Blog de Cheikh Yerim Seck

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Imbroglio autour d’un retrait: « un poisson de juin » !

 » Urgent: Parrainage: le président demande à l’assemblée de retirer la loi « .

 

Quand j’ai pris connaissance de cette information largement relayée par la presse, je me suis dit que c’était peut-être un canular qui nous était servi comme poisson d’avril.

 

Mais je me suis ravisé très vite quand je me suis rendu compte qu’on était déjà loin du 1er avril, occasion pendant laquelle on y a droit, et qu’on était bel bien le 07 juin 2018.

 

Alors je me suis mis à cogiter pour essayer de comprendre un peu ce qui se cachait derrière ce supposé retrait.

 

Une telle situation a conduit naturellement à  des réactions fort différenciées.

 

Illico presto l’opposition a commencé par jubiler mettant en exergue une certaine capitulation du pouvoir se rendant compte de l’impossibilité d’opérationnaliser la loi sur le parrainage telle que votée par l’assemblée nationale le 19 avril 2018.

 

Le pouvoir, acculé, a réagi par le biais du législatif et de l’exécutif pour préciser qu’il n’était nullement question de retirer la loi sur le parrainage votée par l’assemblée nationale et promulguée par le président de la République mais le projet de loi portant révision du code électoral déposé à l’assemblée nationale le 28 mars, c’est-à-dire en même temps que la loi instituant le parrainage.

 

Ceci nous amène à nous poser un certain nombre de questions.

 

Pourquoi les deux projets de loi sont-ils déposés en même temps par le gouvernement sur la table du président de l’assemblée nationale?

 

A quelle date le Président de la République a-t-il promulgué la loi votée par l’assemblée nationale le 19 avril ?

 

Cette promulgation a-t-elle été publiée par la presse et dans le journal officiel?

 

Pourquoi avoir attendu près de 50 jours( entre le 19 avril et le 07 juin) pour retirer le projet de loi portant révision du code électoral?

 

Même si ces questions ne sont pas des interrogations oratoires, elles appellent tout de même de notre part un certain nombre de réponses.

 

Par respect à l’assemblée nationale, le gouvernement aurait dû attendre que la loi constitutionnelle soit d’abord définitivement adoptée avant de chercher à en préciser les modalités d’exécution dans un projet de loi portant révision du code électoral. Sa démarche accrédite encore la thèse des pourfendeurs qui considèrent le parlement comme une chambre d’applaudissements.

 

Elle donne aussi raison à l’opposition sur la nécessité qu’il y avait à instaurer un dialogue à l’hémicycle pour cerner les contours de l’applicabilité de la loi.

 

Les communiqués sont muets sur la date de promulgation.

 

La publication par la presse et dans le journal officiel est encore diffuse

 

Le temps mis pour retirer le projet est trop long pour une question qui semblait relever d’une grande urgence, au vu des conditions dans lesquelles la loi a été votée.

 

Le président de la République en déposant la lettre de retrait du projet sur la table de l’assemblée le 06 juin coïncidant à la veille de son départ pour le Canada où il devait assister au sommet du G7 et à l’appel au dialogue pour la gestion des ressources naturelles sur le pétrole et le gaz, ne voudrait-il pas se donner bonne conscience et redorer son blason devant ses homologues présidents ?

 

Les coïncidences sont troublantes et il aurait, le cas échéant, réussi un coup médiatique.

 

En tout état de cause, le manque de préparation doublé de la précipitation qui ont jalonné le vote de la loi sur le parrainage semblent rattraper le gouvernement du Sénégal qui a décidé, pour sauver la face, de rouvrir une fenêtre de dialogue sur le parrainage avec la mise en place d’une commission ad hoc composée de leaders de partis politiques et de membres de la société civile et envoyée en mission commando au Cap-Vert et en Pologne pour s’inspirer de l’expérience de ces pays en matière de parrainage électoral.

 

Si ce n’est pas de l’amateurisme, ça lui ressemble fort.

 

 

 

 

 

Fait à Thiès le 11 juin 2018

 

 

 

El Hadji Abdou WADE dit Mara.

