Airbus 330-900 Neo. L’accord a été signé par le français Philippe Bohn, ancien d’Airbus et CEO d’Air Sénégal et Fouad Attar, Directeur Avions Commerciaux Airbus Afrique et Moyen Orient en présence d’Emmanuel Macron et de Macky Sall.

L’autre contrat concrétisé par la venue de M. Macron est celui relatif à l’entretien du TER pour plus de 100 milliards de francs. L’accord a été signé entre Abdoulaye Daouda Diallo, ministre des transports et infrastructures et Stéphane Volant secrétaire général de la société nationale des chemins de fer français ( SNCF) en présence du secrétaire d’état français auprès du ministre de l’économie et des finances, Mme Delphine Geny Stephan et du DG de l’APIX Mountaga Sy.

Il est également bon de préciser que les fameux 2,3 milliards de dollars à collecter au titre du Partenariat Mondial pour l’Education est un fond international qui n’appartient pas au Sénégal. Certains pensent en effet que cette somme, qui équivaut à 1 200 milliards de francs, serait entièrement dévolue au Sénégal. Erreur ! Le fonds concerne 65 pays en développement. On ignore même encore la part qui reviendra à notre pays.

Au final, contraireemnt à ce quon veut nous faire croire, à la place des quelques milliards promis par Macron à Saint Louis. Une chose est donc sûre : lors de sa visite, c’est le Sénégal qui a sorti une fois de plus son carnet de chèques. Rien de nouveau sous le soleil donc. La France est venue signer des contrats et il est bon de le savoir.

Contribution: Destin présidentiel! Macky Sall fait des émules

En 2012, Macky Sall arrive au pouvoir à la grande surprise des  Sénégalais, c’est le coup de tonnerre !

Le Président Wade n’en revient pas comme nombre d’observateurs de la scène politique.

Pour les uns, c’est Dieu qui lui a rendu justice, pour d’autres c’est le Président par défaut. Faire partir  Abdoulaye Wade à tout prix, était le mot d’ordre dans  les états-majors politiques de l’opposition comme ce fut le cas auparavant « Tout sauf Diouf Abdou » comme on l’appelait avant.

Abdoulaye Wade, Président de la République dispose de la prérogative constitutionnelle de nommer à tous les emplois civils et militaires et  y mettre  terme sans avoir à se justifier ni à motiver ses actes.

La séparation des pouvoirs est une fiction juridique comme,  «  nul n’est sensé ignorer la loi ».

La majorité  parlementaire qu’elle soit issue du parti présidentiel ou des coalitions qui  l’accompagnent permet au pouvoir exécutif de faire passer en force tous les projets de loi  si l’on sait que les  propositions de loi émanant de la représentation nationale se comptent sur les bouts des doigts sauf si l’initiative provient du camp présidentiel comme ce fut le cas de la loi Sada Ndiaye qui fit partir Macky Sall du perchoir de la Place Soweto, siège de l’Assemblée Nationale en limitant le mandat de son Président à un an renouvelable.

« Rendez-moi, ce que je vous ai donné »,  vrai ou faux comme ce fut le cas avec Feu Mbaye Jacques Diop  au  CRAES, Macky ne rendra pas et attendra d’être poussé vers  la porte par cette loi qui le visait personnellement.

La victimisation étant le meilleur moyen au Sénégal de se faire une nouvelle virginité et de redorer son blason, il  en usera en  renonçant  à tous ses mandats électifs, croira en lui et ira à la rencontre des Sénégalais d’ici et de la Diaspora pour s’enquérir de leur situation et de réfléchir sur une offre politique alternative qui deviendra «  Yonu Yokkuté » et « Plan Sénégal  Émergeant  quand il sera au pouvoir ».

Macky Sall a gravi tous les échelons du pouvoir par nomination et à l’Assemblée Nationale, on pourrait lui prédire un destin présidentiel en cas de vacance du pouvoir sans oublier que cette possibilité a été à un moment transférée vers le Président du Sénat. Les voies de la Politique sont impénétrables.

