Blog de Cheikh Yerim Seck

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Quand le Sénégal vire du modèle au contre-modèle: Chronique d’une démocratie qui se déconstruit

YERIMPOST.COM « Tripatouillage constitutionnel », « manoeuvre pour écarter de potentiels adversaires », « changement des règles du jeu électoral », « révision constitutionnelle forcée »… Tels sont les termes par lesquels la presse internationale désigne ce qui se passe au Sénégal. Ces mots, on avait l’habitude de les entendre dans le traitement de l’actualité de pays comme le Togo, la RDC ou le Congo.

En l’espace de quelques mois, le vernis qui enveloppait le modèle démocratique sénégalais a craquelé. Notre pays est passé de la rubrique des démocraties-modèle à celle des républiques bananières. Arrestations d’opposants, interdictions de manifestations pacifiques, tripatouillages constitutionnels… Amnesty International a eu raison de constater un recul des libertés au Sénégal, n’en déplaise au Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, qui a maladroitement répliqué en taxant cette organisation de défense des droits de l’homme d’officine au service des homosexuels.




La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est sans nul doute ce projet de révision constitutionnelle imposé par Macky Sall à moins d’un an de la présidentielle de février 2019 pour modifier les conditions d’éligibilité à ce scrutin. Pareille réforme viole les règles fixées en la matière par la Cedeao. Dans le monde où nous vivons, faut-il le rappeler, toute modification des règles du jeu électoral, surtout à quelques mois d’une élection, est juridiquement disqualifiée et politiquement mal perçue.

A cela, il faut ajouter l’effet de cumul, dans un contexte où le Sénégal est épisodiquement cité dans des événements peu glorieux. L’emprisonnement de Karim Wade a causé un sérieux dommage à l’image de notre pays, surtout du fait de cette décision de l’Onu qui a qualifié sa détention d’arbitraire. Les conditions dignes d’un scénario de série B dans lesquelles le fils de l’ex-président Abdoulaye Wade a été exfiltré vers le Qatar, le jour de sa libération, à bord d’un jet privé, n’ont pas été pour honorer notre pays.

L’embastillement qui s’est ensuivi du maire de Dakar, Khalifa Sall, est apparu aux yeux d’une bonne partie de l’opinion nationale et internationale moins comme un exercice de lutte contre la corruption que comme une opération de liquidation d’un adversaire politique potentiellement dangereux. Sa condamnation à une peine lourde par une justice aux ordres suscite la même perception que ce système de parrainage institué au forceps: ils découlent tous les deux de la volonté du président-candidat d’écarter tous les potentiels rivaux qui lui inspirent quelque crainte.

Et, comme pour aggraver son cas après le traumatisme causé par la condamnation du très réseauté maire de Dakar, le pouvoir de Macky Sall a emprisonné son lieutenant Barthélémy Dias pour délit d’opinion.

Cruelle ironie du sort, toutes ces dérives contre les libertés interviennent sous Macky Sall, né après l’indépendance, arrivé au pouvoir à la faveur d’une alternance qui a conforté la place de démocratie majeure du Sénégal en Afrique. C’est sous son magistère que notre pays passe du statut de modèle à celui de contre-modèle voire de risée du monde. Notre démocratie, qui inspirait tant de complexes aux Africains, se tropicalise, s’africanise… Signe des temps, la prochaine présidentielle verra la non-participation de deux supers favoris (Khalifa Sall et Karim Wade) et d’autres candidats qui seront recalés par le biais du filtre du système de parrainage.

La volonté de Macky Sall de rempiler à tout prix coûte cher au crédit international de notre pays. Ismaila Madior Fall, son ministre de la Justice, professeur de droit, ancienne vigie de la République, est passé maître dans l’art des réformes déconsolidantes. La situation actuelle de notre pays impose la nécessité d’une société civile forte, vigilante, gardienne intraitable des acquis. Car les acquis ne sont guère irréversibles. Le pire n’est jamais trop loin. Et les démocraties, comme les civilisations, sont mortelles.

Cheikh Yérim Seck




Loi Sur Le Parrainage: Puéril et Vaniteux «Bras de Faire»…

YERIMPOST.COM Le Sénégal sent le gaz et d’inconscients et inconsistants politiciens s’amusent avec les allumettes de la démagogie et du «jusqu’auboutisme entêté». Le pays peut s’embraser du fait de leur légendaire incurie, ils n’en n’ont cure. Ceux qui vont aller braver les policiers, légitimés par leur aveuglement, doivent avant tout considérer que leurs enfants se la coulent douce aux Etats-Unis et dans de huppés pensionnats européens. Voilà notre classe politique, aréopage de professionnels qui ont fait de la Politique une juteuse rente, qui justifie à leurs yeux toutes les compromissions et tous les arrangements coupables avec la notion de patriotisme, lui préférant les ânonnements béats à la gloire de leur parti dominant, piétinant sans honte ni vergogne la punchline de leur «Nouveau Roi» qui déclamait, la dépouille de Mamadou Diop encore chaude, que la Patrie aurait sous son magistère, plus de vertus que le Parti… Pour le coup, c’est mal… parti.

Ce projet de loi sur le parrainage, d’abord découvert subrepticement, enfoui dans les dernières lignes du compte-rendu d’un Conseil de ministres, ensuite validé médiatiquement par les caisses de résonance habituelles de l’APR, étrangement défendu quotidiennement par tout un peloton de Marabouts, qui ont, descendus de leurs minarets, fait le service après-vente de la loi, forts certainement du livret explicatif de cette loi, livrée dans la mallette, pardon, le coffret, et qu’on a daigné nous expliquer seulement hier soir à la veille d’un scénario plein de dangers, avec deux ministres en mission cathodique à la RTS.




Cette loi qui provoque une flambée populaire, du fait de son inutilité, en tous cas de sa non-urgence, vaut-elle de mettre le Sénégal au bord du volcan ? On sait le président Macky Sall accrocheur, voire bagarreur, pour qui se souvient que, alors ministre de l’Intérieur, il n’avait pas hésité à défoncer un bureau de vote et à détruire une urne, pour pouvoir voter sans carte d’identité. La bagarre, il aime ça… Ses adversaires le savent bien et sont prêts à l’affrontement. Tout ça pour ça… N’a-t-il pas mieux à faire que cette guéguerre puérile de cour d’école, où l’on s’amuse parfois à celui qui a les plus gros biceps ? Il devrait penser à faire réussir son admirable et ambitieux rêve du Plan Sénégal Emergent qui n’a aucune chance d’être attractif pour des investisseurs qui ne sont pas suicidaires et qui ne vont pas miser un seul dollar dans un pays devenu instable. C’est l’heure de devenir un Homme d’Etat, et de savoir prendre des décisions courageuses et historiques, plutôt que de jouer au chef de bande, pour en sauver juste les plus opportunistes coureurs de postes et de prébendes.

Mais il convient, en dehors de savoir rejeter le piège de la violence inéluctable proposée par un clan aux abois, de réfléchir au fait que tout ce tintamarre est juste une malice pour nous faire oublier que cette histoire, qui ne concerne que les politiciens, est bien moins importante à éclaircir que la cruciale question des cartes d’identité nationale dont le non traitement médiatique nous laisserait accroire que c’est un problème réglé…

Restons vigilants… On veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes et distraire les citoyens d’un vaste plan de fraude pour éviter un second tour… Pensez-vous que s’ils étaient véritablement concentrés sur ce grand chantier dans lequel patauge le Sénégal, ils auraient eu le temps d’organiser le sabotage d’un simple séminaire de Rewmi ? Qu’est-ce que cela sera quand ils seront en congrès ou en meeting ? Ils les bombarderont ?

Ne foutez pas le feu à notre Sénégal. Il ne vous appartient pas.

Jean Pierre Corréa

Moustapha Niasse, prenez vos responsabilités pour l’Histoire !

YERIMPOST.COM Moustapha Niasse, je suis né vous voyant parmi les principaux animateurs du pouvoir d’Etat. Vous avez toujours été là, en dépit des vicissitudes de la vie publique et des aléas de la respiration démocratique du pays. Directeur du cabinet présidentiel, ministre, ministre d’Etat, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale… A l’exception du fauteuil présidentiel, que vous avez raté du fait de votre pedigree particulier, vous avez occupé toutes les positions dans l’appareil d’Etat. Le Sénégal vous a tout donné, a façonné votre carrière et vous a bourré de privilèges. Le monde étant petit, l’on sait que la position de pouvoir vous a enrichi et vous a permis d’enrichir vos proches.

Qu’avez-vous, en retour, rendu au Sénégal ? Vous avez été l’acteur d’un échec collectif de notre classe politique qui, de Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, a appauvri notre peuple et sinistré les secteurs stratégiques de l’éducation, de la santé, de l’industrie, de l’agriculture…

Comme peut-être beaucoup de ceux qui ont exercé des responsabilités importantes dans notre pays depuis l’indépendance, vous n’avez, M. Niasse, encore rien fait de transcendant pour le Sénégal. Tout juste avez-vous, certes avec succès, réussi à vous bâtir une longue carrière politique en dépit des changements dans la météo démocratique.

Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et vous tenez une occasion historique de rendre service aux Sénégalais. Ce 19 avril 2018 est l’un de ces jours au cours desquels se fait l’Histoire. Acteur central de cette réforme constitutionnelle controversée qui menace l’équilibre de notre pays, vous avez un rôle prépondérant à jouer. Pour une fois, oubliez votre personne, vos intérêts, votre position, votre perchoir, votre camp politique, et pensez à l’intérêt général. Refusez de rester dans l’Histoire comme le serviteur servile de coteries partisanes et d’intérêts personnels. Usez de votre position pour persuader ou, à défaut, contraindre Macky Sall de surseoir au vote de cet incendiaire projet de loi pour donner ses chances à une discussion.

Ce faisant, vous prouveriez que vous êtes ce sage de la classe politique non pas seulement de par votre position d’aîné. Et vous seriez le médiateur naturel pour dénouer cette crise qui porte un sérieux coup à la réputation démocratique de notre pays.

Si, au contraire, vous vous comportez en thuriféraire d’un camp pour faire voter une loi susceptible de brûler le Sénégal, vous sacrifierez définitivement une place d’homme d’Etat pour une position triviale d’homme politique, de politicien…

Moustapha Niasse, vous avez atteint cet âge canonique où même Dieu est indulgent à votre égard. Vous n’avez plus rien à perdre et tout à gagner. Pour égard à la dignité de votre fonction, prenez une posture qui honore la République, la démocratie, le dialogue si cher à votre défunt mentor Léopold Sédar Senghor…

Macky Sall était à peine né lorsque vous exerciez des responsabilités au plus haut niveau. Les privilèges qu’il vous a donnés ne doivent pas vous dissuader de lui tenir le langage de la vérité en ce tournant crucial. Le moment est d’autant plus propice qu’il ne courra pas le risque d’une rupture avec le président de l’Assemblée nationale que vous êtes à quelques heures du vote d’une loi si lourde de polémiques.

Moustapha Niasse, prenez vos responsabilités pour l’Histoire !

Cheikh Yérim Seck



Contrats Etat-Total: l’inquiétante nullité de l’opposition sénégalaise

YERIMPOST.COM Après des pressions intenses, auxquelles Yerimpost s’honore d’avoir contribué, l’Etat du Sénégal a fini par céder et par publier les contrats le liant à Total dans le cadre des gisements pétroliers et gaziers de Rufisque Offshore profond et de l’Ultra Deep Offshore.

Ces documents sont une mine d’informations, une illustration concrète de l’hérésie de la « gouvernance sobre et vertueuse » prônée par Macky Sall. Ils sont donc une aubaine au profit de ses adversaires politiques pour interpeller le locataire du Palais à partir de faits concrets.

Contre toute attente, l’opposition est muette sur les contrats publiés, accaparée qu’elle est par des polémiques politiciennes sans aucune prise directe sur la réalité. A l’exception notoire d’Ousmane Sonko, qui a évoqué la question sur sa page Facebook et promis d’y revenir par une conférence de presse, les leaders de l’opposition ont fait montre d’une nullité inquiétante face à une problématique aussi stratégique.

Dans les pays à démocratie raffinée, la publication de documents de ce type aurait poussé les opposants à commettre une batterie d’avocats spécialisés et de juristes-conseil pour les disséquer, en distinguer le bon du mauvais, proposer des pistes de modification en cas d’alternance au pouvoir…

C’est peut-être trop demander aux adversaires de Macky Sall qui mettent la politique politicienne au-dessus des questions stratégiques. Gageons qu’ils vont se raviser pour examiner les contrats et soulever les importantes questions qui en découlent. La nullité n’est pas une fatalité.

Cheikh Yérim Seck




Sidiki Kaba, pourquoi êtes-vous allé faire humilier si gravement le Sénégal en Israël ?

YERIMPOST.COM Propulsé ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, sans doute pour avoir sur-vendu à Macky Sall ses « réseaux » dans le monde, Sidiki Kaba confond-t-il diplomatie et réseautage ? Intérêts du Sénégal et développement de son tissu relationnel propre ? Comment expliquer sa récente visite en Israël, sinon par une volonté d’entrer dans les faveurs du lobby juif, quitte à malmener la ligne du Sénégal sur le conflit israélo-palestinien ?
Quelles que soient les motivations de ce déplacement, il a offert l’occasion à la très arrogante administration Netanyahou d’infliger à notre pays un traitement plus humiliant que l’humiliation. C’est le quotidien national Le Soleil qui, dans sa livraison du 30 mars, écrit, en page 5: « Cette fin de visite a été marquée par une audience avec le ministre de la Défense israélien à la place du Premier ministre empêché. »  Cette formule diplomatique usuelle signifie que Benyamin Netanyahou n’a pas souhaité recevoir Sidiki Kaba. Le pire est dans le mot « empêché » qui suggère que le rendez-vous avait été confirmé puis annulé au dernier moment…
L’humiliation ne s »arrête pas là. Le Soleil renchérit: «Avant cette audience, le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur avait rencontré le directeur des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères». En clair, fioriture diplomatique à part, Kaba n’a même pas pu rencontrer son homologue israélien. 
La figure du Sénégal a été versée par terre, pour parler comme les Ivoiriens. Mais ce n’est que logique. C’est le chef de notre diplomatie qui a payé des verges pour se faire fouetter. Le Sénégal n’est pas n’importe quel pays. Il est à l’avant-garde du combat contre les injustices imposées au peuple palestinien depuis 1948. Et a voté toutes les résolutions condamnant les atteintes au droit international perpétrées par Israël sur les territoires occupés.
L’Etat hébreu n’est pas notre ami. Il a annulé ses programmes de coopération avec notre pays, en décembre 2016, suite à la décision du Sénégal de faire partie d’un groupe d’Etats initiateurs de la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations-unies appelant à mettre fin à la colonisation juive en ‘’territoire palestinien occupé’’. La vision de Netanyahou des rapports avec la Palestine est contraire à la ligne historique de notre politique étrangère.
Tous les actes posés par le chef de notre diplomatie au cours de sa visite en Israël constituent des fautes symboliques. Alors que notre pays, peuplé à 95% de musulmans, a présidé l’Organisation de la conférence islamique de 2012 à 2013 et dirige le Comité permanent de l’Organisation de la conférence islamique pour l’information et les affaires culturelles (Comiac), le geste d’adoration de Kaba en kippa devant le Mur des lamentations a horripilé la oummah islamique.
Tandis que le représentant permanent du Sénégal à l’Onu a été élu en février 2017 président du Comité des Nations-unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, Sidiki Kaba a fait accoler à notre drapeau celui de la puissance occupante de la Palestine pour meubler le fond de sa photo avec Avigdor Libermann, l’un des hommes politiques juifs les plus racistes, les plus anti-arabes et les plus anti-musulmans.
Au moment où notre pays et ses plus grands intellectuels militent pour la protection d’Al Aqsa, le troisième lieu saint de l’Islam, Sidiki Kaba s’y est fait conduire manu militari par de nerveux soldats israéliens qui ont molesté les Palestiniens trouvés sur les lieux, et investi avec cette irrévérence mêlée d’arrogance ce lieu de culte à partir duquel le Prophète Mohamed SAWS s’est élevé vers le Ciel. Le cliché est assassin aux yeux des peuples musulmans.
Le ministre des Affaires étrangères est allé au bout de tout ce qu’il pouvait faire pour déshonorer le Sénégal et brouiller son image dans le monde. Si on vivait dans un pays communiste, il aurait été jugé pour haute trahison. Heureusement pour lui, nous sommes en démocratie. Sidiki Kaba a toutefois l’obligation d’expliquer au nom de quels intérêts il a commis des gaffes diplomatiques de cette gravité.
Cheikh Yérim Seck




Nous, Gagner le Mondial Russe ? Savoir Raison Garder…

YERIMPOST.COM Le pouvoir s’est-il mis en « mode Mondial », au point de croire qu’il peut imposer des décisions impopulaires à un peuple embrumé par cet « Opium du Peuple » que représente le football ? L’heure est aujourd’hui à la passion. Les Sénégalais sont crispés, anxieux, stressés, et même pas parce qu’ils sont « mackys ». Nous sommes en ce moment tous en train de nous projeter en conjectures, non pas pour savoir comment nous allons payer des loyers de plus en plus chers, éduquer nos enfants dans les conditions les meilleures, soigner nos parents dans des hôpitaux sans maladies nosocomiales en prime, déambuler dans une capitale avec des trottoirs non encombrés, voter à une présidentielle bien organisée…, mais nous sommes tous en communion pour une fois concentrés au maximum sur notre participation au Mondial russe, et rêvant, pourquoi pas, au titre qui ne saurait nous échapper. Incha’Allah…

Soyons sérieux un petit instant. Peut-on gagner ? Doit-on gagner ? Commençons par la première question et tentons d’y répondre, nous qui aimons massacrer les bonbons en les croquant au lieu de prendre le temps de les sucer et d’en connaître, en l’appréciant, le goût, cela pour dire que nous aimons connaître la fin d’un processus sans en vivre le cours. Peut-on gagner un mondial de football, comme ça, du fait de la bonté de Dieu, du seul fait que nous sommes sénégalais, comme ça, juste parce que Dieu, est notre garçon commissionnaire, auquel nous allons demander de rapporter, pourquoi pas, la Coupe du Monde, juste parce qu’Il ne parle que wolof ?

