Blog de Cheikh Yerim Seck

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Cheikh Yérim Seck

Cheikh Bamba Dièye, on ne vous reconnaît plus !

YERIMPOST.COM A vue d’oeil, le leader du FSD/BJ mute d’un dirigeant politique sage et pondéré à un trublion amer et excessif. Sa récente sortie contre Macky Sall et les magistrats, au cours du meeting du weekend dernier de Khalifa Président, est illustratif de la mue du personnage.

Des quolibets de toutes sortes (association de malfaiteurs, corrompus, bandits…), inhabituels dans son langage d’ordinaire si modéré, sont sortis de sa bouche.

La vie politique est certes violente. Cheikh Bamba Dièye doit l’avoir éprouvé avec sa défenestration du gouvernement et son éjection du siège de maire de Saint-Louis au profit de Mansour Faye. Mais ainsi tourne la roue du pouvoir… Le fils de Cheikh Abdoulaye Dièye, biberonné à la politique, qui a hérité du parti de son père avant de devenir l’un des plus jeunes candidats à une présidentielle du Sénégal indépendant, sait mieux que quiconque que, comme a dit Winston Churchill, il faut élever un chien et non faire la politique pour bénéficier de la loyauté.

Cheikh Bamba Dièye doit donc avoir suffisamment durci le cuir pour ne pas laisser les vicissitudes de la vie politique lui voler son âme. Cette belle pépite de la vie politique sénégalaise, qui a un passé et peut avoir un avenir, doit se ressaisir et revenir au style modéré mais efficace qu’on lui connaît. L’insulte le rend méconnaissable.

Cheikh Bamba Dièye a une capacité d’analyse avérée, un niveau intellectuel au-dessus de la moyenne dans le milieu politique sénégalais, une éloquence remarquable et remarquée… La politique de chez nous a certes besoin d’insulteurs. Mais pas de lui dans ce registre. Il y en a suffisamment qui ne savent faire que ça et qui excellent dans le rôle.

Le style de gouvernance de Macky Sall n’est pas tendre avec ses adversaires politiques. Le locataire du Palais depuis 2012 est un vrai posé mais un faux faible. Il a une main de fer dans un gant de velours. Il a le poignet dur sur ses opposants qui peut les pousser à la révolte. Voire à la faute. Tel est le piège à éviter !

Redevenez vous-même, Cheikh Bamba Dièye. On ne vous reconnaît plus !




Cheikh Yérim Seck

La destruction du Mali, une menace existentielle pour le Sénégal

YERIMPOST.COM Au cours du débat de l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2010, en Côte d’Ivoire, le candidat Alassane Ouattara avait lancé une prévision passée presque inaperçue. Il avait prédit que, avant 50 ans, nombre d’Etats africains allaient disparaître. Nous sommes en plein là-dedans, pour parler vulgairement.

Après la Somalie, le Soudan du Sud, la Centrafrique, la Guinée Bissau, voici que le spectre touche un Etat où on croyait la démocratie, la stabilité et le développement irréversibles: le Mali.

Dans ce pays sahélien vaste comme cinq fois la France métropolitaine, aussi grand que le Ghana, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal, le Bénin et le Togo réunis, ce qui s’est passé hier 29 juillet, à l’occasion de ce qui devait être le premier tour de l’élection présidentielle, est le signe de la destruction d’un Etat-multiséculaire qui remonte à l’Empire du Mali.

Bureaux de vote saccagés, attaques armées, assesseurs molestés, matériel électoral brûlé, localités embrasées… Ce pays, dont les parties nord et centre sont occupées par des bandes armées qui y sèment mort et chaos, n’est plus que l’ombre de lui-même. En dépit de la présence massive de forces internationales d’interposition et de maintien de la paix, l’Etat central ne contrôle plus rien ou presque. Il oscille la maladie grave et la mort clinique.

Le Mali est entrain d’être détruit au nez et à la barbe de la communauté internationale.

Si les djihadistes qui y sévissent prennent ce qui reste du pouvoir, le Sénégal partagera la moitié de sa frontière orientale avec une force sans foi ni loi mue par l’obsession d’accéder à l’océan. En clair, d’annexer le territoire sénégalais pour atteindre l’Atlantique.

Si le semblant d’Etat central résiste vaille que vaille sans rien contrôler, nous sommes à la portée des trafics en tous genres menés dans le très étendu no man’s land malien: armes, drogues, ressources naturelles, êtres humains… Etre dans le voisinage immédiat d’un pays où circulent autant d’armes entre les mains de djihadistes et de rebelles pose un sérieux défi sécuritaire au Sénégal. D’autant que, si le Mali tombe totalement, il n’y aura plus de tampon entre la bande sahélienne de tous les dangers et notre pays.

Si, à l’issue de cette élection chaotique, la situation dégénère au point de bouter les Maliens hors du Mali, ils ne partiront pas en Côte d’Ivoire encore incertaine, ni au Niger autant menacé que leur pays, encore moins en Guinée où l’économie et la monnaie ne leur offrent aucune perspective de bien-être. Ils viendront en grande partie au Sénégal. Or, celui-ci ne peut pas accueillir certains flux sans courir le risque de tomber dans une grave crise humanitaire et économique.

Dans tous les cas de figure, le Sénégal tousse lorsque le Mali s’enrhume. Nul doute que nos autorités exercent une vigilance stratégique sur ce pays voisin, ami et frère. Il ne peut pas en être autrement. La destruction du Mali constitue une menace existentielle pour le Sénégal.

Cheikh Yérim Seck




Cette promesse d’Abdoulaye Wade à Hadjibou Soumaré va casser ce qui reste du Pds

YERIMPOST.COM A défaut de susciter la candidature de Cheikh Hadjibou Soumaré, Abdoulaye Wade l’a vivement encouragée. Ou même plus. Il a laissé entendre à celui qu’il nomma Premier ministre qu’il allait l’adouber comme candidat du Parti démocratique sénégalais (Pds), sa formation politique.

Ce gentlemen agreement a été conclu avec la bénédiction d’un chef d’Etat ouest-africain en exercice. Depuis que le très politique Abdoulaye Wade a compris, après moult menaces et tentatives de négociation restées vaines, que la candidature de Karim Wade à la présidentielle allait être déclarée irrecevable, il ne cesse de chercher une alternative. Mais partout, sauf parmi les responsables restés fidèles à son parti.

De la même façon qu’il avait surplombé ces derniers pour adouber son propre fils comme candidat, « la seule constante » du Pds s’est tournée vers un ancien collaborateur resté longtemps, à la tête de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), à l’écart de la vie politique du pays. Ce choix, qui a toutes les allures d’une option du désespoir, traduit le vide sidéral que ressent Wade dans les rangs de ce qui reste de son parti.

A ses yeux, Oumar Sarr, le coordonnateur du Pds, Madické Niang, le président du groupe parlementaire du parti à l’Assemblée nationale, et tutti quanti sont du menu fretin et ne peuvent être élevés à la dignité de candidat à la présidentielle.

Abdoulaye Wade ne s’est pas arrêté là dans l’outrance. Sûrement saisi d’un doute à propos des chances de victoire du très peu populaire Cheikh Hadjibou Soumaré, il a continué à chercher… Et pensé à… Boubacar Camara, un novice en politique quasi-inconnu en dehors du très fermé microcosme dakarois.

Tel un enfant à une distribution de cadeaux dans la fratrie, Abdoulaye Wade veut tout, sauf ce qu’il a. Il peut adouber tous les candidats, sauf ceux qui sont devenus banals à ses yeux à force de rester dans son champ de vision. « La seule constante » tarde à se rendre compte qu’elle l’est moins depuis qu’elle ne peut plus distribuer de privilèges liés à la position de pouvoir. S’il persiste dans cette lubie Cheikh Hadjibou Soumaré, il va casser ce qui reste du Pds.




Cheikh Yérim Seck

Visite de Xi Jinping à Dakar, succès du leadership diplomatique de Macky Sall

YERIMPOST.COM Ce samedi 21 juillet, peu après 15h, l’avion de Xi Jinping a foulé la piste de l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar. Arrivé en compagnie de son épouse, pour une visite d’Etat, le numéro un chinois a été accueilli à sa descente par le couple présidentiel sénégalais.

Notre pays est la première étape d’une tournée africaine qui mènera Xi au Rwanda et à Maurice, l’étape d’Afrique du Sud étant imposée par sa participation au sommet des pays émergents, les Brics. Les Etats choisis pour cette tournée, réputés pour leurs progrès dans la gouvernance politique et économique, reflètent, par l’effet de comparaison, le rayonnement du Sénégal aux yeux de l’hyper-puissance chinoise.

Dakar est en quelque sorte un passage obligé des leaders des plus grandes puissances mondiales, d’Obama à Macron, en passant par Xi et bien d’autres rois et têtes couronnées d’Europe et d’Asie. Macky Sall, dont la présence aux sommets du G8 s’est imposée depuis son arrivée au pouvoir, en mars 2012, a inscrit notre pays au banquet des grandes puissances qui scellent le destin du monde. Et il est l’un des premiers présidents africains que le nouveau locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, va recevoir.

Dans ce style qui est le sien, discret mais efficace, et qui tranche d’avec celui tonitruant de son prédécesseur, Abdoulaye Wade, l’actuel numéro un sénégalais a réussi à imposer un leadership diplomatique fort en Afrique et dans le monde. Son humilité et sa courtoisie y sont pour quelque chose, après douze ans au cours desquels le pedigree professoral et le ton donneur de leçons de Wade avaient fini d’agacer nombre de ses pairs d’Afrique et d’ailleurs.

La Chine, convoitée par tous les pays en développement, du fait de la diligence de ses concours financiers, va injecter 1 milliard de dollars dans l’économie sénégalaise. A l’ère contemporaine, la diplomatie, c’est aussi et surtout la conduite des relations internationales dans le souci de sauvegarde des intérêts économiques. Au niveau de la symbolique comme à celui des répercussions concrètes, la visite de Xi Jinping à Dakar est un succès du leadership diplomatique de Macky Sall.




Cheikh Yérim Seck

Modou Diagne Fada rejoint une sphère présidentielle où tous le détestent

YERIMPOST.COM Pépite de la jeunesse politique du Sénégal, porte-étendard de la relève au lendemain de la première alternance, en 2000, Modou Diagne Fada s’est mué en un politicien froid qui pose des actes suivant une seule boussole: ses intérêts propres. La vitesse supersonique à laquelle il a créé une coalition avec Abdoulaye Baldé, au sein de laquelle était censé être désigné un candidat, pour ensuite virevolter en direction de la prairie présidentielle, est sidérante.

