Blog de Cheikh Yerim Seck

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Cissé Kane NDAO

Triste scène politique sénégalaise

« L’absurde, c’est quand la raison lucide constate ses limites ».
Au Sénégal nous avons bu jusqu’à la lie le calice de la chienlit politique qui se débat dans un débat fétide de caniveau où les mots volent au bas de la ceinture.
Arguments ad hominem dénonciations délations médisances flagorneries deals combinazzione ignominieux traquenards politiciens complots ourdis perfidement sur fonds de polémiques sans autres objets que de salir la réputation des uns et des autres de hâter leur disgrâce ou de provoquer leur descente aux enfers  sont le lot quotidien d’insanités débiles de forfaitures et de félonies servies à l’opinion publique sénégalaise.
Son silence assourdissant renseigne à suffisance sur son profond ressentiment. Et sa dévastation morale infinie.
Elle apprécie. Elle juge. Et elle sanctionnera.
Très bientôt.




Faut-il en rire ou en pleurer ?
Ce qui me sidère est que ces comportements sont contagieux.
Notre génération qui très bientôt devra prendre ses responsabilités pour conduire aux destinées de ce pays est malheureusement contaminée par ce virus dont la capacité d’infestation en fait une épidémie dont le spectre est décuplé par l’ambition démesurée des uns et des autres non pas de réussir, mais de parvenir rapidement à des positions de privilèges, pour faire valoir leurs cupides et éhontées capacités de prévarication.
Dommage.
De la citoyenneté responsable et de l’engagement patriotique, il n’est plus question.
Personne ne se demande plus maintenant qu’est-ce qu’elle peut faire pour son pays.
Et dès lors que chacun se préoccupe d’extraire son propre sort de notre destin commun, ne soyons pas étonnés que notre société soit si extravertie, et que les relations humaines deviennent un jeu de dupes.
Le Sénégal n’est pas loin d’une dégénérescence totale si nous continuons dans cette voie.
Nul ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu.




Lorsque la Chine s’éveillera…

La Chine, « Ce géant aux pieds d’argile… », titrait-on dans nos manuels d’histoire de collège suivi de la fameuse boutade « Quand la Chine s’éveillera »…
Eh bien, elle s’est réveillée la Chine.
Elle a déployé ses ailes gigantesques, portée par la vista et le patriotisme de ses leaders politiques, nourrie de l’énergie de ses capitaines d’industrie, alimentée par l’abnégation et la compétence de ses masses laborieuses.
Le déficit public américain tire la croissance mondiale.
La Chine est le premier créancier des USA.
Les exportations chinoises aux USA font 505 milliards de dollars en plus. C’est donc dire que la Chine est désormais le maître du jeu.
Le poids de la Chine dans le monde a effectivement cessé depuis longtemps d’être seulement démographique.
Son droit de véto et son statut de puissance militaire affirmée en fait un des pôles d’influence de la marche du monde, avec une diplomatie aussi silencieuse qu’efficace.
La diplomatie commerciale de la Chine a elle aussi fini par constituer une alternative sérieuse pour les pays africains pressés entre les institutions de Bretton woods et leurs historiques partenaires coloniaux dont ils étaient jusqu’alors la chasse gardée.
Le très puissant Président chinois arrive au Sénégal dans ce contexte: une bonne nouvelle qui illumine le quotidien assoiffé des sénégalais perdus dans la grisaille d’une économie réelle qui n’est pas suffisamment irriguée par des financements internes capables de porter une consommation au point mort !
Dalal diaam votre Excellence Xi Jin Ping !!!




Cissé Kane NDAO

Président A.DE.R

Diplômé de Sciences PO

Executive MBA Management Public Territorial

Master 2 Professionnel Gestion de projet, Gestion axée sur les résultats, Pilotage du changement

MANDELA, CE HEROS DE L’HUMANITE !

Voici un homme dans toute la splendeur de son humanité qui aura vécu assurément un destin hors du commun.

Homme de rupture, d’une modernité anachronique pour quelqu’un qui aura passé vingt-sept ans de sa vie dans une prison, mais qui en sortira avec une compréhension des enjeux de son monde qui fera de lui un héros, un modèle, un mythe désormais.

Mandela est un héros. Oui.

Dans tous les sens du terme.

Au plus profond de la tragédie sanglante de la lutte pour l’émancipation du peuple noir Sud-Africain, il échappera au destin macabre des martyrs d’un peuple noir d’Afrique du Sud submergé par la colère, la douleur et le ressentiment, tout autant qu’il ne mêlera jamais son nom à l’action de milices irrédentistes cultivant la haine contre le peuple blanc et répondant par le meurtre et la violence aux assauts répétés des forces du désordre commandé par le régime discriminatoire de son pays.




Mandela, cet homme au destin exceptionnel aura vécu une vie riche d’enseignements, qui le conduira à son accomplissement en tant qu’homme total, cultivant de manière exacerbée les hautes qualités intellectuelles et morales sans lesquelles nul homme ne peut revendiquer le statut qui aura été le sien.

De l’amour, Mandela en aura donné. De l’amour il connaitra les joies les félicités les tourments les trahisons.

Et pourtant, il s’extirpera avec une lucidité déconcertante de situations qui en auront perdu plus d’un. Il ne condamnera pas. Il comprendra et pardonnera, et aura assez de hauteur et de respect pour sa famille pour protéger ses enfants, et sauvegarder sa dignité d’homme.

Mandela fut ainsi un gentleman toute sa vie.

Il saura retrouver l’amour et le cultiver avec un ravissement et une galanterie exemplaires que beaucoup de personnes n’auraient sans doute pas attendu d’une personnalité de son envergure, emportée par l’Histoire et marquant à chacun de ses pas la marche de l’Humanité toute entière qu’il inspirera jusqu’à ses derniers jours.

Artistes, grands de ce monde, tout le gotha mondial a fréquenté Mandela. Tous les continents lui ont rendu hommage. Chacun a voulu l’approcher, le toucher pour être pénétré de cette force mentale et de cette grandeur d’âme dont Dieu ne gratifie hélas que quelques rares élus.

Du respect, l’homme Mandela en a toujours imposé.

Et pas seulement à sa sortie de prison. Dès les premiers pas de son engagement d’abord dans la lutte contre l’apartheid. Durant les années de braise où le conflit s’exacerba et que les massacres de noirs furent la seule forme d’expression du régime ségrégationniste d’alors. Ses adversaires qui l’ont maintes fois arrêté avant de l’emprisonner pour 27 longues années assassinèrent Steve Biko, et des milliers de leaders de la communauté noire. Mandela en toutes circonstances en imposa tellement par sa forte personnalité son courage et sa détermination que jamais personne n’osa attenter à son intégrité physique et aller jusqu’à la solution finale pour le faire taire définitivement.

Mandela symbolise non seulement la lutte contre l’apartheid, mais il a réussi à porter le combat contre le triste sort de l’homme noir et par-delà celui de toute l’humanité contre toute forme de discrimination, de ségrégation et d’atteinte à la dignité de l’homme quel que soit sa race, ses croyances et ses convictions personnelles.

Mandela est un homme au destin de prophète. Il a fait l’unanimité partout. Même ses adversaires politiques qui le libérèrent se sont inclinés devant lui, et rendu hommage à sa haute stature d’homme de paix.

Dès sa sortie de prison, il a entrepris avec tact de réunir le peuple noir d’Afrique du Sud, de réorganiser l’ANC et de mettre en branle une machine politique à même de remporter les élections.

Il a consacré son temps et de son énergie à instaurer une dynamique d’apaisement favorable à la réconciliation du peuple noir, en combattant avec une férocité et une détermination sans failles toutes velléités de vengeance ou de revanche sur l’histoire qu’auraient été tentés de fomenter ses principaux lieutenants ou les autres forces vives du peuple noir d’Afrique du Sud.

Son plébiscite comme premier Président noir d’Afrique du Sud fut la formidable opportunité qui lui fut offerte pour réussir à porter sur les fonds baptismaux la nation arc en ciel qu’il a toujours nourri au fond de lui, et sur l’autel de la commission paix et réconciliation, il construisit une nouvelle Afrique du Sud, consciente de ses forces et suffisamment mature pour réussir les changements obligatoires afin de rester un leader sur le continent et désormais un modèle pour le monde entier.

Il a ensuite enseigné une valeur insuffisamment appliquée en Afrique, le renoncement.

Après un mandat, il a en effet quitté le pouvoir pour se consacrer à la cause universelle de la condition humaine, par un sacerdoce au service des plus démunis, des plus pauvres, pour plus de justice dans le monde, plus de solidarité plus d’amour et pour la paix.

Mandela est un des plus grands leaders de ce monde.




Il a appris à connaitre la vie et a déterminé le sens qu’il comptait donner à la sienne dans l’un des milieux pourtant les moins aptes à forger l’âme et à former l’individu, la prison.

Lieu de solitude, la prison est un rendez-vous au quotidien avec soi, et dans l’intimité de sa conscience, par un dialogue ininterrompu entre ses valeurs et lui, Mandela a trouvé la voie, sa voie.

Celle par laquelle on choisit le pardon à la place de la vengeance, celle par laquelle on choisit l’amour à la place de la haine, celle par laquelle on choisit de servir la cause de la nation à la place de celle de sa communauté, celle par laquelle le pouvoir cesse d’être un instrument de jouissance personnelle, familiale ou clanique, la voie par laquelle la miséricorde cesse d’être seulement divine et devient un serment d’amour et de respect qui cimente le destin d’une nation dans la paix.

Bienheureux Mandela !

Réhabiliter notre histoire pour construire notre futur

Langston Hugues, poète de la Negro renaissance américaine célébrant avec faste la couleur de sa peau et revendiquant courageusement son histoire déclarait dans le manifeste marquant la naissance de leur mouvement : « Nous savons que nous sommes beaux. Et laids aussi ».

Il n’y a aucun peuple parmi ceux civilisés qui ait renié son histoire et fermé les yeux sur son passé qui a réussi à se projeter vers l’avant, et se développer.




Les autodafés ne sont pas des inventions de l’histoire. Le massacre de la Saint Barthélémy n’est pas une légende. Le peuple d’Angleterre connut des rois sanguinaires qui commirent les pires atrocités. Jean Sans terre fit emprisonner Richard Cœur de Lion sur le chemin du retour des Croisades, pour usurper ignominieusement son trône. Les pires exactions et exécutions sanguinaires furent perpétrées en Europe, au nom de la religion ou au service de la royauté, dont les représentants furent longtemps considérés comme un dieu sur terre, jusqu’aux révolutions d’Angleterre qui enfanta la monarchie constitutionnelle et française dont le point d’orgue fut l’exécution du roi Louis XVI.

Aux USA, la fin de l’esclavage conduisit à la guerre de sécession et à l’assassinat de Lincoln.

Plus proche de nous, La Nuit des longs couteaux qui consacra la prise de pouvoir d’Hitler et le basculement de l’Allemagne dans le fascisme est encore vivace dans les souvenirs de la longue marche des nations occidentales vers la liberté.

Ces nations ont accepté leur histoire pour assumer lucidement leurs passés, elles ont regardé frontalement et avec objectivité les pages les plus sombres de leur évolution vers la civilisation qui fait leur force aujourd’hui, ils en ont tiré les leçons et ont voté des lois pour punir toute velléité de rebasculement vers ces tragédies humaines, et édifié des monuments pour honorer la mémoire des victimes, et les héros qui y ont mis courageusement fin.

Au Sénégal, notre Histoire nous a échappé.