Peut-on battre des Colombiens, des Polonais ou des Japonais qui, depuis des décennies, travaillent à produire des générations de joueurs qui courent depuis leurs culottes courtes ensemble, alors que nous n’avons fait dans le même temps qu’engraisser des joueurs comme on élève des moutons de Tabaski ?

Peut-on gagner devant des équipes qui ont des joueurs qui totalisent 20 fois plus de sélections que la nôtre ? Si Dieu se doit de récompenser le travail, alors on est mal barré. Il est vrai que nos audaces de 2002 étaient le fruit d’un désir commun depuis lors dissipé, noyé dans les coursives du Joola englouti du fait de nos tricheries coupables. Non, Dieu n’est pas injuste. En attendant, remettons l’ouvrage sur le métier, nous n’avons pas un problème d’entraîneur, nous avons un problème de projet. Arrêtons de tout de suite croquer dans le cœur du bonbon…

Jean Pierre Corréa




Enseignants, Sifflez La Fin de la Récréation, Le Président Vous a Satisfaits…

YERIMPOST.COM Un des problèmes de notre pays est que nous sommes de beaux parleurs. Nous parlons souvent pour ne rien dire, juste pour nous entendre parler. Il existe peu de pays où on aime autant se regarder le nombril et s’entendre parler.

Aujourd’hui, les acteurs politiques s’écoutent parler, ou plutôt parlent pour s’étendre et pour ricaner de l’absurdité des propos des autres qui ne sont pas du même bord qu’eux et, à travers internet, ils s’envoient des invectives. On dirait que parler rassure et aide à convaincre les beaux parleurs (politique ou social) qu’ils sont dans le coup. C’est amusant de voir ces rigolos de tous bords parler pour ne rien dire, ou pire, parler pour détruire un projet, une idée…

Ce qui est dérangeant finalement, c’est qu’avec ces beaux parleurs, il n’existe rien de nouveau. Aucun parti, aucun mouvement social ne propose quoi que ce soit. Aucune proposition, tout le monde parle, personne ne s’écoute et tout le monde réclame des concertations sur tout.




Les hommes politiques ne sont préoccupés que par la politique et la présidentielle (sa règle du jeu prête à être modifiée), et donnent l’impression que les choses importantes ne suscitent pas leurs prises de parole et la convocation de la presse pour entendre leurs discours et faire montre de leurs postures.

Or, sans doute jamais autant qu’aujourd’hui, les accords notamment entre pouvoir et enseignants n’auront été aussi porteurs de solutions aptes à sortir les enfants et élèves des ornières syndicales dans lesquelles les poussent des enseignants qui font fi de leur avenir et continuent à aller en grève au mépris de la réussite de leurs élèves, tout en continuant, eux, à percevoir leurs salaires. Ce qui, aux yeux de bien des parents d’élèves et de citoyens, est proche de l’enrichissement sans cause, puisque n’apportant rien de plus aux connaissances requises des enfants qu’on leur a confiés. Ils sont plus souples lorsqu’ils vont accepter des conditions salariales souvent inadmissibles dans le privé, mais qui mettent du beurre dans leurs épinards, au détriment des heures de travail qu’ils n’assurent pas dans le public et que les contribuables que sont les parents de leurs élèves rétribuent. Le président a satisfait leurs revendications. Il faut qu’ils sifflent la fin de la récréation.

Jean Pierre Corréa

Mon regard de juriste sur les incohérences de la décision de Malick Lamotte

YERIMPOST.COM Juriste dans une autre vie, j’ai gardé de ma formation universitaire des notions qui me permettent de me livrer à l’exercice du commentaire d’arrêt. La décision pénale qui m’intéresse, objet d’une grande attention de l’opinion publique du fait du pedigree du prévenu, me semble traîner de sérieuses incohérences.

Khalifa Sall a été condamné notamment pour escroquerie portant sur des deniers publics, une infraction d’une grande gravité qui d’ailleurs justifie la lourdeur de la peine qui lui a été infligée. Cette infraction suppose que son auteur ait usé de manoeuvres frauduleuses pour se faire remettre les deniers en cause à des fins d’enrichissement personnel. En l’espèce, Khalifa Sall, maire de Dakar, ordonnateur du budget de sa commune, ne peut pas être poursuivi pour escroquerie. Il dispose de jure et de facto des fonds et n’a nul besoin pour ce faire d’user d’une quelconque manoeuvre. Il ne peut être poursuivi que s’il commet des malversations dans leur gestion ou s’il les détourne de leur affectation dans un but d’enrichissement personnel. Seul un tiers est susceptible d’user de manoeuvres pour se voir remettre indûment ces deniers.




Ensuite, le juge Malick Lamotte a reçu la constitution de partie civile de l’Etat pour ensuite décider que celui-ci n’avait subi aucun préjudice et n’avait donc pas droit à une réparation. Or, dans un procès pénal, ne peut se constituer partie civile que celui qui a souffert d’un dommage directement causé par l’infraction. Le comportement du juge vis-à-vis de l’Etat dans ce procès reflète donc une contradiction absolue. Si je n’étais pas si naïf en politique, je croirais que le juge a fait exprès, en connaissance de cause, d’accueillir dans le procès une partie qui n’en est pas une, dans le but d’affaiblir la défense du prévenu par des contradicteurs illégitimes.

De même, le juge Lamotte a déclaré irrecevable la constitution de partie civile de la mairie de Dakar. Au bout du procès, il a reconnu implicitement, en décidant que l’Etat n’a pas subi de préjudice, que c’est la mairie qui l’a enduré. En clair, la mairie, dont les 1,8 milliard de francs cfa sont censés avoir été escroqués, a été empêchée d’entrer dans le procès pour les réclamer. Ce qui a conduit à cette situation rocambolesque où Khalifa Sall, à qui on reproche 1,8 milliard de nos francs, se retrouve ne devoir payer que 5 millions ! La partie qui devait exercer l’action civile a été écartée du procès !

Si je n’étais pas si inexpert sur les questions de pouvoir, je croirais que l’obsession de punir le maire de Dakar était si dévorante qu’on a administré le procès contre certaines normes élémentaires de bon sens.

Enfin, le juge Lamotte a estimé de façon péremptoire que le faux et usage de faux est établi dès lors que les factures d’achat de riz et de mil établies ne recoupent pas la réalité de l’utilisation faite des fonds de la caisse d’avance. Cette interprétation est sujette à caution en droit budgétaire et comptable. Dans ce droit, les fausses certifications ne sont pas un délit. Le juge des comptes cherche à s’assurer d’une seule chose: la conformité de l’affectation des fonds.

Si j’étais l’avocat de Khalifa Sall, j’aurais eu des griefs sérieux à opposer devant la Cour d’appel à la décision de Malick Lamotte. D’aucuns me diront qu’ils ne serviraient à rien, vu la nature de ce dossier qui pousse certains magistrats dociles à le trancher dans le seul souci d’appliquer au prévenu une punition à la hauteur de l’adversité qu’il suscite en Macky Sall.

Nos juges gagneraient à méditer cette pensée d’Hypolite de Livry: Le plus horrible spectacle de la nature, et un des plus communs, est de voir violer la justice par l’homme préposé pour la rendre.

Cheikh Yérim Seck



Justice de Merde: Question de Sémantique…

YERIMPOST.COM Lorsque le tonitruant Donald Trump, dans une de ces saillies dont il a le secret exclusif, émit la fâcheuse phrase qualifiant les pays africains de « pays de merde », la première réaction des concernés par cette outrance verbale fut un mélange de sidération et de colère. Puis, de nombreux intellectuels africains firent justement remarquer que ce « président de merde » avait synthétisé dans son outrance les maux qui entravent notre développement. Ils furent nombreux à dire, avec plus de poésie, que nous nous étions arrangés tout de même, au vu de l’état de bien de nos pays, pour mériter que l’on nous infligeât cet outrage.

Ce que le vibrionnant maire de Mermoz Sacré-Coeur, Barthélémy Dias, a dit à propos de l’institution judiciaire, avec des propos que l’on peut s’accorder à qualifier de déplacés et de violents, le juge Ibrahima Dème l’avait formulé avec plus d’élégance et de savoir-dire, dans un langage argumenté et qui ne fut jamais insultant pour sa hiérarchie. Il n’a de ce fait pas offert à ses contempteurs les verges pour le battre et son discours fut éclairant sur l’état déplorable de notre notion d’indépendance de la justice.

Qu’à l’occasion de la condamnation de Khalifa Sall à 5 années de prison, le plus tout jeune socialiste ait pu péter un câble et emprunter aux charretiers des éléments susceptibles de soutenir son langage peut lui coûter cher, mais cette approche sémantique peut faire penser à la différence qui existait dans l’expression musicale des maux sociaux en France, entre le géopoétique MC Solaar et les énervés de NTM… On écoutait et on comprenait plus volontiers le premier, et ses propos en avaient du coup plus de poids et de percussion. Question de sémantique…

Jean Pierre Corréa



Monsieur le Président, Après Khalifa Sall, «Aux Suivants !!!»

YERIMPOST.COM Passé l’état de sidération dans lequel de nombreux Sénégalais ont été plongés suite au verdict condamnant Khalifa Sall à 5 ans de prison, notamment en regard d’un délibéré évoquant des actes de premier communiant, il convient de ne pas commenter ni contester une décision judiciaire, mais au contraire de se demander si cette sévérité pouvait être de bon aloi et ouvrir à une inespérée fin d’une impunité qui concernait les hommes politiques.

Du coup, il est attendu que le président, qui avait déclaré naguère que de nombreuses conclusions de l’IGE et de l’Ofnac s’empilaient sur son bureau présidentiel et qu’il avait calé quelques-uns de ces dossiers sous son auguste coude, change de posture et, dans le bon sens du terme, lève le coude et nous informe de leurs contenus et des éventuels acteurs ainsi protégés de ses foudres, d’autant qu’un de ses proches a affirmé dans une fameuse émission de la TFM, ce weekend, que parmi ces impétrants se trouvaient des personnages de la mouvance présidentielle, certes récemment accourus  sous le paratonnerre républicain, avec leurs supposés grands électeurs dans leurs besaces.

S’il faut prouver l’indépendance de la justice, c’est bien le moment !!! Faites suivre ces dossiers qui prennent la poussière sur votre bureau aux autorités judiciaires compétentes, et laissez-les agir comme vous le déclarez tout le temps au nom de la séparation des pouvoirs, notion quelque peu chahutée pour nombre de Sénégalais qui s’acharnent à ne voir dans la condamnation de Khalifa Sall que la conséquence d’un procès politique, ce qui serait gênant pour un renforcement de notre démocratie dont la justice est le pilier essentiel.

Alors, les Sénégalais attendent et exhortent le chef de l’Etat à réaliser cet idéal de justice qui avait prévalu dans les motivations des citoyens ayant permis son élection en 2012 et lui disent en chœur: «Aux Suivants !!!».

Jean Pierre Corréa.



Démission du juge Dème: Ah !! Mais quel bel aveu de Moustapha Cissé Lô !!!

YERIMPOST.COM Quand un haut magistrat démissionne, et à force arguments, de l’Institution Judiciaire, nous rappelle que La Justice est le seul service public qui porte le nom d’une Vertu, et nous conte avec chagrin son supposé dévoiement, il aurait été de bon ton et d’élégante intelligence que nos hommes politiques s’interrogent et se soumettent à une saine introspection.

Mais, voilà-t-y- pas que pour les spadassins du pouvoir, la démission du juge Ibrahima Dème n’a rien de fortuit. C’est l’avis de Moustapha Cissé Lô qui, invité à la Rfm, pousse plus loin la réflexion. A l’en croire, le magistrat est animé par une ambition politique, ni plus ni moins. Et le responsable de l’Alliance pour la République d’étayer sa conviction par le portrait très négatif que le juge a dressé du pays avec, à la tête, le président Macky Sall.

Pour décrédibiliser le Juge Ibrahima Dème, il convient, pour ses détracteurs et gardiens forcenés de la Pensée Unique, de mettre les Sénégalais en garde contre cet homme, s’acharnant à prouver son insincérité par l’accusation selon eux rédhibitoire qu’il aurait une ambition politique. Donc, si on respecte leur logique et qu’on décortique leur accusation, avoir une ambition politique vous ôterait toute sincérité, et vous consacrerait « menteur » et « fourbe ».

Lorsqu’un citoyen pose le diagnostic « qu’une importante partie de la hiérarchie judiciaire a distillé dans le corps une culture de soumission qui a progressivement remplacé une longue culture d’honneur, de dignité et d’indépendance », cet homme est un politicien. Lorsque le regretté Juge Kéba Mbaye avait lancé à Abdou Diouf: «Les Sénégalais sont fatigués», personne n’eut la sottise de qualifier son propos de politicien. C’était un temps, messieurs, où les hommes politiques faisaient assaut et de patriotisme et d’arguments emplis d’honneurs et de respect pour ce qu’ils représentaient.

Quand le Juge Dème affirme que «nos valeurs cardinales de dignité, d’honneur, de probité et de loyauté sont presque abandonnées au détriment du reniement, du non-respect de la parole donnée, de la trahison, du mensonge etc. qui sont cultivés par les plus hautes autorités et ce, dans la plus grande indifférence», ces propos sortent souvent de la bouche des chauffeurs de taxi, lesquels sont les éponges de la déliquescence de notre mode de vie, leurs taxis servant de théâtre permanent dans lesquels se dit sans fard « qu’en lieu et place d’une gestion transparente, sobre  et vertueuse promise, on constate une gouvernance folklorique, clientéliste, népotiste, gabegique et laxiste et que nos maigres ressources de pays pauvre et très endetté sont dilapidées à des seules fins politiciennes ».

Penser discréditer le Juge Ibrahima Dème, imaginer disqualifier cet homme qui s’est ainsi exprimé en le qualifiant de politicien, revient pour ses pourfendeurs à avouer que leur métier d’hommes politiques est enraciné dans le faux-semblant, l’insincérité, la flagornerie et que la seule grammaire politique dans laquelle ils excellent réside dans l’expression singulière et devenue automatique du « Sujet-Verbe-…Compliment », colonne vertébrale de toutes leurs éructions serviles. Quel aveu…

Jean Pierre Corréa

 

Un ancien de la DST pour épier les Sénégalais: le scandale des écoutes téléphoniques

YERIMPOST.COM Votre blog préféré est en mesure d’écrire que le pouvoir en place au Sénégal a recouru aux services d’un Français, ancien de la Division de la sécurité du territoire (DST, les renseignements intérieurs hexagonaux), dont nous taisons le nom par sens de la responsabilité et par égard à sa sécurité, pour muscler le dispositif qui épie les communications téléphoniques des Sénégalais.