Mais Fada, qui a mis à exécution un plan dont la préméditation n’a échappé à personne en dépit des détours, a fait l’un des plus mauvais choix de sa carrière politicienne. Il a basculé dans la sphère présidentielle où tous le détestent. Macky Sall, qui a la rancune tenace et la revanche dure en politique, n’a pas oublié que Modou Diagne Fada, poulain d’Idrissa Seck puis de Karim Wade, fut un moment instrumentalisé contre lui.

Les proches du chef de l’Etat ne font aucun mystère de leur opinion: Fada a rejoint le Macky avec le seul calcul de prendre à leur candidat des fonds de campagne qu’il n’utilisera que pour ses besoins personnels. Le locataire du Palais, allergique à tous les types d’entrepreneurs politiques, martèle urbi et orbi que tous ceux qui viennent à lui pour le rouler dans la farine se prendront à leur propre jeu.

Mahammed Boun Abdallah Dione, conciliant devant l’Eternel, modéré et capable de traiter avec quiconque peut apporter un tant soit peu à son « boss », compose avec tout le monde. A l’exception de quelques-uns dont Modou Diagne Fada. C’est chimique; ce dernier l’insupporte…

Inutile de préciser que les caciques de l’Alliance pour la République (APR, le parti présidentiel), connus pour leur ostracisme et leur réticence à partager la moindre portion du gâteau du pouvoir, tueraient les intrus au banquet du style de Fada s’ils le pouvaient.

Last but not least, le leader de Les Démocrates Réformateurs /Yeesal, publiquement accusé par Abdoulaye Wade d’être la taupe de Macky Sall au sein du PDS, et qui avait été l’instrument de la cassure du groupe parlementaire de cette formation politique, ne peut susciter que méfiance au sein du camp qu’il vient de rejoindre.

En un mot comme en mille, Modou Diagne Fada a rejoint une sphère présidentielle où tous sinon le détestent, du moins se méfient de lui.




Cheikh Yérim Seck

Faut-il croire Pierre Goudiaby Atépa ?




YERIMPOST.COM J’ai récemment rencontré Pierre Goudiaby Atépa dans un avion sur l’axe Paris-Dakar. Nous avons échangé quelques minutes. Et sommes convenus de nous voir pour discuter de sa candidature à la fonction suprême. Il m’a défini son engagement par une formule-choc: « Et si on remplaçait les politiciens qui ont échoué par des gens qui ont fait leurs preuves ailleurs ? » Je dois avouer partager le diagnostic et l’amorce de solution.

Mais, si Pierre Goudiaby Atépa est novice en politique, ce n’est pas un homme neuf. Il est, à sa façon, un dignitaire politique, ayant gravité autour des pouvoirs successifs de Senghor à Wade. Il a toujours été là, profitant même de ses entrées dans les allées du pouvoir pour rafler des marchés hors de toute concurrence. Ce sont ses collègues architectes qui l’ont clamé haut et fort, après que Wade lui a attribué sans appel d’offres le chantier de la Porte du Millénaire.




C’est seulement sous l’ère Macky Sall que l’architecte n’a pas une introduction notoire au Palais. Est-il né de cet éloignement une frustration, source de candidature en guise de revanche ? Je soulève une interrogation légitime mais ne puis y répondre, n’étant pas dans la tête du leader du mouvement  » Ensemble pour une refondation ».

S’il n’a jamais été candidat, Pierre Goudiaby Atépa n’en a pas moins été dans la politique. Ou tout au moins dans les jeux de pouvoir. Son propos sanguin sur la candidature de Karim Wade est dans la logique de l’adversité qui a toujours animé ses rapports avec le rejeton de l’ancien président. Wade-fils, qui a toujours pris ce visiteur régulier du Palais pour « un escroc », ne l’a jamais raté. L’attaque à la mitraillette contre lui de Karim Wade, qui l’a violemment accusé d’avoir cherché à voler l’Etat, à l’occasion d’une réunion autour des tracteurs indiens, résonne encore aux oreilles de quelques habitués du Palais sous Wade.

Comme nombre de politiciens, Atépa traîne son lot d’accusations de commissions occultes et de pratiques nébuleuses. En Afrique, du Tchad à la Guinée Equatoriale, en passant par l’Angola, l’architecte a réalisé des oeuvres dont le Sénégal doit être fier, même si l’opinion sur son travail et sur lui est fort contrastée.

Dans une tirade récente, le frais émoulu candidat a accusé la presse de traiter la politique politicienne au détriment du développement. Il a raison. Mais Pierre Goudiaby lui-même fait-il du développement ? A la tête des cadres casamançais, il est l’objet de critiques récurrentes. Son association est réputée se servir de la Casamance plutôt que de servir les populations de cette région. De là à penser que ces cadres agitent le spectre de la crise casamançaise pour servir leurs intérêts personnels, il y a un pas que nul ne doit franchir sans disposer de preuves  irréfutables d’agissements aussi graves sur une question si sensible.

L’architecte milite pour la protection du littoral contre la prédation foncière. C’est tout à son honneur, même si cet engagement peut être entaché d’un doute. Il est interprété par certains comme visant à protéger l’accès à la mer de sa propriété qui surplombe la corniche de Dakar.

Pierre Goudiaby Atépa est à bien des égards une identité remarquable. Le très politique homme d’affaires, qui a déjà voulu être candidat en 2012 avant de se désister, a réussi dans le privé mais entretient une relation avec la politique qui peut relever de la psychanalyse. Ce businessman prospère et tentaculaire, qui aurait pu se suffire à son activité, est, à sa manière, « un complexé du pouvoir ». Il n’est pas le seul. Il est de ces hommes qui brûlent de l’obsession de se retrouver au sommet de la pyramide de Maslow. Il revient aux Sénégalais d’analyser son offre politique pour y croire ou pas…




Cheikh Yérim Seck

De juriste adulé à tailleur du droit: chronique de la chute d’Ismaïla Madior Fall

YERIMPOST.COM Ismaïla Madior Fall a suivi une trajectoire classique, presque triviale, sous nos cieux. Comme beaucoup avant lui, il s’est positionné dans la masse critique, a dépassé la mêlée d’une tête pour être repéré et récupéré, avant de se muer en thuriféraire sans borne du régime…

Chez le professeur de droit constitutionnel Ismaïla Madior Fall, l’arrivée sous les ors, lambris et dorures du pouvoir a sonné le début d’une décadence intellectuelle aiguë. Pour rester dans les faveurs du Prince, celui qui fut crédité d’une crédibilité dans l’exégèse de nos institutions est aujourd’hui amené à tordre le coup aux normes constitutionnelles et principes généraux du droit dans le but d’auréoler d’un semblant de légalité les coups tordus de Sa Majesté.

C’est consternant de voir ce constitutionnaliste, spécialiste de la norme fondamentale qui fixe les droits essentiels de la personne humaine, tenter une fastidieuse argumentation contre la décision de la Cour de justice de la Cedeao qui établit la détention arbitraire infligée à Khalifa Sall.

C’est une tragédie d’entendre celui qui passait il n’y a guère longtemps comme l’une des consciences juridiques de notre pays défendre les entorses les plus graves à nos lois, de la liberticide Crei à la déconsolidante révision constitutionnelle destinée à écarter certains adversaires de la bataille électorale de février 2019, en passant par le reniement de l’engagement de réduire le mandat présidentiel maquillé en refus du Conseil constitutionnel…

A sa décharge, Ismaïla Madior Fall n’est pas seul dans son cas. Bien des diseurs de vérités sous Abdoulaye Wade ont aujourd’hui le bec cloué par les postes et privilèges distribués par Macky Sall. Le président du Sénégal depuis mars 2012 a un talent fou pour boucher la bouche à ceux qui parlaient un peu trop à son goût. Bien des grandes gueules d’hier grossissent aujourd’hui les rangs de ses « dames de compagnie ».

Mais l’exemple de son ex-conseiller juridique promu garde des sceaux est un cas d’école. Sans doute du fait de la scientificité du droit, l’alchimie d’Ismaïla Madior Fall est on ne peut plus grossière. Sa chute est symptomatique de l’opportunisme et de la vénalité de bien des intellectuels de chez nous. Ce professeur d’université, cible de critiques de plus en plus ouvertes de ses collègues, est tombé du piédestal de juriste de référence pour s’enfoncer dans l’abîme de tailleur sur mesure du droit.




Cheikh Yérim Seck

 

Détention arbitraire! Le péril de la détention! Le danger de l’arbitraire!

YERIMPOST.COM Ce 29 juin 2018, la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a déclaré, dans un arrêt à forte charge historique, que Khalifa Ababacar Sall, maire de Dakar, poursuivi et incarcéré au Sénégal pour malversations dans la gestion de la caisse d’avance de sa commune, a été arbitrairement détenu de la proclamation par le Conseil constitutionnel des résultats des législatives de juillet 2017, qui le donnaient élu, à la levée de son immunité parlementaire.




Du 14 août 2017 au 25 novembre de la même année, un citoyen sénégalais a été privé de sa liberté. Il a été délesté de son droit d’aller et venir, de travailler pour sa mairie, de vivre dans son domicile, de profiter de sa famille, d’être maître de lui-même… Pendant ces plus de trois mois, il est resté, sans fondement légal, confiné entre les quatre murs d’une cellule de la prison de Rebeuss, gelé dans sa volonté et son activité.

Il n’y a pire martyre. La prison est l’une des meilleures inventions pour faire souffrir son pensionnaire dans sa chair et dans son esprit. Roger de Bussy-Rabutin a raison, « on ne se réveille pas un matin en prison qu’on ne soit triste jusqu’à la mort. » (Mémoires, 1693).

Jeter un être humain à juste raison en détention est contesté, a fortiori à tort. Si la détention est un drame, la détention arbitraire est une tragédie.

Or, le régime de Macky Sall en a fait une spécialité. Ses deux opposants les plus coriaces, Karim Wade et Khalifa Sall, ont été frappés de détention arbitraire dûment constatée par des juridictions internationales libres de toute influence, du Groupe de travail international de l’Onu sur les droits humains à la Cour de justice de la Cedeao. Le vernis démocratique sénégalais craquelle pour laisser place à des points rouges sur la carte du monde des violations des droits de l’homme.