Concertation autour des ressources naturelles: De grâce, avivons cette lueur d’espoir !

DE GRÂCE, AVIVONS CETTE LUEUR D’ESPOIR !

 

“Le véritable homme d’Etat est celui qui s’institue arbitre impartial entre ses ambitions et l’intérêt général.”
Firmin Van Den Bosch

Écrivain – Magistrat

 

 

La 3ème Assemblée Générale Annuelle de l’Association des Autorités Anti-corruption d’Afrique (AAACA) dont le thème portait sur : «  l’effectivité de la coopération des Institutions africaines de lutte contre la corruption pour une gestion transparente des ressources naturelles », tenue les 4 et 5 mai courant à Dakar, a servi de tribune au Président de la République M. Macky SALL pour, non pas s’indigner ouvertement comme il est de coutume chez  les activistes ou Organisations Non Gouvernementales (ONG) de ce domaine, mais plutôt tirer la sonnette d’alarme sur l’impériosité d’une révision des conditions  actuelles d’exploitation de nos  ressources naturelles.

 

En des termes, on ne peut plus clair : «… On vous dira que l’obstacle c’est la stabilité juridique des contrats. Mais si nous ne nous arrêtons pas à un moment donné, l’Afrique continuera à voir ses ressources naturelles partir. Et nous n’aurons plus que le trou béant abandonné après l’exploitation de nos mines, de nos carrières, de notre pétrole et de notre gaz. (…). Donc, il faut des renégociations pour toutes ces conventions. C’est un grand combat. Il faut aussi que l’Afrique harmonise ses législations… » ; sans omettre de renchérir que  « le moment est venu de renégocier tous ces contrats portant sur les ressources naturelles en Afrique » avant d’annoncer dans la foulée la tenue, durant ce mois de mai, de larges concertations avec toutes les forces vives de la nation autour des enjeux d’avenir de nos ressources naturelles notamment pétrolières et gazières devant aboutir à la mise en vigueur d’une nouvelle loi permettant de définir équitablement les modes de répartition des revenus tirés de ces dernières avant tout début d’exploitation. Position – reconnaissons-le – assez courageuse et pleine de sens du patriotisme économique. Bien qu’il ne sera pas juridiquement de tout repos de reconsidérer des accords en cours d’exécution, le cas de la RDC (République Démocratique du Congo) qui, malgré les grincements de dents des multinationales, a pu réviser entre janvier et mars 2018 son code minier et pétrolier de 2002 en multipliant par cinq la redevance  (de 2 % à 10 %) sur le cobalt ; un minerai très rare, indispensable aux batteries de type nouvelle génération des voitures électriques et dont elle a assuré les deux tiers de sa demande mondiale en 2017, peut nous servir d’éclaireur. L’appel étant à présent  lancé, au lieu de magnifier la démarche qui, quoique l’on puisse penser et dire est toutefois salutaire du simple fait que bon nombre de nos concitoyens s’impatientait de voir leur lanterne éclairée sur les retombées de cette manne inattendue ; certaines  chapelles politiques essaient de décortiquer le bien fondé ou non d’un tel acte. Du coup, nous avons constaté avec désolation, en intervalle de deux à trois jours après sa déclaration, un refus catégorique et quasi systématique de participation des pôles les plus significatifs de l’opposition sénégalaise sans pour autant convaincre. Hélas ! la politique du ni-ni avait déjà pris le dessus sur le culte de la prééminence  de l’intérêt supérieur, tant vanté. Comme seule explication, nous avons eu droit au scénario typique d’un adversaire politique prompt à dénicher, coûte que coûte, des poux dans la tête de son vis à vis. “Manam, ci guatal def né kouy seuleum woudieum.” Ainsi, du doute sur la sincérité de l’intention au mépris outrancier sur le moment choisi en passant par les exigences de préalables administratives et autres, tout y est passé pour faire passer la pilule. Et pourtant, il est réellement démontré à travers les différentes sorties médiatiques des uns et des autres portant sur nos récentes découvertes naturelles que, la gestion transparente et sécurisée de celles-ci, a toujours été au coeur de leurs revendications respectives. Un comportement versatile qui, au demeurant commence à intriguer plus d’un au point de nous interroger sur les vraies raisons de cette façon de ramer à contre-courant après qu’une bonne frange – pour ne citer qu’elle – ait déjà mené ces manoeuvres suivantes  :

