Blog de Cheikh Yerim Seck

Abdoulaye Sylla, bras du pouvoir pour frapper Pape Alé Niang

YERIMPOST.COM C’est connu : chaque fois qu’un pouvoir a voulu liquider un élément récalcitrant sans se salir les mains, il est passé par des affidés disposés à faire le sale boulot. Le procédé est classique. Il est aussi vieux que le cynisme et le machiavélisme en politique.

Dans le cas d’espèce, cela a mauvais genre pour le régime de Macky Sall, au risque de craqueler le vernis du modèle démocratique sénégalais, de persécuter un journaliste. Abdoulaye Sylla, homme d’affaires plus qu’introduit au Palais, va s’en charger par le biais de la citation directe qu’il a servie au patron du site Dakarmatin suite à une chronique de celui-ci répertoriant les marchés à milliards à son avis indûment affectés à ce businessman qui frôlait la faillite en 2012.




La forme et le fond de cette action en justice trahissent le calcul qui la sous-tend. Abdoulaye Sylla a intenté contre Pape Alé Niang une procédure correctionnelle, demandant que lui soient appliquées les rigueurs de la loi pénale et une condamnation à payer… 2 milliards de francs cfa de dommages-intérêts ! S’il n’était animé que par le souci de « laver son honneur », il aurait attaqué au civil et réclamé le franc symbolique en guise de réparation du préjudice allégué. Sur le fond, le demandeur reproche au défendeur d’avoir évoqué dans une chronique sa société, Ecotra, avec le calcul évident de lui fermer la bouche ad vitam aeternam sur la question.

Ce type de méthode est passé d’époque. L’heure n’est en effet plus à des actions contre la presse. Dans la civilisation contemporaine, même quand un journaliste se trompe, on l’informe, on le démentit ou on le somme de rectifier.

Mais l’objectif d’Abdoulaye Sylla dans la présente procédure procède moins du souci de rétablir sa vérité que de la volonté d’offrir au pouvoir une vengeance par procuration contre le très gênant chroniqueur. Il se trompe à la fois de combat et d’adversaire. L’expérience a prouvé que se battre contre un journaliste aboutit toujours au résultat inverse de celui que l’on recherche. Et puis, les vrais adversaires du sieur Sylla sont dans des cercles autres que la presse.

Il doit ménager ses forces pour faire face à ces fonctionnaires haut placés des administrations financières de l’Etat qui le trouvent démesurément favorisé, à ces politiciens de l’entourage présidentiel qui lui reprochent de bouffer tous les fruits de leur travail pour porter Macky Sall au pouvoir, à ces hommes d’affaires qui lui en veulent pour les gros marchés qu’on lui donne sans une vraie concurrence et pour la vitesse à laquelle il est payé avant tout le monde…




Aucune presse sérieuse ne peut ne pas s’intéresser aujourd’hui à Abdoulaye Sylla au regard de sa prégnance sur l’économie et les finances de notre pays. Pape Alé Niang n’est d’ailleurs pas le seul à s’interroger sur ce multimilliardaire qui a brutalement émergé des flancs du pouvoir. Nombre d’observateurs, notamment des services secrets occidentaux, essaient de voir clair sur la vraie nature de ses liens avec la famille présidentielle, sur le versement de gros paiements dans son compte logé à la banque Crédit agricole contrôlée par le pouvoir, sur ses fréquents voyages à Dubai et dans des pays de cet acabit, sur le contenu de ses bagages au cours de ces déplacements…

L’administrateur général d’Ecotra a donc des combats plus stratégiques à mener. D’autant qu’il est dans le viseur de tous ceux qui, aujourd’hui, disputent le fauteuil présidentiel à Macky Sall. Le jour où la roue du pouvoir tourne, il sera l’un des premiers à être soumis au rituel de la reddition des comptes. Et aucune sympathie maraboutique chèrement payée ne sera de trop pour le protéger.

A l’instar de ceux qui l’ont précédé dans l’exercice au sein de l’entourage d’Abdoulaye Wade, Abdoulaye Sylla est une pure fabrication de « la gouvernance sobre et vertueuse » de Macky Sall. Il ne saurait, à ce titre, échapper au scanner des médias interpellés par les pratiques de gestion au plus haut sommet de l’Etat.

Au lieu de penser à servir de fouet au régime pour lapider un journaliste, il doit se souvenir, instruit par le précédent Karim Wade, que toute vanité du pouvoir est éphémère et stupide.

Cheikh Yérim Seck




22 Comments

  1. C’est fou comment ce pays recule. On se serait cru à la veille des élections de 2012. Les mêmes problématiques, les mêmes faits qui reviennent. Comme quoi le pouvoir rend absolument fou. Quand on ne retient pas les leçons du passé, on subit les mêmes conséquences.

    • S’agissant de Yerim SECK je vous confirme Monsieur CAMARA…c’est un grand Monsieur qui compte pour le Sénégal d’aujourd’hui et sera tôt ou tard un phare qui illuminera la Société Sénégalaise de demain.

  2. Pour cette fois je suis d’accord avec CYS, et Dieu sait que c’est pas fréquent. Macky est allergique à toute critique, il finira par avoir des urticaires. Au lieu de recentrer sa communication politique sur davantage de modestie, il pense que la seule voie est un passage en force. Il risque de se réveiller dans un trou.