C’est une loi immuable de l’Histoire: l’arbitraire favorise l’injustice, l’injustice génère la révolte, la révolte conduit à la guerre, la guerre crée le désordre, le désordre cause la destruction et la mort… L’arbitraire est le début de la chaîne qui mène à la mort. Il est plus périlleux que le péril. Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes l’a écrit: « l’autorité arbitraire n’est jamais plus active et plus dangereuse qu’alors qu’elle devient un instrument de vengeance contre un particulier. » Avant d’ajouter: « Le bien de l’Etat, la tranquillité et la liberté légitime exigent que tout arbitraire soit détruit. »

Et c’est là une cause nationale: les organisations de défense des droits de l’homme et toutes les forces démocratiques de notre pays doivent se dresser. Elles ont la mission historique de freiner le spectre de la détention arbitraire, d’enrayer plus globalement le danger de l’arbitraire.




Cheikh Yérim Seck

 

A l’image du Sénégal, les Lions sont une symphonie inachevée

YERIMPOST.COM Quand on observe le Sénégal, on ne peut pas ne pas être saisi d’une sensation de terrible gâchis. Notre pays est un hub naturel. Situé à une poignée d’heures de l’Europe, il n’est séparé de l’Amérique et de l’Asie que par la frontière naturelle de l’océan. En dépit de ce privilège géographique, nous n’avons toujours pas réussi à positionner ne serait-ce un pavillon national pour desservir les capitales du monde.

L’océan Atlantique borde toute la longueur du pays qui compte parmi les plus beaux sites du moindre. Notre secteur touristique est toutefois entre la maladie grave et la mort clinique.




Nous bénéficions depuis l’indépendance d’une stabilité insolente (zéro coup d’Etat et nulle crise grave) qui ne nous a servi qu’à engranger une aide internationale massive ayant paradoxalement conduit à nous appauvrir chaque année davantage.

Le Sénégal est une démocratie qui fonctionne mais qui n’a jusqu’ici permis, en dépit de deux alternances pacifiques, que de substituer des équipes dirigeantes corrompues et incompétentes à d’autres.

Notre pays a des ressources humaines de qualité aussi bien à l’intérieur que dans la diaspora. Aux postes de décision ont toutefois toujours été placés des politiciens dont le seul mérite est la capacité d’user d’intrigues et de clientélismes pour s’accaparer de sinécures et privilèges.

Tel est le sort, quasi-métaphysique, du Sénégal. Nous avons tous les atouts mais n’en usons aucun pour construire le progrès.

Un peu comme, de l’avis de tous les spécialistes, notre équipe nationale de football avait toutes les cartes en main pour réussir cette Coupe du monde Russie 2018, mais a fini par plonger ses 15 millions de supporters dans la déception et la déprime. C’est ainsi: sur tous les fronts, le Sénégal n’a pas remporté de victoire essentielle depuis 1960. Notre peuple si superstitieux doit oeuvrer à élaguer la guigne qui le plombe.

L’histoire bégaie… A l’image du pays, cette belle génération de Lions a été une symphonie inachevée…




Cheikh Yérim Seck

La vraie signification des mots et actes du grand discret et gros taiseux Baba Diao

YERIMPOST.COM Il faut connaître un tant soit peu le très discret et trop peu accessible Abdoulaye Diao dit Baba pour se risquer à qualifier ses mots et actes à l’occasion de la cérémonie de deuil suite au décès de sa mère. Ce trader mythique, discret jusqu’à la caricature, doit être le Sénégalais le plus avare en parole et en apparition publiques.

En privé, ce diplômé de l’Institut français du pétrole, patron compétent de la prospère entreprise Itoc, est un homme intellectuellement structuré, cultivé, soucieux de la situation du Sénégal… Il n’a toutefois aucune sensibilité politicienne ni la moindre velléité partisane. D’ailleurs, sa position actuelle de trait d’union entre les acteurs politiques, économiques, religieux et coutumiers, ne lui permet de rouler pour aucune coterie.

Le geste qu’il a posé en pleine cérémonie, consistant à intimer l’ordre à Talla Sylla de se lever pour serrer la main à son « grand-frère » Idrissa Seck, avec qui il était en froid, n’a rien de politique. C’est un acte social d’un Sénégalais pur jus qui réconcilie ses deux cadets brouillés qui se sont croisés chez lui en une circonstance particulière. C’est d’ailleurs la énième fois qu’il rapproche des personnes en conflit.

De même, lorsque Baba Diao, affirme que Karim Wade est son neveu qui lui a toujours manifesté de la politesse, il n’agit sous aucune forme de calcul politique. Le président de la République, Macky Sall, est pour lui « un frère » par affection pour qui il a accepté un poste de conseiller spécial à la présidence. De même, Madické Niang, Ousmane Tanor Dieng, Idrissa Seck, Souleymane Ndéné Ndiaye… sont ses proches. Il est, dans un pays clivé comme le Sénégal, l’unique trait d’union de la classe politique. Cette position est précieuse. Tout pays a besoin de passerelles, surtout pour atténuer les chocs en cas de crise.

La présence à la cérémonie de deuil de Serigne Bassirou Mbacké Abdoul Khadre, d’Ahmed Khalifa Niasse, et de représentants de toutes les familles religieuses est le signe de la centralité de « Baba ». Ce quasi-septuagénaire fringant à la chevelure généreuse, au regard de félin, à la mine ferme et à l’esprit vif est ce qu’on appelle sous d’autres cieux un homme influent. Cet ingénieur, qui a bâti sa fortune sur le trading de pétrole et de gaz, a un mode de vie qui tranche d’avec celui clinquant des Sénégalais. Il commence à travailler après la descente de ses compatriotes, au crépuscule, pour se conformer à l’horaire des bourses du pétrole. Et épouse les codes de son très sélect monde professionnel qui imposent, pour pouvoir décider, de savoir se cacher.




Cheikh Yérim Seck

Le retour de Karim Wade est crédible, même s’il ne peut être candidat [L’analyse de Cheikh Yérim Seck]

YERIMPOST.COM Yerimpost n’est pas de ceux qui doutent de la sincérité de Karim Wade qui, dans son adresse aux Sénégalais à l’occasion de la fête de Korité, a annoncé être en route pour revenir au Sénégal. Votre blog préféré trouve cette annonce crédible. Voici pourquoi.




Condamné à six ans de prison, embastillé pendant plus de trois ans, gracié et exfiltré du Sénégal dans des conditions dignes d’un scénario de série B, Karim Wade est, sous les ors et lambris des palais de Doha, dans une prison dorée. Il n’a pas pu aller en France pour rendre visite à ses parents et à ses enfants. Dans le prolongement de la poursuite engagée contre lui au Sénégal, il est sous la menace d’un mandat d’arrêt allemand, donc européen, dans le cadre de l’affaire Fraport…

Humilié, frappé, acculé jusqu’à ces derniers retranchements par son ex-protégé Macky Sall, Karim Wade est aujourd’hui contraint, comme dans une vie de fugitif, à végéter confiné dans le minuscule émirat qatari, interdit d’esquiver le moindre mouvement, de servir toute ambition, de vivre sa vie tout court…

Une seule alternative s’offre à lui pour briser cette spirale de la déchéance: débarquer au Sénégal, au risque de retourner en prison, mener un combat politique pour faire chuter Macky Sall et recouvrer l’entièreté de ses droits.

S’il a le courage de braver la menace d’un emprisonnement en guise de contrainte par corps, suite à sa condamnation pécuniaire qu’il n’a pas honorée, Karim Wade va être pour le locataire du palais un problème absolument sans solution. S’il l’emprisonne à nouveau, Macky Sall baissera définitivement dans l’estime des citoyens et des autorités coutumières et religieuses du Sénégal. Il passera pour un méchant atavique, insupportable dans l’univers culturel sénégalais. Il lui sera humainement intenable de continuer à maintenir en prison le fils d’Abdoulaye Wade, qui lui mit le pied à l’étrier. D’autant que le symbole de la détention simultanée de Khalifa Sall et de Karim Wade est plus destructeur que la destruction.

S’il le laisse en liberté, Macky Sall fera face à un adversaire redoutable capable d’emmener loin, au cas où il est recalé, celui pour qui il fera campagne.




En tout état de cause, une fois au Sénégal, Karim Wade aura tout à gagner. Et peu à perdre, ayant déjà presque tout perdu. A l’image d’un animal traqué, poussé jusqu’au mur, il n’a plus d’autre choix que de bondir sur son poursuivant, sous l’impulsion de son instinct de survie.

Le très politique fils du trop politique Abdoulaye Wade comprend mieux que quiconque qu’il y a une carte à jouer avec le risque du retour. A y voir de près, c’est l’acceptation de son confinement au Qatar qui serait surréaliste. Le retour de Karim Wade au Sénégal est une hypothèse plus que crédible.

Cheikh Yérim Seck

Candidature de Karim Wade: l’aveu d’Aly Ngouille Ndiaye

YERIMPOST.COM « Karim Wade ne peut pas être candidat. Il ne s’est pas encore inscrit sur les listes électorales. Karim a demandé à s’inscrire », a lâché le ministre de l’Intérieur, hier 18 juin, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Aly Ngouille Ndiaye répondait aux questions des députés qui statuaient dans le cadre d’une procédure d’urgence sur le projet de loi portant modification du Code électoral.




Dans une vidéo datée du 17 avril dernier, on apercevait pourtant Karim Wade se plier au protocole de l’inscription dans le centre ouvert à cette fin dans son actuel pays de résidence, le Qatar. Il ne s’était pas inscrit pour autant… Ces trois phrases d’Aly Ngouille Ndiaye, qui sonnent comme des révélations sciemment lâchées, nous apprennent aujourd’hui que le candidat déclaré du Parti démocratique sénégalais (Pds) s’est présenté pour être inscrit sur les listes électorales mais ne l’a pas été.

En cause, son casier judiciaire. Condamné à plus de cinq ans de prison, sa peine emporte la perte de ses droits civiques et politiques. En clair, le fils d’Abdoulaye Wade a perdu sa qualité d’électeur… Et on est, là, au coeur de la polémique qui avait surgi au moment de la révision constitutionnelle instituant le parrainage. L’aspect de la modification, qui exigeait d’être électeur pour être éligible, avait été fortement décrié comme étant une disposition conçue pour permettre d’écarter de la présidentielle de février 2019 deux adversaires potentiels du candidat au pouvoir: Khalifa Sall et Karim Wade.