Nos archives sont détenues par la France ancienne puissance coloniale qui garde notre mémoire loin de chez nous, et refuse obstinément de nous remettre nos vestiges et symboles civilisationnels sans lesquels aucun peuple ne peut se réapproprier son passé comprendre son présent et se projeter dans un futur voulu imaginé et construit par ses propres soins.

Ajoutons à cela la fausse pudeur dont on couvre des pans entiers de notre histoire car nous en aurions honte et mauvaise conscience, et la volonté inavouée de passer sous silence les hauts faits religieux et politiques qui l’ont marqué d’une trace pourtant indélébile, et nous comprendrons pourquoi nous sommes aussi extravertis et superficiels.

Un chercheur universitaire fait des recherches sur la vie et la mort par exemple d’un Lat Dior. Un griot chantre de la tradition orale ou un responsable des archives lui dira telle chose s’est passée ayant abouti à sa mort, par la complicité active de quelqu’un dont il est impossible de dire le nom, car ses descendants sont toujours vivants.

Cheikh Ahmadou Bamba était épié par des espions qui rendaient compte au colon et il était combattu par des marabouts à sa solde dont les rapports circonstanciés et les récriminations contre lui sont soigneusement consignés dans des dossiers qu’il ne faut surtout pas citer car leurs descendants sont là aussi !

Nous bridons volontairement notre histoire et refusons délibérément par-là de l’assumer, et donc de nous assumer.

À ce rythme il y a de quoi se demander de quelle Histoire du peuple sénégalais allons-nous finalement parler ?

Qu’est-ce qui nourrira notre mémoire collective et cimentera notre Nation pour la rendre Une ?

Ce n’est certainement pas cette histoire racontée selon le point de vue du colon qui présente nos rois comme des ivrognes lubriques corrompus et veules que l’on tue au bout d’une longue poursuite d’un coup de sabre dans le dos et de nos guides religieux qui auraient passé leur temps à dormir et se reposer durant tout leur exil gabonais !

Il nous sera impossible de nous développer et de construire notre futur sur de solides valeurs qui nous ancreront authentiquement dans la voie que nous nous serions choisi pour nous développer, si nous continuons à refuser de voir notre histoire en face, pour l’accepter et vivre avec elle, selon qu’elle soit belle ou laide !

Les japonais sont dans le top 4 des pays développés. Ils sont résolument ancrés dans leurs us et coutumes.

Le Rwanda a connu l’un des pires génocides de l’histoire, ils ont créé un mémorial, se sont regardé dans les yeux pour se dire leurs vérités et se sont comme une seule nation projeté vers un futur qu’ils construisent désormais selon leur propre vision.




Ils ont rompu avec le français comme langue officielle, adopté l’anglais, et restent ferrés à glace sur leurs convictions.

Pendant ce temps nous autres pauvres sénégalais continuer de refuser à regarder notre histoire en face et de nous l’approprier comme si nous avions peur d’affronter notre passé.

Et nous sommes en conséquence contents que la France emprisonne notre mémoire et nous coupe d’une partie de notre histoire sans laquelle nous ne pouvons souverainement construire un idéal de nation capable de nous porter vers l’émergence.

C’est un crime.

Surtout que nous avons renoncé à notre passé et ne voulons en connaitre que ce que les nouveaux griots maitres-chanteurs modernes nous disent !

Pauvre Sénégal !

Cissé Kane NDAO

Président A.DE.R

Diplômé de Sciences PO

Executive MBA Management Public Territorial

Master 2 Professionnel Gestion de projet, Gestion axée sur les résultats, Pilotage du changement

Poème dédié aux LIONS DU SÉNÉGAL !

Regardez nos Lions à l’allure fière

Ils ont bondi hors de leur tanière

Et déjà ils font trembler les filets

De leurs adversaires désemparés

Oui ! Aucune défense adverse

Ne peut résister à cette averse !

Dignes descendants de nos prestigieux rois

Partout où ils passent c’est l’émoi :

Des côtes de l’Asie au pays de Charlemagne

Qui donc ne connait désormais le Sénégal qui gagne ?

Allez ! Portez haut le flambeau

De nos prestigieux héros

Rugissez donc Lions, Rois des pelouses et de Russie

Où vous représentez l’Afrique, comptez sur le Sénégal uni

Qui vous accompagne sur le chemin de l’histoire

Sentez sa force vous porter vers la gloire

Chantant et dansant avec vous, le monde entier

Se mire dans votre talent avec un sourire extasié

Et célèbre avec nous, et avec l’Afrique blanche et noire

La fête du football union des nations où la seule victoire

Qui marque l’Histoire est la célébration de la paix retrouvée

Vous, Lions, vous êtes dans le sport le symbole de la fraternité !

Vive le Sénégal ! Vive l’Afrique !




Cissé Kane NDAO

Réflexion: L’homme sénégalais a renié son passé

Aucun historien n’ose penser écrire sur nos valeurs ancestrales de nos jours. Les évoquer et les célébrer, c’est tabou maintenant.

Aucun historien n’ose en professer la réhabilitation, ni les vulgariser, ni militer pour un retour aux sources basé sur la restauration de ces valeurs.

L’homme sénégalais renie son passé et se projette dans l’avenir par le superficiel, la flagornerie, l’impertinence et la palabre stérile.




Nous ne retenons de notre passé que le griotisme à la Karim d’Ousmane Socé, largement revendiqué par une classe de paresseux adeptes de farniente et du parler faux, hyènes encourageant les pires licences, justifiant toutes les fortunes volées, célébrant toutes les forfaitures et élevant au rang de héros des anti modèles honnis.

Tout cela pour tel le corbeau de la fable vivre en rémora sur le dos des requins voraces dont ils exaltent une généalogie souvent usurpée.

Notre héros national a sombré dans le tréfonds de l’oubli, jusqu’à son mausolée envahi par les herbes sauvages.

Le plus grand danger qui plonge irrémédiablement une nation que dis-je un peuple dans la dégérescence est l’intellectuel défroqué qui a trahi sa mission pour des privilèges matériels et se livre à un larbinisme reptilique et une prostitution éhontée.

Quand les piliers de la société renoncent au diom, fouleu,fayda, ngor et livrent leurs âmes au diable, que voulez-vous que cela donne?




La damnation qui frappe nos élites intellectuelles tentées par le révisionnisme historique produira à terme, si leur sombre dessein s’accomplit, un peuple maudit.

Même Dieu est devenu un business lucratif où les soi-disant guides portent les habits immaculés de Tartuffes cupides et lubriques et négocient sous leurs airs de faux dévots leur prix à l’aune des fanatiques exploitables et corvéables dont ils encaissent le prix de vote.

Où va mon pays ?

Je suis dévasté !

Cissé Kane NDAO

Président A.DE.R

 

Lettre à la jeunesse de mon pays

« Tout homme ou institution qui essaiera de me voler ma dignité perdra, » disait Nelson Mandela.
Il avait raison. L’Histoire l’a confirmé. De la trempe des grands hommes de Dieu à la foi inébranlable, il a combattu toute sa vie durant la discrimination, et toute forme d’avilissement de l’homme.
Il faut en effet en toutes circonstances refuser que sa dignité soit bafouée. Elle est le socle de toutes valeurs qui doivent être chez nous comme les principes intangibles des frontières de nos pays.
Elle doit valoir tous les sacrifices.


Dussions-nous en payer la sauvegarde au prix de notre vie. Oui ! La devise même de l’armée de notre pays affirme qu’« on nous tue, et [qu’]on ne nous déshonore pas. » Il s’agit de regarder dans ce cas-là la mort en face, et la préférer à l’ignominie.
Nous ne devons pas la craindre, la mort. Epicure le grand philosophe disait qu’il ne craignait pas la mort ; et il justifiait sa position en demandant pourquoi il devait craindre quelque chose qui n’est pas tant qu’il était, et qui est si seulement il n’était plus. A sa suite, Senghor rappelait que « le suicide était la dernière exigence de l’honneur. »
Il faut que nous nous rebiffions. Que nous ayons un but dans notre vie, et que ce but vaille tous les combats, et tous les sacrifices. Comme ce fut le cas de Nelson Mandela.
C’est en cela que nous assumerons notre destin, avec lucidité, avec détermination, avec courage.
Qu’est-ce que le courage, dans ce cadre ?
« Le courage, (…) c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel », aurait répondu Jean Jaurès, à la suite de Jean Jacques Rousseau qui affirmait qu’« il n’y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat ».
Jeunesse de mon pays, sachons que notre avenir devra s’écrire avec nos propres mains. Le monde dans lequel nous désirons vivre sera construit de nos propres mains, la société que nous souhaitons pour nos enfants sera édifiée par notre propre génération.



Dès lors, engageons-nous.
Il est temps, quelque soient les contraintes que nous devrions surmonter : « tout obstacle renforce la détermination. Celui qui s’est fixé un but n’en change pas ».
La devise de notre pays est inscrite en lettres d’or au fronton de notre République : un peuple-un but et une foi !
Apprenons de notre passé, inspirons-nous de notre présent, et en tant qu’hommes du monde, « ouverts à tous les vents, poreux à tous les souffles », taillons-nous la place que nous voulons occuper.
Il n’y a pas de secrets pour y parvenir. Il faut apprendre, et entreprendre.
« L’ignorance mène à la peur », disait Averroès. Vainquons dès lors cette peur, allons à l’assaut du savoir !
C’est comme cela que nous en viendrons à n’« avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l’avenir. »
Il ne sert à rien de revendiquer un leadership que nous ne pourrions jamais assumer, et en être réduits à conduire notre pays vers un destin à la Tamango de Mérimée.
Changeons nos comportements. Soyons des hommes d’honneur, réhabilitons nos us et coutumes qui magnifiaient la sacralité de l’engagement chez nos anciens.
« Le bonheur, c’est lorsque vos actes sont en accord avec vos paroles » disait Indira Gandhi.
Soyons des hommes de valeur, et nous changerons notre vie, et transformerons le monde.
« Si tu rencontres un homme de valeur, cherche à lui ressembler » enseignait Confucius. « Si tu rencontres un homme médiocre, cherche ses défauts en toi-même, » conseillait-il.
C’est comme cela que nous acquerrons l’exemplarité.
Et M. W.B. Briton de nous rappeler que « La valeur d’un homme ne se mesure pas à son argent, son statut ou ses possessions. La valeur d’un homme réside dans sa personnalité, sa sagesse, sa créativité, son courage, son indépendance et sa maturité ».
Pensons-y !
C’est comme cela que nous revendiquerons légitimement l’héritage des Kéba Mbaye, Lat Dior, et autres ténors de la jeunesse estudiantine des années de braise comme Blondin Diop.
Nous avons le devoir de faire plus et mieux que nos anciens. Car nous sommes dans un monde chaque jour plus compétitif aux enjeux vitaux qui commandent d’avoir le courage et le savoir et les qualités morales qui feront de nous des hommes d’Etat résolument ancrés dans leur terroir, mais ouverts aux apports fécondants de l’extérieur, en toute responsabilité et clairvoyance.
C’est en cela que nous pourrons revendiquer, sans avoir le sentiment de l’usurper, notre sénégalité !
Et c’est comme cela que nous mettrons fin à tous les comportements saugrenus que nous décrions, au premier rang desquels celui des politiciens de métier dont la seule compétence est d’abêtir les masses populaires, et de les transformer en bétail électoral.
« Si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues » théorisait Adolf Hitler.


