Blog de Cheikh Yerim Seck

Que reste-t-il de la démocratie sénégalaise ?

De 1960, année où les soleils des indépendances se sont levés au Sénégal de Senghor et de Mamadou Dia à nos jours, le Sénégal  a connu une histoire politique certes controversée, mais a toujours aspiré d’être en harmonie avec les valeurs et principes sacro-saints fondateur d’une démocratie.

Cependant, ce pays considéré  comme un exemple de transition démocratique en Afrique, est de nos jours secoué de partout allant même jusqu’à pousser certains analystes avertis à s’inquiéter sur l’avenir de sa démocratie (Voir Quand la politique fornique avec la loi, la démocratie s’abâtardit par Babacar Justin Ndiaye)




Ainsi, un bref rappel historique s’impose donc afin de connaitre réellement l’état actuel de la démocratie Sénégalaise.

Du parti unique en passant par l’arrestation de Mamadou  Dia en 1962 et l’exercice de l’ensemble du pouvoir exécutif par le président Senghor à l’institution d’un régime présidentiel en 1963, la vie politique Sénégalaise s’identifiait avec l’action du président Senghor.

En 1974, ce dernier ouvre la voie la plus d’aspirations démocratiques  en instituant un multipartisme limité à quatre courants.

Il a fallu attendre jusqu’en 1981 avec l’accession au pouvoir du président Abdou Diouf pour desserrer  encore  l’étau avec l’instauration du multipartisme intégral ouvrant ainsi la voie à d’autres Sénégalais pour prétendre au droit légitime d’exercice du suffrage universel.

Ceci, dans un contexte ou la majorité des états Africains était autocratique et autoritaire favorisant ainsi l’idée que le Sénégal est un pays avant-gardiste, « une oasis de démocratie »

De 1980 à l’an 2000,la démocratie Sénégalaise était certes toujours dans un stade embryonnaire avec l’arrestation d’opposants politiques(arrestation de Abdoulaye et des principaux leaders de l’opposition en 1988),mais suivait inéluctablement  une dynamique irréversible vers la démocratie grâce notamment à l’aspiration du peuple Sénégalais à plus de liberté, plus de transparences ,plus de contradiction dans l’offre politique ;disons plus de démocratie

C’est d’ailleurs cette dynamique qui a abouti à la première alternance politique du Sénégal avec l’avènement du président Abdoulaye Wade au pouvoir.

Cette première alternance politique intervenue quelques semaines à peine après le coup d’état militaire en Côte d’ivoire réconcilie l’Afrique avec la vie démocratique. Le Sénégal justifie alors son titre de « vitrine démocratique en Afrique »

Il faut préciser au vu de cette réalité décrite et en se référant à d’autres actes (code consensuel de 1992, ONEL organisme indépendant chargé de l’organisation des élections) que l’alternance du 19 mars 2000 est l’aboutissement d’un long processus  de démocratisation au  Sénégal

De 2000 à 2012, le président Abdoulaye acteur majeur de toutes les conquêtes démocratiques sénégalaises dans sa posture d’opposant au régime socialiste, a renforcé considérablement la vitalité démocratique sénégalaise.

Il n y a pas de démocratie sans democrates.Et, le président Wade l’a bien compris. En effet avec lui le Sénégal peut s’enorgueillir d’avoir des libertés d’expressions et même de marches garanties par la constitution qui est la loi fondamentale. Il a aussi beaucoup contribue à l’indépendance et au foisonnement des medias prives, gage d’une vitalité démocratique.

Sous son magistère, la collision des medias prives avec les intérêts du pouvoir n’ont jamais fait l’objet d’arrestation de journalistes .Comprenant aussi que l’alternance politique constitue la norme dans tout système démocratique, le président Wade a, à l’image de son prédécesseur, lorsqu’ ‘il a été démocratiquement battu le 25 Mars 2012 par Macky Sall appelé son vainqueur par voie médiatique pour le féliciter.

Malgré les difficultés inhérentes à tous systèmes, le président Macky a ainsi hérite d’un état ou les socles de la démocratie étaient déjà implantés.

Sept ans après, que reste-t-il de la démocratie Sénégalaise !

L’analyse de la situation au regard des faits et actes poses durant ce mandat est révélatrice d’une démocratie malmenée par un président plus soucieux de briguer un second mandat que de préserver et de consolider le legs démocratique de ses pères.

Selon Paul Austin  « En politique, celui qui n’est pas prêt pour tout n’est pas prêt à rien ». Remplacer tout par un deuxième mandat pour comprendre le jusqu’auboutisme ambiant et galopant de Macky foulant ainsi aux pieds tous les principes et valeurs qui caractérisaient l’exception démocratique sénégalaise en Afrique.

A titre d’illustrations, nous pouvons mentionner  la rupture du consensus dans le processus électoral (Loi sur le parrainage grâce à une majorité mécanique malgré la contestation de l’opposition ;modification du code électoral de manière unilatérale avec l’exigence de la qualité d’électeur pour être candidat à la présidentielle) ;La répression des marches pacifiques aboutissant à la mort de l’étudiant Fallou Sene ;l’emprisonnement d’opposants au régime(Khalifa Sall,Barthlemy Diaz…)et l’exil force de Karim Wade au Quatar




A ces faits qui prouvent que le président Macky Sall a ramené la démocratie Sénégalaise a l’âge de la pierre taillée, il faut ajouter le fait que la justice est de plus en plus soumise au désidérata de l’exécutif amenant ainsi le juge Dème à démissionner d’une magistrature qui a démissionné.

MBAYE SECK Charge de communication UJTL /Mbacké

 

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