Le régime est allé de dénégations en démentis, niant tout calcul crypto-personnel dans l’élaboration de la modification constitutionnelle. Depuis hier, la confusion est terminée et le doute n’est plus permis. La sortie d’Aly Ngouille Ndiaye, qui déclare que Karim Wade n’est pas candidat parce qu’il n’est pas inscrit sur les listes électorales, qui conditionne donc l’éligibilité à la possession de la qualité d’électeur, sonne comme un aveu de ce que le pouvoir niait.

Le Pds, enfermé dans un déni de la réalité depuis plusieurs mois, doit se rendre à l’évidence que continuer à miser sur Karim Wade comme candidat équivaut à se résoudre à être exclu de l’échéance électorale de février 2019. Pilier du régime en place, premier flic du pays, organisateur du scrutin, Aly Ngouille Ndiaye a lancé des propos qui, loin d’être banals, reflètent la position du pouvoir à propos de la candidature du poulain du Pds. Et, par ricochet, celle du Conseil constitutionnel, au regard de l’inféodation de cette institution à l’Exécutif.




Condamné lui aussi à plus de 5 ans de prison, comme par hasard, Khalifa Sall va devoir faire face à la même mécanique broyeuse de candidature. Si sa condamnation n’est pas encore définitive, la justice, qui a fait montre d’une grande célérité pour le convoquer devant la Cour d’appel, se dépêchera de confirmer sa peine en appel, puis en cassation… Et le maire de Dakar, à l’instar de Karim Wade, perdra sa qualité d’électeur, donc son éligibilité…

Cheikh Yérim Seck

Ma proposition pour mettre fin à la mendicité des handicapés

YERIMPOST.COM L’affaire de cette femme handicapée, rouée de coups par un agent de la sécurité de proximité, doit, au-delà des cris d’indignation, inciter à une réflexion pour mettre fin à la mendicité dans les rues des personnes en situation de handicap.




Il faut d’abord commencer par rapatrier dans leurs pays d’origine tous les handicapés et autres mendiants ouest-africains, réfugiés économiques au Sénégal où le business de la manche est l’un des plus juteux au monde. C’est une question de tranquillité publique et de salubrité humaine. Les rues de Dakar, il faut avoir l’honnêteté de le dire, sont surchargées de ces hommes, femmes et enfants qui créent un réel problème d’encombrement. Et une gêne pour les passants qu’ils n’interpellent pas de la meilleure des manières.

Après cette première mesure salutaire, qui va renvoyer à chaque pays ses propres mendiants, il faudra créer un Fonds d’assistance aux handicapés et nécessiteux qui va recevoir les dons et offrandes en espèces et en nature des Sénégalais si prompts, par croyance ou par superstition, à donner. Ce Fonds, à confier à une personnalité intègre, va également, à l’image de Zakat House, institution ayant pignon sur rue dans certains Etats arabes, recueillir l’aumône légale des musulmans de notre pays.




Le Fonds se chargera ensuite de redistribuer tous les avoirs et biens collectés à des handicapés et nécessiteux dûment recensés. Cette redistribution ne se fera pas seulement à des fins de consommation. Il s’agira également d’organiser les bénéficiaires en entités économiques pour financer leurs projets. L’objectif étant, bien évidemment, moins d’entretenir dans la durée les récipiendaires que de les extirper de la pauvreté.

Tout ce dispositif devra être accompagné par un Etat fort qui retirera tous les mendiants des rues, désencombrera les artères de notre capitale et combattra la mendicité sur la voie publique sous toutes ses formes. Y compris par le biais de sanctions pénales. C’est à ce prix que le Sénégal sera débarrassé de cette étiquette de carrefour ouest-africain de la mendicité que les pays voisins, à juste titre, lui collent.

Cheikh Yérim Seck

Vidéo- « Idy a-t-il parlé sous l’influence de Jacques Attali ? » (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo en wolof- « Premier gros raté du Mondial pour le Sénégal… » (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo- « Le premier gros raté du Mondial pour le Sénégal… » (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo- « Le gros coup de Serigne Moussa Nawel pour Idy » (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo en wolof- « Serigne Moussa Nawel sauve Idy » (Cheikh Yérim Seck)





Ces manipulations de Macky Sall pour s’éviter des remarques au sommet du G7 !!!

YERIMPOST.COM Rien de ce qui est arrivé au cours de cette journée du 07 juin n’est fortuit. Tout au contraire… Tout a été froidement orchestré pour tomber pile poil ce jour où, comme par hasard, s’est ouvert le sommet du G7 auquel prend part, es-qualité, Macky Sall, président du comité d’orientation des chefs d’Etat et de gouvernement du Nepad.




Dans un scénario bien réglé, avec aucun détail laissé au hasard, le pouvoir de Macky Sall a fait courir, dès le matin du 07 juin, la rumeur du retrait de la loi sur le parrainage, briefé certains journalistes, orchestré l’intox… Il est question d’attirer l’attention sur le rappel par le gouvernement du projet de loi portant mise à niveau du Code électoral suite à la révision constitutionnelle instituant le parrainage. Dans quel objectif ? Faire comprendre aux dirigeants des sept nations les plus riches du monde, à travers les fiches de leurs ambassades respectives, qu’au Sénégal, après un bras de fer fort médiatisé, le pouvoir négocie désormais avec l’opposition autour de la question litigieuse du parrainage.

Ce n’est pas là l’unique manipulation de Macky Sall. Le 06 juin, en conseil des ministres, à quelques heures de prendre l’avion pour le Canada, le président de la République a annoncé et fait acter dans le communiqué que le dialogue avec l’opposition et la société civile autour de la gestion du pétrole et du gaz allait démarrer le 12 juin. Une manière fort habile de couper l’herbe sous les pieds de ces dirigeants de pays puissants prompts à poser des questions à leurs homologues d’Etats pauvres sur la gestion des revenus issus de leurs ressources naturelles.

Rien de ce que Macky Sall a fait ou dit ces derniers jours n’est donc le fruit du hasard. Tous ses actes et paroles ont procédé d’un calcul froid, voire cynique.

Il est certes vrai que le locataire du Palais de l’Avenue-Léopold-Sédar-Senghor ne pouvait pas ne pas tenter de montrer patte blanche avant de se rendre au Canada, dans ce contexte où la communauté internationale s’inquiète face aux dérives multiformes de son régime: emprisonnements d’opposants, changements forcés des règles électorales, népotisme dans la gestion du pétrole…

Pour ne rien arranger, Barthélémy Dias, emprisonné pour délit d’opinion, a commis un mémorandum sanguin qui a devancé Macky Sall en Amérique du Nord. Il fallait éviter à tout prix que cette contre-attaque largement diffusée aux Etats-Unis serve de base au numéro un américain, Donald Trump, pour interpeller notre président sans fioriture diplomatique.




En un mot comme en mille, le numéro un sénégalais a multiplié les gages à l’endroit de l’opposition et de la société civile, ouvert les vannes du dialogue autour du code électoral ainsi que du pétrole et du gaz, donné des signaux verts à ceux qu’il est allé rencontrer… Il est fort à parier que ces mesures cosmétiques n’iront pas beaucoup plus loin que le stade de l’annonce. Le vernis risque de craqueler sous l’effet de la révolte des Sénégalais exaspérés d’être pris pour les dindons de la force. Tout peut atteindre le point de rupture. Toute chose a une limite. Y compris le cynisme en politique !

Cheikh Yérim Seck

Etre une entreprise sénégalaise est un délit à l’Aibd, au Sénégal tout court

YERIMPOST.COM Les entreprises sénégalaises en activité sur la plateforme aéroportuaire de Diass voient rouge et broient du noir. Tout se passe comme si le staff dirigeant turc de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) s’emploie à les tuer pour, sait-on jamais, installer des sociétés étrangères à leur place.

Teylium Logistique, Global Com, Senecartours, Infinity… ont mis sur pied un Collectif des prestataires de l’Aibd (CPA) dans le but déclaré de « lutter contre la cherté de l’aéroport et les contrats usuriers et injustifiés mis en place par les Turcs ». Au même moment, ajoute le CPA, « les entreprises étrangères, françaises et turques, bénéficient de contrats très avantageux au détriment des entreprises sénégalaises. »




Vous avez bien lu: dans notre pays, sans doute le seul au monde dans ce cas, les entreprises locales sont les parents pauvres de l’économie, ostracisées, défavorisées au profit des sociétés étrangères. Une sorte de préférence nationale à l’envers… Lorsque le patronat s’en est plaint, voici la réponse que lui a servie le président de la République, Macky Sall: « Vous ne pouvez pas vous dérober à la concurrence… »

Nos patrons auraient pu faire face à la concurrence si elle était loyale. Elle est toutefois orchestrée par nos propres autorités de manière à les défavoriser. Nos fleurons nationaux de l’immobilier, confinés à Diamniadio, pourront-ils rivaliser avec la société marocaine à laquelle a été attribuée la trop bien située assiette foncière de l’ex-gare routière de Pompiers, au coeur de Dakar ? Par la force des choses, tout le business juteux du Sénégal s’est retrouvé entre les mains d’intérêts français, marocains, turcs…

A l’Aibd, les taxes imposées aux entreprises sénégalaises sont quatre fois supérieures à celles appliquées à leurs homologues des aéroports d’Abidjan et d’Accra, alors que la Côte d’Ivoire et le Ghana ont des économies plus fortes que la nôtre. Mais, ne nous y trompons pas, la préférence nationale, de rigueur dans tous les pays soucieux de leurs intérêts, doit relever d’une volonté politique pour être traduite dans la réalité.

La règle, de simple bon sens, consiste, pour paraphraser un dicton wolof, à poursuivre l’antilope en direction de la maison et non de la forêt. Cela s’appelle le patriotisme économique, le patriotisme tout court…



Cheikh Yérim Seck

 

Vidéo- « Laissez à Wade sa maison du Point E » (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo- « Arrêtez le feu ! Ce pays va brûler ! » (Cheikh Yérim Seck)





Célébrités et religions avec Yawa- L’invité, Cheikh Yérim Seck, récite des versets du Coran




Par décence, laissez à Abdoulaye Wade sa maison du Point E

YERIMPOST.COM Lorsque j’ai lu la lettre que ce patriarche de 92 ans a visiblement écrite, au vu de la laborieuse ponctuation, j’ai eu un pincement au coeur. Voir Abdoulaye Wade, ancien président du Sénégal, devoir batailler pour ne pas devenir SDF dans ce pays, est surréaliste.