Parmi ceux de nos concitoyens qui comptent, quiconque est vigilant se rend compte qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans la qualité de ses coups de fil. S’il est peut-être efficace, le dispositif technique mis en place n’est pas discret. Il n’est pas totalement maîtrisé par les « grandes oreilles », comme le suggère cette source qui nous apprend qu’il s’agit d’une technologie israélienne dernier cri en cours d’acclimatation chez nous.

Il y a aussi là les effets pervers du comportement pour le moins écrasant et solitaire des agents des services secrets qui, munis de réquisitions, accèdent directement aux serveurs des sociétés de téléphonie mobile, y opèrent en solo, snobent les ingénieurs-maison qui connaissent les installations certainement mieux qu’eux… C’est ce qui explique des dérèglements comme ces vents violents et intempestifs qui se glissent dans les communications écoutées.

Mais tout cela n’est pas la question. La question ici n’est technique que pour ceux qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Elle est surtout d’ordre éthique. Dans une société civilisée, un Etat démocratique, les communications sont protégées par le secret. La confidentialité est une composante essentielle du droit à l’intimité de la vie privée. Il ne doit être porté atteinte à ce droit que dans des cas et des séquences limités et si et seulement si il y a une menace sur la sécurité collective.

Au Sénégal, on est trop loin de cette préoccupation d’ordre public. On confond sécurité publique de l’Etat et intérêts politiciens d’un régime qui épie ses adversaires ainsi que les pôles d’influence comme les médias, les syndicats et les familles religieuses. Au nom de quel principe peut-on épier des Sénégalais qui ne complotent pas contre la sûreté de l’Etat et pénétrer jusqu’aux profondeurs de leur intimité ? Doit-on dépenser des quantités importantes de deniers publics pour acquérir des technologies chères dans le but de violer les droits des citoyens ?

Aujourd’hui, la prégnance des écoutes et la psychose qu’elles suscitent ont fini de faire de Whatsapp le véhicule le plus répandu des communications entre les Sénégalais qui comptent. Avec toutes les contraintes liées à la mauvaise qualité de l’Internet et à ce risque de déposer des  données stratégiques sur la plateforme d’une entreprise privée américaine.

En un mot comme en mille, les écoutes téléphoniques tous azimuts, appelées à s’intensifier au fur et à mesure qu’approche l’élection présidentielle de février 2019, constituent un gros désastre humain et un énorme scandale démocratique.

Cheikh Yérim Seck



Match contre Bosnie: Les Lions de La Véranda…

YERIMPOST.COM A voir et à entendre notre coach national Aliou Cissé déclarer qu’il lui est possible de trouver encore 4 à 5 joueurs pour constituer sa liste des 23 devant aller à Moscou pour le Mondial, on prend la mesure du jeu sans vie ni animation qui est celui de nos Lions. On se demande s’il concocte une liste de guerriers ou un casting de Star Academy. Nos Lions sont-ils en «mode mondial» ?

Comme on a pu le constater, des Colombiens sont entrés au Stade de France pour prendre les Bleus à la gorge, leur marcher dessus, et leur rentrer dedans. Toutes les sélections observées sont en mode Coupe du monde, déjà concentrées sur leur sujet, alors que notre équipe ronronne, fait des arabesques, et donne l’impression d’avoir des joueurs qui ne se battent même pas pour… être sélectionnés, jouant sans passion, sans aucune hargne et ne « visualisant » pas du tout à quoi devra ressembler un match de Coupe du monde. Sont-ils, à quelques exceptions près, certains  de faire partie des 23, ou alors ont-ils peur de mettre en danger leurs postes dans leurs clubs respectifs ? Allez observer les Japonais et les Polonais et vous constaterez que leurs joueurs sont déjà largement affûtés et concentrés sur un objectif de compétiteurs. Cette sensation de voir des sénateurs pousser le ballon sur le terrain est désagréable et n’augure rien de bon, et les propos de Aliou Cissé qui manifestement ne tient pas encore son groupe ne sont pas plus rassurants.

On ne leur demande pas de faire le HAKKA des All Black en entrant sur le terrain, mais nos Lions de La Téranga avaient l’air d’émettre des miaulements de chatons frileux sur le terrain du Havre ce mardi. Seraient-ils déjà satisfaits d’aller juste faire du tourisme du côté de Moscou ou de St Petersbourg ? Sont-ils devenus « les Lions de la Véranda » ? Encore un peu plus de 50 jours pour retrouver leurs rugissements.

Jean Pierre Corréa



Thierno Alassane Sall est incompétent… Vous avez dit incompétence, Dionne ?

YERIMPOST.COM Dans une grande entreprise, un DRH qui embauche à un poste stratégique un cadre incompétent et qui la met dans le mur est tout de suite licencié pour faute grave. Logique. Lorsque le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, déclare que Thierno Alassane Sall a été démis de ses fonctions pour incompétence, on s’interroge sur les capacités managériales des hommes qui l’ont nommé à un poste parmi les plus stratégiques du gouvernement et qui symbolisait à lui tout seul et de par son seul intitulé un des axes essentiels sur lequel était engagé notre futur et reposait le socle ferme de notre essor.

Passons sur l’inélégant « ce monsieur », pour désigner un homme qui aura des mois durant travaillé sur le dossier du gaz et du pétrole et dont on a du mal à penser qu’il a démontré son incompétence au moment même où il s’agissait d’apposer sa signature sur le parapheur qui contenait les fruits de mois de négociations, menées par « ce monsieur », dont on a subitement découvert l’incompétence.

Avec tout le respect qu’on porte à Mahammed Boun Abdallah Dionne, clamer l’incompétence d’un ministre tellement important dans le dispositif gouvernemental, et portant sur ses capacités un des axes majeurs du PSE, relève de l’aveu non seulement d’incompétence, mais aussi d’inconséquence. Soit on a nommé un incompétent en le sachant, soit on a viré un nullard au bout de deux années. Et, dans les deux cas, cela relève de l’incompétence de ceux qui l’ont nommé, puis viré.

On aurait aimé connaître les véritables raisons de ce limogeage inédit. On nous offre, au contraire, comme on se tire une balle dans le pied, l’image d’un pouvoir qui aura de son propre aveu nommé des gens « au petit bonheur la chance », à des positions stratégiques. Vous avez dit « incompétence » ?

Jean Pierre Corréa



Qu’a vraiment fait Macky Sall en six ans ?

YERIMPOST.COM 5 ans… Cela aurait dû être, il y a un an, la fin d’un mandat promise à des millions d’électeurs il y a justement 6 ans. Mais ce moment des promesses nous ramène à cette liesse populaire qui avait envahi le Radisson Blu au soir d’une victoire espérée par des millions de Sénégalais exaspérés par la gestion familiale et clanique du pouvoir exercée alors par le président Wade. Et nous n’avions pas remarqué, dans cette euphorie collective constellée d’espoirs, que déjà se pressaient dans les couloirs de ce palace les nouveaux hommes du clan. Leurs visages suintaient d’une impression de jouissance teintée de « c’est notre tour », « un c’est notre tour » que nous aurions aimé être expurgé de vindicte, mais hélas…

Donc, il nous reste encore une année à accompagner un « Yonnu Yokkuté » qui aura pris quelques virages inattendus, et pas vers ceux qui en attendaient des bienfaits. On a connu le « deuk-bi dafa Macky » pour s’amuser de nos portefeuilles en berne, mais les thuriféraires zélés de notre président nous ont toujours expliqué que l’argent qui circulait depuis 2012 avait été lavé de toutes magouilles, contrairement à l‘ère de leurs prédécesseurs. Donc, CQFD, l’argent déclaré par notre président pour justifier son patrimoine serait donc entaché ?

Cet anniversaire est aussi l’occasion de revenir sur la « gouvernance sobre et vertueuse » clamée et revendiquée par les apéristes et leurs alliés. Question sobriété, on repassera, avec l’érection du HCCT, fromage offert à Tanor pour services rendus et qui remplace le tout aussi coûteux et inutile Sénat. Question « vertus », on s’est vite accommodé du soutien d’hommes qui étaient au lendemain de sa victoire aux portes de Rebeuss, comme Cheikh Amar qui ne nous a toujours pas expliqué comment il compte rembourser l’ARTP qu’il a grugée de plusieurs milliards de fonds publics.

Alors ? Vit-on mieux sous Macky que sous Wade ? Question de ressenti, c’est kif-kif, puisque dès qu’on soulève une question dérangeante, ses spadassins excités nous rétorquent qu’avant c’était pareil, oubliant l’adage qu’il vaut mieux ne pas en faire partie que d’y avoir moins participé. Or, peu ou prou, ce sont les mêmes qui étaient sous les lambris dorés des sinécures Wadistes qui se baladent dans les couloirs Sallistes.

Le souci c’est qu’en 6 ans, rien n’a vraiment bougé. La famille présidentielle est toujours omniprésente dans les affaires, dans les institutions, souvent créées pour les y placer, Conseil économique, social et environnemental, où ils pullulent, HCCT, dont on doute que la moitié des membres sachent nous expliquer la décentralisation, et tout semble être du même acabit.




Que reste-t-il en six années de règne, alors qu’on a déjà perdu 3 ans avec « le procès du siècle, celui de Karim Wade, qui a fait « pschiit », à tel point que durant cette tragi-comédie du pouvoir des hommes du sérail se sont aventurés à en demander une drastique correction des termes de références, et qu’on s’achemine vers le même imbroglio judiciaire avec Khalifa Sall ?

Il nous reste le PSE, ah… Si on ne l’avait pas celui-là, le PSE, sur quelle architecture construiraient-ils leurs discours ? PSE par ci, PSE par-là, il est à toutes les sauces, et en devient peu ragoûtant, à tel point que devant attirer les investisseurs, les promesses de dons, comme le téléthon, se font encore attendre. Alors, il nous reste la bonne politique politicienne. Et là, alors rien n’a bougé… Vous vous souvenez plus haut, ils pensaient avides à « c’est notre tour… ». Ils ont fini par enfermer le chef de l’Etat dans leur « tour »… d’ivoire. Comme si l’histoire se répétait… On dira : « Il était plein de volonté, mais c’est son entourage qui l’aura perdu »… Comprend-t-on que ce gouvernement d’ingénieurs, ils sont plus de 14, soit plus préoccupé par une réélection que par des solutions ?

Mais il nous reste cette bonne vieille Assemblée nationale, qui en finit avec sa mandature et qui dort depuis 6 ans avec, à son bilan, pas un seul projet de loi, pas une seule proposition de loi. Eux ils ont deux mois encore pour se réveiller… Le réveil est dans les urnes… Le pouvoir aussi. Faut juste en user.

Jean Pierre Corréa

Dakar, Capitale Moyenâgeuse…

YERIMPOST.COM

Nous souhaitons tous croire aux incantations vantant quotidiennement notre Plan Sénégal Emergent qui doit propulser notre pays aux cimes du développement. Mais, à regarder et surtout subir certains désordres homologués par nos habitudes et nos accoutumances coupables, nous désespérons d’atteindre ce but ambitieux. Comment comprendre que notre administration puisse tolérer, puisqu’elle l’organise, les véhicules à traction animale et surtout humaine ? Il est surréaliste de voir des hommes en plein centre-ville tracter avec leur seule musculature des tonnes de marchandises sous le soleil du mois d’août, suant et ahanant comme des bêtes de somme, pour des sommes dérisoires. Pour un Sénégal qui se veut émergent, ces scènes rappelant l’esclavage devraient être bannies, mais elles se déroulent dans l’indifférence la plus totale d’un peuple qui accepte sans sourciller que certains puissent être pris pour des animaux. Ces images sont moyenâgeuses.

Mais il y a aussi un phénomène qui prend de l’ampleur et qui pose souci du fait de son officialisation administrative, c’est celui des calèches. Nous voyons en pleine ville, au cœur d’une circulation déjà bien embouteillée, de plus en plus de cochers déguisés en Ben Hur ruraux, conduire leurs calèches et se mêler au trafic urbain sans sourciller, sur les grandes avenues, voire sur la VDN ou l’autoroute et même au péage de celui-ci et y faire la queue. Pour quel tarif ? C’est bien la question.




Ces véhicules n’ont ni cartes grises, ni assurances, ni freins autres que l’instinct du cheval à éviter un obstacle, et pourtant causent accidents et désagréments souvent graves. Ils ont pourtant des permis de circuler et même des panneaux de signalisation leur interdisant d’emprunter telle ou telle artère. C’est bien donc que leur statut est officiellement pris en compte par nos administrations, à commencer par le ministère de l’Elevage qui en a fait un segment de sa politique de vaccination. Que se passe-t-il lors d’un accident avec un charretier qui emboutit notre véhicule ? Eh bien, on vous rétorque qu’il faut laisser ce brave homme faire son « taxalé », et gagner sa pitance quotidienne, et lui, penaud, vous balance sa demande de clémence par un surréaliste « Ma ngi diégeulou »…

Mais, tant que ça nous sert à emporter nos poubelles et remplir nos boutiques de proximité, nous nous en accommodons lâchement. Et surtout nous n’éprouvons aucune compassion pour ces chevaux qui traînent parfois une tonne à la force de leur harnais, accélérés par leurs cochers de quelques coups de fouets bien sentis.

Et on ne se demande même pas pourquoi nos prières au Bon Dieu ne sont pas exaucées, alors qu’on maltraite autant une bête aussi sacrée que Le Cheval, qui a eu le privilège de faire monter Le Prophète au Ciel. Au nom d’Al Bourakh au moins, cela devrait nous révolter.

Jean Pierre Corréa

 

J’ose espérer que cette information sur Malick Gakou est fausse !

YERIMPOST.COM A l’initiative de Baye Ndiaye, frère du promoteur de lutte Aziz Ndiaye, et en l’absence de Balla Gaye 2, pris par les préparatifs de son combat contre Gris Bordeaux, mais en présence de son petit-frère, Sa Thiès, des bonnes volontés de Guédiawaye se sont rendues chez Malick Gakou. L’objectif est d’enrôler le leader du Grand parti (Gp) dans le groupe des personnalités de Guédiawaye appelées à se mobiliser autour de Balla Gaye 2 pour qu’il sorte victorieux de son choc du 30 mars prochain contre le Tigre de Fass.

Voilà ce que j’ai lu dans la parution du 20 mars 2018 du quotidien L’Observateur. Je refuse de croire en la véracité de cette information. Malick Gakou ne peut pas oser faire ce coup-là aux Sénégalais. Il ne peut pas, après avoir laissé entendre sa volonté de briguer la magistrature suprême, le 22 janvier 2017, à l’occasion d’une assemblée générale de son parti, disparaître et ne réapparaître sous les projecteurs des médias que sous les traits d’un parrain d’écurie de lutte préoccupé à s’affairer pour la victoire d’un lutteur.

Je n’ose pas croire, alors que les Sénégalais attendent ses propositions de transformation du pays dans un champ politique plus que demandeur d’offre, que Gakou puisse leur manquer de respect à ce point. Qu’il soit amateur de lutte ou friand d’être louangé dans les chansons de starlettes sénégalaises, c’est son droit ! Qu’il ait ce penchant pour le star system et le showbiz, pourquoi pas ?, s’il estime pouvoir passer par les célébrités pour décrocher les suffrages de leurs fans !

De là à théâtraliser une visite de lutteurs et d’amateurs alors qu’il est attendu sur des propositions pour régler les problèmes du pays, il y a une grosse erreur sur le registre.

Etre candidat à la fonction suprême de l’Etat est une chose sérieuse. Diriger un pays, ce n’est pas se distraire avec des lutteurs ou des chanteurs. La lutte, c’est bien. La musique, c’est excellent. Mais le Sénégal n’est pas un espace de jeu, encore moins un jouet. La politique n’est pas une activité ludique. C’est un engagement pour changer les choses. Elle requiert beaucoup de sérieux. Enormément de concentration. La concentration est le contraire de la distraction.