On ne peut pas parler d’injustice à l’endroit de Macky SALL , en Politique, tous les coups sont permis et Abdoulaye Wade a cru devoir le faire partir du perchoir et il l’a fait.  Macky  SALL est tombé mais ne restera pas au même endroit, il rebondira comme dirait Feu Djibo Laïty  KA, et contre toute attente,  relèguera  au second plan du premier  tour  des  élections présidentielles de 2012, les ténors comme Moustapha NIASSE, Ousmane Tanor  DIENG,  Idrissa SECK, Ibrahima FALL et tous les autres.  Au deuxième tour,  Macky 2012 et  ses alliés mettront un terme au régime d’Abdoulaye WADE qui aura régné douze années au pouvoir.

La réussite de Macky SALL suscite des  ambitions et  chacun pense que  si  Macky est devenu président, pourquoi pas moi ?

Macky n’est pas le dernier de la classe ; Comme Premier ministre, il sera remplacé par Cheikh Hadjibou Soumaré, dernier sur la liste des membres du  Gouvernement, il faut se rappeler ce qu’Abdoulaye Wade avait dit en nommant Cheikh Hadjibou Soumaré à la Primature.

C’est vrai que Macky Sall n’est pas né avec une cuillère d’argent, il est le pur produit de l’école sénégalaise  et  a eu un parcours exceptionnel : Directeur général, plusieurs fois ministre, Premier ministre,  Président de l’Assemblée nationale. Il s’y ajoute sa jeunesse et qu’après la présidence, il peut servir encore comme son prédécesseur  Abdou DIOUF pour encore donner de lui-même urbi orbi.

Le destin exceptionnel de Macky Sall a suscité des vocations mais sans le surestimer, tout le monde n’a pas eu le même parcours pour ne pas dire Tout le monde n’est pas Macky SALL.

Je ne comprends  toujours pas cet excès de confiance pour penser que Macky l’a réussi, pourquoi pas moi ?  Attention au nombrilisme !

Quand Macky était au creux de la vague dans les années 2010, à chaque fois que je le rencontrais  à Fenêtre Mermoz, je  m’arrêtais pour le saluer et l’appelais toujours Monsieur Le Président,  comme, une prémonition ?  Dans la même année, je revenais de l’enterrement de Feu Makhtar  Ndiaye ,  père de Feue Fatoumata  Makhtar Ndiaye qui sera Vice -Présidente du Conseil Économique Social et Environnemental et qui sera lâchement assassinée, Monsieur Macky Sall, ancien Premier ministre, ancien Président de l’Assemblée nationale,  sur le point de démarrer , quitte le volant  de sa berline pour nous saluer très respectueusement dans  notre 4×4 , ce que ma grande sœur ainée et le dernier compagnon de mon défunt père magnifièrent  en relevant sa  courtoisie.

Je n’oublie pas non plus sur le chemin du Dakaa de 2010, en compagnie de Mor NGOM, la prière du Jumaa qu’il a voulue faire à la mosquée de la Divinité de Ouakam sous la conduite  de Mouhamed  Naby GUEYE  fils de Khalifatou  Lahi  fir  Ardou,  Mouhamed Seyni GUEYE « SANGA BI »

Le destin peut se dire comme étant tracé pour vous, devez vous attendre sans action qu’il se réalise ou devez vous avoir des ambitions et vous donnez les moyens pour les atteindre ?

Tout le monde a droit d’avoir des ambitions mais penser qu’un tel a réussi pourquoi pas moi, c’est bien, mais il faut se donner les moyens  en présentant  suffisamment de gage pour conquérir le cœur des électeurs. Les professions de foi, c’est bien mais la proximité constante auprès des électeurs est une condition pour s’attirer leurs suffrages. Les électeurs ne connaissent que les candidats qui solutionnent leurs problèmes quotidiens.