 

  • À titre de rappel, qui ne se souvient pas de la fameuse lettre ouverte du premier à en

avoir parlé officiellement à savoir le chef de file des Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), M. Ousmane SONKO, datée du 12 avril 2015 adressée au Directeur Général des Impôts et des Domaines (Dgid)  dans laquelle, il dénonçait en toute détermination, la non régularisation des situations fiscales de Petro-Tim et de M. Aliou Sall ? Personne, évidemment ! Ou encore, de la cérémonie, en grande solennité, de dédicace du samedi 13 mai 2017 à Paris de son livre consacré à la gestion des ressources naturelles du Sénégal (pétrole, gaz, zircon) et intitulé « Pétrole et gaz au Sénégal : chronique d’une spoliation » où il qualifiait, rien que de la page 239 à la page 241, certaines pratiques sur l’utilisation de nos ressources de forfaitures et  d’agressions contre les intérêts du peuple, et dont les principaux auteurs et promoteurs seraient les élites administratives et politiques du pays. Allant, en outre jusqu’à accuser l’administration sénégalaise d’être “une passoire politique, gangrénée par le népotisme, le clientélisme, la corruption de ses élites dirigeantes et le conservatisme”. Maintenant que l’occasion lui est donnée de faire des contre-propositions pour nous en préserver, il se braque sur la non opportunité du moment choisi qu’il juge tardif  pour en discuter. Décidément !

 

  • La deuxième personnalité politique à s’être offusquée du droit à l’information des

citoyens sur l’utilisation de leurs ressources naturelles était l’ancien Premier Ministre Abdoul MBAYE. Dans le dernier paragraphes avant les salutations d’usage de sa première lettre publique adressée au Président de la République en date du lundi 15 Août 2016, il disait : “en outre et de façon générale, il est de la plus haute importance que les citoyens Sénégalais soient convaincus que les différents projets survenant fort opportunément et concomitamment dans les secteurs pétrolier et bancaire, au moment où le potentiel en hydrocarbures du Sénégal est confirmé, ne sont pas parties d’un dispositif visant le contrôle par des intérêts privés de la cession future des parts de production revenant à l’Etat du Sénégal”. Alors que l’on s’attendait, tout au moins à ce qu’il soit pour une telle initiative qui vient renforcer sa demande satisfaite de publication des accords pétroliers signés sous sa propre gouvernance, il s’accommode de critiquer le lieu d’élocution avant de se barricader derrière un communiqué de son parti daté du 5 mai passé pour finalement se demander de qui se moquerait-il ? Ça Alors !

 

  • L’ancien Premier Ministre Idrissa SECK n’était également pas en reste avec son

invite au Président de la République sous forme de lettre ouverte publiée le 15 février 2018 “à publier, sans délai, l’accord bilatéral sur le gaz signé avec la Mauritanie”. Loin de se contenter de la réponse qui lui avait été fournie en retour, il n’hésita point à instruire au cours d’une émission spéciale  radio – télévisée du lundi 26 mars 2018, le vice-président de son parti à savoir l’honorable Député M. Déthié Fall, à introduire dare dare une requête auprès de l’Assemblée nationale en vue de créer une commission d’enquête parlementaire   conformément aux dispositions de l’article 48 de leur règlement intérieur pour arguaient-ils “faire la lumière sur les contrats pétroliers et gaziers signés entre 2012 et 2017 par le régime de Macky Sall”. Pour étayer ses propos, M. Fall, avait, par ailleurs, insisté sur – coup du sort – les mêmes raisons pour lesquelles cet appel vient d’être lancé en ces mots “ nous pensons que c’est important que l’Etat du Sénégal revienne sur les conditions d’attribution de tous les contrats, sur les conditions de signature de ces contrats au regard des lois et règlements en vigueur. Et également de procéder ou de faire savoir à l’opinion si ces contrats-là ont respecté les lois. Parce qu’il s’agit de mannes financières importantes qui doivent avoir de l’impact dans notre économie. Nous avons aujourd’hui introduit la demande pour que le gouvernement, le président de la République puissent édifier les Sénégalais sur ces contrats». Leurs voeux étant maintenant exaucés, «nous ne sommes intéressés ni de près ni de loin par cet appel-là» est la seule réponse que nous méritons. En langage simple, les idées d’avant longtemps soutenues ne sont plus d’actualité.