Malick Gakou, qui a une carte à jouer dans cette présidentielle ouverte avec 2 millions de primo-votants, ne doit être vu que sur le front des propositions sur l’éducation, la santé, l’emploi, la diplomatie, le développement économique… Desservi par une réputation de jet-setteur, qui lui colle à la peau tel un boulet, il doit travailler sa « présidentialité », prouver qu’il a les épaules assez larges pour remplir le manteau présidentiel.

Titulaire d’un doctorat, intellectuel structuré, il doit cesser de se laisser voir sous les traits d’un trivial personnage mondain. Et se défaire de certaines fioritures pour apparaître à l’opinion tel qu’il est vraiment. Nos discussions en privé m’ont fait déceler en lui un calibre politique et intellectuel qui peut être utile au Sénégal. J’ose croire qu’il ne va pas se consumer dans des futilités. J’ose espérer que l’information de L’Observateur est fausse !

Cheikh Yérim Seck



Non, Idrissa Seck, vous n’avez pas le droit de dire ça !!!

YERIMPOST.COM Evoquant les meurtres de nos compatriotes à l’étranger, vous avez, monsieur le président de Rewmi, critiqué le pouvoir, estimant qu’il gère ces drames avec « légèreté » et « faiblesse ». Pour justifier cette diatribe, vous avez convoqué le devoir de l’Etat de protéger ses ressortissants installés à l’intérieur comme à l’extérieur de son territoire.

M. Idrissa Seck, vous êtes leader d’un parti politique. Vous avez de par le passé occupé les fonctions stratégiques de directeur de cabinet du président de la République puis de Premier ministre. Vous n’avez pas le droit de tenir de tels propos. Vous connaissez la délicatesse des rapports entre Etats ainsi que les règles imposées par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires.

Vous n’ignorez pas que, même si fermeté il doit y avoir, elle s’exerce dans les conditions de la diplomatie, c’est-à-dire dans le respect des formes, la discrétion, la courtoisie… L’Etat du Sénégal observe ces principes, mais vous savez parfaitement, pour être informé, qu’il a pris toutes les dispositions pour que tous les droits d’Idy Diène, tué en Italie, et de sa famille soient respectés. Vous savez tout autant qu’il a dépêché une mission en Espagne pour prendre langue avec les autorités, défendre les droits de nos compatriotes Mame Mbaye Ndiaye et Ousseynou Mbaye qui y ont perdu la vie, et prendre les dispositions pour éviter de tels drames en l’avenir.

Contrairement donc à ce que vous affirmez, ni légèreté ni faiblesse ne peuvent être imputées au pouvoir sénégalais. Macky Sall, le président de la République, a certes des défauts. On ne peut toutefois pas lui reprocher de manquer de sérieux.

La politique au sens politicien du terme est légitime. La contradiction est le moteur de la démocratie. Mais elle ne s’exerce pas sur tout, en tout, tout le temps. Les intérêts supérieurs de notre pays, ses relations avec les Etats tiers, la vie et la sécurité de nos compatriotes… ne sont pas des questions politiciennes. Ce sont des enjeux transcendants.

Sous d’autres cieux, lorsque des drames de ce type touchent des citoyens, toute la classe politique observe ce qu’il est convenu d’appeler « l’union sacrée ». Les leaders de l’opposition se plient à une réserve de décence et, dans bien des cas, soumettent dans la discrétion des propositions au pouvoir sur ce qu’ils estiment être la meilleure manière de gérer la situation.

Monsieur Idrissa Seck, vous avez le droit, à dix mois de l’échéance cruciale de la présidentielle de 2019, de tirer à boulets rouges, à bout portant et à feu nourri sur votre adversaire, Macky Sall. Vous ne devez toutefois pas faire feu de tout bois. Aspirant à la plus haute fonction de ce pays, vous devez respecter les règles d’élégance républicaine et les murs porteurs des intérêts de l’Etat.

Cheikh Yérim Seck



L’Outrecuidante Témérité de Karim Wade

YERIMPOST.COM Karim Meissa Wade se lâche. Il semblait convenu entre le Qatar et le Sénégal que l’ancien ministre se réservât de toute activité pouvant nuire au régime de Macky Sall. Cet accord semble rompu. Et l’ancien ministre de La Terre, Des Cieux et des Océans du Sénégal, certainement encore encombré des restes du pouvoir qu’il avait absolu sur nos destinées sous-développées, se met à minimiser nos institutions judiciaires, leur opposant d’autres décisions d’instances étrangères. Quelle outrecuidance !!! Quel manque de respect pour les institutions d’un pays qu’il prétend pouvoir diriger un jour !!!

Depuis la tanière qatarie où il s’est réfugié, au terme de ce que tous conviennent de nommer dans un bel euphémisme, un deal, il défie le chef de l’Etat et, faisant fi de son inéligibilité, déclare sa candidature pour la présidentielle de 2019 en prévenant Macky Sall des tourments qui l’attendent à l’occasion de son grand retour: « Le moment est également venu pour Macky SALL de se résoudre à m’affronter dans une compétition loyale et transparente. Je suis plus que jamais déterminé à lui faire face lors de la prochaine élection présidentielle et à le battre au soir du 24 février 2019 ». C’est « le grand retour du Jedi », et Zorro et Robin de Bois réunis, lui qui « invite ses compatriotes, tous ses compatriotes, à faire preuve de patience et d’endurance pour regarder l’avenir avec sérénité et vaincre la fatalité en engageant, avec courage et détermination, le combat pour un Sénégal réellement indépendant, prenant son destin en main, dans une Afrique unie et prospère ».

Les Sénégalais seraient-ils devenus amnésiques et auraient-ils oublié que c’est sa morgue, rajoutée aux ambitions monarchiques de son père, qui ont déterminé tout un peuple à se dresser vent debout contre l’injustice et l’injure à notre histoire démocratique ? Le problème, c’est qu’aujourd’hui la diatribe de Karim Wade fonctionne, elle imprime dans les esprits, et ce n’est pas là le moindre des exploits de Macky Sall d’avoir rendu les propos téméraires de l’héritier politique d’un PDS moribond, audibles. Devoir envisager, même pour une minorité de Sénégalais, l’option Karim Wade crédible accrédite l’idée que bien des espoirs exprimés lors des mouvements de refus de 2012 se sont évaporés et que la tentation du « pourquoi pas ? » commence à poindre. C’est ce qui autorise KMW à faire montre de témérité, et d’une certaine outrecuidance…

Qui le ramènera à l’ordre ? Qui rendra son discours obsolète ? La réponse est dans des actes à poser… sauf si il se fait un peu tard…

Jean Pierre Corréa

Les Ombres Ravageuses de La Célébrité.

YERIMPOST.COM Déposons en exergue cette fable de Jean de La Fontaine pour observer avec inquiétude comment des hommes peuvent, sur un malentendu, prétendre avec désinvolture exercer quelque influence… Cette fable nous raconte qu’Une Grenouille vit un bœuf, Qui lui sembla de belle taille. Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse s’étend, et s’enfle, et se travaille Pour égaler l’animal en grosseur, Disant : « Regardez bien, ma sœur… Est-ce assez ? Dites-moi ; n’y suis-je point encore ?– Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ? – Vous n’en approchez point. La chétive pécore, S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs, Tout petit Prince a des Ambassadeurs,Tout Marquis veut avoir des Pages.

Combien d’hommes dans notre pays et notre galaxie politico-médiatique sont-ils victimes du syndrome des « 15 minutes de célébrité » ou « quart d’heure de célébrité » ? Il désigne la célébrité fugace de ceux qui sont l’objet de l’attention des médias de masse, attention qui passe à un autre objet dès que l’intérêt du public s’affaiblit. L’expression est souvent employée dans l’industrie du spectacle, de la politique et d’autres champs de la culture populaire.




Notre univers médiatique est rempli de personnages qui ont surgi dans notre quotidien, sans avoir jamais rien produit comme idées, programmes, inventions, thèses, films, et qui deviennent des leaders d’une opinion prompte à adorer le dernier venu, s’étant souvent vite fatiguée du dernier qu’elle-même avait contribué à mettre sur orbite populaire. Ils trônent sur les « Unes » des quotidiens et s’en évaporent aussi sèchement qu’ils les avaient squattées, et exposent des ambitions par eux justifiées par cette exposition hasardeuse et basée sur la vacuité d’une actualité sans relief, qu’elle soit politique, artistique, médiatique ou sportive. Des hommes performants dans leur domaine d’activités s’aventurent dans des sphères médiatiques où, comme l’infortuné « Professeur » Songué, fascinés par le vertigineux rôle qu’on leur a confié avec légèreté et complaisance, ils vont tout aussi aisément débiter des inepties, et je suis poli.

La rumeur nous susurre qu’un fringant et néanmoins méritant patron de presse serait en « tournée politique » et s’apprêterait à briguer la présidence de la République. Il en a le droit… Grand bien lui fasse… Mais mon Sénégal est-il tombé si bas que tout homme puisse prétendre à pouvoir le ramasser ? Que Akon déclare qu’il n’a pas envie d’être président du Sénégal, et que personne n’ait le réflexe de lui rétorquer que cela ne nous intéresse pas non plus de l’avoir comme président, est tout simplement la preuve qu’on a laissé des grenouilles avoir la prétention de devenir des bœufs.

La fin de la fable raconte que la grenouille, elle gonflait, gonflait, gonflait, jusqu’à elle pétait, elle « calatait »… elle MORT…

Au suivant…

Jean Pierre Corréa




Crash de l’hélico: Etat de catastrophe permanent

YERIMPOST.COM L’empressement avec lequel  le ministre de la Défense, Augustin Tine, s’est prononcé sur les circonstances de la catastrophe, qui a fait 8 morts et 12 blessés, affirmant que l’appareil était bien entretenu, est sujet à questionnement. Pourquoi vouloir expliquer les causes du drame qui s’est produit en l’absence de conditions météorologiques défavorables ? La qualité de la maintenance est au centre de toutes les interrogations au lendemain du crash.

Le Mi-17 est un hélicoptère de transport russe qui a effectué son premier vol en 1970. On ignore dans quelles conditions l’Armée nationale a acquis cet appareil et si le kilométrage de l’hélico a été vérifié avant de l’acheter. A-t-on des mécaniciens sénégalais suffisamment formés pour assurer l’entretien, pour un pays qui n’utilisait pas ces hélicoptères avant l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, pouvant utiliser un réel stock de pièces de rechange dans une industrie où le niveau de recyclage des déchets est presque nul ? Toutes ces questions sont légitimement portées à la connaissance de nos autorités, qui ne pensent pas à répondre et donnent dans le dilatoire, espérant encore une fois l’oubli.

D’ailleurs, c’est l’ouverture du Dakaa de Médina Gounass qui, de façon récurrente, est le théâtre de drames liés à des incendies accidentels que nulle sensibilisation ou préparation des pèlerins n’est jamais venu circonscrire. Aucune responsabilité n’a été établie pour le drame de l’année passée, aucune leçon tirée, et c’est toujours ainsi que nous allons de catastrophes en accidents mortels, lesquels, au lieu de nous faire changer de comportements, laissent affleurer chez les Sénégalais des allusions irrationnelles au penchant malchanceux et morbide de notre président de la République et à évoquer des sacrifices, ce qui serait risible si ce n’était pas dramatique.

Quand va-t-on travailler à prévenir les accidents plutôt que de les commenter en invoquant « pas de chance » ? C’est aux Sénégalais d’exiger que nos gouvernants nous mettent ne serait-ce qu’à proximité du « risque zéro ». Mais puisqu’ils savent qu’ils peuvent toujours compter sur notre propension à évoquer le surnaturel, alors pourquoi se gêneraient-ils à différer leurs efforts pour une totale transparence ?

Jean Pierre Corréa



Un palais bis à Diamniadio ? Pourquoi pas ? Mais…

YERIMPOST.COM Donner un caractère institutionnel à Diamniadio motive la décision du chef de l’Etat de faire construire un palais bis au Pôle urbain. Une annexe qui pourra accueillir des réunions du conseil des ministres ou encore des réceptions officielles. Voici l’argument d’utilité publique que le directeur du patrimoine bâti de l’Etat a brandi pour repréciser la pensée du président de la République. Karim Fofana, dans une note, a expliqué: « Après les sphères ministérielles et la Maison des Nations-unies, l’annexe du palais est la troisième étape du redéploiement territorial de l’administration pour accompagner le développement de la nouvelle ville… Les annexes de palais existent dans tous les pays. La Résidence de Popenguine et le palais de l’île de Gorée sont des annexes du palais de Dakar. Lorsque le Sénégal construisait ces annexes, nous n’avions pas ces enjeux de développement territorial et de décongestionnement de la capitale.»

Accordons une présomption de bonne foi à M. Fofana et à son patron ! Si Macky Sall, dépositaire de la légitimité démocratique, estime avoir besoin d’une annexe de son palais à Diamniadio pour être plus efficace dans la réalisation du bonheur des Sénégalais, ceux-ci doivent soutenir pareil projet sans réserve.

Et puis, comme dit Fofana, il y a bien les palais d’Abidjan et de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, les palais de Brazzaville et d’Oyo au Congo, les palais de Lagos et d’Abuja au Nigeria…

Le Sénégal est un Etat important dans l’imaginaire mondial, une « zone d’influence symbolique », un pays de rencontres internationales… Avec son Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad), Diamniadio va devenir un hub naturel de sommets internationaux. Il n’est pas superflu que le chef de l’Etat, qui est en train et va y recevoir d’importantes personnalités, y dispose d’un abri qui puisse refléter l’image majestueuse que nous voulons offrir de notre pays.

Pour susciter la révérence, l’Etat doit se parer de ses plus beaux atours. Le pouvoir est une représentation qui doit impressionner par sa grandeur, sa splendeur, ses ors, ses lambris et ses dorures.

Mais le palais bis de Diamniadio n’a de sens que s’il grave dans la pierre l’âme de notre peuple et tranche d’avec le style gothique de cette bâtisse blanche aux longs murs qui abritait le gouverneur de l’AOF et trône sur la désormais Avenue-Léopold-Sédar-Senghor, au cœur du Plateau, à Dakar.

Le nouveau palais doit cristalliser le génie créateur de notre peuple. Il doit être le reflet de la créativité de notre architecture, de nos architectes, de nos menuisiers, de nos potiers, de nos peintres, de nos sculpteurs, de nos décorateurs d’intérieur… Rien ne doit y figurer qui ne soit pas made in Sénégal et suivant les codes culturels et esthétiques de notre pays.

Bien plus qu’un palais, il devra être un espace d’exposition grandeur nature du savoir-faire sénégalais. Le projet sera réussi si chaque dirigeant étranger qui y séjourne éprouve le désir de faire découvrir la touche sénégalaise à son pays.

Le palais de Diamniadio doit être construit par des entreprises sénégalaises. Plus que de fierté, c’est une question de sécurité nationale. Les prestataires de ce chantier doivent être choisis suivant des règles d’absolue transparence. Les entreprises techniquement les meilleures et financièrement les moins chères doivent être sélectionnées pour ériger un bijou au-dessus de toute contestation.

Le coût du projet doit être maîtrisé. Cette dépense, qui ne donne pas directement à manger, doit être contenue pour ne pas, à l’image de la réfection du Building administratif, passer, à coups d’avenants, du simple au double du budget convenu.

L’esprit du nouveau palais serait faussé d’avance si sa construction devait être attribuée à certains businessmen dont la trop grande proximité avec le pouvoir alimente les bruits dans les salons feutrés et sous les chaumières. Et si le contribuable devait se retrouver, au bout du compte, avec une ardoise qui aurait pu, par son épaisseur, couvrir le financement de priorités dans l’éducation, la santé et la création d’emplois pour les jeunes.

Cheikh Yérim Seck




Affaire « Professeur » Songué: Chronique de la goujaterie ordinaire

YERIMPOST.COM Que TFM, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la lutte des femmes pour l’égalité, et non comme on le croit trop souvent pour fêter une quelconque St Valentin, ait cru devoir les honorer à travers l’émission Jakarlo, constitue en soi le début de la mascarade médiatique qui nous occupe depuis une semaine. Tout ça parce qu’un homme, « Professeur » Songué, totalement en roue libre et en mode sans filtre, comme tout respect de la charte de responsabilité journalistique aurait dû le dissuader de les proférer, a bavé avec gourmandise des stupéfiantes inepties.

 

La réalité du problème est qu’on a instauré des débats de Grand-Place dans des émissions, qui relaient de pareils propos à une aussi grande vitesse et à une telle échelle, qui dépassent les banales conjectures de nos petites personnes.