Les ego surdimensionnés  apprennent toujours à leur dépend  que les media  ne constituent  pas le meilleur baromètre pour mesurer une représentativité électorale.

J’encourage tous et toutes à vouloir accéder aux plus hautes charges électives  en se respectant et à ne pas se surestimer ou  à se  sous-estimer.

Sous nos cieux, George  WEAH du Libéria et Adama BARROW de Gambie  sont des exemples vivants pour nous  pousser à la modestie et à œuvrer  dans la sérénité pour la conquête du pouvoir.

Aliou SOW

Économiste

Aliousow_dkr@yahoo.fr

 

 

Contribution: Retombées de la visite de Macron à Saint-Louis

YERIMPOST.COM Une intéressante approche historique…

  • RETOMBEES DE LA VISITE DE MACRON A SAINT-LOUIS
  • Le chateau “la folie” du baron roger de richard toll devait faire parti du patrimoine architectural a restaurer
  • Fékké bolé wou thi Walo ; Walo mo daalal France thi Ndar

Le Walo aurait du être associé  à cette fête de l’amitié franco sénégalaise qu’a été la récente visite du President Emmanuel Macaron à Saint Louis. En France on ne saurait magnifié des relations avec la ville de Quimper et ignorer la Bretagne  la province qui l’entoure;

En réponse aux populations venues  chaleureusement l’accueillir le président français Emmanuel Macron a promis que son pays injectera plus de 16 milliards de francs CFA, soit 25 millions d’euros, dans la restauration du patrimoine architectural de la ville de Saint-Louis, caractérisé par une dégradation faisant courir à la capitale nord du Sénégal le risque d’être déclassée de la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Les populations du Walo  avec l’association pour la Commémoration du Bicentenaire de la Mise en valeur Agricole souhaiteraient  bénéficier d’une partie de ce pactole afin de pouvoir elles aussi restaurer un autre symbole de la présence française  à Richard Toll  savoir le château  la Folie du Baron Roger.

Sur la route de Matam  juste après le pont de la Taouey dans la Commune de Richard Toll dans un écrin de verdure se dresse  un vaste bâtiment à étages construit au milieu d’un parc  et qui rappelle par son style certains châteaux  appelés (“folies”) du 18ème siècle en Europe. Cet édifice inscrit dans la liste du patrimoine historique classé sénégalais est le témoin de toute l’aventure coloniale de  France en Afrique  plus particulièrement au Sénégal.

Ce château se trouve actuellement à  Richard Toll  est en péril et menace de tomber en ruine.

Seules des mesures d’urgence de  réhabilitation  pourront sauver ces vestiges  dont la valeur est inestimable..  Tout d’abord il faudra   déterminer sous quelle tutelle administrative  se trouve  le bâtiment .Car tout étant patrimoine historique classée, situé dans un foret classé donc dépendant du Ministère de l’environnement, le bâtiment se trouve dans le périmètre communal de Richard  Toll.

Nous allons raconter ce pan de l’histoire  du Walo qui se  confond avec  l’histoire   coloniale française. En effet ce fut  dans cette contrée du Walo   que  la  France a eut à expérimenter  toutes  les  phases d’exploitation coloniale, avant de les appliquer au reste  de l’Afrique noire.

Ce fut au  Congrès de Vienne de  1815, que les pays alliés  vainqueurs de Napoléon  signèrent un  traité de paix  dont une  clause  stipulait la rétrocession à la France de ses  possessions au Sénégal (que l’Angleterre occupait  de 1809 à 1817)  à la condition de l’abolition de la traite négriére.

Afin de prendre le contrôle de la colonie du Sénégal le 17 juin  1816  la France  envoya une expédition navale, dirigée par le futur gouverneur du Sénégal, le colonel Julien Désiré Schmaltz, accompagné, de scientifiques, de soldats et de colons.

Lee navires firent naufrage  sur la cote mauritanienne et al tragédie qui s’en suit inspira le  magnifique et terrible tableau de Géricault qui se trouve  actuellement au musée du Louvre  à Paris connu sous le nom du « Radeau de la Méduse« .