Cette époque est révolue. Elle est dépassée. Tout comme celle qu’évoquait Clémenceau, quand il constatait, amer, qu’« en politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables ! »
L’imposture politique est finie. Au moins, ayons-en la conviction, en décrétant sa fin.
« L’imposture est l’hypocrisie de la conviction. L’hypocrisie n’a pas la puissance de la conviction, comme le mensonge n’a jamais la puissance de la vérité, » affirmait Lamartine. Il ne croyait pas si bien dire, au vu de la tortuosité, de l’inconstance et de la versalité des politiciens.
Nous devons réhabiliter notre haute et historique conscience morale d’où germe la satisfaction du devoir accompli qui donne la paix du cœur, et une tranquillité d’esprit à nulle autre pareille. C’est comme cela que nous serons des patriotes, citoyens modèles engagés pour le développement de notre pays, dignes héritiers de nos ancêtres dont notre hymne implore qu’on nous rende l’honneur, leur honneur, « splendide comme ébène, et fort comme le muscle » !
Rien ne vaut une conscience tranquille aurait dit Victor Hugo, qui la préfère à « une destinée prospère. J’aime mieux un bon sommeil qu’un bon lit », lançait-il.
Vive le Sénégal !

Réflexion: Du respect de nos institutions

Les instituions de notre pays sont l’émanation de notre volonté de vivre ensemble. Elles sont les fondations de notre société, avant d’être les piliers de l’Etat.

Le régime qui est aux commandes de nos institutions y a été installé par la volonté populaire, car c’est la majorité d’entre nous, à travers un scrutin libre transparent et démocratique qui l’a porté au sommet de notre pays.




La compétition politique, seul moyen de conquête du pouvoir donc, est la voie par laquelle quiconque veut présider aux destinées de notre pays, ou diriger une institution devra passer, pour être vêtu du manteau du suffrage universel, qui sacralise dès lors celui les incarne, et les lieux où elles ont élu domicile.

La première institution de notre pays est le Président de la République.

Il est le Chef de l’Etat. A ce titre, tout citoyen et tout démocrate épris de respect pour soi-même et qui juge que ce respect est réciproque doit avoir la convenance et la politesse ainsi que la courtoise de lui témoigner en toutes circonstances respect et considération, car, qu’en serait-il de lui-même si demain il se retrouvait à cette posture et se voyait outrager par ses adversaires politiques ?

Certes, nous pouvons toujours dire qu’il est aussi chef de parti et que souvent ceux qui le critiquent le font de manière indifférenciée, mais l’opposition la plus ferme et la plus radicale n’exclut certainement pas le gentleman agreement qui voudrait que nous en restions aux faits, étant entendu que les arguments factuels devraient dominer dans tout discours politique dont l’objet est la conquête du pouvoir et la sauvegarde de l’intérêt de la République.

En profanant irrévérencieusement les lieux de solennité où la République tient palabres aussi, nous en violons la sacralité et nous nous ravalons par la même occasion au pied de l’échelle sociale, en manquant à notre premier devoir de citoyen.

Au Palais présidentiel, les jeunes étudiants qui ont tenté d’en escalader les grilles ont porté atteinte à toute la Nation sénégalaise.




De même, que nos honorables députés retiennent que l’Assemblée nationale est un haut lieu de solennité où les questions essentielles qui concernent le sort de notre pays sont débattues. Pouvons-nous alors continuer à accepter que des querelles de chiffonniers s’y déroulent, et que l’insolence la plus abjecte y permette l’expression impertinente d’une radicalisation aveugle qui fait agir sans discernement certains de nos représentants pressés d’en découdre contre je ne sais qui, ou obsédés par l’envie de revêtir le manteau de Zorro ferraillant contre le régime qui est censé plumer le peuple , totalement surexcités par les caméras et si obsédés par leur téméraire fougue qu’ils ne se rendent même pas compte qu’ils s’infantilisent et heurtent la bonne conscience de chaque patriote?

Revenons sur terre. Posons la balle à terre.

Et faisons attention à ne pas piétiner nos institutions. Dans tous les pays où les symboles de la souveraineté nationale ont été chahutés, cela a constitué la première étape vers l’installation de l’anomie, annonciatrice d’un régime de la loi du plus fort où la majorité de la population sans défense a péri, mangée par le lion de la cruauté !

De même, il convient de ne pas brûler nos institutions sociales, les poumons par lesquels respire notre société, les véritables poutres qui maintiennent notre pays dans une stabilité sociale durable et guident notre vie de tous les jours.

Ne dévalorisons pas nos guides religieux.

Ce sont les médiateurs sociaux et les refuges de nos concitoyens dont ils sont le recours ultime quand ils ont la conviction de souffrir d’une injustice, ou d’être victimes d’un abus.

Quel que soit notre avis personnel par rapport à ce que certains parmi nous peuvent considérer comme des abus et autres écarts de langage qui trahissent une partialité réelle ou supposée, donnons-leur la considération qui sied. Nous devons renforcer leur légitimité.

Un pays sans repères, sans aucune éducation civique qui inculque le respect des institutions et la vénération de l’héritage des anciens à ses citoyens est en danger !

 

Cissé Kane NDAO

Président A.DE.R

Diplômé de Sciences PO

Executive MBA Management Public Territorial

Master 2 Professionnel Gestion de projet, Gestion axée sur les résultats, Pilotage du changement

Démocratie, Etat de droit et dialogue politique

Il est nécessaire de dialoguer. Sans dialogue pas de consensus. Sans consensus pas de compromis dynamique. Sans compromis dynamique il y a crise. Et une crise sans médiateur s’enlise. Et dégénère. Dans ce cas, l’Etat quel que soit sa puissance et ses moyens de coercition est frappé d’illégitimité, car « c’est dans la Nation que réside le fondement de la souveraineté ».

Ce consensus ne peut exister véritablement, si le dialogue est confronté à la montée en puissance de l’Exécutif, et que cela se traduit par un processus d’émancipation juridique, et par la crise du Principe de légalité.

La pire conséquence de cet état de fait est la périclitation inéluctable de toute Démocratie, même majeure.

Car nous assisterons par là à une violation des principes fondamentaux de l’État de droit, dont « le concept (…) implique que les gouvernants ne [soient] pas placés au-dessus des lois, mais exercent une fonction encadrée et régie par le Droit », surtout que « l’État de droit implique une confiance absolue placée dans le Droit », comme le souligne Jacques Chevalier.

Pour ce, il faut une véritable indépendance des juges. N’exagérons pas et ne nous en offusquons pas. Je vois d’ici des personnes de mauvais aloi alerter déjà sur les dangers de l’instauration d’une République des juges !

Au contraire, les défenseurs de la dépendance politique de la Justice qui reste de rigueur dans la quasi-totalité des pays en développement sont les fossoyeurs de la Démocratie. Ce sont eux qui théorisent les schémas les plus saugrenus censés ménager les principes démocratiques garantis par la Constitution et permettre en même temps d’extraire le sort des princes qu’ils servent avec zèle et avec cynisme d’un jeu démocratique dont ils ne maitrisent pas tous les aléas, ce qui conduit dans la plupart des cas à la chute de leurs régimes.

« Le Droit s’est imposé désormais comme une ressource dont les acteurs politiques ne peuvent plus se passer, ainsi qu’une arme privilégiée de combat politique », au grand bonheur de ces praticiens indélicats de la matière qui deviennent les bras armés d’un Prince dont Machiavel disait qu’il « a deux manières de combattre : l’une avec les lois ; l’autre avec la force ».

Jacques Chevalier constate d’ailleurs fort à propos que « cette judiciarisation a offert aux spécialistes de droit constitutionnel une occasion privilégiée pour asseoir leur autorité et étendre leur influence. (…) L’affirmation de la suprématie du droit constitutionnel leur sert à établir leur propre hégémonie ; ces constitutionnalistes revendiquent aussi par rapport aux politistes, le monopole du savoir sur les Institutions. L’expansion du droit constitutionnel leur donne aussi des possibilités nouvelles d’intervention dans le débat politique ».

Ils ne s’arrêtent pas en si bon chemin, ces constitutionnalistes. Ils se retrouvent maintenant au cœur des régimes politiques, le plus souvent en position de tailleur constitutionnel sur mesure au service des princes de leur époque ! Ils en oublient le danger qu’encourt tout régime qui en arriverait à piétiner la souveraineté politique de la Nation, parce que bousculé par la pression d’échéances électorales proches, au point de ne pas prendre, comme l’y enjoint Philippe Nemo « le temps de convaincre les forces sociales qui [lui] paraissent hostiles » : la chute !

Pour éviter cette catastrophe, il ne leur reste plus que « l’Etat de police fondé sur le bon vouloir du Prince, » à lui opposer, un Etat de police où « il n’y a ni véritable limite juridique à l’action du pouvoir, ni réelle protection des citoyens contre le pouvoir ».

Le seul frein aux tentations hégémoniques de basculement d’un régime politique vers la dictature à la faveur de réformes déconsolidantes est l’indépendance de la Justice.

L’indépendance de la Justice dans tout système démocratique qui se respecte témoigne en effet de la transcendance du Droit par rapport au politique. Pour ce, elle doit s’adosser sur le respect du Principe de sécurité juridique, lequel suppose une certaine stabilité des lois, et des situations qu’elles définissent.

Vu sous cet angle, un dialogue constructif suppose le bannissement d’un agenda caché, porté par la décision unilatérale du Prince, à un moment charnière de la vie de la Nation, en lieu et place d’une concertation élargie dont les termes de référence sont partagés par tous les acteurs-cibles, surtout en l’absence de médiateur reconnu par tous les protagonistes.

D’où le rôle crucial du juge, celui constitutionnel dans ce cas précis. Car il est l’ultime recours dès lors que le Parlement peut faillir à sa mission, et se faire le complice tacite d’une prise en otage de la volonté populaire, ou de la violation de l’Etat de droit.

« Gardien des valeurs, le juge [constitutionnel] est chargé de les défendre contre la volonté capricieuse des majorités. [Il] tend à devenir (…) un acteur à part entière du jeu politique. (…) Le rôle politique de la juridiction constitutionnelle apparait en pleine lumière en période de fortes tensions politiques (…) et d’incertitude politique », nous dit Jacques Chevalier.

Il parait clair, dès lors, qu’il ne peut y avoir ni dialogue constructif ni consolidation d’une véritable démocratie majeure, au cas où l’Institution suprême, le Conseil constitutionnel, ne jouerait pas ou se refuserait à jouer son rôle !

Il se ferait par là au même titre que le Parlement, le complice actif ou silencieux de l’accomplissement de la volonté hégémonique du Prince en renonçant à sa mission, celle de « garantir la souveraineté constituante du peuple, qui est au principe même de la Démocratie ».

La Démocratie est belle et rétive. Elle est monomaniaque. Et les seules idées qu’elle chevauche et n’en démord pas sont l’État de droit, et les Droits de l’Homme.

Le seul amant qu’elle honore de ses faveurs est la Justice. Si elle est indépendante.

« Le Prince est la personnalité unique sur laquelle se concentre toute l’attention publique », pour reprendre les termes de De Laurens. Il doit alors avoir toujours à l’esprit que « la parole est action ou n’est rien. Parler, ce n’est pas jongler avec des idées, ni polir des sentences, roucouler, faire des effets de manche, poser pour le profil. Parler, c’est convertir. Au moins convaincre ; ou raffermir des convictions chancelantes », dit bien fort à propos Bertrand Périer.

Dialoguons alors.