 

Comment voulez-vous qu’un citoyen lambda que l’on sort de sa zone de confort social, qui est bombardé du jour au lendemain chroniqueur de tout et surtout de rien, et que nous avons pu avoir la naïveté de croire qu’un jour le vernis ne va pas craquer et libérer des bourdes de cette nature de sa part ?  Le problème est que ces propos trouvent échos tout naturellement chez des hommes qui, depuis l’enfance, se sont entrés culturellement dans leur rôle de donner un sens aux vêtements que porte une femme. C’est justement une habitude typiquement sexiste que de donner du sens à tout vêtement féminin. Ce sont nos regards sur tel vêtement qui ont du sens, pas le vêtement. On ne jugera pas un homme au regard de ce qu’il porte. Les hommes sont en général jugés sur leurs actes et leurs paroles. Imagine-t-on des femmes se jeter sur un homme, juste parce qu’il a porté son « jean’s moule-burnes » ? A-t-on réfléchi au fait que le viol n’existe pas dans les camps et les plages nudistes ? Et puis ne viole-t-on pas aussi d’innocentes domestiques, quand Madame est à un khawaré, alors qu’elle empeste le Guedj et le Yett, et qu’en plus sa situation précaire lui commandera de se taire ?

Quand une femme a dit non, elle a dit non !!! Sauf à imiter un homme jugé pour viol et qui déclara au juge : «  Non, Monsieur le Juge, Je ne l’ai pas violée !!! Violer, c’est quand on ne veut pas !!! Moi, Je voulais !!! »

Autre piste de réflexion que je soumets à votre perspicacité, sous forme d’énigme. Sous bien des latitudes, lorsqu’un homme réfléchit, on le voit se gratter la tête… Pourquoi au Sénégal les hommes, lorsqu’ils réfléchissent, voire pire, quand ils parlent à une femme, ont-ils l’indélicate tendance à se gratter les couilles ?

In fine, le problème de cette séquence, c’est que les femmes présentes sur le plateau n’ont pas eu l’instinct, qui aurait été plus ravageur, de quitter ce plateau devenu un océan de vulgarité.

Jean Pierre Corréa

 

 

 

 

 

La Jeunesse, Cette Bombe Qui Va Péter à la Figure du PSE

YERIMPOST.COM «Les jeunes et les citoyens de demain dont nous avons tous besoin devront être autonomes, donc capables de faire des choix et de gérer leur vie sur le plan personnel et sur le plan social, solidaires, parce que capables de se soucier d’autrui, d’agir avec les autres et pour eux, de partager leurs préoccupations, mais aussi responsables parce que capables d’assumer leurs propres actes, de tenir leurs engagements et d’achever ce qu’ils entreprennent, et surtout engagés, parce que capables de s’affirmer par rapport à des valeurs, une cause ou un idéal et d’agir en conséquence » (Quasimodo)

Je m’en vais vous conter une histoire… De celles qui vous scotchent contre un mur, et d’où vous observez votre pays passer et voguer obstinément vers le mur et qui plus est en klaxonnant.

Flashback… Moteur.




Je m’en allais pensif après une journée de travail satisfaisante et productive à travers les ruelles de la Médina, envisageant guilleret de m’offrir en bord de mer un « coucher de soleil » m’embourgeoisant l’esprit. J’arrivais au carrefour de deux rues transformées, de fait et en toute incivilité, en terrain de football, où se disputent des parties endiablées, avec des ersatz de Messi qui ne se préoccupent ni des voitures qui les évitent, ni des personnes qui traversent l’aire de jeu qu’ils imposent, forts de leur muflerie à une population devenue indifférente à leur devenir. C’est drôle, je suis en train de penser au même instant à l’abîme de désespérance dans lequel sombre cette jeunesse, lorsque je prends en pleine poire et un rasta suant de 80 kilos et le ballon de foot. Lunettes en vrac, sac d’ordi répandu sur l’asphalte, je me rassemble, tempère l’ire qui m’envahit et, stupéfait, vais m’asseoir au seuil d’une boutique pour reprendre mes esprits.

Bizarrement, ce n’est pas la rage qui me vient d’abord, mais un profond sentiment de pitié et de compassion. Je suis ahuri. Aucun de ces tocards ne m’a calculé, ils ne se sont rendus compte de rien, n’ont pas cligné un seul sourcil, juste préoccupés par leur seul moment d’existence qui consiste à taper dans un ballon comme Ronaldo si possible, celui qu’ils voient scotchés à la télé, leur autre occupation privilégiée. Leur ballon dans ma gueule, ça leur en a touché une sans faire bouger l’autre !!! Rien à secouer !!!

J’ai alors pensé à ceux qui devront gouverner cette jeunesse ni éduquée, ni instruite, ni informée, qui est affalée toute la journée contre le mur qui soutient leur colonne vertébrale, à deviser sur Messi, Ronaldo, Wally Seck ou Mbathio Ndiaye, ou mieux à agonir d’injures le président de la République, seul responsable selon eux de leur inactivité et de leur désœuvrement endogène, et me dis que ces hommes qui auront donc à gérer ces zombies sont vraiment dans la merde.

Aucune formation professionnelle, aucun rêve de vivre dans leur pays, pour la plupart déjà pères de 3 ou 4 mômes dont ils ignorent jusqu’au prénom, ces jeunes qui revendiquent deux cerveaux dans les biceps et un muscle dans le cerveau sont la poudre de la bombe qui va nous péter à la gueule dans une dizaine d’années. La mèche est allumée déjà. On le sait. Mais on ne veut pas voir. On repousse les urgences, on les dissout dans de la rhétorique populiste et politicienne et on évoque dans un autisme ahurissant la probabilité d’une inconstitutionnalité ou non d’un troisième mandat pour celui qui leur avait promis une rupture aux allures d’espoirs renouvelés. Face à cette mèche qui approche du détonateur, un « Homme d’Etat » se doit de gouverner pour les générations futures, alors qu’ils ne savent endosser que le costume étriqué de l’homme politique qui n’est préoccupé que par sa réélection.

Je pense alors à ce PSE, évoqué et convoqué pour tout et n’importe quoi, et qui va, nous le craignons, encore emplir notre Calebasse des Danaïdes avec ses milliards promis.




Le chat échaudé craignant l’eau froide, l’évocation de cette légende grecque se justifie, au vu de ce que nous avons su déjà faire de telles sommes, il n’y a pas encore 10 ans, c’est-à-dire « RIEN » !!!! Près de 3000 milliards, en plus des 2000 de la Chine, se déversent sur le Sénégal, en espérant que ce ne soit pas sur Ndoumbélane… On se comprend…Pourquoi faire ? Parce que, en fait, au jour d’aujourd’hui, on peut constater que les pré-requis ne sont pas encore posés et ils conditionnent la réussite d’un programme si ambitieux et déterminant pour l’avenir de nos enfants qui auront, eux, à rembourser ces sommes astronomiques, lesquelles, quand on les évoque, au lieu de nous terrifier, nous enthousiasment. C’est louche, non ?

Près de la moitié des sommes évoquées concernent les infrastructures, c’est bien, surtout pour ceux qui vont s’accaparer des marchés. A-t-on mis l’accent sur l’agriculture qui va conditionner notre indépendance alimentaire, ou sur l’éducation et la formation, qui vont garantir l’emploi ? A-t-on décidé que ces plans tirés sur la Comète devaient être réalisés par une jeunesse mieux formée, citoyenne, éduquée et patriote, et qu’il fallait mettre le paquet sur une jeunesse instruite et en bonne santé ? Comment va-t-on remettre les Sénégalais au travail, et surtout dans les champs ? Comment va-t-on persuader ce jeune homme ou cette jeune fille qu’ils peuvent retourner dans leurs villages, où les attendent des vrais projets de développement, ce qui leur éviterait de passer leur vie à être pourchassés par ceux qui rêvent naturellement et très justement d’avoir des trottoirs et des rues dignes d’une capitale ? Comment va-t-on faire croire au jeune homme amoureux d’une jeune fille que, pour espérer l’épouser, il ne se sentira pas condamné à prendre les « pirogues de notre plus dramatique échec » ? Ces choses ne se sont pas lues entres les lignes de ce PSE.

La seule information qui transpirait de ce document était d’ordre sonore ! C’était le bruit enivrant du tiroir-caisse… Surtout parce que de telles sommes peuvent donner le tournis, et l’urgence de les dépenser mener à des tentatives de prestidigitation… On se comprend…

Monsieur le Président, les Sénégalais vous disent : «Vous aurez fort à faire, et c’est de votre responsabilité de devenir le Président qui l’a fait !! He did it !!! Quel slogan de campagne pour 2019 !!! Ne laissez pas les flagorneurs et les enthousiastes vous détourner de ceux auxquels ce challenge fait peur, quand ils réalisent le boulot à abattre… Ce sont eux vos vrais amis qui veulent que votre PSE soit enfin rempli de la chair de votre Yonnu Yokkuté ».

Sinon, nous continuerons à nous lamenter en observant cette Calebasse des Danaïdes, que décidément nous ne savons remplir que de paroles… Faut s’atteler à boucher les trous de la Calebasse. C’est le plus dur et c’est la mission de Macky Sall. Le reste sera un jeu d’enfant pour toute une nouvelle génération qui pourra soupirer d’aise et dire avec reconnaissance : « He did it !!! »… Il n’aura alors point besoin d’embastiller Khalifa Sall pour assurer sa réélection…

J’ai vraiment pris un coup dans la gueule… Je suis allé alors observer mon coucher de soleil, en espérant que nous sachions juste remettre les choses à l’endroit pour que ce pays soit un des plus beaux du monde. Parce qu’il y fait bon vivre. Mais il faut de la Culture pour le savoir.

Jean Pierre Corréa



Réfection du Building administratif: illustration la plus achevée de la mauvaise gouvernance

YERIMPOST.COM Lorsque les Sénégalais passent devant cette grosse bâtisse en réfection qui a abrité la primature et de nombreux ministères depuis l’indépendance, ils n’imaginent pas la quantité d’argent engloutie dans les interminables travaux. Quand il va être livré, le Building administratif aura subi un lifting qui aura coûté pas moins de… 39 milliards de nos francs. A titre de comparaison, la Cité de l’Emergence de Diamniadio, qui va abriter 17 tours de 10 étages chacune, est estimée à 21 milliards. Ce coût inclut la construction de toute la Cité depuis les fondements jusqu’à la livraison des immeubles et des aménagements de toutes sortes (éclairage public, routes, équipements sportifs, sociaux, religieux…). Tandis que le prix de la remise à neuf du Building Administratif couvre la seule réfection d’un bâtiment existant.




Attribué après un appel d’offres restreint, expression douce pour désigner un gré-à-gré de facto, ce marché a suscité une vive polémique dès le départ. Pour se défendre à l’époque, le gouvernement avait avancé le chiffre de 17 milliards comme coût du lifting. En 2013, le marché, référencé T1431/13, a été attribué à Bamba Ndiaye SA avec un coût initial de 30,04 milliards de francs cfa. Puis, sans qu’on ne sache trop pourquoi, un avenant immatriculé T0717/16-Dk d’avril 2016 est venu alourdir la facture de 2,04 milliards supplémentaires.

Au cours du premier trimestre de 2017, un deuxième avenant a été signé entre le Premier ministre et l’adjudicataire du marché Bamba Ndiaye pour ajouter une rallonge de 6,4 milliards de francs cfa. Ce qui porte le coût global de la réfection à 39 milliards de francs cfa.

Quel Etat au monde aurait mis, pour rafistoler un seul building, ce montant qui aurait pu lui permettre d’avoir 39 immeubles à 1 milliard pièce ? Quelle idée, alors que l’heure est au décongestionnement de Dakar, avec le déménagement de certains ministères sur Diamniadio, de reconstituer un building au centre-ville de la capitale ? Doit-on payer si cher pour aggraver les embouteillages qui, chaque jour davantage, compliquent l’accès au coeur de Dakar ? Qui a orchestré ce projet, illustration achevée de la mauvaise gouvernance ?

Sous tous les angles d’attaque, la réfection du Building administratif est un gâchis monumental, sans doute la plus grosse affaire de gaspillage de deniers publics depuis l’indépendance. Il est curieux qu’elle soit intervenue à l’ère de « la gouvernance sobre et vertueuse », sous le magistère de Macky Sall qui, les premiers moments suivant son élection, s’est attaqué à toutes les niches de dilapidation de l’argent public.

Cheikh Yérim Seck




Aliou Cissé, comme Jurgen Klopp, ramène Sadio Mané à plus d’humilité !

YERIMPOST.COM Notre star nationale du ballon rond, Sadio Mané en l’occurrence, s’est vu coiffer au poteau il y a quelques semaines par son coéquipier dans la course au Ballon d’Or africain, l’Egyptien Salah. Sans donner dans le triomphalisme nationaliste, c’est plutôt une bonne chose. Cela lui redonnera peut-être plus d’envie… d’avoir envie. C’est en fait un cadeau que d’avoir à se remobiliser pour retrouver son football et son coach, Jurgen Klopp, a bien fait de lui faire goûter les joies du banc à cirer, et de le rappeler à son talent. Les buts d’anthologie qu’il ne cesse depuis de marquer sont tous des buts à l’arrache, de ceux qu’on inscrit parce qu’on a la rage au ventre et la faim aux crampons.

Nous étions tous persuadés que le ballon d’or lui revenait de fait et c’est bien que nous revenions un peu sur terre, et lui avec, car Sadio Mané était sur le point de subir le syndrome Pogba, c’est-à-dire qu’il était plus préoccupé par ses affriolantes coiffures que par son football. Sa tête ne passait plus entre les poteaux et Jurgen Klopp a dû la dégonfler à coups de minutes de banc de touche. Et Aliou Cissé devrait l’en remercier et ainsi prendre conscience qu’en Coupe du Monde, ce sont 23 guerriers aguerris qui devront se mesurer aux trois autres équipes de cette véritable poule de la mort, 23 joueurs dont seulement 3 ou 4 ont la chance d’avoir du vrai temps de jeu, les autres étant souvent remplaçants. Cette donne est à considérer pour nous octroyer plus d’humilité et de prudence, et pour éveiller nos entraîneurs à une préparation tenant compte de cet important facteur physique.




Ne soyons pas prétentieux… Il nous est possible de vivre une extraordinaire Coupe du Monde à Moscou, mais 2002 n’est pas 2018 et y aller la fleur au fusil et le Djembé en bandoulière serait suicidaire. Sadio Mané doit devenir ce leader tueur qu’a pu être Georges Weah. Le monde entier s’interroge sur ses capacités à incarner un chef d’Etat du Libéria. Il le peut bel et bien, parce qu’il avait ce sens du leadership et une incontestable compassion pour son peuple, basée sur une véritable humilité. C’est ce qui a fait sa force et a confiné son talent au génie.

Mané !!! Sadio !!! A toi de jouer…

Jean Pierre Corréa

L’homme social, phobie de l’homme politique

YERIMPOST.COM Il est terminé, le temps où les Sénégalais dédaignaient participer activement à la vie politique, et laissaient le soin à des hommes et des femmes qui en avaient fait vœu et profession de mettre notre Sénégal sur les rails du développement. D’années en années, de décennies en décennies, lassés de ne voir rien de vraiment réjouissant survenir, et ayant tiré leçon de l’adage qui veut que « si pour toi, la politique est comme un bâton que tu laisses traîner par terre avec dédain, alors ne te plains pas qu’un fou s’en saisisse et te bastonne avec », les citoyens de notre pays se piquent à présent de donner leurs avis et de poser des actes citoyens, en écrivant, en s’associant, en se documentant, en voyageant, et en étant tout simplement plus exigeants sur ce qu’ils attendent des politiciens professionnels et notamment de celui qu’ils ont élu en 2012.




Le 23 juin 2011 est passé par ici et, comme le petit furet, il repassera par là. Si Abdoulaye Wade en a fait l’amère expérience, du haut de sa prétention à vouloir abuser du pouvoir et à croire qu’il pouvait impunément insulter l’intelligence des Sénégalais, cela devrait en réveiller plus d’un, de ces politiciens qui ont fait dogme de la « pensée unique » et vouent aux gémonies toute personne émettant une idée qui s’en démarquerait.