Pour la dignité de notre République, dans un souci de décence tout court, aucun Sénégalais ne devrait se résoudre à cette éventualité. Surtout pas l’actuel chef de l’Etat, Macky Sall, dont l’ascension d’un poste de cadre à Petrosen à la fonction suprême s’est faite à coups de décrets de nomination signés par Wade.




Le très politique Abdoulaye Wade l’a bien compris, qui écrit: « Au lendemain de sa victoire, tentant de s’expliquer sur sa déclaration d’un patrimoine de 7 milliards, il avait répondu : «c’est le président Wade qui me les a donnés». J’ai déjà répondu que c’était faux et qu’il lui fallait trouver ailleurs une autre justification plausible. Au demeurant, il est étonnant que celui qui déclare que j’ai été son bienfaiteur en lui offrant sept (07) milliards de francs CFA ordonne la saisie de ma maison pour 550 millions, alors qu’un homme doué de raison et assis sur le socle de nos valeurs se serait empressé de payer les dettes de son bienfaiteur, qui ne représentent après tout que 7% de la supposée libéralité.​ »

Dépouiller l’ancien chef de l’Etat de sa maison du Point E serait, il est vrai, contraire à toutes les règles de bienséance et à nos codes culturels. D’autant qu’il l’a acquise antérieurement à son accession au pouvoir et qu’elle est partie intégrante de son histoire sociale. Wade le rappelle d’ailleurs si bien avec des mots qui touchent: « Avocat ayant l’un des plus grands cabinets de Dakar, c’est par de dures et longues journées de travail à travers tout le Sénégal, que j’ai acquis un respectable patrimoine dont la maison du Point E que Macky Sall veut m’enlever, m’obligeant à me faire héberger par des amis depuis qu’il a lancé l’affaire de Karim. Je ne dis pas qu’il ne réussira pas mais il faudra qu’auparavant il marche sur mon cadavre. »

La plainte annoncée pour diffamation et injure contre Macky Sall est un appel au secours, le baroud d’honneur d’un vieil homme usé par des décennies de lutte et poussé à bout au crépuscule de sa vie par un homme à qui il a fait tant de bien avant que les vicissitudes de la vie politique ne les sépare.




« Wadiste éternel », Samuel Sarr, dans un communiqué indigné, a réagi à la saisie des clés par l’huissier avec des mots qui résonnent: « Cette maison du Point E qui a été acquise par notre père spirituel après de dures années de labeur , au delà de sa fonction sociale, a servi de champ de batailles politiques pour asseoir une démocratie enviable au Sénégal et permettre à beaucoup d’hommes et de femmes, y compris l’actuel Président de la République, de se hisser au plus haut sommet de la pyramide politique et étatique. Je soutiens, solennellement que, quels que soient les mobiles évoqués pour la saisie des clés de cette maison par voie judiciaire, le Président de la République, Macky Sall, devrait prendre toutes les dispositions idoines pour faire éviter une telle situation à notre père spirituel, à son bienfaiteur qu’il ne cesse de harceler depuis qu’il lui à succédé à la magistrature suprême. Les valeurs qui caractérisent la nation sénégalaise parmi lesquelles l’honneur aux anciens et la reconnaissance de l’Etat à ses serviteurs pour services rendus devaient empêcher une telle bourde voire humiliation. »

Toute chose a une limite. Même la haine. Même la vengeance. Quel que soit ce qu’on puisse reprocher à Abdoulaye Wade et à sa famille, la simple décence impose de lui laisser sa maison du Point E.

Cheikh Yérim Seck

Arrêtez le feu ! Ce pays va brûler !

YERIMPOST.COM Chaque jour qui passe dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Idrissa Seck révèle une fissure profonde dans la nation sénégalaise. Au fil de cette polémique nauséabonde aux accents de règlement de comptes politique et de rivalité de chapelles religieuses, surgissent au grand jour les fragilités de notre vivre en commun sans cesse refoulées depuis plus d’un siècle.

Au bout de sa seconde sortie au vitriol contre le leader de Rewmi, Serigne Mbaye Sy Mansour, khalife général des tidianes, a laissé s’échapper le vrai motif de son courroux: la proclamation de sa sortie de la confrérie de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif par celui qui fut perçu il n’y a guère longtemps comme en étant membre. La mâchoire serrée, la mine fermée, le guide des tidianes du Sénégal a dit à Idrissa Seck « bon débarras », avec ce commentaire assassin: « Kou Yalla guéné si bopam seytané moo lay awou… »




Cette phrase a heurté bien des disciples de la confrérie mouride à laquelle Idy, comme le surnomment les Sénégalais, a proclamé désormais appartenir. De sorte que la polémique s’est subitement structurée autour d’une césure nette. Il suffit d’entendre l’intervenant pour savoir à quelle confrérie il appartient. Les réseaux sociaux se sont enflammés, avec des échanges entre mourides et tidianes d’une rare violence.

Au même moment, les étudiants, qui ont repris le pouvoir à la faveur du décès, le 15 mai 2018, de leur camarade Fallou Sène, tué lors de la répression d’une émeute à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, se succédaient, faisant dans la surenchère chaque jour davantage, au bureau du président de la République, qui a fait le choix dangereux de faire sauter tous les paravents entre eux et lui. Dans un contexte où l’Etat se saigne à blanc pour mobiliser les 50 milliards engloutis annuellement par le paiement de leurs bourses, ils réclament leur augmentation et une réduction des prix des tickets de restaurant. Non sans exiger, après avoir obtenu le départ du recteur de l’UGB et du directeur du Crous, les démissions de ministres importants du gouvernement ! La République des étudiants, en somme !

Cette République est tombée dans le grotesque, avec cette sortie fort malheureuse de Macky Sall qui, présentant son ouvrage, a déclaré que la France est l’amie du Sénégal parce que, sous la colonisation, les tirailleurs sénégalais bénéficiaient de… desserts à la différence des autres Africains ! Alors que l’on pouvait légitimement s’attendre à un Mémorial en souvenir de nos soldats tués par la France à Thiaroye en 1944, voila qu’une farce de mauvais goût vient aggraver une blessure nationale déjà béante.

Les équilibres de ce pays tanguent de tous bords. Le Sénégal s’embrase peu à peu. Arrêtez ce feu ! Le pays va brûler !

Cheikh Yérim Seck

Vidéo- De la Ka’aba, Cheikh Yérim Seck lance un message d’apaisement





Polémique autour de la Ka’aba: Cheikh Yérim Seck donne son point de vue

YERIMPOST.COM Pour le piètre musulman, gros pécheur que je suis, la Ka’aba revêt une signification particulière. C’est le sanctuaire de la purification, une sorte de confessionnal, où l’esclave de Dieu soucieux de son sort se réfugie, invoque son Seigneur, quémande son Pardon, purifie son âme…

Idrissa Seck le comprend si bien qu’il y va, avec d’ailleurs son épouse. Aucune personne censée soucieuse de la recherche de Dieu ne se rend dans un sanctuaire dénué de charge spirituelle. Sa parole doit donc avoir excédé sa pensée. Ce qui peut arriver à tout être humain. Il s’est excusé et a invoqué le contexte du mois de Ramadan pour implorer le pardon de tout musulman que sa déclaration a heurté.

Tous ceux qui continuent de le démolir ont donc d’autres visées que la défense de la Ka’aba. Il y’a, sans conteste, des calculs de destruction politique ou de vengeance personnelle derrière les multiples sorties contre lui.




La Ka’aba est posée sur l’épicentre du monde, c’est vers elle que les musulmans s’orientent cinq fois par jour pour prier. Tourner sept fois autour d’elle est l’une des obligations du pèlerinage, le cinquième pilier de l’Islam. Premier lieu saint de la religion révélée par le Prophète Mouhamed (Paix et Salut sur Lui), elle doit être le lieu de culte le plus fréquenté de la planète.

Une prière dans la mosquée qui entoure la Ka’aba équivaut à 100 000 prières effectuées ailleurs. C’est donc l’endroit qui a la plus forte charge spirituelle au monde. Et tous ceux qui, comme moi, ont demandé des choses à Dieu à cet endroit, ont vu leurs prières exaucées. Ce doit être le lieu qui secrète la plus forte hijaba. Il ne se compare à aucun autre sur le globe.

Aucun homme ni aucune femme ne doit s’y tromper. Chaque musulman, chaque musulmane, doit, en bonne place parmi les objectifs de sa vie, inscrire le voyage vers cette majestueuse bâtisse noire que Dieu a fait poser là par des anges et des prophètes. Aucune alchimie intellectuelle de qui que ce soit ne doit faire perdre de vue cet objectif stratégique. Quiconque dit le contraire est au mieux un ignorant et, au pire, un falsificateur.

Cheikh Yérim Seck




Vidéo- Gérard Sénac, dans votre pays, oseriez-vous… (Cheikh Yérim Seck)





Cessez de politiser la question technique du paiement des bourses !!!

YERIMPOST.COM Le décès de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène, le 15 mai, lors d’une manifestation d’étudiants réclamant le paiement de leurs bourses, est une tragédie, un incident à tous égards regrettable. C’est une épreuve vécue dans leur chair par un père et une mère de famille du Sénégal profond qui se sont saignés à blanc pour mettre leur fils dans les conditions de réussir à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, de réussir dans la vie tout court…

Pareil drame ne doit pas, décemment, servir d’alibi à un politicien de ce pays pour attaquer, accuser, accabler son adversaire… On ne fait pas la politique partout, avec tout, sur tout…

Dès que Fallou Sène est tombé, alors que son cadavre était encore chaud, des rivaux à Saint-Louis du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ont rué dans les brancards, exigeant sa démission alors qu’il se trouvait à l’étranger, en mission à Addis-Abeba, et alors que sa responsabilité n’avait pas encore été évaluée. La suite a montré que le ministère de Mary Teuw Niane a mené le processus de paiement des bourses dans le respect des règles et des délais fixés. Et que le retard de paiement, cause de l’émeute au cours de laquelle Fallou Sène a été tué, ne peut pas lui être imputé.