 

En considération de tout ce qui précède, nous pouvons dire sans risque d’être contredits qu’ils veulent tout et rien du tout à la fois… Autrement dit, ils veulent le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière en pourboire ! Sinon, comment comprendre le fait qu’ils aient réclamé urbi et orbi la transparence sur la gestion de nos ressources naturelles et refuser tout d’un coup après, de s’asseoir autour d’une table avec les tenants du pouvoir pour trouver les voies et moyens d’actions pouvant prévenir, gérer et résoudre – même si, nous ne le souhaitons guère – des potentiels conflits liés à leur exploitation à différents niveaux de la société ? Difficilement !

 

Quand bien même, avec la mise en oeuvre de la Norme ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) à laquelle notre pays a souscrit depuis le 2 février 2012, avant d’en devenir un pays candidat depuis le 17 octobre 2013, les citoyens disposent d’un instrument leur permettant de connaître les revenus issus du secteur extractif ; il serait  toujours meilleur d’instaurer le dialogue pour tenter de résoudre comme le suggère M. Birame DIOUF, ancien Chef du Département Négociations et Associations pétrolières de PETROSEN dans sa pertinente contribution du 15 septembre 2016, la récurrente  problématique du Contenu local (Local content) de l’industrie pétrolière en gestation dans notre pays.

Aucun pays – aucun nous disons bien – n’est à l’abri de remous des premiers jets de pétrole car, il ressort clairement du rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) publié le 1er mai 2012 analysant « les liens entre conflits et ressources naturelles(1) et cherche à identifier les bonnes pratiques et les lacunes » qu’il est vrai que les ressources naturelles peuvent fournir une arène pour le dialogue et la confiance entre des communautés divisées, ainsi qu’une plate-forme pour la coopération entre les communautés et les niveaux émergents de gouvernements locaux et le gouvernement national autant qu’elles peuvent devenir une source à conflits en les motivant, les finançant, voire obérant leur résolution. L’exemple de M. Diouf sur la résistance dans les années 80 et 90 du peuple Ogoni dans le Delta du Niger, au Nigéria, face aux multinationales pétrolières Shell et BP, ayant conduit la mort de leur Chef Ken Saro Wiwa et des centaines de personnes est là pour en témoigner.

Cela s’explique historiquement par le fait que durant des siècles, la règle d’or a toujours été pour les sociétés et Etats d’utiliser certaines ressources naturelles afin de promouvoir leurs intérêts et de poursuivre leurs objectifs politiques. Ce fut le cas du bois qui, jusqu’à la fin du xviiie siècle coïncidant avec l’épopée des grandes puissances navales était la seule richesse qui prévalait à l’époque. Arriva ensuite le tour du pétrole dont l’importance commerciale et industrielle, avait cru à partir du xixe siècle plus précisément à sa première extraction par forage (20m de profondeur) le 27 août 1859 par un américain du nom de Edwin L. Drake au large de Titusville, en Pennsylvanie (USA). Depuis, il jongle entre facteur d’essor économique et source de crises.

 

Chers compatriotes,

 

Les toutes premières découvertes d’hydrocarbures (pétrole et gaz), au large de nos côtes, dans les blocs-permis de recherche – de Sangomar, St-Louis et Cayar, en offshore profond, ne devraient point constituer comme d’aucuns le pensent un thème de bataille politicienne. Au contraire, elles doivent plutôt nous inciter à nous réconcilier avec nous – même ;  preuve de notre maturité démocratique qui transcende notre existence.