A lire les réactions de ceux qu’on appelle les « fédayins » du pouvoir APR, lorsque des esprits expriment d’autres idées que celles de leur chef, même parfois lorsqu’elles s’en avoisinent, on peut penser que les « hommes politiques » se mettent à craindre le nouvel « homme social », celui qui pense par lui-même, argumente et exige plus d’eux, notamment plus d’égards et de respect. On intimide le chroniqueur Pape Alé Niang parce que ce dernier n’a jamais oublié que dans le mot « impertinence » il y a « pertinence », et que, dans toute société qui avait tendance à s’endormir, un peu de poil à gratter était nécessaire à répandre sur des corps constitués avachis dans l’aisance. Tout dernièrement, Me Alioune Badara Cissé a taclé le gouvernement et appelé le régime en place à mettre tout en oeuvre pour que les Sénégalais ne puissent pas revivre la situation des dernières élections législatives qui, selon lui, est tout simplement inadmissible. le Médiateur de la République, en relevant les dysfonctionnements de l’administration qui portent atteinte aux droits des administrés lors de cette conférence, était dans son rôle de défenseur des droits des citoyens au sens des articles 1, 2 et 9 de la loi de 1999.

Son indépendance est justifiée par le fait qu’il ne peut être d’aucun bord. Il a reçu une volée de bois vert de la part du griot du chef de l’Etat, Farba Ngom, appelant ce dernier à s’en séparer et à le démettre de ses fonctions. On peut se demander pourquoi, sous nos latitudes, les « fous de nos Rois » s’appellent toujours Farba… C’est juste une question…

Les contributions de citoyens penseurs et écrivains, dans la presse et dans les réseaux sociaux surtout, sont traquées par des hordes d’affidés politiques, vociférant d’intolérance à leur endroit, et leurs auteurs toujours taxés de mécontents, jaloux voire de traîtres à la nation. Pas moins que ça…

Les politiques sont énervés par les hommes sociaux et tout bêtement les citoyens qui, selon eux, devraient s’incliner, que dis-je se prosterner devant le génie créateur de leur chef de file. Et, quand l’opposition manifeste, et que la police bombarde de lacrymogènes une école, ceux qui l’ont vécu se voient accuser de procès en sorcellerie par les valets de la Cour du Roi, la seule vérité qui vaille étant celle sortie du Palais de la République. On a la triste impression que ce pouvoir en est là où celui de Wade en était à 6 mois de sa fin. C’en est presque tragique, au nom des espoirs qui étaient nés justement de ce « 23 Juin » devenu tellement symbolique et historique pour le nouvel homme social, celui qui ne crie pas forcément avec les loups, mais dit ses rêves et exige que l’on mette en perspective son meilleur-être. Il convient de se méfier des tremblements de terre, mais il peut y avoir plus violent… Ce sont les tremblements… d’hommes.




Et, pour paraphraser mon collègue Babacar Justin Ndiaye, je transmettrai au pouvoir  ses mots lorsqu’il écrit: « La plus cruelle manifestation de désapprobation d’un peuple, c’est son absence des rues. Qu’il siffle mais qu‘il vienne ! ». Cette leçon de Marcel Achard enseigne que le peuple, barricadé silencieusement dans les maisons et les salons, est terriblement plus à craindre que les grappes de manifestants marchant et hurlant pacifiquement leurs griefs. Dommage qu’un gouvernement de nains politiques ne soit pas en mesure de se hisser à une telle altitude de lucidité stratégique et de clairvoyance politique, pour le comprendre et aviser en conséquence !

Mais, pour nombreux d’entre eux, il est urgent d’attendre… un nouveau 23 Juin. On se souvient de ce qu’il était advenu ce jour-là de l’autre Farba.

Jean Pierre Corréa

 

 

Abdoulaye Sylla, bras du pouvoir pour frapper Pape Alé Niang

YERIMPOST.COM C’est connu : chaque fois qu’un pouvoir a voulu liquider un élément récalcitrant sans se salir les mains, il est passé par des affidés disposés à faire le sale boulot. Le procédé est classique. Il est aussi vieux que le cynisme et le machiavélisme en politique.

Dans le cas d’espèce, cela a mauvais genre pour le régime de Macky Sall, au risque de craqueler le vernis du modèle démocratique sénégalais, de persécuter un journaliste. Abdoulaye Sylla, homme d’affaires plus qu’introduit au Palais, va s’en charger par le biais de la citation directe qu’il a servie au patron du site Dakarmatin suite à une chronique de celui-ci répertoriant les marchés à milliards à son avis indûment affectés à ce businessman qui frôlait la faillite en 2012.




La forme et le fond de cette action en justice trahissent le calcul qui la sous-tend. Abdoulaye Sylla a intenté contre Pape Alé Niang une procédure correctionnelle, demandant que lui soient appliquées les rigueurs de la loi pénale et une condamnation à payer… 2 milliards de francs cfa de dommages-intérêts ! S’il n’était animé que par le souci de « laver son honneur », il aurait attaqué au civil et réclamé le franc symbolique en guise de réparation du préjudice allégué. Sur le fond, le demandeur reproche au défendeur d’avoir évoqué dans une chronique sa société, Ecotra, avec le calcul évident de lui fermer la bouche ad vitam aeternam sur la question.

Ce type de méthode est passé d’époque. L’heure n’est en effet plus à des actions contre la presse. Dans la civilisation contemporaine, même quand un journaliste se trompe, on l’informe, on le démentit ou on le somme de rectifier.

Mais l’objectif d’Abdoulaye Sylla dans la présente procédure procède moins du souci de rétablir sa vérité que de la volonté d’offrir au pouvoir une vengeance par procuration contre le très gênant chroniqueur. Il se trompe à la fois de combat et d’adversaire. L’expérience a prouvé que se battre contre un journaliste aboutit toujours au résultat inverse de celui que l’on recherche. Et puis, les vrais adversaires du sieur Sylla sont dans des cercles autres que la presse.

Il doit ménager ses forces pour faire face à ces fonctionnaires haut placés des administrations financières de l’Etat qui le trouvent démesurément favorisé, à ces politiciens de l’entourage présidentiel qui lui reprochent de bouffer tous les fruits de leur travail pour porter Macky Sall au pouvoir, à ces hommes d’affaires qui lui en veulent pour les gros marchés qu’on lui donne sans une vraie concurrence et pour la vitesse à laquelle il est payé avant tout le monde…




Aucune presse sérieuse ne peut ne pas s’intéresser aujourd’hui à Abdoulaye Sylla au regard de sa prégnance sur l’économie et les finances de notre pays. Pape Alé Niang n’est d’ailleurs pas le seul à s’interroger sur ce multimilliardaire qui a brutalement émergé des flancs du pouvoir. Nombre d’observateurs, notamment des services secrets occidentaux, essaient de voir clair sur la vraie nature de ses liens avec la famille présidentielle, sur le versement de gros paiements dans son compte logé à la banque Crédit agricole contrôlée par le pouvoir, sur ses fréquents voyages à Dubai et dans des pays de cet acabit, sur le contenu de ses bagages au cours de ces déplacements…

L’administrateur général d’Ecotra a donc des combats plus stratégiques à mener. D’autant qu’il est dans le viseur de tous ceux qui, aujourd’hui, disputent le fauteuil présidentiel à Macky Sall. Le jour où la roue du pouvoir tourne, il sera l’un des premiers à être soumis au rituel de la reddition des comptes. Et aucune sympathie maraboutique chèrement payée ne sera de trop pour le protéger.

A l’instar de ceux qui l’ont précédé dans l’exercice au sein de l’entourage d’Abdoulaye Wade, Abdoulaye Sylla est une pure fabrication de « la gouvernance sobre et vertueuse » de Macky Sall. Il ne saurait, à ce titre, échapper au scanner des médias interpellés par les pratiques de gestion au plus haut sommet de l’Etat.

Au lieu de penser à servir de fouet au régime pour lapider un journaliste, il doit se souvenir, instruit par le précédent Karim Wade, que toute vanité du pouvoir est éphémère et stupide.

Cheikh Yérim Seck




Rapport de l’ARMP: On Efface Tout et On recommence !!!

YERIMPOST.COM C’est ce qu’on appelle dans le langage journalistique un « marronnier ». Il nous revient chaque année à date fixe avec un contenu invariable, entendu et attendu. Comme si les étourderies, les manquements éthiques et ce qu’il convient parfois de nommer tout de même des malversations, qui étaient pointés d’une année à l’autre, ne faisaient l’objet d’aucune correction, voire pour certains d’aucune sanction pénale à valeur dissuasive pour d’éventuels distraits.

Ce rapport de l’ARMP, outre son côté rébarbatif habituel pour le profane, contient ses outrances et ses excès dans les libertés prises par certains dirigeants avec les règles de l’orthodoxie en ce qui concerne « la gestion vertueuse » tant vantée ou du moins souhaitée par les plus tout à fait nouvelles autorités.

Ce rapport est choquant. De par son côté « ritournelle », avec les mêmes causes qui produisent les mêmes effets, et surtout la permanence dans les contenus qui se suivent et se ressemblent, avec en filigrane, sur le tableau, les mêmes personnalités et « happy few » de notre République qui, d’année en année, nous démontrent qu’ils savent ce que festoyer veut dire.

Pour le chef du gouvernement, le pays s’installe de plus en plus dans la bonne gouvernance en matière de gestion de marchés publics, même si des dysfonctionnements subsistent. « Dysfonctionnements »… Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites… Le PM couvre ses ministres, à la limite de l’étourderie: « Sur le rapport de l’ARMP , il n’y a aucun problème, vous avez vu la conclusion de Saër Niang, le DG de l’ARMP, il a dit que notre pays s’oriente de plus en plus vers la bonne gouvernance en matière de gestion de marchés publics . L’exception confirme la règle, de temps en temps on peut avoir un dysfonctionnement par ci par là, mais de manière globale, le Sénégal est sur le bon train en matière de transparence ». En clair, on fait des progrès… C’est comme Alioune Kassé, il fait chaque année des progrès, y’aura juste à attendre la fin de sa carrière pour aller le voir en concert.

Le plus étonnant, c’est la capacité de recyclage de ceux qui ont été pris la main dans le pot de confiture. Aucune sanction, eu égard à leurs errements passés, ne vient effacer leurs noms des rubriques consacrées aux mauvais gestionnaires. Ils en redemandent ? On leur donne encore des lignes budgétaires et des prérogatives ahurissantes les laissant côtoyer les coffres-forts de notre République.

Cheikh Amar qui n’a pas encore expliqué ce qu’il a fait des sous de l’ARTP, qui attend toujours livraison de son siège, a réussi à se glisser dans les bonnes grâces du nouveau pouvoir après ce qu’il aura juste vécu comme un simple froncement de sourcils. Pape Aly Guèye de Myna Distribution est passé de la devanture de Rebeuss à celle du Palais de la République, trustant marchés sur marchés, et Ndiègne Fall, lui, a su émerveiller les nouvelles autorités avec un feu d’artifices le 31 décembre 2012, les étourdissant au point d’en oublier la reddition des comptes du Fesman.

Ce rapport est navrant. Il consacre une impunité de fait, qui a des allures de complicité, et il dessine à l’envi un tableau cocasse d’association de malfaiteurs. D’ailleurs, ils sont couverts par un alibi délivré publiquement par le chef de l’Etat en personne, lorsqu’il a galvanisé ses troupes, ministres et directeurs généraux, en les mettant face aux réalités: « Vous ne gagnez pas dans vos circonscriptions, vous dégagez !!! ». Ces encouragements présidentiels n’autorisent-ils pas quelques arrangements pudiques et délicats avec l’orthodoxie ?

Il ne s’agit plus de blanchir des hommes aux mains sales. On les rend transparents. C’est le Plan Sénégal détergent.

Et vogue notre galère….

Jean Pierre Corréa

Pétrole: Le Cosmos Sidéral d’un Flou Total

YERIMPOST.COM L’opacité avec laquelle est géré le dossier du contrat devant exploiter nos ressources en gaz et en pétrole est étonnante, voire sidérante. Tout a commencé par un esclandre entre la présidence de la République et le ministre de l’Energie d’alors, Thierno Alassane Sall, dont la démission avait été iconoclaste et nous avait fortement intrigués. Flashback…

Alors que les découvertes au large du Sénégal d’hydrocarbures ont fait tirer aux Sénégalais toutes sortes de plans sur la comète, que la première goutte n’est pas encore sortie même en 3D, et que déjà les polémiques enflent sur qui va en faire quoi et avec qui, que, comme des gens déjà riches, les pontes de notre République se déchirent déjà notre héritage géologique qui gît sous nos pieds. Les puissants, alléchés par cette odeur fétide si agréable à leurs narines exercées, défilent sous nos contrées et font assaut de promesses. Et nous voilà si beaux…

La photo du contrat du siècle est sur le point d’être tirée, scellant notre entrée en fanfare au cœur de l’OPEP, lorsque le ministre de l’Energie donc, qui avait une année durant piloté ce dossier, devant les partenaires venus avec leur dot abondante, face aux divers parapheurs contenant les termes d’un contrat qu’il ne pouvait manquer de connaître, décide de repousser ces parapheurs et de refuser d’en signer les contenus. Macky Sall et son PM ne laissent pas voir leur stupéfaction, virent l’impétrant insolent manu militari du Palais, et du gouvernement par la même occasion, nomment dare-dare le déjà chargé PM ministre de l’Energie, car il faut signer ces contrats quoiqu’il arrive, les hôtes ont bien d’autres chats à fouetter et d’autres derricks à aller percer.

Comme d’habitude, sous nos contrées, une fois retombée l’écume de ce fait inédit, et qu’on ait bien glosé sur les raisons du refus de Thierno Alassane Sall de signer des contrats qu’il avait pourtant eu sous les yeux des semaines durant, les Sénégalais sont passés à autre chose. Pourtant, cette scène est porteuse de bien des interrogations. Quelles sont les clauses qui lui ont semblé inadmissibles à cautionner et à côté desquelles sa signature avait indignité à figurer ? Secret d’Etat dans lequel depuis ce garçon est demeuré enfermé. Par peur ? Par sens de l’Etat ? Par stratégie ? Toutes ces questions concourent à plus encore brouiller les cartes d’un dossier déjà opaque. L’Histoire le dira… un jour… qui sait ?

Pour l’instant, les puits regorgent de petites histoires de polémiques stériles et qui ne renseignent sur rien de qui attend les populations sénégalaises engagées par leurs dirigeants sur des choses et des montants qu’ils sont incapables de leur préciser. Notre sous-sol sera au final prospecté par Total genre Champions League du genre au détriment du Navétanes Cosmos. Pourquoi et sur quelles bases ?

A chaque fois qu’un homme politique, une organisation de la société civile ou un simple citoyen s’est aventuré à poser ces questions, pour considérer que nos gouvernants avaient su protéger ou non nos intérêts nationaux, ils se sont pris une volée de bois vert des fédayins du pouvoir qui n’ont pour la plupart d’entre eux des connaissances en la matière qui n’excèdent pas la couleur de leurs bons d’essence. Pourquoi n’avons-nous pas la dignité d’être informés de la teneur des engagements qui vont nous contraindre sur plusieurs générations ?

Dans toutes les grandes démocraties, et dans bien des pays producteurs, il va de l’intérêt même des gouvernants de divulguer les contrats, parce que, selon un bon sens reconnu, les contrats passés entre les entreprises exploitant les ressources et les gouvernements sont les documents fondamentaux qui énoncent les principales clauses, modalités et conditions régissant les accords conclus dans le cadre de nombreux investissements pétroliers, gaziers et miniers. Les contrats peuvent notamment inclure des informations sur les clauses fiscales, le contenu local, l’impact environnemental, l’infrastructure et le calendrier de production d’un projet – des informations essentielles pour que les citoyens puissent comprendre les obligations auxquelles sont tenus les gouvernements et des investisseurs, en assurer le suivi et en exiger des comptes.

De plus, la divulgation contribue à garantir des approches participatives favorisant le partage des bénéfices. À un niveau plus élémentaire, la divulgation des contrats permet de remédier à la grande méfiance qui règne dans le secteur des ressources naturelles. De plus, elle entretient un climat de coopération entre les parties prenantes profondément investies dans le succès des activités extractives et qui les touchent particulièrement : les gouvernements, les entreprises et les communautés. La divulgation contribue donc à établir des attentes réalistes pour l’ensemble des parties prenantes, permettant en dernier ressort de minimiser la probabilité de conflit. Elle réduit également les possibilités de corruption et de fuite. C’est trop leur demander ?