Mary Teuw Niane n’est pas la seule cible dans le viseur des politiciens embusqués, désireux de faire leur beurre avec le sang de l’étudiant disparu. Amadou Ba, ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, cible privilégiée des hommes d’affaires boulimiques et des hommes politiques chasseurs de primes, a fait l’objet d’attaques totalement injustifiées, signe d’une méconnaissance évidente des règles de fonctionnement de la trésorerie de l’Etat.
Le paiement des bourses est une opération récurrente gérée par des fonctionnaires du ministère en-dessous du directeur du Trésor, donc du ministre du Budget et du ministre des Finances. C’est le trésorier général qui ordonne au payeur général de payer. Mais, comme ces intervenants engagent leur responsabilité personnelle, ils vérifient la véracité des ayants droit qui ne font pas moins de 117 000 personnes. D’autant que le cadre même des bourses est propice aux trafics et magouilles de toutes sortes qui échappent y compris aux plus hautes autorités de l’Enseignement supérieur. Ce n’est pas pour rien que le ministre lui-même a déposé, le 19 mai 2014, une plainte devant le procureur de la République suite à la découverte d’un réseau de bourses fictives.

Dans un tel contexte, quelle que soit la pression des délais, l’agent du ministère des Finances qui s’occupe du paiement est obligé, sous peine d’engager sa responsabilité personnelle, de procéder à un minimum de vérifications et de recoupements. Cela relève d’une routine administrative dont Amadou Ba n’est même pas informé.

Ceux qui allèguent donc des difficultés de trésorerie de l’Etat pour expliquer le retard de paiement de la somme de 1 000 000 000 de francs cfa – laquelle a retenu Ecobank de payer du 2 au 11 mai – ont tout faux. A ce niveau, il y a une explication technique très simple. Environ 39 milliards de francs cfa ont été votés par l’Assemblée nationale pour payer des bourses qui culminent à la somme de 50 milliards !

L’écart d’une dizaine de milliards ne peut être décaissé par le ministère des Finances que sur la base d’une autorisation parlementaire. Sans ce quitus, le Trésor public, qui détient bel et bien les fonds pour payer Ecobank, ne peut les débloquer pour honorer sa dette vis-à-vis de cette banque. Voici ce qui explique ce que d’aucuns ont qualifié de difficulté du Trésor pour payer 1 milliard.

Par quelle alchimie certains ont-ils pu enjamber ces rouages techniques et les directeurs personnellement responsables de l’opération, pour convoquer la responsabilité du ministre des Finances ? C’est par le même procédé que ceux qui réclament la tête de Mary Teuw Niane ont cherché à le mouiller.

Il est vrai que le contexte de cette année pré-électorale, marqué par une guerre des tranchées au sein du parti au pouvoir, est on ne peut plus prompt à entretenir un climat délétère et une ambiance de coups tordus.

Grand argentier du pays, gardien du nerf de la guerre, Amadou Ba suscite, comme ses homologues de tous les pays, fixation, adversité et fantasmes. D’autant que l’ancien directeur des Impôts à qui Macky Sall a confié les cordons de la bourse est obligé de prendre des mesures drastiques et impopulaires dans un contexte économique difficile marqué par le renchérissement du coût du pétrole, donc la nécessité de raffermir la gestion pour ne pas creuser les déficits et aggraver la dette.

Si certains ont leurs raisons pour lui en vouloir, ils n’arriveront pas à établir sa responsabilité à propos du retard de paiement des bourses. En dépit des tirs sanguins de politiciens embusqués. Le souci de la vérité impose de dénoncer pareilles méthodes. Il est plus que temps de cesser de politiser la question technique du paiement des bourses.




Cheikh Yérim Seck

Vidéo- M. le juge Dème, vous n’auriez pas dû entrer en politique (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo- Honte à l’administration pénitentiaire (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo- Cheikh Yerim Seck brise le silence: « Pourquoi j’ai été arrêté… »





Arrêtez de tuer les Sénégalais !

YERIMPOST.COM Balla Gaye, Bassirou Faye, Mouhamed Fallou Sène… Au fil des années universitaires et des grèves et manifestations, la liste des étudiants tombés sous les balles des forces de l’ordre s’allonge. Le décompte macabre s’aggrave et, avec lui, les points noirs sur le visage de la démocratie sénégalaise.

Si cette spirale tragique n’est pas enrayée, notre pays risque de battre le record des démocraties tueuses de manifestants. Surtout avec le pic atteint par le régime d’Abdoulaye Wade qui, à la veille de la présidentielle de 2012, a ôté la vie à 12 de nos compatriotes, dont le très regretté Mamadou Diop.

Or, dans tous les pays respectueux de la liberté de manifester, il se passe des débordements pires que ceux qui ont cours au Sénégal sans que les forces de l’ordre usent de balles réelles pour tuer ou blesser. Le 1er mai dernier, les black blocs, ces groupes extrémistes d’anarchistes, ont semé en France des troubles plus graves et plus destructeurs que le soulèvement de ce 15 mai des étudiants de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Ils n’ont pas été criblés de balles réelles, encore moins tués, mais ont été contenus, neutralisés, interpellés pour certains par des forces de l’ordre qui s’astreignent à la « norme zéro mort » qui constitue le référentiel de mesure de la qualité de leurs interventions.

Si nos policiers et gendarmes les ignorent, on doit leur enseigner les normes internationales protectrices des citoyens dans l’exercice du droit de manifestation et de cortège. S’ils connaissent les règles mais manquent d’expertise pour contrôler les foules, il convient de les former. Quitte à créer une brigade spéciale anti-émeute entraînée à contenir les manifestations violentes !

Il n’y a aucune raison que les groupes ultra-violents d’altermondialistes et autres casseurs soient efficacement contrôlés à l’occasion de moult sommets internationaux dans nombre de villes du monde, sans que nos forces de l’ordre parviennent à réprimer sans bavure la poignée d’agitateurs d’une petite université comme l’UGB.

L’mage du Sénégal dans le monde impose qu’on cesse de verser le sang des Sénégalais dans l’exercice de leurs prérogatives démocratiques. La jouissance des libertés constitutionnelles doit être garantie. Les débordements doivent être contrecarrés par des moyens proportionnés. Les auteurs de bavures doivent être sanctionnés sans faiblesse. Les balles réelles doivent être bannies comme instrument de restauration de l’ordre public. Les forces de l’ordre doivent une bonne fois pour toutes arrêter de tuer les Sénégalais…




Cheikh Yérim Seck

Autoroute à péage: Gérard Sénac, vous n’avez pas investi un penny. Je le démontre (Cheikh Yérim Seck)

YERIMPOST.COM Les 20 km de l’autoroute à péage (allant de Pikine à Diamniadio) ont officiellement coûté 148 milliards de francs cfa (dont 87 milliards déboursés par l’Etat du Sénégal et 61 milliards qui auraient été apportés par Eiffage).

Si les 20 km ont coûté 148 milliards, cela veut dire que le km a valu 7,4 milliards de francs cfa. Près de nous, en Côte d’Ivoire, les 86 km d’autoroute reliant Singrobo à Yamoussoukro ont coûté 137 milliards de francs cfa, soit 1,6 milliard le km. Il existe 7 autoroutes au Maroc qui traversent des montagnes et tous types de reliefs. Leur coût moyen est de 2,3 milliards le km. En Tunisie voisine, un pays plat comme le Sénégal, le coût moyen des 5 autoroutes est de 1,1 milliard le km.




Si on retient le coût moyen le plus élevé entre le Maroc, la Tunisie et la Côte d’Ivoire, les 20 km d’Eiffage auraient dû coûter au maximum 50 milliards. Gérard Sénac n’avait donc besoin de débloquer le moindre sou pour construire l’ouvrage. Pire, avec les 87 milliards débloqués par le Trésor public sénégalais, il a achevé l’autoroute et s’est aménagé une marge restante d’au moins 37 milliards de nos francs.

C’est donc un gros mensonge, une grossière escroquerie, si Gérard Sénac affirme qu’il a investi 61 milliards. Avec son apport, le Trésor public sénégalais, à lui seul, a largement financé l’autoroute à péage. Gérard Sénac lui doit d’ailleurs 37 milliards au bout des travaux.

Pour avoir une idée de l’ampleur du hold-up commis par Sénac, évidemment avec la complicité de tous ceux qui, de Karim Wade à Aminata Niane, en passant par les soit disant techniciens de notre administration impliqués dans le projet, ont couvert ce brigandage, il faut se référer à un exemple récent.

Le Sénégal est entrain de réaliser l’autoroute côtière reliant Dakar à Saint-Louis sur un linéaire de 190 km pour un coût de 480 millions de dollars (240 milliards de francs cfa). Dans le même pays, sur un relief plus compliqué, plus mou, qui va demander beaucoup plus de béton et de fer, cette autoroute va coûter 1,26 milliard le km, contre 7,4 milliards le km chez Eiffage.

Lorsque le problème de la clôture et de l’éclairage de l’autoroute à péage s’est récemment posé, un technicien très pointu en BTP m’a dit: « Même si on mettait un mûr de clôture en béton armé constellé de diamants et des ampoules de lampadaires en or, on n’atteindrait pas le chiffre caricatural censé avoir été dépensé pour construire cet ouvrage qui est de trop loin le plus cher du monde. »

Gérard Sénac, l’escroquerie a trop duré. Vous n’avez pas dépensé un seul penny de fonds propres sur cette autoroute.

Cheikh Yérim Seck



M. le président, voici pourquoi vous devez mettre fin à l’arnaque de Gérard Sénac

YERIMPOST.COM M. le président de la République, sans doute fort de certaines informations, vous vous étiez engagé, le 31 décembre 2011, sur le plateau de la 2stv, une fois élu, à dénoncer le contrat liant l’Etat à Eiffage.

Le 7 mai 2018, réagissant au décès accidentel de Papis Baba Diallo, suite à des négligences cumulées de la direction de l’autoroute à péage, vous avez réaffirmé la nécessité de revoir le contrat qui lie l’Etat à Eiffage. Vous devez, M. le président, aller jusqu’au bout de cette idée. Voici pourquoi.

Je passe sur le montage du projet qui a occasionné le vol d’au moins 37 milliards du Sénégal par Gérard Sénac qui n’a pas investi un seul penny. Ce businessman a construit l’autoroute avec au maximum 50 des 87 milliards que l’Etat lui a remis et a fait main basse sur le reste.