 

Le hasard n’existant pas, notre pays vient tout fraîchement d’être plébiscité dans le procès verbal du dernier Conseil d’administration de l’ITIE du 8 mai courant indiquant que “le pays a fait des progrès satisfaisants dans la mise en œuvre des exigences de l’ITIE, faisant du Sénégal le premier pays d’Afrique, et le quatrième pays au monde, à obtenir des progrès satisfaisants sur l’ensemble des exigences de l’ITIE.” En sus de la publication de ses rapports ITIE 2015 et 2016, le 16 octobre 2017, faisant de fait notre pays, le plus ponctuel d’Afrique en termes de déclarations ITIE.

 

En conclusion, nous demandons solennellement aux différentes parties concernées de se ressaisir et d’oeuvrer – même si, elles ont certainement leurs propres raisons à faire valoir – pour l’intérêt général, ne serait ce que pour la postérité ; surtout que, comme disait l’ancien Président israélien Shimon Peres “la démocratie est un rassemblement de gens en désaccord, dont les vues divergent mais qui n’essaient pas d’imposer leurs vues aux autres”. C’est au régime élu en place de déterminer et de conduire la politique de la nation – donc à lui de gérer son tempo – et à l’opposition de montrer qu’elle est bien participative et non destructive.

 

L’Histoire ne ment jamais, et quelles que soient les vicissitudes auxquelles elle sera confrontée, son train arrivera toujours à l’heure et « Ceux qui aperçoivent la lumière avant les autres sont condamnés à la poursuivre en dépit des autres » Dixit Christophe Colomb.

 

Alors, ne ratons pas ce dernier bloqué à quai pour risque de collision des voies à emprunter…Quoi que, notre conscience sera toujours là pour nous juger.

 

Avec tout le Respect qui sied.

 

À bon entendeur… Salut !

 

Qu’Allah SWT veille sur NOTRE CHER Sénégal … Amen

 

Par Elhadji Daniel SO,

Président d’En Mouvement ! Défar Sénégal

Ensemble, Construisons le Sénégal !

Eldasso@yahoo.fr

 

 

 

 

De l’intelligence économique territoriale autour du Pôle Urbain de Diamniadio

Dans les territoires qui avoisinent le Pôle Urbain de Diamniadio, il est urgent de construire une perception positive des investissements publics relatifs au PSE, car au-delà de leurs retombées positives immédiates (ces politiques publiques dont certaines en partenariat avec le privé), des impacts négatifs de ce Pôle commencent à se faire sentir et sont paradoxalement en train de frustrer les populations locales, créant ainsi, de la part de ces citoyens locaux, un ressenti négatif et une perception assez contreproductive sur les performances attendues de ces projets.

Il est donc impératif de gérer la perception légitime des citoyens sur les investissements et services publics nationaux !




Vous me direz que c’est un détail, mais un détail qui se rajoute à tant d’autres, peut s’accumuler jusqu’à brouiller la visibilité des plus grands et nobles projets ; des projets qui, pourtant, s’ils étaient accompagnés d’une sensibilisation sur le terrain, auraient été bien perçus, intériorisés et digérés par les populations. Une cassure irréversible est donc en train de naître si des mesures appropriées ne sont pas imaginées rapidement. Certes, le Pôle Urbain de Diamniadio est une bonne nouvelle, mais il empiète sur les territoires des autres communes qui l’entourent. Un grand sentiment de dépossession et d’expropriation se fait sentir chez les populations qui se sentent injustement victimes. Et ce sentiment est d’autant plus insupportable que c’est au nom de l’Etat, premier défenseur des citoyens, que ces opérations se font. Ailleurs, à Sébikotane, par exemple, au-delà des problèmes soulevés par de nouvelles attributions des terres que la Mairie a du mal a arbitrer, c’est la pollution qui sévit avec son cortège de maladies respiratoires et d’autres pathologies plus nuisibles selon le niveau de toxicité des émanations industrielles…Et il ne faudrait surtout pas que la pollution, les mauvaises pratiques ou le manque de respect aux lois du travail, du code de l’environnement … ternissent l’image d’Épinal du Pôle Urbain de Diamniadio que nous saluons. Ce pôle, tout le monde le sait, aurait pu être appelé Pôle de compétitivité économique du Grand Rufisque, parce c’est dans la partie périphérique et semi-rurale de Rufisque que l’Etat du Sénégal l’a fait émerger. Les citadins de la ville de Rufisque (Rufisque entendue au sens colonial du terme) ne connaissent pas concrètement le pôle urbain de Diamniadio). Quand j’étais encore petit, j’y passais mes journées en sillonnant les champs familiaux (un champ de maïs, une ferme d’élevage de vaches laitières et de production fruitière). Ces champs ont aujourd’hui laissé la place à ce qui est convenu d’appeler le pôle urbain de Diamniadio. Je connais bien ces terres pour y avoir vécu et grandi et je ne vois en rien pourquoi sociologiquement elles devraient porter le nom de Diamniadio, même si je sais que l’Etat a voulu inscrire dans l’imaginaire national la possibilité d’une nouvelle ville dotée d’un bassin d’activités industrielles, économiques et commerciales. Même la création d’un pôle économique, quel qu’il soit, devrait relever d’une approche d’intelligence territoriale globale et systémique éclairée par un balisage psychosociologique préalable axé sur les territoires ciblés. Cela évite les erreurs d’appellation et d’ancrage territorial qui retardent l’appropriation par les populations qui vivent dans ces territoires concernés.