L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) encourage la divulgation publique des «contrats et des licences qui énoncent les conditions liées à l’exploitation du pétrole, du gaz et des minerais». Si tout est transparent, pourquoi donc et Total et le Sénégal s’entêtent-ils à ne rien publier des accords qu’ils ont paraphés ? Qu’y a-t-il d’inavouable à ce point ?

On nous enfume avec des «Projets sociaux» aux montants ridicules, mais le plus sombre dans ces contrats a trait à ce qu’ils nomment étrangement le «bonus de signature» dont il est précisé qu’il est «non recouvrable». D’un montant de 2,500 milliards de francs CFA, il ressemble à un vrai dessous de table car le discours officiel est très rodé en la matière. Car si, de droit, le bonus de signature n’existe pas, c’est clair, c’est qu’il est pratiqué en toute illégalité. D’aucuns l’appellent d’un vocable plus simple : «corruption».

Il est souvent évoqué « la malédiction du pétrole ». Jamais aux Etats-Unis. Ou ailleurs où se pratique un contrôle. Toujours la malédiction tombe dans nos pays où une partie des gouvernants s’arroge le droit de tout contrôler et de ne tenir que les proches au courant des enjeux qui plombent leur nation. On en connaît les conséquences. A bon entendeur… Salut…

Jean Pierre Corréa

 

 

L’insupportable imperium de Total sur la colonie Sénégal

YERIMPOST.COM Le comportement au Sénégal du groupe pétrolier français Total ressemble à s’y méprendre à celui des colons qui, après avoir décrété, en 1885 à Berlin, notre pays terre vacante et sans maître, y paradaient en territoire conquis, usant des hommes et des ressources à leur guise.

Insulte grossière à notre indépendance, 58 ans après la proclamation formelle de celle-ci, seule l’enseigne de Total trône sur une station-service tout au long de notre unique autoroute à péage ! EDK, Touba Oil, Clean Oil, Star Oil et toutes les autres entreprises sénégalaises du secteur sont ostracisées dans leur propre pays.




Pire, Total se livre à une concurrence déloyale qui consiste à encercler et étouffer ses rivales. Toutes les stations-service de ces dernières ont dans leur proximité immédiate une ou deux de Total qui obtient des autorisations de construire comme si elle les délivrait elle-même.

Derrière cette prolifération, il y a un calcul éloigné du souci de rentabilité de la vente de carburant. Total est en effet aujourd’hui, de par les boutiques installées dans ses stations, une chaîne de supermarchés. Mais aussi et surtout le plus grand vendeur d’alcool du Sénégal. Les ventes de bières et de liqueurs de toutes sortes rapportent à ce pétrolier plus que le résultat généré par l’essence et le gas-oil. Evidemment sans qu’il paie la moindre redevance comme débit de boissons alcoolisées, coulant au passage ceux dont c’est le cœur de métier.

Pour couronner le tout, la présidence et les grandes administrations sont approvisionnées en tickets de carburant estampillés Total. Grosse faute de goût et grave menace à notre souveraineté nationale, la pompe qui alimente les véhicules du cortège présidentiel au palais appartient à cette firme étrangère !

Au Sénégal, Total est à la hauteur de sa réputation de multinationale prédatrice largement étayée par Alain Deneault dans son livre d’enquête De quoi Total est-elle la somme ?.




L’imperium de cette entreprise française s’est manifesté dans ses pires formes en décembre 2016. Thierno Alassane Sall, alors ministre sénégalais de l’Energie, a été convoqué illico presto à Paris pour… signer un contrat octroyant l’exploitation d’une partie du pétrole sénégalais à Total. Refusant d’apposer son sceau dans des conditions si expéditives et si cavalières, il a subi les foudres du président de la République, Macky Sall himself.

Le 2 mai 2017, Thierno Alassane Sall a été obligé de quitter le gouvernement. Nommé le même jour ministre de l’Energie, cumulativement avec ses fonctions de Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne a paraphé le contrat, bien évidemment avant que sa nomination n’ait été actée au Journal Officiel. En fait de contrat, a été signé un brouillon qui, près d’un an plus tard, ne peut être rendu public du fait de l’imperfection de sa forme et de l’iniquité de son fond.

Usant de l’Etat français pour mettre au pas la République du Sénégal, Total a remporté la bataille. Mais la guerre est loin d’être finie… Quant aux Sénégalais qui se sont offusqués, Momar Nguer, directeur de la branche Marketing du groupe, est venu les narguer chez eux, leur assénant que «Total joue en Champions league» !

Parmi les pires supplices dans le monde actuel, il y a celui d’être citoyen d’un pays pauvre. Surtout s’il a à sa tête des dirigeants dénués du sens de la dignité nationale.

Cheikh Yérim Seck




8 Mars : Fournée Nationale des Cheptels de Femmes

YERIMPOST.COM Le 8 mars célèbre la Journée Internationale des Femmes. Officialisée par les Nations-Unies en 1977, la Journée Internationale des Femmes trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement, les groupes et associations de militantes préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications afin d’améliorer la situation des femmes.

Or, depuis déjà une semaine, toute une série d’organisations de manifestations se déroulent et vont courir au-delà du 8 mars, du fait de la volonté de la ministre de la Femme de n’organiser qu’une seule et même célébration de cette journée. C’est sans compter sur les habiles organisatrices de « leurs journées des femmes à elles » qui, sous couvert de célébration des femmes, se prêtent à un commerce de leurs groupements, souvent affublés du vocable « économique », et qu’elles vont mettre à la disposition des acteurs politiques pour, c’est de saison, « travailler à la réélection de Macky Sall en 2019, au premier tour ».

Quel est le lien avec le sens de cette Journée Internationale des Femmes ? Quelles revendications portent-elles en cette occasion ? Evoquent-elles les nouveaux droits liés à leurs conditions, concernant les violences, les répudiations, les excisions toujours vivaces sous certaines de nos contrées ? Pas un seul instant… Les matrones qui dirigent ces groupements les « vendent » aux politiciens, quartier par quartier, ville par ville, région par région… Et, avec un sens opportuniste exacerbé, arrivent à se faire financer, transports, tissus et uniformes à coudre, sonorisation, pour célébrer ce 8 mars, dont pas une seule des participantes ne saura vous décliner le thème de cette année, vous parler d’une seule revendication liée à cette date, et surtout il y a à parier que beaucoup de ces agapes se termineront par des bagarres de borne-fontaine, les retombées financières attendues par ces femmes au bout de moult réunions, transports et autres engagements, n’auront pas été au rendez-vous… Sauf souvent pour les organisatrices…

Pourquoi nos femmes servent-elles encore de cheptel électoral aux hommes politiques, alors que les éduquer, les aider à développer leurs affaires et continuer à leur offrir un accès plus grand au crédit et à la terre seraient un vrai signal de prise de conscience que les femmes sont l’avenir de ce pays et qu’elles ne sont pas seulement capables de crier en appelant à la réélection de qui que ce soit aux sons de tam-tam et de décibels saturés ?

Le 8 mars, nos femmes méritent mieux… A commencer par le respect et l’estime des hommes. Sans elles, sans leur patience et leur abnégation, le Sénégal aurait déjà explosé socialement. Elles méritent mieux que de remplir des Ndiaga Ndiaye, toutes vêtues de la même manière avec dans leur regard souvent cette angoisse de ne pas savoir ce qu’elles vont trouver chez elles en rentrant de cette « fête » qui n’aura souvent profité qu’à la « manipulatrice en chef du marteau »…

Jean Pierre Corréa

 

 

 

Non-Lieu Pour Aïda Ndiongue: Vive la Révision des Comptes !!!

YERIMPOST.COM Si l’information selon laquelle Madame Aida Ndiongue a obtenu un non-lieu de la CREI est avérée, si l’on revisite la répartition des 200 milliards faite par Madame Aminata Touré le jeudi 21 décembre 2017, à travers laquelle il était apparu que 47 milliards étaient recouvrés dans l’affaire Aida Ndiongue, il serait donc logique, logique pour logique, que l’Etat doive aujourd’hui à Aida Ndiongue 47 milliards. Voilà comment le régime de Macky Sall est passé du démagogue et populiste concept de Reddition des Comptes à l’aveu terriblement honteux de Révision des Comptes.

Mais, pour bien mesurer l’ampleur de le surprise qui est la nôtre d’apprendre ce non-lieu total, qui signifie en clair « t’as rien fait », il convient de se souvenir de la fureur avec laquelle Aïda Ndiongue avait été traquée, et avec quels moyens à la limite de la légalité elle avait été jetée en pâture à la vindicte des Sénégalais, avides à ce moment du discours fondateur du « Mackysme » relatif à la reddition des comptes, accompagné du fameux « gokhi », terme imagé qui consistait à faire vomir leur butin aux présumés et très sélectionnés voleurs de la République.

La déontologie bancaire avait été abîmée par des policiers venus comme des cow-boys ouvrir les coffres d’Aida Ndiongue à la CBAO, ce qui n’a pas eu l’heur de rassurer leurs clients, et avait mis le DG de l’époque en situation éjectable. On avait évoqué des kilos d’or, et des dizaines de milliards en liquide, ce qui semblait incongru, sachant que la plupart des détenteurs de telles sommes seraient déjà propriétaires d’une île privée dans les Bahamas et d’un Jet du même ordre pour les y déposer.

Ce magot est-il le sien ? N’était-elle pas receleuse de tous les détourneurs de deniers publics tapis dans les arcanes des pouvoirs successifs et actuels ? Ce probable non-lieu mérite des éclaircissements et, à tout le moins, des explications de la justice qui ne peut pas avoir découvert un butin d’une telle ampleur pour ensuite dire qu’il ne s’est rien passé. Quant à Aïda Ndiongue, pourquoi ne pas la faire inviter par « Face2Face » ? J’imagine déjà le teasing de l’émission d’Aissatou Diop Fall, nous alléchant avec ces extraits: « A qui j’ai rendu son argent… », « Voilà ce qu’il me reste… », « Macky m’a dit : tu veux sortir ? Alors… »… Ne rêvons pas.

Jean Pierre Corréa

Mais qu’allait faire Youssou Ndour dans cette galère ?

YERIMPOST.COM Y’a un fort larsen dans les odes que Youssou Ndour pousse en direction du pouvoir de Macky Sall. Notre star nationale est en train de découvrir, à son corps défendant, les nuances subtiles entre le Capital et les Intérêts. Quand on est classé parmi les 100 personnalités les plus influentes de la planète, que Barack Obama fait poireauter le premier d’entre nous au pied d’Air Force One pour lui signifier son admiration, que Jacques Chirac fait l’impasse sur un dîner avec Wade pour déguster un thiof avec lui au Lagon, que Bill Gates répond sans barguigner à ses appels, il doit être clair pour Youssou Ndour que c’est le pouvoir qui a besoin de lui et non l’inverse…

Son incontestable leadership lui a alors permis de capitaliser les espoirs d’un peuple qui le pousseront à créer un bien nommé « Fekké ma ci bolé », affirmant son droit à la parole du fait de son implication sociale largement justifiée. Il était dans son rôle de vigie, comme mandaté par les populations. Cette influence que le monde lui conférait sur les grands enjeux qui façonnent la marche du 21ème siècle, il nous disait, avec ce slogan, qu’il la mettait dans le maelström des engagements citoyens et populaires qui allaient emporter les ambitions surréalistes d’Abdoulaye Wade.

Mais, au lieu de regagner son poste de surveillance d’où il aurait pu et dû pointer les entorses faites aux serments de rupture jurés urbi et orbi par Macky Sall, le « dividendisme » l’emporta et le pouvoir se para d’allures de gâteau, et notre « Rossignol de la Medina » se piqua de vouloir gazouiller « plus haut que son luth » et s’enivra du Graal que le ministère de la Culture qui lui fût offert représenta pour lui.

Et son regard sur la manière de gouverner des nouveaux résidents de la République perdit de l’acuité et se transforma en presbytie face aux actes parfois posés par ses tuteurs et alliés, et qui ne déparaient pas d’avec ceux des libéraux à peine congédiés par la majorité écrasante des Sénégalais assoiffés de rupture et avides de reddition des comptes.

Youssou Ndour se mit alors à brader son Capital au nom de petits intérêts, et à désarçonner son public en faisant de ses concerts des meetings politiques, faisant fi de la diversité des opinions des jeunes gens qui venaient l’écouter pour chanter et vanter les mérites évanescents du PSE. Un artiste tel que lui, tous radars en éveil, ne saurait sentir ce désenchantement de ses fans, et il passa d’invité aux grands débats de ce monde aux bagarres de borne-fontaine apéristes qu’il a résumées au bord du dépit par les mots «tassaro», «khoulo», «ngayo», «khassanté»… qui sont l’apanage de politiciens férocement engagés autour d’un bol à partager.

Il jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus… «Macky Sall doit écouter ce que nous lui disons», tonna-t-il, ouvrant la porte à une résurrection de son mouvement « Fekké ma ci Bolé » que les moqueurs complétaient d’un « Télé ma ci guénné ».

Youssou Ndour n’a pas lâché ces mots pour amuser la galerie. Mais qu’allait-il faire dans cette galère ?

Jean Pierre Corréa

Youssou Ndour est fâché: Les non-dits de sa sortie dans Face2Face

YERIMPOST.COM Au-delà du verbatim, le décryptage de la sortie de Youssou Ndour à travers l’émission Face2Face, sur TFM, montre un personnage irrité, décontenancé, déçu… Le battage médiatique organisé avant et après la diffusion de l’émission, les réactions recueillies par la TFM quelques minutes après, le traitement millimétré de « l’événement »… dévoilent une véritable stratégie d’amplification de l’exercice de communication.

La réaction de la Cojer de Podor, inévitablement filmée avant la diffusion de Face2Face, lève un coin du voile sur l’une des raisons du courroux de la star planétaire. Il saute à l’œil de l’observateur fin que la polémique consécutive à sa prestation à Ndioum, à l’invitation de Cheikh Oumar Anne, l’a affecté. Il en veut à Abdoulaye Daouda Diallo, rival politique d’Anne dans le département de Podor, à qui il dénie le droit de lui indiquer où il doit jouer. « Je ne suis l’animateur de personne. Nul ne me choisit où je dois jouer. Ni m’interdire une quelconque partie du territoire », a tonné Youssou Ndour.




Jusque-là peut-être abstraites pour le chanteur, les divisons au sein du parti présidentiel et de la coalition Benno Bokk Yaakaar se sont brutalement révélées à lui. Il les a vécues dans sa chair au lendemain de sa prestation à Ndioum. Voilà pourquoi il a martelé, comme traumatisé, les mots «tassaro», «khoulo», «ngayo», «khassanté»…

Youssou Ndour n’est pas non plus content de Macky Sall. Même s’il ne le dit pas ouvertement. Ses phrases «Je suis déçu», «Je ne suis la marionnette de personne», «Macky Sall doit écouter ce que nous lui disons», «J’ai renoncé à me présenter pour le soutenir alors que j’aurais pu…» sonnent comme des messages directs envoyés au locataire du Palais de l’Avenue-Léoplod-Sédar-Senghor. Le leader de Fekke Ma Ci Boolé n’a pas lâché ces mots pour amuser la galerie, comme l’a si bien perçu Yakham Mbaye dans « l’alerte rouge » qu’il a lancée suite à cette sortie ô combien explicite.

A un an de l’échéance présidentielle du 24 février 2019, les premiers signaux d’alerte commencent à clignoter. Le premier défi pour le président de la République, candidat à sa propre succession, consiste à amener indemne jusqu’à ce rendez-vous ce mastodonte hétéroclite, difforme et sans âme qu’est Benno Bokk Yaakaar fracturé en autant de chapelles que d’intérêts des membres de ladite coalition. Mais aussi de rassembler son parti, l’APR, éclaté en autant de morceaux que de calculs de positionnement de ses responsables.

Dans cette perspective de rassemblement de ses souteneurs, Macky Sall doit comprendre qu’il ne peut plus compter de façon inconditionnelle sur Youssou Ndour. Tout dans l’expression corporelle du leader de Fekke Ma Ci Boolé, chaque fois qu’il parlait de Macky Sall tout au long de ces plus de 60 minutes, trahit un grand dépit.