  3. Merci d’apporter le soutien dû à PAN car ce qui lui arrive guette tout journaliste honnête alors que les lécheurs continuent de chanter les louanges de Macky et à insulter les opposants ou ceux qui dénoncent les dérives . Ni Pharaon , ni Wade ou Yaya Ne servent de leçon à ses arrogants

  4. Corporatisme mal placé. Quelle prétention pour ce journaliste ! CYS tu te prends pour qui ? C’est à toi, personne etrangère à la procédure qui indiques la voie à suivre ?
    Tu fais l’avocat du diable. Pape Alé est un justiciable. Si Mr Sylla s’estime diffamé ou calomnié, il a l’absolu droit d’ester en justice. Quoi de plus anormal dans un État droit? Sois humble. Le Sénégal n’est pas en manque de journaliste. Ceux qui t’applaudissent sur ce forum, sont les même qui te traitaient de tous les noms d’oiseau hier .Leur compliment intéressé d’aujourd’hui ne doivent pas te faire prendre pour un directeur de conscience. Les gens sont aussi instruits sinon plus que toi ..

    • Momo….ce qui est sur et certain tu n’est pas quelqu’un de très intelligent ..quelle réaction de débile…la faiblesse d’esprit des APRistes n’étonnera toujours.

    • Monsieur pape ale est très professionnel, il a des preuves de tout ce qu’il dit.c’est un monsieur qu’il faut saluer car il exerce de droit de contrôle citoyen sur l’action publique.

    • Monsieur pape ale est très professionnel, il a des preuves de tout ce qu’il dit.c’est un monsieur qu’il faut saluer car il exerce son droit du contrôle citoyen sur l’action publique.

  5. Le problème est de savoir si le journaliste en cause s’est entouré de toutes les précautions d’usage avant de publier des informations sur un homme d’affaires, fût-il dans les bonnes grâces ou contre le pouvoir. Il faut qu’on arrête le masla dans ce pays. On ne pas, au nom de la liberté d’expression, s’attaquer à un citoyen, quelles que soient les motivations qui sous-tendent la démarche. Et pourquoi s’offusquer de la stratégie de ‘la victime’ quant à la saisie de la justice? Il a le droit d’user de tous les moyens légaux pour demander réparation s’il estime qu’il a subi un préjudice du fait de M. Niang. En tout état de cause, si Pape Alé a fauté il doit payer, point barre!

  6. L’honneur n’a pas de prix. Si l’on se sent diffamé ou si l’on considère que les accusations portées vous causent un préjudice économique certain, vous pouvez saisir la justice. Mais réclamer des milliards pour laver son honneur, c’est absurde. En revanche, prouver que votre entreprise subit un préjudice économique , en raison de la mauvaise publicité qui lui est faite, peut valoir condamnation à des dommages et intérêts, encore faut il que ce soit la société s’associe à l’action et son préjudice démontré.

  7. Quelle malhônneté intellectuelle et quelle partialité ! Vous trouvez normal que Alé Niang passe le plus clair de son temps à insulter Macky Sall et son gouvernement. A inventer les histoires les plus invraisemblables sur Macky Sall qui n’a jamais réagi. Si quelqu’un d’autre porte plainte pour diffamation, vous celà scandaleux. A vous comprendre il faut une liberté totale pour les journalistes. Ce qui n’existe dans aucun pays. Ce n’est pas ça la démocratie Monsieur Seck.

    • c’est qu’à même dingue que les gens de l’APR pensent qu’ils ne doivent jamais être critiquer ni rappeller à l’ordre quand ils dérapent …Macky a passé son temps à mentir jusqu’atteindre le pouvoir et continue de mentir pour y rester le plus longtemps possible ..tu viens ici pour nous parler de démocratie..le 1er qui bafoue cette démocratie c bien Macky sall …le pouvoir n’est eternel et vous finirez tous en prison inchalla le 1er ça sera bien Macky Sall

  8. Monsieur Seck,

    Bel édito riche en enseignements. Malheureusement l’homme reste comme toujours incrédule et insouciant. Seul le pouvoir de Dieu est éternel.

  9. Ah bon il y a maintenant des hommes d’affaires Senegalais de pure souche que le regime actuel a rendu immensement riche au point que des journalistes y voient des pour?
    D’habitude c’est le contraire que l’on nous bassine dans leurs interventions torrides lorsqu’ils accusent le regime d’avoir vendu le Senegal aux etrangers

  10. « Ce type de méthode est passé d’époque. L’heure n’est en effet plus à des actions contre la presse. Dans la civilisation contemporaine, même quand un journaliste se trompe, on l’informe, on le démentit ou on le somme de rectifier »
    Drôle de citation pour permettre au journaliste de mentir à bon escient et de mettre des fakes news à l’avantage d’un alié.

  11. Laissez Monsieur SYLLA tranquille! Voilà un homme qui s’est fait tout seul et qui garde toute sa dignité. Travaillez comme à son image et le Sénégal ne s’en portera que mieux. C’est tout.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Depuis

° Top