Et pour que tout dialogue soit constructif, le Prince doit se souvenir qu’être Homme de parole, Homme d’honneur, c’est en cela que l’Homme d’Etat se distingue du Prince, dont Machiavel dit qu’il « ne peut ni ne doit tenir sa parole, (…) le point [étant] de bien jouer son rôle, et de savoir à propos feindre et dissimuler » !

 

Cissé Kane NDAO

Président A.DE.R

Diplômé de Sciences PO

Executive MBA Management Public Territorial

Master 2 Professionnel Gestion de projet, Gestion axée sur les résultats, Pilotage du changement

Alternance générationnelle: De l’obligation d’assumer notre leadership

Notre génération, qu’elle le veuille ou pas, devra assumer ses choix politiques et se préparer à accomplir son destin, quel que soit par ailleurs la manière dont elle s’y prendra. Pour ma part, j’ai l’intime conviction que nous sommes tous engagés dans le même combat : élever le Sénégal parmi les leaders de ce monde.




C’est notre mission, notre dénominateur commun, notre doctrine j’allais dire pour reprendre les mots de Sun Tzu, qui en disait qu’elle « fait naître l’unité de penser ; elle nous inspire une même manière de vivre et de mourir, et nous rend intrépides et inébranlables dans les malheurs et dans la mort ».

C’est la raison pour laquelle notre génération est celle du savoir, nous sommes avides de tout connaitre, comme si aujourd’hui nous sommes saisis de cette fièvre qui enfanta le Siècle des lumières et servit de levain à la Révolution française.

Nous nous intéressons à tout ce qui touche au sort de notre pays en effet, et quel que soit le bord d’où nous sommes, du pouvoir comme de l’opposition, notre dénominateur commun est que nous ne « [dédaignons aucunement] d’entrer dans un détail exact de toutes les choses qui peuvent servir, et [nous] mettre au fait de chacune d’elles en particulier ».

C’est que nous en sommes arrivés à un moment charnière de notre vie en tant que nation, et nous devons valablement avoir le courage de tirer les leçons du passé, si nous les avons apprises, et bien assimilées.

L’époque du messie ou de l’homme providence est passée et enterrée. Désormais, l’heure est à l’union, à la mise en commun de nos forces, selon les convictions que nous partageons et les valeurs qui peuvent nous réunir. C’est autour d’un projet commun de société porté par une vision qui cimentera notre compagnonnage que nous serons capables de charrier une énergie positive et démontrer une détermination courageuse qui forceront l’adhésion de nos concitoyens.
Dès lors, de manière collégiale, nous en arriverions à « discerner parmi [nous] (…) celui qui a le plus de doctrine et de vertus » et qui est, en conséquence, « en état de marcher dignement à la tête des autres ».




Un seul homme ne peut plus incarner le changement et porter seul le combat de tout un peuple. Quel que soit sa force son engagement et sa fougue, son action solitaire est vouée à l’échec. Cela est vieux comme l’histoire. Sun Tzu le grand stratège disait à ce propos que « si quelque brave veut sortir seul hors des rangs pour aller provoquer l’ennemi, ne le permettez point ; il arrive rarement qu’un tel homme puisse revenir. Il périt pour l’ordinaire, ou par la trahison, ou accablé par le grand nombre. »




Le leadership désormais est éclaté. L’incarner suppose qu’il soit théorisé et porté par des hommes et des femmes pleinement engagés qui choisissent librement, sur la bases de valeurs partagées une parmi les personnes qui militent pour leur cause commune, celui qui va incarner ce combat et en être le visage, selon une lettre de mission qui cadre clairement ses missions. Le temps du leader bien aimé paré de tous les atours et qui s’autoproclame général à la tête des troupes car il a les ressources financières requises pour prendre en otage l’Etat et opérer une vaste entreprise de retour sur investissement en s’arrogeant tous les pouvoirs a disparu depuis longtemps, en Afrique.

Les citoyens attendent désormais de leur dirigeant, « par le rang qu’il occupe, (…) qu’il sache gouverner les hommes ; (…) qu’il sache les conduire ; (…) qu’il soit véritablement au-dessus d’eux, non pas seulement par sa dignité, mais par son esprit, par son savoir, par sa capacité, par sa conduite, par sa fermeté, par son courage et par ses vertus. »

Vaste programme !

Cissé Kane Ndao

Les régimes politiques tropicaux, sous l’éclairage de L’art de la guerre de Sun Tzu

Les théories surannées des penseurs du Quattrocento italien, Machiavel en particulier, et du stratège chinois auteur de L’Art de la guerre Sun Tzu trouvent encore leur application dans les démocraties tropicalisées de l’Afrique.

Dans ces nations à la démocratie balbutiante où l’accession au pouvoir passe bien souvent par un chemin sinueux de compromissions, génuflexions et autres traquenards et meurtres de concurrents potentiels, la conservation démocratique du pouvoir pour certains habiles politiciens-piètres managers qui président aux destinées de ces pays est un défi presqu’insurmontable.




Leur époque est en train de se conjuguer au passé. Malgré quelques réminiscences de ces régimes qui tentent de se perpétuer encore, il souffle sur notre continent une vague de changements qui est en train de révolutionner les consciences et de leur imposer un alignement aux standards internationaux en matière de démocratie, de bonne gouvernance, d’Etat de droit et du respect des droits de l’Homme.

L’obligation de rendre compte entre autres est désormais une exigence forte des populations prêtes à tout pour faire respecter dorénavant leurs droits.

Un prince avisé doit dès lors avoir toujours à l’esprit que cette reddition des comptes est immuable. Malheureusement la fragilité des institutions couplée à la pression des enjeux favorisent toujours la montée des élans dictatoriaux pour continuer à usurper le pouvoir sous nos tropiques, avec leurs deux puissants leviers dont les princes abusent à tout va : la promotion de la corruption, et la manipulation de la justice.

C’est une fuite en avant qui procure le contraire de l’effet recherché, et démontre en même temps combien le pouvoir du prince est aux abois. « L’excès de récompenses et de punitions montre que le commandement est au bout de ses ressources (…) », alertait Sun Tzu.

Si dans le même temps le recours à la punition est discriminatoire, et que finalement il n’y a de coupables que dans le camp de l’opposition, cette situation à terme engendrera une révolte populaire exacerbée par le sentiment d’injustice chez le peuple confronté à la faiblesse du pouvoir vacillant d’un prince « qui n’ose punir, qui ferme les yeux sur le désordre, qui craint que les siens ne soient toujours accablés sous le poids » de responsabilités dont ils n’ont cure, et qui abusent de leurs positions assimilées à des positions de jouissance, et non de servitude.

Sun Tzu avertissait en ces termes celui qui au pouvoir se comporte ainsi : « (…) si vous ne punissez pas exactement jusqu’à la moindre faute, vous ne serez bientôt plus respecté, votre autorité même en souffrira, et les châtiments que vous pourrez employer dans la suite, bien loin d’arrêter les fautes, ne serviront qu’à augmenter le nombre des coupables. Or si vous n’êtes ni craint ni respecté, si vous n’avez qu’une autorité faible, et dont vous ne sauriez-vous servir sans danger, comment pourrez-vous être avec honneur à la tête d’un [Etat] ? Comment pourrez-vous vous opposer aux ennemis de l’État ? Quand vous aurez à punir, faites-le de bonne heure et à mesure que les fautes l’exigent. »




C’est le comportement attendu du Prince, dans une République bâtie sur des principes démocratiques dont l’observance immuable des règles aura abouti à son arrivée au pouvoir.

Malheureusement, dans nos démocraties tropicalisées, l’enjeu du maintien au pouvoir est si prégnant que la tentation de violer les règles du jeu en devient séduisante et irrésistible pour un prince obnubilé par la conservation du pouvoir, qui y succombe sans ostentation.

Et c’est alors la porte ouverte à tous les abus ; il accorde « des récompenses sans [se] préoccuper des usages habituels, [publie] des ordres sans respect des précédents » applique à tout va les théories divisionnistes et la corruption par l’argent et les honneurs, dont Sun Tzu théorisa l’efficacité : « le grand secret de venir à bout de tout consiste dans l’art de savoir mettre la division à propos » disait-il en effet, et il encourageait dans ce cadre à l’usage sans états d’âme de celle « par laquelle on répand l’argent à pleines mains envers tous ceux qui (…) ont passé du côté du [prince]. »

« Vous saurez par leur moyen les dispositions du grand nombre des leurs à votre égard, ils vous suggéreront la manière et les moyens que vous devez employer pour gagner ceux de leurs compatriotes dont vous aurez le plus à craindre ; (…) si de mutuels soupçons, de petites jalousies, des intérêts personnels les tiennent divisés, vous trouverez aisément les moyens d’en détacher une partie, car quelque vertueux qu’ils puissent être d’ailleurs, (…) l ’appât (…) des richesses ou des postes éminents que vous leur promettez, suffiront amplement pour les gagner ; et quand une fois ces passions seront allumées dans leur cœur, il n’est rien qu’ils ne tenteront pour les satisfaire ».




Cela ne vaut heureusement que pour une partie fort négligeable de la population, et de la classe politique car, aujourd’hui, les nations sous nos tropiques aspirent à un mieux vivre et prennent en charge eux-mêmes leurs destinées. Ils ont cessé de croire en le Père Noël déguisé en homme providentiel !

Quelle que soit la lucidité et la pertinence de ces grands théoriciens dont les leçons sont appliquées dans la cour des princes tropicaux, enseignées par des stratèges experts en théories du complot plus motivés pour sauver leur peau que pour le bénéfice des princes qu’ils servent, les effets ne se sont plus opérants.

Malheur pour le prince qui n’aura pas eu la lucidité de le constater.

Et d’en tirer les leçons.

Cissé Kane NDAO

Président A.DE.R

Diplômé de Sciences PO

Executive MBA Management Public Territorial

Master 2 Professionnel Gestion de projet, Gestion axée sur les résultats, Pilotage du changement

Serigne Mbacké Sokhna Lô, un astre à jamais au firmament

Au frontispice de la confrérie du Mouridisme, nous pouvons écrire sans risque de nous tromper que Serigne Mbacké Sokhna Lo figurera à jamais parmi les noms les plus illustres de la sainte constellation des descendants de Cheikh Ahmadou Bamba.




L’homme était un ascète accompli, rompu à l’adoration de Dieu qui l’éleva au rang de ses proches, au point que quiconque au Sénégal avait un besoin dont la satisfaction lui semblait impossible pensait aussitôt à Taïf, et courait vers lui, comme « l’animal court vers la rivière, quand la brousse est en feu » !

Sa proximité avec le Créateur, il la doit à sa relation exclusive avec Lui, grâce à son intercesseur et guide spirituel qui le forma très tôt dans le respect des pratiques fondatrices de l’orthodoxie mouride, à savoir la relation privilégiée et exclusive qui doit lier le talibé à son guide : Serigne Modou Moustapha, son grand père, premier Khalif général des Mourides.

Il était fils de Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma, l’intellectuel visionnaire à qui le Sénégal doit la réhabilitation de l’Islam, et qui porta le combat victorieux pour imposer le respect dû aux guides religieux dans un contexte d’Etat post colonial où l’héritage prégnant de la France tendait à les ravaler à un rang des plus anecdotiques.

Il a hérité de son père cette classe, et cette vista et cette élégance enveloppées d’un silence convenu où tout dans sa pose et sa gestuelle et son regard exprimait une affabilité qui mettait à l’aise ses proches et intimidait encore plus ceux qui ne le connaissaient pas, et étaient surpris alors de découvrir en privé un homme du monde, ouvert d’esprit et d’une grande mansuétude.