Le colonel Julien Désiré Schmaltz après moult péripéties dans le désert mauritanien avait réussi à gagner à pied  le comptoir de Saint Louis  ou il prit ses fonctions de gouverneur du Sénégal. La mission  que le Ministre des Colonies, le Baron Portal avait assignée au gouverneur Schmaltz était de créer une colonie agricole au Walo.

C’était le début de la révolution industrielle en Angleterre, la machine était entrain de remplacer la force  de travail humaine ou animale. L’Angleterre puissance dominante préconisait l’abolition de la traite négriére afin de vendre ses machines.

La traite abolie la France coloniale trouvait plus rentable économiquement d’acquérir des terres de cultures en  Afrique et d’y faire cultiver du coton et de la canne à sucre  que de transporter des négres  dans les plantations  en Amérique.

Le gouverneur Schmaltz chargé d’appliquer cette politique  porta son choix sur le royaume du Walo pour ses projets de colonisation agricole. Dans une lettre adressée au Ministre des Colonies, le 4 septembre 1819 le gouverneur Schmaltz disait ceci «  J’ai toujours soigneusement observé les pays que j’ai parcourus  et je n’ai pas vu  de plus beau, de plus propre à de grandes entreprises que le Sénégal..Les bords du Gange ne m’ont point paru plus  fertiles que ceux de notre Fleuve et je n’ai le moindre doute d’y réussir les cultures qu’on y  voudra. »

Après  deux jours de négociation  le  8 Mai 1819  à bord du navire l’Isère ancrée  sur le fleuve Sénégal en face du village de Ndiaw, au nom du roi de France le Colonel  Schmaltz   signa avec le roi du Walo  le Brack Amar Fatim  BORSO MBODJE (pére des lingueres Ndieumbeut, Ndate Yalla)  et les principaux  chefs du pays  : le Diawdine Madiaw Xor  Aram Bakar DIAW, le Béthio Sakoura DIOP, le Maalo Ndiack Danco DIAW , le Diogomaye Ndiack Arame Kélar  DIAW , le beuk Negg Ndiourbel Birame Coura DIAGNE le traité dit Traité de NDIAW.

 

Ce traité devait permettre  à la France  de créer des établissements de culture  et de construire des forts militaires  à Dagana et  sur la rivière Taouey pour les protéger des peuples  voisins  près du village de Ndioukouck moyennant une redevance  annuelle de 11 715 ,70 francs.

Apres avoir démarré le projet , le  colonel Schmaltz  fut rappelé en France  et ce fut le Baron Roger le premier gouverneur   français qui mettra en œuvre ce projet de mise  en valeur de1822 à 1827 .

Né à Longjumeau «  Seine et Oise » en 1787 , le Baron Roger est mort en 1849. Avocat à la cour de cassation de Paris  Roger  avait exprimé pendant plusieurs années le désir de servir dans les colonies , ainsi il sera nommé directeur de l’habitation royale   à Koielel ( ferme modèle entre Dagana et Mbilor) destiné à la vulgarisation agricole de la colonie au Sénégal.Deux ans plus tard Roger fut nommé procureur du Roi par intérim à Saint Louis .

Par ordonnance royale du 26 juillet 1821 Roger fut nommé Commandant et Administrateur du Sénégal (le titre de Gouverneur ne sera établi qu’en 1828).