Le regard d’acier, les lèvres fermes, la voix contrariée et le visage fermé de la star montrent que quelque chose s’est cassé en lui. Que veut-il que Macky Sall ne lui a pas donné ? Continue-t-il à voir et à parler au chef de l’Etat à sa guise ? Que s’est-il passé entre les deux hommes que l’on ne nous a pas dit ?

Cheikh Yérim Seck




La fin de l’indépendance, c’est pour quand ?

YERIMPOST.COM Des vieux nostalgiques de l’époque coloniale, face aux manquements de nos propres et nouveaux responsables politiques, avaient tendance à se plaindre et à se prendre la tête entre les mains en soupirant: «Mais indépendance-là, ça finit quand ?». Face à nos drames et en totale irresponsabilité, nous avons courageusement tendance à toujours et encore incriminer les esclavagistes qui nous ont tués et déportés, les colons qui nous ont exploités, et les néo-colonialistes qui ont maintenu ce système prédateur de nos économies exsangues. C’est véritablement facile et cela commence à suffire. Les responsables sont les nôtres, qui bradent et méprisent nos compétences locales, notamment en matière énergétique et solaire, et qui ont le mérite d’exister. Ou alors pourquoi a-t-on créé l’ASER ? Pour faire juste sonore ?

50.000 lampadaires seront livrés au Sénégal à hauteur d’1 million 141 mille 365 francs CFA par pièce ! C’est aussi la France qui gagne le marché d’installation de ces lampadaires à travers l’entreprise Eiffage. Pourquoi se gêner ? C’est le plus gros marché d’éclairage public solaire dans le monde. Non seulement l’énormité vertigineuse du prix injecté pour une seule pièce relève de la stupidité, mais également les intérêts à rembourser sont astronomiques.

Macky Sall a toutefois encore choisi d’enrichir la France, après lui avoir offert 568 milliards de francs CFA pour 57 km de train TER, pour sauver l’usine française d’Alsthom qui était en voie de fermeture. Macky Sall, c’est le meilleur VRP de la France, lui qui vient sauver une entreprise du Lot et Garonne en lui offrant un marché de 57 milliards alors que la SENELEC est à la recherche de 30 milliards sur les marchés financiers.

La SENELEC qui est en train de réaliser des performances énormes ne devait-elle pas être renforcée et accompagnée en l’aidant à se diversifier et à tendre vers l’énergie solaire ? Un gouvernement patriote n’aurait-il pas préféré donner ce marché à la Senelec et l’aider à acquérir la technologie du solaire pour le futur ?

L’aide française serait-elle conditionnée par ce chantage qui ne dit pas son nom et qui nous obligerait à la reverser à des entreprises ou groupes français ? Vous avez dit « Bizarre » ? Comme c’est bizarre…

On ne pourra pas faire croire à la future génération que nos renoncements à être plus performants et créatifs sont dus à des affreux esclavagistes et à des colons blancs et veules. Ils auront été le fait de légers responsables qui pourront en échange continuer à faire ripaille dans les allées du pouvoir et à se prémunir, qui sait, de toute curiosité judiciaire des autorités françaises quant aux magots qu’ils auront pu planquer sous les ors feutrés des banques occidentales.

Mais il est plus glorieux d’abattre la statue de Faidherbe… ça ne mange pas de pain au mil…

Jean Pierre Corréa

 

De quoi vous mêlez-vous, M. Erdogan ? Respectez-nous !

YERIMPOST.COM Recep Tayyip Erdogan, dès que vous êtes descendu de votre avion, vous avez harcelé le président sénégalais de questions aussi condescendantes les unes que les autres. « Combien de ministres avez-vous ? », lui avez-vous lancé. Il vous a répondu 39. Votre commentaire peu diplomate « Ooooh, machallah (…) J’en ai 20, moi… » est révélateur de ce que vous en pensez.

Puis, vous ne lui avez pas dit « Combien d’enfants avez-vous ? », vous lui avez demandé: « Vous avez beaucoup d’enfants ? » La formulation de cette question est en soi tout un cliché. Pourquoi « beaucoup » ? Parce que, selon un préjugé répandu, les Africains font « beaucoup » d’enfants ? Savez-vous que le cliché est le premier marqueur du racisme ?

Et puis, après tout, quelle idée de poser des questions de ce type, sous l’oeil des caméras, sous les objectifs des appareils-photo et dans le champ des micros et dictaphones ? Pourquoi, diantre, en Afrique, certains dirigeants du monde se croient-ils sur une terra nullis où ils peuvent se permettre toutes les maladresses ?

Votre homologue, vous a-t-il demandé le nombre de réformes constitutionnelles déconsolidantes que vous avez faites pour vous accaparer de tous les pouvoirs en Turquie ? Vous a-t-il posé une question sur le nombre de journalistes, de militants des droits de l’homme, d’opposants politiques que vous avez arrêtés à la faveur de cette tentative de coup d’Etat sur laquelle il existe deux thèses contradictoires ?

Recep Tayyip Erdogan, la diplomatie, c’est la tenue, la discrétion, la réserve… La convention de Genève sur les relations diplomatiques et consulaires est claire: les relations entre Etats doivent être fondées sur la courtoisie, la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat-tiers, le respect de la souveraineté et de la dignité de tous les peuples…

En diplomatie, les paroles sont des actes. Celles que vous avez lâchées ce jour au Sénégal constituent un événement malheureux. Votre ambassadeur à Dakar n’a qu’à lire les réseaux sociaux pour se rendre compte à quel point l’opinion sénégalaise est choquée par votre interrogatoire, que dis-je ?, votre inquisition.

Pour satisfaire votre curiosité, M. Erdogan, sachez que Macky Sall, élu démocratiquement sans aucune contestation ni la moindre confiscation de l’appareil d’Etat à son profit, a plus de légitimité que vous pour nommer qui il veut au poste qu’il veut, jusqu’à proportion du nombre de ministres qu’il veut. En ce qui concerne ses enfants, Macky Sall en a beaucoup moins que vous. Il est père de trois enfants nés de son unique épouse.

Et, pour finir, veuillez bien vouloir, M. le guide éclairé de Turquie, je me départis de ma déformation de journaliste pour parler en diplomate, la prochaine fois que vous viendrez à Dakar, veiller avec bienveillance sur les centaines de millions de dollars que les entreprises de votre pays ont ou sont en train de gagner dans les projets de construction du Cicad, du Marché d’intérêt commun, du Stade omnisports, et tant d’autres projets. Et abstenez-vous de nous écraser… Passe encore que vous preniez nos sous. Si vous devez nous manquer de respect en plus…

Cheiklh Yérim Seck

Education Nationale: Cherchez l’Erreur….

YERIMPOST.COM S’il suffisait de juste dépenser de l’argent pour trouver des solutions à nos insondables problèmes, on le saurait.

Mais, dès que les chiffres deviennent abstraits d’avoir été tellement rabâchés, l’évidence de leur évaporation nous frappe et titille notre comprenette. Mais là où vraiment faut aller chercher l’erreur, c’est quand il est annoncé avec fierté que de 2012 à 2016, il a été dépensé 132, 64 milliards de francs pour les infrastructures destinées à l’éducation nationale. Tout ça pour arriver à avoir un baccalauréat perclus de fraudes, un taux de réussite de 40 pour cent et une université, l’UCAD en l’occurrence, où le recteur dans une indifférence généralisée se désole d’un taux d’échec de 60 pour cent…

On a dû rater une marche… Des élèves nullissimes, instruits par des enseignants qui viennent en savates au bahut, lesquels ont eux-mêmes un niveau de français lamentable, on se  demande où sont passés tous ces milliards si fièrement brandis. Il est vrai qu’un ministère de l’Education nationale qui a pour slogan « oubi tey, diang tey », ne rassure pas vraiment sur l’objectif compris de sa mission.

L’enquête sur la fraude au baccalauréat de 2017 est en train de nous livrer des faits graves. Un chef de centre, au cœur du scandale, a été épinglé. Il aurait reçu des versements allant de 50 000 FCfa à 150 000 FCfa. Il a partiellement reconnu les faits. Lorsqu’un système d’enseignement produit des enseignants fraudeurs, peut-on imaginer que ceux auxquels cet enseignement est destiné, ne reproduisent pas dans leurs gênes la culture de la triche ? Et si vous rajoutez à ce scandale le grave épisode des faux instituteurs fraudeurs, il ne faut pas s’étonner que nos élèves et étudiants soient d’un tel niveau… de nullité.

Des milliards engloutis dans l’éducation nationale pour en arriver à un Baccalauréat totalement décrédibilisé, c’est plus que grave. D’autant que la mondialisation nous oblige à avoir des barèmes d’excellence d’équivalence universelle, afin que nos élèves et nos étudiants puissent rivaliser avec leurs congénères du monde entier et porter haut nos valeurs cognitives et l’image de notre université dont celui dont elle porte le nom, Cheikh Anta Diop, fut, autres temps, autres mœurs, un des plus brillants esprits du 20ème Siècle.

Avec tous ces milliards jetés à la face des citoyens comme autant de preuves de notre irrésistible émergence, on se demande vraiment comment les pauvres Sénégalais n’arrivent pas à comprendre qu’ils habitent un pays riche. Cherchez l’erreur…

Jean Pierre Corréa

Les Enfants du Sacrifice

YERIMPOST.COM Quelle est la part de fantasmes développés par les Sénégalais dans cette vague de crimes d’enfants et de disparitions qui touchent aussi de nombreux enfants de la rue, disparitions souvent passées par pertes et profits du fait que personne ne s’intéresse vraiment à leur funeste sort ? Déjà vivants, on les voit à peine, entre gravas, carcasses de voitures et en guenilles, on a du mal à considérer que ces enfants intéressent les Sénégalais du fait de leurs morts ou de leurs disparitions.

Toujours est-il que ces morts d’enfants à répétition interrogent. Ce ne sont évidemment pas des agressions. Ils ne possèdent rien que l’on veuille voler. Alors, on se met à penser à des crimes rituels et ces soupçons sont renforcés par notre nouvelle propension à ne refuser aucun acte qui nous permette d’accéder à des positions sociales avantageuses. Aucune demande d’un féticheur ou d’un chef de secte satanique n‘est rebutante pour qui tient à arriver à ses fins de pouvoir. Il est même permis d’imaginer que certains trafics d’organes vitaux peuvent être organisés dans nos pays, du fait que la vie d’un enfant y a si peu de valeur.

Ces pratiques sataniques se sont installées dans certains pays et nous avions cru en être à l’abri. Il est urgent de protéger nos enfants et de vite régler cette plaie béante qui avilit notre capitale en laissant voir des milliers d’enfants et de talibés livrés à eux-mêmes et être à la merci de criminels prêts à tout pour assouvir les ignobles desseins d’ambitieux forcenés. C’est parce qu’ils sont faibles que ces enfants sont des cibles et qu’ils sont susceptibles d’être sacrifiés sur l’autel de la barbarie et du pouvoir à tout prix.

Alors, il convient que nos autorités se mobilisent et rassurent les populations. D’abord en précisant si ces faits existent ou non. Les morgues tiennent lieu de vérification de ces rumeurs, parce qu’il ne faudrait pas tomber dans la psychose qui pousserait les populations à lyncher toute personne qui tiendrait ne serait-ce que son propre enfant récalcitrant à la main, et se voyant du coup indexer comme un voleur d’enfant.

Les albinos se sont organisés. Les nains ne se promènent plus qu’en bande. Protégeons donc nos enfants des rues qui peuvent alimenter cet odieux trafic qui déshonore notre société. Laquelle a changé d’auxiliaire depuis bien longtemps, préférant l’AVOIR à l’ETRE. Nous sommes dans l’antre de l’horreur.

Jean Pierre Corréa

Propos d’Aly Ngouille Ndiaye: Provocation ou Delirium Tremens ?

YERIMPOST.COM Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Intérieur, chargé des élections, a fait devant la télévision 2stv la déclaration scandaleuse que voici : “J’ai la ferme intention de travailler pour que le président Macky Sall gagne au 1er tour l’élection présidentielle du 24 février 2019. Pour cela, d’abord, je ferai inscrire tous ceux qui veulent voter pour Macky Sall. Je m’emploierai pour qu’ils récupèrent leurs cartes d’électeur et je les aiderai à aller voter pour Macky Sall. Et, quand je le dis, vous pouvez me croire. Car, même si je n’ai pas duré dans le champ politique, je ne m’engage jamais dans le vide. “

Au bord de l’extase, ou en pleine hypnose hallucinée, le premier responsable des élections a déclaré que son problème n’est pas de  faire en sorte que tous les Sénégalais puissent disposer de leurs cartes d’électeur mais qu’il s’occupe exclusivement des électeurs de l’APR qui doivent faire réélire son candidat, Macky Sall. C’est jeter, à la face médusée de tous les Sénégalais, la conception singulière et assumée que cet homme se fait du slogan qui a fait élire son patron et qui claironnait  que « dorénavant la Patrie venait avant le Parti »…

C’était donc en fait un simple « attrape-gogos », et ce mépris pour le peuple et surtout notre Histoire est affiché sans aucune vergogne par un homme dont la mort sur la Place de l’Obélisque d’un certain Mamadou Diop n’est qu’un vulgaire souvenir, ravalé au rang d’anecdote. Aly Ngouille Ndiaye s’est essuyé les pieds sur sa tombe. Ses propos sont à mettre sur le compte d’une hallucination collective des hommes qui nous gouvernent ou d’une provocation assumée et revendiquée par tout un parti politique qui insulte nos intelligences.

Et si ses propos ne sont pas condamnés par son chef de clan, alors nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer en regardant notre Sénégal qui se pare tranquillement des atours puants de la plus bananière des Républiques. Prenons garde… Ces hommes sont prêts à tout… Même au pire… Mamadou Diop… Réveille-toi !!! Ils sont devenus fous !!!!

Jean Pierre Corréa

Où en sont les plaintes indignées de nos dirigeants ?

YERIMPOST.COM Depuis dix années, l’équivalent de deux Joola a été englouti sous les océans voraces, le Ventre de l’Atlantique est repu, selon Fatou Diome, et cela dans l’indifférence générale, surtout dans une totale impuissance de nos dirigeants politiques à enrayer les mécanismes de ce drame honteux.

Il aura fallu un post de Claudy Siar sur la toile pour que l’Afrique et ses présidents honteux s’émeuvent enfin et que, subitement, nos hommes politiques se dressent comme un seul homme, bombant le torse pour faire semblant de s’indigner des horreurs que subissent des jeunes garçons et des jeunes filles qui ont fui leurs politiques mortifères, harassés de ne compter pour rien, et de n’être d’aucune façon dans leurs plans.

Les fortunes accumulées par ces chefs d’Etat qui ont alors caché leur honte sous des tombereaux de communiqués et de demandes d’enquêtes hypocrites, sont souvent équivalentes à la dette des pays africains. Ils font semblant de ne pas voir. Ils sont complices. Ils les ont sacrifiés. Et le souvenir d’une Assemblée Nationale sénégalaise, dressée à l’unisson pour faire une standing ovation à François Hollande, juste parce qu’il avait déclaré que son pays allait dorénavant accorder plus de visas d’entrée aux jeunes Sénégalais, démontrait à l’envi leur impuissance à faire rêver leur jeunesse désespérée. Ce jour-là, ce sont nos représentants qui implicitement ont dit à Hollande « merci de nous en débarrasser, on ne sait pas quoi en faire, nous avons à gérer nos carrières et à assurer l’avenir de proches, les autres étant trop loin de nos divers discours vides de sens ».

C’est grave de penser à ce retournement historique gravissime qui fait penser que si les bateaux qui avaient emporté les millions d’esclaves vers les Amériques revenaient à Gorée, ils couleraient vers le fond, emplis de passagers qui se battraient aux guichets leur proposant l’espoir, prêts à acheter leurs chaînes au prix fort.

Quand un homme plonge dans un brasier en poussant un « OUF !!! » de soulagement, cela signifie que ce qu’il fuit est plus grave que le feu. Nous attendons toujours que les plaintes promises tombent et les enquêtes avec pour que cesse enfin cette tragédie. Trouver des solutions est plus urgent que de se garantir une réélection pour un second voire un troisième mandat. Ce qui est le propre d’un véritable homme d’Etat et non la caractéristique d’un simple homme politique.

Jean-Pierre Corréa



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