Je me rappelle notre première entrevue.




Son fils Serigne Fallou qui deviendra plus part mon guide spirituel me le présenta, et lui expliqua que je venais de finir mes études à l’Ecole normale supérieure, mais nourrissais l’ambition de m’élever encore plus haut, en poursuivant notamment mes études.

Il me demanda mon nom ; je lui répondis Ndao. Il plaisanta avec moi, et moqua notre gloutonnerie et notre attachement au riz, en bon cousin à plaisanterie, puis me glissa : « Le métier d’enseignant, c’est un métier difficile et ça ne nourrit pas son homme » !

J’eus la présence d’esprit, un an plus tard, après avoir traversé moult aventures et vécu toutes les situations possibles et imaginables dans ma carrière naissante de professeur, de revenir à Taïf le voir, pour lui demander de prier pour moi, afin que mes gains se fructifient, ou que je change de métier.

Il m’écouta attentivement lui conter toutes mes mésaventures, me sourit d’un air convenu et pria pour moi.

Ce fut la dernière fois que nous nous vîmes. Ma relation à lui pour ce qui suivit est d’une telle dimension ésotérique qu’elle ne peut être abordée en public.




C’est Serigne Modou Moustapha qui fut son guide spirituel, et donc celui par qui il débuta son cheminement spirituel qui en fit une des figures les plus charismatiques et aimées de la confrérie Mouride.

Sa générosité était légendaire. Le saint homme l’utilisa si bien comme paravent qu’il réussit presque durant toute sa vie à cacher aux yeux des non-initiés sa haute stature spirituelle.

La plupart de ceux qui le fréquentèrent sont marqués à jamais par la magnificence de son hospitalité et la prodigalité dont il faisait preuve quand il s’agissait de prendre congé de se visiteurs. Il avait le don d’obliger ses hôtes et de leur laisser un souvenir aussi impérissable qu’ému.

Serigne Mbacké Sokhna Lo savait aussi mettre en valeur ceux qui lui vouaient un attachement total et une fidélité sans bornes. Beaucoup parmi ces personnes chanceuses ont pu mesurer dans leur existence l’influence positive et l’impact de la bénédiction désintéressée du saint homme, qui enseigna par l’exemple durant toute son existence les préceptes islamiques et les leçons théorisées et initiées par son auguste père, Sergne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma, qui fut l’initiateur des dahiras, par la mise en place desquels il démontra aux talibés combien les vertus de la solidarité agissante et d’entraide fraternelle étaient un vecteur de paix sociale et constituaient une force d’action qui devait permettre aux Mourides d’interagir pour réaliser les ambitieux projets de la tarikha.

Serigne Mbacké Sokhna Lo parcourut le monde pour rencontrer les talibés, et les grands de ce monde, exclusivement à leur demande. Car il n’était attaché à aucune richesse de ce bas monde, et vouait son existence à la satisfaction des besoins de l’humanité entière, sans aucune forme de distinction.

Son influence sur la vie politique de ce début du millénaire est indéniable.

Jusqu’aujourd’hui.



La plupart de ceux qui siègent au plus haut sommet de nos institutions l’ont à un moment donné de leur carrière politique rencontré, et d’aucuns parmi eux témoignent encore en toutes occasions de l’apport déterminant du saint homme dans leur cheminement politique et l’influence salutaire qu’il exerça sur leurs vies, rien que par son comportement, et ses leçons de vie qui sont encore aujourd’hui le viatique qui guide leurs actions de tous les jours.

Homme multidimensionnel, sa disparition a ému toute la communauté des musulmans et fait l’effet d’un monde qui s’effondre.

Mais la ummah vite revenue de ses émotions a découvert que Serigne Mbacké Sokhna Lo, à l’exemple de ses semblables dont l’œuvre est sans cesse vivifiée et célébrée a laissé en héritage aux talibés son exemple, mais surtout un khalif à la hauteur de l’immense legs de son père, Serigne Moustapha Mouhamed, qui perpétue son œuvre.

Longue vie à lui !

Cissé Kane NDAO

Président A.DE. R

Macky Sall, l’étudiant, retrouve sa famille

Il y a quelques jours, nous nous émouvions de la disparition tragique de l’étudiant Fallou Sène.

Il y avait de quoi en effet, car rien de ce que ces étudiants vivent ne nous est étranger. Nous avons arpenté avant eux les couloirs de l’université, et vécu les affres d’un campus surbondé où le clandotage régnait en maître, ce qui constituait une motivation supplémentaire pour réussir l’examen de passage dès la session de juillet, pour être à peu près sûrs d’être logés.

Je suis retourné dernièrement à l’université, comme en pèlerinage au Pavillon A, pour voir ce que sont devenues les chambres où je créchais durant mon séjour en ces lieux de savoir et de formation austères.

Dès que la porte de mon ancienne chambre me fut ouverte, je reculai rapidement pour éviter l’odeur de promiscuité moite qui déboula pour m’accueillir.

Les pavillons étouffent à cause du surpeuplement. Les étudiants vivotent en effet dans des conditions exécrables et le pavillon A, à l’instar certainement des autres pavillons est non plus fortement surpeuplé, mais densément et dangereusement surpeuplé !

Au campus pédagogique la situation est pire. Rien qu’à la Faculté de lettres de l’Ucad, ils sont 14700 étudiants !

C’est donc dire qu’il y a urgence, pour non pas sauver l’année universitaire, mais reformer le système et l’inscrire durablement dans la perspective de la performance, pour anticiper sur les futurs enjeux qui nous assaillent déjà et qui ont pour noms compétitions, maitrise de savoirs nouveaux, formations aux métiers du futur.

Nos universités ont besoin de se renouveler, et de repenser leurs rôles pour se réinventer une nouvelle vision capable de porter l’ambition de notre pays qui souhaite accéder à l’émergence et se positionner parmi les leaders non plus seulement diplomatiques, mais technologiques et économiques d’une Afrique qui représente le futur de l’humanité désormais.

Le Président Macky Sall a constaté l’urgence. Il était temps.

Il s’est rebiffé. Et son engagement vient à son heure. Mieux vaut tard que jamais en effet.

Je salue sa détermination. En effet, il est des situations où seuls la volonté et l’engagement permettent d’agir immédiatement, tout en gardant la lucidité de penser au futur proche afin de prendre les décisions responsables non plus pour régler seulement les problèmes ponctuels, mais pour repenser dans ce cas précis toute la politique en matière d’ enseignement supérieur, et inscrire définitivement le Sénégal au firmament des temples du savoir et  de l’excellence, en réhabilitant par-là la vocation première de nos universités, dont le leadership aura souffert jusqu’à présent de la détérioration des conditions d’enseignement-apprentissage,.

Les étudiants en sont les premières victimes.

Les dysfonctionnements aux conséquences tragiques qui ont abouti à la mort hélas évitable de l’un des leurs doivent être jugulés une bonne fois pour toutes.

Le Président Macky Sall, en décidant il y a quelques temps de convoquer un Conseil présidentiel sur l’Enseignement supérieur avait manifesté solennellement sa volonté de parachever ses actions pour doter le Sénégal d’un enseignement de qualité, par la définition d’une orientation stratégique de nature à changer le visage de notre pays, en l’inscrivant résolument dans l’ère de la maitrise des savoirs et des savoirs faires nécessaires à la valorisation de nos potentialités pour un décollage réussi vers le développement

Saluons dans ce cadre la redéfinition de la carte universitaire, avec les nouvelles universités qui vont ouvrir dès la rentrée prochaine.

Ces dispositions étaient antérieures aux éléments que nous venons de vivre. Elles n’en sont que plus louables encore.

Et elles démontrent à suffisance la volonté du président Macky Sall d’ancrer la recherche du savoir, par un enseignement supérieur de qualité, au cœur de sa politique de développement du Sénégal.

C’est pourquoi les mesures vigoureuses et hardies qu’ils vient de prendre pour l’amélioration des conditions de vie des étudiants me vont droit au cœur.

J’exprimais ma vive émotion devant la manière dont les étudiants frustrés vivaient le retard dans le paiement de leurs bourses, et j’en expliquais la raison.

Tout comme le salaire, la bourse est sacrée en effet.

Pour nous qui avons fréquenté l’Université au moment où les premières réformes vigoureuses étaient mises en place, quand l’ancien système prenait fin et que les nouvelles dispositions supposées être basées sur le mérite étaient en train d’être mises en place pour privilégier ce critère dans l’attribution des bourses et la délivrance des logements universitaires, nous pouvons dire clairement que personne parmi les présidents précédents n’aura fait plus et mieux en matière de prise en charge des étudiants, par le relèvement du taux de la bourse et de l’aide couplé à la baisse significative des tickets de restauration que le Président Macky Sall !

Ajoutons à cela le renforcement de la politique d’augmentation de la capacité d’accueil des universités, et nous constaterons véritablement qu’il y a de quoi saluer vigoureusement cet engagement du Chef de l’Etat, du Président de la République, sans autre considération que celle d’un citoyen qui constate qu’un problème est en train d’être réglé, comme il le faut.

Cela est d’autant plus méritoire que notre enseignement supérieur fonctionne d’une manière unique en son genre dans toute l’Afrique.

En effet le Sénégal est l’un des seuls pays au monde où l’obligation de scolarisation au niveau supérieur de tous les bacheliers pèse sur les épaules de l’Etat, qui contracte avec des établissements privés de formation pour y prendre en charge la formation des étudiants n’ayant pas de places dans les universités publiques !

En plus de verser selon leur mérite, une bourse ou une aide à ces étudiants déjà pris en charge au niveau de la scolarité.

Nous supportons tous la facture que cela représente pour l’Etat.

Nous devons alors être tous à la hauteur de ce que représente cet enjeu, et contribuer ensemble à la recherche d’une paix définitive dans nos franchises universitaires.

Il y a des questions souveraines qui engagent l’avenir de notre nation et qui commandent que nous agissions lucidement et objectivement ensemble, en dehors de tout clivage politique, surtout que nous affirmons les uns les autres que nul n’a le monopole du patriotisme.

Il se suffit plus de le proclamer, dès lors que l’avenir du pays est en jeu, il faut le montrer, et le démontrer.

Saluons-en cela la contribution spontanée du crooner de nos années d’étudiants, figure charismatique au même titre que Thérèse de nos années estudiantines, Oumar Pène.

Son engagement renouvelé aujourd’hui aux côtés du Président Macky Sall pour nos frères est un signal fort pour nous.

Retournons à l’université. Et donnons à nos frères ce que nous avons reçu de meilleur de notre pays, un savoir-faire, des compétences et des qualités humaines dont ils ont besoin, et pour la transmission desquels nous ne devrions nullement être intéressés.

C’est en cela que nous serons véritablement les leaders que nous revendiquons, et les modèles que nous souhaitons offrir en repères à nos frères saisis plus par l’incertitude du futur que par une défiance envers les autorités qui expliquerait leur radicalisation, réelle ou supposée.

Le Président Macky Sall a agi en Président. C’est ce que nous attendions de lui.

Mais les actes qu’il vient de poser en faveur de la communauté estudiantine prouvent à suffisance que c’est le cœur de l’étudiant qui s’est vu en les visages de ces jeunes sénégalais responsables et déterminés qui s’est exprimé.

J’en suis fort heureux.