Ouvrir le débat sur les impacts négatifs des installations industrielles dans cette zone devient ainsi un impératif majeur si l’on veut conjurer la tragédie possible des biens communs sur ces territoires-là. Les entreprises qui exercent leurs activités dans les limites de cette commune tirent leurs bénéfices de ce territoire mais font payer le coût de leurs bénéfices aux populations qui n’en sont pas directement bénéficiaires. Quand l’air ou l’eau sont pollués, les propriétaires de ces usines n’en pâtissent pas, car, dans la durée, ils n’habitent pas la zone qu’ils impactent par leurs activités industrielles. Prenons l’exemple de Sébikotane qui est une cuvette entourée de collines. L’air pollué y circule difficilement. Cette stagnation de la pollution de l’air est non seulement dangereuse pour la santé publique, mais elle est surtout injuste dans la mesure où ces industries fautives que l’on peut appeler défectionnaires, au sens d’Elinor Ostrom, engrangent des dividendes, presque sans contrepartie, sur le dos des populations victimes de toutes les formes de pollution (des eaux, des sols et sous-sols, de l’air…). Ces populations sont ainsi réduites à l’état de pigeons à la merci de quelques profiteurs cupides et n’attirés que par l’appât du gain. A Sébikotane, l’encerclement des usines polluantes est devenu un défi majeur de management public : pourtant l’actualité internationale sur les questions environnementales ne cesse d’apporter des éléments de comparaison et d’inspiration sur les meilleures pratiques et l’état de l’art en la matière. La transition écologique en cours invite désormais à un changement de paradigme face à l’environnement. C’est pourquoi les pays qui sont conscients du danger lié à la toxicité des environnements ont fait le choix et le pari de passer aux industries écologiques qui prennent en compte les dimensions environnementales et écologiques. Mais, pourquoi, alors, assiste-t-on à une sorte de frénésie, sur nos sols, d’industries de moins en moins écologiques et peu soucieuses des questions environnementales et de la responsabilité sociétale d’entreprise ?

Pourtant des instruments existent pour garantir le bien-être des populations partout. Le code de l’Environnement du Sénégal doit être appliqué en intelligence avec les recommandations de l’Organisation Internationale de Normalisation (norme ISO 14001), du Pacte Mondial (Global Compact) des Nations Unies dans ses principes (N° 7, 8, 9), des différents COP (COP 21 & accord de Paris), la jurisprudence en la matière et les différents acteurs de bonne volonté. Si ces différentes instances ne s’adressent qu’à l’humanité, alors par syllogisme évident elles concernent et interpellent aussi bien celles de Sébikotane, de Diamniadio, de Sendou, de Bargny, de Bambilor, de Lac Rose ou de tout autre territoire en prise directe ou en proie à ces problématiques environnementales.

