Blog de Cheikh Yerim Seck

Rapport de l’ARMP: On Efface Tout et On recommence !!!

YERIMPOST.COM C’est ce qu’on appelle dans le langage journalistique un « marronnier ». Il nous revient chaque année à date fixe avec un contenu invariable, entendu et attendu. Comme si les étourderies, les manquements éthiques et ce qu’il convient parfois de nommer tout de même des malversations, qui étaient pointés d’une année à l’autre, ne faisaient l’objet d’aucune correction, voire pour certains d’aucune sanction pénale à valeur dissuasive pour d’éventuels distraits.

Ce rapport de l’ARMP, outre son côté rébarbatif habituel pour le profane, contient ses outrances et ses excès dans les libertés prises par certains dirigeants avec les règles de l’orthodoxie en ce qui concerne « la gestion vertueuse » tant vantée ou du moins souhaitée par les plus tout à fait nouvelles autorités.

Ce rapport est choquant. De par son côté « ritournelle », avec les mêmes causes qui produisent les mêmes effets, et surtout la permanence dans les contenus qui se suivent et se ressemblent, avec en filigrane, sur le tableau, les mêmes personnalités et « happy few » de notre République qui, d’année en année, nous démontrent qu’ils savent ce que festoyer veut dire.

Pour le chef du gouvernement, le pays s’installe de plus en plus dans la bonne gouvernance en matière de gestion de marchés publics, même si des dysfonctionnements subsistent. « Dysfonctionnements »… Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites… Le PM couvre ses ministres, à la limite de l’étourderie: « Sur le rapport de l’ARMP , il n’y a aucun problème, vous avez vu la conclusion de Saër Niang, le DG de l’ARMP, il a dit que notre pays s’oriente de plus en plus vers la bonne gouvernance en matière de gestion de marchés publics . L’exception confirme la règle, de temps en temps on peut avoir un dysfonctionnement par ci par là, mais de manière globale, le Sénégal est sur le bon train en matière de transparence ». En clair, on fait des progrès… C’est comme Alioune Kassé, il fait chaque année des progrès, y’aura juste à attendre la fin de sa carrière pour aller le voir en concert.

Le plus étonnant, c’est la capacité de recyclage de ceux qui ont été pris la main dans le pot de confiture. Aucune sanction, eu égard à leurs errements passés, ne vient effacer leurs noms des rubriques consacrées aux mauvais gestionnaires. Ils en redemandent ? On leur donne encore des lignes budgétaires et des prérogatives ahurissantes les laissant côtoyer les coffres-forts de notre République.

Cheikh Amar qui n’a pas encore expliqué ce qu’il a fait des sous de l’ARTP, qui attend toujours livraison de son siège, a réussi à se glisser dans les bonnes grâces du nouveau pouvoir après ce qu’il aura juste vécu comme un simple froncement de sourcils. Pape Aly Guèye de Myna Distribution est passé de la devanture de Rebeuss à celle du Palais de la République, trustant marchés sur marchés, et Ndiègne Fall, lui, a su émerveiller les nouvelles autorités avec un feu d’artifices le 31 décembre 2012, les étourdissant au point d’en oublier la reddition des comptes du Fesman.

Ce rapport est navrant. Il consacre une impunité de fait, qui a des allures de complicité, et il dessine à l’envi un tableau cocasse d’association de malfaiteurs. D’ailleurs, ils sont couverts par un alibi délivré publiquement par le chef de l’Etat en personne, lorsqu’il a galvanisé ses troupes, ministres et directeurs généraux, en les mettant face aux réalités: « Vous ne gagnez pas dans vos circonscriptions, vous dégagez !!! ». Ces encouragements présidentiels n’autorisent-ils pas quelques arrangements pudiques et délicats avec l’orthodoxie ?

Il ne s’agit plus de blanchir des hommes aux mains sales. On les rend transparents. C’est le Plan Sénégal détergent.

Et vogue notre galère….

Jean Pierre Corréa

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