Car qu’est-ce que le peuple attend en fait d’un dirigeant ? Qu’il s’identifie à lui. Qu’il sente comme une osmose qui lui renvoie sa propre image et conforte sa conviction que ses préoccupations sont connues, et partagées.

Dès lors qu’elles sont prises en charge, le Président a fait son devoir.

Au grand bonheur des étudiants.

Nous portons tous le deuil de Fallou Sène.

Mais c’est notre engagement commun et notre détermination solidaire à asseoir une paix durable dans nos universités qui doivent constituer le plus bel hommage que nous puissions lui rendre.

Regardons de l’avant. Et après les actes forts du Président de la République, posons la balle à terre, dans nos universités. Reprenons les cours.

C’est la décision que tout citoyen est en droit d’attendre maintenant de nos frères étudiants.

 

Cissé Kane NDAO

Président A.DE. R

 

 

Les alertes de Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum

Al Makhtoum !

J’aime et je vénère ce saint homme.

Il a vécu loin des mondanités qui caractérisent bien souvent les cours de nos khalifs transformés en espace de jouissances terrestres rappelant les fastes des cours arabes à l’apogée de leur gloire.

Un saint homme entièrement consumé dans l’adoration de Dieu, qui vécut si pleinement son rapport avec le Créateur qu’il se retira de la compagnie des hommes, quand le khalifat lui tendit les bras et que toute l’humanité convergea vers lui.



Il avait bien raison, l’ascète.

Il avait d’autant plus raison qu’il avait fini de délivrer avec générosité le message, le seul qui vaille d’être écouté et entendu : le viatique pour réussir sa vie ici-bas, et sa relation à autrui, et surtout honorer son pacte avec Dieu.

Serigne Cheikh nous a alertés sur les mirages évanescents de la vie, et il a enseigné à ses contemporains les qualités fondamentales qu’ils devaient cultiver pour vivre en harmonie dans une société apaisée.

Son message reste toujours d’actualité.

Car quiconque écoute attentivement ses prêches se reconnaitra indubitablement dans ses propos.

Laissons tomber les querelles et polémiques futiles sur la religion.

Que je sache, nul parmi nous ne peut décréter l’exclusion de son semblable de la religion.

Allah SWT Lui-même dit au Prophète PSL que son devoir se limitait uniquement à transmettre Son message comme Il le lui avait demandé, et qu’il n’était pas de ses prérogatives d’exiger ou d’imposer l’adhésion de qui que ce soit à l’Islam !




Le très sage Al Makhtoum a souligné combien dans notre pays les us et coutumes étaient plus prégnants que les préceptes de l’Islam, et quiconque serait tenté d’en exiger l’application stricte susciterait une levée de boucliers qui lui serait fort préjudiciable, car son autorité morale et spirituelle serait au mieux contestée, au pire remise en cause.

Belle leçon de ce grand visionnaire, qui connaissant profondément la nature humaine et ses faiblesses, et la profondeur insondable de son âme !

En effet notre rapport à la religion est si teinté de syncrétisme qu’il serait compliqué de déterminer qu’est ce qui relèverait de l’Islam véritablement, dans nos pratiques si empiriques pour la plupart.

Que chacun s’occupe donc de la poutre qui pend à son œil, au lieu de s’occuper de la brindille qui pend à l’œil de son prochain.



Restons-en aux principes qui doivent gouverner notre vivre ensemble, dans notre République, laïque jusqu’à preuve du contraire : les goûts et les couleurs, la foi et les questions d’orientation sexuelle ne se discutent pas.

Et les débats et autres polémiques stériles dès lors que les plus hautes autorités de ce pays s’en saisissent peuvent prendre une tournure regrettable pour tout le monde.

Ne jouons pas avec le feu.

Car comme nous en alertait Al Makhtoum, nous pourrions provoquer la colère de Dieu !

Et nul ne pourra dire qu’il n’a pas été averti.

Cissé Kane Ndao

Petit traité de Realpolitik: Du courage d’agir

Dans certaines situations de crises et autres cataclysmes, la propagande ne peut plus apporter de solutions.

Que faire alors ? Secouer le baobab.

Il faut oser. Agir. Tailler dans le gras.

Et démontrer par là son self control, et le contrôle de la situation !

En politique, la propagande et ses artefacts sont juste des pilules qui abusivement utilisées deviennent rapidement des placebos, surtout si on est au sommet du Pouvoir.




Quand le vent tourne et que le Prince est saisi dans la tempête d’une crise retentissante qui cristallise un ressentiment qui s’amplifie chaque jour encore plus, la propagande qui commande d’offrir le menu fretin en sacrifice pour calmer la vindicte populaire est inopérante.

Le Prince doit dès lors sortir de sa zone de confort. Il lui faudra sacrifier sur l’autel de sa propre survie certains parmi les plus grands compagnons de son régime qui s’affaisseront comme des baobabs, et le fracas de leur chute couvrira le bruit et la fureur de la foule ! Et, surtout, éteindra le feu de sa colère qui jusqu’alors montait crescendo !

Le Prince n’en sera que plus grandi encore.

Car l’opinion publique aura par là le sentiment que la prise en compte par le Prince de son point de vue est authentique, et cette attention active fera fortement effet sur sa soif de justice, qu’il aura étanchée avec le meurtre symbolique de piliers de sa couronne.




Un Prince sous nos tropiques a toujours besoin que son peuple se sente redevable de lui.

Son adhésion dans ce cas l’oblige.

Et il retrouve entièrement le contrôle de la situation. Il donne ainsi la confirmation qu’il est toujours maître du jeu, et de son destin qui ne dépend de l’apport quelque déterminant qu’il pourrait être d’un de ses ex favoris en disgrâce subite.

Sinon, le Prince peut choisir de se complaire dans le compagnonnage de courtisans honnis, et en subir toutes les conséquences.

Un serviteur du Prince est toujours un fusible. En effet, une panne est toujours préférable à un incendie qui n’épargnera ni même le Prince ni son fauteuil, encore moins son régime !

 

 

Cissé Kane NDAO

Réflexion: Etre étudiant au Sénégal

La tragédie a ceci de terrible qu’elle ne porte un nom et un visage que quand elle advient.

Elle revêt alors les couleurs d’une vie, celle vécue fugacement par Fallou Sène, pour ce cas-ci.

Nous découvrons ce que fut l’existence de Fallou Sène : père, fils unique, espoir de toute une famille.




Etudiant, il a été. Il allait à l’Université la tête pleine de rêves et d’élans vers un futur qu’il a sans doute rêvé radieux. Il allait à l’Université avec la motivation du villageois arpentant les couloirs de ce temple du savoir, le cœur plein d’ambitions, porté par la rencontre, très prochaine, avec sa famille.

Un bonheur pour sa famille. Car sa plus grande satisfaction en ces occasions était celle de lire dans le regard de son père analphabète un éclair de fierté d’avoir un fils instruit, et qui avance avec succès dans les études.

Fallou Sène portait au plus profond de son cœur exalté une conviction et un courage candides qui lui firent répondre à l’appel de la lutte.

Quelle lutte ? Et d’ailleurs contre qui ?

Les jeunes étudiants impétueux saisis par la fougue propre à leur âge sont naturellement sous le coup d’une adrénaline qui exacerbe leur détermination et les entraine en avant, comme des étalons dans une meute en cavale. La dynamique de groupe est un puissant levain qui décuple l’excitation et conduit toujours à des face-à-face violents avec les forces de l’ordre.

Dans ces joutes convenues où les étudiants armés de pierres montent au front contre des policiers parés à toutes les éventualités, tout aussi jeunes, tout aussi fougueux et déterminés, forts de la détention légitime de la puissance publique et donc de la force, il arrive que le destin s’en mêle, pour le malheur de la victime expiatoire du moment.

Avant-hier, il s’appelait Balla Gaye, hier il s’appelait Bassirou Faye. Aujourd’hui, il s’appelle Fallou Sène.

Pauvres étudiants qui payez vos revendications de votre vie, quand est-ce que cessera votre sacrifice ?

Il semble écrit qu’il faut que quelqu’un parmi eux décède et arrose la terre de son sang pour faire lever les barrières et trouver les solutions à leurs problèmes.

Fallou Sène réclamait, comme ses camarades, sa bourse.

Il était pressé par l’urgence, certainement.

En effet, combien sont-ils les étudiants à envoyer à leurs parents au village dès la bourse perçue le prix du sac de riz et le savon nécessaires à leur survie ?




Je me souviens du jour où j’ai eu le plus honte dans ma vie d’étudiant :

-J’avais un voisin de chambre qui se réveillait tous les jours bien avant moi. Il ne rentrait que vers 13 heures, l’air épuisé.

Un jour, je suis revenu du restau le ventre bien plein, mon pain à la main pour l’en-cas chocolaté de 17 heures.

Mon voisin me demanda si je voulais bien lui donner mon pain. Ce que je fis.

Il sortit de son armoire un paquet de sucre et se prépara de l’eau sucrée avec le pain trempé dedans pour manger.

Surpris, je lui demandai pourquoi il prenait du pognecé au lieu d’aller au restau.

Il me dit : « Cissé, chaque matin, je vais à Yarakh aider les pêcheurs à tirer leurs filets à terre. Si ma journée est remplie, j’ai de quoi payer des tickets. Les jours où je ne travaille, pas comme aujourd’hui, je n’ai rien. Donc j’ai marché de Yarakh jusqu’ici.

Mon oncle ne me donne que 5 000 francs avec lesquels je paye la chambre ».

J’eus tellement honte de m’être si bien rassasié, j’eus tellement honte d’avoir un stock suffisant de tickets pendant que mon voisin trimait si dur, que sur l’instant ma honte me submergea. Je ne pus plus le regarder.

Je lui offris des tickets et sortis prendre l’air, pour évacuer ma gêne devant lui.

Cet exemple est l’une des situations difficiles dans lesquelles vivent les étudiants.

Derrière chaque visage d’étudiant au front se battant férocement avec les forces de l’ordre comme si son sort en dépendait, il y a une famille, il y a des besoins, il y a des urgences.

Ces étudiants s’oublient alors. Ils ne sont plus que des boules de colère prêts à tout pour recevoir leur dû. Parce qu’ils ne comptent sur personne. Et parfois leurs familles comptent sur eux.

Fallou Sène est parti.

Triste jour. Triste situation de nos universités où les rectorats et services administratifs saccagés sont un faible exutoire à leurs colères ravageuses qui étalent autant leur désespoir que leur soif de justice.

Il est temps que nous arrêtions la fuite en avant.

Le Sénégal compte sur tous ses fils.

Et l’autre disait que si l’Education a un coût jugé exorbitant, il faut alors essayer l’ignorance.

Que Dieu l’accueille au paradis firdawsi.