C’est au nom de cette dimension universelle que nos territoires doivent être préservés de la prédation économique, de la toxicité découlant des activités industrielles et des impacts socio-économiques négatifs inhérents à ces activités polluantes.  La solution réside, certes, plus globalement dans la compétence guidée par le principe de précaution des différents acteurs (publics et privés), mais elle se trouve plus dans un patriotisme économique éclairé et institutionnalisé, seul garant de l’intérêt général des populations, donc de l’Etat.

Faire appliquer la conformité des installations par rapport aux normes nationales et internationales est devenu une exigence sociétale majeure si nous voulons compter sur le suffrage de ces populations lors des prochaines et différentes élections. Nous suggérons, dans une approche d’intelligence économique territoriale, pour conjurer ce mal larvé et pour aider à anticiper les difficultés à venir, une visite pour ne pas dire une inspection parlementaire autour de l’ensemble des zones impactées par le Pôle Urbain de Diamniadio, ainsi qu’une visite des Députés des différentes implantations industrielles basées dans la zone et plus particulièrement à Sébikotane.

Nous suggérons, par ailleurs, que le Président de la République et le Premier Ministre soient directement informés de la réalité objective sur ces territoires-là. Et rien de mieux qu’un organe libre et indépendant des instances partisanes et politisées !

Nous saluons l’idée du Pôle urbain de Diamniadio, mais nous ne voulons pas que ce pôle ressemble à des villages Potemkine à l’image de ce que France 2 en a déjà dit dans son journal télévisé de 20 h du mercredi 22 août 2017. Toute comparaison internationale sur les pôles de compétitivité économique suffira de démontrer qu’ils doivent porter une ambition de développement harmonieux des territoires qui les composent. Et dans ces pôles exemplaires que nous connaissons, les riverains et les citoyens locaux ne se plaignent pas d’insuffisances chroniques en matière de besoins primaires tels que l’eau potable, l’électricité, une voirie digne, un assainissement normal, des espaces verts et conviviaux…bref, un bien-être dans un cadre de vie acceptable ! Et la vérité pour le pôle de Diamniadio est que tout ce qui l’entoure est dans une situation de nécessité presqu’absolue en eau potable, en électricité, en assainissement, en voirie, en espaces verts… pour qu’au moins le pôle soit campé dans un décor panoramique socialement, esthétiquement harmonieux et universellement irréprochable. Mais quand on évoque ces insuffisances et ces manquements évidents, on est taxé d’opposant du régime. Or une approche scientifique et objective n’a ni d’ennemis ni d’amis. Elle est au service de l’intérêt général que nous partageons, car le Sénégal est un bien public commun à tous les Sénégalais. Et dire la vérité sur les politiques publiques et dans ce cas d’espèce sur le pôle de Diamniadio et les territoires alentours devrait être le quotidien de tous ceux qui adhèrent au régime et non le contraire qui voudrait qu’on passe son temps dans l’adulation, la flatterie et les louanges interminables et absurdes. C’est le sens de l’esprit républicain qui devrait nous animer et nous aider à triompher de ces particularismes qui n’enrichissent pas notre République.




Quand je vous dis que dans le village de Discours (Belvédère), entre Diamniadio et Sébikotane, ses habitants n’ont pas d’eau potable, est-ce une posture d’opposant ou de sympathisant du régime ? Ce n’est ni l’un ni l’autre, c’est tout simplement la vérité. Quand je vous dis qu’à Sébikotane comme à Diamniadio il y a des zones qui n’ont ni l’eau potable ni l’électricité, est-ce de la délation ou de l’opposition ? Je dis que non, c’est même du patriotisme, car dire la vérité sur ce qui peut être mieux fait et parfait pour l’intérêt général est une haute forme d’amour pour son pays. Là où je vis à Sébikotane, des voisins n’ont pas d’eau et les lampes ne s’allument pas toujours la nuit. Il n’y a pas non plus de voies d’accès à la route nationale pour pas mal de quartiers. Est-ce que ne pas le dire fera de moi un sympathisant du régime ? Que non ! Car, si ne rien dire sur ce qui peut être amélioré avec la parole libérée et la plume engagée garantit une position dans un parti, alors tout parti qui abrite en son sein de tels individus est en danger certain. Puisqu’ ils entretiennent leur chef de parti ou leur leader politique dans le dangereux Tout va très bien Madame la Marquise. Et malheur s’ensuivra parce qu’on aura été floué par trop d’adulation et de flatteries. Dire la vérité au Président de la République ou au Premier Ministre non pas seulement sur ce qui a été bien fait ou fait de bien mais aussi sur ce qui manque, ce qui n’a pas été fait ou bien fait, sur ce qui est à faire ou ce qui vaudrait mieux être fait…Voilà, pour nous autres, Républicains, une manière valable d’aider le Sénégal à avancer.