En février 1822  Jacques François Roger prendra  ses fonctions à Saint-Louis .Empreint de théories rousseauistes, très progressiste pour son époque, il  commença à former les premiers éléments d’une élite africaine moderne.  De 1822 à 1824 avec l’aide de la Révérende mère Anne Marie Javouhey le Baron Roger, créa une école rurale de garçons à Dagana

Son action se fondait sur une pensée simple : la croissance d’une société sous développée se réalise en partant de l’agriculture, le commerce en conséquence devient l’auxiliaire de l’agriculture.  Afin d’attirer ses investissements et collaborateurs nécessaires à cette politique agricole il s’attache à débarrasser le Sénégal d’une réputation d’insalubrité auprés de l’opinon publique francaise

En effet pour asseoir sa politique agricole il fait appel à un personnel d’encadrement très spécialisés : Brunet, Morénas et Claude Richard, des botanistes, des chimistes, des géographes…

Un de ses ingénieurs Claude  Richard   qui  donnera  son  nom  à la ville  de Richard-Toll ( qui signifie en Wolof le champ de Richard )  qui implanta  la première station expérimentale agricole de l’Afrique noire. Le coton, l’ arachide , sésame, l ‘indigo    toutes  ces plantes  ont  été  introduites  en Afrique  tropicale grâce au  jardin  d’essai de Richard Troll.

Pour la main-d’œuvre, il met en place en septembre 1823 « l’engagement à temps » qui en harmonie avec ses idées abolitionnistes. Aucun esclave ne travaillait dans ses plantations.

En novembre 1826 à sa demande,  estimant la colonisation fondée, il retourna en France ou il sera élu député du Loiret et à ce titre membre d’une commission chargée de l’examen du sort des esclaves dans les colonies.

Ouvert, philantrope Le Baron Roger s’est beaucoup intéressé à la culture de son pays d’adoption le Walo . Rappelons ses témoignages sur la culture du peuple du Walo  à travers les différents  ouvrages   qu’il a écrits   dont  nous  pouvons  citer :

  • Fables sénégalaises  recueillies  du  ouolof  et  mis  en français .
  • Notice sur le gouvernement, les mœurs , et les  superstitions  des   nègres   du    pays   du  Waalo
  • Recherches philosophiques sur la langue ouolofe
  • Kélédor, histoire africaine

Il écrivit dans « Recherches sur la langue Ouolof »,  : « Ce langage… suppose un peuple doué d’un sens droit, d’une heureuse organisation et dont, malgré les préjugés absurdes qu’inspire trop souvent sa couleur, l’humanité n’a pas à rougir » – dans ses « Fables Sénégalaises », page 240 : « Les Sénégalais possèdent au plus haut degré les vertus hospitalières et l’esprit de charité… On doit attribuer les difficultés qu’éprouvent les européens pour pénétrer dans l’intérieur à leurs préjugés de domination, de supériorité ». – Dans son roman « Kélédor » (relatant les tribulations d’un jeune walo walo partisan de la révolution toorodo) : « qu’on se persuade bien que ces hommes ne sont pas, autant qu’on le croit communément, dépourvus d’intelligence, de sensibilité, d’énergie »

Parlant  couramment Wolof ,il  épousa une femme du pays la  fille du Diogomaye Ndiack Arame Kélar  DIAW ,   Yacine   Yérim  DIAW ,et eut une fille  Marie  Roger  qui  compte actuellement  beaucoup de  descendants  à  Richard Toll et à Rufisque.

C’est pour les beuax yeux de cette  épouse   qu’il  fit  construire   ce château   sur les  berges  de la  rivière TAOUEY     appelé la <<  folie du   Baron  Roger>>.

Réhabilité le château et son parc pourront abriter un musée culturel et botanique dédié a l’histoire du Walo  , à l’histoire de la présence française au Sénégal et surtout à son expérience agricole.

 

Amadou Bakhaw DIAW diaogo.nilsen@gmail.com

 

 

Révolution d’octobre 1917 et perspectives de la question paysanne au Sénégal

A la conférence de l’éminent Professeur Samir Amin à Dakar dans les locaux de L’Harmattan Sénégal sur Un siècle après la révolution d’octobre 1917 : promesses et expériences du socialisme. Cette conférence a été organisée par le Comité sénégalais pour la Commémoration du Centenaire de la révolution d’octobre 1917. Professeur Amin a accentué son intervention sur la portée de la révolution d’octobre 1917 pour le monde, en particulier pour l’Afrique. Alors, il a parlé beaucoup de choses intéressantes. Mais, en tant que Chercheur sur les questions agricoles, la partie qui m’a le plus interpelé est de réfléchir à la manière d’associer les masses populaires aux révolutions, en particulier les masses paysannes.