Cissé Kane NDAO

Président A.DE.R

Diplômé de Sciences PO

Executive MBA Management Public Territorial

Master 2 Professionnel Gestion de projet, Gestion axée sur les résultats, Pilotage du changement

Gaza: Mourir pour vivre

Dans un bout de terre tourmenté

Abandonnés par leur sang et laissés à la merci d’un clic de fusil

Dans la sombre pénombre d’une existence sans autre fenêtre qu’un bout du ciel

Tenus bien chaudement sous une chape de plomb d’un blocus béni par leurs frères

Nourris comme des vers d’appât pour servir de cartons aux snipers en stage




Victimes de leurs bourreaux hier victimes aujourd’hui oppresseurs

Eau terre sable tout est endiguement de leur envol vers la liberté

Quand le chemin de la liberté est la seule voie du ciel

Il faut choisir de mourir pour vivre

Partir pour être libres

Boire le calice de l’infamie jusqu’à la lie

Pour tel le limon du Nil

Arroser la terre de Gaza

Et Nourir son peuple de ses larmes à jamais séchées

Pour dire à la terre par des lettres de sang

Votre refus d’accepter un destin en enfer

Sur la terre promise hier havre de paix

Aujourd’hui sol d’expiation de complices silencieux

Honteux comme une tondue de 45

D’avoir créé un monstre insatiable

Qui désormais pose sur leurs épaules apathiques

Leurs serres écarlates

Et chient à leurs pieds

Des ombres tranquilles de palestiniens dormants

Sourire aux lèvres

Halo de gloire à leurs fronts

Ils sont partis

52 voyageurs sans visa

Désormais libres en eux

À jamais loin de Gaza la prison

Leur prison leur camp

Long fut leur martyr

Rapide fut leur délivrance

Ô toi qui as voulu un prisonnier

Que te reste-t-il d’autre

Que la vanité d’avoir voulu encager l’oiseau ?

Il s’est envolé

De Gaza

Gazé ?




Non !

Libéré à jamais

Par toi le garde chiourme

Et bien malgré ta volonté

Car bien sûr ils sont partis

Comme ils l’ont voulu

Oui ! Ils ont choisi leur destin

Ces 52 voyageurs sans visa.

La lutte les a anoblis à vie

Et la mort les a emportés

Vers des paradis perdus

Par leurs voisins

Hier craintifs aujourd’hui vaillants

Il y a de quoi : ils ont le fusil désormais

Face à des pauvres bougres

Désarmés

Et parqués comme de la chair à canon

Et tirés comme des pigeons

Pour leur bon plaisir !

Cissé Kane NDAO

Poète

 

MK LaMba AM AS AnDi KGM Mme T et j’en passe

« Aboli bibelot d’inanité sonore »,  ces noms saugrenus, jusqu’au jour où je  » nourrirai le vent, délacerai le monstre et regarderai monter de l’autre côté du désastre »-pour faire du Césaire comme il est d’actualité avec la Biennale de Dakar- leur infâme pénitence, puis verrai au « soleil prochain » de leurs yeux sourdre une haine impuissante qui les fera tressaillir d’impuissance et de rage et de haine sous le « sacré soleil vénérien » accablant jusqu’alors notre terre désolée  dans laquelle ils ne coucheront jamais « sans qu’ elle sache qui elle a porté ».




Prions, chers amis : « Seigneur, place le Sénégal à la Droite du père » et si nos ennemis dont nous implorons que nous nous préserviez  feignent de ne plus savoir « tout ce qu’ils ont vécu », donnes-nous les moyens de leur démontrer que nos yeux les ont toujours vus,  et que rien de qu’ils ont vécu ne nous fut étranger.
D’ici là « il serait sacrilège de leur adresser la parole » aurait dit René Char, surtout que ces « punaises » furent les adeptes inconditionnels de la face obscure, celle de la menteuse au visage tranquille, en proie à « la force putréfiante de l’ambiance crépusculaire » de sa fin sans gloire !
Pas de Mbale donc.
Restons tous zen !!!
Cissé Kane NDAO
Président ADÉR
Diplômé de Sciences PO
EMBA Management public territorial
Master 2 Professionnel Gestion de projet GAR et pilotage du changement




Hommage à Habib Faye

Il pince sa bass apaise mon coeur et berce mon âme.

Less wakhoul le titre auquel je pense subitement  à l’annonce de son voyage sans retour.
Puis Bamba de Youssou NDOUR.
Ses talents d’arrangeur son don unique et sa capacité d’osmose avec les musiciens de tous horizons ont consacré le génie de ce virtuose hélàs parti trop tôt.
Sa mort me rappelle les propos de 2 Pac :  » the good die young »!
Reposes en paix, Habib.
Cissé Kane NDAO
Président A.DÉ.R
Diplômé de Sciences PO
EMBA Management public territorial
Master 2 professionnel Gestion de projets GAR et Pilotage du changement




Contribution: Classe politique, parrainage et opinion publique (Cissé Kane Ndao)

Les dernières élections législatives ont abouti à un constat, implacable. Elles ont consacré une crise de la représentation qui remet en cause le système représentatif lui-même. Elles ont démontré surtout l’urgence d’une réforme du fonctionnement de notre système électoral, pour en crédibiliser le processus et renforcer notre démocratie.

Les principaux perdants dans cette opération ont été les partis politiques. Ils sont pléthoriques. Et nous avons constaté combien ils sont désormais concurrencés et rendus un peu archaïques dans leur fonctionnement par les nouveaux mouvements sociaux.

Les trois quarts des listes n’ont pas eu d’élus. De plus en plus aussi, les leaders d’envergure au fort potentiel qui émergent préfèrent dorénavant mettre en place des mouvements, plus fonctionnels, moins contraignants à faire fonctionner et somme toute plus adaptés à nos réalités actuelles.




Les partis politiques dans leur conception ancienne et pour la quantité infime d’entre eux ont été les lieux de formation et d’affirmation d’une citoyenneté active résolument tournée vers la prise en charge des intérêts matériels et moraux de leurs concitoyens. « Eléments constitutifs du fonctionnement démocratique », ils mettaient un point d’honneur à remplir leur vocation essentielle de socialisation politique et d’intégration des citoyens au système politique.

C’était une époque aujourd’hui révolue, où le combat des idées constituait le champ du politique, des idées portées par une idéologie basée sur une vision du monde clairement articulée à une action sur le terrain conforme aux convictions de acteurs politiques de ces temps-là.

De nos jours, il est difficile de classer les partis politiques actuels, en fonction de leur appartenance idéologique.

Dès lors, même si « la Loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis (…) à la vie démocratique de la Nation », ces dispositions prennent aussi en compte les groupements politiques qui ont les mêmes droits que les partis politiques en la matière.

La joyeuse pagaille qui a été constatée lors des dernières législatives a été déplorée par tous les acteurs et observateurs de notre démocratie, que nous qualifions de majeure.

L’opinion publique, qu’Edward Bernays, définit comme « l’organe exécutif du gouvernement invisible » avait à l’unanimité exprimé son souhait ardent d’une meilleure organisation des joutes électorales, en condamnant notamment la floraison exagérée des candidatures, et de listes dont je me garderai de désigner certaines du vocable de fantaisistes, tant leur prolifération fit rire…jaune !

Il est temps que les conditions d’une organisation responsable des élections soient déterminées, et que ces rendez-vous cruciaux pour notre peuple se tiennent dans des conditions acceptables de nature à crédibiliser le processus électoral et à légitimer davantage les dirigeants que les électeurs sénégalais se choisissent en ces moments de haute solennité.

C’est pourquoi je suis pour le parrainage.

En effet, quiconque prétend diriger notre pays doit quand même pouvoir se prévaloir d’une certaine représentativité qui puisse légitimer sa candidature et lui donner une image reconnue par ses concitoyens dont il sollicite les suffrages.

La crédibilisation des profils de candidats fait effectivement partie des fondamentaux qui demeurent, dans l’agitation de la campagne, autant de repères pertinents pour comprendre et en interpréter l’issue.

Ne faisons alors pas un procès d’intention à Macky SALL, pour ce coup-ci. D’aucuns voient en cette initiative la manifestation de la virtu propre au Prince de Machiavel, et l’accusent en conséquence de délit d’initié, pour avoir fomenté la floraison des listes aux dernières législatives, afin de se trouver un prétexte de nature à crédibiliser le projet de parrainage, présenté dès lors comme un guet-apens politicien qui lui ouvrirait un boulevard vers un second mandat dès le premier tour, au mois de février prochain.

Ce faux débat pour ma part est l’expression d’une forme de populisme exacerbée, orchestrée par une certaine classe politique qui cherche à soulever une tempête dans un verre d’eau.

Ce n’est pas le sort du peuple que ces acteurs appellent à un soulèvement populaire semblable à celui d’un certain 23 juin qui les intéresse, c’est plutôt leur positionnement sur l’échiquier politique, et leur avenir qu’ils jouent, qui les rend si déterminés contre cette réforme nécessaire.




Il faut donc se méfier de ce nouveau populisme, porté par une propagande (due au pluralisme des médias et à l’absence de monopole) qui risque de conduire à un affaiblissement de notre démocratie.

C’est que le populisme est la nouvelle plaie du système politique sénégalais. Il est « à la fois le symptôme d’une détresse réelle et l’expression d’une illusion », celle de se retrouver par cette stratégie khalif à la place du khalif, il est un outil rhétorique démagogique dont le but est de rassembler le peuple sous la bannière d’un chef prétendument charismatique, et il est dangereux : il s’associe en effet au rejet de toute démonstration factuelle et logique qui viendrait révéler son inanité.

D’où le rejet de toute forme de dialogue, et une radicalisation exagérée par rapport à cette question du parrainage !

Il faut que nous retrouvions notre lucidité. Et que nous attendions l’heure des joutes électorales pour montrer chacun en ce qui nous concerne notre capacité de mobilisation, et la qualité de nos offres politiques respectives.

Le Sénégal notre pays nous survivra, et notre Nation repose fermement sur deux pieds qui le maintiennent debout, face à toutes les menaces et autres prédictions de cataclysmes imaginaires : notre tradition de pays de dialogue et notre Justice.

La question de la limite du pouvoir est intimement liée à celle de la Justice, en effet. Et nous ne sommes certes pas dans une République des juges, mais la sagesse de nos magistrats et leur haut degré de loyauté et de patriotisme guide leurs actes, et fonde le sens de leurs responsabilités ultimes dans la préservation de la stabilité de notre pays.

En tant que somme des expériences humaines passées, nos traditions fondent nos habitudes, elles ont consolidé notre Constitution et nous ont offert un cadre qui a résisté à l’épreuve du temps et de la folie des hommes…politiques !

Parlons alors des mesures d’application du parrainage et des moyens de contrôler son application pour garantir les droits de chaque futur candidat.

C’est le seul débat qui vaille, aujourd’hui.

 

 

Cissé Kane NDAO

Président A.DE.R

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hommage à Lilyan Kesteloot

Une reine de feu avec une âme de déesse africaine.
Elle a senti la vigueur de l’Afrique et a su rendre par les mots de la langue française la quintessence de la culture africaine.
Elle a vu bien avant nos élites africaines prendre forme une nouvelle conscience africaine aux confluents de l’épopée de la poésie du chant qui portera avec courage détermination et lucidité le combat de la libération de notre continent.
KESTELOOT
Ouverte à tous les vents du Sahel, aux tempêtes de sable du Kalahari, poreuse aux souffles vivifiants des luxuriantes forêts des Congo, elle aura donné à voir au monde entier, avec l’approche scientifique d’une disciple en osmose avec Senghor  et les signes énigmatiques de la civilisation des peuples d’Afrique combien notre continent était non seulement uni par la couleur mais par le même substrat culturel qui fonde l’unicité de l’Afrique.
Elle a célébré Cheikh Anta Diop elle a anobli le malgache suicidé et elle a immortalisé notre histoire, avec rigueur avec franchise sans fards.
KESTELOOT
Nous te disons merci.
Senghor a montré l’Afrique à Césaire. Tu nous l’as rapporté.
Cheikh Aliou NDAO a créé des mythes qui galvanisent et portent le peuple en avant, quitte à rendre l’histoire plus historique pour y parvenir.
Tu nous as démontré comment.
Et quand la frontière des mondes littéraires paraissait étanche entre les ancêtres de la lutte pour l’indépendance et nos aînés déçus de l’Afrique qu’ils leur présentaient, tu as été là, pour montrer comment naissait dans les limbes de cette aube du renouveau une Afrique nouvelle prise dans ses contradictions mais grosse de promesses non encore avortées mais en danger, par le fait de régimes dictatoriaux  liberticides et tout aussi révisionnistes.
C’est ainsi qu’à travers ton anthologie, KESTELOOT j’ai découvert la littérature africaine.
J’ai pleuré et ri avec henri, ressenti une épaisse peine avec ce Lopès qui m’insuffla une haine si sourde que je me fis un devoir de violence envers moi-même pour dénoncer ce qui se passait sous le cercle des tropiques tellement je devins fan de touré au point de scruter les écailles du ciel de tierno du tiers monde avant de revendiquer le droit à la vie et demie dont on voulut me priver alors. Et j’adoptai la devise de Sony pour marquer à jamais mon temps de tamango sous le rythme du tango de boris.
J’ai inventé transi comme tansi « un poste de peur en ce vaste monde qui fout le camp », et depuis je suis fidéle au poste guettant l’arrivée du lointain et bien proche kaydara sous les soleils des indépendances qui refusent encore de briller malgré le sang bien rouge des noirs et les pleurs de souffrances de mon continent, mon beau peuple.
KESTELOOT
Les mots ne sont jamais partis. Tu restes à jamais.