C’est cette posture de vérité par rapport au faits qui aide mieux le Chef de l’Etat à soulager les souffrances des populations et ainsi recréer une nouvelle espérance et une nouvelle perception positive par ces dernières sur ses réalisations et permettre ainsi l’espoir d’une victoire électorale méritée que seules ces populations peuvent porter lors des prochaines élections.

Telle est l’économie de notre contribution à l’information publique pour la cohésion sociale, la cohérence et la concorde dans nos territoires.

Alioune Badara SECK                                      

  • Président de la commission scientifique, orientation et stratégie du Think Tank Esprit Républicain ;
  • Expert en intelligence économique ;
  • Ancien Député (Rufisque) ;
  • Ancien Conseiller technique du Chef de l’Etat.

Email : badou@hotmail.com

 

Polémique entre Serigne Bassirou Guèye et Khalifa Sall autour d’une facture téléphonique de… 400 millions de la Ville de Dakar

YERIMPOST.COM La facture téléphonique de la Ville de Dakar a été abordée au procès de la Caisse d’avance. C’est le procureur, Serigne Bassirou Guèye, qui a interpellé le percepteur de la mairie sur une facture de 400 millions de FCfa. En lieu et place du percepteur, c’est le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, qui a répondu à l’interpellation du procureur. Appelé à la barre, le maire de Dakar a demandé au président du tribunal l’autorisation d’apporter des éclaircissements sur cette facture. Selon lui, ce sont deux services de la Sonatel rendus à la Ville de Dakar qui justifient cette facture salée. Le premier concerne l’informatique à l’école, un projet qu’avait initié la mairie dans certains établissements de la capitale. L’autre service concerne les feux tricolores sur les grands axes de la capitale.

À en croire le maire, aucun agent de la Ville de Dakar n’a de ligne téléphonique portable pris en charge par la mairie.

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Cour Suprême: Scandale autour des marchés

YERIMPOST.COM Des irrégularités sont notées dans la passation des marchés à la Cour suprême. Et l’on se demande même si certains marchés au niveau de cette haute institution sont vraiment exécutés.

Dans la livraison du jour, L’As signale des « micmacs autour des marchés publics à la Cour suprême ». Le journal indique que « la consultation du site de la Direction centrale des marchés publics dénommé +Portail des marchés publics+ donne une idée du volume de travaux exécutés par des entreprises ou des personnes physiques pour le compte de la Cour suprême dotée d’une allocation budgétaire de près d’un milliard de francs CFA par an ».

Le quotidien fait état « des bizarreries au sujet du Fonds de la formation continue des magistrats, le recours abusif aux demandes de renseignements de prix, des interrogations autour du marché d’achat d’ascenseurs et des tenues des chauffeurs ». Aucune trace de l’exécution de certains de ces marchés n’est visible comme celui de l’achat d’ascenseurs dans un bâtiment que la Cour a tout bonnement loué.


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Dialogue politique: le blocage persiste autour de trois points

YERIMPOST.COM A peine a-t-il repris son cours après quelques semaines de suspension que le dialogue politique se heurtait de nouveau à des désaccords. Les acteurs, qui se sont retrouvés le 16 janvier autour de la table, n’ont pas réussi à s’entendre. Les débats bloquent sur trois points essentiels: le bulletin unique, le parrainage et la caution exigée aux potentiels candidats à la présidentielle. Sur ce dernier point, l’opposition et les non-alignés sont d’avis  que le montant est exorbitant et ne constitue pas la panacée les candidatures multiples. Le bulletin unique divise également les participants, tout comme le parrainage qui, selon certains, doit être exigé à tous les candidats, y compris ceux des partis politiques.

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