J’en viens au cahier des charges lui-même, qui stipule que l’entreprise titulaire de la concession doit concevoir, financer, construire, exploiter et entretenir l’autoroute. Eiffage n’a rien financé. C’est le Trésor public sénégalais qui l’a fait à sa place. Après n’avoir rien financé, cette entreprise s’est vue accorder l’exploitation de l’autoroute pour 30 ans, soit la durée maximale.

Et, même si elle avait investi 61 milliards, Eiffage est entrée dans ses fonds depuis longtemps et a engrangé un bénéfice conséquent. Sur une base de prévision de départ de 40 000 véhicules par jour, l’autoroute en reçoit en effet plus de 60 000 par jour. Et applique des tarifs de péage caricaturaux depuis plus de six ans. Alors que le Maroc est à 5,5 francs par km, et la Tunisie à 10 francs par km, Gérard Sénac est, sur la base des 1400 francs pour 20 km, à 70 francs par km. Il empoche tout, bien que n’ayant pas financé l’autoroute à 100%.

Même si Gérard Sénac avait déboursé la somme qu’il prétend avoir investie, il suffit de faire le calcul pour se rendre compte qu’il a fini d’amortir cet investissement fictif et d’engranger un bénéfice conséquent.

M. le président, voici quelques raisons parmi tant d’autres pour lesquelles vous devez mettre fin à l’arnaque. De Gérard Sénac, un industriel français qui a pignon sur rue au Sénégal a récemment dit: « M. Sénac rigole et fait du mécénat pour l’art. Il est fort sympathique. C’est la marque distinctive des escrocs. »

Cheikh Yérim Seck

Réponse à l’édito de Cheikh Yérim Seck sur le juge Ibrahima H. Dème (Amadou Tidiane Thiello, UGB)

Réponse à l’édito de Cheikh Yérim SECK sur le juge Ibrahima H. Dème.




Après avoir réussi l’examen du baccalauréat, j’arpentais avec beaucoup de fierté l’itinéraire de l’Université de Sanar. Je ne savais de ce creuset fécond du savoir que des choses positives, disons une bonne réputation.

En outre, en ces temps, un homme avait gagné l’admiration de beaucoup de jeunes parmi lesquels je faisais parti. L’homme en question est un produit de l’Université de Sanar.

Je veux nommer la personne de Cheikh Yérim qui excellait avec sa belle plume et ses sorties pertinentes.

Mais au fil du temps, cette admiration dégringole, de ses déboires avec la fille du magistrat jusqu’à la position de l’homme sur l’entrée en politique de l’autre juge.

Aurait-il un problème avec les magistrats ?

L’article de Cheikh Yérim sur le juge Dème est inopportun. M. Seck, en ces nuits où le dégoût de la chose politique gagne de plus en plus les citoyens sénégalais, votre position sur l’entrée du juge Dème dans la politique est plus que surprenante.

Surprenantes sont également les arguments que vous avez soulevés et la comparaison à laquelle vous avez recourue pour appuyer votre idée.

Cheikh Yérim, cette position aurait dû être  d’encourager le juge Dème au lieu de verser dans un pessimisme logico-déductif, contre-productif et déstabilisateur.

Si vous avez peur de vous baigner dans le fleuve pour éviter d’être dévoré par les crocodiles, restez alors sur la rive. Mais, attelez vous seulement à l’observation et ne vous amusez point à décourager ceux qui ont sincèrement envie de pêcher du poisson frais pour nourrir leurs concitoyens ou puiser de l’eau pour étancher la soif des autres.




Cheikh Yérim, il n’y a pas plus noble que la participation politique, il n’y a pas plus noble que l’engagement politique, il n’y a pas plus noble que le renoncement des privilèges pour la cause républicaine.

Mettre en place des cabinets de consultance, construire des écoles tout cela est bien beau, mais à la beauté du vers car aucun de ces éléments n’égale le fait d’être dépositaire du pouvoir politique. C’est l’ultime et l’incomparable responsabilité politique et la plus encline à apporter le changement, le vrai.

Cheikh Yérim, vous êtes paradoxal. On ne peut pas souhaiter changer un système sans être au cœur de celui-ci. Même si être au sein de celui-ci, ne garantit pas le changement. changer un système n’est pas chose aisée. En effet d’où la nécessité d’encourager ceux qui s’y attèlent.

Mais là où notre indignation caresse son comble et nous fait sortir de nos gongs, c’est quand vous prophétisez que le juge Dème n’aura pas un score important s’il décidait de participer à la prochaine élection présidentielle . Le grand journaliste s’est-il transformé en un Selbe Ndom ? Sur quelles bases vous fondez-vous?  Non, sur aucune sinon celle de vos humeurs et de votre démarche logico-déductive mais à l’arrivée toute biaisée. L’intellectuel que vous êtes déshonore ceux qui s’en réclament car livrer un verdict d’une compétition pas encore organisée relève de la mauvaise foi quelque soit les arguments utilisés.

Cheikh Yérim, à l’épreuve du bilan, nous serons tous comptables. Mais vous, vous serez doublement comptable. Non seulement à vous lire, il ressort aisément que vous n’êtes pas prêt à vous engager politiquement. It’s your choice !

Mais, vous êtes comptable, par ailleurs, d’avoir humecté votre plume dans l’encre du fatalisme pour décourager d’honnêtes citoyens qui n’ont que l’envie de participer dans la gestion des affaires de la cité avec une nouvelle dynamique.

Cheikh Yérim, ces mots ne sont nullement le condensé d’une attaque personnelle mais le fruit d’une indignation d’un jeune citoyen conscient qu’à défaut de soutenir les acteurs politiques porteurs de changements, il est maladroit, très maladroit de les décourager voire discréditer !

 

 

Amadou Tidiane Thiello

Science Po Sanar

thiellotidjane@gmail.com

 

Monsieur le juge Ibrahima Hamidou Dème, votre entrée en politique est une mauvaise option

YERIMPOST.COM Monsieur Ibrahima Hamidou Dème, le 26 mars 2018, vous démissionniez de la magistrature par une lettre qui fera date dans les annales glorieuses de la République. Un an plus tôt, vous quittiez la position enviable de membre du Conseil supérieur de la magistrature. Toutes les deux fois, les raisons que vous avez évoquées à l’appui de vos décisions ont frappé l’opinion publique par leur pertinence et leur dignité.

Mais, dès que vous avez ôté votre robe de juge, vous avez aussitôt annoncé votre volonté d’arborer à la place le manteau de politicien. Et, ce 5 mai à Thiès, avec tambours et trompettes, vous avez franchi le Rubicon pour pénétrer dans l’arène politique à la tête d’un mouvement. Je pense que vous avez pris la plus mauvaise des options qui s’offraient à vous. Vous auriez pu ouvrir une école de formation aux principes de la République, créer une association de défense des institutions, ouvrir un cabinet de consultation en droit ou sur les questions judiciaires, devenir un avocat défenseur de la liberté des juges…

Vous avez décidé d’entrer dans le segment de notre vie publique le plus brutal, le plus corrupteur, le plus pervers… Le précédent Ousmane Sonko, passé d’inspecteur des impôts à opposant crédible, n’est pas pertinent comme exemple pour vous. Sonko était dans l’anti-chambre de la politique pendant plus d’une décennie à la tête du syndicat des fonctionnaires des Impôts. Il a eu le temps de prendre des coups, d’en donner, de s’aguerrir, d’assimiler les codes d’un monde à part… Inspecteur des Impôts, il a appris à la tête de son parti et fait face au pouvoir des années avant d’être radié de la Fonction publique. La transition s’est donc naturellement opérée pour lui.

Quant à vous, Ibrahima Hamidou Dème, vous tombez comme un novice dans ce jeu de massacres. Vous avez le cuir tendre. Vous risquez de finir dans l’estomac des crocodiles du marigot politique sénégalais. Ils vont vous attaquer, vous déstabiliser, vous étriller, vous décrédibiliser, vous dévorer… Et je crains que vous n’ayez pas les moyens des ambitions de changement que vous portez pour le pays. Eux ont des appareils, de l’argent volé des caisses de l’Etat ou tiré de circuits louches, des apparatchiks experts en coups tordus, des mercenaires qui mobilisent pour eux contre avantages en nature et en espèces… Vous, vous n’avez rien de tout cela. Eux ont un discours fondé sur la manipulation et le mensonge. Vous, dans la droiture du juge imbu de principes, vous ne devez pas pouvoir faire dans ce registre.

Et, si vous vous présentez à la future élection présidentielle, je crains que vous ayez un score minuscule du type de celui qui a humilié et définitivement rayé des personnalités inconnues au bataillon qui par le passé ont cru pouvoir mener la mère des batailles politiques.

Or, votre pedigree personnel aurait pu servir notre démocratie comme force symbolique ou comme contributeur à la masse critique. Et, on ne le dira jamais assez, ce n’est pas que dans la politique que l’on peut être utile. Vigie de la République, sentinelle de la démocratie, puissance d’alerte… sont des rôles plus précieux et plus prestigieux que bien des positions politiques.

Cheikh Yérim Seck



Vidéo- Transhumance: Cheikh Yérim Seck interpelle Bamba Ndiaye





Honte à vous Cheikh Yérim Seck !

Dans un article intitulé « Assane Diouf tabassé… Honte à l’administration pénitentiaire ! » , article paru le 4 mai 2018 sur le site yerimpost.com, monsieur Cheikh Yérim Seck a cru devoir jeter l’opprobre sur toute une corporation en tentant de se faire l’avocat de monsieur Assane Diouf qui, selon lui, aurait été tabassé par des surveillants, ce qui du reste est totalement faux.



Pour satisfaire son égo surdimensionné, tentant de faire croire à une supposée magnanimité à l’endroit de celui qu’il appelle « l’insulteur public » dont il aurait lui-même subi les foudres, il s’est en effet livré à son exercice favori qui consiste à rabaisser l’autre, mais cette fois-ci allant jusqu’à insulter sans aucune retenue l’ensemble des membres de l’Administration pénitentiaire, débitant une litanie d’insanités dans un langage que l’on pourrait qualifier de « sauvagement violent et puérilement vulgaire » pour reprendre ses propres termes.