 

Cissé Kane NDAO
Diplômé de Sciences PO
E MBA Management public territorial
Master 2 professionnel Gestion de projet GAR et Pilotage du changement

Contribution: Rendre à l’enseignant sa place dans la société sénégalaise

Il n’y a pas job plus avilissant qu’être enseignant au Sénégal.
Ceux dont la haute autorité  et la solennité de la stature devraient en toutes circonstances se manifester à travers le prestige rattaché à la fonction enseignante sont les premiers à lui manquer de respect, et à ne lui accorder aucunement la considération qui sied.
Si bien que les institutions de ce pays sont toutes chahutées par certains citoyens qui apprennent la défiance insolente qui caractérise leurs rapports avec l’autorité dès leurs premiers pas à l’école.
L’enseignant est méprisé par la société. Voilà un homme relégué au dernier rang de la catégorie des masses laborieuses de ce pays et que l’on condamne à vivre comme un grand adolescent n’ayant d’autres besoins que ceux à peine supérieurs aux enfants qu’on lui a confiés.
Cette infantilisation pousse certaines hautes autorités à manifester à leur endroit une contrariété irrépressible dès qu’il s’agit d’évoquer leurs conditions de vie et de travail, comme si elles trouvaient qu’on a trop fait pour eux. Et que leur insistance est de mauvais aloi.
D’où la nervosité méprisante de la majorité d’entre elles qui trouvent impertinentes leurs revendications sans cesse rabâchées, et plus en colère contre eux justement du fait de cette insistance, plutôt que par rapport à la légitimité de leur lutte.
Le manque de considération qu’on accorde aux enseignants et le peu d’interêt des populations qui ne les soutiennent pas sont pourtant fortement préjudiciables au pays tout entier.
Notre Ministère de tutelle s’appelle Ministère de l’Éducation.
Les enseignants sont chargés de cette lourde tâche.
Simplement l’école n’est pas coupée de notre société. Elle en est le reflet. Et la partie intégrante.
Nos enfants vivent à côté de leurs enseignants entièrement dépouillés du prestige de leurs fonctions et vivotant dans des conditions pitoyables.
Ils ne sont pas considérés comme des modèles par les élèves. Ni comme des exemples de réussite.
Dès lors leur autorité  est remise en cause déjà bien avant l’école.
Et c’est à travers leurs rapports avec leurs enseignants que désormais les enfants commencent leur apprentissage de l’insolence, de profanation de l’autorité et  de défiance envers toute figure incarnant un pouvoir quelconque.
En ravalant ainsi l’enseignant au rang de paria social, l’autorité  déchire son propre voile de protection et se rend un bien mauvais service, car l’Éducation est un droit pour tout citoyen que le Président de la République doit lui assurer. L’enseignant commis à cette fonction par ses soins remplit accomplit ce devoir.
L’enseignant est donc, de fait, le représentant du Président de la République dans sa classe, au sein de son école.
Les citoyens sénéglais et le premier d’entre eux le savent-ils seulement ?
Réhabilitons l’enseignant. Donnons-lui ce qu’il mérite.
Sans éducation pas d’avenir.
« Education is the key » chantait Lucky Dube.
Sans Éducation en effet, pas de savoir, pas de savoir-faire et donc pas de savoir-être !
 

 

Cissé Kane NDAO Président A.DÉ.R Diplômé de Sciences PO E MBA Management public territorial Master 2 professionnel Gestion de projet GAR et Pilotage du changement

Contribution: Un rédempteur pour le Sénégal

lL’histoire de Sodome et Gomorrhe semble si lointaine dans les récits de la longue aventure de l’Humanité que nous en avons oublié l’essentiel : le sens moral de la punition divine qui s’abattît sur cette population adepte du vice et poussant son ignominie jusqu’à élever les rapports homosexuels en must dans les relations humaines les plus civilisées de l’époque.
Dieu, qui envoya le prophète Loth dans cette contrée pour les alerter, les éveiller, les ramener sur le droit chemin, et enfin les avertir sur l’urgence de la repentance pour ne pas subir sa colère constata combien ses créatures étaient ancrées dans le vice et le péché.
Sa colère fondit sur eux, il retourna la terre sur leurs demeures et les ensevelit tous vivants. Même l’épouse de Loth à la curiosité malsaine qui regarda par dessus son épaule pour contempler la punition de Dieu sur ces cités fut transformée en statut de sel.
Loth avait accompli sa mission. Elle est toujours d’actualité. Car les causes qui provoquèrent les foudres divines existent toujours. Et le Sénégal, notre pauvre pays n’y échappe pas.
En effet, aujourd’hui la course au paraitre, la recherche de la fortune par tous les moyens et l’obsession du gain ont conduit notre pays sur les falaises de la déliquescence et de l’avanie.
Nos valeurs et nos vertus sont désormais passées de mode. Notre système éducatif traditionnel qui inculquait à toute génération les qualités intrinsèques qui en faisaient des hommes intègres honnêtes et dévouées à leurs proches dans l’honneur la dignité et l’intégrité est désormais dévoyé.
Dorénavant ne compte que ce que nous affichons et revendiquons comme moyens de pouvoir, gages de célébrités et donc de position.
Regardez les soirées dansantes qui défilent à la télévision. Admirez avec quelle ostentation les billets de banques sont étalées nonchalamment et insolemment sur la scène devant les yeux d’un artiste qui admire obséquieusement cette richesse offerte pour une capture d’écran, et une minute de gloire factice par la voix d’un chanteur qui célèbre la générosité d’un donateur fier de sa performance.
Regardez la débauche d’énergie à laquelle se livrent ces petites starlettes qui désirent crever l’écran, pour valoriser cette célébrité fugace par une carrière de courtisane vivant aux crochets d’un bienfaiteur heureux de se gausser d’être l’amant circonstanciel qui prend soin de son égérie du moment !
Nos mœurs sont perverties.
L’école transformée en garderie d’enfants désœuvrés est devenue un lieu de rencontres ou les cliques se forment, où les gangs prennent naissance. Elle est le point de départ de carrières glorieuses dans le vice et la luxure, où les fils à papa qui volent l’argent de leurs pères claquent le magot en alcool et autres drogues, si ce n’est dans les apparts meublés où les filles de pauvres graciles et dociles sont transformées en jouets sexuels et grassement rétribuées en retour, encouragées par le regard de condescendance de leurs mères complices et le remerciement pudique d’un père qui a démissionné depuis longtemps, tout heureux de voir de l’argent frais faire bouillir la casserole sans qu’on lui demande la dépense quotidienne.
Nos regardons notre société s’avilir. Nous regardons notre jeunesse perdre pied et s’enfoncer chaque jour encore plus dans le vice et la luxure.
Le jeu et l’appât du gain facile disloquent les familles et conduisent irrémédiablement dans la fange.
Nous célébrons des anti modèles et adorons les riches sans nous soucier d’où viennent leurs richesses.
Nous en sommes devenus prolifiques. Hé oui ! nous sommes le pays qui bat le record mondial d’invention de nouvelles danses ! Et de nouvelles expressions langagières qui feraient pâlir Nabila de jalousie !
Les scandales sexuels qui peuplent les journaux n’inquiètent plus personne.
Tout le monde semble avoir démissionné, et comme une société qui n’arrive plus à se réinventer un futur autour d’un projet fédérateur dont la réalisation mobiliserait toutes les énergies, nous semblons en fin de cycle et tournons en roue libre.
Notre pays est désormais « une force qui va », pour reprendre l’expression de ce personnage hugolien !
Nos politiques ne peuvent imaginer un futur prometteur, porteur d’une vision rédemptrice qui mettrait fin à ces joutes païennes d’un peuple égaré célébrant son vœu d’or moderne, le dieu Argent.
De notre montagne de perdition où nous défions Dieu et sa malédiction, ne descend aucun Moïse et ses dix commandements pour mettre fin à cette catastrophe qui me fait peur en regardant mes enfants tout en m’imaginant dans quel monde vont-ils évoluer !
La crédibilité de notre classe politique repose sur la lourdeur de leurs poches. Plus ils sont riches ou perçus comme tel, plus ils sont considérés, respectés et jugés dignes de confiance.
Leur projet sociétal n’intéresse aucun sénégalais. Ce qui compte c’est combien ils sont prêts à lâcher pour être applaudis et soutenus.
J’ai été scandalisé quand j’ai appris l’existence de mobiliseurs professionnels pour meetings et autres manifestations politiques, avec des offres clés en mains, portant sur le nombre de cars, de militants, en tee shirt ou tenues traditionnelles, et le prix du package à débourser pour réussir sa manifestation !
Voilà à quoi nous en sommes réduits : tout est factice chez nous. Rien n’est authentique. Rien n’est véridique. Plus de respect de la parole donnée. Plus de sens de l’honneur.
La fin justice tous les moyens.
Jusqu’aux soi-disant marabouts censés être des hommes de Dieu et nous guider dans le droit chemin. Ils sont dorénavant les premiers maitres chanteurs, et n’ont aucune vergogne à vendre leurs noms et leurs lignées, du moment que le jeu en vaut la chandelle.
Seulement, à force de jouer avec la chandelle, sous le vent de la luxure, du mensonge et du vice, le feu a pris dans nos cœurs et nous consume, lentement mais surement.
Le Sénégal en est arrivé à ce point.
Dans l’ancien temps, Dieu solda ses comptes avec les adeptes du vice qui n’écoutèrent pas son Envoyé auprès d’eux. Il en fera de même avec le peuple récalcitrant de la contrée de Noé.
Quant au peuple d’Israël, Moïse extermina tous ceux qui oublièrent Dieu durant son absence.
Le Sénégal a besoin d’un rédempteur.
Nous avons perdu nos valeurs. Nous avons perdu le respect en toute forme d’humanité. Nous avons tout vendu. Et ce qui ne l’est pas encore a déjà un prix.
Il ne nous reste plus qu’à perdre notre âme.
Nous sommes en train de la vendre au Diable…
Simplement, nul ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu.
Cissé Kane NDAO
President Ader
Diplômé de Sciences PO
E MBA Management public territorial
Master 2 professionnel Gestion de projet GAR et Pilotage du changement
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