Professeur Amin a indiqué que les expériences soviétiques ont inspiré la Chine de Mao. Compte tenu des besoins de l’époque et les visions futures qui prévalaient (et peut-être encore aujourd’hui), il y a eu un consensus sur la nécessité de transformer l’agriculture paysanne et familiale en agriculture industrielle. Mais, la forme que cela devait prendre restait à définir : coopératives privées ou coopératives d’Etat ? En Union soviétique, le décret de Lénine sur la terre adopté le 26 octobre 1917 a entériné l’accès à la terre des paysans qui l’avaient déjà prise des mains des anciens aristocrates grâce à la révolution d’octobre 1917. La politique de la collectivisation du système agricole soviétique s’en est suivie avec les kolkhozes et les sovkhozes. En Chine, Mao a préféré la propriété d’Etat de la terre tout en permettant l’accès des paysans à la terre pour développer l’agriculture familiale. Ceci, non seulement pour mieux vivre mais aussi pour réduire l’exode rural au besoin d’une main d’œuvre industrielle en ville. D’après le conférencier, c’est à ce niveau qu’il existe des leçons pour l’Afrique sur la question des masses paysannes. Il ne s’agit pas de reproduire ces expériences sur le continent africain mais de s’en inspirer pour mettre en place des réformes progressistes, novateurs et qui collent aux réalités africaines.

Aux indépendances, la majorité paysanne africaine s’est trouvée organisée par des coutumes déformées ou détruites par la colonisation. Ce qui a conduit à la disparition des régimes communautaires. J’ai été de nouveau interpelé quand le conférencier a évoqué l’exemple du Sénégal sous Senghor qui, méfiant d’une privatisation rapide des terres agricoles, a instauré la loi n°64-46 du 17 juin 1964 sur le Domaine national. Donc, si on devrait tirer les leçons de la révolution d’octobre 1917 sur la question paysanne, il devient pertinent de souligner que le phénomène de « land grabbing » ou d’accaparement des terres qu’on observe un peu partout dans les pays en développement (surtout en Afrique) est en déphasage avec la sécurisation de l’accès des paysans à la terre agricole. Pour le cas du Sénégal, les exemples de Fanaye (Saint-Louis) et de Nétéboulou (Tambacounda) où des milliers d’hectares sont octroyés à des multinationales marquées par l’idéologie capitaliste au détriment des populations locales c’est-à-dire les masses paysannes qui pratiquent l’agriculture familiale. Récemment une forte opposition populaire au projet rizicole initié à Dodel et Némette (Saint-Louis) par un groupe marocain aurait amené le président de la République à annuler l’octroi d’une concession de 10 000 hectares en décembre 2017.

Pour finir, tout ceci indique que cette question foncière est toujours d’actualité au Sénégal et qu’il n’est peut-être pas trop tard pour ne pas faire table rase des enseignements de la révolution d’octobre 1917 sur la question des masses paysannes. En effet, depuis octobre 2012, la Commission nationale de réforme foncière a travaillé, comme son nom l’indique, sur une proposition de réforme du foncier au Sénégal dans le but de « trouver un équilibre consistant entre la satisfaction des intérêts du capital, la sauvegarde du patrimoine que constitue la terre, et la préservation des intérêts des populations locales, à travers l’agriculture familiale ». Elle a rendu ses conclusions au président de la République depuis avril 2017. Mais, il semblerait que ce dernier n’adhère pas aux conclusions de la CNRF. Donc, la réforme foncière est au point mort. Wait and see !

Sidy TOUNKARA
Docteur en Sociologie de l’environnement

Master en Gestion sociale de l’environnement

et Valorisation des ressources territoriales

Diplômé de l’Université de Toulouse et

du Centre universitaire de formation et de recherche d’Albi

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