Monsieur Seck écrit ceci : « Honte à  l’Administration pénitentiaire qui admet en son sein ces pratiques d’un autre âge !… Les sévices exercés sur ce détenu sont symptomatiques de la brutalité de l’Administration pénitentiaire du Sénégal, largement en-deçà du niveau de notre démocratie, constituée de gardes pour la plupart quasi-analphabètes, totalement ignorants des normes protectrices des droits de l’homme… Bourrés de complexes, ces matons se comportent comme s’ils avaient des comptes à régler avec les détenus célèbres… Autant de faits constitutifs de traitements cruels, inhumains et dégradants qui interpellent les organisations de défense des droits de l’homme. »

N’eussent été les accusations graves de torture et de violation des droits de l’homme portées sur cette institution républicaine qu’est l’Administration pénitentiaire, nous aurions tout simplement opposé un mépris total à ce faux dévot qui a perdu toute crédibilité et qui cherche à redorer un blason définitivement terni en faisant feu de tout bois. Sans vouloir verser dans un corporatisme de mauvais aloi, nous estimons nécessaire, en tant qu’officier supérieur de cette Administration, de jouer notre rôle de sentinelle en rétablissant la vérité, surtout à l’intention de l’opinion nationale et internationale.

Nous tenons donc à démentir formellement ces allégations mensongères qui ne reposent sur rien, si ce n’est un dessein inavoué de l’auteur. Il n’est certainement pas exclu qu’il existe des cas isolés de mauvais comportements de la part de membres du personnel pénitentiaire, mais le cas échéant, ces actes sont systématiquement sanctionnés avec fermeté et rigueur.

Aucun Directeur de prison, aucun Inspecteur régional, encore moins le Directeur de l’Administration pénitentiaire ne cautionnent des comportements à rebours de la règlementation pénitentiaire qui interdit clairement tout acte de violence physique comme verbale. Et ceci peut être prouvé par des circulaires, des notes de service, des rappels fréquents à l’occasion des cérémonies quotidiennes de levée des couleurs et enfin des sanctions effectivement prises dans ce domaine par les différents responsables.

Sur un plan personnel, dans toutes les prisons que j’ai eu l’honneur de diriger, de Matam à Ziguinchor en passant par Saint-Louis, Rebeuss et dernièrement l’Inspection régionale de Thiès, la première note de service que je signe sous forme de prise de contact avec le personnel comporte toujours ce passage assez édifiant : « Enfin, et j’insiste particulièrement sur ce point, le respect et l’humanisme doivent à tout moment inspirer notre comportement vis-à-vis des détenus. A ce propos, je rappelle la nécessité pour tout le personnel de se conformer aux dispositions de l’article 120 du décret  2001-362 du 4 mai 2001 relatif aux procédures d’exécution et d’aménagement des sanctions pénales. » Un tour aux archives de ces différentes prisons permettrait de vérifier la véracité de cette affirmation.



Il est donc inexact de vouloir faire passer l’Administration pénitentiaire comme un corps qui « nui à l’image du Sénégal, signataire de toutes les conventions internationales interdisant la torture et les traitements cruels, inhumains et dégradants ». Non, monsieur Seck ce n’est nullement l’image que l’Administration pénitentiaire du Sénégal renvoie à la communauté internationale, loin s’en faut.

Bien au contraire, l’ONU consciente du professionnalisme de cette institution fait régulièrement appel à elle pour lui fournir des experts pénitentiaires pour aider à remettre sur pied les systèmes pénitentiaires de pays sortant de conflits armés.

Des experts pénitentiaires sénégalais ont eu l’honneur de diriger des composantes pénitentiaires de missions des Nations Unies au Congo, en Côte d’Ivoire ou d’être recrutés comme fonctionnaires internationaux en Haïti, au Tchad, au Sud Soudan et récemment au Mali. Et ces fonctionnaires que vous qualifiez de « quasi-analphabètes totalement ignorants des normes protectrices des droits de l’homme », ont justement pour mission d’enseigner ces normes-là au personnel local des pays où ils sont envoyés et de veiller à l’application par ce personnel de ces standards internationaux. Ils le font à la satisfaction des autorités onusiennes car il est arrivé que, la demande étant trop forte, le Sénégal ne fasse pas droit aux sollicitations pour éviter de dégarnir ses services.

Aujourd’hui ils sont une trentaine à porter l’étendard du Sénégal dans les différentes missions onusiennes. L’Administration pénitentiaire du Sénégal est par ailleurs membre de toutes les associations internationales existant dans le domaine pénitentiaire, associations dans lesquelles elle joue un rôle particulièrement éminent en assurant soit la présidence, soit la vice-présidence.

Les forces de défense et de sécurité dont l’Administration pénitentiaire est partie intégrante méritent respect, considération et soutien au regard des nombreux sacrifices qu’ils consentent parfois au prix de leur vie pour permettre à monsieur Seck et aux citoyens d’une manière générale de dormir paisiblement et de vaquer à leurs occupations en toute quiétude.

Honte à vous Cheikh Yérim Seck qui vous permettez d’insulter et de vouer aux gémonies une institution républicaine dont vous devriez pourtant vous montrer fier au regard du travail colossal abattu quotidiennement par les femmes et les hommes qui la composent, mais surtout au regard de son rayonnement international indéniable dont la dernière illustration est la récente participation couronnée de succès aux compétitions organisées aux États-Unis, communément appelées « Mock Prison Riots » !

Inspecteur Mohamed Lamine Diop est Inspecteur régional de l’Administration pénitentiaire (Thiès-Diourbel).

 

Auteur: Mohamed Lamine Diop

Gérard Sénac, dans votre pays, auriez-vous osé pareilles négligences ?

YERIMPOST.COM Gérard Sénac, par vos négligences coupables, vous avez occasionné l’extinction d’un des plus illustres talents du monde audiovisuel africain. Papis Baba Diallo, membre de Gelongal, titulaire du prix de meilleur réalisateur africain, a perdu la vie ce 5 mai 2018 sur l’autoroute que vous gérez.

Les circonstances de l’accident qui l’a emporté laissent entrevoir de graves négligences de votre part. Papis s’est retrouvé nez à nez avec un troupeau de boeufs déambulant sur la chaussée. Votre autoroute, la plus chère au monde, n’est pas clôturée. Comment pouvez-vous prendre autant de liberté avec l’étancheité d’une route à grande vitesse aussi passante ?




L’autoroute n’est pas clôturée, elle n’est pas non plus éclairée. L’accident est intervenu à hauteur de Toglou 2, sur un tronçon dépourvu d’éclairage. C’est donc dans l’obscurité que Papis, qui a payé les tarifs usuriers qui sont les vôtres pour pouvoir aller vite, a vu son chemin coupé par un troupeau de boeufs. Il a trouvé la mort. L’un de ses frères qu’il transportait a eu le bras fracturé. Un autre a subi des contusions sévères.

M. Sénac, ce n’est que dans une République bananière, un Etat fragile pour lequel vous n’avez aucun respect, que vous pouvez vous permettre d’accumuler autant de négligences. Votre autoroute, dont les tarifs de péage sont tout simplement caricaturaux, est un vaste cimetière où des Sénégalais de plus en plus nombreux laissent leurs vies.

M. Sénac, vous êtes français, je crois. Oseriez-vous, si vous gériez un ouvrage de ce type dans votre pays, vous laisser aller à de telles légèretés ? Vous auriez été poursuivi, civilement et pénalement sanctionné pour mise en danger de la vie d’autrui ou homicide involontaire.

Mais, comme nous sommes au Sénégal, un pays africain pauvre, habité de nègres dont la vie ne compte pas pour un penny, vous amassez des sommes colossales sans avoir la décence d’en investir la plus infime partie pour conformer l’ouvrage aux normes prudencielles en vigueur dans le monde entier. Nous y reviendrons.

Cheikh Yérim Seck

 

 

 

Le président de l’Amicale des inspecteurs de l’administration pénitentiaire répond à l’édito de Cheikh Yérim Seck sur le tabassage d’Assane Diouf

Le vendredi 04 mai vers 9heures du matin, je suis informé par un collègue de la parution d’un article sur le site yerimpost.com signé par monsieur Cheikh Yerim SECK lui-même. L’article en question est intitulé «Assane Diouf tabassé… Honte à l’administration pénitentiaire ! »

En parcourant l’article, j’ai été atterré par la légèreté de l’analyse qui révèle simplement la haine viscérale que son auteur nourrit contre l’Administration pénitentiaire depuis son séjour carcéral.



Je ne reviens pas ici sur le traitement d’Assane DIOUF à la Maison d’arrêt de Rebeuss. La direction de cet établissement maitrise parfaitement son domaine et veillera au respect scrupuleux de la loi et du règlement. Je ne reviens pas non plus sur les propos irrespectueux de M. Seck traitant les membres de l’Administration pénitentiaire de complexés et de quasi-analphabètes. Loin de moi aussi l’idée de polémiquer avec lui. Chaque citoyen sénégalais pouvant émettre un point de vue sur le fonctionnement de l’Administration pénitentiaire.
Je voudrais simplement, à travers ce document, rappeler que l’Administration pénitentiaire est régie par des lois et règlements qui imposent une certaine conduite aussi bien aux détenus qu’aux membres du personnel sous peine de sanction administrative et/ou pénale selon les cas.
En ce qui concerne le personnel, des mesures administratives sont régulièrement prises, même si l’opinion n’est jamais informée, en cas de manquement à une obligation professionnelle ou à la discipline. Et la dernière en date est le licenciement d’un surveillant de prison.
Du cote des détenus, une panoplie de sanction est aussi prévue. C’est le cas notamment de la réprimande, de la suppression de promenade pendant 8 jours au plus, de la privation de toute correspondance pendant deux (02) semaines au plus. Il y a également la suppression de visite, la suppression de l’usage du pécule et enfin la mise en cellule. Et aucune de ces mesures n’est prise selon le bon vouloir des autorités pénitentiaires.
Je voudrais également préciser que l’Administration pénitentiaire ne fait aucun parti pris entre les détenus, qu’il soit célèbre ou pas. Son seul baromètre, c’est la loi. Ce qu’il faut plutôt dénoncer et même condamner c’est la spéculation gratuite de certaines personnes sur l’Administration pénitentiaire qui est composée d’hommes et de femmes compétents, au service exclusif de l’Etat et des citoyens usagers du service public. Elle est citée en exemple en Afrique et même au sein des Nations Unies. Ses membres ne nourrissent aucun complexe et ont une parfaite maitrise des instruments juridiques internationaux liés au respect des droits des détenus.

 

Inspecteur Mbaye SARR
Inspecteur régional de l’Administration pénitentiaire de Ziguinchor
Président de l’Amical des Inspecteurs

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